SS
A l'occasion d'une élection partielle au Sénat, dans le Nord, son nom fut mis en avant pour une candidature de protestation contre le déplacement universitaire. Au scrutin, M. de Folleville obtint l'unanimité des suffrages de l'arrondissement de Douai ; mais il fut en minorité de 131 voix pour le département.
Continuant, non sans courage, sa lutte contre les projets du gouvernement, il envova sa démission de doyen, que le ministre changea en un relèvement de fonctions (22 octobre 1887). Le transfert à Lille de la Faculté opéré, M. de Folleville demeura professeur de Code civil jusqu'au i" juin 1898, où il fit liquider par anticipation sa pension de retraite.
En 1894, M. de Folleville avait été élu conseiller général du canton de Totes (Seine-Inférieure), d'où il est originaire ; il fut porté, le 31 mai 1896, après la mort de M. Legras, comme candidat du comité républicain de la 2' circonscription de Dieppe, et élu député au premier tour de scrutin, par 6,369 voix, contre 6,300 à M. Rouland.
Au Parlement, l'honorable député fit partie de nombreuses et importantes commissions, notamment de celle chargée d'étudier la proposition de loi tendant à la répression des violences, voies de faits, actes de cruauté, commis sur les enfants, projet dont il fut rapporteur, et qui fut adopté par la Chambre et le Sénat. Il a aussi rapporté le projet ayant trait à la légitimation des enfants naturels, incestueux ou adultères, et a collaboré à diverses autres propositions de loi, telles que celles sur la protection de la mère et de l'enfant, sur la création des warrants agricoles, le développement de la petite propriété rurale, sur les inscrits maritimes, sur les modifications aux articles 843, 844 et 919 du Code civil relatifs aux rapports à succession, etc.
M. de l-'ollevilie (de Bimorel) a souvent pris la parole à la tribune du Palais-Bourbon, notamment dans la discussion du budget de 1897-1898 ; il prononça, le 16 février 1898, un discours très remarqué sur l'agriculture, demandant l'augmentation du droit d'importation sur les chevaux étrangers, ainsi que la répression des marchés fictifs portant sur desimpies différences de cours, en ce qui touche du moins, les denrées agricoles et de première néaessité; il a aussi préconisé l'établissement des chambres d'agriculture et l'institution de banques de crédit agricole.
Aux élections générales de 1898, il échoua avec 5,369 voix contre 5,652 à l'élu, .M. Rouland.
Parmi les travaux juridiques publiés par M. de Folle-
ville [de Bimorel], il convient de citer : Etudes sur les associations commerciales en participation (1865) ; Considérations générales sur l'acquisitioit ou la libération par l'effet du temps ; Traité de la possession des meubles et des titrcsau porteur (1869) ; Descaractères distinctifs du paiement avec subrogation ; De l'interdiction considérée comme cause de séparation de biens judiciaire (1870) ; De la jonction des possessions; De la revendication des titres au porteur en matière de faillite; Programme sommaire du cours de droit civil (1871); De la publicité des contrats pécuniaires de mariage (1872); Sommaire des prolégomènes du cours de droit civil ; Simple note à propos de la légitimation des enfants incestueux ; Notion du droit et de l'obligation ; Essai sur la vente de la chose d' autrui; De la délégation des fonctions de l'instruction aux juges suppléants (1S73) ; Des clauses de remploi et de la société d'acquêts sous le régime dotal; Du payement du prix par l'acheteur en matière de vente; De la possession précaire (1873) ; De la promulgation et de l'application des lois et décrets; Introduction historique à l'étude du Code civil ; Un mot sur le procès de M"" la princesse de Baujfremont (1876) ; De la propriété littéraire et artistique; De l'effet déclaratif de partage (1877) ; De l'incapacité complète de s'obliger, stipulée dans un contrat de mariage (1878) ; Des Français par droit de naissance et situation juridique des individus nés en France d'un étranger (1879) ; Traité théorique et pratique de la naturalisation ; Etude de droit international privé; De la condition juridique des étrangers en France (1880); Leçons d'introduction d un cours de droit international privé; Recueil des règlements des Facultés de droit; Code manuel de MM. les professeurs et étudiants (1881) ; Traité du contrat pécuniaire du mariage et des droits respectifs des époux quant aux biens (1882-83) ; Etude sur le projet de loi relatif à la création des Universités régionales et sur les réformes inaugurées par M. Lia r d {iS^o).
Signalons en outre de nombreuses notes et consultations publiées dans les divers recueils ou revues de droit et de jurisprudence.
M. de Folleville (de Bimorel) est officierd' Académie du 15 janvier 1877 et officier de l'Instruction P'ublique depuis 1882. On doit en outre mentionner qu'il a été proposé à six reprises différentes, avant son mandat de député, pour la croix delà Légion d'honneur.
IWAf^CHESI (mapquise de Lia t^AJflTfl
de CASTt^OlSlE,
née Mathilde Gt^flUMA^H^, dite JVI°")
'ANTATRici;, professeur de chant, née à Francfort sur le Mein f Allemagne) le 20 mai 1828. Sa famille, d'origine alsacienne, est alliée à celles du général Denzel et du baron Haussmann, préfet de la Seine, qui était son cousin. Ayant travaillé le piano dès son enfance, elle commença à étudier le chant avec le compositeur des Joyeuses Commères de Windsor, Otto Nicolaï , h Vienne, où elle passa quelques temps auprès de sa tante, la baronne Dorothée d'Ertmann (femme du feld-maréchal de ce nom), célèbre pianiste-amateur, élève et amie de Beethoven, qui lui dédia sa sonate
De retour à Francfort, M"" Mathilde Graumann suivit pendant plus d'un an les conseils de Mendelssohn, qui, en lui prédisant un brillant avenir, put vaincre les préjugés de sa famille contre la vie artistique.
Elle vint à Paris, où elle étudia pendant quatre ans le chant avec Manuel Garcia et la déclamation française avec Samson, en apprenant en même temps la composition, ainsi que plusieurs langues.
Douée d'une belle voix de mezzo-soprano et de beaucoup de sentiment. M"" Graumann obtint un succès éclatant lorsqu'elle se fit entendre pour la première fois à Paris, dans un grand concert qu'elle donna avant son départ pour l'Angleterre.
Après un séjour de trois ans à Londres, où elle chanta avec un grand succès tour à tour dans les salons et dans les grands concerts, M'" Graumann entreprit une tournée, qui fut triomphale, de concerts en Irlande, en Ecosse, en Suisse, en Hollande, en Allemagne, etc. ; elle fit pendant quelque temps les délices de la cour de Weimar, où Liszt était intendant de la musique. Ses plus grands succès sur la scène furent les rôles de Rosine et de Cendrillon de Rossini.
En 1852, elle épousa le marquis Salvator de la Rajata de Castrone, réfugié politique italien, élève de Garcia, qui avait adopté le pseudonyme de « Marchesi ?/ et avec lequel elle donna, à Vienne, au printemps de 18^4, quatre grands concerts à orchestre. Son succès fut si grand qu'on lui offrit la place de premier professeur de chant au Conservatoire. Elle resta là jusqu'en 1860 et forma de nombreuses élèves.
dont les plus célèbres furent: Gabrielle Krauss, Irma de Murska, Antonietta Fricci, etc.
Rossini désirant l'attacher à notre Conservatoire, M"'= Marchesi se rendit à Paris, où elle ne put s'entendre avec Auber, qui voulait lui faire adopter la méthode de la maison. Elle resta cependant à Paris jusqu'en 1864; sa santé, chancelante à cette époque, lui fit accepter le professorat au Conservatoire de Cologne, où elle demeura trois années.
Une députation envoyée de Vienne vint alors la trouver pour la prier d'aller ouvrir le Conservatoire construit pendant son absence. Elle y con.sentit et, pendant son nouveau séjour dans la capitale de l'Autriche, elle forma un grand nombre de chanteuses devenues célèbres de,, uis, notamment: 'Si'"" Caroline Salla, Etelka Gerster, Clémentine Proska-Schuch, Rosa Papier, Amélie Tremelli, Emma Nevada, Giselle Koppmeyer-Staudlig, Nadine Boulichoff, Anna d'Angeri, Amélie Stahl, etc.
Rentrée en 1880 à Paris, qu'elle n'a plus quitté depuis lors, M"'° Marchesi y a formé une pléiade de cantatrices, parmi lesquelles il faut citer : M'"" Nellie Melba, Emma Eames, Emma Calvé, Sybil Sanderson, Frances Saville, Jeanne Horwitz, Suzanne Adams, Blanche Marchesi, sa fille, une diseuse incomparable, et bien d'autres.
M"'° Marchesi a publié 35 ouvrages, formant son école complète. Ce sont des cahiers d'Exercices élémentaires et de vocalises pour les différentes voix de femmes, ainsi que deux Méthodes de chant, l'une en Allemand, publiée à Vienne, et l'autre en Français, amplifiée et agrandie, publiée à Paris, à Londres, à Milan et à Copenhague. Son intéressante Autobiographie, publiée en Allemagne et en Amérique, grandement appréciée par la presse des deux pays, a eu deux éditions (1898).
Cette célèbre artiste est décorée de l'ordre du Vlérite de première classe de la médaille pour arts et sciences d'Autriche, de l'ordre « Virtuti et Ingenio » du grand-duc de Saxe-^^'eimar et delà même décoration du roi de Saxe. Elle a aussi les médailles pour arts et sciences de l'Italie et de l'Allemagne et les palmes académiques.
M'"" Marchesi a été admise comme membre de l'Académie de Sqinte-Cécile de Rome et de l'Académie musicale-roy'ale de Florence ; elle est aussi sociétaire perpétuelle de l'Association des Artiste Musiciens de France.
BOf^t^IGIilOflE (Alfped"FePdinand)
iKNATEUR et avocat, né à Nice le 17 février 1841. Après avoir accompli ses étudesclassiques au lycée d'Aix et suivi les cours de droit Jp^ delà Faculté de cette ville, il se fit inscrire, en 1863, comme avocat au barreau de Nice, où il plaida pendant de longues années.
M. Ferdinand Borriglione débuta de bonne heure dans la politique et ne craignit pas de faire connaître son opinion républicaine sous l'Empire. Ancien président du comité anti-plébiscitaire, il fut élu en 1871, conseiller général du canton de Sospel, qu'il représente encore.
Nommé député de la i" circonscription de Nice, le 20 février 1876, par S, 3 17 voix, sans concurrent, M. Borriglione siégea parmi la majorité républicaine de la Chambre et fut l'un des 363. Réélu le 14 octobre 1877, après la dissolution, toujours sans concurrent, et par 7,44'î suffrages ; en 18S1 par 8,096 voix sur 8,41 •; votants, il vota pour le ministère Dufaure, pour l'article 7 et pour l'application des lois existantes aux congrégations; il se prononça contre l'amnistie plénière, pour les ministères Gambetta et Ferrv.les crédits du Tonkin, etc.
Aux élections du 4 octobre 1883, faites au scrutin départemental, M. Borriglione se porta seul, en dehors de toute liste, et fut élu député des Alpes-Maritimes, au premier tour de scrutin et par 20,999 voix sur 38,200 votants. En 1889, candidat dans la 2" circonscription de Nice, il n'eut encore pas de concurrent et fut renvoyé à la Chambre par 8,640 voix; mais après l'invalidation de M. Bischoffsheim, il donna sa démission, pour se présenter dans la ["circonscription, où il échoua avec 5,38^ voix, contre M. Raiberti, qui en obtint ^942 (^o mars 1890). Il revint alors devant ses anciens électeurs, qui renouvelèrent son mandat par 9,082 voix sans concurrent 123 maii. En 1893, il fut encore réélu sans concurrent.
Maire de Nice de 1876 à 1886, époque à laquelle il se retira volontairement, M. Borriglione a présidé aux nombreux travaux d'embellissement et de transformation faits dans la cité méditerranéenne. Nice qui comptait, en efl'et, 40,000 âmes, il y a vingt ans, possède, en 1898, prèsde 100,000 habitants sédentaires et est devenue une ville admirable, la plus frù-quentée du littoral.
.M. Borriglione, à qui revient en grande partie le mérite de cette prospérité, fut élu sénateur des Alpes- .Maritimes en 1894, au i" tour de scrutin, sur
la liste républicaine, et par 3=15 voix sur 392 votants.
Républicain indépendant, à tendances progressistes, il n'est inscrit à aucun groupe du Sénat. Il s'occupe beaucoup, au Palais du Luxembourg, de questions agricoles; il y a pris assez souvent la parole, notamment à propos de la rectification de frontières du côté de l'Italie (afïaire Romani).
En matière économique, il est partisan des théories du libre échange.
M. Borriglione est commandeur de St-Stanislas de Russie, chevalier de Charles m d'Espagne, grand croix de l'ordre du Brésil et, depuis 1878, chevalier de la Légion d'honneur.
BliAfiCHAF^t) (t^aphaël-Anatole-
Émile)
liDF.ciN, professeur, membre de l'Académie de Médecine, né à Saint-Christophe (Indreet-Loire) le 28 février 18=^7. Fils d'un écrivain distingué, il vintà Paris pour y suivre les cours de la Faculté de Médecine. Reçu docteur en 1880, avec une brillante thèse sur VAncslhcsic par /(■ ProtoxyJc d\i:iofi\ il fut nommé professeur agrégé en 1883.
M. le D' Raphaël Blanchard a occupé successivement la chaire d'histoire naturelle aux ly-cées Saint- Louis et Louis-le-Grand de 1881 à 1884. Il a étéchargé des cours d'histoire naturelle médicale (parasitologie) à la Faculté de Médecine de Paris (1883-18921 et d'anthropologie biologique à l'Ecole d'anthropologie 11884-1886).
Nommé professeur titulaire d'histoire naturelle à la Faculté de Médecine le 2s juillet 1897 , M. le D' Blanchard a totalement rénové l'enseignement de cette importante partie des sciences médicales : au lieu de se consacrer exclusivement à l'étude des végétaux, comme on l'avait fait jusque-là, il s'est adonné entièrement à celle des parasites, deces êtres vivants, animaux ou plantes, qui produisent de terribles et nombreuses maladies.
Membre de plusieurs sociétés savantes françaises et étrangères, notamment de la Société zoologique de France, de la Société de biologie de Paris, de la Société d'anthropologie, M. le professeur R. Blanchard a été élu membre de l'Académie de Médecine le n février 1894.
En outre de sa thèse d'agrégation sur les Coccidés utiles (1883), il a publié un nombre considérable de
a-iS
travaux, parmi lesquels il convient de citer: Traité de loologic médicale (2 volumes), ouvrage qui obtint le plus grand succès dans le monde scientifique (1885) ; Eléments de ^oologie, en collaboration avec Paul Bert (iSSii) ; des études très nombreuses sur les Vers parasites, sur les Sporo{oaircs, les Reptiles, les Hirtidinées (sangsues) ; plusieurs articles parus dans le Dictionnaire Encyclopédique des Sciences médicales ; des mémoires d'anthropologie, notamment sur V Atavisme chei Vhomme et sur la Stéatopygie et le Tablier des femmes Boschimanes, etc. Nous devons mentionner encore des rapports remarquables sur la Nomenclature des êtres organisés (1889- 1892) , dont les règles furent adoptées par les congrès internationaux de zoologie. Signalons aussi, entre beaucoup d'autres, un mémoire sur une Matière colorante des Diaptomus ; une série d'observations sur la Physiologie des animaux à sang froid et sur la Puissance massétériennc che^ les Crocodiles, faites en collaboration avec M. le D' Paul Regnard ; des mémoires ayant trait à VAnatomie pathologique et à la Tératologie. Sous le titre de Parasites animaux et de Parasites végétaux, M. Blanchard a encore publié deux très importants articles dans le Traité de pathologie générale an professeur Bouchard. Les questions artistiques l'intéressent également, comme le prouve une curieuse brochure sur les Cadrans solaires, étude sur l'art populaire dans le Briançonnais (1895).
M. Blanchard a fondé, en 1898, les Archives de parasitologie, seule publication scientifique française qui donne des travaux scientifiques en plusieurs langues.
Décoré de plusieurs ordres français et étrangers, il est chevalier de la Légion d'honneur depuis le 14 juillet 1893.
I^ODf^IGOEZ-ETCHflt^T (Sevefo)
iâ^^^ EiN'TRE, né à Buenos-Ayres (République ArjW^^ gentine),le 26 septembre 1864.
^ 'Venu de bonne heure en Europe pour ac-
complir ses études artistiques, il eut pour professeur à Turin, Gastaldi, un peintre bien connu^ et envoya, dès 1877, à l'exposition de Milan, une toile intitulée Expectativa, étude de marine qui fut très remarquée.
De retour à Buenos-Ayres, M. Severo Rodriguez- Etchard donna aux expositions annuelles de l'Athénée, oîi se retrouvent la plupart des bons artistes de l'Amérique du Sud, plusieurs toiles et notamment, en 1892, àews. Portraits de Femme, qui imposèrent
son nom au public américain et valurent à leur auteur de nombreuses commandes de portraits.
Encouragé par ses premiers succès, le jeune artiste voulut que Paris consacrâtson talent. Il y vint en 1893,
Elève de Paul Langiois , M. Rodriguez-Etchart. tout en complétant son savoir, envoya aux Salons annuels des Champs-Elysées des œuvres d'une exécution probe et d'une concepyon originale. Citons : en 189s, une Etude de Femme nue: en 1896, autre Etude de Femme, et Luli, aimable composition vendue à la Galerie continentale de Londres.
Cette dernière toile retint l'attention publique; M. Henri Rochefort , dans son compte-rendu du Salon de 1896, au New-Vork-Hérald, en fit un éloge motivé. Un autre critique, parlant de cette figure, dit: « C'est de l'art et du vrai... Cet artiste a fait une « œuvre excellente, vivante et sincère [Autorité ^ '< 16 mai 1896.) »
M. Rodriguez-Etchart a exposé encore: Coin de misère (1897), étude de paysage animé à Samois, tableau envoyé à l'exposition de Munich et acheté par l'Etat ; une Salomé, œuvre essentiellement originale, vendue à la Galerie continentale de Londres; Après la pose (1898), tableau de genre auquel la presse parisienne ne ménagea point les éloges; Une séance de Gu:;sla et Méditation, pour le Salon de 1899.
PflPEIilEF? (Picpre-fllbept)
(Êj^^è ÉruTÉ, économiste et négociant , né à Nancy Jll^F le tj décembre 1845. '^ ^^^ ^^^ études au lycée
Wde Nancy; puis , admis à l'Ecole militaire de Saint-Cyr, il fut contraint, à la suite d'une grave maladie, de renoncer à la carrière des armes.
M. Papelier terminait ses études de droit quand éclata la guerre de 1870 : il assista au siège de Paris, puis revint à Nancy, où il partagea avec son père la direction d'une importante maison de graines fourragères et légumes secs. 11 donna un grand développement à son commerce, ouvrit des débouchés nouveaux en Angleterre, en Ecosse et en Irlande, fonda les «Docks nancéens >/ et publia, dès cette époque, un certain nombre de travaux sur l'agriculture et l'économie politique.
Administrateur du Mont-de-Piété et de la Caisse d'Epargne de Nancy, M. Papelier fut nommé conseiller municipal de cette ville en 1880.
Aux élections générales législatives du 22 septembre 1889, il se présenta dans la 2° circonscription de Nancy, comme républicain progressiste et protec-
tionniste, et fut élu, au 3' tour de scrutin par 6.749 voix contre 4,128 à M. Paul Adam, boulangiste. Réélu le 20 août 1893, sans concurrent, par 8,285 suffrages, et une troisième fois, le 8 mai 1898 avec 8,170 voix contre 3,814 à M. le docteur Baraban , conservateur, M. Papelier a été membre de grandes commissions parlementaires, telles que celles des chemins de fer, de la navigation intérieure, dos chambres d'agriculture (i8qo), des patentes (1893), des douanes, du commerce, de prévoyance, (1898), etc. 11 a fait diverses propositions de loi ayant pour objet l'organisation d'une Caisse des retraites (1890) et d'une Caisse d'Epargne-retraite (1891); il a été chargé de nombreux rapports, notamment sur la proposition de loi de M. Laisant, tendant à instituer une Caisse nationale des retraites du travail (1890), sur le projet de .M. Déandrèis, relatif à l'admission des syndicats d'ouvriers français aux marchés de travaux et de fournitures à passer pour le compte des communes (1893). Il prit part aux discussions sur le budget des Travaux publics et sur le tarif général des Douanes (1891 et 1893), sur le régimedes boissons, en faveurdes bouilleurs de crû (1893), sur la réforme de la législation, des patentes, la marine marchande, le budget des finances (1894); il a prononcé des discours remarqués en diverses circonstances, sur des sujets agricoles, de transports et de marine marchande. Il est vice-président de la commission de la Chambre chargée d'étudier les lois nécessaires au commerce et à l'industrie.
Partisan convaincu des sociétés de secours mutuels, de prévoyance et de retraite, l'honorable député a fondé : la « Prévoyance Nancéenne » ; cette société, organisée d'une façon spéciale et unique en France, a pour but d'encourager à la mutualité, en majorant les retraites des vieux mutualistes et en donnant des subventions aux sociétés mutuelles en formation.
Nommé, en 1897, président '^^ '^ Société centrale d'agriculture de .Meurthe-et-.Moselle, il créa l'assurance mutuelle contre la mortalité du bétail, le crédit agricole et une société mutuelle de retraite pour les travailleurs agricoles.
Il fit, en 1896 et 1897, une vigoureuse et longue campagne en faveur de la défense de Nancy, campagne qui aboutit à la création du 20°" corps d'armée.
Membre du Comité consultatif des Chemins de fer, rapporteur du comité du Syndicat agricole de l'Exposition universelle de 1900, M. Papelier est titulaire d'une médaille du ministère du Commerce,
pour ses travaux sur les retraites ouvrières. Il a été nommé officier de l'ordre de Léopold de Belgique, comme membre du Comité de l'Exposition internationale de Bruxelles en 1894.
BEr4GV"PUVVflLtLiÉE (Comte Georges de)
Ésot:NiEUR, sculpteur, peintre, né à Bourges le 23 mars 1851. Descendant d'une des plus anciennes familles du Berry , il fit ses études artistiques dans les ateliers de M. Albert Maignan pour la peinture et d'Aimé Millet pour la sculpture. Au moment de la guerre de 1870, .M. le comte Georo-es de Bengy - Puyvallée servit d'abord dans les ambulances de Bourges, puis s'engagea volontairement et prit part, à la répression de l'insurrection alo-érienne. Rentré à Paris, il se consacra définitivement à des travaux artistiques, qui lui valurent une rapide notoriété.
Il fit connaître pour la première fois sa peinture en envoyant un Portrait d'homme au Salon des Champs- Elysées de 1887. Vinrent ensuite un grand nombre de portraits de hautes personnalités aristocratiques de Paris, d'Amérique, de Belgique et d'Angleterre, notamment de M'"' la comtesse '" (1888), et celui de Af"'° Ici vicomtesse de C", qui fut un des succès du Salon 1889.
Comme peintre, M. Georges de Beng>- semble s'inspirer de rEcole hollandaise, de Holbein, par exemple, dit un de ses biographes ; il a la vision nette des traits, de la couleur et des proportions! Ennemi des audaces, il rend tel qu'il voit, c'est-à-dire vrai, tout en rehaussant son réalisme d'une certaine pointe d'idéal. Dessinateur attentif et fin coloriste, rien chez lui n'est improvisé. Tout V est, au contraire, le résultat d'une observation lente et méticuleuse et d'efforts toujours savamment dissimulés.
Sculpteur-Statuaire de talent, cet artiste a produit aussi, dans diverses expositions, des œuvres, parmi lesquelles il convient de citer: Lady Latiib, buste marbre (1887); la Buste de M. le comte de Kcratry et 5. E. le cardinal Maniting, statue plâtre, qui obtint une récompense au Salon desChamps-Elysées (1892) ; la Religieuse, statue plâtre (1893), actuellement placée au^musée de Bourges et qui fut appréciée dans les termes suivants :
Ce qui caractérise M. Georges de Bengy, outre le souci de la vraisemblance dans la poursuite de son idéal psychologique, c'est la préoccupation du fini des détails. Ce costume de jeune nonne, qu'il a choisi entre cent autres, est une véture complexe très agréable, qui fait le plus grand éloge d'aptitudes déjà reconnues en cet art si difficile de savoir habiller des modèles.
M. le comte de Bengy-Puy vallée est l'inventeur d'un dispositif avertisseur-contrôleur pour éviter les accidents sur les lignes de chemins de fer. Cet appareil a été breveté dans tous les pays d'Europe et du Nouveau-Monde.
Décoré de la médaille coloniale, M. de Bengy est aussi chevalier de l'ordre de St-Grégoire-le-Grand.
lie PHOVOST de liflUrlAY (Liouis)
[■KN.\TEUR, avocat, né à Libourne (Gironde) le S juin iSsû. Il est le fils d'un ancien préfet de l'Empire, député du Calvados à
^ ki/a l'Assemblée nationale, député de Bayeux de 1877 à 1881, et qui mourut en 1886 sénateur des Côtes-du-Nord.
Dès le début de la guerre de 1870-71, M. Louis Le Provost de Launay s'engagea dans l'armée active et fit la campagne de l'Est comme sous-officier.
Docteur en droit en 1873, et avocat à la Cour d'appel de Paris, il plaida avec talent de nombreuses affaires civiles et des procès de presse. Nommé conseiller général du canton de La Roche en 1873 et député de l'arrondissement de Lannion l'année suivante, par 7,076 voix contre 4,226, il fut secrétaire du bureau de la Chambre, comme étant le plus jeune de l'Assemblée. Réélu sans concurrent, en 1877 et en 1881, M. Le Provost de Launay passa, en 1885, le i" sur la liste conservatrice des Côtes-du-Nord et, en 1889, fut encore réélu député de la 2° circonscription, de Lannion, sans concurrent.
Orateur éloquent, il est intervenu, au cours de ces dix-sept années législatives, dans presque tous les grands débats de politique ou d'affaires et dans les discussions des divers budgets.
Candidat au renouvellement général de 189^, M. Le Provost de Launay fut mis en minorité de quelques voix; en février 1896, il devint sénateur des Côtesdu-Nord, élu par 894 voix, contre 328 à M. de L'Angle-Beaumanier, républicain. Au Sénat comme à la Chambre, M. Le Provost de Launay siège sur les bancs de la droite.
Membre de diverses commissions, il a participé d'une manière active à tous les travaux de la Chambre haute et a interpellé souvent le gouvernement: sur l'emploi des subventions accordées aux communes pour les écoles (5 juin 1896), sur la situation de Madagascar et la politique suivie par le résident général, qui fut aussitôt rappelé (4 juillet^ , sur les fraudes commisesà la Faculté de Lille (27 janvier 1897), sur l'affaire
Dreyfus (novembre 1898), sur la façon dont le gouvernement entendait appliquer les termes de sa déclaration ministérielle (au sujet des outrages à l'armée), sur les fatigues imposées aux soldats pendant les grandes manœuvres et les cas mortels qui en étaient résultés (1898), etc.
M. Le Provost de Launay a prononcé au Sénat de nombreux discours sur maintes questions, notamment sur Madagascar et en général sur les expéditions coloniales, qu'il a toujours énergiquement combattues; sur le budget général de l'instruction publique, l'enseignement supérieur, secondaire et primaire aux points de vue budgétaire et de la direction qu'on leur donne. 11 est aussi intervenu à la tribune' dans l'affaire de Panama (1897); il demanda la mise à l'ordre du jour de la proposition de loi sur l'espionnage votée par la Chambre et, le 17 décembre 1897, posa une question au ministre de l'Intérieur au sujet de la distribution de mandats de secours accordés et distribués par un député et provenant de fonds départementaux destinés aux indigents des Côtes-du-Nord.
M. Le Provost de Launay est président du Conseil général des Côtes-du-Nord depuis 1894 et président des Syndicats agricoles de Tréguier et de La Roche- Derrieu, ainsi que des Comités agricoles de ces deux cantons.
Il a publié un Manuel sur renseignement primaire et collabore au journal Vlndependance Bretonne,
I^Ef^JÉGU (Jatnes-Mapie-flntoine MOrlJflï^BT de)
i.vv.ii. et ancien diplomate, né au château II^S» de Trévarez-Saint-Goazec (Finistère) le 27 février 1846. Issu d'une vieille famille bretonne, dont plusieurs membres ont fait partie des Etats de Bretagne, il est fils de François-Marie-Jacques Monjaret de Kerjégu, chevalier de la Légion d'honneur, député, puis sénateur et président du Conseil général du Finistère, décédé en février 1882 ; neveu de l'amiral de Kerjégu, qui, décoré à 16 ans pour faits de guerre, fut député et sénateur des Côtes-du-Nord et mourut en 18S0, et neveu aussi de Louis de Kerjégu, agronome distingué, officier de la Légion d'honneur, député de Brest, mort en avril 1880.
Entré dans la diplomatie en 1867, M. James de Kerjégu fut attaché à la légation de Buenos-Ayres, puis envoyé au Paraguay, près du maréchal Lopez,
pour obtenir la délivrance des français qui y étaient retenus; ensuite à Vienne en 1869. En 1870, il rentra en France sur sa demande. Aussitôt nommé lieutenant aux mobiles du Finistère, il prit part aux principales opérations du Siège de Paris.
Après la guerre, M. de Kerjégu fut attaché à la direction politique, puis envoyé comme secrétaire de la mission française au quartier-général allemand, pendant l'occupation à Nancy et Verdun, sous les ordres de M. de St-Vallier. Pendant deux ans, il fut attaché au cabinet du duc Decazes, ministre des Affaires étrangères, puis envoyé, en 187s, en Serbie, comme chargé d'aftaires et décoré à son retour. 11 fut ensuite secrétaire à l'ambassade de Saint-Pétersbourg, puis à celle de Berne et mis en disponibilité sur sa demanda en 1879.
M. de Kerjégu se consacra alors à l'étude des questions économiques ; il s'occupa d'agriculture et d'élevage. C'est sur l'une de ses propriétés qu'a été établie l'Ecole d'Agriculture du Finistère, établissement qui a remplacé la Ferme-Ecole de Trévarez, dirigée, pendant trente ans, par ses père et oncle et qui fournit dans le département un grand nombre d'agriculteurs et d'éleveurs distingués.
Candidat républicain dans l'arrondissement de Quimperlé, aux élections du 22 septembre 1889, M. de Kerjégu fut élu par 7,561 voix sans concurrent. Réélu successivement: en 1893, par 8,388 suffrages et en 1898 par 10,411 voix, toujours sans concurrent, il a fait constamment partie des commissions les plus importantes de la Chambre, notamment de celles du Budget et de la Marine. Chargé par la commission du Budget, de présenter des rapports en 1897, puis en 1898, il prit une part importante aux discussions qui eurent lieu devant la Chambre, signalant les réformes qu'il désirait voir introduire dans les services administratifs de la Marine, tout en insistant sur la nécessité de voter les crédits utiles pour le développement de notre flotte. « Nous n'avons pas la flotte de notre politique,» avait-il écrit dès 1896; parole que les événements ont justifiée depuis.
11 a présenté des rapports sur les courses et les paris mutuels, sur la militarisation des guetteurs électro-sémaphoriques, sur l'inscription maritime, sur le projet de loi relatif au permis de navigation maritime et sur l'élévation du service donnant droit à la demi-solde. .Membre delà commission extra-parlementaire de décentralisation, il rédigea, au nom de la commission, qui fit siennes ses propositions et ses conclusions, deux rapports sur les ministères du Com-
merce et de l'Agriculture. 11 s'est aussi très activement occupé de questions agricoles et les éleveurs et agriculteurs de la Bretagne ont en lui un défenseur énergique et toujours sur la brèche.
M. de Kerjégu est président de la Société hippique de l'arrondissement de Brest, président du comice agricole de Scaïr, vice-président du Herold-Book breton, président de la Société hippique de Saint-Thegonnec, conseiller général du canton de Scaïr depuis 18S2 et président du Conseil général du Finistère. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1876.
Pf^flCHE (Liauffent-Denis)
Jvoc.\T et député, né h Combles (Somme) le Il 26 février i8s6. Après avoir fait ses études ^ classiques à Noyon (Oisei, il prit ses inscriptions à la Faculté de Droit de Paris, fut reçu licencié en 1878, prêta serment, comme avocat, la même année, et prit le grade de docteur en 1880. Depuis cette époque, -M. Laurent Prache a plaidé dans de nombreuses et importantes aft'aires civiles et a été, pendant plus de huit ans, le secrétaire de M' Huard, président du conseil judiciaire de la Société des gens de lettres. 11 a collaboré, en cette qualité, à la défense de plusieurs procès de propriété industrielle, littéraire et artistique.
Membre, secrétaire, puis président de la Conférence Molé-Tocqueville (1889-90), secrétaire-adjoint de la Société des Agriculteurs de France, secrétaire du comité de l'Union libérale du \f arrondissement de Paris, M. Laurent Prache débuta dans la politique comme conseiller municipal du quartier St-Germaindes-Prés, en 1.890, élu par 1,226 voix contre 1,121 à \\. Hector Dépasse, conseiller sortant. 11 a été réélu successivement aux renouvellements généraux de 1893, par 1,366 voix, contre 1,080 à M. Paul Vivien, candidat radical, et de 1896, par 1,547 suff'rages contre 921 à M. Charavay.
Dans sa profession de foi, M. Laurent Prache demandait :
Le respect absolu des lois et règlements: par conséquent l'exclusion des questions politiques des délibérations du Conseil municipal; une gestion économe des finances; un emploi sage et réglé des fonds scolaires, des ressources de 1" Assistance publique et des subsides que la ville lui accorde ;
La réintégration des sœurs dans les hôpitaux ;
La préoccupation constante de l'intérêt collectif dans l'organisation, le contrôle de nos grands services de voierie,de transport, d'éclairage, de distribution d'eau, de police, d'alimentation, J'iiygiène, etc. ;
Lu protection éclairée et juste des intérêts économiques des contribuables, des petits commerçants, des ouvriers;
Enfin la pacification religieuse et la solution de toutes les questions municipales intéressant les consciences dans le sens le plus large et le plus équitable.
M. Laurent Prache, durant son séjour à l'Hôtel-de- Ville, a fait partie des commissions du contentieux, des finances, des concessions du domaine municipal, des monopoles et services publics municipaux (i" commission), des fortifications et des adjudications militaires, etc. Rapporteur du projet tendant à la prolongation des conventions de la ville avec la C''' du Gaz, il conclut au rejet, et ses collègues le suivirent dans cette voie.
Lors des élections législatives du 8 mai 1898, on offrit à M. Laurent Prache la candidature dans la 2' circonscription du vi^ arrondissement et il fut élu, au 2° tour de scrutin, par 4,817 voix, contre 4,290 données à M. Léveillé, député sortant, radical, et 288 à M. Boudin, industriel.
Républicain libéral et protectionniste, le député de Paris est inscrit au groupe progressiste du Palais- Bourbon.
VmiiBO]^ (Emmarîuel-Victop- Augaste-jVIapie de lia )
;kintre, né à Fougères (Ille-et- Vilaine) le 30 mai iS'jS. Après avoir accompli de solides études classiques, reçu les leçons des peintres Roll et Damoye et fréquenté les ateliers de l'Académie Julian, il exposa, pour la première fois, aux « Indépendants », en 1888, des marines, des paysages et une série de mendiants.
M. de la Villéon envoya ensuite au Salon du Champ-de-Mars : Bords de la Zaan ; Bords d'Etang en Sologne (1890), deux paysages qui furent très remarqués ; Dans Vile Fleiiry (1891) ; Sentier sous la neige (1892); Rivière du Berry^ en automne (1893); Environs d'Yverdon (Suisse) ; Bords d'Etang en Bretagne (1894); Harmonies grises (1895); Clairières (1S96); Printemps; Hiver (1897); Automne, sons bois; le Matin, sous bois {1898); Brume, sous bois; le Lac de Neufchâtel (1899).
Entre temps, M. de la Villéon organisa à la Bodinière et à la salle Petit diverses expositions de ses œuvres; il y a produit une série de paysages et de marines qui ont confirmé sa réputation, déjà établie, d'artiste essentiellement original et puissant.
DEl^IBÉf^ÉE-DESGAt^DES (Paul- IVIapie-Stanislas)
Éi'UTH, ancien magistrat, né à Saint-Gaultier (Indrei le 28 octobre 1848. Après avoir accompli ses études classiques au petit séminaire de sa ville natale, il suivit les cours des Facultés de Droit de Poitiers, puis de Paris, fut reçu licencié en 1868, se fit inscrire comme avocat à la Cour d'appel de Paris et fut, pendant deux ans, clerc dans une étude d'avoué.
Au moment de la guerre de 1870, M. Déribérée- Desgardes fut incorporé dans les mobiles de l'Indre et fit la campagne avec le grade de lieutenant. Après la paix, il fut attaché au parquet du procureur de la République de la Seine, poste qu'il occupa de 1872 à 1874, et nommé ensuite juge suppléant à Beauvais, substitut à Loudun , Guéret, enfin procureur de la République à Château-Gontier , Mayenne et Laval.
.VI. Déribérée-Desgardes occupait encore ces fonctions lorsque les comités républicains de l'arrondissement de Laval présentèrent sa candidature à la députation. II s'agissait d'une élection partielle pour pourvoir au remplacement de .\I. Chaulin-Servinière, député de cette circonscription, mort accidentellement en chemin de fer. Elu, le 18 septembre 1898, par 9,4^7 voix, contre 7,188 à M. Leblanc, monarchiste, il est inscrit au groupe progressiste de la Chambre.
L'honorable député de la Mayenne est officier d'Académie depuis 1898.
BEER (ppédéfic)
'CULPTEUR-statuaire, né à Brunn (Moravie) le 2 septembre 1846, et naturalisé français en 1890. II fit ses études artistiques à l'Ecole des Beaux-Arts de Vienne, puis fut pensionnaire du palais de Venise à Rome, où il exécuta divers travaux qui le classèrent dès cette époque parmi les artistes d'avenir.
Venu à Paris en 187'i, .M. Béer commença à exposer l'année suivante au Salon des Artistes français. Depuis, il a envoyé régulièrement des œuvres pour la plupart remarquées, notamment: Corbin , buste marbre (1877); Portrait dfi M"' Invernini, buste terre cuite (1881) ; Petits lutteurs, groupe plâtre
(i89l)\ M"' Broum-Potter, buste terre cuite (1887); Fleur d'amour, statue plâtre (1888) ; T//f d\'tude, bronze (1889; ; Panciii proptcr Dcnm, statue en marbre de Martin Luther enfant; Réveil, grande statue marbre acquise par M. D... H... de Vienne (1892); Fr^jgments d'un monument marbre; M. Courtois, buste bronze {1893) ; Amour maternel, statuette terre cuite (1895). Cet artiste a donné aussi une grande quantité de portraits exposés sous initiales aux Salons de 1877. 1878, 1879, 1880, 1894; il a fait figurer à l'Exposition universelle de 1889 un Groupe d'enfants en bronze, plusieurs bustes et un Albert Durer enfant, marbre de haute valeur artistique, qui est devenu la propriété du musée national de Berlin.
M. Béer n'iiencoTeVAnXfinT du Monument futiéraire de M. Spit^er, le collectionneur célèbre 1 au cimetière de Passy), de celui du Docteur Chapmann, l'ancien directeur du Westminster-Rewiew (au cimetière de Londres); Christophe Colomb, statue (au musée de Chicago) ; M/i,7it7-.4;/^<;, grand bas-relief en bronze (au musée de New -York); Washington Irwing (Central-Park à New- York'; \:\ Médaille des Sionistes, frappée par l'Hôtel des Monnaies (1898-1899), etc.
M. Béer est l'inventeur d'une matière à mouler, destinée à remplacer la pierre et le marbre, qu'il a dénommée la '< Beerite ». Ce produit est un mélange de matière calcaire avec des agents siliceux ; il ne change pas sous l'influence de la chaleur et de l'humidité; il a l'avantage de se mouler très facilement et de donner à la figure toutes les finesses et les détails du plâtre. Cette composition, qui peut se teinter, ce qui permet d'imiter les marbres de couleur, a obtenu un très grand succès dans le monde des sculpteurs et des architectes.
On lui doit encore une autre matière plastique à modeler: la '< Plasta », avec laquelle les sculpteurs peuvent exécuter tous les modèles dans la couleur même que l'œuvre définitive doit avoir, qu'il s'agisse de plâtre, de pierre, de terre cuite, de marbre, de bronze, de bois, d'étain, etc. La '< Plasta» présente aussi cet avantage précieux pour les statuaires, de ne pas sécher.
Il est aussi l'inventeur d'un laboratoire portatif de photographie appelé le «Nocturnus», qui permet de charger les châssis, changer les plaques, développer les clichés, quel que soit l'endroit et les conditions où l'on se trouve.
M. F. Béer a, en outre, trouvé une matière «adhérente au verre»; ce produit, soumis à des expériences multiples dans les glacerics de Saint-Gobain,a donné
de merveilleux résultats au point de vue industriel et surtout artistique.
M. Béer a reçu une mention honorable en i88(i; il fut mis hors concours comme membre du Jury à l'Exposition universelle de 1889.
POVMfllGI^E (Théodore- Joseph BOODET Comte de)
cRivAiN, né à .Nletz,le 17 mai 1816. Descendant d'une noble et ancienne famille bourbonnaise, établie en Lorraine depuis près de deux siècles, il se destina d'abord à la carrière militaire et devait entrer aux pages du roi Charles x; mais la révolution de juillet 1830 étant survenue, il se tourna vers la littérature. Après un voyage en Italie et un long séjour à Florence, il publia, en 1837, une série de nouvelles, // Bugiale (i vol. in-8), souvenirs de ce voyage et de cette ville.
