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où doit commencer sa mission divine. Là il s'ordonne prêtre , se rase la tète de ses propres mains, et, entouré de ses cinq disciples de prédilection, se livre à la vie la plus austère durant plusieurs années. Ce fut alors, ajoute-t-on, qu'il changea son nom en celui de Gaoutama , et que le lait de cinq cents vaches lut rendit sa vigueur première, épuisée par le cours non interrompu de ses méditations. Enfin , après des épreuves diverses , dont il sortit toujours triomphant, ses pénitences terminées, il déclare à ses disciples que le temps est venu de porter au monde le flambeau de la vraie croyance; les dieux eux-mêmes descendent du ciel pour l'inviter à répandre sa doctrine, et rayonnant de gloire il se rend à Varanasi (Benarès) pour y occuper le trône des saints qui avaient enseigné la loi dans les âges précédents. Malgré l'opposition de ses adversaires, qui lui reprochent d'être tombé dans les plus graves erreurs, il reçoit du peuple l'honorable surnom de Mouni, qui désormais est ajouté à son nom de Chakia. Devadati, oncle de Chakia-Mouni , furieux de ses succès, lui suscitait toutes sortes d'obstacles. En ce temps-là les adorateurs du feu, venus de la Perse, cherchaient à propager leur religion , vieille ennemie de celle de l'Inde : Devadati se mit à leur tête, et les sectateurs de Siva étaient prés de succomber sous ses attaques réunies. Mais le divin prophète vint à leur secours , il confondit les faux docteurs autant par sa science que par sa force, et les contraignit à lui rendre hommage. Alors le bruit de sa vocation commença à s'étendre, et la doctrine de salut qu'il apportait, prêchée de toutes parts, prévalut peu à peu dans l'Hindoustan. On dit qu'avant sa mort, arrivée à l'âge de quatrevingts ans, il annonça que sa doctrine en durerait cinq mille ; mais qu'elle serait proscrite dans l'Inde, son berceau ; que ses disciples souffriraient de violentes persécutions, et qu'ils se verraient forcés de fuir sur une terre étrangère d'où la vraie croyance sortirait ensuite plus puissante que jamais, pour faire le tour du monde. Il prédit aussi qu'au bout de cinq mille ans un nouvel homme-dieu paraîtrait sous le nom de Maidari. Puis il alla se réunir à la divine essence , dont il était émané, et fut adoré chez les mortels comme Bouddha, c'est-à-dire, comme sage inspiré, ou prophète, ou Dieu même. — Telle est, à quelques variantes près la biographie du législateur-dieu, laquelle n'est, à proprement parler, que l'histoire du bouddhisme, les nombreux pontifes de ia Bandia ayant tous pris successivement la qualification de bouddhas. Il est difficile de distinguer à travers ces divers récits ce qu'il y a de vrai dans la légende miraculeuse du saint et de réel dans son existence. Quoi qu'il en soit, le système religieux de Chakia Mouni, qui forme la Dandjour ou Encyclopédie de deux cent trente-deux volumes, est certainement originaire de l'Inde. Le caractère gêné-