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ral qui le distingue du brahmaïsme est celui d'une grande tolérance, d'un grand libéralisme opposé en tous points au système étroit et pétrifiant des castes. Ce ne fut sans doute d'abord qu'une tentative de réforme élaborée successivement par plusieurs pontifes. Les divergences qui existaient sur les points secondaires occasionnèrent une scission entre les brahmes et le bouidhisles. Ces derniers eurent des livres et des théories philosophiques à eux, et appelèrent à la prédication de la parole quiconque«e sentait mu d'une vocation intérieure. Une fois l'inspiration divine élevée au-dessus des lois du sacerdoce, les antiques barrières qui subsistaient entre les castes tombèrent bientôt, et il se forma dans l'Inde un ordre nouveau de prophètes appartenant à toutes les classes de la société; ce furent les samanéens, c'est-à-dire ceux gui ont vaincu leurs passions. Les brahmes, champions intéressés du système des castes , entamèrent une lutte qui se prolongea longtemps avec des succès variés. Ce ne fut qu'au huitième siècle de J.-C. que la persécution organisée par Sankara-Atcharia expulsa définitivement le bouddhisme du cœur de l'Inde. Mais il avait déjà franchi les limites de la presqu'île , et passé à Ceylan , dont il avait chassé le brahmanisme, puis delà, comme d'un second foyer, s'était répandu dans toute l'Inde au delà du Gange, à Siam, dans l'Annam , la presqu'île de Malaca et l'empire des Birmans ( Ava et Pégou j. La Chine, dès le deuxième siècle de l'ère chrétienne, les îles du Japon, en 552, avaient reçu le dieu, la première sous le nom de Foe ou Fo, les secondes sous celui de Bouts ou Pouls. Dans ces diverses localités, on substitue souvent à ce nom celui de Saka ou Chakia. Vers le même temps, Bouddha, Bout ou Pout , fut porté au Thibet, et avec lui la civilisation et l'écriture ; il pénétra sous les noms de Maha-mouni et de Sàkia ou Siga-mouni dans toutes les contrées situées au nord de l'Inde et jusque dans les steppes de l'Asie centrale, parmi les Mongols et les Kalmouks. Kachemire même , siège antique de la religion de Brahmà , l'échangea contre le bouddhisme , et déjà les Pères de l'Église nous parlent de Samanéens à Bactres. — Aujourd'hui Je bouddhisme avec toutes ses branches compte dans le monde cent soixante-dix millions de partisans, selon Balbi, dont on connaît l'exactitude consciencieuse. Ce savant Italien fixe la quantité des chrétiens à deux cent soixante millions ; ce qui porte l'excès de l' Église chrétienne sur la bandia bouddhique à quatre vingt-dix millions. Le bouddhisme est donc le culte le plus répandu après celui de J. C. , et il l'est plus que le catholicisme (église latine) , dont on ne peut porter le chiffre à plus de cent trente-neuf millions de membres. — Les effigies de Bouddha , multipliées à l'infini, dans les pagodes de l'Inde nord-occidentale, en Tatarie et en Chine, sont en général peu va-
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riées. Un type uniforme se révèle toujours au milieu des modifications de détails dues au caprice des artistes. « Quelquefois Bouddha est représenté allaité par la belle Maya, sa mère, qui le tient sur ses genoux , et recevant des offrandes de fleurs et de fruits , près de là sont des groupes d'animaux chers à Bouddha, qui défendit de verser aucun sang. Une auréole ceint la tète de l'enfant divin aussi bien que celle de sa mère. Ailleurs Bouddha, symbole de la doctrine et de la sagesse , est presque toujours représenté dans l'attitude de l'enseignement ou dans celle de la méditation , et la plupart de ses attributs ont trait aux sciences dont on lui fait honneur. Il porte dans la paume de la main et sur la poitrifte le carré magique divisé en quatre carrés plus petits, ou le pentagone dans lequel se trouvent trois triangles ; souvent le lingam , l'yoni, le lotus , le croissant de la lune lui sont donnés; enfin il paraît sur un trône, les jambes croisées , le manteau ou le cordon jaune du brahmane tombant de l'épaule gauche.