L'année suivante, il fut l'un des fondateurs d'une revue qui, sous des titres difi'érents, se prolongea à Metz jusqu'au moment où l'ancien département de la Moselle fut perdu pourla France. Tout en s'occupant activement de ce périodique, dont il fut pendant quelque temps le directeur, M. de Puymaigre, très attaché aux traditions royalistes, collabora activement à la Galette de Met^ (remplacée plus tard par le Vwu National) et la représenta au congrès pour la réforme électorale, que M. de Genoude avait provoqué à Paris en 1846.
Après avoir réuni des mélanges dans un volume intitulé les Aquarelles, il fit paraître une tragédie : Jeanne d'Arc (1843, 1 vol.), qui fit sensation et lui valut d'être nommé membre titulaire de l'Académie de Metz. 11 ne présenta, du reste, à aucun théàtrecette pièce, écrite en dehors des traditions classiques. En 1848 parurent les Poètes et Romanciers de la Lorraine [1 vol.) ; puis, en 1863, les Vieux auteurs castillans (2° édition, 1890). Un éminent romaniste, M. Morel Fatio a dit de ce livre qu' « écrit dans un très bon esprit, il a sur certains points réellement fait avancer la science. [Revue Critique du 26 juillet 1873) »
Conduit vers le Folk-lore par les romances espagnoles, M. de Puymaigre réunit une grande quantité de Chants Populaires du pays messin (i vol. 1865, 2" édition, i88i, 2 vol.); en 1866, il fit paraître un volume de poésies. Heures perdues (nouvelle édition 1894) ; ensuite .\I. de Puymaigre traduisit, avec le
comte Albert Je Circourt, d'après le manuscrit, un ouvrage fort curieux : le Victorial Chronique de don Pcro Nino, et donna un complément aux Vieux auteurs castillans dans la Cour littéraire de don Jnaii II (1874, 2 vol.). Il publia ensuite le Petit Ko/j/anccro{iSSi),Tpu\s\eRo>nanceiro, choix de vieux chants portugais ; c'est la seule traduction que l'on ait des romances portugaises.
Membre de la Société des traditions populaires, M. de Puymaigre forma un volume de divers articles inspirés par ce genre de recherches (Folk-lore, iS8^). La même année, il publia une oeuvre posthume de son père, qui fut, sous la Restauration, gentilhomme de la chambre du roi et préfet : Souvenirs sur l'éini- (rration, Vempire et la restauration. 11 rassembla, en 1887, des récits de genres divers : Vieilles nouvelles (i vol.) et fit paraître une Notice généalogique sur la famille Boudct de Puymaigre ; puis il publia en i8t)0 : Jeanne d'Arc au t/iedtre, examen des œuvres dramatiques inspirées parla Pucelle depuis le mystère représenté à Orléans en 143=, ou 1438. Il a, en outre, donné, avec le comte de Circourt, une Note d'introduction aux Ménioiresdu Baron d'Hausse^, publiés par la duchesse d'Almazan (2 vol. 1896 et 1897).
On connaît aussi, de M. de Puymaigre, des études politiques ; en 1852, il avait réuni dans une brochure ses articles au Vœu National, sous le titre : De la souveraineté nationale et de la souveraineté héréditaire, et en 1864, il écrivit, avec M. Victor Vaillant, sur des notes du comte de Circourt, et d'après l'ordre de M. le comte de Chambord, un travail dont deux éditions enlevées en quelques jours attestèrent le succès : Décentralisation administrative et régime représentatif. Cette brochure précéda de près de deux ans les études analogues entreprises à Nancy. En 1872, il fit paraître sans nom d'auteur: Les jours néfastes de la France.
Outre de nombreux articles dansde grands journaux, M. de Puymaigre a collaboré ou collabore aux recueils suivants : la Revue des Provinces, la Revue du Monde Latin, la Revue Britannique, le Contemporain, le Correspondant, la Revue Critique, la Romania, le Polvbiblion-, la Revue des questions historiques, la Revista sicula. VArchivio per lo studio délie tradition i populari, \2.Revue des traditions populaires, la Revue hispanique, etc.
En 1871, après l'annexion, M. de Puymaigre opta pour la nationalité française et quitta le département de la Moselle pour se fixer à Paris.
Membre honoraire de l'Académie de JVletz, qu'il
présida un 186s, de la Société des gens de lettres depuis 18^3, associé des Antiquaires de France, membre du conseil d'administration de la Société de l'Histoire de France, membre correspondant de l'Académie de Stanislas, de l'Académie royale espagnole, de l'Académie de l'Histoire de Madrid, de celle des Belles-Lettres de Barcelone, de l'Académie de Palerme, délai?. Commissione per i tesli dilingua de Bologne, le comte de Puymaigre est commandeur de l'ordre royal d'Isabelle-la-Catholique et chevalier de l'ordre royal de Charles m.
GATTI (Joseph-Jaeques-Antoine)
EiNTRE, né à Marseille le 20 novembre 1852. Dès l'âge de 14 ans, M. Antoine Gatfi peignait, sans avoir reçu aucune leçon et on cite de lui , à ce moment, une Rangée de Pommiers qui révéla son précoce talent au peintre du Motel; celui-ci donna alors ses conseils au jeune artiste. Engagé volontaire en 1870, M. Gatti fit la campagne en Franche-Comté et partit après la paix en Kabylie. Rentré en 1871, il dut, pour subvenir à ses besoins, entrer comme dessinateur dans une maison de broderie et il exposa pour la première fois, en 1880, au Salon des Champs-Elysées, une nature morte: Pêches. Doué d'un talent souple et indépendant, M. Antoine Gatti, a depuis, traité tous les genres, paysages, portraits, etc. ; il ne s'est montré inférieur dans aucun et s'est acquis une belle réputation d'artiste. Parmi les toiles vues de lui, il convient de citer: les Montagnes de Saint-Rambert en Bugey (Ain), paysage très remarqué (i88i); Pivoines, dessus de porte (1882) ; Jardinière avec pivoines (1883); Portrait de M. X., qui obtint grand succès au Salon de 1884; Pivoines dans un vase étrusque (1886); Brouette de Fleurs (1887); la Plage de Brignogan (Finistère), marine plusieurs fois reproduite par la gravure (1889); la Ferme de Brignogan (1892); laFerme de la Tuilerie a Rozay-en-Br\e (Seineet-Marne), «toile aux luminosités vibrantes, riches de couleurs et de lignes heureuses», dit un critique ( 1 895), ces deux derniers tableaux, très remarqués, ont été aussi reproduits par l'éditeur Lecadre; Canards au bord de la mer (1896); un grand tableau de Fleurs acquis par la ville de Saint-Etienne pour son musée (1897); le Crapaud de Brignogan, immense rocher situé dans la meret qui a la formed'un crapaud (1898), etc.
CHfllWPSflUR (Félieieo)
55^^ RivAiN, né à Digne (Basses-Alpes) en 1859. \'enu à Paris dès l'âge de dix-huit ans, il collabora tout d'abord à \a Lune Rousse, journal satirique d'André Gill. A peu près dans le même temps, M. F. Champsaur donna le jour à diverses publications : les Écoles, Y Hydropathc , les Honniics J'aujourdlini (1878); puis il devint chroniqueur attitré au Gaulois, au Voltaire, à VEvèiieiiieuf, à la Vie Parisienne , au Figaro.
M. Champsaur se fit remarquer dans ce dernier journal, dès 1878, par deux séries d'articles, pastiches athéniens. Les Egéries de la République eX, en 188^, par une autre série très curieuse : la Vie littéraire et artistique, où, le premier, il parla de Rodin, de Besnard et de Chéret. Entre temps, il avait fondé encore un journal hebdomadaire qui vécut un an : le Panurge.
L'œuvre de M. Félicien Champsaur est considérable. Citons d'abord ses recueils de critiques et de portraits, pleins dévie et d'art: le Massacre (1885) ; le Cerveau de Paris (1886* ; le Défile (1887 ; Masques modernes, avec frontispice par Félicien Rops (1890). — Livres de vers : Par isiennes [iSS"]) ; la Divine Aventure (1889). — Pantomimes et ballets : les Bohémiens, remarquablement illustrés par des lithographies de Chéret (1887) ; Lulu, représentée au Nouveau Cirque et au Cercle Funambulesque (1887) ; les Noces du Rêve, dessins de Besnard (1888); les Freintes de la Vie, pantomime très moderne, interprétée au cirque Molier, par MM'"" Alice Lavigne, Rivolla et plusieurs mondains de très grand nom (1888); la Gomme,} actes 1892) ; Liliane, comédie en trois actes jouée au \a\ideville (1894) ; Éclairs de chaleur (1896); les Trois Mousmcs (à la Roulotte); Cher Ami, au Grand Guignol (1898).
Journaliste, romancier, auteur dramatique et poète, M. Félicien Champsaur, en outre de Soirées Parisiennes très alertes données pendant ^ ans aujournal, sous le pseudonyme de Un Monsieur en habit noir, a publié en librairie des romans qui ont obtenu le plus vif succès, notamment : Dinah Samuel, dont l'héroïne est une tragédienne fameuse (1882); la Glaneuse '1884) ; le Cœur (1885) ; l'Amant des danseuses (1888) ; le Mandarin, étude sociale et contemporaine, puissante et dramatique, en 3 volumes, intitulés : Marquisette, Un Maître, L'Epouvante (1892); Pierrot et sa conscience, bijou littéraire, illustré par Gorguet (1893) ; Régina Sandri (1897); Sa Fleur ; Un Niddctruit (1898). On annonce encore
de ce fécond et remarquable écrivain, trois romans: Poupée Japonaise , acquis par le Journal pour son feuilleton ; Entrée de Clozenesse ÎLiilu] et Les Débuts
SRli ( Ltéonat^d - Honoré - Liéonce CHAVEt^EBlÈf^E de)
KNATEUR, avocat, né à Salon-la-Tour l'Corrèze)
le 30 septembre 1833. 11 commença au col-
^ lège de Treignac, dans ce département, ses
S>sê*a études classiques et les termina au lycée de Limoges.
Inscrit au barreau de la Cour d'appel de Paris dès i8=i=j, M. Léonce de Sal ne tarda pas à se faire connaître comme orateur. En 1858, il était choisi comme secrétaire de la Conférence des avocats. Cousingermain de Lachaud, dont il dirigea le cabinet pendant plusieurs années, il plaida brillamment un grand nombre d'affaires civiles et criminelles.
Ami personnel de Gambetta, de qui il avait encouragé les débuts au Palais, M. de Sal fut chargé par celui-ci, en 1 87 1 , auprès des conseils de guerre de Paris et des environs, de la défense de plusieurs insurgés et notamment M. Paschal Grousset, membre de la commune. Dans ces circonstances, il déploya un talent fait tout ensemble d'éloquence et d'émotion, qui parvint à préserver beaucoup d'inculpés de la peine de mort.
Il faut mentionner, parmi les autres causes auxquelles M. de Sal prêta l'appui de sa parole toujours écoutée, celles du banquier Mirés, qu'il défendit de concert avec Jules Ferry; de l'assassin Collignon ; de l'explosion de la rue Béranger ; de Monastério ; de Simon ; de Soulze et de Pillon de Thury, exdirecteur de la «Société de Pantographie voltaique» et du journal le Rosier de Marie ; de Turpin, l'inventeur de la mélinite ; d'.\ubert, l'assassin du philathé-' liste Delaheflf, pour le père duquel il plaida partie civile; de M. de C..., avocat à Alger, faussement accusé de complicité de banqueroute frauduleuse et dont il parvint à établir l'innocence avant les débats judiciaires; de M. Razetti, directeur du Courrier de l'Europe, sur l'insaisissabilité des rentes françaises, etc.
Entré dans la vie publique en 1877, comme conseiller général de la Corrèzepour le canton d'L'zerche, M. de Sal a cessé depuis de faire partie de cette assemblée départementale.
Candidat républicain aux élections sénatoriales du 6 janvier 1883 dans ce même département, M. de
Sal obtint 2S5 voix sur 707 votants, sans être élu; mais l'année suivante, à une élection partielle, il fut envoyé à la Chambre haute par 413 voix contre 271 à M. Pénières , également républicain. II fut réélu en 1894 par -592 voix sur 712 votants.
L'honorable sénateur de la Corrèze siège à l'Union républicaine du Luxembourg et vote, le plus souvent, avec la majorité gouvernementale. Indépendant néanmoins, il s'est fait entendre avec une autorité et une compétence reconnues dans maintes discussions, telles que : à propos des deux projets de M.^l. Blavet et Marcel Barthe tendant à modifier le règlement du Sénat (1887) ; sur une proposition dont il est l'auteur tendant au relèvement des tarifs de chemins de fer de l'Etat, afin de ne pas établir une concurrence aux compagnies de chemins de fer, auxquelles l'Etat est obligé de payer une garantie d'intérêts ; sur divers amendements au projet de loi relatif à l'assainissement de la Seine et à la création d'un canal à la mer, qu'il présenta avec MM. Léon Say et Hipp. .Maze (1888); sur le projet de loi ayant pour objet l'utilisation des eaux d'égout de la Seine ; sur une proposition relative à l'établissement, aux frais de la Ville de Paris, d'un canal conduisant vers la mer la totalité des eaux d'égout de Paris légalement avec iMM. Léon Say et Hippolyte Maze) ; sur la proposition réglant la procédure à suivre quand les Chambres ont à exercer leurs attributions judiciaires (1889,'; au sujet de la proposition de loi de M. Bérenger pour l'aggravation des peines en cas de récidive et leur atténuation en cas de premier délit; sur la dérivation et l'adduction à Paris des eaux de source de la 'Vigne ; contre le projet d'élévation de la taxe à 4 °/o des valeurs mobilières (1890); sur le projet de loi relatif aux droits d'entrée sur les viandes salées d'Amérique ; sur la question du louage ; sur celle des rapports des agents de chemins de fer avec les compagnies (1891) ; sur la nécessité de l'intervention de la France auprès du gouvernement portugais en faveur des porteurs de titres dits " Dette intérieure du Portugal » (1892) ; contre la demande de poursuites à l'égard de M. Camparan, sénateur, relativement à la circulaire que celui-ci publia lors des élections au Conseil général de Saint-Gaudens (1893) ; sur les conditions accordées par le ministre de l'Instruction publique pour la conversion des inscriptions de l'officiat en inscriptions de doctorat aux jeunes gens pourvus de diplôme (1894); relativement au rapport sur le tarif général des notaires, question en débat depuis 1895 ; en
faveur d'un amendement dont il est l'auteur sur la taxe militaire, amendement d'ailleurs adopté (1897 ; contre le projet de loi ayant pour objet la répression des attentats commis contre les enfants, l'honorable sénateur de la Corrèze estimant que les tribunaux étaient insuffisamment armés à cet égard 11898'), etc. M.. Léonce de Sal est membre ou rapporteur de nombreuses commissions sénatoriales et notamment de celle des chemins de fer. 11 est l'un des fondateurs et vice-président de l'Association Corrézienne , fondéeà Paris pendantlesiège de 1870-71, et dont les statuts ont servi de modèle à de nombreuses associations départementales également créées à Paris ; il fait partie du conseil de plusieurs sociétés, telles que l'Association des anciens élèves de l'Ecole des Arts et Métiers, etc.
CÎ^OS (Antoine)
ÉDECiN, philosophe et poète, né à Lagrasse
(Aude) le 10 mai 18-53. Fils du philosophe
S. -C. -Henri Cros (1803-1876), petit-fils du
grammairien Antoine Cros ( 1 769-1 844), il se
fit recevoir docteur en médecine en 18S7.
M. le docteur Antoine Cros s'est consacré à des travaux de diverses sortes, qui ont fourni la matière de nombreux ouvrages ; nous citerons d'abord ceux relatifs aux sciences médicales: Les facultés Je l'intelligence et les Jonctions spéciales des lobules antérieurs du cerveau (Thèseinaugurale 1837); Etude sur la fièvre puerpérale {Galette des hôpitaux 1858); Deux mémoires présentés à la Société anatomique en 1859 •
A . sur Le muscle tenseur moyen de la valvule mitralc,
B. sur Un cas de grossesse gémellaire avec placenta bilobé; Examen du livre de Lélut : Physiologie de la pensée [Galette hebdomadaire de médecine et de chirurgie,Xovaew, n°' 30, 31 et 32,23 juillet, i"et 8 août 1862) ; Mémoire sur \ LLypertrophie du corps thyroïde accompagnée de névropathic du cœur et d'exophtalmie, remarque sur quelques points de l'anatomie de la région précordiale et sur l'examen plessiinétrique de cette région ; Sur le goitre exophtalmique (Galette hebdomadaire, tome ix, n°37, 6 septembre 1862); Observations relatives aux maladies des centres nerveux (France médicale, 27 janvier, 6 et 20 février et 5 mars 1863); Vexophthalinie périodique [France médicale, 4 juillet 1863); De la valeur des signes diagnostiques fournis par l'inspection de la langue [Galette hebdomadaire, n" S2, et tome x, n°' i"et 26 décembre rS62 et 3 janvier 1863) ; Considération à propos d'un
cas Je transposition des viscères et d'un autre fait relatif à la corrélation organique (1864); Etudes nouvelles de médecine pratique et de pathologie générale: les décoordinations organiques {i%(i(>]\ Les fonctions supérieures du SYStènie nerveux, recherche des conditions organique et dynamique de la pensée ;'i874), etc.
Parmi les travaux de M. Gros sur l'organographie plessimétrique.il faut mentionner: Ln progrès réalisé dans la pratique de la percussion par une modification du plessimètre , mémoire lu devant l'Académie de Médecine (1860); Mémoire sur la plcssimétrie, premier tracé dermographique (1862) ; Examen du cœur par la percussion (1862); De la délimitation organographiquc de la rate che^ les enfants (1863); Tracés dermograpliiqucs (1863) ; Une expérience d'organographie (1863) ; Les diverses phases des états organographiques et les effets successifs des médicaments (1879) ; Les changements de situation et de volume des organes internes révélés par la délimitation organographiquc (1879); Délimitation des reins et des régions circonvoisines (1879); Causes organiques delà phtisie pulmonaire, mémoire lu devant l'Académie de Médecine (i88u).
A propos de la plessimétrie, nous devons rappeler qu'il en exposa la théorie et la technique en un mémoire lu à la Socété médicale de Londres, qui l'y avait spécialement invité, le 9 avril 1883.
M. Antoine Gros fit encore, comme médecin, diverses communications au Gongrès médical de Londres, sur Les fonctions de la couche corticale des hémisphères cérébraux et sur Le mécanisme de la mémoire, de la sensation normale, de l'hallucination ; puis auCongrès thérapeuthique de Paris, en 1889, sur Le traitement de la phtisie pulmonaire, sur Le mode d'action des substances vésicantes, sur L'emploi des préparations quiniques en général. Enfin, auCongrès de la tuberculose, tenu à Paris en 1890, son travail sur Le traitement prophylactique et cnratif de la tuberculose, fut fort apprécié de ses collègues.
Poète, M. Grosa composé: lesBelles fleures (18&2); une Ode à Molière, récitée à l'Odéon, pour le 260' anniversaire de la naissance de Molière (18821 ; Prométhée enchainr, tragédie antique d'après Eschyle (1888).
On lui doit encore des ouvrages de philosophie : le Problème, nouvelles hypothèses sur la destinée des êtres (1890); les Méthodes scientifiques (1891); Les Ames, la Force, la Matière , {Ermitage, 1891) ; la Métaphysique de M. Taine ; L'Ldéalisme transcendental et tes quatre antinonimies de la raison pure
de Kant. étude critique (1890-1894) ; \e^ Nouvelles formules du Matérialisme (18971. On annonce enfin de lui : la Métaphysique scientifique (18991.
Le D' Gros est l'inventeur de la modification du plessimètre (i8'i9);d'une machine typographique, en collaboration avec Gharles Gros, son frère (1859) ; d'un sténographe musical, aussi en collaboration avec Charles Gros (1839^ et du Téléplaste, appareil destiné à transmettre la forme au loin par les courants électriques et sans transport de matière 1 présenté à l'Académie des Sciences en 1891).
M. le docteur Antoine Gros est officier d'Académie, chevalier de la Rose du Brésil et de l'ordre de Vasa de Suède.
DflBOT (Her^îTi-Dicudonné)
.•oc.\T et historien, né à Péronne (Somme; le 24 mai 1831. Venu à Paris dès la quatorzième année, il fit ses classes au lycée Louisle-Grand, prit les grades de licencié et de docteur en droit à la Faculté de Paris, dont il fut lauréat. Après avoir, en qualité de maître clerc, dirigé une très importante étude parisienne d'avoué, il s'inscrivit au barreau de la Cour d'appel, où il ne tarda pas à se créer une bonne place parmi les avocats d'aftaires civiles.
Avec ses amis, l'abbé Duquesnay, qui fut plus tard archevêque de Cambrai, M. Bonnier-Ortolan, professeur à la Faculté de Droit de Paris, et M. Gaillardin, professeur d'histoire à Louis-Ie-Grand, M. Henri Dabot s'occupa très activement, sous l'Empire, des sociétés de secours mutuels. Il fit, pendant de nombreuses années, des cours de droit aux ouvriers membres de ces sociétés et publia à leur intention quelques petits ouvrages de droit pratique.
M. Henri Dabot a fait paraître deux brochures dont les éditions sont entièrement épuisées : les Registres et notes d'une famille Pe'ronnaise, qui le firent admettre à la Société d'émulation d'Abbeville et à la Société des Antiquaires de Picardie ; les Lettres d'un lycéen et d'un étudiant de rS^y à 18^^ (1892), commentaire des événements au quartier Latin de cette époque troublée, ouvrage qui ouvrit 3 son auteur les portes de la Société des Etudes historiques de Paris et obtint un grand succès. On doit encore à cet écrivain : Griffonnages, notes écrites au jour le jour sur tout ce qui s'est passé au même quartier Latin pendant le siège de Paris et la Gom-
mune. Certains fragments de ce volume, édité en iSç'i, avaient déjà été donnés dans divers journaux et revues; Alphonse Daudet écrivit qu'il n'avait rien lu de plus émouvant que ces récits de la Commune et remercia l'auteur, en son nom et au nom de son ami Edmond de Concourt, de les avoir cités dans son ouvrage. Mentionnons encore : Souvenirs et impressions d'un bourgeois du quartier Latin de mai 1854 à mai 1S69 (1899), ^i'^'''^ 1^^ ^^- Furetières apprécie, dans le Soleil du 14 janvier 1899, en ces termes :
Ecrits avec beaucoup de simplicité, ces souvenirs d'un vrai Parisien constituent pour l'histoire du second Empire un document précieux. Leur auteur surtout, en vrai compatriote de Brichanteau, témoigne à chaque page de sa sollicitude pour le vieux PariR Quand on détruit la Pépinière du Luxembourg, des cris d'indignation et de douleur s'échappent de sa poitrine. Il veille sur les monuments, il s'intéresse à la restauration de la Sainte-Chapelle, à la disparition d'une rue, d'une maison. Il en conte l'histoire et ne laisse échapper aucun des faits, aucun des incidents qui amusent l'opinion et la chronique. Quelques-unes de ses mentions sont précieuses et permettent de fixer plus d'un point de Ihistoire parisienne
M. Henri Dabot est membre de diverses sociétés savantes, littéraires et artistiques du Nord à Paris.
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^RVf/lRC (Gabriel)
•\-ocAT, député, né à Montredon (Tarn) le 20 novembre 1846. Il fit ses études à Bordeaux et à Tulle, suivit ensuite les cours de la Faculté de Droit de Paris et prêta le serment d'avocat devant la cour d'Orléans.
Inscrit au barreau de Blois, il y a plaidé avec succès dans diverses affaires d'assises, notamment dans celle des fourrages de La Motte (aflaire de vol militaire); il défendit très chaleureusement et avec un grand désintéressement les intérêts de la fille Schmeltzer, jeune autrichienne, dont le cas tout particulier fit quelque bruit dans la presse : inculpée d'infanticide, elle avait été conduite au dépôt de la préfecture de police, incarcérée ensuite à la prison de Romorantin, puis une expertise médico-légale démontra sa virginité.
Avocat-avoué à Romorantin depuis 1875, M. Maymac sut acquérir une grande situation dans cette région. Elu conseiller municipal en 1882, puis, en 189s, maire de cette ville et conseiller d'arrondissement, son administration active, intelligente, a complètement modifié l'aspect de Romorantin. Il y a lieu de mentionner tout particulièrement l'exécution de
grands travaux d'assainissement et d'embellissement et l'extension donnée aux services hospitaliers.
Au renouvellement général législatif de mai 1898, M. Maymac fut élu député de l'arrondissement de Romorantin par 8,877 '^'oix contre 5,431 à M. Emile Julien, député sortant.
Républicain indépendant, il n'est inscrit à aucun groupe. Il s'est affirmé partisan de la réforme des lois de procédure.
L'honorable député de Loir-et-Cher avait fondé à Bordeaux, vers 1860, un journal littéraire la Chronique Bordelaise ; il a collaboré, sous son nom ou anonymement, à diverses feuilles républicaines de Paris et des départements; il dirige un journal républicain de sa circonscription, leConrrier de laSologne.et on annonce de lui une histoire très intéressante et très documentée de la Sologne, dont le Guide loanne à déjà donné quelques extraits.
M. Gabriel .Vlaymac est officier d'Académie.
JWÉflUliIiE (poptuné)
:eintre, graveur, illustrateur et homme de ii^ lettres, né à Angers le 11 avril 1844. Venu, dès l'enfance, à Paris, il y fit ses classes au lycée Bonaparte (Condorcet) et y suivait les cours préparatoires à l'Ecole Polytechnique lorsque la mort de son père le contraignit à délaisser ses études scientifiques pour subvenir aux besoins de sa famille.
M. MéauUe avait appris, de bonne heure, la peinture avec Isabey ; aussi, Pointelle, alors directeur du Monde Illustré, le chargea-t-il de nombreuses copies de tableaux. A cette même époque, le jeune peintre fut l'élève du célèbre graveur Henry Linton.
Dans cette spécialité, M. Méaulle est devenu l'un des meilleurs artistes de ce temps. Comme graveurdessinateur, il a collaboré au Monde Illustré, àV Illustrât ion, au Tour du Monde, au Magasin Pittoresque, à Y Univers illustré, etc.
Il a reproduit, par la gravure, quelques tableaux de Henri Regnault, tous les dessins de Victor Hugo, l'Insecte de Giacomelli et un grand nombre d'œuvres de peintres anciens et modernes. Il est aussi l'auteur de toutes les gravures ayant trait au choses de Paris, parues dans le Harper's Magasine et le Graphie.
Cet artiste a illustré de nombreux livres ; il a été le collaborateur de Gustave Doré, de Morin, de Vierge, de Luminais, de Bida, etc.; depuis de longues années,
il dirige In partie artistique du Pi'ti/ Joiinnil, du Journal Illustre, du Supplément Illustré.
Entre temps, M. F. Méaulle a fondé le journal VArt et a publié quelques romans, parmi lesquels il convient de citer; L'homme Jiix vcii.v île verre; Perdus dans la grande ville ; Le petit amiral Naga ; Robinson des airs ; Robinson de Fontainebleau ; Délaissée l etc.
M. F. Méaulle a entrepris, pour l'Exposition universelle de 1900, le Panorama de l'Histoire de la Terre, avec des procédés de peinture panoramique entièrement nouveaux. 11 a fait, à la Bodinière, une exposition d'une grande partie de maquettes de ce projet, qui ont montré la possibilité d'une grande leçon de choses, en déduisant, par des tableaux saisissants, toutes les phases paléontologiques du globe.
flt^MEZ (Liouis)
^^Sâ l'pL'Tii et ingénieur, né à Paris le 19 août 1838. lll^B ^' '^^^ '"^ ''1® ^^ Charles Armez, qui fut député des Côtes-du-Nord de 1834 à 1848 et qui, possesseur du masque du cardinal de Richelieu, otïrit ce souvenir historique à l'Etat, sur les instances de Victor Duruy, alors ministre de l'Instruction publique.
Après de brillantes études au lycée Louis-le-Grand, au cours desquelles il obtint plusieurs succès dans les concours généraux, M. Louis Armez entra, en iSsy, à l'Ecole centrale des Arts et Manufactures et en sortit, trois ans plus tard, avec le diplôme d'ingénieur civil.
Ce n'est que pendant la dernière année de l'Empire qu'il s'occupa de politique. Au mois de juin 1869, par 2,362 voix sur 2,970 votants, il fut envoyé au Conseil général des Côtes-du-Nord pour le canton de Paimpol ; ce mandat lui a toujours été renouvelé jusqu'à ce jour. Propriétaire à Plourivo, M. Louis Armez fut élu, en 1871, conseiller municipal et maire de cette commune. Révoqué par M. de Broglie en 1874, personne ne voulut accepter ses fonctions et M. Armez continua d'administrer sa commune.
Le 20 février 1876, il se présenta aux élections législatives, dans la \" circonscription de St-Brieuc et fut élu, le 6 mars, par 8,460 voix contre 6,778 à son concurrent conservateur, M. Duval. Il siégea à l'Union républicaine, vota pour le projet de loi sur la collation des grades, pour celui relatif à l'élection des maires par les conseils municipaux et fut
l'un des 363 députés qui refusèrent leur confiance au cabinet de Broglie-Fourtou.
Après la dissolution de la Chambre, M. Armez se représenta, le 14 octobre 1877; mais il échoua contre le candidat officiel, M. Garnier-Bodéléac, qui fut nommé à une faible majorité. L'élection ayant été annulée, les électeurs, convoqués à nouveau le 3 mars 1878, élurent M. Armez par 10,040 voix, contre 6,204 à son même concurrent. Dans cette nouvelle législature, il se prononça habituellement avec la majorité gouvernementale.
Le 21 août 1881, M. Armez vit renouveler son mandat, dans la i" circonscription de Saint-Brieuc, par 8,632 voix, contre 5,682 à M. de Boisgelin, candidat conservateur. 11 fut, pendant cette session, secrétaire de la Chambre, et il échoua aux élections générales du 4 octobre i88s, en tète de la liste républicaine des C6tes-du-Nord.
M. Armez retrouva son siège le 22 septembre 1889, élu, sans concurrent, député de la i" circonscription de Saint-Brieuc, par 10,824 voix ; il fut successivement réélu, le 20 août 1893, par 9,01 =; suffrages, contre 6,020 à M. Joubert, armateur, conservateur; et le 8 mai 1898, par 10,945 voix, sans concurrent.
M. Armez a fait partie de nombreuses commissions parlementaires, notamment de celles de la marine, du tarif général des douanes, de la réforme de l'impôt, de la marine marchande, delà commission relative au classement et au traitement du per-. sonnel de l'enseignement primaire (1878-1885'), de la commission du budget et de la commission extraparlementaire d'enquête sur la situation de notre flotte (1894). 11 a présenté à la Chambre et défendu des rapports sur la marine de guerre, la marine marchande, sur son projet de loi tendant à la réorganisation du personnel des agents du commissariat maritime , sur un projet de loi portant prorogation des encouragements accordés aux grandes pèches maritimes; et, au nom de la commission des douanes, les tarifs sur les résines et leurs dérivés, les baumes et sucs, les espèces médicinales, teintures et tanins et sur le budget des invalides de la marine (1898).
L'honorable député, à la Chambre comme à la commission de la marine et à celle des douanes dont il fait partie, s'applique à faire triompher les théories protectionnistes.
Ancien président del'Association amicale des élèves de l'Ecole centrale des Arts et Manufactures, président du Conseil général des Côtes-du-Nord depuis
1898, M. Armez a été nommé, en outre, membre de la Commission des câbles sous-marins par le ministre des Postes et Télégraphes, membre du Conseil supérieur de la marine marchande et du Comité consultatif des chemins de fer.
DOBV (Jean-Baptiste-fluguste)
JccLÉsiASTiaLE, archéologue. publiciste et collectionneur, né le 26 novembre 1843 à Bourbonne-les-Bains. Venu h Pa'^isde bonne heure, il accomplit ses études classiques au Petit Séminaire de Notre-Dame-des-Champs, où il se distingua par son goût pour les sciences naturelles et la géologie. Entré au séminaire d'issy en i86i,il s'adonna plus particulièrement à la philosophie et à l'histoire naturelle et, deux ans après, devint élève au séminaire de Saint-Sulpice.
Ordonné prêtre le 18 décembre 1869, M. l'abbé Doby fut envoyé aussitôt à l'Ecole des Carmes pour y préparer sa licence ès-sciences naturelles; mais la guerre ayant éclaté en 1870, le jeune ecclésiastique fut nommé sur sa demande aumônier de l'Hôpital militaire de Bourbonne. Pendant toute la durée des hostilités, il y prodigua ses soins et ses consolations aux blessés avec un zèle et un dévouement qui sont mis en évidence dans le document suivant, conservé dans les archives de l'Hôpital militaire :
M. l'officier d'administration comptable de l'Hôpital militaire de Bourbonne atteste et certifie que M. l'abbé Doby avaitaccompagné une évacuation de blessés ou malades sur l'hôpital de Langres, avec mission de revenir le jour même continuer son service au milieu des blessés et varioleux dont l'hôpital était rempli à cette époque. La statistique médicale accuse 434 cas de variole épidémique.
A son retour, M. l'abbé Doby tomba dans une embuscade prussienne, composée de près de soo hommes, qui, au village de Bànes. près de Langres, surveillait les avants-postes de cette ville avec l'intention de s'en enrparer, si la vigilance eiit pu être mise en défaut. Par un hasard malheureux pour lui, les forts de la ville, ayant connu la présence de l'ennemi, firent tonner le canon au moment où M. l'abbé Doby, revenant de Langres, traversait le village de Bànes. Furieux de se voir découvert, le colonel prussien, qui avait reconnu dans le jour la présence à Bànes de deux ecclésiastiques venus de Langres, crut à une trahison et, sous l'influence de cette idée, fit arrêter M. l'abbé Doby. revêtu de sa robe de prêtre et porteur du brassard de Genève.
Grossièrement interrogé, et ne soupçonnant pas la terrible situation où il se trouvait, M. l'abbé Doby chercha en vain à s'expliquer. Colère, emporté, et d'une violence extrême, le colonel prussien le condamna à être passé par les armes. Saisi aussitôt, il fut traîné au milieu des boulets français qui pleuvaient sur le village, poussé le long d'un mur, et allait être fusillé, lorsque, par un miracle providentiel, les deux ecclésiasti-
ques firent leur apparition amenés par le bruit de cet événement. M. l'abbé Doby, reconnu innocent, ne fut libre qu'après de longs pourparlers et arriva à Bourbonne encore, tout ému de la scène où sa vie avait été si grandement en danger.
Pour compléter le compte-rendu de ce fait, où M. l'abbé Doby joua sa vie, il peut être ajouté que, dans l'exercice de ses fonctions d'aumônier, il contracta dans les salles de l'hôpital, la variole qui, très mortelle à cette époque, mit de nouveau ses jours en danger.
Le Sotii-Iiilend^iil Militaire : H. Letaxg. Signé : Mouscadet.
Après la commune, au mois de juin 1871, M. l'abbé Doby rentra à Paris, à l'Ecole desCarmes, et fut chargé, l'année suivante, par Jules Simon, ministre de l'Instruction publique, d'accompagner dans les Basses- Alpes, la Société de Géologie de France. Au retour de cette mission, il fut nommé vicaire à Sainte-Marie des Batignolles.
Lors de la guerre carliste, il se rendit en Espagne, y suivit les opérations en qualité de correspondant de journau.x français et rentra, en octobre 1875, à Paris.
Vicaire de Saint-Thomas d'Aquin quand fut décidée par une assemblée d'évèques la création d''une Université libre à Paris (après la promulgation de la loi sur la liberté de l'enseignement supérieur), M. Dob-y fut choisi par Mgr d'Hulst , recteur de l'Institut Catholique, pour organiser, dans cet établissement , les collections de minéralogie et de paléontologie.
Possesseur d'une très riche collection de roches et de fossiles, il en donna d'abord la moitié à l'Institut catholique et partagea l'autre entre la Sorbonne, le Muséum, et l'Ecole communale de Bourbonne-les- Bains. Les journaux ayant mentionné ces dons, d'autres collectionneurs suivirent l'esernple et c'est ainsi que, sur l'initiative de M. l'abbé Doby, les musées scolaires furent créés en France.
Jusqu'en 1878, M. l'abbé Doby demeura à l'Institut catholique; puis il reprit son poste à Saint-Thomasd'Aquin; fut en 1S93, nommé vicaire de Saint-François Xavier et, le 9 juin 1896, premier vicaire de la paroisse de Saint-Roch.
M. l'abbé Doby a publié d'intéressants travaux en librairie et des articles dans divers journaux, notamment, sous le titre général les Mystères des Batignolles, une série très remarquée(i874). Aciteraussi: Découvertes archéologiques, parues avec gravures à r///«5/nT//oM, surl'établissementdes* Thermescivils » de l'époque gallo-romaine à Bourbonne et reproduite par le Bulletin Français et le Journal officiel (1876-1878) ; Etudes épigraphiques sur Bourbonne-les-
Bains (1890); un Tr^iite de Nniiiismastiquc (en préparation), etc.
Collectionneur, M. l'abbc Dohy a composé un curieux et important musée de médailles et monnaies grecques, gauloises, romaines et françaises, d'assignats, de vases grecs, étrusques et gallo-romains, des émaux de Limoges, des documents sur la Révolution, etc.
Membre de nombreuses sociétés savantes, telles que celle de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France, la Société française de Numismastique et d'Archéologie, la Société des Cent Bibliophiles, M. l'abbé Doby est chanoine du Mans depuis 1898.
~^r-.f\rv^-
BOUliRf^t) (Edouard)
f.'Uâ^ïx? (^-nLicisTE, sociologue, né le 24 décembre 1837 \ à Sillé-le-Guillaume (Sarthe). Sa famille, de condition modeste, lui fit apprendre le métier de monteur en bronze. A seize ans ouvrier, à dix-neuf ans maître d'études, à vingt-deux ans sous-officier, M. Boulard, à sa sortie du régiment fut ouvrier, employé, puis entrepreneur de travaux publics. Quand il put se retirer des affaires, il se consacra entièrement à la propagande socialiste.
Républicain et socialiste sous l'Empire, M. Boulard avait été secrétaire de divers groupes avancés qui firent de l'opposition au gouvernement impérial. 11 fut l'un des promoteurs de la candidature Louis Blanc et de différentes candidatures socialistes à Paris; il collabora à la fondation du parti ouvrier collectiviste révolutionnaire, puis s'en sépara lorsque ce parti lui sembla servir plutôt des ambitions particulières que la transformation sociale.
Il fit à ce moment de nombreuses conférences et brochures pour propager les principes « du collectivisme intégral », qu'il formula en outre dans différents ouvrages.
Après avoir refusé à plusieurs reprises les candidatures qui lui furent offertes par des comités socialistes, sous l'Empire et plus tard, il se présenta cependant, sur les instances de ses amis, et avec le programme collectiviste intégral révolutionnaire, aux élections législatives en 1881 dans la Creuse et en 1893 dans la Seine ; il échoua les deux fois.
M. Boulard a exposé ses théories en de nombreuses publications. Citons : Un toast maçonnique [iS^^] ; Les droits et les devoirs actuels des socialistes (1876) ; Hostilités cachées des pseudo-socialistes contre la véritable solution socialiste (1885) ; Le jour et le len-
demain delà révolution socialiste {1SS6) ; Devoirs et tactique des véritables socialistes devant les palinodies parlementaires (1888); Etude sur l'infini et les indéfinis (1895); Du rôle néfaste et anti-socialiste de la polémique d'invectives et de personnalités (1896); Philosophie et pratique du collectivisme intégral révolutionnaire (i" éd., i88i, ar mille en 1898). Cet ouvrage est divisé en quatre études : Base Cosmologique, Organisations, Voies et moyens. Critiques et Répliques ; son esprit général est indiqué par cet exposé :
Ont intérêt à la transformation radicale, la plus rapide possible, de l'état social individualiste, non seulement qui s'y trouve spolié et victime ; mais aussi qui en accapare tous les avantages : le meurt-de-faim et le milliardaire.
La solidarité est indispensable à l'harmonie sociale ; cette harmonie ne peut exister que par la justice égale pour tous ; mais la justice égale pour tous n'est possible que par l'égalité sociale, qui n'est ni le pareil, ni le semblable, ni l'uniformité, mais l'équivalence.
M. Edouard Boulard a collaboré au Réveil Social, à la Semaine de Paris, à l'Idée Nouvelle, au Clairon socialiste, au Parti ouvrier, etc.
SOIiliIEt^ (Paul)
ÎÉDEciN, né à Bléré (Indre-et-Loire) le 31 août
1861. Après avoir fait ses classes au ly-
" ' JIÂT^ ''^^ '^^ Mans , il commença l'étude de la
^iw médecine à Paris en 1881. Externe des hôpitaux en 1883, interne provisoire en 1885, il se consacra à partir de ce moment exclusivement à l'études des maladies nerveuses et mentales. Reçu interne des hôpitaux, dans les premiers, au concours de 1886, il passa successivement par les services spéciaux de Bicétre et de la Salpétrière.
Marié, en 1886, avec une étudiante en médecine, M"" Alice Mathieu- Dubois, M. SoUier prit avec elle, en 1888, la direction d'un établissement hydrothérapique pour le traitement des maladies nerveuses et de la morphinomanie.
Docteur en 1890, avec une thèse sur la Psychologie de l'idiot et de l'imbécile, qui a été traduite en plusieurs langues et est aujourd'hui presque classique, M. Paul Sollier fut, en 1891, nommé chef de clinique adjoint des maladies mentales à la Faculté. Lauréat de la Société médico-psychologique, en 1888, il en devint membre en 1891 et en est secrétaire-adjoint depuis 1892. Il est également secrétaire général delà Société française d'élecfrothérapie, dont il fut un des fondateurs.
.NI. le docteur Sollier est attaché à l'hospice de
Bicêlre au double titre de professeur d'hygiène et de l'Ecole d'infirmières et de conservateur du Musée pathologique.
Avec le concours d'un grand nombre de sommités médicales, il a fondé, en 1897, le Sanatorium de Boulogne, destiné au traitement des maladies nerveuses. Il a été nommé professeur de psychologie physiologique à l'Université de Bruxelles, en 1898.
M. Sollier a publié de nombreux mémoires dans les Archives Je neurologie, le Progrès médical, la Revue de Médecine, les Archives de physiologie, la Revue neurologique, la Revue philosophique, etc. Ses travaux les plus importants ont trait aux maladies du système nerveux et à la morphinomanie. Parmi les ouvrages qu'il a fait paraître , nous citerons ceux portant les titres suivants : le Sens musculaire (1887), traduit en italien ; Du rôle de l'hérédité' dans l'alcoolisme (1888), traduit en anglais ; Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (1890), traduit en allemand, en italien et en polonais ; les Troubles de la mémoire (1892) ; Manuel d'hvgicne â l'usage des écoles <f /«/7rw/«Vr(?5 (5' édition, 1893); Guide pratique des maladies mentales (1893}, traduit en russe ; Traitement de la morphinomanie, (dans le Traité de Thérapeutique appliquée du docteur Robin, 1896); VIdiocy, publié en anglais (1897) ; Genèse et nature de l'hystérie (2 vol., 1897).
M. le D' Sollier est officier de l'Instruction publique depuis 1896.
^nx' SOIiliIEf^ (née Alice ^WATHIEO- DUBOIS)
^ ÉDEciN, femme du précédent, née le 3 avril 1861, à Compiègne, où son père, nègre de la Guyane marié à une française, était ■ijr chirurgien-dentiste. Malgré les nombreuses difficultés créées à cette époque aux jeunes filles qui voulaient faire leurs études secondaires, M"° Dubois, après avoir obtenu le brevet supérieur de l'enseignement des jeunes filles, se fit recevoir bachelière ès-lettres et ès-sciences. Elle commença ensuite ses études médicales, en 1881, à la Faculté de Paris. Reçue externe des hôpitaux en 188-5, docteur en 1887, avec une thèse importante sur l'Etat de la dentition chei les idiots et hs dégénérés, faite dans le service du docteur Bourneville, à Bicétre, elle abandonna l'idée qu'elle avait eue un moment de se livrer à l'art dentaire, pour se consacrer exclusivement à la
direction d'un établissement médical avec son mari, M. le docteur Paul Sollier.
GOEJ^EflU (Jèan-Baptiste)
ÉPUTÉ, ancien professeur, né à Dezize , près Nolay (Côte-d'Or) le 11 février 1849. Frère de M. le docteur Gueneau, député de ce même département(i8'i3-i894 1, il fit ses études classiques au collège de Châlons-sur-Saone. Elève de l'Ecole normale de Cluny de 1869 à 1872, il devint successivement professeur de mathématiques au collège de Tournus (1872), aux Ivcées de Sens (1874'), de Limoges (1879), deXancy (1881: et aulycée Michelet à Paris (1894). Il avait été reçu agrégé des sciences mathématiques en 1878.
Très connu dans le département de la Cote-d'Or, où son frère, maire de Nolay et conseiller général, a laissé d'excellents souvenirs, M. J.-B. Gueneau s'y occupa longtemps de politique militante sans cependant solliciteraucune fonction publique.
Lors des élections générales législatives de 1898, le député sortant de la 2' circonscription de Beaune, M. Ernest Carnot, fils du défunt président de la République, ne se représentant pas aux suffrages des électeurs, M. Gueneau fut désigné comme candidat par la réunion des comités radicaux et républicains, et élu député, au 1' tour de scrutin par 6,893 voix contre 4,791 à M. Bouzerand, rallié.
Radical de gouvernement, l'honorable député est inscrit au groupe de la Gauche démocratique et à la Fédération agricole et viticole qui s'occupe de la défense des intérêts de la Côte-d'Or. Il est membre des commissions des Colonies et de l'Enseignement.
Dans son programme, il s'est déclaré partisan de l'impôt progressif sur le revenu, de la défense de la petite propriété rurale, de la liberté de conscience et d'association, tout en s'élevant contre les empiétements des congrégations, et en prenant la défense de l'enseignement laïque. Il a demandé la suppression des prestations , des octrois et des fonctions inutiles; la diminution des frais de justice, l'établissement d'hôpitaux cantonaux, etc. Esprit très libéral, il s'applique a obtenir la réalisation des réformes désirées par le parti démocratique.
M. J-B. Gueneau est officier de l'Instruction publique depuis 1892.
pEVDEAU (Geopges-Liéon-dules)
'uTKi!R dramatique, né à Paris le 8 décembre iS6-;. 11 fit ses études au lycée Saint-Louis. Tout jeune encore, il écrivit de spirituels , monologues que dirent lesCoquclin, St-Germain, Galipaux, Judic et dont le PnLiclir est l'un des plus connus. Dans le même temps, il faisait jouer une comédie en un acte: Amour ri Piano i.\thénée, i8 janvier 1883).
.^l. Georges Feydeau a donné depuis, avec un succès chaciue fois grandissant : Gibier de poleiicc, comédie en I acte (Concert Parisien, février 1885); Fiancés en herbe, vaudeville en i acte (Salle Kriegelstein, mars 1886) ; Tailleur pour dames, vaudeville en 3 actes, qui fut représente à plusieurs reprises (Renaissance, décembre 1886) ; la Lycéenne, pièce en 3 actes, musique de Serpette (Nouveautés, décembre 1887); Chat en poche, comédie en 3 actes (Déjazet, septembre 1888) ; les Fiance's de Loche, vaudeville en 3 actes avec Desvallières (Variétés, janvier 1889); C'est une Femme du Monde, comédie en i acte, et le Mariage de Barillon, comédie en 3 actes avec Desvallières (Renaissance, mars 1890) ; Madame Sganarelle, comédie en i acte (Poitiers, mars 1892) ; Monsieur Chasse, comédie en 3 actes, qui est restée au répertoire du Palais-Royal (Palais-Royal, mars 1892); Champignol malgré lui, vaudeville en 3 actes avec Desvallières, qui obtint près de 60a représentations Nouveautés, novembre 1892) ; le Système Ribadier, comédie en 3 actes avec Hennequin (Palais-Royal, novembre 1892) ; Un fil à la patte, comédie en 3 actes Palais-Royal, janvier 1894); Notre Futur, comédie LU I acte (Salle de Géographie , février 1894) ; le liiiban, comédie en 3 actes avec Desvallières (Odéon, février 1894); V Hôtel du Libre-Echange, comédie en ■; actes avec Desvallières, pièce qui fut jouée plus de soc fois (Nouveautés, décembre 1894); le Dindon, pièce en 3 actes (Palais-Royal, février 1896) ; Séance de Nuit, comédie en i acte (Palais-Royal, 1897) ! Dorme {, je le veux, comédie en i acte (Eldorado, décembre 1897) ; la Bulle d'amour, ballet à grand spectacMmusiquede Francis Thomé (Folies Marigny, 18981; la Dame de che{ Maxim , comédie en 4 actes Nouveautés, janvier 1899), etc.
Cet écrivain, qui jouit à juste titre d'une grande réputation d'auteur gai et spirituel, a produit, de plus, divers monologues bien connus : Un Monsieur qui u'aime pas les monologues, les Célèbres, les Réformes, les Enfants, la Juré, V Homme intègre, V Homme économe, Trop vieux, etc.
M. Georges Feydeau est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1894, officier d'Académie et décoré de divers ordres étrangers.
fllWOËDO (Oseaf)
1 DEcix,professeurà l'Ecole dentaire de France, né à Matanzas (ile de Cuba) le 10 novembre 1863. Après avoir accompli ses études classiques dans son pays natal et y avoir appris les premières notions de son art sous la direction du docteur Normand, M. Amoëdo se rendit à la Havane, pour suivre les cours de l'Université, où il obtint bientôt un premier prix et le grade de chirurgien-dentiste. *
M. Oscar Amoëdo étudia ensuite à l'Université de New-York, ne tarda pas h recevoir le titre de docteur en ciiirurgie dentaire et s'établit ensuite à la Havane. Là, il se fit rapidement une telle réputation scientifique que le gouvernement de ce pays, lors de l'Exposition universelle de Paris (1889), l'envoya comme délégué au premier Congrès dentaire international qui eut lieu à cette occasion. Le jeune docteur présenta à ce congrès, sur le Traitement de dents mortes avec obturation immédiate des racines, un mémoire original qui fut très remarqué.
Poursuivant encore ses études médicales, M. Amoëdo prit ses inscriptions à la Faculté de Paris et ouvrit, en même temps, un cabinet dentaire dans un modeste hôtel du «Quartier Latin». En peu de temps, sa clientèle devint considérable et, dès 1890, il dût transférer son cabinet de consultations et d'opérations, d'abord rue Laborde, puis s'installer définivement au centre de Paris, avenue de l'Opéra.
A la même époque, .M. Oscar Amoëdo entrait, comme démonstrateur, à l'Ecole dentaire de France, où il fut successivement nommé professeur suppléant et professeur titulaire. Le 7 juillet 1898, il présenta devant la Faculté de Médecine, une thèse que les examinateurs déclarèrent « parfaite ». .
Ce professeur a publié un très grand nombre de travaux scientifiques, qui ont fait l'objet de communications à des congrès et sociétés savantes françaises ou étrangères ou ont paru dans les revues et journaux de médecine. Parmi les plus importants il convient de citer: Etude sur la pathogénie des abcès du sinus maxillaire (1888); Nouveau manuel opératoire pour la quello-plastie de la lèvre inférieure (iSSg'i; Etude sur lechlorydrate de cocaïne (1889) ; Les dents mortes et obturation immédiate de leurs racines
(Congrès dentaire, Paris 1889) ; L'action physiologique et thcrapcntiqnc de la cocaïne et critique des observations publiées sur ce sujet (Congrès de Médecine de Cuba 1890); Sur l'immédiate rootfilling (Congrès international de Médecine, Berlin 1890) ; L'Odontologie au Congres médical de Berlin (1890); Biographie du docteur Poirier {\%()ï); Précautions à prendre pour éviter les accidents généraux dans remploi de la cocaïne (1892); L'aristol comme succédané de l'iodoformc dans le traitement des dents mortes (1893) ; Du chlorure d'éthyle comme anesthésique local (Congrès de Médecine, Madrid 1892) ; Des implantations dentaires (1891) ; L'Europhen, nouveau succédané de l'iodojorme (1891); Implantation des dents décalcifiées (Congrès international de Médecine, Rome 1894) ; Etude sur la correction du Prognatisme (Congrès dentaire, Bordeaux 1895); Du mode de consolidation des dents implantées (1895); Sur la Prothèse immédiate du maxillaire inférieur (Congrès de Bordeaux 1895); Contribution à l'étude de l'implantation des dents {ï8^6); Four Consolidated Dental Implantations {Dental Cosmos 1896); Le rôle des dentistes dans l'identification des victimes du Ba^ar de la Charité (Congrès international de Médecine de Moscou 1897;) Traitement immédiat des dents mortes (Congrès dentaire de Nancy, 1896) ; Résultats éloignés des implantations dentaires (Congrès dentaire de Paris 1897); Notation dentaire {iSt)-]); The Expert Dentist (Congrès dentaire Américain de Londres, 1898) \DcV Expertise médico-légale dans les cas d'infection post-opératoire (Congrès dentaire de Lyon, 1898); Sur l'Orthopédie Dentaire, (Congrès des Médecins-Dentistes de Suède 1898); Sur les Qualités du Dentiste-Expert (Vienne 1898); Sur la Radiographie en art dentaire (1898); un grand ouvrage couronné par la Société Odontologique de France et intitulé : L'art dentaire en médecine légale (1898), connu dans le monde entier et que le doyen delà Faculté de Paris, M. Brouardel, professeur de médecine légale, a déclaré être « un livre scientifique très complet, dans lequel les médecins les plus compétents pourraient puiser les plus utiles renseignements. » Il est aussi chargé du chapitre concernant les Dents dans le Traité d'Anatomie humaine du docteur Poirier.
Le professeur Amoëdo a inventé et fait exécuter divers appareils spéciaux, notamment : la Seringue qui porte son nom, présentée au Congrès international de Médecine de Rome en 1894 ; la Pointe cautère pour stériliser les dents mortes (Congrès de Rome 1894) ; la Seringue hypodermique stérilisablc, présen-
tée au Congrès de Bordeaux en 1895; V Ecartelèvres ; la Seringue Collège ; la Nouvelle Presse à moufles, présentée à la Société d'Odontologie de Paris en 1898, etc.
Membre de la Société Odontologique delà Havane et délégué par cette société au Congrès international dentaire de Paris (1889), ancien vice-président de la Société « America » de Paris et délégué par elle au Congrès des Américanistes de Huelva (1S92), membre de la Société Odontologique de France, délégué par cette société au Congrès de Moscou (1897), président honoraire, pour la France, au Congrès international de .Médecine de Rome, section d'Odontologie (1894), membre de l'Association générale des Dentistes de France et de la Société d'Odontologie de Paris, membre honoraire de la Société Odontologique d'Espagne, président honoraire pour la France au Congrès international de Médecine de Moscou, section d'Odontologie (1897), secrétaire du Congrès Dentaire national, de Paris (1897), membre, correspondant de l'Académie des Médecins-Dentistes de Suéde, membre de la Société de Stomatologie de Paris, M. le professeur Amoëdo est décoré de l'ordre de Charles m d'Espagne.
PIOT (Edme)
•ÉNATEUR, né à Montbard (Côte-d'Or) le 6 juillet 1828. Issu d'une famille pauvre, il ne put fréquenter l'école et dût, encore tout enfant, -■ travailler aux champs. Plus grand, il cassa des cailloux sur les routes, puis parcourut le centre de la France comme terrassier. Occupé ensuite aux études de la ligne Paris-Lyon, son activité et ses aptitudes lui firent bientôt obtenir un poste de piqueur de l'exploitation.
Tout en se livrant à sa rude besogne, le jeune homme apprit seul les éléments du savoir. Soucieux d'épargne en même temps que d'étude, il put, dès 1854, entreprendre de petits travaux pour son propre compte ; puis, en peu d'années, l'ancien manœuvre devint l'un des plus importants entrepreneurs de travaux publics de France.
M. Edme Piot a exécuté les travaux suivants : Réseau P.-L.-M. (1854 à 1860) : nombreux travaux entre Mâcon et Romanèche ; consolidation des remblais à Pontanevaux et Romanèche et entre Mâcon et Villefranche, avant la mise en exploitation de la ligne ; embranchements de Dijon à Besançon et d'Auxonne à Gray ; travaux de terrassements et bâti-
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ments entre Montbard et Dijon. — Réseau de l'Esl (1860-1863): construction de la section de la ligne directe de Nancy à Gray, comprise entre Fresne- Saint-Mammès et Gray. — Reseau P.-L.-M. (1863- 186=1) : ligne de Roanne à Lyon, lot de BuUy ; (186=;- 1868) : embranchement d'Aubagne aux mines de Fuveau et de Montbéliard à Délie; (1868-1876).: ligne de Cannes à Grasse, et de la Pauline aux Salinsd'Hyères ; (1875-1877) : construction entre Dole et Besançon de la deuxième voie de la ligne de Dijon à Belfort. — Ville Je Paris (1866-1867) ■ partie des terrassements du Trocadéro, pour les travaux de l'Exposition, qui valurent à M. Piot une lettre très élogieuse de M. Alphand- — Génie militaire (1870) : terrassements du fort de la plaine de Gennevilliers et autres travaux pour la défense de Paris : (1877-1878): construction de l'arsenal de Dijon. — Grande Ceinture de Paris (1878-1884) : construction des deux sections de Versailles à Palaiseau et de Palaiseau à Savignysur-Orge. — Réseau d'Orléans (1883-1885) : gare de triage de Juvisy et agrandissement de la gare de Brétigny. — Petite Ceinture de Paris (1886-1889) : entreprise générale de tous les travaux, y compris ceux des gares, nécessités par l'exhaussement de la ligne et la réfection des ouvrages d'art pour la suppression des passages à niveau entre le tunnel de Charonne et la rue de Charenton (travaux d'une difficulté exceptionnelle, car, sans acquisition nouvelle de terrain, sans déplacer l'axe, il fallait, dans un petit espace, exhausser la voie sur place de s à 6 mètres, tandis que la circulation énorme de 172 trains n'était pas interrompue d'un seul jour; déviation et construction, en 60 jours, par un hiver rigoureux, au milieu de complications sans nombre, entre l'avenue de Clichy et la Chapelle, d'une ligne provisoire, avec trois gares, un pont en fer sur la ligne des Docks de Saint-Ouen, des passagesà niveau à chaque porte, poterne ou poste - caserne , etc. — Réseau Je l'Ouest : construction des gares de la ligne d'Andrésy à Mantes (1889 à 1897). — Réseau d'Orléans : construction de l'embranchement de Bourg -la- Reine à Robinson et transformation de la gare de Sceaux (rue Gay-Lussac, à Paris). — Ville de Paris : entreprise des travaux en cours d'exécution au pont de l'Aima et à l'Esplanade des Invalides pour l'Exposition universelle de 1900, qu'il adirigée jusqu'en 1898. En 1871, M. Piot était entré dans la vie publique comme conseiller général de la Côte-d'Or pour le canton de Montbard; confirmé dans son mandat sans interruption jusqu'ici, il a été nommé vice-président
de l'Assemblée départementale. Il a fait décider que la création et l'entretien des chemins de grande communication et d'intérêt commun seraient désormais à la charge du département, a fait établir des bibliothèques scolaires dans les communes et hameaux de son canton et a obtenu l'agrandissement, à Dijon, de la maison d'asile pour les vieillards, les aveugles et les incurables.
Depuis 1876, il donne chaque année un grand nombre de livrets de caisse d'épargne destinés à récompenser les élèves des écoles communales de son canton ; il a doté et préside les sociétés de secours mutuels de son département, il distribue sans distinction d'âge ni d'opinion, de larges libéralités à tous les indigents et les malades, et il s'est ainsi acquis une popularité peu commune.
Sollicité à plusieurs reprises de briguer le mandat législatif, notamment en 1885 et en 18S9, M. Piot refusa; mais en 1897, après la mort de M. Spuller, sénateur de la Côte-d'Or, il se présenta et fut envoyé au Sénat, par 672 voix, contre 271 à M. Levéque, ancien député, et 36 à M. Guénin.
Républicain indépendant , l'honorable sénateur n'appartient à aucun groupe, mais vote le plus souvent avec la gauche démocratique. 11 s'intéresse spécialement à la protection des intérêts agricoles et viticoles et préconise le retour à la politique d'économies budgétaires.
M. Edme Piot a été décoré de la Légion d'honneur, le 15 décembre 1888, par le président Carnot luimême, sur un chantier. 11 est aussi officier d'Académie.
PIOU (Gustave-Jaeques)
^j^^KPUTÉ, avocat, publiciste, né à Angers (Mainelll^B et-Loire) le 6 août 1838. Fils d'un premier ^^^^ président à la Cour d'appel de Toulouse, cf" J qui fut représentant h l'Assemblée nationale de 1871, il prit le grade de licencié en droit en 1858 et se fit inscrire comme avocat à Toulouse (1881). Après avoir paru avec honneur au barreau de cette ville, il fonda, dès 1867, avec Paul de Rémusat, de Malleville et autres , le Progrès Libéral, journal d'opposition à l'Empire, qui fut l'un des premiers organes libéraux de France.
Pendant la guerre Franco-Allemande, M. Jacques Piou commanda le bataillon des mobilisés de la Haute- Garonne.
Nommé conseiller général pour l'un des cantons
de Toulouse en 1878, il fut porté sur i;i liste coiiserviitrice de la Haute -Garonne et élu député le 14 octobre 1883, au i" tour de scrutin, par 54,406 voix sur 108,314 votants. Il prit jiart, à la (Chambre, à de nombreuses discussions, avec un véritable talent de parole. Il attaqua notamment la loi d'exil, demanda des poursuites contre M. Wilson, au moment du procès CafTarel-Limousin, et combattit la loi sur l'enseignement primaire.
Elu député de la i'° circonscription de l'arrondissement de Saint-Gaudens, le 22 septembre 1889, et par 7,228 voix contre 6,229 à M. Cruppi, avocat général à la Cour d'appel de Paris, M. Jacques Piou inaugura, à la rentrée des Chambres, la politique d'opposition constitutionnelle , qu'il définit dans une interview retentissante parue au Soleil. Cette politique d'adhésion à la République, plus connue sous l'épithète de «politique des ralliés» et à laquelle le pape donna son approbation, provoqua, à son origine, de nombreuses et vives polémiques. M. Jacques Piou en exposa les grandes lignes à la tribune de façon magistrale, à propos d'une interpellation sur la politique générale adressée au ministère Ribot, en 1891. Dans cette même session, il se prononça pour la loi d'abrogation contre le droit d'accroissement et fit rejeter, avec M. Félix Faure, le projet de loi sur le droit de visite en mer, que l'Angleterre demandait et qui lui avait déjà été concédé par les chambres belges.
Membre de diverses commissions, notamment de celle du Budget, il fut chargé de nombreux rapports: sur la proposition de loi, adoptée par le Sénat, ayant pour objet de modifier les droits de l'époux sur la succession de son conjoint prédécédé; sur le projet de loi dont ir était l'auteur relatif à la vente et au partage des biens de mineurs,-etc. Il intervint dans presque toutes les discussions parlementaires et son discours du 20 janvier 1893, ^^ faveur du maintien intégral du budget des cultes , très applaudi , rallia la majorité de la Chambre.
Lors du renouvellement général de 1893, M. Jacques Piou échoua avec 6,168 suft'rages, contre M. Sepmale, qui fut élu par 6,()Y) voix.
Propriétaire de vastes domaines dans la Gironde, il se consacra à l'étude des questions agricoles, fit de nombreuses tournées de conférences et fonda le « Syndicat des Propriétaires de la Gironde >/, dont il est président.
Réélu députédela i"-circonscripliondeSt-Gaudens, le 8 mai 1898, au i" tour par 7,31*9 voix, contre 6,495 à M. Bepmale, député sortant, il a été nommé membre
des commissions du règlement de la Chambre, de la réforme judiciaire, de la marine et de l'enseignement. Comme publiciste, M. Jacques Piou a donné un grand nombre d'articles à la Dcinocratic, à l'Observateur, à la Revue des Deux Mondes, au Figaro, sur divers sujets, notamment sur l'alliance Franco-Russe.
DELiOBEflU (Liouis-flPthup)
>Vi« jj ggj aujourd'hui avoué honoraire.
Sous l'empire, M. Delobeau compta'parmi les plus actifs membres du comité anti-plébiscitaire de la ville de Brest, qui, au plébiscite du 8 mai 1870, se prononça contre le gouvernement impérial, par 5,597 non, contre 2,437 oui. Elu pour la première fois conseiller municipal en 1871, M. Delobeau fut nommé conseiller d'arrondissement du j' canton de Brest la même année ; il devint, en 1884, conseiller général du i'"'" canton et maire de cette ville. On doit à son administration municipale de nombreuses mesures d'hygiène, des améliorations notables au point de vue de la voierie, des constructions d'écoles, etc. ; il a aussi contribué à la création de divers chemins de fer d'intérêt local.
En octobre 1891, pendant les brillantes fêtes données à Brest, en l'honneur delà visite des navires russes, et de l'amiral Gervais revenant de Cronstadt, fêtes auxquelles M. Delobeau présidait en sa qualité de maire de la ville, il fit décerner par le conseil municipal, le titre de citoyen brestois au commandant russe de Birileft, aujourd'hui amiral. En 1895, il présida la réception, par la ville de Brest, de l'amiral Kalogueras et des marins russes du Rurik, du Diiuitri-Donskoï et de la canonnière Groitatosky, réception qui fut enthousiaste et rappela les manifestations inoubliables de Cronstadt et de Toulon.
L'amiral Kalogueras ayant exprimé le désir d'avoir à son bord le portrait du président de la République, M. Delobeau, «au nom de la ville de Brest, » lui fit remettre une magnifique photographie de M. Félix Faure, placée dans un cadre sculpté, orné de rubans aux couleurs nationales et accompagnée de cette lettre :
Amiral, la ville de Brt^st ne sera jamais aussi heureuse que lorsqu'elle pourra réaliser vos désirs. Je sais que vous avez cherché dans Brest le portrait du très aimé président de la République Française, M. Félix Faure; permettez-moi de vous offrir ce portrait
au nom de notre cité. Vous pourrez le placer à votre hord auprès de celui de votre vénéré empereur, S. M. Nicolas ii. Vous le conserverez comme souvenir de notre bonne amitié, de votre court séjour dans notre ville, et il vous rappellera les vrais amis que vous y
laissez.
Le sèiijUur. m.iire de Brest : L.Delobeau.
Elu sénateur dn Finistère, lors d'une élection partielle, le 23 juillet 1893, par 709 voix, contre sas à M. Chancerelle, candidat de la droite, en remplaceuient de Tamiral du Frétay, décédé, et réélu le 7 janvier 1894, par 678 voix, .M. Delobeau est membre de la commission sénatoriale et a été membre de la commission extraparlementaire de la marine (1894-1898).
Inscrit au groupe de la gauche républicaine et de l'union' républicaine, l'honorable sénateur qui est républicain progressiste, a pris part aux discussions concernant la marine et a prononcé, en 1897, contre les menées cléricales dans l'Ouest, un important discours. 11 est protectionniste.
M. Delobeau est vice-président du Conseil général du Finistère; il est chevalier de la Légion d'honneur depuis i89'î et commandeur de l'ordre deSt-Stanislas de Russie ; il a obtenu, en 1894, une médaille d'or de première classe, à l'occasion d'une épidémie qui s'était déclarée à Brest en 1893.
COCHlfl (Denys-MaPie-PiePPe- Augustin)
i^^^ KPUTÉ, né à Paris le i" septembre iSîi. Il Jl'^F '''PP^rtient à une ancienne famille, dont '^^W^^ l'histoire est liée à celle de la capitale. hjj; y Parmi ses ascendants, on trouve plusieurs échevins et autres personnages connus : l'abbé Jean- Denys Cochin, fondateur de l'hôpital qui porte son nom; Jacques-Denys Cochin, maire et député du xii"^ arrondissement de Paris, créé baron en 1820, enfin le philantrophe Augustin Cochin, son père.
M. Denys Cochin, en 1870, s'engagea pour la durée de la guerre au 8' lanciers et, en qualité de portefanion du général Bourbaki, fit la campagne de la Loire et de l'Est ; à la bataille d'Héricourt, il fut décoré de la médaille militaire.
Après avoir fait son droit, il devint licencié es lettres et s'intéressa aux recherches de savants tels que Schutzemberger et Pasteur, qui l'admirent à partager leur travaux.
Elu conseiller municipal, en 1881, parle quartier des Invalides (viii' arrondissement); il fut réélu sans interruption jusqu'en 1893, époque à laquelle il donna sa démission. A l'Hôtel de Ville, yi. Denys Cochin siégea parmi la minorité conservatrice ; il protesta
contre la laïcisation des hôpitaux et entama contre la N'ille, au sujet de la laïcisation de l'hôpital Cochin, une action qu'il perdit et dont les divers épisodes se retrouvent dans son livre : L'Hôpital Cochin et la laïcisation^ lypo-iSSy (1890).
Candidat aux élections législatives de 1885, il échoua, le troisième sur la liste conservatrice, avec 109,000 voix ; en 1889, il fut aussi en minorité d'une centaine de suffrages contre M. Mermeix ; mais il parvint à se faire élire député en 1893, par 3,052 voix contre 2,si2 à M. Frédéric Passy, dans la F" circonscription du vni° arrondissement de Paris, où il fut réélu, en 1898, par 4,176 voix contre 3,604 à M. Roger Allou, avocat, républicain.
A la Chambre, M. Denys Cochin siège à droite; il a obtenu la création d'un cours de Qhimie à la Sorbonne ; il a pris la parole en de nombreuses circonstances, et notamment contre l'impôt progressif (loi des successions), pour défendre la loi sur les menées anarchistes (1894), pour interpeller le ministère à propos de l'affaire Dreyfus (1899), etc.
M. Denys Cochin a donné des articles au Correspondant e.t2i\z Revue des Deux-Mondes. \\ a. publié, en plus du livre déjà cité: Quatre années au Conseil municipal {188=1) ; V Evolution de la Vie, ouvrage couronné par l'Institut (189s) ; le Monde extérietir (1895), etc.
COCHIN (Henpy)
"^i^feoMME de lettres et député, frère du précédent, ■~ né à Paris le 31 janvier 1854. ^1 ^^ ^u lycée Louis-le-Grand ses études classiques, que la guerre Franco- Allemande interrompit en 1870. Engagé volontaire au 17" bataillon de la garde nationale, il prit part à la défense de Paris et contribua, pendant le siège, à la répression du mouvement communaliste.
Reçu licencié ès-lettres et licencié en droit en 1873, M. Henry Cochin suivit ensuite les cours de l'Ecole des Chartes, puis il fut attaché à la direction de la Presse au Ministère de l'Intérieur sous M. de Fourtou. Démissionnaire, à la chute du cabinet de Broglie- Fourtou (novembre 1877), il se consacra à des recherches historiques et littéraires et publia, entre autres, des études remarquées sur l'histoire et la littérature italienne de la Renaissance.
Propriétaireà Saint-Pierrebrouck(Nord), M. Henry Cochin fut sollicité de poser sa candidature dans la 2" circonscription de Dunkerque, aux élections législatives de 1893 et tut élu, au i" tour de scrutin, par
6,563 voix contre 5,619 à M. Dantu, distillateur. Il fut réélu en 1898, par 9,876 voix contre 2,446 données ■à M. Vandenbroucque, brasseur, républicain radical. Inscrit, à la Chambre, au groupe de la droite modérée et au groupe agricole, M. Henry Cochin est, au point de vue économique, nettement protectionniste. Depuis son entrée au Palais-Bourbon, il s'est principalement adonné aux questions agricoles ; il a pris une part active à toutes les discussions sur le budget de l'agriculture et est l'auteur de plusieurs propositions utiles aux cultivateurs; on peut citer entres autres un amendement déposé par lui en faveur de l'élévation des droits sur les blés (189V) et un projet de loi, transformé en amendement au budget de l'Agriculture, sur les indemnités à accorder aux propriétaires d'animaux tuberculeux {1898).
M. Henry Cochin fit voter, en 1898, une proposition de loi déposée par lui, tendant à l'aggravation des peines prononcées contre les parents coupables de mauvais traitements envers leurs enfants ; il contribua à l'institution d'une agrégation des langues méridionales par une question posée au ministre de l'Instruction publique en 1898.
Ecrivain distingué et historien autorisé de la littérature italienne de la Renaissance, il a publié sur cette période plusieurs ouvrages qui ont été remarqués : Boccace (Paris 1890); Un ami de Pétrarque, Lettres de Francesco Nelli à Pétrarque {'Paris 1 892) ; La Chronologie du Canioniere de Pétrarque (Paris 1898) ; on cite encore de lui une Etude sur les origines du drame de ^ Romeo et Juliette 7j de Shakespeare (Paris 1881) et un
volume sur les Congrégations.
M. Henry Cochin a collaboré au Correspondant, au Français, au Paris-Journal, à la Revue des Lettres et des Arts ; il a publié de nombreux articles sur des sujets historiques ou de critique dans les revues françaises et italiennes.
COCHIN (Jean-Baptiste-flmable)
?oiiTE, né à Paris le 20 février 1833. Devenu aveugle à l'âge de cinq ans, mais bientôt .guéri, il accomplit ses études classiques au lycée Henri iv, puis se mit dans le commerce et fut négociant pendant plusieurs années.
Doué d'heureusesdispositions artistiques, M. A ma ble Cochin s'adonna pendant quelque temps à la peinture et à la composition musicale. Attiré ensuite par la littérature, il donna à diverses revues de Paris et de la provi;ice, des poésies qui furent appréciées.
• M. Amable Cochin a réuni ses nombreuses productions poétiques en quatre gros volumes , publiés successivement sous le titre de Mes Pensées, de 1880 à 1898.
Cet écrivain est membre de la Société libre des Beaux-Arts et de la Société Philotechnique.
liOTUS (IW"^ la Baronne Pflifll, née liotus GAZOTTI, dite)
i;iNTRF., née à Ferrare (^Italie) le 28 novembre 1866. Toute jeune encore, elle étudia la peinture sans maîtres et se forma ellemême. Elle envoya au Salon de 1888 un premier tableau, intitulé: Théodora.
Son mariage interrompit quelque temps ses travaux artistiques. Elle les reprit à partir de 1894, à Bucharest, oîi elle se trouvait alors et où elle produisit une série de portraits remarquables, et notamment celui de la Reine Elisabeth (Carmen Sylva), qui mirent son talent en pleine lumière.
En 1897, M"" la baronne Paini vint se fixer à Paris; elle y a exposé, au Salon de la Société des Beaux-Arts, sous la signature « Lotus », les œuvres suivantes qui, tout de suite, attirèrent l'attention : Portrait de AI"" la Comtesse Tornielli , ambassadrice d'Italie (1897); Les Indiscrètes (1898); La Vie, grand tableau symbolique, annoncé comme le premier d'une série inspirée par une pensée philosophique (1899).
M'"° la baronne Paini est officier d'Académie depuis
I^OSTOPTCHI^E (Comtesse Iiydie)
'cRivAiN, née le 25 septembre 1838 dans la ]é Grande Russie, près de Woronège (cheflieu du gouvernement de ce nom). Issue d'une famille illustre par ses écrivains et ses soldats, elle est la fîUe du comte André, historien, et de la comtesse Eudoxie, née Souchkoff, qui fut l'un des meilleurs poètes lyriques de la Russie. Son grandpère, le comte Théodore Wassiliewitch Rostoptchine, le fameux gouverneur général de Moscou en 1812, est connu aussi comme historien et auteur dramatique. Sa grand'mère Catherine, née comtesse Protassof, a publié de nombreux livres religieux; enfin sa tante Sophie, fille cadette du général Rostoptchine, devenue comtesse de Ségur par son mariage, en 1819, a laissé un nom universellement estimé dans le monde des lettres.
Fidèle aux traditions de sa famille , la comtesse
Lydie Rostoptchine débuta de bonne heure dans la littérature et s'y fit rapidement apprécier. Parmi les œuvres qu'elle a publiées, il convient de citer: Belle, sj^c ci bonne- (1880), paru dans la bibliothèque rose illustrée de la maison Hachette ; la Filleule iies Fées, qui reçut, en 188=, , le i"' prix au Concours littéraire organisé par la Petile Revue; Yvonne Trois étoiles ; l'Étoile fila nie ^iS86) ; Une poignée Je mariages, roman donné d'abord en feuilleton , dans la Nouvelle Revue et réimprimé en un volume (1881)) ; Irina, roman paru également dans la Nouvelle Revue (1894-189^); Raslaquouéropolis, grand roman satirique contre Monte-Carlo et Nice (1896).
Au théâtre, elle a fait représenter : le Trait du Part lie, pièce en i acte en prose (Théâtre Michel, à St- Pétersbourg, i898)et le De'vouementdeGontran, pièce en I acte, donnée avec succès à Paris,. aux Théâtres Pompadour et de la Bodinière (1898). Elle a en outre traduit plusieurs pièces d'auteurs dramatiques russes. Membre de la Société des Auteurs dramatiques de France , de celle de St-Pétesbourg et de la Société des Gens de Lettres, la comtesse Rostoptchine a été nommée officier d'Académie en 1894.
^iu.
lilOH (Jules-pPançois)
INGÉNIEUR, architecte, archéologue et historien, i^lR né à Hesdin (Pas-de-Calais) le 14 janvier 1832. ^^ Il fit ses premières études au collèae de sa ville
~^*f^ natale et fut ensuite élève à l'Ecole nationale des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne.
A sa sortie, M. Lion entra comme conducteur dans les Ponts-et-Chaussées, corps dans lequel il devint sousingénieur. Dès 1861, il fut mis en service détaché et nommé inspecteur des promenades de la Ville de Paris. Dans ce poste, il a effectué d'importants travaux d'ingénieur et a collaboré à l'organisation de nombreuses fêtes. En 1870, pendant la guerre, il fut incorporé dans le génie militaire auxilliaire.
Nommé ingénieur chef de servi-ce, chargé de la préparation de projets et de l'exécution de multiples travaux à l'Exposition universelle de 1889, M. Lion garda en même temps son poste d'inspecteur des Promenades de Paris, fit aussi partie du conseil des travaux de l'Exposition et fut désigné comme ingénieur des fêtes du centenaire, et de celles de l'Exposition universelle. Depuis le i" avril 1898, il est inspecteur honoraire des promenades de Paris.
M. Lion s'est occupé d'études historiques et archéologiques. En outre d'articles parus dans cer-
tains recueils périodiques ou dans les ouvrages spéciaux, il a publié différents mémoires; citons: Le Sinus Itius, le Poilus Itius, les votes antiques du Nord de la Gaule (lu à la Sorbonne en 1877, au Congrès des Sociétés Savantes); La bataille de Crécy, le combat du Bois-Guillaume (Renty^); V Eglise d' Auchi ; un ouvrage sur le diocèse de Boulogne ; les Histoires des villes deVieil-Hesdin et d' Hesdin fort; deux légendes publiées dans X Album delà Société littéraire artistique et scientifique de Paris : La Chartreuse de Gosnay et Raoul de Ciéqui; Plans et documents faisant suite à l'Histoire d'Hcsdinfort '1897), etc.
M. Lion est membre titulaire non résident de la Société des Antiquaires de la Picardie, de la Société académique de Boulogne-sur-Mer, de la Société Dunkerquoise pour l'encouragement des Lettres, des Sciences et des Arts, etc.
Il est chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'Instruction publique et du Mérite agricole, commandeur des ordres du Lion et du Soleil de Perse, du Nicham Iftikar et du Dragon de l'Annam, officier de Saint-Marin, du Cambodge, d'Isabelle la Catholique et de l'Etoile Noire.
IiAMI (Stanislas)
fcuLPTEUR, écrivain, né à Paris le 30 novembre i8'58. Arrière petit-fils de Joseph-Xavier Bidauld, membre de l'Institut, paysagiste de valeur, et fils du statuaire Lami, qui s'est surtout fait connaître par ses recherches et ses travaux sur l'anatomie artistique, M. Stanislas Lami fit d'abord ses études de droit, puis il s'adonna bientôt tout entier à la sculpture et exposa, dès 1882 presque régulièrement aux Salons annuels de la Société des Artistes français.
Il faut citer notamment, dans l'œuvre de cet artiste: Mendiant aveugle, plâtre (1882) ; Une Charmeuse, statue plâtre (1883) ; Berlio{, masque en bronze, placé à la bibliothèque de l'Opéra (i88s); Au Printemps, statue plâtre et La Russie (1886); l'Epave, marbre qui obtint une mention honorable au Salon de 1887 et reparut à l'Exposition universelle de 1889, où il fut de nouveau récompensé; Cain, plâtre donné à la ville de Paris pour son musée (1888); Echo, plâtre (1889); la Première Faute, marbre qui valut à son auteur une médaille de 2" classe, et fut acquis par l'Etat (placé au Ministère des Beaux-Arts, 1891); Chien danois, marbre gris acheté par l'Etat, pour le musée du Luxembourg
(1892), et le Silence de la toinbe, qui figure actuellement au cimetière de Montmartre, et dont un critique autorisé, M. Firmin J:ivel, écrivait dans ÏArl Français :
Le Silence lie i.r Tombe est l'affirmation d'un talent robuste en même temps que la traduction d'une vision personnelle et neuve. C'est une des œuvres malheureusement rares, où la technique impeccable est mise au service d'une haute aspiration
Il donna ensuite : Danseuse, statue marbre {1894!; Lacfy, fox terrier, marbre incrusté (1893); RembranJ! , buste bronze (1896) ; Jeune Femme aux Pigeons, statue marbre (1897) ; Portrait de Femme, buste terre cuite et marbre (1898).
M. Stanislas Lami est en outre l'auteur d"un grand nombre de bustes et d'études diverses.
Ecrivain, M. Stanislas Lami à publié un intéressant Dictionnaire des sculpteurs de l'antiquité. Jusqu'au VI' siècle de notre ère (1 vol. 1884), et un Dictionnaire des sculpteurs de V Ecole Jrançaise, du Moyen-dgc au règne de Louis XIV, avec préface de M. Larroumet de l'Institut (i vol. 1898), importants et utiles ouvrages d'une vaste et sûre documentation.
Membre de. la Société Taylor et de la Société libre des Artistes français, M. Stanislas Lami a pris part à de nombreuses expositions à l'étranger: à Vienne, à Munich (médaille d'or en 1892), à Chicago (exposition universelle 1895), à Bruxelles (exposition universelle 1897, 2° médaille), à Saint-Pétersbourg, à Londres, etc.
COPPÉE (pPaneis-EdouaPd-JoaehinQ, dit pfançois)
JCRIVAIN, membre de l'Académie française, né à Paris le 12 janvier 1S42. 11 fit ses études au lycée Saint-Louis et entra au ministère de la Guerre, où son père avait lui-même occupé un emploi.
En 1866, M. François Coppée publia son premier volume de vers : le Reliquaire, dont plusieurs pièces avaient paru dans \e Parnasse conteniporain ; en 1867, il donna les Intimités, ainsi que de nombreux morceaux dans le Nain jaune, V Artiste, la Revue Nationale, la Revue libérale , la Revue des Lettres et des Arts ; il remporta, la même année, un prix dans un concours pour un Hymne à la Paix, et la célébrité lui vint tout d'un coup, brusquement, en pleine jeunesse, après la représentation du Passant, rêve rimé, qui eut un succès fou à l'Odéon, le 14 janvier 1869.