Du reste, il est ordinairement nu et de couleur noire ; ses cheveux courts sont artistement relevés en boucles et frisés autour de sa tête; parfois une boucle ou plutôt une touffe prolongée surmonte toutes les autres, et lui forme une sorte de coiffure ; parfois encore s'élève au-dessus de sa chevelure frisée une espèce de bonnet pyramidal ; ses oreilles sont excessivement allongées par le poids des ornements qui les surchargent, et toute sa physionomie exprime avec une gravité pleine de calme la profondeur des méditations où il est absorbé. Une figure extrêmement remarquable le présente avec sept têtes, sans doute en qualité de Sourya. » (Creuzer.)
boudha. Nom du régent de la planète Mercure. Bouddha est fils de Soma et de Tara. Il est le premier roi de la dynastie lunaire.
bolljanus. Idole antique, honorée particulièrement à Nantes. On conjecture que ce mot est formé de Baal et de Janus.
BOUi\sio^myth. jap.).Nom d'une femme du Japon qui devint miraculeusement mère de 5oo enfants, et fut admise au nombre des Jcamis, sous le nom de Bensaïten,
boure (myth. scand.). Père de Bor. Boure naquit des rochers de glace que léchait la/vache Audoumbla.
bouto ou BUTO(myth. égypt.;. Une des divinités du premier ordre : elle fut la nourrice du dieu Orus. Selon quelques-uns, Bouto est la même que Latone chez les Grecs ; selon d'autres, c'est la nuit des hivers.
BOUVIER. Voy. BOOTÈS.
br/ESI a . Fille de Cinyre et de Métharmé. Elle fut, ainsi que ses sœurs, persécutée par Vénus, et alla mourir en Egypte
brahm, nommé aussi Parabrahma ou Bhagavan, est le dieu suprême qui enveloppe tout le système religieux des Hindous. Il est unique, existant par lui-même, sans commencement ni fin, tout puissant, infini-
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ment bon, infiniment parfait. Lui seul a une existence réelle : c'est le Pan dont les parties diverses n'ont qu'une réalité illusoire (Maïa). « Brahm, disent les Védas, est l'éternel, l'être par excellence, se révélant dans la félicité et dans la joie. Le monde est son nom , son image; mais cette existence première, qui contient tout en soi, est seule réellement subsistante. Tous les phénomènes ont leur cause dans Brahm; pour lui il n'est limité ni parle temps, ni par l'espace; il est impérissable, il est l'âme du monde , l'âme de chaque être en particulier. — Cet univers est Brahm, il vient de Brahm, il subsiste dans Brahm, et il retournera dans Brahm. Brahm, ou l'être existant par lui-même , est la forme de la science et la forme des mondes sans fin. Tous les mondes ne font qu'un avec lui, car ils sont par sa volonté. Cette volonté éternelle est innée en toutes choses. Elle se révèle dans la création , dans la conservation et dans la destruction, dans le mouvement et dans les formes du temps et de l'espace. » — Voulant un jour se produire, Brahm se révéla de trois manières distinctes, en passant par diverses phases. Il est déterminé dans le système religieux des Hindous : i° comme Brahmâ ou créateur; 20 comme Vichnou , ou conservateur et sauveur; 3° comme Siva ou Mahadeva, destructeur et rénovateur. Ces trois grands dieux, qui ont chacun respectivement pour symboles la terre, l'eau et le feu, et pour mèreBhavani, forment la trinité indoue nommée Trimourti — 11 faut remarquer que, suivant les bouddhistes, c'est Adibouddha qui est le dieu suprême , soit que Brahm ne soit qu'un être secondaire, ou seulement un nom d'Adibouddha.