Depuis cette époque, M. François Coppée est un poète classé et presque classique. Ses œuvres sont ac-
ceptées de confiance et les honneurs lui sont venus avec l'aisance. 11 a piiblié, comme recueilsde poésies : les Humbles (1872); le Cahier rouge (1874); Olivier (187=,); l'Exilée (1876); les Mo/s (1877); le Naufragé (1878) ; la Marchande de Journaux (1880); Contes en vers (1881); l'Enfant de la balle (1883); Poèmes et récits (1886); Arrière-saison sX Une mauvaise soirée (1887J.
En prose, on lui doit : Une Idylle pendant le siège (1875); Contes en prose (1882); Vingt contes nouveaux (1883) ; Contes et récits en prose {1%%'^) ; Contes rapides (1888); Toute une Jeunesse {i^()o) ; le Co«pable {i^()6); la Bonne souffrance [i%()%); un recueil d'articles parus dans le. Journal: Mon Jranc-parlcr, (4 vol., de 1895 à 1899); ^ ''"^^•^ haute, recueil de discours et allocutions (1899). Collaborateurassidu du Journal, il a aussi donné des chroniques au Figaro, au Gaulois, à l'Eclair, à la Revue des Deux-Mondes, etc.
11 a fait représenter au théâtre, après le Passant: Deux douleurs, un acte au Théâtre-Français, qui eut peu de succès (1870) ; l'Abandonnée, 2 actes, aussi peu favorablement accueillis au Gymnase (1871) ; Fais ce que dois (Odéon, 1871); les Bijoux de la délivrance (Odéon, 1S72) ; le Luthier de Crémone (Théâtre- Français, 1877); le Petit Marquis et la Guerre de Cent ans (en collaboration avec M. d'Artois, drames joués à rOdéon en 1878); la Korrigane, ballet pour l'Opéra ; le Trésor, comédie en un acte, en vers; Madame de Maintenon, drame en ■) actes et un prologue en vers (1881) ; Severo Torclli (1883); les Jacobites (1885), ces deux derniers joués avec un très vifsuccèsàl'Odéon; le Pater (1886, qui fut interdit par le gouvernement^ ; Pour la Couronne (Odéon, 189s).
Après avoir été attaché à la Bibliothèque du Sénat, M. Coppée fut nommé, en 1878, archiviste de la Comédie-Française; il démissionna bruyamment de ces fonctions lorsqu'il fut élu membre de l'Académie française, en remplacetuent de V. de Laprade, le 21 février 1884.
Cet écrivain qui, jusqu'alors ne s'était occupé des choses de la politique, que pour en critiquer l'inutilité, dans ses chroniques de journaux, fonda en i8g8, avec quelques autres personnalités connues du monde littéraire, une Ligue dite de la « Patrie française », instituée dans le but principal de faire obstacle à la révision du procès Dreyfus; il est président de cette ligue.
M. François Coppée est commandeur de la Légion d'honneur depuis 1896.
f/[R^TY (Jean-Antoine)
jvocAT, ancitn ministre, ancien député, né à Carcassonne i Audei le 31 janvier 1838. Il fit de brillantes études classiques au lycée de sa ville natale. Venu ensuite à Paris, à la Faculté de Droit, il subit avec succès les examens de licence et de doctorat (1862) et se fit inscrire au barreau de Carcassonne, où il ne tarda pas à se créer une situation exceptionnelle. Il fut bâtonnier à plusieurs reprises et a d'ailleurs presque toujours été membre du Conseil de Tordre.
Elu, sous l'Empire , comme candidat de l'opposition , conseiller municipal de la ville de Carcassonne, M. Marty fut, en 1869, l'un des plus actifs organisateurs de la campagne anti-plébiscitaire dans le département de l'Aude. Devenu maire, il exerça ces fonctions avec un tel dévouement qu'une médaille d'argent de première classe lui fut décernée pour sa belle conduite pendant l'épidémie cholérique de 1884. Porté sur la liste républicaine aux élections législatives de 188^, il fut élu député de l'Aude, le premier sur cinq candidats, par 44,741 voix. Dès son arrivée à liiChambre.M. .Marty fit partiedel'Union desgauches, groupe parlementaire dont il a été le vice-président. Aux élections générales de 1889, il se prononça nettement pour la non-révision de la Constitution, toute modification, d'après lui, ne devant servir qu'à favoriser les aspirations monarchistes. Il fut nommé, le 22 septembre, au scrutin uninominal, dans la première circonscription de Carcassonne, par ^,851 voix, contre 4,696 à son concurrent monarchiste, M. Castel.
Le 30 août 181)3. il fut réélu par 8,81 s suffrages, contre 8,148 à .VI. Théron, candidat radical.
.NI. Marty a été membre des grandes commissions parlementaires, notamment de la commission des Douanes et de celle du Budget. En cette qualité, il a contribué à la confection des nouveaux tarifs douaniers.
Dans le cabinet formé par M. Casimir-Périer, le 3 décembre 189-;, il prit le portefeuille du Commerce et de l'Industrie, des Postes et Télégraphes et des Colonies, avec M. Maurice Lebon, comme soussecrétaire d'Etat aux Colonies. A la fin de marsiS94, M. Lebon ayant donné sa démission, un ministère des Colonies fut créé pour la première fois et confié à M. Ernest Boulanger, sénateur. Le cabinet dont faisait partie M. Marty démissionna en mai 1894. Il devint alors vice-président de la Commission du
Budget, puis président du groupe dit des << Républicains de gouvernement » (1897-1898).
M. Marty échoua au renouvellement législatif de 1898, dans son ancienne circonscription, avec 6,873 voix, contre 11,18^ à l'élu, M. Théron, radical socialiste, et 3,834 à M. Belfonès, conservateur.
Conseiller général pour le canton de Saussac,( Aude), M. Marty ne se représenta pas au renouvellement des conseils généraux en 1898.
TEISSEf^EJSiC de BOl^T (Edmond)
j^^B- KN.\Ti;uR, né à Paris le 12 juillet i8so. 11 est le ^^^ fils de Pierre-Edmond, né en 1814, député en 1848, membre de l'Assemblée nationale de 1871, ministre des Travaux publics, trois fois ministre de l'Agriculture et du Commerce (,1872- 1878), ambassadeur de France à Vienne (1879), sénateur et vice-président du Sénat, décédé en 1892.
Après avoir été, à plusieurs reprises, chef du cabinet de son père, pendant les divers séjours de celui-ci au ministère de l'Agriculture et du Commerce, M. Edmond Tesserenc de Bort devint, en 1879, secrétaire de l'ambassadeur à Vienne et occupa ce poste jusqu'en 1880, époque à laquelle son père se retira pour reprendre sa place au Sénat.
Rentré dans la vie privée, M. Teisserenc de Bort s'établit dans ses propriétés de la Haute- Vienne et s'y consacra entièrement à l'exploitation de ses domaines agricoles.
Nommé conseiller municipal delà commune d'Ambazac en 1880 et conseiller d'arrondissement l'année suivante, il fut choisi comme candidat républicain progressiste dans son département par les délégués sénatoriaux, lors de l'élection partielle qui eut lieu le 24 février 189^. pour pourvoir au remplacement de M. le D' Donnet, sénateur de la Haute-Vienne, décédé; il fut élu avec une majorité de 113 voix sur ses concurrents: M. le D' d'Arsonval. membre de l'Institut, professeur au collège de France, et .\1. Leysenne, inspecteurgénéral de l'enseignement primaire, tous deux républicains progressistes comme lui. Au Luxembourg, M. Teisserenc de Bort est inscrit au groupe de la gauche républicaine.
.^Iembre titulaire de la Société nationale d'Agriculture, président de la Société d'Agriculture de la Haute-Vienne, de celle d'Horticulture et d'Arboriculture et du Syndicat des agriculteurs de la Haute- Vienne, il s'occupe surtout, au Parlement, des questions agricoles.
Lauréat des concours agricoles, où il a obtenu un nombre considérable de récompenses et de prix d'honneur, M. Teisserenc de Bort a publié de nombreux travaux et rapports sur la culture dans la Haute- Vienne, ainsi qu'une Etude sur la race Limousine et un Questionnaire agricole pour les écoles primaires.
Propagateur zélé des méthodes de culture nouvelles, M. Teisserenc de Bort s'est acquis parmi les agriculteurs une place toute spéciale, en vulgarisant autour de lui l'enseignement technique agricole et en encourageant, par tous les moyens dont il dispose, la production et l'élevage de la belle race bovine limousine.
L'honorable sénateur de la Haute-Vienne est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1879, officier du Mérite agricole, etc.
Tt^AriCHflflT (liouis-Chaples-MaPie)
'dministrateur, né à Paris le 2 juin 1826. Fils de Charles-Marcel Tranchant , inspecteur général de l'Université, il fut successivement élève du collège municipal Rollin, de la Faculté de Droit, de l'Ecole Nationale des Chartes et de l'Ecole nationale d'administration.
Nommé auditeur au Conseil d'Etat en 1849, reçu avocat à la Cour d'appel de Paris, l'année suivante, M. Charles Tranchant devint, en iSsa, secrétaire du Conseil d'administration du ministère de la Justice; en 1867, conseiller général du département de la Vienne; en 1869, chef de bataillon aux gardes nationales de la Seine , dont il était depuis longtemps officier et avec lesquelles il prit part à la défense de Paris, lors du siège: en 1871, conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine. 11 fut élu, en 1872, conseiller d'Etat par l'Assemblée nationale et est resté en fonctions jusqu'en 1879. à la section du Contentieux d'abord, puis à celle des Finances, Guerre, Marine et Colonies.
Dès iS=is, M. Ch. Tranchant avait, abandonnant le barreau auquel il appartenait alors, été nommé souschef de la division administrative à l'administration des Messageries maritimes et attaché en même temps à l'inspection des services, dans lesquels il accomplit de longues et importantes missions. Il devint, en i8=,9, sous-directeur de l'exploitation et ensuite secrétaire général de cette compagnie. Démissionnaire en 1872, lors de son élection au Conseil d'Etat, il a été nommé, en 1881, membre du Conseil d'administration, dont il est, depuis 1896, vice-président.
M. Tranchant est aussi, depuis 1880, administra-
teur de la compagnie des Mines de la Loire. En i88s, il a été nommé membre du comité de perfectionnement de l'Ecole libre de Sciences politiques, en remplacement de .M. Hipp. Carnot, décédé.
En terminant ses études à l'Ecole des Chartes. M. Tranchant avait présenté une thèse très développée, intitulée : De la nature du pouvoir royal en France sous les Mérovingiens, dont les sommaires seuls ont été imprimés. A l'époque où il était auditeur au Conseil d'Etat, mêlé très activement aux travaux de la section de législation, il rédigea, au nom d'une commission de cette section, une enquête sur les théâtres, qui a été publiée et a conservé une grande notoriété; pour une autre commission, il fit un travail étendu sur les Précédents de la question de l'etnprisonnemcnt cellulaire dans les divers pays. Comme conseiller d'Etat, il eut la direction du Compte- Rendu quinquennal des travaux du Conseil de 1S72 à 1878, et en écrivit le rapport préliminaire. Durant son séjour à la Chancellerie, il avait rédigé, conformément à des instructions du garde des Sceaux, un volumineux décret resté à l'état de projet et qui reprenait et codifiait toutes les dispositions relatives aux honneurs et préséances des autorités publiques.
Au Conseil municipal de Paris, comme au Conseil général de la Seine, M. Tranchant s'occupa surtout des questions de finances 'rapports au Conseil municipal sur l'inspection financière des services de la \'ille, anciens comptes, etc.); mais il s'est attaché aussi à des questions d'un autre ordre : rapports sur les publications historiques de la Ville, sur l'organisation de la garde républicaine, proposition relative à la reconstruction de l'Hôtel-de-Ville et aux établissements d'aliénés du département, etc.
Aux Messageries maritimes, M. Charles Tranchant a pris une part capitale à la rédaction du règlement général du service extérieur (navires etagencesi et il composa, au nom de la compagnie, un mémoire sur ses œuvres patronales pour l'Exposition universelle de 1889.
xMembredela Commission supérieure des Archives en 1877, il fut, en 1883, nommé membre du Comité des travaux historiques et scientifiques et est demeuré vice-président de la section économique et sociale de ce comité ; il a composé de nombreux rapports imprimés dans le Bulletin de cette section et rédigé en son nom ane enquête sur les communautés d'habitants de l'ancienne France, qui eut de fructueux résultats.
M. Ch. Tranchant a publié : Notice sur M. Tranchant, inspecteur général de l'Université de France (1848;; £)«■ successions légitimes en droit romain et en droit français (1848); Les revenus de la France en lySç et en 1848 (1849); Chauvigny-sur-Vienne et les Chauvigny de Chàleauroux [i^-jù); De la préparation aux services publics en France (iS-jS); Procès-verbal de remise de maisons diverses des Templiers aux chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem dans le Poitou {1882); Note biographique sur M.Redel. archiviste du département de la V7f««t*, (1882) ; Notice sur Chauvigny de Poitou et ses monuments {1S&4); Notice sur l'Ecole nationale d'Administration de 184S et sur les propositions ultérieures d'institutions analogues[\'6i^); Allocution prononcée, le 10 maiiSSj, à l'assemblée générale annuelle de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France {1887, contenant un exposé d'onsembk- au sujet des différentes sociétés ou commissions historiques ou archéologiques de l'Ile de France); Discours prononcé aux funérailles de M. Hipp. Carnot, sénateur, membre de TTnstitu/, jiicien m in istre de r Instruction publjc{iSSS.—M.Trant liant parlait comme président de l'Association des anciens élèves de TEcole d'administration) ; Notice
!ir la loi du j juillet i88y portant approbation de la iivention passée, le jo Juin 1886, entre l'Etat et la Compagnie des Messageries maritimes (1888); A'ole sur les observations présentées par les concessionnaires et exploitants de mines et par les ouvriers mineurs au sujet de diverses propositions de loi concfirnaiit les ouvriers mineurs {iSSS) ; L'exposition d'écoiininie sociale à T Exposition universelle de iS8p
iS()0); Allocution prononcée, le y février iSçj, à la ..union Rollin (1895, contenant un tableau résumé des anciens élèves qui ont le plus honoré cet établissement); Allocution prononcée à l'ouverture des sessions de la Société de législation comparée de i8p^ et 1896 {iS^6-iS<)-]); Notice sur Mgr P.-M. Cottret, évêtjue de Beauvais (1897). Il a pris en outre, une part importante à la rédaction du Dictionnaire de r Administration française de M. Maurice Block. M. Charles Tranchant a fait partie de l'une des commissions de l'Exposition de 1878 et a été viceprésident d'un des plus importants congrès de cette exposition, celui de la propriété industrielle; il a été membre des commissions et du jury de l'exposition d'économie sociale à l'Exposition universelle de 1889 et y a présidé la section VHI (établissements d'épargne), et il fait partie des commissions d'admission de celle de 1900. Il a été président de la Société
de législation comparée, de la Société de l'Ecole des Chartes, de la Société de l'Histoire de Paris et de rile de France, de la Société des Amis des monuments parisiens. Il fait partie de la Société d'Enseignement supérieur, la Société d'Economie politique, la Société de Statistique de Paris, l'AllianceFrançaise, la Société Franklin pour la propagation des bibliothèques populaires, la Société des Antiquaires de l'Ouest. Il a présidé à différentes reprises l'une des sections du Congrès alinuel des sociétés savantes à la Sorbonne.
M. Tranchant est officier de la Légion d'honneur et de l'Instruction Publique et commandeur de l'ordre de N-D. de la (Conception de Villa Viçoza de Portugal.
JflliOZOT (Jules)
a^^^â M'UTÉ et administrateur, né à Corvol-l'Or- ^■liSSB gueilleux (Nièvre) le 3 mai 1834. Fils d'un notaire, il commença, au collège deClamecy, ses études classiques qu'il termina au lycée d'Auxerre et à Paris, 11 fut admissible à l'Ecole militaire deSaint-Cyr en 18^4. Changeant alors de voie, .VI. Jules Jaluzot entra d'abord comme simple commis dans une maison de commerce de la rue Vivienne, « Aux Villes de France; * puis aux magasins du « Bon Marché ». Ayant acquis par son travail une assez belle situation, il fonda ensuite une nouvelle maison, celle du "• Printemps, >/ qui devint rapidement un des trois plus importants magasins de Paris. Ce premier établissement commercial ayant été détruit par un incendie en 1881, M. Jaluzot le fit reconstruire avec le concours d'une société par actions dont il est le gérant et le principal intéressé. Depuis cette époque, grâce à son habile administration, les grands magasins du Printemps ont pris un développement considérable, tant en France qu'à l'Etranger.
Possesseur d'importantes propriétés dans le département de la Nièvre, M. Jaluzot est en outre président du conseil d'administration des Etablissements de la Société agricole «Jules Jaluzot et C'%» qui comprend une sucrerie et une distillerie à Origny-Sainte-Benoîte et la raffinerie de la Biette, dans l'Aisne. Il a fondé aussi, en 1890, la «c Cordonnerie Nivernaise», industrie aujourd'hui très florissante et occupant de nombreux ouvriers.
Devenu très populaire dans son département d'origine, où il a toujours fait beaucoup de bien, .NI. Jules Jaluzot fut présentéaux électionsgénéraleslégislatives du 22 septembre 1889, dans l'arrondissement de
Clamecy, comme candidat conservateur révisionniste et élu député, au premier tour de scrutin, par 1 1,314 voix contre 1^,967 données à M. Hérisson, radical, député sortant. Successivement réélu: en 1893, par 10,122 suffrages contre 7,133 à M. Maringe, agriculteur, conseiller général; et en 1898, au premier tour de scrutin, par 9,84^ voix contre 4,562 à M. Ad. Gauthier, radical et 1,3^! à M. Guénot, dit Leblond, socialiste, rhonorable député a participé d'une manière très active aux travaux parlementaires ; il a souvent pris la parole à la Chambre, notamment dans les discussions du Budget, des patentes et à propos d'un projet de loi tendant à imposer les petites lignes de chemins de fer et pour le timbre militaire.
Inscrit aux groupes agricole, colonial et progressiste du Palais-Bourbon, ainsi qu'au groupe de la Défense nationale, .M. .Iules Jaluzot est nettement protectionniste.
Il est chevalier du Mérite agricole depuis 1887.
JWfllIiliÉ (flpmand-Opbain-Iioais de LiATOUR -LiflflDf^Y Comte de)
. ÉN.'iTEUR et ancien député , né à Paris le i" juillet 1816. Il appartient à une des plus ^^^^ anciennes et des plus illustres maisons de la ojf^^ Touraine et de l'Anjou.
Grand propriétaire dans Maine-et-Loire, il commanda, pendant la guerre franco -allemande, un bataillon des mobilisés de ce département, qui fut sérieusement engagé au combat de Monai, le 20 décembre 1870.
Élu représentant à l'Assemblée Nationale le 8 février 187 1, le septième sur onze de la liste conservatrice de Maine-et-Loire et par 99,338 voix, il siégea à droite, fut membre de la commission d'enquête sur les actes dugouvernementdu 4 septembre, instituée le i ;; juin 1871, de celle des Grâces et de celle du Budget en 1871 et 1872. Il vota constamment avec la majorité monarchiste, repoussa l'amendement Wallon et l'ensemble des lois constitutionnelles.
En avril 1871, il avait été chargé par plusieurs de ses collègues, avec MM. de Meaux et de Curaont, de voir à Dreux le prince de Joinville et le duc d'Aumale, afin de poser les premières bases d'une entente commune entre les princes de la maison de Bourbon. Le 5 juillet de la même année, il fut envové avec le vicomte de Gontaut-Biron (plus tard ambassadeur de France à Berlin) et Sosthène ie la Rochefoucauld duc de Bisaccia (plus tard
ambassadeur de France à Londres', par ses collègues royalistes de l'Assemblée nationale, afin de supplier le comte de Chambord, alors au château de Chambord, de renoncer au projet d'un manifeste sur le drapeau blanc et d'accepter le drapeau tricolore.
Le II novembre 1871, par une lettre à M. Casimir- Périer, il refusa l'ambassade d'Allemagne que celuici lui offrait par les ordres de M. Thiers et, k- 13 novembre, l'offre de l'ambassade de ^'ienne ou de Consfantinople. Quelques jours après, il désignait au choix de M. Thiers le vicomte de Gontaut-Biron pour le poste d'ambassadeur à Berlin.
Réélu le 20 février 1876, dans l'arrondissement de Cholet, par 7,180 voix sur 13,000 votants environ, il soutint, après l'acte du 16 mai, le cabinet présidé par le duc de Broglie. 11 fut aussi réélu le 14 octobre suivant, par 9,176 voix contre 4,467 obtenues par le candidat républicain, ainsi que le 21 août 1881, dans lu première circonscription de Cholet, par 9,283 voix contre 4,177 données au candidat de la gauche.
Inscrit sur la liste monarchiste du département de Maine-et-Loire, aux élections du 4 octobre i88s. e; élu le i" sur 8, par 7^,280 voix sur 122,^32 votant--, M. de Maillé, aux élections du 22 septembre 1881). faites de nouveau au scrutin uninominal, retrou\ a son siège dans son ancienne circonscription de Chiilet, avec 10,055 voix sans concurrent. Aux élections de 1893, il fut réélu par 9,400 voix, toujours sans concurrent.
Membre de la Commission du tarif général des douanes depuis sa création, vice-président de cette commission depuis le 13 juillet 1891, il en défendit toujours les tendances protectionnistes contre les principes libre-échangistes; il fut président d'âge delà Chambre des députés lors de l'ouverture de la session de 1896.
Le comte de Maillé a été élu sénateur de Maine-et- Loire le 23 février 1896, par 619 voix sur 950, ce département ayant été appelé à nommer un sénateur en remplacement de Barthélémy Saint-Hilaire, sénateur inamovible, décédé. 11 fut réélu le 3 janvieriSgy par6so voix sur 96=,. Il a été choisi, en 1898, comme membre de la Commission sénatoriale de l'Armée ; il fait partie de la droite de la haute Chambre.
L'honorable sénateur représente, depuis 1871, le canton de Chemillé au Conseil général de Maine-et- Loire, dont il est, depuis i88s, le président.
M. de Maillé a été faitchevalier delà Légion d'honneur pour fait de guerre en 1871.
BflliSA^l (ChaPles)
ii^^^i^ hPUTÉ et industriel, né à Paris le 16 août 1858. 11 appartient à une vieille famille d'industriels, originaire de Lodéve (Hérault), où elle possédait des fabriques de tissus de laine avant la Révolution. En 1818, son grand-père, M. Martin, vint à Paris fonder une maison de commerce qui existe encore dans sa forme du début et est actuellement le centre des opérations commerciales et industrielles d'une société dont fait partie M. Ch. Balsan.
Après avoir terminé ses études classiques au collège Rollin, M. Charles Balsan entra à l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures et en sortit en iSbo. 11 coopéraensuite avecson frère, M. Auguste Balsan, qui fut maire de Chàteauroux et député à l'Assemblée nationale, à la direction d'une fabrique de draperie que venait d'acquérir son père à Chàteauroux.
Cette manufacture, qui fut d'abord usine royale au siècle dernier, appartint, de 181=1 à i8()(), à la famille de .\1. l'eisserenc de F5ort (actuellement sénateur de la .Haute-Vienne) ; elle fut reprise à cette époque par M. Balsan, père des propriétaires actuels, qui la réorganisa complètement.
La fabrique de Chàteauroux prit alors un développement et une importance considérables. Elle comprend maintenant la teinturerie et la filature des laines, le tissage, la teinture et tous les apprêts nécessaires aux tissus. Elle occupe une population, presque entièrement masculine, de 1,000 ouvriers; elle est, dans son genre, une des plus anciennes et des plus considérables de France. *
M. Charles Balsan fonda, en iSiji, à Chàteauroux, toujours avec son frère, une sucrerie importante et qui a pris un très grand développement. Il a été longtemps président du Tribunal de Commerce de cette ville et vice-président delà Société d'Agriculture.
Nommé conseiller municipal de Chàteauroux en 1888 et conseiller général de l'Indre, il se porta, en 1 889, comme candidat conservatviur, à la députation, dans la i'" circonscription de Chàteauroux, après le premier tour de scrutin et fut élu par 9,n)i suffrages, contre 8,241 à M. Ratier, avoué à Paris. Successivement réélu : en 1893 par 8,448 voix contre 8,012 à M. Patureau-Erancœur; en 1898 par 9,01s suffrages contre 8,3ss au même concurrent, il s'est fait remarquer au Parlement par une grande activité. Membre de la commission des Douanes de 1889 à 1893, de celle du Travail de 1S91 à 1898, président de la Com-
mission relative à la suppression des octrois de 1893 à 189S, M. Charles Balsan a été nomméà nouveau (1898- 1899) membre des commissions des Douanes et des Chemins de fer. Il a été rapporteur des projets de loi sur les tarifs de la soie manufacturée et de la bonneterie (soie, laine et coton) et a pris part aux débats concernant les livrets d'ouvriers, la réglementation du travail, la responsabilité des accidents, les tarifs douaniers, la loi d'exception votée lors des attentats anarchistes de 1894, etc.
Régent de la Banque de France depuis 1890, administrateur de la compagnie d'assurances « la France », M. Charles Balsan a été décoré de la Légion d'honneur, en même temps que son frère .\uguste, au mois de mai 1871, par le ministère de la Guerre.
THOREli (Jules-Ernest)
^AJ.
NDL'STRiEi., sénateur, né à Louviers (Eure) le 9
septembre 1842. Fils d'un modeste fabricant
--smo devannerie.il travailla d'abord comme ouvrier
^■f^ chezson père, puis lui succéda dansladirection
de sa maison de commerce.
Lors de la guerre de 1870-71, M. Ernest Thorel s'engagea et prit part à plusieurs affaires sérieuses, notamment à celle d'Etrepagny. Après la paix, il organisa le comité républicain de Louviers. Nommé conseiller municipal dès 1874, puis maire de cette ville en 1887, il y a créé successivement une bibliothèque populaire en 1878, la Société de Libre pensée en 1880, la Société républicaine d'instruction des écoles laïques en 1882. Dans cette même année il fonda l'Harmonie municipale, et l'année suivante, la Société de Gymnastique « la Jeune France ». Enfin, en 1889 il installait, dans son canton, une section des Prévoyants de l'avenir.
Elu conseiller d'arrondissement en 1883 et, en 1889, conseiller général pour le canton de Louviers , où il eut pour concurrent le général Boulanger, M. Thorel fut envoyé à la Chambre comme député de l'arrondissement de Louviers, au renouvellement général de la même année, par 7,406 voix contre 6,890 à M. Sevestre, conservateur. 11 fut réélu : en 1893, dans la même circonscription, par 8,074 voix sans concurrent, et en 1898, par 7,549 voix contre 4,974 à différents candidats.
Républicain, .M. Thorel se préoccupe surtout au I Palais-Bourbon, de la protection des intérêts commerciaux et agricoles. II fit partie de différentes
commissions, notamment de celle des colonies et des commissions d'initiative parlementaire. C'est lui qui fit le rapport concluant à la création d'un ministère des Colonies (1894).
Le 18 décembre 1898, l'honorable député de l'Eure fut élu sénateurde ce département, en remplacement de M. Guindey, décédé, et par 677 voix, contre 3'j6 à M. Ducy, radical.
Dans son proi;ramme sénatorial, M. Ernest Thorel s'est déclaré nettement protectionniste et opposé à l'impôt global et progressif sur le revenu.
Bflf^flDUC (Alexis-flpmand)
HDEcix, né à la Tour-d'Auvergne (Puy-de- Dôme) le 2 avril 1848. Après avoir fait de jj. S) solides études au lycée de Clermont-Ferrand,
^^ il vint à Paris, où il suivit les cours de la Faculté de Médecine. Aide-major au.xilliaire lors de la guerre de 1870-71, au is'de ligne, il reprit, à la paix, ses études médicales et fut reçu docteur en 1873, avec une thèse sur le Traitement de la pneumonie.
Sur les conseils du professeur Gubler, dont il était l'élève, le D' Baraduc se rendit, dès i^i'h, à Châtelguyon, station alors inconnue, où il fut inspecteur des eaux durant plusieurs années. Il se livra sur Châtelguyon et les diverses affections qui s'y traitent, à des travaux qui, publiés, attirèrent l'attention du monde savant et contribuèrent pour une large part au développement de cette ville d'eaux, qui lui doit sa notoriété et la place importante qu'elle a prise depuis parmi les stations françaises.
Les principales publications de M. le D'A. Baraduc, outre sa thèse, portent les titres suivants : Châtelgiiyon et les eaux purgatives allemandes (1876) ; Observations sur les maladies de l'estomac et de l'intestin (1882) ; De la dyspepsie gastro-inte.stina]e : De l'entérite chronique (1883); Traitements et indications thérapeutiques (1891); Entérite muco-membranetise (1894); Sur l'appendicite et son traitement (1899'!, etc.
Le D' Baraduc (de Chàtelguyonj a collaboré à la Galette Médicale, à la Galette des Hôpitaux, à la Ga{ettc des Eaux et autres organes médicaux. 11 est membre de la Société de Médecine pratique et d'hygiène professionnelle et vice-président de la Société d'Hydrologie (1898-1899) et du Syndicat des médecins des eaux minérales.
DPLBliirl (Paul-Vietop)
j^^'RCHÉOLOGUE, publiclstc et collectionneur, né pi|[ à Longjumeau (Seine-et-Oise) le 19 avril 1844. Eils d'un huissier de Paris, il fit ses études classiques au lycée Bonaparte (Condorcet), suivit les cours de la Faculté de Droit et succéda à son père en 1872. 11 a conservé son étude jusqu'en février 1898.
Pendant la guerre de 1870, incorporé au 2' bataillon de guerre de la garde nationale de la Seine, il participa au siège de Paris.
Passionné de bonne heure pour les recherches historiques, M. Paul Dablin avait commencé, dès le collège, la réunion de collections de monnaies, médailles , autographes et documents istoriques. A l'Exposition universelle de i^iSg . il envoya une série d'objets de ferronnerie, couteaux et fourchettes du xvi" au xvni" siècle et, la même année, à l'exposition du Centenaire de la Révolution Française, il produisit de curieux bibelots, placards, affiches, estampes, médailles et enseignes révolutionnaires.
En 1894, à l'Exposition du Livre et de l'Image, M. Paul Dablin donna des estampes, des lithographies des gravures anciennes et, à l'Exposition rétrospective de 189!;, des éventails, des objets de vitrine, des factures anciennes, concernant la mode sous la Révolution et le premier Empire.
Travaillant à une Histoire de la corporation des huissiers depuis son origine, il a formé une collection complète et qui est « unique » des médailles et jetons des huissiers de Paris depuis Louis xiv jusqu'à nos jours. 11 possède aussi des documents trèsimportants relatifs à la captivité de Napoléon i" à Sainte- Hélène et des autographes provenant de maréchaux et généraux du premier Empire, de conventionnels, et. en général, de tous les grands hoinmes de la Révolution.
Collaborant, depuis 1891, à l'Intermédiaire des chercheurs et des curieux, M. Dablin y a publié des études sur les divers événements intéressants de la Révolution Française, notamment sur le Rôle de Htilin à la prise de la Bastille, sur Y Arrestation de Louis XVI à Varcnnes, sur Brissot de Warville, sur Lagrenée l'ainé, etc.
M. Paul Dablin a fait partie de la Société d'Antropologie, où il s'est occupé spécialement de l'époque de «l'âge de pierre», surlaquelle il possède une collection importante.
Bibliothécaire de la Chambre des huissiers, administrateur de la Caisse d'épargne de Paris (1881- 1899), commissaire du bureau de bienfaisance du vin' arrondissement, membre de la Commission des bibliothèques municipales de la Ville de Paris et de la Société historique de la Révolution Française, membre du Comité des Jurisconsultes, de l'Association des journalistes parisiens et du journal le Figaro, M. Paul Dablin a été nommé officier d'Académie en janvier 1896.
IWOUlilÉRflT (Jean)
ig^j^RTisri; lyrique, né à \'ers (Lot) en i8s8. 11 J Ml ^ '"^ ^'-'^^ jeune à Paris et entra au ConserjIJF^S* ^■'•'o'''^' où il fut l'élève de MM. Bussine, ^j -j- Bonchard et Obin.
Sorti du Conservatoire après y avoir obtenu les trois premiers prix de chant, d'opéra-comique et d'opéra, il débuta, le n novembre 1881, à l'âge de ;^ ans, à l'Opéra-Comique, dans le rôle de Nourreddin de Lalla Roitkli.
Depuis cette époque, il a chanté : V Attaque du Moulin, le Roi d'Ys, Mignon, Mireille, le Domino noir, le Pre aux Clercs, h Traviata. Carmen, la Flûte enchantdc, RieliarJ Ca-iir de Lion, la Perle du Brésil (reprise'], Roméo et Juliette, la Fille du Régiment, les Dragons de Villars, I/aydJe, Werther, etc.. — en un mot les nombreu.x rôles du répertoire. Il a créé : la Nuit de St-Jean,Joli Gilles, Plutus, etc., et il a, dans les fêtes populaires, chanté souvent la Marseillaise, qu'il a traduite en grand tragédien lyrique. Il fut l'un des interprètes choisis par Ambroise Thomas pour chanter la millième représentation de Mignon, qu'il a joué plus de 300 fois ; c'est lui aussi qui chanta le rôle de Nergy à la ij'îoo'' du Pré au.x Clercs.
En 1893, il fit apprécier son grand talent à Monte- Carlo, pendant la saison, en chantant la Traviata, la Fille du Régiment, le Domino noir.
Très aimé du public, dont il est un des ténors préférés, et certes le plus populaire de l'Opéra-Comique ; artiste parisien par excellence, connaissant à fond le répertoire ancien et moderne, M. Mouliérat est l'un des rares ténors qui puissent chanter tous les grands rôles du répertoire ; comédien habile, autant que brillant chanteur, doué d'une voix étendue, d'un charme et d'une sûreté extraordinaires, avec une vigueur d'expression non pareille, il n'a remporté que des succès dans sa carrière artistique.
Retiré momentanément de l'Opéra-Comique, M. J. Mouliérat s'est fait entendre dans quelques grandes villes et salons mondains, où il a retrouvé les applaudissements des dilettantes. 11 serait désirable que cet artiste, d'un si personnel talent, reprit la place due à sa valeur dans la troupe de notre deuxième scène lyrique.
M. Mouliérat est officier d'Académie depuis 1889 et officier de l'Instruction publique depuis le I" janvier 1896. Il a été décoré de la médaille de sauvetage de première classe pour actes de courage, notamment pour sa belle conduite dans l'incendie de l'Opéra-Comique.
ÊRIiNV d'AVRICOU^T
(liéopold'-Fepnand Comte)
P**^^ ii'LO.M.\TE, explorateur, né à Xoyon lOise) le ) 8 octobre 1844.
Il fit ses études au lycée Louis-Ie-Grand, suivit les cours de la Faculté de Droit de Paris, prêta serment d'avocat devant la Cour d'appel, puis entra, en 1867, dans la diplomatie.
Successivement attaché d'ambassade à Athènes, à Constantinople, à Berlin, à Florence, il prit part, en 1870-71,3 la guerre franco-allemande comme officier à la garde mobile. La campagne terminée, il fut attaché à notre ambassade en Suisse et nommé, l'année suivante, 3° secrétaire à Lima, où il resta chargé d'affaires pendant plus de deux ans.
Rentré en Europe en 187=;, M. Balny d'Avricourt fut envoyé à Washington comme secrétaire de 2" classe, puis en Suisse et en Belgique. Nommé à La Haye en 1882, il fut, peu après, promu au grade de premiersecrétaire, puis envoyé à Rome,à l'ambassade près le roi d'Italie, en 1 884. Consulgénéral à Hambourg en 188'j, il y reçut, au mois de novembre 1893, sa nomination de ministre plénipotentiaire.
Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire au Chili le 11 décembre 1893, M. Balny d'Avricourt y séjourna trois ans et signa avec cette puissance divers traités, entre autres une convention pour la protection des marques de fabrique et de commerce et un protocole d'arbitrage. Sa mission au Chili fut encore marquée par deux voyages en Araucanie et dans la partie australe du Chili jusqu'à Chiioé. Ayant débarqué à Puerto-Montt, il remonta la côte à travers les forêts vierges, visitant tout le pays situé entre cette ville et Temuco, les Cordillières et la mer.
Vingt ans auparavant, il avait déjà, étant au Pérou, parcouru, dans le haut Amazone, la vallée du Chanchamayo et contribué, par l'envoi de pionniers Français, à la fondation d'une colonie dans cette région; la Revue des Deux Mondes a publié de lui une étude où il rappelle ce voyage, dans un article consacré au premier chemin de fer Iransandin (janvier 18741.
Au retour de sa mission au Chili, en 1897, M. le comte Balny d'Avricourt fut promu au grade de ministre plénipotentiaire de première classe.
Elu, au cours de sa carrière diplomatique, membre du Conseil général de l'Oise, à la mort de son père, au siège duquel il succéda en 1879, M. Balny d'Avricourt fut aussi sollicité à différentes reprises déposer sa candidature au.x élections législatives dans l'arrondissement de Compiègne ; il s'y est constamment refusé.
Chevalier de la Légion d'honneur en 1875, promu officier en 1892, à l'occasion de l'épidémie cholérique de Hambourg, oii il était alors accrédité, le comte Balny d'Avricourt est, en outre, grand croix, grand officier, commandeur, etc., de divers ordres étrangers.
Le comte Balny d'Avricourt est le frère de l'officier de marine de ce nom, commandant de VEspingolc, qui s'illustra par la part importante qu'il eut dans la conquête du Tonkin et notamment par la prise de Haï-Dzuong, qu'il enleva d'assaut avec une poignée de braves et périt sous Hanoi, aux côtés de Francis Garnier, le 21 décembre 1873. Le gouvernement français, pour honorer sa mémoire, a donné le nom de Balny à l'un des bâtiments de la flotte.
DUCf^ETET (Eugènc-Adt^ien)
Éc.VNiciEN, électricien, né à Paris le 27 novembre 1844. Après de très bonnes études classiques, son père, négociant bonnetier, voulut le mettre dans une école spéciale commerciale; mais le jeune homme, passionné pour le dessin et la mécanique, insista pour entrer dans la maison du constructeur Froment , dont il devint l'élève en i8'57, et dans les ateliers duquel il apprit les premiers éléments de la mécanique et de l'électricité. En 1864, il fonda à Paris la maison qu'il dirige depuis ce temps pour la construction des instruments de précision appliqués aux sciences et à l'industrie.
Ses premiers clients, ou plutôt ses maîtres, — M. Ducretet recherchant leurs conseils et suivant leurs cours, — furent les savants professeurs : Boutet de
Monvel, Saint-Loup, Lissajous, d'xMmeïda, Claude- Bernard, Pasteur, Mascart, Berlin, etc.
Devenu fournisseur du ministère de la Marine, de l'Instruction publique et de diverses universités françaises et étrangères, M. E. Ducretet a fait de constants efforts pour soutenir la suprématie de l'industrie scientifique française à l'étranger, malgré la redoutable concurrence qu'elle y rencontre ; il a vu ses tentatives couronnées de succès. Il s'est fait connaître surtout par la création et la construction d'appareils du plus grand fntérét pour la télégraphie hertzienne sans fil (ces appareils furent présentés, avec expériences à l'appui, en décembre 1897, à Félix Faure, alors président de la République"). Ses appareils pour les courants à haute tension et à haute fréquence, ceux pour la radiographie et la fluoroscopie à l'aide des rayons X du professeur Rœntgen, etc., sont dans un grand nombre de laboratoires. 11 faut mentionner encore parmi les autres créations de M. Ducretet : la sonde lumineuse pour l'examen et la vérification rapide en plein jour, au moyen des rayons X, des colis postaux ; le creuset électrique de laboratoire avec aimant directeur.
Quelques-uns des appareils de M. Ducretet sont réglementaires dans la Marine française; celui, classique, de Cailletet, qu'il a créé, est universellement employé pour la démonstration de la liquéfaction des saz. Un nouveau compteur d'électricité de M. le professeur Blondlot, doit parlessoins de M. E. Ducretet, entrer dans la pratique industrielle.
M. E. Ducretet a, en outre, créé les divers modèles de '<photothéodolites»ducolonel Laussedatet il a rendu enregistreur le télégraphe optique de ce sa van t. Plusieurs de ces appareils, et notamment ceux concernant la télégraphie hertzienne sans fil ont été l'objet de communications à l'Académie des Sciences et aux sociétés savantes.
Ce constructeur , doublé d'un véritable savant, dont la maison est des plus importantes, et dont la réputation est universelle, a obtenu de nombreuses récompenses de 1°' ordre et des grands prix aux expositions universelles de Sydney, Bruxelles, Melbourne, Amsterdam, Moscou, Paris, Chicago, Anvers, etc.
M. Eugène Ducretet a été ou est membre des comités d'admission des expositions universelles de Paris de 1889 et 1900. Il est vice-président de la Chambre Svndicale des Industries électriques, chevalier de la Légion d'honneur depuis 1885, officier de l'Instruction publique, de la Couronne de Roumanie, etc.
COCHEf^V (liouis-fldolphe)
--ii(("ÉNATEUR, ancien ministre, né à Paris le 26 avril
**^ 182T. Après avoir fait de brillantes études au collège Bourbon et à la faculté de Droit, il fut reçu licencié à vingt ans, s'inscrivit au barreau de Paris et devint successivement secrétaire de Félix Liouville, bâtonnier de l'ordre et de Crémieux.
M. Cochery débuta dans la politique comme chef de cabinet du ministre delà Justice, le 24 février 1848, et reprit, à la chute du ministère, sa place au Palais, où il plaida de nombreux procès politiques et de presse pour des journaux tels que : la Reforme, la Voix du peuple, la Republique, etc-
En r86S, il fonda un journal d'opposition, Vlndépcndaiit de Monl.irgis. dans lequel il mena une très active campagne contre l'Empire et, dès l'année -uivante, il entra au corps législatif, comme député du Loiret, obtenant, malgré les efforts du gouvernement, 11,643 voix, contre 8,831 données aux deux candidats officiels, MM. deGrouchy et de Chévigné.
Siégeant sur les bancs de la gauche, il interpella le gouvernement au sujet de la candidature Hohenzollern et fut l'un des 84 députés qui votèrent contre la déclaration de la guerre à la Prusse ; il se prononça en 1870 pour la déchéance de l'empire.
Nommé, par la délégation de Tours, commissaire général de la défense du Loiret, il se trouvait à Orléans quand cette ville fut prise par l'armée bavaroise ; plus tard il accompagna M. Thiers dans ses négociations relatives à l'armistice.
Retenu en captivité à Versailles par l'Etat-Major allemand, il donna diverses preuves de courage, notamment en venantquatre foisde \'ersaillesà Paris, dans des circonstances particulières. Au lendemain des journées du 30 et du 31 octobre 1870, M. de Bismarck prétendant que le pouvoir exécutif était entre les seules mains de M. Dorian, M. Gochery demanda au chancelier un sauf conduit pour se rendre à Paris et, comme celui-ci lui faisait remarquer combien cette démarche était périlleuse, il lui répondit : « Oh 1 monsieur le comte, nous n'en sommes plus a ménager notre vie. ^,
Accompagné de M. Bismarck de Bolhen, neveu du chancelier, M. Adolphe Cocherj^ arriva en bateau, à la nuit tombante, au Point-du-Jour, où, bien que le passage des deux émissaires ait été signalé aux avants- postes , ils eurent à subir deux décharges successives d'une compagnie de l'armée prussienne ; sans perdre son sang-froid, M. Co-
chery se précipita sur le falot qui éclairait le bateau, l'éteignit et put ainsi entrer dans la capitale. Il n'est peut-être pas sans intérêt de rappeler que M. de Bismarck pouvait désirer qu'on crût, en France, Paris en état d'insurrection. Le soir même, M. Cochery rapportait à Versailles de rassurantes nouvelles sur l'état de Paris.
Réélu député du Loiret le 8 février 1871,1e premier de la liste et par '71,341 voix, il fut rapporteur des propositions relatives aux échéances commerciales, à l'alimentation des troupes allemandes, à la réparation des dommages occasionnés par l'invasion, etc. Constamment membre de la Commission du Budget, il en fut, à trois reprises différentes, le rapporteur général et le vice - président pendant que Gambetta présidait ; il siégea dans la minorité républicaine de l'Assemblée nationale , soutint les propositions tendant à l'établissement définitif de la République et vota les lois constitutionnelles.
Nommé député de l'arrondissement de Montargis, aux élections générales du 20 février 1876, par 13,862 voix sans concurrent, il fut l'un des 363 et retrouva son siège après la dissolution, obtenant 14,042 voix contre 5,300 à M. Boyenval, candidat officiel. A la formation du ministère Dufaure, le 19 décembre 1877, M. Cochery fut nommé sous-secrétaire d'Etat aux Finances; le i" mars suivant il réunit en un seul service les administrations, jusque là séparées, des Postes et Télégraphes; puis, en février 1879, un ministère spécial des Postes et Télégraphes fut créé et il devint titulaire de ce portefeuille dans le cabinet Waddington. Il conserva ces fonctions jusqu'à la chute du deuxième cabinet Ferry (avril 1883). Pendant son long séjour à la tête de cette importante administration, M. Cochery a accompli de nombreuses et importantes réformes, telles que la réunion des services postaux et télégraphiques, la création des services de recouvrements, des abonnements, des colis postaux, de la Caisse d'Epargne, l'amélioration des traitements des petits employés, le perfectionnement du matériel, la création de nombreux bureaux et de lignes électriques, la réorganisation des services maritimes subventionnés, la taxe des lettres simples abaissée de 25 à is centimes, celle des imprimés réduite de moitié, la taxe de s centimespar mot pour lestélégrammesavecminimum de perception de 30 centimes, l'importation du service téléphonique en France avant que les autres nations européennes aient pensé à faire usage de ce moyen de correspondance, etc.
Entre temps, M. Cochery avait été réélu député de Montargis, le 21 août 1881, sans concurrent avec i5.37ovoix. Au renouvellementd'octobre i88s. inscrit sur la liste républicaine progressiste, il avait aussi été élu, au scrutin de ballotage, par 48,476 voix sur 89,442 votants.
Le 5 janvier 1888, il fut envoyé h la Chambre haute, avec 473 voix, sur 766 votants, par le département du Loiret. Son mandat sénatorial fut renouvelé le 4 janvier 1897, P^r "j^i suffrages sur 731 votants.
L'honorable sénateur n'a cessé d'appartenir à la commission des Finances du Luxembourg, il y est aussi président de la commission des Douanes, de celle des chemins de fer, du groupe agricole et membre de la commission du projet de loi Calvet pour la représentation de l'Agriculture.
Entré au Conseil général du Loiret, pour le canton de Montargis, en 1871, M. Cochery est président de cette assemblée départementale depuis 1875.
-'./■yv-
COCHEf^Y (Geopges)
ÉruTÉ, ancien ministre, fils du précédent, né h Paris le 20 mars 1855. Après de brillantes études au lycée Condorcet, il entra, en 1875, à l'Ecole polytechnique et en sortit officier d'artillerie. Bientôt il donna sa démission (1878), pour remplir auprès de son père les fonctions de chef de cabinet et ensuite celles de directeur du cabinet et du service central, véritable secrétariat général du ministère des Postes et des Télégraphes. En cette qualité, il prit une part acti veaux nombreuses réformes apportées dans le service des Postes et Télégraphes pendant les sept années que dura l'administration de M. Ad. Cochery. Il quitta le ministère en 1885. Conseiller général du Loiret depuis i88^ , M. Georges Cocher}- fut porté sur la liste républicaine de ce département lors des élections générales législatives de 1885, et élu au 2° tour de scrutin par 46,616 voix sur 85,673 votants. Son père et lui figuraient sur la même liste et furent élus en même temps. Aux élections de 1889, i^ ^^^ élu député de l'arrondissement de Pithiviers, par 8,288 voix sur 15,283 votants, contre M. Brierre, bonapartiste. Il a été réélu, dans la même circonscription : en 1893, par 11,146 suffrages et en 1898 par 11,346 voix contre 2,716 à M. Gebauer, radical.
M. Georges Cochery sut se créer, dès son entrée à la Chambre, une place importante. Il fut, pendant la législature de 1885 à 1S89, membre et souvent rap-
porteur des commissions des Chemins de fer, des voies navigables, de l'Exposition de 1889, du rachat des réseaux téléphoniques par l'Etat, des conventions de l'Union postale et de l'Union télégraphique, etc.
Membre de la Commission du Budget pendant la législature 1889-1893, il fut chargé, pendantces quatre années, du rapport sur le budget de la Guerre et, en outre, pour l'exercice 1892, du rapport sur le budget de la Marine, après la démission de .\I. Brisson. 11 fut donc pour cette année, le rapporteur de la Défense nationale.
Pendant la législature 1893-1898, M. George< Cochery fut deux années rapporteur général (1894 et 189s) et deux années (189=5 et 1896) président de la Commission du Budget. Il prit, en cette qualité, une part prépondérante à la lutte que le parti républicain progressiste soutint contre le projet d'impôt sur le revenu du cabinet Bourgeois.
A la chute de ce cabinet, M Georges Cochery entra comme ministre des Finances dans le ministère Méline. 11 prenait le pouvoir dans des conditions exceptionnellement difficiles ; cependant il fit voter, malgré une opposition ardente , les budgets de 1897 et 1898 ; il rétablit au budget de 1897 et renforça à celui de 1898, la dotation pour l'amortissement direct, qui avait disparu depuis longtemps ; il y fit incorporer, en outre, les dépenses du nouveau programme des constructions navales et assura, sans recourir à la réouverture d'un budget extraordinaire, les crédits nécessaires à la réfection de notre matériel d'artillerie; son administration fît réapparaître, en tin d'exercice , des excédents au lieu des déficits accoutumés; pour 1897 ^'- ^^9^- ces excédents dépassèrent 72 millions ; en même temps, les amortissements directs et indirects avaient fait diminuer de 260 millions l'ensemble de la dette publique.
Comme ministre des Finances, il fit voterle renouvellement du privilège de la Banque de France, obtenant, pour l'Etat et pour le public, d'importantes améliorations, parmi lesquelles la constitution d'une dotation de 40 millions pour l'organisation du crédit agricole. Le nouveau traité assure en outre les conditions de la coopération de la Banque à la défense nationale.
Parmi lesautres questions essentielles que M.Georges Cochery a égalemement résolues, citons la réorganisation du marché financier, le dégrèvement des petites cotes foncières, le vote de la loi supprimant les droits d'octroi sur les boissons hygiéniques, la réforme de la taxe militaire, du régime des caution-
nemeiits, des droits de quai, le vote de la loi sur les nlcools dénaturés, etc. Il a préparé les solutions d'un certain nombre d'autres questions : révision des évaluations du revenu des propriétés non bâties, réforme du timbre des récépissés, transformation en une taxe proportionnelle du droit fixe sur les formalités hypothécaires, dégrèvement des dettes hypothécaires, réforme de la contribution mobilière, de l'impôt des portes et fenêtres, etc. Dès son arrivée aux affaires, il avait présenté aux Chambres un vaste projet de réforme fiscale, basé sur l'organisation d'un impôt atteignant les diverses sources de revenus d'après le système anglais. Il entreprit, par l'institution d'une grande Commission, l'étude de l'importante question du monopole de l'alcool ; le projet d'organisation du contrôle hygiénique et fiscal de l'alcool fut un premier résultat de cette étude. Il résolut la grave question de la nécrose des ouvriers allumettiers, par la substitution aux allumettes anciennes d'un type nouveau.
Ajoutons enfin que c'est de son administration que date l'adoption des nouvelles pièces de monnaies dues aux graveurs Chaplain, Roty et Daniel Dupuis.
Démissionnaire avec le cabinet Méline le 14 juin 1S98, M. Georges Cochery fut élu la même année vice-président de la Chambre et membre de la Commission du Budget.
L'honorable député du Loiret a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1881, surla proposition du ministère des Affaires Etrangères, à raison de services rendus dans la négociation des conventions télégraphiques internationales.
BOJ^l^ET (béon)
; i'dkc'.in, né au Puy (Haute- Loire") le 26 avril 1860. Après avoir fait de solides études au lycée de sa ville natale, il vint à Paris pour y suivre les cours de la Faculté de Médecine et fut reçu docteur en 1887.
M. le docteur Bonnet fut nommé, en 1892, médecin de l'asile de Montredon, au Puy, où il se consacra au traitement des maladies nerveuses et mentales. Rentré .i Paris en 1893, il pr't la direction de l'important établissement électrothérapique fondé, en 1879, rue Saint-Lazare, par les docteurs Charcot et Vigouroux.'
Chef du service d'électrothérapie à l'hôpital international (Péan) jusqu'en 1898, il fut, à cette époque, chargé de créer le laboratoire de radiographie h l'Hôtel-Dieu (services des D" Polaillon et Duplay).
Les recherches de M. le D' Léon Bonnet sur la médication électrique, et notamment sur les effets de l'effluve à haute tension, dite statique, recherches entreprises dès 1889 et communiquées à l'Académie de Médecine et à l'Académie des Sciences, en font un véritable précurseur du Rœntgen ; elles lui ont permis de créer une méthode nouvelle d'électrisation qui combat efficacement la neurasthénie , l'arthritisme, les adénites scrofuleuses, quelques tumeurs et certains états morbides jusqu'ici difficilement curables.
Il fait, depuis 1897, à l'Ecole pratique de la Faculté de Médecine, des conférences très suivies et très écoutées. 11 y traite des applications médicales de découvertes récentes, comme les rayons X de Rœntgen, le cinématographe ou chronophotographe de Marey. Le premier, il a démontré officiellement, dans ces cours, par des projections animées, médicales et chirurgicales, la réelle valeur du chronophotographe comme instrument d'enseignement et même d'investigation, principalement dans les affections du système nerveux.
Collaborateur à Y Indépendant médical, à la Radiographie, au Dictionnaire de Thératicnliqnc de Jalancourt, à la Revue encyclopédique de St-Pétersbourg, et autres organes scientifiques, M. le docteur Léon Bonnet a, en outre, fondé et dirige, depuis mai 1879, la Revue des découvertes modernes et de leurs applications aux sciences médicales.
DURET (Théodore)
isTORiEN et nomme politique, né à Saintes
(Charente-Inférieure) le 19 janvier 1838.
Après avoir accompli ses études classiques
au lycée de la Rochelle, il fit un premier
voyage, en 1855, ^^ Allemagne et séjourna à Gottin-
gen, où il apprit l'allemand ; plus tard, avec Cernus-
chi, il fit le tour du monde et, au cours de leur
voyage (1871-1872), ils recueillirent la collection de
bronzes artistiques, chinois et japonais, qui forme
aujourd'hui le musée Cernuschi h Paris, devenu
propriété de la ville.
M.Th.Duret publia, en 1874, la relation de ses pérégrinations en Asie sous le titre: Voyage en Asie: \q Japon, la Chine, la Mongolie, Java, Ceylan, Vfndc. M. Théodore Duret avait à ce moment, depuis longtemps déjà, abordé la politique militante, en se prononçant contre l'Empire; il s'était porté, en 1863, puis en 1869, comme candidat républicain, dans la
Charente-Inférieure, aux élections législatives ; mais ne put triompher des candidats officiels. 11 fut compris avec Delcscluze, Weiss, Hébrard, Challemel- Lacour, dans le fameux procès Baudin. Il collabora à la Tribune, avec Pelletan et Glais Bizoin, au Globe, au Siècle, à la Gaicttc des Beaux-Arts, etc.
Critique d'art, il devança le sentiment général en exaltant l'un des premiers le talent, peu apprécié alors, des peintres Manet, Claude NIonet, Renoir, Pissarro et Whistler. Dans un livre paru en 1885 : Critique d'avant-garJe, l'auteur célébra, lui premier, les peintres impressionnistes, ainsi que Hokousaï, le dessinateur et peintre japonais, qu'Edmond de Concourt et d'autres ont, depuis, achevé démettre en lumière. Son' ouvrage le plus important est V Histoire de France de iSjo à iSj^ (1893), publiée en deux volumes comprenant, l'un la C/iute de l'Empire et la Défense nationale, l'autre la Commune et les présidences de M. Tliiers et du Maréchal Mac-Mahoti. Cet ouvrage est le résumé impartial de tout ce qui a été écrit sur ces questions depuis les événements.
M. Théodore Duret publie, en outre, dans la Revue Blanche, une série d'articles sous le titre général de Essais de critique sur l'Histoire militaire des Gaulois et des Français (1899) et on annonce encore de lui une œuvre sur Napoléon et l'ère Napoléonienne.
GflSQ (Paul)
'cui.PTEUR-sTATUAiRE, ué à DljoH le }i niars 1860. Venu de bonne heure à Paris, il entra à l'Ecole des Beaux-Arts et fut élève de Jouflfroy, Falguière et Antonin Mercié. Il débuta en 1881 au salon des Champs-Elysées par un buste et exposa tous les ans depuis cette époque.
Lauréat, pour la sculpture, du grand prix de Rome en 1890, M. Paul Gasq continua, pendant son séjour à la villa Médicis, ses envois aux Salons annuels.
Parmi les principales œuvres de cet artiste, il convient de signaler surtout ses nombreux portraits qui ont fait sa réputation artistique.
Il a exposé depuis son retour de Rome, notamment: Héro et Léaudre, bas-relief acquis par l'Etat et placé au musée du Luxembourg (1893) ; Orphée, statue plâtre (1894); un Portrait, médaillon marbre (1895); un Bas relief, marbre; un Gro«/d marbre (1896); Portrait de M. Magnin, sénateur, gouverneur de la Banque de France; Portrait de M. Joliet, conservateur du musée de Dijon, buste marbre (1897); Statue ailée re-
présentant la gloire, bronze; Portrait de M. Ma^eau, sénateur, premier président de la Cour de Cassation (1898), etc.
M. Paul Gasq a produit en outre : la Douleur et la Gloire, deux statues, destinées au monument élevé à Dijon à la mémoire du président Carnot (1899); le Chant et la Musique, placées au foyer du nouvel Opéra-Comique (1899); un grand motif de la Poésie, pour le théâtre d'Aix-les-Bains ; le tombeau de Mgr Rivet, pour la cathédrale de Dijon et de magnifiques Cflr/^//'(/d?s à l'Hôtel particulier de M. Dehaynin (1899).
Il est chargé du Monument de Spuller (au cimetière du Père Lachaise) et de l'un des groupes de la porte d'entrée du grand palais de l'Exposition universelle de 1900.
Titulaire d'une médaille de 1' classe en 1893, d'une médaille de i" classe en 1896, M. Paul Gasq a été nommé chevalier de la Légion d'honneur au mois de juillet 1898.
flt^riOUS
(jVIaPic-Gcistave-Ltouis-Eugène)
ÉpuTÉ, né à Toulouse (^Haute-Garonne) le 30 juin 1846. Fils du général d'artillerie Arnous
W(i8o3-i865) et petit-neveu de l'amiral Arnous, ancien gouverneur de la Martinique, il prit part aux opérations de guerre en 1870-71, notamment au combat de Buzenval, comme capitaine des gardes mobiles du Loiret.
Après la conclusion de la paix, M. Arnous se présenta au concours du Conseil d'Etat, y fut admis comme auditeur et occupa ces fonctions jusqu'en 1879. A cette date il se jeta dans la politique militante conservatrice. Son mariage avec M"' André, fille du sénateur et sœur du député de ce nom, lui ayant créé une situation importante dans la Charente, il fut appelé, le 20 janvier 1884, à succédera son beau-frère, M. Jules André, député de la circonscription de Barbézieux, et élu par 7,080 voix contre 5,027 h M. Trarieux, aujourd'hui sénateur. La même année, M. Arnous fut élu conseiller général de la Charente pour le canton de Brossac. Il a été réélu député: aux élections générales du 4 octobre 1885, sur la liste conservatrice du département de la Charente, par 48,577 voix sur 88,972 votants; en 1889, dans son ancienne circonscription, par 7,35ivoix; en 1893, par 6,386 voix contre 5,400 à M. Meslier, maire de Barbézieux ; en 1898, par 6,571 contre 5,381 à M. Laroche, ancien résident de France à Madagascar.
M. Arnous a toujours appartenu au groupe de la Droite parlementaire. Il a attaqué à différentes reprises la politique financière des ministères républicains, défendu;) la tribune desamendements à la loi électorale du Sénat II 88s) et s'est occupé surtout des questions ( viticoles et agricoles intéressant son département. 11 parla aussi sur le contrôle de la Cour des Comptes, re.xercice du budget de 1893, les octrois, les pensions, l'Algérie, etc. Il a été secrétaire de la Chambre des députés en 1886 et 1887.
Secrétaire de l'Union des Droites, dontle président a été M. de .Mackau de 1887 à 1893, M. Arnous l'ait partie des groupes agricole et viticole de la Chambre. II a été nommé conseiller général pour le canton de Barbézieux Charente) en 1898.
HUGOT (Liouis-flnatole)
(•ÉNATKUR, né à Montbard (Côte-d'Or) le 3 avril
1836. Fils d'un négociant, il vint étudier le
droit à Paris, s'y fit recevoir licencié en 1856
^' et retourna dans sa ville natale, où il épousa,
quelques années plus tard, M'" Maire, fille d'un
représentant du peuple en 1848, qui fut proscrit au
Coup d'Etat.
Républicain sous l'Empire, M. Louis-Anatole Hugot fut l'un des plus fermes soutiens de la candidature Floquet, en 1863, à Chàtillon-Semur. Elu maire de Montbard en 1871, il fut révoqué de ses fonctions par le ministère de Broglie en 1873. Il devint alors conseiller d'arrondissement pour le canton de ce nom {1873-1879).
Le 20 février 1876, M. Hugot fut élu député de l'arrondissement de Semur, par 8,336 voix, contre 6,673 à ^^- Beleurgey et 1,043 ^ ^^- Muteau. Inscrit à la gauche républicaine, il combattit le gouvernement de l'ordre moral, fut des 363, et, réélu le 14 octobre
I1877 dans la même circonscription, par 11,016 voix sur 17,18^ votants, il appuya, avec son compatriote et ami Spuller, la politique de Gambetta. Réélu encore au renouvellement général de i88i, par 11,311 voix contre i,oss à .M. Lévy, M. Hugot fit partie de la Commission du Budget, déposa en son nom (1884) le rapport sur le projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 188=, (ministère de l'Agriculture) et prit part à la discussion de ce budget. Elu sénateur de la Côte-d'Or, le 6 janvier 1885, par =,24 suffrages sur 998 votants, il fut réélu, en 1894, le premier de la liste républicaine et par 831 voix sur i,o3i votants.
.VI. Hugot est intervenu fréquemment dans les débats de la Chambre haute, notamment à propos de la discussion sur la proposition de loi portant modification du tarif général des douanes, en ce qui concerne les céréales et les laines (1886), dans la discussion générale des budgets de 1888 et de 1895,011 il critiqua la gestion financière et dans celle du projet de loi sur les octrois, dont il fut rapporteur et qu'il défendit à la tribune (1897). II a été membre des commissions des Finances, des Douanes et Octrois, etc. Il siège à la gauche républicaine du Sénat, dont il est le secrétaire depuis 1888 et il est nettement protectionniste.
L'honorable sénateur a été conseiller général de la Côte-d'Or, pour le canton de Flavigny, de 1879 à i88=|. 11 est vice-président du •r. Souvenirfrançais » depuis plusieurs années.
li'ESTOUt^BHILiliONde lia GAt^riflCHE (f^égis-|VIapie-Joseph Marquis de)
cRiv.^iN, député, né à Nantes le 10 février
18=18. Fils du marquis Amand- .Marie et de
la marquise, née Marie-Caroline Pépin de
Bellisle, il appartient à une ancienne famille
de la Bretagne.
11 fit ses études au collège des Eudistes de Redon, puis au lycée de Nantes et contracta ensuite un engagement d'un an au 118° de ligne, à Quimper, à la suite duquel il fut nommé officier de réserve; puis il se consacra à des travaux historiques et archéologiques qu'il n'a plus cessé de cultiver.
D'abord secrétaire général de la Société archéologique de Nantes pendant six années, il en devint viceprésident en 1886 et, cette année-là, organisa, à Nantes, le congrès de la Société française d'Archéologie, dont il avait été nommé inspecteur en 1884 et qui eut un plein succès.
Marié en 1888, à Clermond-Ferrand, avec la fille du colonel d'artillerie Le Bourg, commandeur de la Légion d'honneur, le marquis de L'Estourbeillon vint se fixer à "Vannes, où il ne tarda pas a acquérir une grande notoriété.
Elu conseiller municipal de cette ville en 1896, administrateur des hospices, président du syndicat agricole des deux cantons de Vannes et d'une société de gymnastique qu'il avait fondée, il fut choisi comme candidat des comités conservateurs de la i" circonscription pour remplacer M. du Bodan, député, décédé ; élu le 16 janvier 1898, par 6,459 voix, contre
'i,i')0 à M. Martine, radical, il fut, au renouvellement Iciïislatif du 8 mai de la même année, réélu par 6,973 sutïrages contre 6,175 au même concurrent.
A la Chambre, l'honorable député siège à droite et parmis les nationalistes indépendants; membre de la commission de l'Armée et de celle des réformes administratives, il fait partie du groupe agricole et professe en économie des opinions protectionnistes.
On doit à M. le marquis de L'Estourbeillon les ouvrages suivants : Groupement d^s popnlalions de VArmoriqnc d'après les terminaisons des noms de lieux; Notice sur le prieuré delà Papillaye, en Anjou (1880) ; Ensuylt la description du cabinet de travail de niessirc Samuel d' Avaugour, seigneur de Saffré en i62y (1881) ; Saint-Benoit de Macerac ; Une institution d'autrefois ; les Prairies ou corporations rurales ; les Prairies de la paroisse d'Avcssac (18831 ; les Anciens vitraux du Comte' nantais, en collaboration avec M. de Kersauson (1884); Documents pour servir à l'histoire des anciens seigneurs de La Garnache ; Une maison d'Angers au XVJ' siècle (i88s): Un cadeau de noces du duc Pierre // (1886) ; Les Pamilles françaises à Jersey pendant la Révolution (1886, médaille de vermeil de la Société académique de Nantes en 1887) ; le Château de la Conrbe/ollicre, épisode des guerres de la ligue aux pays de Clisson et de Montaigu (2 éditions, 1886 et 1887); ^^^ Légendes bretonnes du pays d'Avcssac (3 éditions 1881, 1883, 1886); Deux Mariages nantais au XVIII' siècle; Un voyage d'agrément en 1618 (1887); Itinéraire des moines de Landevenec fuyant les invasions normandes (1889) ; la Confrérie du Saint-Esprit de Machecoiil (1893) ; les Revenus de la forêt de Brocéliande, d'après des comptes inédits des xv' et xvi" siècles (1894) ; Une montre à 'Vannes en 14Ç2; la Noblesse de Bretagne (1895); Notes et documents inédits sur les opérations des armées républicaines au pays de Ret:;^ en i/Q^ {1896).
A cette liste des travaux de M. le marquis de L'Estourbeillon, il faut ajouter la collection très importante des Inventaires des Archives des châteaux bretons, travail considérable et d'un haut intérêt scientifique, dont les premiers volumes ont paru en 1893, 1894 et 1893. 11 est encore l'auteur du A^obiliaire de la Bretagne, dont les deux premiers volumes ont été publiés en 1893 et 1S9S.
11 a fondé en 1885, à Nantes, la Revue historique de l'Ouest, l'un des plus importants recueils historiques publiés dans la région.
Parmi les nombreux journaux et revues auxquels il a collaboré ou collabore, nous citerons : le Bulletin de l'Association catholique ; le Bulletin de la Société archéologique de Nantes; la Revue de Bretagne et de Vendée; les Bulletins de l'Association bretonne: la Revue des traditions populaires ; la Revue historique de l'Ouest; sous le pseudonyme de «Jehan de La Savinaye » le Bulletin de la Société Bibliographique: le Bulletin de la Société des Bibliophiles bretons; V Espérance du peuple; le Petit Breton; le Nouvelliste de rOuest ; l'Arvor; les Semaine religieuse de Nantes et de Limoges, etc.
Partisan fervent de la décentralisation et des traditions bretonnes, M. le marquis de L'Estourbeillon de la Garnache est l'un des présidents de section de de l'Union régionaliste bretonne, il a été président de la Société polymathique du Morbihan ; il est secrétaire de la Société des bibliophiles bretons, correspondant de la Société nationale des antiquaires de France et membre de nombreuses autres sociétés savantes.
11 a reçu, en 1886, une médaille d'argent grand module et en 1896 la grande médaille de vermeil du congrès de la Société française d'Archéologie ; en 1884, la Société archéologique de Nantes lui avait décerné sa médaille d'or triennale. 11 est officier d'Académie depuis 1894.
THOJVIPSOISL (!«"' Fanehon)
ANTATRicE. née à Chicago (Amérique) le 2 février 1879. Issue d'une famille très riche, elle eut à lutter contre ses parents qui contrarièrent d'abord sa vocation artistique ; elle put cependant venir à Paris pour y accomplir son éducation musicale.
.M' "Thompson eut pour professeur Sbriglia, Bachelot et Lhérie. Elle parut pour la première fois en public à l'âge de quatorze ans et sa belle voix, déjà formée, produisit une excellente impression.
Cette artiste se fit ensuite entendre dans les grands concerts des principales villes d'Amérique, telles que New -York , Boston , Chicago , où elle chanta avec maestria tous les morceaux écrits pour contralto, et tirés du Prophète, de la Pavorite, à'Orphée aux Enfers, de Carmen, de Samson et Dalila, ainsi qu'une quantité considérable de compositions classiques de Beethoven, de Mozart, etc.
M"" Thompson fut appelée, en juillet 1898, à chanter devant la reine d'Angleterre, qui lui remit, en la félicitant chaleureusement, un superbe bijou à son chilïre. Engagée la même année à l'Opéra- Comique, à Paris, elle y débuta dans le rôle de Carmen, le 28 décembre, et la presse parisienne fut unanime à constater le succès qu'elle obtint.
CHIPIEZ (Charles)
^^a^KCHiTECTE, écrlvain, né à Ecully, près Lyon, le 10 janvier 18^=1. ^'enu à Paris en i8s6, i fut successivement l'élève de Chenavard, ■T 1^ Constant Dufeux , VioUet-le-Duc et Daujoy.
M. Charles Chipiez est l'auteur du monument commémoratif du combat de Buzenval, élevé dans cette commune en i87'5, et de l'Ecole Nationale d'Armentières (1885), vaste établissement professionnel qui occupe une surface de quatre hectares et pour l'entretien duquel il a été désigné, comme architecte du gouvernement, quelques années après. 11 a aussi édifié les remarquables monuments funéraires de Eugène Piol, au cimetière du Nord ; de J. Guérin et de la famille Sudre, au Père-Lachaise, à Paris.
On doit à la science de M. Chipiez d'intéressantes reconstitutions, savoir : la salle hypostyle de Karnak iThèbes); le Parthénon et le Panthéon de Rome, modèles en relief, au 20" de la grandeur, exécutés pour le Métropolitain Muséum of Art de New-York et aussi les restaurations des édifices du plateau de Persepolis (Perse), neuf châssis; la restauration des monuments de l'Assyrie, quatre châssis ; de la porte intérieure Je Khorsabah (Assyrie") . un châssis ; la vue de la grande salle de Karnak (Egyptej, un châssis; le temple de Jérusalem (Judée), onze châssis ; la (x-iln du Parthénon, trois châssis, etc.
Professeur à l'Ecole spéciale d'architecture de Paris de 1867 à 1887, .M. Chipiez est attaché au ministère de l'Instruction publique en qualité de membre de la commission des lycées et des collèges. 11 est en outre, membre du comité de souscription aux ouvrages d'art, du comité des Beaux-Arts des déparlements, du comité d'admission de la classe 4 (Enseignement spécial artistique) à l'Exposition universelle de 1900 et il a été chargé de l'organisation de cette dernière section.
M. Charles Chipiez a écrit dans la plupart des organes techniques de ce temps : la Revue Archéolo-
giquc, la Revue Générale d'Architecture, la Revue Bleue, \e Journal d' Architecture, etc.
11 a publié en outre d'importants ouvrages: Histoire critique des origines et de la formation des ordres grecs (1876 I vol.); Mémoire sur le temple Hipœthre (1878), Le Temple de Jérusalem et la Maison du Bois- Liban restitués d'après E^échiel, avec M. G. Perrot, de l'Institut (1889, I vol. avec grav.) ; Le système modulaire et les proportions dans l'Architecture grecque (1891 I vo\.); Histoire de l'Art dans l'antiquité, avec M. G. Perrot, important ouvrage commencé en 1877 et qui compte, en 1899, sept volumes parus sur neuf annoncés.
Titulaire d'une m.édaille de 2" classe au Salon de 1878 et du grand prix à l'Exposition universelle de 1889, M. Charles Chipiez est officier de la Légion d'honneur et de l'Instruction publique.
DElWELilfl (liueien)
^^I^^ÉDECiN, né à Amiens le 17 février 1861. Il
HIIUk ^''■' ^ Cambrai, puis à Lille, ses études clas-
^J^>v siques, et à Paris ses études médicales.
Mf^ Interne en médecine et en chirurgie des hôpitaux de Paris depuis 1883, aide d'anatomie provisoire à la Faculté de .Vlédecine, interne à la maternité de l'hôpital Tenon, puis de la Pitié, il fut reçu docteur en médecine en 1888.
Suppléant du chef de clinique dans le service du professeur Tarnier de 1889 à 1891, chef de clinique d'accouchements dans le service du même professeur de 1892 à 189^. .VI. le docteur Demelin a été nommé accoucheur des hôpitaux de Paris en 1897.
Ce médecin a publié plusieursouvrages et mémoires relatifs à ses travaux. Citons ceux sur l'anatomie obstétricale: Documents pour servir à l'histoire du segment inférieur de l'utérus pendant la grossesse, l'accouchement et les suites do couches (thèse de doctorat,1888). — Surlaphysiologieet la pathologie obstétricales: le Bassin coxo-tuberculeux {Journal des Praticiens 1890J ; De l'iusertion vicieuse du placenta, variété complète {Journal des Praticiens, 1891); De la Dystocie causée par la rétraction de l'anneau de Bandl {Société obstétricale de France, 1892); Lts infections du liquide amniotique {Journal des Praticiens, 1895); Les infections intra-utérines du fcvtus, la syphilis exceptée (Mémoire couronné par la Société de Médecine de Toulouse, 1896); De- l'ictère grave che{ la femme enceinte (Congrès de Bordeaux, 1896);
Contribution à VctiiJc des rapports de J'utr'nis avec l'intestin en clinique obstétricale [l'Obstétrique, 1897) ; Stir la Séméiologie obstétricale [Guide pratique des Sciences médicales, 1893). — Sur les opérations obstétricales : Des applications du forceps sur la face [Journal des Praticiens, 1890) ; Des applications du forceps sur le sommet dans l'excavation [Journal des Praticiens, 1892) ; Des moyens d'accélérer la dilatation pendant le travail de Vaccouchemeiit [Journal des Praticiens, 1893): Des infections bronchopulmonaires et hépatiques chc{ le nouveau-né, en collaboration avec le D' Letienne [Médecine Moderne, 1894); De la mort apparente du nouveau-né [Mémoire couronné par l'Académie de Médecine, 1894); De la main-guide dans les applications du forceps (1896I; S7ir l'hygiène et la pathologie du nouveau-né ; De l'ictère des nouveaux-nés, en collaboration avec le D' Lesage [Revue de Médecine, 1898).
M. le D' Demelin a collaboré au Journal des Praticiens, à la Médecine Moderne, à la Revue de Thérapeutique, à l'Obstétrique, etc. Il est membre du comité de rédaction des Archives de thérapeutique clinique.
M. le D' Demelin fit partie, en 1887, de la mission sanitaire qui, sous la direction du professeur Brouardel, alla étudier l'épidémie de suette dans le Poitou. Lauréat de la Faculté et de l'Académie de Médecine, il est membre fondateur de la Société d'Obstétrique de Paris.
DlOlEt^ (Adrien)
^s^.RAVEUR, né 3 Gigors (Drôme) le 19 janvier 1838. Fils de cultivateurs modestes, il dut lui-même s'occuper dans sa jeunesse des travaux des champs. Cependant, poussé par une vocation irrésistible vers l'art de la gravure, le jeune homme, après s'être confectionné une presse, des burins et jusqu'à de l'encre d'imprimerie, produisit à ses moments de loisir des essais intéressants. Un sous-préfet de Die. M. de Courcelles, frappé de ses aptitudes, fit obtenir au jeuneartiste, en i8s6, du Conseil général de la Drôme, une subvention permettant de le faire entrer à l'Ecole des Beaux- Arts de Lyon. M. Adrien Didier y eut pour premier maître M. Victor Vibert. En 1860, il vint à Paris, y reçut les conseils d'Henriquel Dupont et de Flandrinet exposa pour la première fois au Salon de i86s, le Jugement de Midas, d'après Rubens.
Depuis lors, chaque année, une œuvre de M. .Adrien Didier, dont la réputation s'accrut rapidement, parut aux Salons annuels, ainsi qu'aux expositions. Citons : Femmes gallo-romaines, d'après Alma-Tadema (1866') ; Portrait d'Anne de Clèves, d'après Holbein et Françoise de Rimini, d'après le dessin de Ingres, qui lui valurent une médaille (1869) ; Constantia, d'apr'es Chevignard (1870); Pastorella, d'après Hébert (1872); l'Abondance, d'après unegrisaille attribuéeà Raphaël, qui obtint une première médaille (1873) ; VAme, d'après Prud'hon (1874) ; la Poésie, d'après Raphaèl {1878 ; à l'Exposition universelle de cette même année, une médaille d'or lui fut accordée pour quelques unes des gravures que nous venons de citer); Madeleine, d'après Henner (1S79); Portrait de A/.7"/;/(?/-5,d'aprèsBonnat(i88o);la Vierge àV églantine , d'après Ghirlandajo 11882); Injustice, d'après Raphaël (1883) ; le Jour, la Nuit, d'après Bouguereau (1887); La Vierge et l'Enfant Jésus, d'après Paul Véronèse, pour la Chalcographie du Louvre (i88Sj; à l'Exposition universelle de 1889, le Portrait de M. Thicrs, le Jour, la Nuit, d'après Bouguereau, la Justice d'après Raphaël, valurent à leur auteur une médaille d'or. Vinrent après : les Trois Grâces, d'après Raphaël ; Ziîifv Godiva et l'O;-/)/;!'////!', d'après Lefebvre (1891) ; M"° Romani, d'après Roybet (1893) ; La Sagesse ramenant la Vérité sur la terre, d'après Prud'hon, pour la ville de Paris et Portrait de Gounod, d'après E. Delaunay (1895); la Musique guerrière, d'après Baudr y, pour le ministère des Beaux-Arts (1898); Injustice, la Vigilance, d'après Flandrin (1899).
En outre des principales œuvres dont nous venons de donner les titres, cet artiste a produit aussi une série de plus de 100 planches faisant suite aux Costumes historiques du célèbre graveur Mercuri.
A la Société des Artistes français dont il est l'un des 90 membres fondateurs, M. Didier fit, dès 1878 et pendant près de 20 ans, partie du jury de la gravure ; plusieurs fois président de ce jury et de la section de gravure, l'éminent artiste fut aussi pendant longtemps président de la Société des Graveurs au burin, fondée par F. Gaillard.
M. Adrien Didier a été conseiller général de la Drôme, pour le canton de Crest-Nord, de 1883 à 1889.
Ce maître graveur est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1880.
lia FEÎ^f^OrlNflVS (Henpi-jvrame-fluguste FEI^f^Orl Marquis de)
•SSisè- ÉPUTÉ, né à Paris le is septembre 1842. D'une famille de vieille noblesse bretonne, il s'en- 1^ gagea, en 1861, au 9' d'arlillerie, pour passer bientôt à l'artillerie de la Garde. Entré à Saint-Cyr en 1863, avec le n° 25, il en sortit, deux ans après, sous-lieutenant au 7" cuirassiers et fut admis à l'école d'application d'état-raajor; sur sa demande il entra dans la Légion romaine formée, à Antibes, d'officiers et de soldats français détachés de leurs régiments, pour remplacer dans les états pontificaux le corps frartçais d'occupation. Lieutenant, puis capitaine adjudant-major à ce corps, il fit, en Italie, toute la campagne de 1867.
Lorsque la guerre de 1870 éclata, M. de la Ferronnays donna sa démission d'officier de la Légion romaine et rejoignit son régiment, le 7° cuirassiers. Il se distingua à Rezonville, notamment, par une action d'éclat qui lui valut une citation à l'ordre de la division et une proposition pour la croix, qui n'aboutit pas. Prisonnier de guerre après la capitulation de Metz, il fut, à son retour en France, nommé lieutenant en 1872 et envoyé à Berlin comme deuxième attaché militaire. Rentré en France en 1875, il fut promu capitaine au y dragons; il passa ensuite au is" régiment de la même arme.
Elu conseiller général en 1876, par le canton de Saint-Mars-la-Jaille, dans la Loire-Inférieure, il fut envoyé comme attaché militaire à Berne, puis à Londres. En 1880, il fut délégué comme commissaire technique à la conférence de Berlin pour la délimitation des frontières greco-turques. Le tracé dont il était l'auteur fut adopté (a une variante près dans le massif de l'Olympe). Il allait passer chef d'escadron, quand son intervention, lors de l'expulsion des trappistes de la Meilleraye, l'amena à donner sa démission.
Maire de Saint-Mars-la-Jaille, le marquis de la Ferronnays fut élu député, aux élections générales du 4 octobre 1885, sur la liste conservatrice de la Loire-Inférieure, le 8' sur neuf, et par 70,144 voix sur 121,059 votants. Au renouvellement de 1889, il se présenta dans l'arrondissement d'Ancenis et fut élu par 8,918 voix sans concurrent. Il a été réélu en 1893, P^'" 8,360 voix et en 1898, par 6,613 suffrages contre 5,720 à M. Maés, rallié.
A la Chambre, le marquis de la Ferronnays siège
à droite et s'intéresse aux questions militaires, maritimes et budgétaires.
Le député de la Loire-Inférieure a été décoré de la Légion d'honneur en 1873 comme officier. II est en outre commandeur des ordres de Pie ix, du Christ de Portugal avec plaque, du Danebrog, chevalier de Saint-Grégoire-le-Grand et décoré de la médaille de Mentana.
Bf^flU de SflirlT-POLi de LiIAS (Xavier)
'XPLORATEUR, écrivain, né à Seix (Ariège) le 4 juillet 1840, d'une ancienne famille française (branche des Saint-Pol, établie daijs l'Albigeois au xin" siècle). II prit ses grades universitaires à Toulouse et y fit son droit. Reçu licencié, il vint faire un stage d'avocat au barreau de Paris, puis entra, en 1868, à la Banque de France. Lors de la guerre de 1870, il fut désigné au ministère de la Guerre, par le marquis de Plœuc, gouverneur de la Banque, comme l'un des agents qui devaient assurer le service de cette institution indispensable à la Défense nationale.
M. de Saint-Pol de Lias, plus communément appelé de Saint-Pol-Lias, quitta l'administration en 1873, pour se vouer à l'étude des questions de conquête coloniale, où il entrevoyait, avec quelques hommes très peu nombreux à cette époque, le relèvement de la patrie, « la plus grande France » de l'avenir, qu'il n'a cessé de poursuivre depuis, par ses voyages,, ses conférences et ses écrits ; soutenu par les encouragements d'hommes éminents, parmi lesquels l'amiral de la Roncière le Nourry, Michel Chevalier et autres. Il contribua dès lors à la fondation de la Société des études coloniales et maritimes (1873) et de la Société de Géographie commerciale de Paris (1874). En 1875, il fut l'un des représentants de la presse au Congrès de Géographie de Paris. Il s'occupa, la même année, de la création d'une société de colons-explorateurs, dont le programme excita l'intérêt de la presse en France et à l'étranger.