brahma. Le premier membre de la Trimourti indoue. Première émanation de Brahm, et issu de sa parole divine, Brahmâ est considéré comme le dieu créateur dans les quatre grandes traditions indiennes qui, en s'accordant sur ce point , différent d'une manière notable dans les détails. Nous allons les mentionner séparément. — i° Suivant la cosmogonie des Védas, issu de Brahm par une suite de transformations indéterminées, Brahmâ, assis sur le Lotus qui avait été le théâtre de sa naissance, resta plusieurs milliers d'années absorbé dans la contemplation des eaux couvertes d'éternelles ténèbres. Tiré de sa léthargie par une voix mystérieuse, il implora Bhagavan, qui lui apparut et lui fit voir tous les mondes en germes dans son être. Brahmâ, après avoir reçu la faculté de les tirer de l'abîme, commença l'œuvre de la création. Il créa d'abord les sept Souargas ou sphères étoilées, éclairées par les Devatas ou génies lumineux ; puis Mritloka, ou la terre avec ses deux luminaires, et enfin sept Patalas ou régions inférieures, éclairées par huit escarboucles, placées sur la tête de huit serpents. Il s'occupa eusuitedes êtres qui devaient peupler l'immensité et créa un nombre infini
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d'esprits célestes , parmi lesquels on remarque les Menons, les Riehis, les Vassons, les Mounis, les Gandharvas, les Apsaras, etc. De son hymen avec sa sœur Saraçouati , il eut un grand nombre d'enfants, desquels sortirent ies Dévalas, génies bienfaisant*, et les funestes Daitias. Enfin, pour peupler la terre, Urahmà tira de lui-même Menou Souaiambhouvu , auquel il donna pour femme Sataroupa. Suivant une autre tradition , ce furent les quatre fils du dieu, Brahman, Kehatria , Vaicia, Sondra , qui devinrent les clufs des quatre castes fondamentales et remplirent la terre d habitants. — 20 Le Manava-Dharma- Sastra présente la même tradition, avec les modifications suivantes. Brahm l'être des êtres, s'étant produit sous la forme d'eaux primordiales, sur lesquelles flottait l'œuf d'or d'où sortit Brahmà , celui-ci en reçut le nom de Hirania-gharba (l'utérus d'or etdcNaràiana vie flottant sur les eaux,'. Le nouveau dieu organisa d'abord le monde physique, en développant les semences de toutes choses contenues dans l'œuf symbolique; de ses trois grandes émanations, Mana, l'intelligence indéfinie, Ahankara , l'intelligence déterminée, et Ma Irma t ma , la grande àme, la dernière vivifia les cinq éléments que la seconde avait déterminés, et Brahmà-Mana forma tous les êtres animés. De la combinaison de cette trinité avec la pentade des éléments sortit la création tout entière , au commencement de laquelle apparurent les dieux et qui se termina par une dernière transformation de Brahma, laquelle donna naissance à l'espèce humaine. 3° La Mimança représente Maïa comme faisant sortir le tres-haut de ses profondeurs et comme produisant la mer de bit et l'amour, Kama. Elle enfanta ainsi les mondes. Dans cette deuxième création, Brahmà porte le nom de Radjah. — 40 Enfin, suivant les bouddhistes, Brahmà n'est créateur qu'en sous- ordre; et n'apparaît qu'après la production des dix premiers génies célestes, issus d'Adibouddha. Dans ce système les détails de la création différent un peu des précédents. — Enorgueilli cependant de cet immense pouvoir, Brahmà osa se révolter contre Brahm, \oulut s'approprier une partie des mondes, et, en proie à une passion incestueuse, poursuivit de ses prières criminelles sa sœur Saraçouati. En punition de son crime, il fut précipité du haut des Souargas dans le fond de l'abîme, et, pour obtenir un entier pardon, tut obligé de passer par quatre incarnations terrestres pendant le cours de quatre Ages. Pendant le premier, il apparut sous les traits do corbeau-poëte , Kakabhousonda ; pendant le second, sous ceux du paria Valmikl, d'abord brigand, puis grave et austère pénitent , interprète renommé des Védas et auteur du Ramaïana ; pendant le troisième, sous ceux de Viaça, poète et ao cur du Mahabharata, du Baghavat, etc ; enfin pendant le siècle noir, sous ceux de Kalidaça, le
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grand poète dramatiq- e, l'auteur de Sacoùntala. — « Brahmà, » d:t Oeuzer « c'est Brahm déterminé ; c'est l'énergie créatrice de Brahm; c'est 1 être descendant dans la forme, la substance se révélant dan9 le phénomène , l'esprit venant animer la matière, le moi universel, le roi de la nature, la loi du très-haut gouvernant le monde, qu'elle a fait d'après les lois invariables qu'elle-même s'est prescrites. Brahma, c'est l'âme du monde, c'est la matrice des êtres, le père, le générateur, le plus ancien des dieux, le maitre de toutes les créatures, le régulateur des éléments, le frère aîné du soleil, le type du temps et de l'année, 1 oracle du destin, la couronne de l'univers.... Brahmà. c'est lïntelligence incarnée dans le monde et dans l'homme , au commencement des temps, s'y incarnant de nouveau dans le cours de chaque âge, à chaque révolution de l'univers. 11 est la paroie par qui tout fut créé, tout est vivifié ; il est le chef invisible des brahmanes, 1e premier ministre du très-haut, le prêtre, le législateur par excellence, la science, la doctrine, la loi, la forme des formes. » — Les brahmanes invoquent régulièrement Brahmà, matin et soir, en jetant trois fois de l'eau a ec le creux de leur main sur la terre et vers le soleil; ils l'implorent à midi, en lui offrant une simple fleur, et dans le sacrifice du feu ils lui présentent le beurre clarifié. Parmi les nombreux surnoms qu'ils donnent à ce dieu, il faut remarquer les suivants : Adajavaïa , semblable à lui-même; Abaricedi, l'illimité; Souadacal ou Souadaçatta , qui est par lui-même ; Souaïambhou, même sens; Ananda . sans commencement; Achariri, l'incorporel; Tchastava, le vengeur; Sotchdava, le créateur; Parama, le bienfaiteur ; Parabara, l'excellent; rarabrahmà, le grand Brahmà; Paraméçouara, le seigneur très-haut; Içouara , le seigneur; Tchatouranana , aux quatre visages; Karaalaçana, assis sur le Lotos. — Les peintures indoues représentent Brahmd avec quatre têtes ou quatre faces; le dieu tient dans ses quatre mains, la chaîne qui soutient les mondes, le livre de la loi, le poinçon à écrire, et le feu du sacrifice. Au-dessus de ses têtes ornées de Lotus s'arrondit une conque surmontée d'une flamme. Porté quelquefois sur l'œuf du monde, on le représente aussi couche dans les feuilles de Lotus , mais il a le plus ordinairement pour monture le grand oiseau Hamsa.