En 187(3, M. de Saint-PoI-Lias entreprit son premier voyage à Sumatra et Java. De retour à Paris, il fut, en 1878, l'initiateur du premier Congrès interjiational de géographie commerciale, devenu depuis une institution permanente. L'année suivante, il proposait la fondation d'une grande compagnie de colonisation, dont le Parlement fut saisi par une pétition qu'il renvoya aux ministres compétents.
Chargé, en iS8o, par le ministre de l'Instruction publique, d'une mission pour laquelle il se fit adjoindre M. de la Croix, ingénieur civil, M. de Saint-Pol-Lias parcourut à nouveau Sumatra, Java et Malàcca. En 1884, il entreprit une troisième exploration, avec une nouvelle mission du ministère de l'Instruction publique, en même temps qu'il était chargé de diriger une autre mission confiée à MM. le vicomtedeChabannesla Palisse, Charles de Llanby,le vicomte d'Osmoy, Edouard de la Croix et Marcel Monnier ; il visita alors la Malaisie et l'Indo-Chine.
M. de Saint-Pol-Lias a rapporté, de ses lointains voyages, de précieux documents anthropologiques, zoologiques, géologiques, botaniques, archéologiques, ethnographiques, etc. On lui doit aussi l'importation en France d'animaux rares ou inconnus (tels que le calloulci-pulchra), dont plusieurs figurent au Muséum, la découverte de plusieurs espèces entomologiques et botaniques, notamment une variété d'arbres à gutta -percha, et des collections d'objets divers qui ornent le musée du Trocadéro et le musée Guimet. Il a fait, de plus, connaître en France la matière première des laques dont les Asiatiques avaient gardé le secret et a, le premier, exporté du Tonkin, l'arbre qui la produit, le^^j'-50H.
Les renseignements sur Déli, qu'il donna dan.s ses ouvrages et conférences, ont suscité la Société française des tabacs de Déli ; son exploration dans la presqu'île de Malacca occasionna l'établissement de la Société des mines d'étain de Pérak et Kinta (1882): enfin, ses conférences et son exposition au Palais du Trocadéro, par lesquelles il révélait les détails de fabrications et l'origine des laques, provoquèrent la création de la «Société française des laques du Tonkin, » qui produisit à l'Exposition universelle de 1889 des « laques de Paris », les premiers objets laqués en Europe avec la vraie laque de l'Extrême- Orient.
M. Brau de Saint-Pol-Lias a publié : Perak et les Orangs-Sakcs, Voyage dans l'intérieur de la presqu île malaise {i vol. illustré) ; Aic.hê, Sumatra, confe'rence faite à Amsterdam (1883) ; Chci les Atclie's, Lohong, île de Sumatra (i vol. illustré) ; De France à Sumatra par Java, Singapour et Pinang, les Anthropophages (i vol. illust., 1884); la Côte du Poivre, voyage à Sumatra (i vol. illustré, 1891); Ayora, roman océanien (i vol. 1891, ouvrage couronné par l'Académie française en 1892); A mo^ir sauvage, ro-man battack (i vol., publié en feuilleton par le journal le Temps, octobre-novembre 1896). Il 3 aussi donné
de nombreux articles dans les Bulletins des Sociétés de Géographie, la Revue Srienti/Jijue, la Nouvelle Revue, le Figaro illustré, le Petit Journal, le Monde Moderne, etc.
M. de Saint-Pol-Lias a été membre du jury international de l'Exposition coloniale d'Amsterdam (1883), membre de la Commission consultative des colonies, des comités d'admission et de classement et du jury des récompenses de l'Exposition universelle de Paris (1889). Il est membre de la Société des Gens de lettres, des Sociétés de Géographie et de Géographie commerciale de Paris. d'Ethnographie, etc., membre élu de l'Institut royal des Indes Néerlandaises, membre correspondant des Sociétés de Géographie d'Amsterdam, de Rome, de Lisbonne et de nombreuses autres sociétés savantes.
Cf^OOSIiÉ (ppançois-liéon)
o^ROFESSEUR et littérateur, né à Paris le 29 mai J^ i8-;o. Après avoir accompli de brillantes
études classiques au lycée Charlemagne, il entra, avec le numéro deux, à l'Ecole Normale supérieure (section des lettres), en 1850 ; il fut reçu licencié en 1851, sortit de l'Ecole le premier de sa promotion en 1853, ^^ devint agrégé de lettres en 1S56. Successivement professeur de rhétorique aux lycées de Tarbes, de Laval, de Limoges, d'Angouléme, de Rouen (18^3 à 1858), professeur de troisième au lycée Louis-le-Grand (1SS8-1859), de seconde au lycée Charlemagne (1859-1861), derhétorique au lycée Henri iv (1861-1873); maître de conférences de littérature française à l'Ecole normale supérieure (1873-1878), professeur suppléant d'éloquence française à la Faculté des Lettres de Paris (1876-1S771 et titulaire de la chaire d'éloquence française en remplacement de M. Saint-René Taillandier-(1878), M.Crouslé, de 1870a 1892, a été, en outre, professeur à l'Association pour l'Enseignement secondaire des jeunes filles.
Ce professeur a publié de nombreux ouvrages. Citons : De L. Annœi Seneccr uaturalibus quœstionihus, thèse de doctorat ès-lettres (1863); Lessing et le goût français en Allemagne (1863, ouvrage honoré d'une médaille par l'Académie française en 1874) ; la Dramaturgie de Hambourg, de Lessing, traduction nouvelle publiée sous le nom d'Edouard de Suckau; une nouvelle édition de la traduction de l'Iliade et de YOdysscc d'Homère, par M"" \iAC\er •,dts Morceaux choisis de Plante (texte latin et traduction française).
Morceaux choisis de Lucrèce ; YAiiliiltiire de Plaute, édition classique ; Lucrèce: De la .WiUurc, texte latin et traduction française (1871); Grammaire Je la laugue française^ cours gradués avec exercices (6 volumes, nombreuses éditions) ; /^(O/t'/ow ctBossuet, études morales et littéraires, très important ouvrage en 2 volumes, qui a obtenu un prix Monthyon de l'Académie française (iSg^ji ; de nombreuses brochures, telles que : Discours sur M. Pesiré Nisard, sur M. Saint-René Taillandier ; l'article Voltaire (100 pages environ) dans la grande Histoire de la Littérature Française, d'Armand Colin ; La Vie et les œuvres de Voltaire, 2 gros volumes (sous presse J899).
M. Crouslé, a collaboré ou collabore à la Revue de
Instruction Publique, h la Ligue contre l'Athéisme,
au L'éminismc Chrétien, aux Annales de philosophie
chrétienne et à plusieurs autres journaux et revues.
Membre du comité de la Revue de l'Histoire de la Littérature Française, président d'honneur du Féminisme Chrétien, membre du comité de la Ligue de la Patrie Française, M. Crouslé est officier de l'Instruction publique et, depuis 189^, officier de la Légion d'honneur.
COOf^IOT (Chaples-HenfiMGustave)
NGÉNIEUR, né à Paris le 21 décembre iBsi. Sorti l de l'Ecole centrale en 1S74, il fut attaché successivement à diverses exploitations minières et chargé de nombreuses études et missions géologiques en France et à l'Etranger. Il débuta dans l'enseignement en faisant des cours gratuits et des conférences aux ouvriers dans l'Association polytechnique.
Nommé, en 1 881, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes commerciales ; en 1883, professeur à l'Ecole spéciale d'Architecture et en 1893, professeur à l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, M. Couriot a ■ contribué à répandre, dans ces milieux très diflférents, es connaissances professionnelles les plus variées.
Sa compétence en matière d'enseignement le fit désigner, en 1893,, par le ministre du Commerce, pour remplir les fonctions d'inspecteur régional de l'Enseignement technique, titre auquel il a dû de présider les jurys d'admission et de sortie des Ecoles supérieures du Commerce.
M. Couriot a été nommé, en 1898, membre du Conseil supérieur de l'Enseignement technique et il
fait partie de sa commission permanente; il est en outre membre du comité des Travaux publics au ministère des Colonies, membre du comité de la Société des Ingénieurs civils de France et il a fait partie de plusieurs comités des Expositions universelles de 1889 et de 1900.
On lui doit d'importants travaux scientifiques, parmi lesquels il faut citer: l'étude et la détermination des loisde l'explosion des mélanges de grisou et d'air, sous l'influence des courants électriques, travail qui a exigé plus de deux mille explosions, obtenues au laboratoire de l'I'xole Centrale, et qui a été fait en collaboration avec M. Meunier. On doit également à M. Couriot d'avoir basé une méthode d'étude et d'analyse de la pureté des combustibles minéraux sur la découverte qu'il fit de leur perméabilité aux' rayons X ; il exposa sa méthode d'investigation au président Félix Faure, lors d'une visite faite par celui-ci à la Société des Ingénieurs civils, le 1 1 juin 1898, à l'occasion du cinc[uantenaire de sa fondation ; la récente découverte de M. Couriot ayant été choisie comme le sujet de nouveauté et d'intérêt le plus digne d'être présenté au chef Je l'Etat pour lui montrer les services rendus par le génie civil à l'industrie française.
M. Couriot est l'auteur de nombreuses publications; citons : L'Industrie des Mines devant le Parlement (1884); La Législation des Mines (1887); La Mobilisation et les houillères (1887) ; \' Enseignement commercial (1887); L'Industrie des Mines en France et à l'Etranger (1889) ; Percement des tunnels dans les terrains mous, fluents ou très ébouleux (1894) ; Exploitation des Mines, i^^S-iSpS (1898); Recherches sur l'explosion des mélanges grisoutenx par les courants électriques (1898) ; Examen et analyse des combustibles minéraux par les rayons X{i?>()())\ Albumsde planches de ses Cours à l'Ecole Centrale, à l'Ecole des Hautes Etudes commerciales et à l'Ecole spéciale d'Architecture.
M. Couriot a fait paraître ses travaux dans les Comptes-Rendus de l'Académie des Sciences, les Mc'moires de la Société des Ingénieurs civils, le Génie civil, etc.
La publication parue sous le titre : La Mobilisation et les houillères (1887) émut fortement le monde militaire et l'opinion publique, en révélant la situation critique dans laquelle se trouverait le pays, le jour d'une déclaration de guerre, par suite du départ sous les drapeaux de la plus grande quantité des ouvriers mineurs et de l'impossibilité, faute de charbon, de transporter les locomotives aux frontières, de mobi-
liser la flotte et d'alimenter les arsenaux. Ce cri d'alarme fut entendu parles ministres de la Guerre et de la Marine, qui prirent les dispositions indispensables pour remédier à cette redoutable éventualité, en ajournant l'appel sous les drapeaux des ouvriers mineurs et en constituant des stoclvs importants en des points déterminés du territoire.
M. Couriot a été nommé officier de l'Instruction publique en 1888 et, le 31 décembre 1898, chevalier de la Légion d'honneur.
ESPEUlIiIiES (jVIafie-Ltouis-flntonin VlEli de IiU^SlAS JWapquis d')
-^^iKxÉR.\L, ancien sénateur, né le 19 mai 1831. Il est fils du sénateur de l'Empire de ce nom, décédé en 1871, et appartient à une vieille famille du Nivernais ; il compte parmi ses ancêtres Vauban et le marquis de MontcaIm,le héros des guerres du Canada.
Entré en i8so à l'école de St-Cyr, il en sortit avec le grade de sous-lieutenant au 6° régiment de hussards; il fut promu lieutenant en i8=|6, capitaine en i8'i9 et chef d'escadron en 1865.
Nomméoftlcier d'ordonnance du maréchal de Mac- Mahon,le marquis d'Espeuilles fitavec lui les guerres de Crimée et d'Italie, ainsi que l'expédition de la Grande Kabylie et fut fait chevalier de la Légion d'honneur sur le champ de bataille de Magenta.
Il prit part à l'expédition du Mexique, où il commandait les escadrons détachés du 5° régiment de hussards ; mis deux fois à l'ordre du jour pour brillants faits d'arme, et promu officier de la Légion d'honneur à la suite du combat de Cerro Blanco, il fut, rentré en France, fait aide de camp du prince impérial.
La guerre de 1870 trouva M. d'Espeuilles colonel du f hussards ; à la tète de ce régiment, il prit part aux batailles de 'Wissembourg, de Reischoffen et de Sedan. Après le désastre, il rallia les débris de son régiment, le reforma rapidement et fut envoyé en Normandie. Là, il livra le combat de Formeries,où il remporta un succès. Nommé général à la suite de cette affaire et placé à la tête de la cavalerie du 17° corps d'armée (armée de la Loire), il combattit à Beaugency, "Vendôme, au Mans. Après la guerre, il commanda successivement les 2^ et 3° brigades de chasseurs.
M. le marquis d'Espeuilles se présenta aux élections sénatoriales du 20 janvier 1876, dans la Nièvre, comme candidat conservateur et fut élu par 199 voix
sur 37s votants. Au renouvellement triennal de '879, il échoua avec 180 voix sur 378 votants.
Promu général de division en 1878, il fut d'abord envoyé en Algérie comme inspecteur delà c.T'-ale'ie, puis nommé au commandement de la 4" division.de cavalerie indépendante à la frontière. En 1893, H fut appelé au commandement du 13'' corps d'armée, à Clermont-Ferrand.
M. le marquis d'Espeuilles a été conseiller général de la Nièvre. Il est commandeur de la Légion d'honneur depuis le i"" janvier 1888.
ESPEUmLkES M
(Albépie ViELt de liUj^AS Comte d')
NciEN député, frère du précédent , né à Paris le 12 septembre 1840, il entra dans la diplomatie après avoir accompli de sérieuses études et fut secrétaire d'ambassade successivement à Vienne, à Londres et à Rome ; il occupait ce dernier poste quand éclata la guerre de 1870.
Rentré en France et nommé lieutenant des mobiles delà Nièvre, dans le bataillon commandé par M. de Pracomtal, le comte d'Espeuilles fit les campagnes de la Loire et de l'Est, se signalant par sa bravoure et son énergie. Après le combat de Nancray, près d'Orléans, où il fut cité à l'ordre du jour de l'armée, il refusa le grade de capitaine afin de rester avec les hommes de sa compagnie.
Sa carrière diplomatique ayant été brisée par les événements du 4 septembre, M. ledomte d'Espeuilles se consacra à l'administration de la commune de Montapas (Nièvre), dont il fut élu maire en 1871. Il y fit exécuter, souvent de ses propres deniers, d'importants et utiles travaux ; de plus, il concourut activement à donner de l'extension à la station thermale voisine de Saint-Honoré-les-Bains.
Lors des élections législatives de 1877, les conservateurs posèrent sa candidature dans l'arrondissement de Château-Chinon ; il fut élu, malgré l'intervention de Gambetta lui-même dans la lutte électorale, par 8,256 voix contre 7,18s à M. Gudin, député sortant républicain. Invalidé peu de temps après, M. le comte d'Espeuilles vit son mandat confirmé par 6,945. voix et, au renouvellement général de 1881, par 7,372 voix. Dans ces législatures, il s'éleva, avec la minorité conservatrice, contre la gestion financière de la majorité républicaine, contre les persécutions
religieuses, contre l'expédition du Tonkin. Il vota 1 toutes les mesures proposées pour venir en aide à Tagriculture. Il présenta, avec son collègue, M. le comte Lepelletier d'Aunay, un amendement au budget tendant à dégrever de 40 millions l'impôt foncier portant sur les propriétés non bâties. Malgré les efforts des deux députés du Morvan et de leurs amis, cette proposition fut repoussée par la majorité.
Battu avec la liste conservatrice de la Nièvre, au 2° tour de scrutin, en i88s, M. le comte d'Espeuilles rentra au Palais Bourbon, en 1889, comme député de l'arrondissement de Château-Chinon, avec 8,147 voix, contre 7,781 à M. Berger, républicain.
Nommé secrétaire de la Chambre, il s'occupa particulièrement, durant cette législature, des questions agricoles intéressant sa région. Il déposa une proposition de loi sur la tuberculose bovine, qui fut ensuite reprise par M. Viger, ministre de l'Agriculture, loi instamment réclamée par le monde des éleveurs; il présenta aussi, avec plusieurs de ses collègues, un autre projet de loi pour exempter de l'impôt foncier les agriculteurs cultivant eux-mêmes leurs terres (1893), stc.
Au renouvellement général législatif de 1893, le comte Albéric d'Espeuilles échoua dans le même arrondissement, obtenant 7,580 voix, contre 8,241 à l'élu, M. Chandiou, radical-socialiste. Il a été élu, en 1895, conseiller général de la Nièvre pour le canton de Mouiins-Engelbert.
t^EGflflUlJtT de PRÉJVIESflm
(Chaplcs)
f'iCE- Amiral, né à Montpellier le 6 août 1837. ' Entré à l'Ecole navale en 1873, nommé aspirant le 21 juillet 18^4, aspirant de 1" classe le 22 juin 1835, enseigne de vaisseau le 10 juin i8=i7, lieutenant de vaisseau le 26 avril 1861, capitaine de frégate le 16 août 1870, capitaine de vaisseau le i" octobre 1879, contre-amiral le 2 décembre 1886 , il fut promu vice-amiral le 10 février 1893.
Durant les quarante années de sa carrière, l'amiral Regnault de Prémesnil a pris part aux campagnes de Crimée, de Chine, où il se distingua à la prise des forts de Ta-Kou, de Cochinchine et du Sénégal. Dans cette dernière, il fut l'aide de camp du général Faidherbe (1862 à 1865). Aide de camp de l'amiral Rigault de Genouilly de 1868 à 1869, il servit en 1870, dans l'escadre de l'Extrême-Orient comme capitaine du Coctlogo», puis de la frégate la Vénus.
Successivement chef d'état-major de l'escadre d'évolutions en 1882, membre du Conseil des trav:iux de la Marine en 1885, commandant en chef, en 1889, de la division de l'Océan Pacifique, fonction qu'il dût abandonner pour cause de santé en avril 1891, le II décembre de la même année le gouvernement lui donnait le commandement d'une division de réserve dans l'escadre du Nord. Le 28 mars 1892, le contre-amiral Regnault de Prémesnil fut nommé commandant en sous-ordre dans l'escadre de réserve delà Méditerranée occidentale; puis, devenu viceamiral, envoyé comme préfet maritime à Lorient ;• occupa ce poste de mars 1893 à octobre 1894.
Nommé, en 1894, membre du Conseil des travaux de la Marine, l'amiral Regnault de Prémesnil prit le commandement de l'escadre du Nord, le is octobre 189s. Le 2S octobre 1896, il fut chargé, en cette qualité, d'aller chercher le tzar, qui, lui, était conduit par l'escadre anglaise, et de l'escorter à Cherbourg.
Rappelé, en 1896, au Conseil des travaux de la Marine, iVI. Regnault de Prémesnil a été promu le 8 février 1899, inspecteur général de la .Marine.
Chevalier de la Légion d'honneur en 18^9, officier en 1868, commandeur en 1888, grand officier en 1897, l'amiral Regnault de Prémesnil a été décoré de l'Aigle Blanc, par l'empereur de Russie, en 1896.
SfllNT-MAFjTIJvl-VflLiOGlSiE (iVIaPie-Etienne-flimé 'VAISSIÈRE de)
l'pUTÉ, né à Guéret (Creuse) le 14 septembre 1831. Issu d'une ancienne famille du Rouergue, il est petit-fils de Charles Vaissière de Saint-Martin-Valogne, membre de la Convention et député de l'Aveyron au Conseil des Cinq- Cents, et petit-neveu de M.deBoëry, député du Berry aux Etats Généraux. M. de Saint-Martin fit ses études de droit à Paris, puis vint se fixer dans le département de l'Indre, où il se livra à l'agriculture.
Membre du Conseil municipal de Cluis (Indre) en 1860, maire de cette ville en 1864, M. de Saint-Martin occupe encore ces fonctions, après quelques années d'interruption. Il est, depuis 1866, président de la Société de secours mutuels qu'il a fondée dans cette commune. Elu, en 1869, conseiller d'arrondissement et, en 1870, conseiller général de l'Indre pour le canton de Neuvy-St-Sépulcre, qu'il a représenté sans discontinuer jusqu'en 1893, il s'est occupé spécialement, dans l'assemblée départementale, des questions de travaux publics et de chemins de fer; il fut rap-
porteur des budgets départementaux et membre de la commission départementale.
Apres le 4 septembre 1870, M. de Saint-Martin fut révoiué de ses fonctions de maire, pour avoir déclaré ne pas vouloir tenir son mandat « d'un gouvernement d'aventure et d'aventuriers ».
Nommé, en 1872, membre du Conseil départemental de l'Instruction publique, il fut, le 20 février 1876, élu député de Tarrondissement de la Châtre par 7,35^ voix, contre 3,336 à .^l. Pissavy et 2,220 à M. le D' V'ergne, républicain. Conservateur, M. de Saint-Martin alla siéger à la droite bonapartiste, vota toujours avec ce groupe et défendit, au lO mai, le ministère de Broglie-Fourtou, ainsi que la politique du maréchal de Mac-Mahon.
Réélu, le 14 octobre 1877, par 10,^76 voix contre 3,178 à M. de Talleyrand-Périgord, le député de l'Indre combattit les ministères républicains et se prononça énergiquement contre la réforme de l'ejiseignenient et la politique coloniale. Renvoyé à la Chambre le 21 août 1881, par 8,093 voix contre s, 400 à M. Pouradier-Duteil, il protesta contre le projet de loi réclamant la construction obligatoire dans les départements d'écoles normales de filles et contre l'obligation imposée aux communes de construire de nouvelles écoles, demanda la mise en discussion du service militaire de 3 ans , et fit voter un crédit supplémentaire de ■, millions pour les chemins vicinaux.
Au renouvellement général législatif du 4 octobre 1885, fait au scrutin de liste, M. de Saint- Martin fut élu le premier sur la liste conservatrice de l'Indre, avec 35,717 voix sur 69,748 votants. Il alla siéger à l'Union des droites, fit partie de la grande commission chargée de l'examen des affaires du Tonkin, et vota pour l'abandon de cette colonie, pour laquelle il avait toujours rejeté les crédits demandés; il réclama pour l'inscription régulière au budget des subventions destinées à l'amélioration et à la construction des chemins vicinaux, fit rétablir le crédit destiné aux bureaux de bienfaisance, demanda le maintien des dispenses de droit dans la loi militaire et combattit, comme non conforme à l'égalité, plusieurs articles de cette loi, notamment la taxe militaire.
Le 22 septembre 1889, il se présenta dans son ancienne circonscription et fut élu par 10,41'i voix contre 3,332 à M. Alizard; il y a été successivement réélu : en 1893 par 8,357 voix contre 6,162 à M. Périgois, ingénieur des mines, et en 1898, par 8,680 voix contre 7,594 au même concurrent.
M. de Saint-Martin, dans ces dernières législatures prit part d'une manière active à la discussion an- ^ nuelle du budget. Entr'autres mesures, il a obtenu le rétablissement de la mention de la date sur les télégrammes, etc. Il soutint la même politique que précédemment jusqu'à l'avènement du ministère Méline (1896), auquel il prêta l'appui de ses votes et de son influence. Il a fait partie de nombreuses commissions, entr'autres de celles des crédits (1898,, des comptes de 1894 à 1898, et de celle du règlement de la Chambre.
Protectionniste modéré, il appartient au groupe parlementaire de la Défense Nationale et au groupe as:ricole.
GAY (Joseph)
'dministr.^teur, ancien conseiller d'Etat, né a
l^-r Paris le 14 juillet 1839. Fils d'un adminisaWr^ô trateur de l'Enregistrement, des Domaines et :5/ I 'i'-' Timbre, il fit ses études classiques dans divers établissements de l'Instruction publique et suivit ensuite les cours de la Faculté de Droit de Paris, où il fut reçu licencié en 18=18.
M. Joseph Gay entra alors dans l'Enregistrement et concourut pour les fonctions d'inspecteur des Finances. Nommé chef de bureau au ministère des Finances en 187s, il devint successivement sousdirecteur et directeur du mouvement général des fonds à ce même ministère dès 1883 et conseiller d'Etat en service extraordinaire, peu de temps après.
Commissaire du gouvernement auprès du Sénat et de la Chambre des députés, M. Joseph Gay a pris part à de nombreuses discussions parlementaires relatives aux lois financières et a traité à la tribune les questions les plus difficiles du Budget général.
Mis en disponibilité sur sa demande, pour raison de santé en 1885, M. J. Gay, s'est depuis cette époque exclusivement consacré à l'administration de sociétés privées et à l'étude de l'économie politique.
Administrateur du Crédit Industriel et Commercial en 1886, puis vice-président et président du conseil d'administration de cette société, il prit sa retraite en 1893, après avoir fait partie de plusieurs autres conseils d'administration.
Administrateur du Crédit Foncier de France et de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, membre de la Société d'Economie politique de Paris, où il a fait plusieurs conférences, membre de l'Académie d'Economie politique de Philadelphie. M. Joseph Gay est diarnitaire de divers ordres étrangers, notamment
grand officier du Nicham-Iftikar, de l'Annam et de Stanislas de Russie. Il est officier de l'Instruction publique et commandeur de la Légion d'honneur depuis 18S4.
CObiri (Paul-fllfped)
i-l#S'^^EiNTRE, né à Nîmes en octobre 1838. Elève de
1^^ son père, de M. Jean-Paul Laurens et de ^ TRcole des Beaux-Arts, il débuta aux Salons annuels vers i86t.
Professeur à l'Ecole polytechnique, inspecteurprincipal de l'enseignement du dessin à la direction des Beaux-Arts, iM. Paul Colin est encore sous-directeur de l'Ecole nationale des Arts décoratifs (section des jeunes filles) et membre honoraire de l'Union centrale des Arts décoratifs.
Il a été rapporteur de l'Enseignement des Arts à l'Exposition universelle de 1889; il est secrétaire de la classe IV (Beaux-Arts et Enseignement supérieur des Arts) à l'Exposition de 1900 et président du Comité d'organisation du Congrès de l'Enseignement du dessin en 1900.
Mentionnons, dans un autre ordre de faits, que M. Paul Colin a été adjoint au maire du vi° arrondissement de Paris de 189a à 1896 et qu'il a fait la campagne de 1870 dans le 84" de marche, en qualité de lieutenant.
Comme peintre, il est l'auteur d'une œuvre très intéressante et assez considérable, où se manifeste' un art bien personnel. Citons parmi les envois de cet artiste aux Salons annuels de la Société des Artistes français, les tableaux suivants : Vue prise d Yport (Seine-Inférieure), Soleil eoiieliant et Marée basse à ypnri (1872); A la Chapelle Saint-Jean ,Seine-et- Oise (1873) ; Habitations de pêcheurs à Yport (1874); Ferme <ie Criqnebœiif, qui se trouve aujourd'hui au musée de Lisieux et valut à son auteur une médaille de }'■ classe au Salon, puis à l'Exposition universelle de i%%()[\i~i',)\\2i Route d' Yport an clair de Lune {i^Tj, musée de Carcassonne); la Maison du charron d Yport (musée en Belgique, 1878); ï Allée du Vivier d Valniont iiS-]()); Une rue à Tolède (ibSi); la Marée dr Giteville et les Pommiers de la ferme Loysel (1883); Yùort vu d'une fenêtre (18S6, musée de Nancy i ; V Entrée de la ferme de maître Emile d Criqiicbœiifet Vue prise d'Evreux (1887); le Fossé de la ferme Loysel (1888), etc.
On peut encore mentionner de ce peintre \q Por-
trait d'un doge de Florence^ peinture à l'huile qui figure au Palais de Versailles ; Une cour de ferme, à la mairie de Nîmes; Une ferme, au ministère de l'Agriculture, etc.
Depuis plusieursannées,M. Colin,s'estconsacréàla composition de cartons reproduits par la tapisserie ; citons parmi ceux-là : l'Est ^ souvenir de la guerrede 1870, tapisserie dont il existe deux exemplaires : l'un a été envoyé à l'ambassade française à Constantinopleet l'autre orne l'ambassade de France à ^^'ashington; le l'alaisde VV^sa/Z/c.^, tapisserie placée àl'Odéon; les Fierons, autre tapisserie au Palais du Sénat.
M. Paul Colin a obtenu de nombreuses récompenses aux expositions étrangères et deux diplômes d'honneur aux expositions universelles. Il est officier de l'ordre de Charles 1 1 1 d'Espagne, officier de l'Instruction publique et chevalier de la Légion d'honneur.
BLiOWlTZ (Heniri-Geot^ges-Stéphan- Adolphe OPPEF? de)
l^srï'ouRNALiSTi; et littérateur, né le 2=, octobre 1833, Wçia au château de Blowitz (.\utriche-Hongrie).
En séance solennelle du 12 mars i8()o et sur ^q le rapport de l'archiviste de la ville et du château de Blowitz, nommé à cet eiïet, il a obtenu la déclaration, confirmée par les trois ordres religieux, civil et administratif, qu'il avait le droit de porter le nom de Blowitz ou celui d'Opper de l^lowitz suivant sa volonté, cette prérogative n'appartenant qu'à lui. Il a été naturalisé français par décret du =j octobre
Parti fort jeune de son pays pour faire ses études dans les Universités étrangères, il se trouvait à Angers lorsque .VI. de Falloux, alors ministre de l'Instruction publique, le nomma professeur d'allemand au lycée de Tours (1850). II occupa ces fonctions tour à tour à Limoges (1853), à Poitiers (1854-185S), à .Vlarseille (i8s6), touten organisant, indépend.-imment de son enseignement officiel, des cours de littérature étrangère comparée, auxquels ses voyages à travers l'Europe l'avaient préalablement préparé.
En 1860, quittant l'Université, M. de Blowitz se tourna vers la politique, collabora à la Galette du Midi et :\u Correspondant et envoya à la Décentralisation, de Lyon, une correspondance suivie.
Aux élections législatives de 1869, il combattit vivement à Marseille, où il résidait, la candidature
officielle de M. Ferdinand de Lesseps et soutint celle de M. Thiers, qu'il connaissait de longue date.
En 1870-71, durant la guerre franco-allemande, M. de Blowitz fit partie du bataillon de marche de la Drôme. De retour à Marseille, il organisa dans cette ville la résistance de la garde nationale contre l'insurrection communaliste et prêta un concours actif au général Espivent de la Villeboisnet, pour aider au rétablissement du gouvernement légal. C'est ainsi, qu'à Finsu de tout le monde, comme il le déclare dans ses souvenirs, M. de Blowitz put rester en communication télégraphique avec M. Thiers et tenir celui-ci au courant des événements.
Envoyé ensuite à Versailles, pour exposer de vive voix la situation de Marseille au chef du pouvoir exécutif, M. Thiers, en récompense des services rendus, le décora de la Légion d'honneur et lui promit le poste de consul général à Riga. En attendant cette nomination — qui d'ailleurs ne vint jamais, — M. de Blowitz eut à remplacer provisoirement, comme correspondant à Paris du Times, de Londres, M. Hardmann, puis M. Oliphan, auquel il succéda bientôt définitivement.
Ses lettres et dépêches au Times furent tout de suite l'objet des commentaires du monde entier. Père de l'interview, qu'il a pour ainsi dire créée et abandonnée d'ailleurs à de nombreux continuateurs, M. de Blowitz fut le porte-parole des personnages politiques les plus considérables de l'Europe. Sa première entrevue, qui fit un bruit immense, eut lieu en 1872, à Anvers, avec le comte de Chambord ; il interrogea successivement avec succès le prince de Bismarck, M. Thiers, Gambetta, Alphonse xii, le Sultan, le comte de Paris, le roi de Roumanie, le marquis de Tseng, Jules Ferry, Duclerc, Léon xiii, le cardinal Jacobini, M. Constans et enfin le prince de Lobanoff.
Les communiqués à sensation de M. de Blowitz eurent un aussi grand retentissement que ses interview ; on doit signaler dans cet ordre, entre autres : sa lettre de 1874, racontant dans tous ses détails la tentative de restauration monarchique de 1873 et révélant pour la première fois, par cette publication, que le Journal des Débats qualifia de <?: page désormais historique.» la fameuse phrase du maréchal de Mac- Mahon: «Si l'on osait arborer le drapeau blanc, les chassepots partiraient tout seuls ; » la lettre du mois de mai 1875, dans laquelle M. de Blowitz dévoila publiquement les projets et les plans du parti militaire allemand, méditant une agression^lnouvelle
contre la France désarmée (cette lettre, par la sensation universelle qu'elle produisit, contribua puissamment à faire échouer la combinaison militaire allemande et à provoquer l'intervention pacificatrice de l'Angleterre et ^de la Russie) ; sa lettre du 31 décembre 1881, révélant la double note anglofrançaise adressée au vice-roi d'Egypte et le condominium des deux puissances sur les bords du Nil ; ensuite, sa lettre faisant connaître les engagements pris par lord Salisbury avec M. Waddington, don-' nant à la France carte blanche en Tunisie, révélation qui arrêta l'opposition anglaise, malgré les efïorts de Zadoc-Bey, et permit à la France de continuer sa conquête sans obstacle.
Ce fut M. de Blowitz aussi qui révéla les conditions du traité de protectorat franco-tunisien ; ce fut encore lui qui, au milieu de la crise qui venait d'éclater à propos de l'affaire de Schnaebelé, prononça le premier, en parlant de la lettre de convocation, le mot de sauf-conduit, que le prince de Bismarck déclara vouloir adopter et qui lui permit de mettre fin à l'incident; ce fut lui enfin qui communiqua à son journal, — fait sans précédent dans les annales du journalisme — le texte même du traité de Berlin, que le Times put publier à l'instant précis où il se signait.
Auteur d'une volumineuse correspondance quotidienne à cet important organe de la cité, M. de Blowitz n'a fait paraître qu'un petit nombre de volumes ; on doit citer de lui : Feuilles volantes (188=^) ; L'Allemagne et la Provence, ouvrage paru d'abord dans le Correspondant en 1869 et qui fut couronné par le Congrès scientifique d'Aix ; le Mariage royal (1878); Une Course à Constaniinople (1884) ; Souvenirs (1890), qui relatent l'histoire de sa vie jusqu'à cette époque.
On annonce comme prochaine la publication d'un choix de sa correspondance au Times (1871 à 1897), ouvrage préparé en vue de répondre aux nombreuses critiques dont ce publiciste a été l'objet durant sa longue et active carrière.
Promu officier de la Légion d'honneur en 1878, M. de Blowitz est en outre officier de l'Instruction publique, grand'croix d'Isabelle la Catholique, grand officier des Saints Maurice et Lazare d'Italie, du Medjidié, de Pie ix, de l'Eléphant de Siam, du Lion et du Soleil de Perse, etc.
JVinSCflRT (Eleuthère-Elie-lSlieolas)
iij^J^HVsiciEN, membre de l'Institut, né à Qua- '^ ^^ rouble (Xordi le 20 février 1837. II fit ses études classiques au lycée de Valenciennes. Ses diplômes obtenus, M. Mascart devint répétiteur aux lycées de Lille (1856) et de Douai i8s7-i8s8i. Admis, en cette même année i8s8, à l'Ecole Normale supérieure, il en sortit, avec le numéro un, agrégé des sciences physiques en 1861 ; tout en restant attaché à l'Ecole en qualité de préparateur d'histoire naturelle, il prit le grade de docteur (1864), avec une thèse intitulée: Recherches sur le spectre solaire ultra-violet et la détermination des longueurs d'onde.
Devenu professeur au Ivcée de Metz (1864), puis au collège Chaptal, à Paris, et enfin au lycée de Versailles, M. Mascart fut appelé, en 1868, à suppléer le professeur V. Regnault dans la chaire de physique au collège de France. Le 2s mai 1875, il devenait titulaire de cette chaire ; c'était, à ce moment, le plus jeune des professeurs de cette institution.
Sous-directeur de la fabrique de capsules de chassepots de Bayonne pendant la guerre franco-allemande, il reçut, pour cet objet, la croi.x de chevalier de la Légion d'honneur le 12 mars 1871.
En 1878. lors de la création du Bureau central Météorologique, M. Mascart fut nommé directeur de cet établissement, qu'il n'a point quitté depuis cette époque.
Elu membre de l'Académie des Sciences, le i=j décembre 1884, en remplacement dejamin devenu secrétaire perpétuel, il a été nommé membre de plusieurs sociétés étrangères, en particulier de l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, d'Upsal et de la Société royale de Londres.
II a présidé, à l'E.vposition universelle de 1889, le comité technique d'électricité, le jury de la classe 62 (Electricité) et le Congrès international d'électricité; il préside le groupe ^ (Electricité) de l'Exposition universelle de 1900.
A plusieurs reprises, M. Mascart a été président de la Société française de physique, de la Société internationale des électriciens, de la Société Météorologique de France, de la Société d'Encouragement à l'Industrie nationale. Il est actuellement président du Comité consultatif des Arts et .NIanufactures et de la Commission des inventions intéressant les armées de terre et de mer.
Les travaux scientifiques de M. Mascart ont eu
surtout pour objet des questions d'optique, d'é.ectricité et de magnétisme terrestre. C'est sous sa direction qu'ont été installés, à l'Observatoire du parc Saint-Maur, les appareils enregistreurs de l'électricité, du magnétisme et des courants telluriques.
A citer, parmi les ouvrages de M. Mascart, et en dehors des ouvrages classiques et des mémoires insérés dans divers recueils : Traite' d'Electricité statique {2 vol., 1876, traduit en allemand) ; Leçons sur l'Electricité et le Magnétisme terrestre, en collaboration avec M. Joubert (2 vol., 1882, traduit en anglais) ; une seconde édition de M. Mascart (2 vol., 1896-1897); Traité d'Optigne (3 vol., 1889-1897), etc.
M. Mascart est commandeur de la Légion d'honneur depuis 1889 î '1 ^st officier de l'Instruction publique, grand-croix de la Couronne d'Italie, etc.
HflOliON (Séraphin-Henri)
FNATEUR, né à Charlas (Haute-Garonne) le 29 octobre 1822. Ses études faites au collège de Saint-Gaudens, il seconda son père, négociant-commissionnaire, dans la direction d'une maison de commerce à Bayonne, lui succéda en 1850 et se retira des affaires en 1S76.
M. Haulon a été successivement conseiller municipal (i870-i897),puis maire de Bayonne (1880-1884), année où, réélu à ce poste, il en démissionna ; conseiller général des Basses-Pyrénées pour le canton nord-est de Bayonne (1880-1892), il fut, dans l'assemblée départementale, à plusieurs reprises, président et rapporteur de la Commission des finances. Il a été, d'autre part, administrateur de la Banque de France à Bayonne, du lycée et de l'hôpital et directeur de la Caisse d'épargne de cette ville ; membre et président de la Commission départementale ; juge, puis président du Tribunal de commerce pendant 18 ans.
Sollicité par les comités républicains de la i'' circonscription de Bayonne de poser sa candidature aux élections générales législatives de 1889, il fut élu député par 4,883 voix contre 3,828 à M. de Laborde- Noguez, conservateur.
M. Haulon siégea peu de temps au Palais-Bourbon; à la mort de M. Plantié, sénateur des Basses- Pyrénées, en 1890, il se vit attribuer le siège de ce dernier, par 727 voix contre 272 à M. Goyanèche, • candidat conservateur ; il fut réélu en 1891 , par 72s voix sur 1,008 votants.
Républicain progressiste et libre-échangiste, M. Haulon appartient à la Gauche républicaine et à
l'Union républicaine de la Haute-Assemblée. Il est membre des commissions permanentes des Chemins de fer et de la Marine et s'occupe surtout des questions d'intérêt local ou agricole.
L'honorable sénateur a été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1885.
THiViEfî (Eugène)
fcuLPTEUR-ST.\TUAiRE,néà Parisle II octobre 184'^. Entré, dès 1862, à l'Ecole nationale des Beaux- Arts, où il fut l'élève de Dumont, il envoya pour la première fois au Salon des Champs- Elysées, en 1867, une œuvre qui fut très remarquée : Mclciigre mourant.
M. Eugène Thivier a exposé par la suite au Salon des Artistes français : Scila célébrant la victoire de son père Josué, figure égyptienne pleine de mouvement et de caractère ; la Jeunesse de Bacchus (1867); Paris (1869); Danseuse du ballet de « Faust » (1870); Pierrot musicien, qui eut un grand succès (187s) ; Chienne race Saint-Germain, d'une anatomie scrupuleusement étudiée {1876); Locuste préparant le poison qui fit périr Claude et Germanicus {1878); Marguerite de Navarre, buste d'un grand caractère (1879); Arabe, buste (1883); V Oracle d'amour (188=;^; Un croyant [Ku=,ûe), statue plâtre (1886) ; Psyché sommeille,gi-acie\ixgvoupeplàtre{iSS-]); Serment d'amour, groupe plâtre {188S); Amphitrite, statut, d'une exécution parfaite (au musée d'Orléans, 1889); la Délaissée, statue plâtre (1890); le Passant, personnification d'une œuvre de M. François Coppée, exécuté en plâtre (1891), puis en marbre (1892), médaillé au Salon des Champs-Elysées, acquis par l'Etat et placé au théâtre de l'Odéon; Un chien, statue bronze, trois fois médaillée en province; le Cauchemar, statue plâtre (1893), d'une saisissante puissance, au musée de Pont-de- ■Vaux;la précédente statue exécutée en marbre (1894); l'Espoir de la Patrie, statue plâtre ; Buste de femme (1895); Madame Val... Th..., buste marbre (1896); le Printemps de la V7t% groupe plâtre de quatre personnages (1897); M. Julien Lavollée, buste marbre; Charmeuse égyptienne (1898); Cendrillon, statue plâtre et la Charmeuse égyptienne en njarbre (1899). Il est aussi l'auteur de nombreux bustes et de jolies statuettes en différentes matières.
Artiste très éclectique, doué d'un talent fort et souple à la fois, il a traité avec un égal bonheur, les sujets mythologiques et les sujets modernes.
Titulaire de nombreuses récompenses, notamment
à Amiens, Angers, Rennes, etc. et à Paris, d'une mention honorable en 1X87 et d'une médaille de 3" classe en 1892, M. Eugène Thivier est sociétaire de la Société des Artistes français et ancien membre de la Commission des richesses d'art de Seine-et-Oise.
flliLiOJWBEf^T (ppaneisque)
iTTÉRATEUR, publicjste, député, né à Cer-
dori (.\in) le 11 mars 18O0. Appartenant à
une famille originaire de ce département, il
fit ses études classiques à Bourg et à Lyon,
puis il vint â Paris pour faire ses études de droit.
Tourné de bonne heure vers les lettres, M. Francisque Allombert collabora, dès 1882, à l'Electeur Réptiblicain, où il rédigea les articles de fond. Il écrivit aussi à la Nouvelle Presse, sous le pseudonyme de Paul Armand, et au Supplément littéraire du Figaro.
En 1883, M. Allombert donna au Radical un roman : le Crime des Pères; puis il publia au Petit Parisien : Laure Chastel, étude qui parut ensuite en librairie sous ce titre : l'Amant de sa femme. On connaît encore de lui : Colibri, au Petit Parisien (1890), roman qui obtint alors un grand succès et, dans le même journal, la Dette d'une Morte (1892), émouvant drame populaire. Entre temps, M. Allombert, en collaboration avec son ami Tony Révillon, écrivit un drame qui s'appela d'abord Madame Tallicn et puis Robespierre. Il en fut question dans les journaux, qui en annoncèrent la lecture; mais les incidents de Thermidor en empêchèrent la représentation. Appelé, en 1893,3 Bourg, pour prendre la direction politique du Courrier de l'Ain, organe quotidien, auquel il sut donner une grande extension,- M. Allombert devint, en 1896, propriétaire de l'imprimerie de ce journal, une des plus importantes de la région et dont la création remonte à 1820.
Sollicité, à la mort de M. Carrier, député de l'Ain, de se porter à la succession de ce dernier, dans l'arrondissement de Nantua, il fut élu au 2^ tour de scrutin, contre M. Philippon, ancien député, le 13 novembre 1898.
Républicain indépendant, mais nettement progressiste, M. Allombert demandait dansson programme: ' la refonte du système administratif, le rétablissement du scrutin de liste avec diminution du nombre des députés, une décentralisation aussi large que possible, nue politique d'économie, etc.
IiflBICHE (Emile-Chafles-Didier)
fÉKATEUR, né à Béville-le-Comte (Eure-et-Loir) le 2=, novembre 1827. Il fit à Paris ses études de droit et fut reçu docteur en 1S52. Il s'inscrivit alors au barreau et fut secrétaire de Marie, l'ancien membredu Gouvernement provisoire.
Propriétaire en Eure-et-Loir, M. Emile Labiche délaissa bientôt sa profession d'avocat pour s'occuper de politique dans ce département. Candidat de l'opposition républicaine aux élections législatives, en 1863, il échoua contre le candidat du gouvernement. En 1869, il se présenta de nouveau dans les mêmes conditions et fut battu de même. Cependant, il avait été nommé en 1S64, conseiller général pour le canton d'Auneau. 11 fut l'un des signataires du programme de Nancy qui réunissait les adhésions de tous les adversaires libéraux du régime impérial.
Après le 4 septembre 1870, le gouvernement de la défense nationale nomma M. Labiche préfet d'Eureet-Loir. Malgré qu'il ne fut point éligible, puisqu'il était préfet du département, il crut devoir se porter candidat à l'Assemblée nationale le 8 février 1871 ; mais il n'obtint que 21,797 voix sur 54, 301 votants.
Lorsque M. Thiers eut formé son premier ministère, .\1. Labiche fut appelé, par Ernest Picard, aux fonctions de secrétaire général du ministère de l'Intérieur, qu'il remplit d'abord à Paris, puis à Versailles; il donna sa démission lors de la retraite de Picard.
En 1872, M. Labicke était inscrit sur la liste des candidats au Conseil d'Etat que l'Assemblée nationale était appelée à élire ; mais il ne fut pas nommé.
L'année précédente, il avaitété élu à nouveau membre du Conseil général d'Eure-et-Loir. Il s'était déclaré ivorable à l'établissement définitif de la Républii|iie et ses collègues l'avaient choisi comme président. Demeuré, depuis cette époque, à ce poste, il est le plus ancien président des conseils généraux de l'rance.
En 1876, M. Emile Labiche tut élu sénateur par 309 voix sur 487. II siégea à la Gauche républicaine, vota
'ntre la dissolution de la Chambre (1877K fut membre i rapporteur de plusieurs commissions, notamment de celle relative au projet de nouveau code rural, dont il est l'auteur et prit part à de nombreuses discussions, principalement dans les questions de travaux publics, de finances et agricoles. II fit insérer dans la loi municipale le principe de la publicité des séances des Conseils municipaux (1884). En 1881 et 1882, il avait été secrétaire du Sénat.
Réélu, le 2!j janvier 1885, par 502 voix sur 723 votants; puis, le 7 janvier 1894, parées sur 733, l'honorable sénateur d'Eure-et-Loir vota, en 1886, contre l'expulsion des princes; proposa, en 1888, une loi sur les chemins départementaux et vicinaux, s'intéressa aux mêmes discussions que par le passé , déposa et soutint encore de nombreux rapports sur les mêmes questions; il demanda, en 1889, au gouvernement d'ajourner dans certains cas la laïcisation des écoles et combattit à plusieurs reprises la politique d'expansion coloniale.
M. E. Labiche a été président du groupe parlementaire français aux Congrès de la paix de Rome en 1891, et de Berne en 1892. Il est membre du Conseil supérieur de l'Agriculture, du Conseil supérieur de l'Assistance publique, président de la Commission administrative de l'Institution des jeunes aveugles, membre du Conseil académique de Paris et officier de l'Instruction publique.
LtEYGUE (Rayrnond-Emile)
^^2^& I PL-TÉ, né à Saint-Orens de Gameville (Haute- ^ " ' Garonne) le 11 avril i8so. II fit ses études
classiques dans une école préparatoire à la
marine, à Paris.
Reçu capitaine au long cours, en 1875, après avoir navigué comme pilotin, lieutenant, etc., pendant cinq ans, M. Raymond Leygue abandonna, en 1878,13 carrière maritime pour se consacrer entièrement à la politique.
Nommé conseiller municipal de Toulouse, en
1880, il fut adjoint au maire en 1882 et quitta l'assemblée communale en 1890. II avait été nommé, en
1881, conseiller général du département de la Haute- Garonne, pour le canton de Toulouse-Sud.
Porté comme candidat radical socialiste, à l'élection partielle législative du 9 mars 1890, dans la i" circonscription de Toulouse et pour le remplacement de M. Constans, nommé sénateur, M. Raymond Leygue avait, comme concurrent, M. Rességuier, opportuniste, directeur de la verrerie de Carmaux. Elu au 2" tour de scrutin, il fut, lors des élections générales du 20 août 1893, de nouveau investi du mandat de député, au i" tour, par 6,746 suffrages, contre 4,35s donnés à M. Latapie, républicain modéré, publiciste. Les élections de Toulouse donnèrent lieu à de nombreuses réclamations ; mais celle de la i" circonscription ne fut pas contestée.
Il fut encore réélu en 1898 par 9,695 voix, contre 6,223 à deux concurrents.
Au Palais-Bourbon, M. Raymond Leygue a été membre de diverses commissions, notamment de celle des contrats de louage dont il fut nommé rapporteur en 1893 et de la Commission de la Marine. Il appartient au groupe radical socialiste.
iJtEVGOE (Hono^é-JVIafie-Casimip)
ÉPUTÉ, frère du précédent, né à Toulouse le 9 Wi&m juillet i8s6. 11 fit ses études au lycée de sa ville natale, puis entra à l'Ecole polytechnique en 187=) et en sortit sous-lieutenant, à Fontainebleau, en 1877. Envoyé en cette qualité au 14' régiment d'artillerie à Tarbes en 1S79, il démisionna l'année suivante et se consacra, comme ingénieur civil, à des travaux divers.
En 1881, M. Honoré Leygue entra dans l'administration, comme sous-préfet de Bourganeuf (Creuse). Il occupa successivement la même fonction à Sisteron (Basses-Alpes) en 1886, à Moissac (Tarn-et-Garonne) en 1888 et fut mis en disponibilité sur sa demande en
M. Honoré Leygue se retira dès lors dans la Haute- Garonne, au Fauga, où il s'occupa d'agriculture et de viticulture. Conseiller municipal, puis maire de cette commune depuis i8(:)6, il fut porté sur la liste radicale de ce département au renouvellement sénatorial du i" janvier 1897; au 3" tour de scrutin, il se désista en faveur de M. de Rémusat père, qui fut proclamé élu, empêchant ainsi la nomination de VI. Constans, que le Sénat admit cependant au Luxembourg, après le décès de son concurrent, comme ayant eu, au 2" tour, un nombre suffisant de voix.
Au renouvellement général législatif du 8 mai 1898, M. Honoré Leygue fut élu député de la circonscription de Muret (Haute-Garonne), par 12, =^00 voix contre 9,800 à M. Pierre de Rémusat, fils du précédent et député sortant. Radical socialiste en politique et protectionniste en économie sociale , l'honorable député de la Haute-Garonne fait partie des groupes radical -socialiste, démocratique et agricole de la Chambre. Très versé et compétent dans les questions
juridiques, financières etadministratives, il est membre des commissions relatives à l'agiotage, à la modification de l'article 419 du Code pénal, au règlement des budgets et de celle de la Marine.
Il a été nommé conseiller général pour le canton de Muret (Haute-Garonne) en 1898, battant le con-
seiller sortant conservateur, M. Niel, petit-neveu du maréchal.
lia POf^TE (Jean-f^ogep-fltnédée de)
.'i^^j^^ ÉPUTÉ, ancien sous-sécrétaire d'Etat, né à Niort (Deux-Sèvres) le 20 juin 1848. Fils du directeur de l'Enregistrement de cette ville, -il y fit de brillantes études et obtint, en 1865, le premier prix de philosophie au concours académique. Après avoir fait son droit à la Faculté de Paris, il fut inscrit au barreau de la capitale de 1869 à 1873. Pendant la guerre de 1870, capitaine des mobiles des Deux-Sèvres, il prit part aux campagnes des Vosges et de la Loire.
Nommé auditeur au Conseil d'Etat dans le courant de 1873, M. de la Porte fut choisi comme chef de cabinet par M. Christophle, ministre des Travaux publics (mars 1876). Il fut élu, la même année, conseiller général des Deux-Sèvres pour le 2' canton de Niort et conserva ce mandat jusqu'en 1889. Elu député de la 2" circonscription de Niort, le 14 octobre 1877, par 6,999 voix contre 6,483 au baron Petiet, conservateur, M. de la Porte se fit inscrire aux groupes de la Gauche et de l'Union républicaines. Auteur et rapporteur de la proposition de loi sur le rachat des ponts à péage, qui fut votée à l'unanimité à la Chambre et au Sénat, il s'adonna tout particulièrement aux questions relatives aux grands travaux publics, aux chemins de f^r, aux voies de navigation. Pendant cette période il vota la mise en accusation des ministres du 16 mai, la loi contre les congrégations, l'amnistie des condamnés politiques, les lois Ferry sur l'enseignement, etc.
Aux élections du 21 août 1881, il fut de nouveau élu contre M. A. Petiet, par 7.828 voix sur 12,981 votants. Il fut choisi, en 188^, comme secrétaire du groupe de l'Union républicaine.
Nommé en 1882, administrateur des Chemins de fer de l'Etat, il donna sa démission l'année suivante, pour combattre les conventions avec les grandes compagnies de chemins de fer, dans la commission et à la tribune. Rapporteur de plusieurs projets de loi sur les travaux publics, il se montra opposé aux expéditions coloniales et vota l'expulsion des princes, ainsi que le rétablissement du divorce.
Candidat de la concentration républicaine en 1885, M. de la Porte vint en tête de la liste des Deux- Sèvres, avec 42,772 voix sur 85,385 votants ; il prit place à la Gauche radicale. Appelé au sous-secréta-
riat d'Etat de la Marine et des Colonies, le 7 janvier 1886, il suivit dans leur retraite ses collègues devenus démissionnaires à la suite du vote delà Chambre sur le traitement du sous-secrétaire d'Etat des Finances, qui n'avait été maintenu qu'à une majorité jugée insuffisante par le titulaire de ce sous-secrétai'iat.
Le cabinet de Freycinet ayant, sur ces entrefaites, donné sa démission, M. de la Porte reprit ses fonctions dans le cabinet nouveau, présidé par M. René Goblet (II décembre 1S86) et les conserva jusqu'à la chute de ce ministère (17 mai 1887).
Lors de la discussion provoquée par l'attitude du Conseil municipal de Paris, au moment de l'élection du président de la République séance du 16 janvier 1888), M. de la Porte, de concert avec les radicaux, fit voter un ordre du jour par lequel la Chambre déclarait attendre la discussion du projet de loi spécial sur l'organisation municipale de Paris et accorder, en attendant, sa confiance au gouvernement.
Dans le courant de février i888, M. Félix Faure ayant démissionné de ses fonctions de sous-secrétaire d'Etat aux Colonies, à la suite d'un vote sur les crédits pour le Tonkin, M. de la Porte reprit pour la troisième fois le même poste et s'y maintint lorsque fut formé le ministère Floquet. On lui doit deux décrets fort importants : le premier réduisant les cadres du personnel de l'administration supérieure; le second faisant cesser la confusion des budgets de nos colonies d'Indo-Chine. Divers conflits entre le sous-secrétaire aux Colonies et M. Constans, alors gouverneur de l'Indo-Chine, s'élevèrent pendant cette période, notamment à propos de l'autorisation accordée au ". Jeu de ^56 bétes/-. M. de la Porte démissionna le 4 mars 1889.
Comme député, il se montra l'adversaire de l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution ; il s'abstint au vote sur le rétablissement du scrutin de liste et sur les poursuites contre le général Boulanger. Au renouvellement général législatif de 1889, il échoua dans la 1° circonscription de Niort avec 5,618 voix centre 6,861, à M. Pontois, boulangiste.
Réélu en 1893, par 6,137 voix contre 3,845 à M. de A'allée, révisionniste, et 2,222 à .\1. Pontois député sortant, il prit une part active aux discussions de la Chambre, notamment, en 1894, pour combattre la thèse de .\1. Jonnart, ministre des Travaux publics, qui contestait aux employés des Chemins de fer de l'Etat le droit d'user de la loi de 1884 sur les syndicats professionnels; cette intervention fut suivie d'un vote qui amena la chute du cabinet Casimir-Périer.
Il rédigea et lut à la tribune la protestation d'un grand nombre de députés de la gauche contre le projet de loi présenté par le cabinet Dupuy à la suite de l'attentat de Lyon (juin 1894) et présenta {mars 1896) une motion de blâme contre le ministre, auteur des conventions de 1883 avec les compagnies de chemins de fer. 11 fut, durant cette législature, membreet vice-présidentdu groupe delà Gauche démocratique, rapporteur du budget de la Guerre en novembre 189s et membre des commissions de la Marine et des Colonies.
Réélu, le 8 mai 1898, dans la même circonscription, par 7,292 voix contre 3,218 à M. Toutant. opportuniste et 2,200 à M. Spronck, M. de la Porte fut appelé à la présidence du groupe de la Gauche démocratique. Membre et vice-président de la Commission du Budget, il fut l'un des quinze signataires de la protestation contre le projet de loi de désaisissement de la Chambre criminelle présenté par M. Lebret, garde des Sceaux, en février 1899 et voté par les Chambres.
M. de La Porte fut élu, cette même année, conseiller général des Deux-Sèvres pour le canton deFrontenay.
11 est gendre de M. AUain Targé, ancien ministre.
THOMHSSET (f^ené-Edmond)
f'icE-.AMiR.\L , né à Rennes (Ille-et-'Vilaine) le 2 novembre 1819. Il accomplit ses études dans sa ville natale. Entré à l'école navale .^r-? en 183s, il fut nommé aspirant de seconde classe en 1837, aspirant de première classe en 1839 et enseigne de vaisseau en 1841.
La campagne de guerre de Tahiti, à laquelle M.'Fhomasset prit une part valeureuse, lui valut d'être promu chevalier de la Légion d'honneur en 1847.
En 1848, le jeune officier devint lieutenant de vaisseau. Il suivit, en 1855, la campagne de Crimée et fut nommé, pour faits d'armes, capitaine de frégate, second de l'Ecole navale. Lorsque survint l'expédition du Mexique, il y participa et passa capitaine de vaisseau (1862). De retour en France, le capitaine Thomasset reçut, en 1866, le commandement du Borda, le vaisseau-école où il avait été jadis élève.
Au siège de Paris, où la marine dût prêter son concours à l'armée, .M. Thomasset commanda la flottille de la Seine. Nommé contre-amiral en 1871, il commanda la station du Nord-Amérique aux Antilles (1873-1875) et devint vice-amiral en 1877. Après
avoir, avec ce grade, administré la préfecture maritime de Rochefort, appartenu au Conseil de l'amirauté (1878) et commandé en chef l'escadre du Nord (1880), il fut mis à la retraite en 1884.
M. l'amiral Thomasset a été, pendant plus de douze années, président de la Société des études coloniales et maritimes ; il est président de la Société civile de « Paris port de mer», à laquelle sa science et son activité prêtent un précieux concours.
Nommé grand officier de la Légion d'honneur en 1886, il devint grand croix en 1890 et fut membre du Conseil de l'ordre pendant plusieurs années; il est, en outre, officier de l'Instruction publique depuis
UBO\JZOJi^UB''lD\iC (Claude-Henpy)
CRivAiN, homme politique et avocat, né à Paris le 11 octobre i86o.
Fils de Louis-Antoine Léouzon-le-Duc, écrivain et voyageur, qui publia des ouvrages remarqués sur la Rusgie et traduisit pour la première fois en français le Kalevala, épopée finnoise (181 s- 1889), il fit ses études de droit à Paris, suivit les cours de l'Ecole des Sciences politiques, se fit inscrire au barreau de la Cour'd'appel en 188^, puis au stage de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat, et fut secrétaire de MM. Brugnon et Arbelet, avocats au Conseil. Il est devenu l'avocat de diverses sociétés.
Ecrivain, M. Léouzon-le-Duc, de très bonne heure, appela sur lui l'attention. Dès 1880, M. Jules Simon présentait à l'Académie des Sciences morales et politiques une étude dé lui sur la Fortune du cierge an XVlll" siècle. Ensuite il publia dans le Figaro, sur diverses questions, des articles appréciés. Il collabora encore au Journal des Economistes, à la Revue historique du droit français (avec l'Origine de l'hospitalité' sous les Burgundes au V siècle), aux Annales de l'Ecole des Sciences politiques, où il donna un important travail sur les Origines du Budget des Cultes, en 1888, et à la Revue de Paris.
M. Claude Léouzon-le-Duc se présenta, en 1889, comme candidat révisionniste, à la députation, dans l'arrondissement de Rochechouart (Haute-'Vienne) et fut élu par 5,766 voix contre 5,167 à M. Godet, député sortant. Invalidé, après avoir prononcé à la tribune parlementaire un retentissant discours, il échoua aux élections suivantes contre un nouveau candidat, M. Puyboyer.
En 1893, désigné par le comité républicain de Saint- Malo, il posa une nouvelle candidature dans la première circonscription de cet arrondissement contre M. Brune, également républicain ; il obtint, après dix jours de campagne électorale, 3,277 voix contre 7,513 à son concurrent élu.
Depuis, M. Léouzon-le-Duc, qui avait collaboré à la Presse en 1890, donna des articles politiques au Figaro. En 1896, il prit la direction du Pafis, grand organe républicain du soir et y réunit une élite d'écrivains littérairesetpolitiques, telsqueMM. Ranc, Descubes, Millerand, Lenglé, Pelletan, Fournière, Georges Poignant, Henri Céard, Montorgueil, Talmeyr, Clovis Hugues, Bernard Lazare, Escudier, etc. lia un organe dans le département d'llle-et-"Villaine, le Démocrate Malouin, journal républicain. Il a collaboré aussi au GH Blas.
Il est membre de la Société d'Economie politique.
fiEflUVAIS (Liéontine)
^^'RTiSTE chorégraphique, née à Paris. Elle en- [^^=^1 tra, dès l'âge de six ans et sur les conseils des médecins qui lui ordonnaient la gymnastique, dans la classe de danse de l'Opéra et y eut successivement pour professeurs, M"" et M"'° Théodore, M"'' et M. Vasquez.
M"" Léontine Beauvais concourut ensuite aux examens d'entrée au Conservatoire pour le piano et fut reçue. Elève de hV"' Cheni, d'abord, puis de M. Duvernois, elle remporta une première médaille et un premier accessit; mais, à sa sortie, elle se consacra définitivement à l'art chorégraphique et elle est devenue l'un des premiers sujets de l'Académie n.ntionale de musique.
M"° Beauvais, à l'Opéra a dansé dans tous les ballets du répertoire; elle s'est surtout faite remarquer dans le Prophète, Faust, Don Juaii, Roméo et Juliette, Tannhaiiscr, la Burgonde, etc.
Cette artiste a créé les danses anciennes aux Concerts de l'Opéra; elle fut appelée à les interpréter, à Versailles, devant l'empereur de Russie, lors de son séjour en France (18961. Elle fit partie, en 1898, de l'excursion aux gorges du Tarn et de la tournée des fêtes entreprises et réalisées par les '< Cadets de Gascogne. »
WiCKHAMiGeopges-Philippe-dohnson)
'HiLAXTHROi'E, administrateur, né à Paris le II juin 1851. Fils d'un anglais, John ^5^(9 Wickham, mécanicien-inventeur de grand ^^Sr mérite, qui vint à Paris fonder en 1814 un cabinet de chirurgie herniaire, M. Georges Wickham se destina à la même carrière et mena de front les études de médecme et de mécanique spéciales. Sous sa direction, son cabinet prit une importance considérable et, après avoir obtenu de nombreuses récompenses aûx diverses expositions, il devint membre des différents jurys depuis 1889. Il est aussi membre du comité d'admission à l'Exposition universelle de 1900.
M. Wickham prit une part active à la création delà Chambre syndicale des instruments et appareils de l'art médical, dont il est depuis longtemps le président et dont il a écrit d'ailleurs l'historique. Depuis 1892, sous son impulsion, un enseignement professionnel de prothèse et d'orthopédie, qui manquait absolument, a été créé de toutes pièces.
En i8=ii, M. Wickham se fit naturaliser français et se montra, dès lors, l'adversaire ardent de l'Empire. Il fut, en 1879, nommé adjoint aj maire du deuxième arrondissement.
Préoccupé des questions d'enseignement, à une époque où cette cause n'était guère en faveur, il créa avec Jean Macé, le Cercle Parisien, puis la Ligue française de l'enseignement, dont il fut trésorier dès l'origine. Il fonda ensuite, avec M. Froger, ancien gouverneur de Diégo-Suarez, la Société française de colonisation, qui rendit àson heure degrands services.
Les questions d'assistance le préoccupant également. M. \\'ickham fut choisi comme président de la Société Protestante du Travail ou placement gratuit sans distinction de culte, vice-président de la Société protestante de Prévoyance et de Secours .Mutuels de Paris, président du conseil d'administration de la caisse d'assurances mutuelles des Chair.bres syndicales contre les accidents du travail, etc. Son activité est bien connue et les œuvres philanthropiques auxquelles il consacre son temps et son concours généreux sont fort nombreuses.
M. Wickham est titulaire de la grande médaille d'or du ministère de l'Intérieur, chevalier de la Légion d'honneur depuis 1887, officier de l'Instruction publique, commandeur ou grand croix de divers ordres étrangers, etc.
DEJVTESSE (HenPi)
OM.wciER, publiciste, né à Dijon (Côte-d'Or) le 14 août 1854. Il commença ses études à Dijon et les termina à Paris. Il fut d'abord employé de banque; mais ses goûts le portant vers les lettres, il entra bientôt à la Galette, journal fondé par Alfred d'Aunay, qui avait été l'un des meilleurs collaborateurs de Villemessant au Figaro. Il collabora ensuite à la. Liberté, au Nain jaune, au Vrai, à V Eclipse, à l'Estafette (où il fut chargé de la chronique quotidienne de l'Exposition de 1878), puis à différentes revues d'art^ telles que la Galerie contemporaine^ les Grands peintres Français et Etrangers, le Musée pour tous, l'Exposition des Beaux-Arts, et les Chefs-d'œuvre d'Art au Luxembourg. Dans l'ouvrage intitulé : les Animaux che^ eux. illustré d'eaux-fortes d'Auguste Lançon, il publia deux importantes études : le Lion et VOrang - Outang. Sous le pseudonyme de Monocle, il publia des chroniques au Clairon ; il collabora aussi au Gaulois et au Matin et donna des nouvelles au Journal Illustre'. Dès 1879, M. Henri Demesse avait publié des romans; à partir de 1884, i' renonça au journalisme pour s'adonner exclusivement à cette forme de production littéraire. On cite de lui : Le Vin, le jeu, les Femmes (1879); les Récits du père Lalouettc{i8So); Gant de Fer (1883); Un Martyre et les Vices de Monsieur Benoit,remarquable étude de mœurs (1884); la Petite Dufresnoy {1885).
A ce moment, M. Demesse se consacra entièrement au genre populaire. Il fit paraître ainsi : le Drame des Charmcttes ; la Fiancée du condamné ; Monsieur Octave et le Stigmate rouge, roman en deux épisodes ; la Vénus de bronze ; les Mères rivales, l'Affaire Lcbel ; les Trois Duchesses et Titi Carabi, roman en deux épisodes; la Vicomtesse Marguerite et Margot la Bouquetière, roman en deux épisodes; le Collier de la Morte; le Maréchal Ferrant; Fille Pauvre ; le Trèfle d'Or ; la Petite Orpheline, l'Oncle Joscf, le Vicomte de Ccrny, roman en trois épisodes; Petite Fi fi; la Jeune Veuve; la Dame Blonde; la Fleuriste des Halles; Marguerite de Bourgogne, intéressante reconstitution du xiii" siècle, dans laquelle cet écrivain anime les figures de Philippe le Bel, Enguerrand de .Vlarigny, etc. M. Henri Demesse a publié encore deux volumes destinés à la jeunesse : la Journée d'un Enfant, illustré par Adrien .Marie, et Zi^i. histoire d'un moineau de Paris, illustré par Albert Bertrand ; il a fait jouer trois drames tirés de ses romans et portant les mêmes titres : le Drame des
Charmettes, les Mères Rivales, et le M are'chal- Ferrant, pièce dont l'acteurTaillade créa le principal rôle.
En faisant du journalisme, écrit un critique de ce romancier, il arriva à cette précision du style qui fait le charme de ses romans. A une sensibilité émue, M. Demesse joint le don de robservation. Ses personnages sont sympathiques ou anthipathiques, mais bien campés, bien en vie dans le développement de l'affabulation, car l'imagination, dans ses romans, est admirablement secondée par une vue très nette de l'existence et. par conséquent, éloignée de toute exagération.
Membre suppléant du comité de la Société des Gens de Lettres en 1888, puis membre titulaire en 1889, pour trois ans, et réélu pour d'autres périodes de trois ans en 1899 et en 1897, M. Demesse a été nommé vice-président de cette société (1898-1899).
Cet écrivain est officier de l'Instruction publique et décoré de divers ordres étrangers.
DESCHflNELi
(Emile-fluguste-Etienne).
(•ÉNATEUR, littérateur et professeur, né à Paris le 14 novembre 1819. 11 fut un brillant élève du 1»," -i lycée Louis-le-Grand, entra en 1839 à l'Ecole c//^' normale supérieure et en sortit eu 1842.
Nommé professeurderhétoriqueàBourges, il revint bientôt en la même qualité à Paris, et devint maitre de conférences à l'Ecole normale. 11 collabora à la Revue des Deux-Mondes, à la Revue indépendante, au National, à la Liberté' de penser. Une série d'articles de philosophie sociale, parue en 1850 dans cette dernière publication, en réponse à un discours de Montalembert et intitulée : Catholicisme et Socialistne le fit citer devant le Conseil de l'Instruction publique, et il fut suspendu de ses fonctions.
Sa résistance, dans la presse républicaine, au coup d'Etat, valut, en i8=ji, à M.Emile Deschanel, la prison et l'exil. Réfugié à Bruxelles, il y fonda, ainsi que dans les principales villes de la Belgique, des conférences publiques qui donnèrent une vive impulsion au mouvement intellectuel dans ce pays. Mctor Hugo, qui avait été le premier à applaudir à l'initiative du proscrit, a écrit dans son Histoire d'un Crime :
L'éloquent et courageux proscrit, Emile Deschanel, a créé à Bruxelles, avec un rare talent de parole, une nouvelle forme d'enseignement public, les conférences. C'est à lui que revient l'honneur de cette fondation si féconde et si utile.
D'autre part, il dit encore :
La parole éloquente, sincère et ardente de Deschanel ranimait le courage des proscrits et leur apportait le souvenir de la patrie, de la République.
Rentré en France en 18^9, à l'amnistie, il prit au Journal des Débats la place d'Hippolyte Rigault. Il contribua à la fondation des conférences de la rue de la Paix, transportées plus tard à l'Athénée et boulevard des Capucines, et poursuivit, en France et à l'étranger, l'œuvre de propagande littéraire etlibérale qu'il avait inaugurée durant ses neuf années d'exil.
Entré au National en 1869, il y resta jusqu'à ce ce qu'il fut élu député de la circonscription de Courbevoie, le 20 février 1876, au 2" tour, et par 3,911 voix sur 8,000 votants. A la Chambre, M. Emile Deschanel prit place à gauche; il fut réélu avec les 363, le 14 octobre 1877. La discussion de la loi sur l'enseignement supérieur, en 1879. lui donna l'occasion de prononcer l'un de ses discours les plus applaudis.
Nommé, le 2=, janvier 1881, professeur de littérature française moderne au Collège de France, M. Deschanel dût se démettre de son mandat législatif pour se représenter devant ses électeurs ; il échoua, le 27 février suivant, obtenant 3,288 voix contre 3,S30 à M. Roque de Fillol, élu. Le 23 juin de la même année, il était nommé sénateur inamovible par les trois groupes de gauche du Sénat, obtenant 130 voix contre 113 à son ancien maitre, M. Vacherot.
Les principaux ouvrages de M. Emile Deschanel portent les titres suivants : les Courtisanes grecques (1854); des études sur Zc é/'<?w et le mal qu'on a dit des femmes. Le bien et le mal qu'on a dit de l'amour, Le bien et le mal qu'on a dit des enfants (1855 à 1858); Histoire de la conversation (1858); la Vie des comédiens (1863) ; Causeries de quin^^aine ; Christophe Colomb (1861) ; A pied et en wagon (1862); Physiologie des écrivains et des artistes (1864); Etudes sur Aristophane (1867); A bâtons rompus ; Mélanges moraux et littéraires (1868); Annuaire des conférences (1869); La question des femmes et la morale laïque (i8']6); Le peuple et la bourgeoisie [iSSi) ; Ben/amin Franklin (1882) ; le Romantisme des classiques : Corneille, Molière (1882); Racine (2 volumes 1884); Pascal, Larochefoucault , Bossuet (iS8s),' Théâtre de Voltaire [ï%U) ; Boileau, Perrault (i888). Il a donné en outre un grand nombre d'articles dans divers journau.x, notamment Vlndcpendance belge, sous le pseudonyme de AEi;. •
L'éminent professeur du Collège de France a refusé, assure-t-on, trois fois, la croix de la Légion d'honneur.
DESCHflNEIi (Paul-Eugène-Iiouis)
'k'i'.siDLNT de la Chambre des députés, écrivain, liis du précédent, né le 13 février 1856, à Bruxelles, pendant l'exil de son père. Il fit de brillantes études classiques à Sainte-Barbe et à Condorcet, h Paris, fut reçu licencié es lettres (187^), en droit (187=)') et devint secrétaire de M. de Marcère, ministre de l'Intérieur (1876), puis de Jules Simon, président du Conseil (1876-1877).
Sous-préfet de Dreux après le 16 mai, secrétaire général de Seine-et-Marne 1,3 mai 1879), sous-préfet de l>rest (3 décembre), de Meaux (4 avril 1881), M. Paul Deschanel démissionna pour se porter candidat, dans l'arrondissement de Dreux, aux élections du 21 août 188 1. Soutenu parGambetta, il obtint 7,469 voix, Lontre 8,684 à M. Gadineau, radical, député sortant.
Au renouvellement général législatif du 4 octobre 1885, porté sur la liste républicaine d'Eure-et-Loir, il fut renvoyé à la Chambre par 37,605 voix sur (13,940 votants. Il a été successivement réélu, dans l'arrondissement de Nogent-le-Rotrou, sans concurrent : le 22 septembre 1889, par 6,4'i8 suffrages; le 20 août 1893, avec 6,662; et le 8 mai 1898, par 6,682 voix.
Dès son premier discours à la Chambre, en 1886, le jeune député obtint un brillant succès de tribune, en défendant le droit de s francs sur les céréales. 11 traita lie nouveau le même sujet le 17 février 1887. Le 29 lésTier i88S,il prononça, sur les intérêts de la France en Orient, un autre magnifique discours, qui le plaça au premier rang de nos orateurs parlementaires et fut répandu à des milliers d'exemplaires dans la Turquie d'Asie, la Syrie et la Palestine. Le sultan, à cette occasion, le nomma grand -croix du Medjidié et grand officier de l'Osmanié.
Lors de la discussion du budget de la .Nlarine, en 1888, M. Paul Deschanel critiqua vivement les abus de cette administration et démontra l'insuftissance de notre flotte en croiseurs, éclaireurs et torpilleurs; au moment où le général Boulanger était ministre de la Guerre, il ne vota pas raffichage des discours de Celui-ci et, l'un des premiers, signala les dangers de >:i popularité.
Le 20 mai 1890, M. Deschanel combattit le projet de loi adopté par le Sénat et tendant à substituer la juridiction des tribunaux correctionnels à celle du jury, dans la répression dcsdélitsd'injureet d'outrage commis par la presse envers les fonctionnaires publics. Au mois de mai 1891, il prononça dans la discussion générale du tarif des douanes, un
discours où il exposa la politique économique de la France et, le 19 octobre suivant, dans la discussion générale du budget, il proposa tout un ensemble de réformes pour donner au budget plus d'unité et de clarté. Au mois de décembre de la même année, le gouvernement lui confia une mission officielle aux Etats-Unis.
Pendant la grève de Carmaux et après l'attentat commis au siège de la Compagnie, à Paris, M. Paul Deschanel demanda au ministère Loubet plus d'énergie dans l'application des lois et somma les radicaux de s'expliquer sur le caractère de leur alliance avec les socialistes (16 novembre 1892). Peu de temps après, M. Delahaye, député d'Indre-et-Loire, ayant dit, devant la commission d'enquête du Panama, qu'il avait eu sous les yeux une liste de iso noms de parlementaires compromis, M. Paul Deschanel, le 26 janvier 1893, le mit en demeure de parler, aux acclamations de la Chambre et, le 8 février suivant, il s'associa à la protestation de M.Godefroy Cavaignac en l'honneur de la probité politique. Au cours de l'interpellation Leydet sur la politique générale (16 février), il intervint pour prier instammentle cabinet Ribot de gouverner avec la majorité des 300 républicains qui le soutenaient de leur confiance, et non avec l'extrême gauche. Il prit aussi la parole dans l'interpellation Jaurès et Millerajid (23 novembre 1893) sur la politique générale et se fit chaleureusement applaudir par les membres de la gauche et du centre, en exposant le programme des républicains progressistes.
Dans une réponse à M. Goblet, à propos de la révision de la Constitution, le député d'Eure-et-Loir se déclara partisan de la réforme parlementaire (12 mars 1894). Lors de la discussion de la loi contre les anarchistes, M. Millerand ayant accusé la majorité républicaine de voter « sous les injonctions d'une coterie installée dans la République comme dans sa chose, pour s'y enrichir, // et M.Jaurès ayant essayé de faire rejaillir sur la majorité le souvenir de certains scandales, M. Deschanel apporta à la tribune un réquisitoire enflammé contre la politique radicale et les menées révolutionnaires. Ce discours fut suivi d'un duel avec M. Clemenceau.
.M. Paul Deschanel prononça d'autres discours aussi retentissants : contre le collectivisme (20 novembre 1894, au sujet de l'interpellation Jules Guesde sur l'annulation de délibérations du conseil municipal de Roubaix),et contre les théories socialistes, en réplique à .M. Jaurès (29 juin 189s). Prié par M. .Millerand de
s'expliquer sur sa future attitude à l'égard du cabinet radical Bourgeois, dès la formation de ce ministère (novembre iSq^), il répondit qu' «il ne ferait pas au nouveau ministère une guerre d'embuscades, que l'épreuve, tentée pour la première fois, devait se poursuivre, car elle serait décisive ».
Nommé vice-président de la Chambre en janvier 1896, M. Paul Deschanel, lors de la formation du ministère Méline 1^19 avril 1896), refusa le portefeuille des Colonies et, le jour même de son avènement, il monta à la tribune pour défendre énergiquement le nouveau cabinet, attaqué par M. Goblet. Le 23 juin 1896, dans le débat relatif à la loi sur le travail des femmes et des enfants dans les manufactures, à propos d'un amendement de MM. Jules Guesde et Vaillant en faveur de la journée de huit heures, M. Paul Deschanel, répondant à la lois à M. le comte de Mun et au.x socialistes et développant les idées qu'il avait émises à la tribune dès 1892, déclara qu'il n'était « ni avec le collectivisme, ni avec le socialisme chrétien, ni avec l'école du laissez faire «.
En octobre de la même année 1896, il entreprit une active campagne, dans le Parlement même et au dehors, contre les théories politiques ou sociales des partis avancés. Parcourant diverses régions de la France, il e.xposa, à Marseille, le programme des républicains progressistes (26 octobre) ; il se rendit ensuite à Carmaux (27 décembre), pour y combattre le socialisme, puis à Roubaix (10 avril 1897).
A la suite de l'interpellation de M. Jaurès sur la crise agricole, il fit entendre, le 10 juillet 1897, un célèbre discours contre les théories socialistes, dont la Chambre vota, par acclamation, l'affichage. Le 2 mars 1898, au banquet de l'Association du Commerce et de l'Industrie à Paris, ainsi que le 1" mai à Lyon, il défendit le programme des progressistes. Au banquet des associations coopératives ouvrières de production, qui eut lieu peu après au Salon des Familles h Saint-Mandé, il développa leur programme social.
L'éminent député d'Eure-et-Loir fut élu président de la Chambre, le 9 juin 1898, par 287 voix, contre 277 données à .\1. Henri Brisson et réélu, le 10 janvier 1899, par ^23 voix, contre 187 au même M. Brisson.
M. Paul Deschanel a collaboré à de nombreux journaux et revues de Paris, notamment au Journal des Débats, où il a produit une longue série d'articles de critique et d'histoire; à la Revue bleue, an Journal Officiel, à la Nouvelle Revue, a la Revue Je Paris, à la Revue politique et parlementaire, au Temps (études
en faveur de la décentralisation, 1894), etc. Il a publié en librairie: la Question duTonkin (i883);la Politiqu,française en Océanie (1884); les Intérêts' françai ■dans l'Océan Pacifique (1886), ouvrages couronnés par la Société de géographie commerciale de Paris: Orateurs et Hommes d'Etat (1888, couronné par l'Académie Française); Figures de femmes (1889, couronné par l'Académie Française^: Figures littéraires (1889) ; Questions actuelles 11890! ; la Décentralisation (1895); la Question Sociale (1898); la République nouvelle (1898'), etc.
BE!^rlSTfl]WIJW (licopold-Bepnapd)
cuLPTEUR-ST.\Tu,\iRE, né à Riga (Russie; le 20 avril i8s9. Il apprit d'abord le dessin à ,,jng=^ l'Ecole de Saint-Pétersbourg et entra, à 14 ans, cJr^ malgré la volonté de son père, qui le destinait au commerce, à l'Académie impériale des Beaux- Arts de cette ville, où il remporta les plus hautes récompenses.
Après un séjour à Rome, pendant lequel il dut dessiner, pour vivre, des portraits d'après photographies, il se rendit à Florence et y travailla sous la direction de l'éminent sculpteur italien Rivalta. A cette époque, il exposa à Rome un David, un Pécheur napolitain et une Tête de moine, qui obtinrent un grand succès. Désormais sur de lui, M. Léopold Bernstamm vint à Paris, nanti d'une recommandation pour le docteur Labadie-Lagrave, qui le prit sous sa protection.
Dès lors, défilèrent sous l'ébauchoir de l'artiste, toutes les célébrités contemporaines : Renan, Jules Claretie, Halévy, François Coppéc, Déroulêde, Pailleron, \q général Pittié, Braira, Eiffel, Sardou. Albert Wolff, Richepin, Zola, Alphand, l'abbé Faure, Chevreuil, le colonel Lichtenstein, Flaubert, KatJioff, Rubinstein. Sophie Menter, le docteur de Cyon, Pouschkin, Voisin, Bogoluboff. Aïavaso-œsky, Ambroise Thomas, le D' Labadie-Lagrave, Gérome, Edouard Détaille, J. -P. Laurens. Clairin, Cabanel, Chapii, Falguiêrc, Èougucreati, Carolus Durand, Anton in Mcrcié, Paul Dubois. Dostojewski, Gontcharoff, Grigorowitch, Ostrowski, Potekine,Saltikoff, Dauphin, Sarrien, Granet, Goblet, Millaud. de Freycinet, Y Amiral Aube, Constans, Baron, l'artiste des Variétés, Gailhard, de l'Opéra ,Gailhard. Rose Caron et Ambroise Thomas sont placés à la bibliothèque de l'Opéra), MM'"" Adam, la vicomtesse de
ilS
Trcdcni, Rose Caroii, Mounct-Sully, Maria Lcganlt, etc.