bi\ Aim adikas , autrement pradjapa- TlS, génies créés par Brahmà; participant, sous ses ordres, à la création et à 1 ordonnance des mondes. Ce sont en quelque sorte les ouvriers de Brahmà. Aussi les nomme t-on souvent les dix Brahmàs ou les grands Brahmanes. Ils tiennent le premier rang après les quatorze Menous , et ont pour subordonnés les Pitris ou Patriarches, qui habitent dans la lune, et qui. pères et générateurs pacifiques . comme les Brahmadikas , exécutent le détail
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des opérations voulues par ceux-ci. Quelques traditions font naître les Brahmadikas du premier Menou : d'autres veulent que neuf d'entre eux aient été produits des différentes parties du corps de Brahmâ, qui est le dixième ou le premier des dix.
Brahmaloka. Le ciel de Brahraa.
brahman, fils aîné de Brahmâ, fut créé de la bouche de son père, qui lui donna les quatre Védas ou livres sacrés, Ayant voulu se marier malgré sa volonté, il n'obtint pour femme qu'une fille de la race maudite des géants. De cet hymen naquirent les brahmes,. interprètes sacrés des Védas, et ministres des sacrifices offerts par les Indous à le urs dieux. Les trois frères de Brahman donnèrent naissance aux trois autres castes.
brahmanda. Brahraa déjà sorti des profondeurs de l'irrévélation et commençant à prendre les formes de créateur.
br ahm aïvya. Littéral., Relatif à Brahma ou aux brahmanes, t. Surnom du dieu Kartikeya , considéré comme le principal protecteur de l'ordre des brahmanes. — 2. Nom de la planète Saturne.
brahmapouri. Fille de Brahmâ. Nom de la capitale de Brahmâ, située sur le mont Kèlasa.
brahmapodtra. Fils de Brahmâ. Nom d'un fleuve qui sort du lac Brahmâ Kounda. Le Brahraapoutra est fils de Brahmâ et d'Amoghâ.
brahmarchi 'myth. ind.). Littéral., Richi des brahmanes. Nom d'une classe particulière de Richis ou saints divins. Le plus célèbre des Brahmarchis est Vacichtha.
brahmes.— Voyez Brahma et Brahman.
bra h Mi. 1. Nom de Sarasvati considérée comme la déesse de l'éloquence. — 2. L'une des huit mères divines des êtres créés, la SaTiti ou l'énergie formelle de Brahmâ.
branchides ( BRAi\CHiD* ). Descendants de Branchtis. Prêtres d'Apollon a Didyme , où se trouvait l'oracle dit des Branchides, Voy. branchos
branchos. Enroué. Fils d'Apollon, ou autrement de Smicros de Delphes. Sa mère était une Milésienne. Au moment de le mettre au monde, elle eut un songe dans lequel il lui sembla que le soleil passait à travers son propre corps, ce qui fut considéré par les devins comme d'un présage heureux. Là dessus elle donna le jour à Bi anchos, qui se distingua par sa beauté. Fils d'Apollon , ou aimé du dieu , il obtint de lui la science de la divination, et fonda à Didyme près de Milet l'oracle des Branchides, qui jouissait, après celui de Delphes, de l'autorité la plus haute, particulièrement auprès des Ioniens et desÉoliens. — Apollon était révéré à Didyme sous les surnoms de Didymœos , Philesios , Delphinios. Voy. ces noms.
br ang as. Fils de Strymon, roi de Thrace; frère de Rhésus et d'OIynthus. Ce dernier ayant été déchiré à la chasse par tin lion,