En 1890, M. Léopuld Bernstamni lit, chez Georges Petit, une exposition de ses œuvres qui eut un grand retentissement et reçut la visite du [^résident Carnet. 11 y avait là tout un monde de statuettes e.xquises, reproduisant, en une incomparable variété de costutnes, toute l'éthnicité exotique amenée dans la capitale parla colossale manifestation économique de 1S89. Ce fut pour l'artiste l'occasion d'un triomphe.
Depuis 1891, M. Bernstamm adonné les bustes des grands ducs Wladimir, Alexis, Sctg-c, de Russie et ceux de MM. Diipiiy, de Laboulaye, Jules Simon, Sarccy, Pnvis de Chavanes, Coquelin, le général de Boisdeffre, le comte de Paris, le duc d'Orléans, etc.
Il a exposé aux Salons annuels des Champs- Elysées, dès 1887, où il produisit une Femme nue très remarquée et Au Pilori, qui lui valut une mention honorable. V'inrent ensuite : un Bourreau de Saint- Jean-Baptiste (1888), une Nymphe lançant sa première flèche et plusieurs groupes et bustes (Exposition universelle de 1SS9), qui lui firent décerner, parle' jury, une médaille d'argent. Puis : Floquet, buste l'iàtre; la Modestie, buste marbre, acheté par le comte l'orelli, chambellan du roi d'Italie (1890); S. E. le baron de Mohreuhcim : M. Gailhard, bronze (1893) ; Le Christ et la Femme adultère (1894) ; Jules Chéret, buste bronze (1895); Brisson, président delà Chambre des députés; Ambroise Thomas, marbre (1896); Casimir Périer (1897), ^'^''•
Appelé, en 1896, à Tsarkoë-Selo, pour exécuter les bustes d'après nature de l'empereur Nicolas et Timpératricc de Russie, M. Bernstamm a fait aussi les bustes de S. M. l'empereur Alexandre III, de Félix Faure, de Vamiral Avellaii, de Li-Huug-Tchang \"<(-)b), de M. Jules Lemaitre et de M. Hanotaux 1S97), de M"'" la duchesse de Lcuchtcnberg ; de Cleo ,/,■ Mérode, de l'Opéra; de M. Rodin ; du peintre Wcerts; de M. Edmond Rostand ; de Coquelin, dans le rôle de Cyrano de Bergerac ; de M. Deschanel, de l'Institut; de .M. Paul DescJianel, président de la Chambre des députés ; du peintre Géromc (1898) ; du Prince Victor Napoléon, à Bruxelles ; de Frédéric Masson (1899). Il a terminé, pour l'Exposition universelle de 1900, un groupe destiné au tsar : Pierre le Grand embrassant Louis XV,
Deux de ses œuvres : Le Christ et la Femme adultère (bronze) et la Charmeuse de serpents (statue marbre), ont été achetées par le défunt empereur de Russie, Alexandrem; uneautre, Renan 'buste marbre),
acquise par le gouvernement italien, est placée au Musée National de Rome.
Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1891, l'éminent artiste a été promu officier le i'"' janvier
PROliIflT (Iiouis)
EN A iLUK, écrivain, né àNevers(Nièvre)le 13 janvier 1847. 11 fit à Parisde très brillantes études et collabora tout d'abord aujournalde Paris, oùpa ru rent, en 1869 et 1 870, soussa signature des articles très remarqués sur la question monétaire, sur le libre-échange, sur un projet décode rural, etc. Il écrivit ensuite, après la guerre, au Rappel, au Peuple souverain,àh Tribune, (emlle dans laquelle il organisa le premier Congrès national ouvrier ; au Journal des Economistes, à la Revue politique et littéraire, à la Nouvelle Revue, etc.
Les études littéraires, économiques et sociales données par M. Pauliat dans ces publications lui firent rapidement une réputation de savant et d'érudit ; citons les plus répandues: Le Mandat impératif; Les Prud'hommes, associations syndicaleset ouvrières, brochure tirée à près de trente mille exemplaires ; La Société au temps d'Homère, qui lui valut les félicitations de Gladstone, le grand helléniste; La situation politique ; Louis XIV et la Compagnie des Indes; La politique coloniale sous l'ancien régime ; Madagascar; La classe populaire de Paris, etc.; plusieurs de ces études ont obtenu, en librairie, un réel succès.
M. Pauliat fut, en outre, rédacteur en chef de la République démocratique et sociale, organe hebdomadaire, en 1878.
Le 15 mai 1887, les délégués sénatoriaux du Cher ayant à élire un sénateur en remplacement de M. Corne, inamovible, décédé, choisirent M. Pauliat, pour les représenter au Luxembourg, par 348 voix contre 334 à M. de 'Vogué, conservateur. Au renouvellement de 1894, il fut réélu, au 2" tour de scrutin, par 409 voix, sur la liste républicaine. M. Pauliat est inscrit à la gauche démocratique de la haute Assemblée.
Chargé, en 1892, par la Commission sénatoriale de l'Algérie, d'une importante mission en Tunisie, il présenta un très intéressant rapport sur l'administration intérieure de ce pays.
Le 9 juillet 1895, à propos des gisements de phosphate de chaux d'Algérie, il développa, au Sénat, une interpellation qui eut un grand retentissement et à la suite de laquelle des mesures furent prises par le gouvernement.
Notre colonie africaine possède, en effet, des gisements d'engrais minéraux qui dépassent en richesse tout ce que l'on peut imaginer et, grâce à elle, l'agriculteur français pourra, dans quelques années, se procurer en Algérie des phosphates de chaux qui, tout en étant de meilleure qualité, lui coûteront J/x /ois moins cher qu'il ne les paie aujourd'hui.
Il suffit pour cela, dit M. Pauliat, de placer les phosphates de chaux algériens sous un régime spécial, en les frappant de droits de sortie énormes, chaque fois qu'ils devront être exportés à l'étranger. Ce sera seulement une fois que des dépôts de ces phosphates auront été établis dans tous les cantons de la France et dans toutes les gares de chemins de fer, et que nos agriculteurs français les auront sur place à discrétion, que les droits de sortie pourront être abaissés.
L'honorable sénateur est, en outre, l'auteur de divers rapports parlementaires, sur les trésoriers-payeurs généraux qui constitue un véritable traité sur cette matière, et de plusieurs autres sur les compagnies de colonisation et différents sujets.
M. Pauliat, dont le nom fut prononcé quand il s'agit de nommer un successeur à M. Lépine au gouvernement général de l'Algérie (1898). a été fait chevalier de la Légion d'honneur à la fin de 1886, à la suite de missions heureuses accomplies à la demande du ministère des Alïaires étrangères.
ASTt^UC (Zachapie)
cuLPTEUR, peintre, écrivain, né à Angers le i^ 8 février 1837. Il débuta d'abord dans les ' lettres, en donnant des articles à l'Echo Jii Nord, au Mascarille, fondé par lui à Lille ; puis il publia, avec Arsène Houssaj'e, 'V'alery Vernier et Arthur Louvet, un recueil littéraire: le Quart d'heure 'isazstte des gens à demi-sérieux». Il collabora ensuite successivement au Pa^s, où il donna une nouvelle chinoise trèsintéressante, Fo-Kicl; à V Etendard, dont il fut le critique artistique : à l'Echo des Beaux-Arts, au Nain Jaune, au Peuple souverain ; il fit paraître, ensuite : Sœur Marie-Jcsus, nouvelle, dans la Revue Germanique ; Larmes de Jemme , comédie, dans la Revue Internationale et Bugg-Mugg, nouvelle, dans l'Opinion Nationale. En 1863 il créa, à Paris, un journal d'art, le Salon, avec la collaboration de grands écrivains de l'époque et , en 1872, à Madrid , le journal l'Espagne nouvelle.
M. ZacharieAstrucaaussi ^\ihl\é:l' Histoire funèbre de Faubert {ii'^<)) ; les On^e lamentations d'Eliacin (psychologie comique du caractère de Mario-Proth); le Romancero de TEscorial (1884); Les Dieux en
voyage, revue philosophique (1887); ^^ Genéralijc, suite du Romancero de l'Escorial {i9<c)S), illustré par Checa ; on annonce encore de lui : Les Alhamhras, poésies, et plusieurs volumes de théâtre, de nouvelles et d'études musicales, artistiques et autres.
Comme sculpteur, M. Astruc est l'auteur de nombreuses œuvres, pour la plupart très appréciées, notamment les suivantes, exposées aux Salons annuels des Artistes français : Baiile, bas-relief plâtre (1871); l'Aurore, bas-relief bronze, à Saint-Cyr (1878! ; Portrait de M. Pons, bas-relief plâtre ; Edouard Manet, buste bronze (i88i) ; le Marchand de Masques, statue bronze d'un jeune marchand portant les faces de d'Aurevilly, Balzac, Théodore de Banville, Berlioz, Carpeaux, Corot, Delacroix, Dumas, Faure,Gambetta, Gounod, Hugo, Rothschild: cette œuvre remarquable est dans le jardin du Luxembourg (1883) ; Mars et Venus, groupe (1886); Hamlct (scène descomédiens), s'inspirant de l'acteur Mounet-Sully (1887) ; le Roi Midas, statue en bronze ; Portrait du comte Fabre{de l'Aude), buste bronze (1888); Perce-neige, statue plâtre; Portraits masques (1889) ; le Repos de Pronu'thee, statue plâtre (1891; ; le Moine (l'extase dans le sommeil), statue marbre (1893), acquise par l'Etat; Ma fille Isabelle, buste bronze (1898) ; Sdr Pcladan (1899), etc. On peut ajouter à cette nomenclature : l'Enfant aux jouets, bas-relief plâtre ; M"° Zacharic Astruc, buste ; Rabelais, buste ; portait du musicien Louis Lacombe ; des médailles très grandes et petites; Première blessure d'Amour, statuette; Carmen, buste bronze ; le Petit Moine, statuette plâtre ; la Plaque tuniulaire d'Antoine-Eustache d'Osmond; Puget, médaille du célèbre ténor, au cimetière Montmartre; Figures décoratives pour l'Exposition de Nice; Petite fille au Polichinelle, le Vieillard qui lit, Baroilhet, Léon Cladcl, Barbey d'Aurevilly, médaillons; Saint François d'Assise, statue au Sacré-Cœur ; Blanche de Castille, statue marbre qui figure à la maison de la Légion d'honneur de Saint-Denis ; Un Moine agenouillé, au musée de Laval; bustes de M"" Astruc, de Ludii'ig Wihl, etc.
M. Astruc a fait, en outre, de nombreux tableaux à l'huile et des séries d'aquarelles, où la souplesse Je son talent se manifeste, et dont plusieurs figurent actuellement dans les musées de France, notamment à Saint-Etienne, au musée d'Evreux, au musée Galiera à Paris, etc. Il convient de relever ici : Place de l'Hdtel de Ville à Bruxelles, Vue des environs de Bruxelles, Souvenirs du Languedoc, Répétition pour un ballet, Poupées japonaises, Poupées
/iliiiichcs, Iqs Balcons roses. Saint François d'Assise, reproduction peinte d'une sculpture en bois d'Alonto Cano; une immense production de Fleurs, etc. M. Zachiarie Astruc est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1890.
PONSCflf^lVIE (ppançois-doseph-Hubeft)
(cuLPTEUR-STATUAiRi; et médailleur, né à Belmont I Vosges) le 20 mai 1827. Après avoir '^ accompli ses études classiques au séminaire iJl^^ de Châtel-sur-Moselle, il vint à Paris, où il fut l'élève de Oudiné, Vauthier-Galle et Augustin Dumont. Après avoir eu des débuts très difficiles, il fut lauréat du 2" grand prix de Rome, pour la médaille, en 1855, avec un Soldai blesse mourant sur l'autel de la Patrie; il exposa pour la première fois, au Salon des Champs-Elysées, en 1857, une série de camées et de médaillons, qui furent récompensés.
Depuis cet époque, M. Ponscarme a produit un nombre considérable de bustes et de médaillons, parmi lesquels il faut citer : les bustes de Léon Ple'e, bronze ; du Docteur Bernnt{, marbre ; du Maréchal Forey, marbre (au musée de Versailles); de M.Victor Duruy, plâtre et marbre; de M. Alphonse Lavallée, marbre, pour l'Ecole centrale; de M. et M"" Cotte, marbre ; de M""' Ponscarme, plâtre ; de Liii-incme, etc. Portraits médaillons de V. Schœlcher, Louis Blanc, Alphonse Lavallée, F. Durier,J. Brame, Jules Simon, Dumont, de l'Institut; Naudet, de l'Académie des Inscriptions, portrait aujourd'hui historique, car il fut toute une révolution dans l'art de médaille; Rameau, maire de Versailles; Benlé, Edgard Quinet, Maire, Charles III, prince régnant de Monaco (monnaie de la principauté : 20 francs et 100 francs); Jules Méliue, depuis président du Conseil des ministres; J.Jouinar, Tirard, Edmond Turquct, Gavet,J -M.-H . Parkers, M. -G. Villedieu, J. de Dunin, D' Ouimont, de Lesseps, Jules Ferry, Barbe, Tisserand, Lucas, BuJJel, Marquiset, Victte, D' Haxo, General Riu, Charles Blanc, M" Démange, Viger, Henrv Boucher, ministre du Commerce ; de MM'"" de Béna{et, de Longueville ; de MM"" Madeleine et Jeanne Me'l/ne ; MM. Constans, Paul Dcschancl, président de la Chambre des députés : D' Walter; M'" Faucher de Careil. Médailles commémoratives et de récompense : de VE.vposition universelle de iSùj, de l'Erection de la statue de Napoléon I" sur la colonne Vendôme , des Grands percements et de V Agrandissement de Paris , de V Erection par
Charles III d'une église à Monaco, des Instituteurs de France à Napoléon III; de la République, pour les ministères du Commerce, de l'Industrie et de l'Agriculture, les Administrations des Forets, des (Contributions indirectes et des Douanes; les médailles du Prince impérial, de lurgot, pour la Société d'économie politique ; d'Adam Smith et Turgot, médaille bicéphale en bronze ; de VElection de /•'. Faiire à la présidence de la République par l'Assemblée nationale; de la Pai.x, destinée au ministère de l'Agriculture; de la Guerre, médaille appartenant il la Ligue de la Patrie Française (1899), etc.
Innovateur, au point de vue de l'e.Kécution et de la conception Je la médaille, ce maître a appliqué à son art la technique du bas-relief; matant d'abord le fond pour obtenir l'unité et l'harmonie, il atténue la dureté des contours et l'exagération des saillies par la délicate souplesse du modelé, et rend ornementale la légende, en employant des lettres conformes au style et destinées à rendre pittoresque l'ensemble de son œuvre.
Mis hors concours en 1863, titulaire d'une médaille de i'"' classe à l'Ejxposition universelle de 1867, d'un rappel de i" médaille à celle de 1878, et de diverses autres médailles de la Société des Artistes Français, nommé professeur à l'Ecole des Beaux-Arts en 1871, M. Ponscarme est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1867, et décoré du Mérite Agricole depuis 1890, pour sa superbe médaille de récompense aux agriculteurs.
f^OUliA^SlD (Andpé-Gustave)
;vocAT, député, né à Paris le 27 juin 1860. Il est le petit-fils de Gustave Rouland, ministre sous l'Empire, puis gouverneur de , la Banque de France et sénateur de la Seine- Inférieure (1806-1878) et le fils d'Hippolyte-Gustave, qui fut sénateur du même département (1831-1897).
Ses études classiques accomplies au lycée d'Evreux, M. Rouland vint faire son droit à Paris. Reçu licencié en 1882, il se fit inscrire au barreau et devint secrétaire de M» Limbourg, avocat à la Cour d'appel, et de M" Renault-Morlière, avocat à la Cour de cassation. Depuis, maire de Bertreville-Saint-Ouen (Seine- Inférieurei, M. Rouland fut élu conseiller général du canton de Bacqueville en 1892 et réélu en 1896. 11 s'est surtout occupé, dans l'assemblée départementale, des questions agricoles et y a été rapporteur de la Commission des chemins de fer.
Candidat à la députation dans la a'' circonscription de Dieppe (^Seine-lnfcrieure), à une élection nécessitée par le décès de M. Legras, en 1896, il obtint 6,300 voix, contre 6,369 à son adversaire; il se représenta, lors des élections générales législatives du 8 mai 1898, et fut élu député de cette même circonscription , par 'j,359 voix, contre S, 369 à M. de Folleville, député sortant, son ancien concurrent.
M. Roiiland appartient au groupe progressiste et au groupe agricole de la Chambre. 11 est protectionniste déclaré.
DESCHflMPS (Philippe)
'rBLiciSTE, explorateur, collectionneur, né à Sèvres le i" mai 1848.
^(9 Engagé volontaire en 1870 dans les mobi-
■^il^ les deSeine-et-Oise, il prit part avec ceux-ci aux combats de Bagneux, de Champigny et de Buzenval; sa conduite lui valut d'être proposé pour la médaille militaire. 11 accomplit ensuite des voyages en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie, qui lui ont fourni la matière d'intéressants ouvrages.
M. Philippe Deschamps, depuis les premiers symptômes de l'alliance Franco-Russe, s'est occupé de réunir tous les documents pouvant servira l'histoire rétrospective de cet événement. Tant à Paris qu'en province et à l'étranger, il a réuni plus de 70,000 pièces, médailles, bijoux, tableaux, portraits, gravures, livres, affiches, objets de toute sorte, ayant trait aux relations de la France et de la Russie et en créa, à Paris, un musée unique en son genre, le « Musée Nicolas 11 » ; son fondateur en a d'ores et déjà destiné la plus belle partie -au Musée Carnavalet de la ville de Paris.
Mû toujours par la même idée de faire servir ses recherches à perpétuer la mémoire de ces événements historiques, M. Philippe Deschanips a offert au maire de Fontainebleau, pour une salle de l'Hôtel de Ville, une collection très importante destinée à former le « Musée Carnot », en souvenir du regretté président et des faits notoires accomplis sous sa magistrature. Au maire de Cherbourg, lieu d'arrivée des marins russes en 1896, et d'où partit notre flotte allant à Cronstadt, il a fait don d'une autre collection recueillie à ce propos, pour créer le « Musée de l'Alliance >', et au maire de Dunkerque, ville d'où partit le président Félix Faure pour aller sceller l'alliance Franco-Russe, le « Musée Félix Faure » ; à Toulon, Lyon, -Marseille, que visitèrent les marins de l'amiral Avellan, d'autres collections se rapportant h ces faits.
pour créer les « Musées Cronstadt-Toulon »; il a fait également don au Musée impérial historique de Moscou de plus de 8,000 pièces, ainsi qu'au Musée de Reims; il a à Chatellerault, décidé la fondation d'un "Musée Alexandre-Nicolas.» avec tous les documents et objets relatifs au baptême de la cloche qui fut offerte par le Tzar. AChàlons, il a donné la collection nécessaire pour faire le «.VI usée de l'Armée» ; Rambouillet, en souvenir du président, doit aussi avoir son musée ; enfin, avec toute la partie militaire de ses collections, ce généreux donateur a créé une '< Salle de l'Alliance, » dans le Musée historique de l'Armée, à l'hôtel des Invalides.
M.Philippe Deschamps voulaitaussi créerau Havre le «Musée Félix Faure», afin de perpétuer la mémoire du Président de la République, qui avait habité la ville ; mais le maire n'a pu accepter cette offre.
Avec les volumes franco-russes qui faisaient partie du « Musée Nicolas II» et ceux de sa bibliothèque personnelle ajoutés, M. Philippe Deschamps a fait des sélections très heureuses pour diverses bibliothèques, donnant à chacune ce qui lui convenait le mieux; au «Musée Condé» de Chantilly, il a oft'ert l'Histoire de France d'Anquetil aux chiffres du duc d'Aumale ; la bibliothèque de l'Institut a reçu une très belle collection d'ouvrages choisis de nos grands maîtres; la bibliothèque Nationale des estampes et volumes anciens, des gravures franco-russes, etc. Les bibliothèques Carnavalet, Mazarine, de l'Arsenal, Sainte-Geneviève, ont aussi profité de ses libéralités: des collections de volumes, d'estampes, d'affiches leur ont été remises. Le menu impérial du couronnement du tzar Nicolas 11, ; la proclamation du couronnement, ainsi que les croquis de Gervex, Redon, Luigi Loir, H. Toussaint, etc., une collection incomparable de médailles et de plaquettes et autres rarissimes pièces, que seul M. Philippe Deschamps avait pu obtenir, ont été partagées entre les musées du Luxembourg, Carnavalet, des Arts et Métiers, la Bibliothèque Nationale et Cluny pour les costumes anciens. M. Philippe Deschamps a publié : De Saint- Pétersbourg à Constantinoplc, notes sur le voyage qu'il accomplit comme délégué aux funérailles du tzar Alexandre m (1894) ; Le Touriste en Egypte et en Syrie (1895') ; A travers les Etats-Unis et le Canada (1896^ : De Paris au Soleil de Minuit (1897); Vingt mille lieux à travers le monde, récit des voyages accomplis par l'auteur au point de vue éducatif et de vulgarisation, dédié à la jeunesse studieuse. Il faut mentionner à part la publication
du Livre d'Or de l'Alliance Franco-Russe, avec préface de M. Mézières de l'Institut, et postface de M"" Juliette Adam, ouvrage offert à M. Félix Faure et à l'empereur de Russie et agréés par eux, ainsi qu'aux souverains d'Europe ; parmi ceux-ci, le tzar Nicolas u, l'impératrice douarière de Russie, le sultan, le souverain pontife, le roi Georges de Grèce, le roi Léopold de Belgique, le prince Albert de Monaco, la reine régente d'Espagne, ont adressé leurs remerciements à l'auteur.
M. Philippe Deschamps, officier d'Académie et chevalier de St-Stanislas de Russie, a été nommé membre du Musée impérial historique de Moscou.
HOUDflmiiE (Octave)
auteur dramatique.
à Mirecourt
(Vosges) le 17 octobre 1860. 11 fit ses études '(^ classiques à Lunéville et à Nancy, son droit à la Faculté de cette dernière ville et fut reçu licencié en 1879.
Après un long séjour en Allemagne, d'où il fut expulsé, en 1882, à la suite d'un duel avec un officier prussien, M. Houdaille s'inscrivit comme avocat à la Cour d'appel de Paris (1884). Il plaida alors quelques procès retentissants, notamment devant la Cour d'assises des Vosges, dans la cause célèbre des empoisonneurs d'Hennezel 1^1884) et, devant la Cour d'assises de la Seine, pour M. Jules Guérin dans l'affaire du duel du marquis de Mores avec le capitaine Meyer, duel où ce dernier trouva la mort (1892). Depuis il s'est consacré principalement à la littérature.
Avec les journaux le Républicain de F Est ^iï Abeille des Vosges, où il avait donné, de 1884 à 1890, des articles politiques, .VI. Octave Houdaille organisa les syndicats ouvriers dans les Vosges, avec M.Julien Goujon, député de Rouen, et combattit énergiqueinent, par la parole et par la plume, la politique de Jules Ferry. En 1889, il se présenta à la députation dans la circonscription d'Epinal.Tant à Paris qu'en province, il accompagna et seconda activement le marquis de Mores, dont il fut l'ami intime, dans ses campagnes de propagande politique et patriotique.
S'intéressant beaucoup aux questions d'occultisme et de télépathie, il alla, en 1891, avec M. Charles Richet, recueillir des documents sur l'occultisme en Suède, Norwège et Danemarcl<.
.M. Octave Houdaille a collaboré ou collabore aux Annales des Sciences psychiques, à la Revue des Beaiix-Arh cl des Lettres, à la Grande Revue, à la Revue Bleue, etc. 11 a publié : Les Possessions,
volume de poésies (189^) ; Une femme libre, roman d'étude contemporaine (1896); puis, en collaboration avec .M.Charles Richet: /^()55(?55/y«, drame sur l'occultisme (joué à la Bodinière le 16 avril 1895); Sœur Marthe, drame lyrique fantastique en trois actes, musique de Le Rey (joué au Théâtre lyrique le 1" juillet 1898) ; Judith, pièce en un acte (à la Bodinière, 1898). On annonce encore de lui et de son collaborateur ordinaire : Adultère d'âme, drame en vers (1899) et, avec M.M. de Pitray et Pierre Achard: Le monde ou l'on flirte, comédie en 3 actes (1899).
CHAPOTON (GpégoiPe)
l'iNTRK et dessinateur, né à Saint-Rambert li, ;Loirei le 21 décembre 184^. Il fit ses classes
a Saint-Etienne, commença ses études artistiques à l'Ecole municipale de cette ville, sous la direction de M. Soulary, élève du baron Gros, puis entra à l'Ecole des beaux-arts de Lyon en 1863, où il resta jusqu'en 1865. Il y eut pour maîtres le peintre Régnier et l'ornemaniste Jourdeuil et reçut les premières médailles dans les différentes divisions. En même temps, il obtenait deux premiers prix pour le concours de fleurs de la Société des Amis des Arts.
Sorti de l'Ecole en 1865, M. Chapoton vint, l'année suivante, à Paris, où il entra 'a la Compagnie des Indes, comme dessinateur industriel. 11 y resta trois ans environ, puis il fonda, avec un collaborateur, un atelier de dessin de dentelles ; il suivait en même temps, de façon assidue, les cours de peinture de M. Léon Bonnat.
M. Chapoton retourna, en 1877, à la Compagnie des Indes et participa avec succès à l'Exposition universelle de 1878, où il obtint, avec cette maison, une médaille d'argent, pour ses dessins de dentelles.
A partir de 1878, il s'occupa plus spécialement de la décoration des tissus, dentelles et guipures d'ameublement et créa un atelier qui devint rapidement prospère. Il obtint, à l'Exposition de 1889, une médaille de bronze.
Ces travaux n'empêchaient pas M. Chapoton de faire de la peinture artistique et il en exposait depuis 1869. Voici ses principaux envois, d'après l'ordre chronologique: jV(7///r6' morte (iS-]o) ; Œufset oignons, Oranges et aubépine (1872); Pommes cuites et confitures (187"!) ; Oseille en fleurs et roses (1874) ; Préparatijs du baptême (1875, au musée de Laval) Fleurs et fruits, Couronne de roses, gouache (1876) Rallia faite au Jardin (musée de Saint-Etienne)
Koses cl sureau (1880); Visite au verger; Tortues indiscrètes (1881); Sans permission (1882); Fleurs d'automne (1883) ; Fleurs et fruits des bois (1884).
Depuis cette époque, M. Chapoton a envoyé au Salon des Indépendants des fleurs, des portraits et des éventails ; il a reçu à maintes reprises les éloges de la critique et des amateurs pour ses intéressants travaux. En 1886, il fit, à St-Etienne. une exposition de ses œuvres qui eut beaucoup de succès.
Cet artiste a participé à l'illustration de la Terre Noire, recueil de poésies de M. Frédéric Martv, paru en 1S86.
M. (Chapoton, en collaboration avec le peintre Renout — à qui en revient l'initiative, — M.Delarue, homme de lettres, et un certain nombre d'artistes, s'occupe de fonder un nouveau groupement artistique, sous le titre de «Salon de France ». Le programme de ce nouveau Salon comprend deux expositions annuelles à Paris et des expositions en province. A ce salon doit être annexée une « Ecole d'art >/ avec conférences.
M. Chapoton a obtenu une médaille de bronze à Montpellier en 1873, une médaille de bronze à Lyon en 1881, des médailles d'argent'à l'Exposition nationale de Tours en 1882 et à Niort en 1883, et une première médaille à une autre exposition nationale de Tours en 1892, pour un tableau qui a été placé au musée de cette ville.
FABJ^E d'EflVlEU (Jules)
'ccLÉsiASTiQUE, philosophc et linguiste, né à Castres (Tarn) le 2=; mars 1821. Il fit ses j- ^, études classiques au collège de sa ville natale et entra chez les Pères Jésuites en 1840, avec le dessein d'aller en Chine, comme évangéliste. Envoyé plus tard en mission à Insprûck, dans le Tyrol, puis à Dublin, M. l'abbé Fabre d'Envieu rentra en France en 1848 et fut nommé professe'ur au collège Sainte-Marie de Toulouse. Pendant son séjour dans cette dernière ville, il fut remarqué par iVIgr Maret, doyen de la Faculté de Théologie à laSorbonne, qui ledemanda comme suppléante! obtint sa nomination (1866).
Deux ans plus tard, M. l'abbé Fabre d'Envieu devint titulaire de la chaired'ëcriture sainte, qu'il a conservée jusqu'en i88s, époque à laquelle furent fermés les cours de la Faculté de Théologie.
Philosophe de l'école des Saint-Augustin. Saint- Bonaventure, Fénelon et Bossuet, il n'a pas été d'accord avec les partisans de la Scolastique péripatéticienne, et il a publié sur cette matière ; Déjense de Vontologisme ou de la Philosophie spiritualiste (Platonisme augustinien) (i vol. 1862) ; Réponse aux lettres d'un seusuiiliste contre l'ontologisme (1 vol. 1864); Cours de philosophie ou Nouvelle exposition des principes de cette science (2 vol. 1863-65) ; Sancti Auo-?«//'«/ (Philosophia) ; Andréa Martin, congrégationis Oratorii D. N. Jésv-Christi presbitero collectore Novam hanc cditionem recognovii at gue in pluribits emendavitjulius Fabre d'Envieu (i fort vol. 1863); Les origines de la Terre et de l'Homme d'après la Bible et d'après \Asc\&nce,o\i\' H'exameronGeucsiaque, considéré dans ses rapports avec les enseignements de la Philosophie, de la Géologie, delà Paléontologie et de l'Archéologie préhistorique (i gros vol. 187?) ; Solis intclligentiœ lumen indéficicns seu immediatum Dei ut Entis summi internum magisterium, per F. Juvenalem Annanicnsem editio altéra contractior cui prœfationcm adjecit Julius Fabre d'Envieu (i vol. 1882); Le livre dît prophète Daniel, traduction et commentaire (4 vol. 1890).
M. l'abbé Fabre d'Envieu a produit en outre un nombre considérable de travaux remarquables de philologie et de linguistique, parmi lesquels il convient de citer : Méthode pour apprendre le Dictionnaire de la langue Grecque et les 7nots primitifs de plusieurs autres langues anciennes et modernes, ou l'art d'apprendre par l'étvmologie des noms géographiques, ethniques, mythologiques, historiques ou personnels le Grec, l'Allemand, l'Anglais, le Russe, l'Arabe, l'Hébreu, le Chinois, etc. 11870); Onomatologie delà Géographie Grecque (i vol. 1874); Le Dictionnaire allemand enseigné par l'analyse étymologique des noms propres : premier volume. Prénoms; deuxième volume. Noms de famille-, troisième volume, Noms locaux tudesqucs, onomatologie géographique des contrées occupées par les Allemands, avec des appendices et des aperçus nouveaux relatifs à la Toponomastique des Celtes (1885).
M. l'abbé Fabre d'Envieu connaît à fond l'Allemand, l'Anglais, l'Italien, l'Espagnol, l'Hébreu, le Syriaque, l'Arabe et le Chinois.
Chanoine honoraire du chapitre de Saint-Denis, ce savant est chevalier de la Légion d'honneur depuis le 28 août 1878.
JVIEf^SOrl (Ltue-Oliviep)
f'^'^**^i;iNTRi:, membre de l'Institut, né à Paris le l 2 1 mai 1846. Il est le neveu de M. Charles- Victor-Ernest Merson, publiciste catholique et royaliste, né en 1819 à Fontenay-le-Comte, président du Syndicat de la presse départementale, officier de la Légion d'honneur depuis 1868; et le fils de M. Olivier Merson, critique d'art, né en 1822 à Nantes.
Ses études classiques faites dans cette ville, M. Luc- Olivier Merson vint à Paris, à l'Ecole des Beaux-Arts, apprendre la peinture; il reçut aussi les leçons de Chassevent et de Pils. Il exposa, dès 1867, une première toile: Lciicothoc et Anaxandrc; en 1868, il donna une Pénélope; en 1869, un Apollon exterminateur et il remporta, la même année, le prix de Rome, avec un Soldat de Marathon.
Après son retour d'Italie, M. Luc-Olivier Merson envoya successivement aux Salons annuels de la Société des Artistes français, des peintures, parmi lesquelles il convient de citer ; Saint Edmond, roi d'Angleterre, martyr (1872) ; Vision, légende du xiv" siècle {iS-j}) ; Sacrifice à la Patrie; Saint Michel, modèle d'une tapisserie exécutée aux Gobelins (1875) ; le Loup d'Aggubio (1878) ; Saint Isidore laboureur (1879) ; Saint François d'Assise prêche aux poissons (1881); Angelo pittorc ; Jugement de Paris (1884); ï Arrivée ci Bethléem; la Danse de Kerbeagh (1885) ; r Homme et la Fortune; V Annonciation (1892), etc.
Il a, en outre, exposé aux Salons un certain nombre de dessins, entre autres : les Pèlerins d'Ennnaiis, Danse de fiançailles (1886) ; dix dessinspour V Imagier de M. Jules Lemaître (1890); Représentation du mystère de Noël, France, x\° siècle, neuf dessins pour le Harpers Magasine (1892).
En outre de ses expositions, .NI. L.-O. Merson a produit beaucoup d'autres sujets de peinture religieuse, qui sont dans diverses églises. Le genre religieux, qu'il a le plus souvent abordé, est, en somme, la partie la plus connue et la meilleure de son œuvre, selon l'avis général.
Cet artiste a exécuté aussi des peintures décoratives pour l'escalier de l'Hôtel-de-Ville, pourlecabinet du recteur à la Sorbonne ; on lui doit aussi La Musique et la Poésie, plafond de l'escalier Marivaux, à rOpéra-Comique, terminé en 1899.
Il a produit des Modèles de Mosaïque pour l'Exposition universelle de 1889, des Modèles de Tapisse-
rie pour les Gobelins (avec M. Lavastre), des Cartes de vitraux, pour divers artistes ; un modèle de Tombeau de Pasteur, dessins, etc.
Il a illustré plusieurs ouvrages : le Paroissien de Jeanne d'Arc; le Paroissien des Catacombes ; Dix contes de M. Jules Lemaître ; Notre-Dame de Paris de V. Hugo; Saint-Julien l'Hospitalier de Flaubert ; les Trophées de M. de Hérédia ; il a donné des dessins à la Revue illustrée, et il est chargé d'exécuter une composition pour un nouveau billet de banque de 100 francs 1 1899).
.VI. Luc-Olivier Merson a obtenu une médaille de première classe en 1873 , au Salon , et une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889. Il a été décoré de la Légion d'honneur en 1881, et reçu membre de l'Académie des Beaux-Arts, en remplacement de Signol, le 5 décembre 1892.
PUECH (Denys-Pieppe)
cfLPTEUR, né le 16 décembre i8s4 à Gavernac (Aveyron). Il vint à Paris en 187^, pour entrer dans l'atelier Joulïroy, à l'Ecole des Beaux-Arts, où il remporta successivement, pour la sculpture, le deuxième (1883) et le premier prix de Rome (1884).
Aprèsses quatre années de séjoar à Rome, le jeune artiste accomplit de fréquents voyages en Europe et en Afrique.
Depuis 1884, M. Denys Puech a exposé tousles ansà la Société des Artistes français. Ses œuvrasse font remarquer tant par l'inspiration que par l'exécution. Il faut citer notamment : VEnfant au poisson (1884), groupe marbre qui obtint une 3' médaille ; Monument com mémorat if de la Marine Chilienne {iS?i'j], inauguré à Valparaiso l'année suivante: la Seine ( 1 887), bas-relief plâtre envoyé de Rome et exécuté en marbre pour le musée du Luxembourg en 1894; la Muse d'Atidré Chénier (1888), statue plâtre qui reparut en marbre l'année suivante, obtint une médaille de 1° classe, et fut acquise par l'État pour le musée du Luxembourg ; Léon Boyer, buste bronze pour son monument à Florac (Lozère) (1889) ; la Sirène, groupe marbre qui valut à son auteur une médaille de i" classe et figure au musée de Luxembourg, et M. Constans, sénateur, buste pLitre ( 1 890), envoyé en bronze l'année suivante; Etoile du soir, statue plâtre (1891); L'Amour écrasé par un sacd'écus, statue plâtre donnée à l'Institut, et M. Méline, buste marbre (1892); Buste de femme, étude achetée par l'État pour le musée du Luxem-
bourg ; VA m irai Olry , statue bronze (1894); Vision de Saint Antoine de Padotie , bas -relief marbre et M. Chaplain , buste bronze { 1895 ^' Bas-relief marbre pour le tombeau de Ch. Chaplin
(1896) ; Groupe marbre pour le monument élevé depuis à Leconte de Lisle, au Jardin du Luxembourg: Jules Ferry, buste marbre, aujourd'hui au Sénat
(1897) ; Groupe plâtre, destiné au monument élevé depuis à Francis Garnier, place de l'Observatoire de Paris, et l'Enfant au poisson, groupe plâtre ^1898 . etc.
On doit, de plus, à cet excellent artiste de nombreux ouvrages qui n'ont pas figuré aux Salons annuels; citons : le Monument de Sainte-Beuve , dans le jardin du Luxembourg: le Monu?nent élevé à Menton pour la célébration de la réunion de cette ville à la France; le Monument élevé à Millau (Aveyron) en l'honneur des soldats morts en 1870 ; un bas-relief pour la statue de Clément Marot à Cahôrs ; les statues: d'Alexis Monteil érigée à Rodez (Aveyron), duR. P. Fourier 'z Mirecourt, de M. Léon Boyer'z Florac (Lozère) ; un fronton à la préfecture de Niort et de nombreux bustes, parmi lesquels ceux de M""' Jules Favre, à l'Ecole normale de Sèvres ; de MA/""' la marçnise de Beauvoir, la baronne A. Seillêres. Edouard André (Nelly Jacquemart), Hébert, Rita Sangalli, lacomtessede Laincel, Bartet, de la Comédie Française, Emma Calvé, la comtesse de Montalivet, la princesse Mathilde, M"" Lebret, M'"" Rosiia Mauri, et de MM. Paul Mant^, de l'Institut ; le cardinal Bourret, évêque de Rodez : le professeur Peter, à l'Académie de Médecine ; J.-M. de Hérédia, de l'Académie française ; Auguste Dorchain, Chaplain, François Fabié, Jean Rameau, Poubelle, Le Mrre de Villers, le professeur Brouardcl, doyen de la Faculté : le général Des Gaiets, M. Bardoux, ancien ministre, pour l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; Zévort, pour le ministère des Beaux-Arts ; François Chabas, pour son monument à Chalon-sur-Saône.
Voici, sur la Seine, une des plus importantes œuvres de M. Denys Puech, comment s'exprimait M. Armand Sylvestre, dans Y Echo de Paris en 1894.
D'abord le bas-relief de marbre, la Seine, qui est une vraie merveille. Le beau fleuve s'y déroule en un corps féminin d'une grâce exquise, tout éclairé du sourire dune tête d'un délicieux caractère : Je le répète, une des plus jolies choses que nous ayions vues depuis longtemps et d'un sentiment décoratif, chaste et voluptueux tout ensemble, exquis.
yi. Denvs Puech, chevalier de la Légiond'honneur depuis 1892 a étéifait officier en 1898.
I (jean-JWafie-MaPeel-Albept)
JIT-'^PLOR.'VTEUR, écrivain, né à Paris le 8 février IjC 'S??- Il fit ses études classiques au lycée Condorcet et obtint la licence en droit en
Après avoir voyagé à travers l'Europe, M. .Marcel Monnier visita les Antilles, le .Vlexique, les Etats- Unis, le Canada et l'archipel d'Ha-waï (1883-1884).
En 1884-188=,, il parcourut les Indes .\nglaises, la Birmanie, le sud de la Chine, le Japon, Java, l'Australie. Franchissant le Pacifique, il employa les années 1886-87 à explorer les Andes de l'Equateur et du Pérou, complétant ses itinéraires Sud-Américains par une reconnaissance du bassin Amazonien et la traversée du Continent, de Lima au Para. Au retour de cette expédition de trois années, la carrière du voyageur faillit se terminer de façon tragique par un naufrage au port, lors de la collision entre le transatlantique la Champagne et la Ville de Rioyi7«e//'0.Cederniersteanier,qui le ramenait en France, coula à pic; mais les passagers furent heureusement recueillis, bientôt après, par un autre vapeur, la Ville de Bordeaux.
En 1891-92, M. .NIonnier fit partie de la mission du capitaine Binger, à la Côte d'Ivoire et au pays de Kong.
En 1893, correspondant spécial du Temps, àl'Exposition universelle de Chicago, il passa des Grands Lacs à la Californie, par le Colorado, le Nouveau Mexique et l'Arizona ; puis il visita la Colombie britannique et le littoral de l'Alaska.
En 1894, M.Marcel Monnier entreprit, à la demande du Temps, un grand voyage en Asie, dont le récita été publié par ce journal sous ce titre : Le Tour d'Asie. Ce «tour» ne dura pas moins de 45 mois, pendant lesquels le voyageur parcourut llndo-Chine française et une grande partie de la Chine, eflectuant notamment la traversée du Céleste-Empire, de Pékin au Tonkin, par le bassin du Fleuve-Bleu, le Sé-Tchouèn et le Yunnan (1894-97). II regagna enfin (1897-98) l'Europe, après avoir coupé, dans sa grande diagonale, le continent Asiatique, de la Corée à l'Asie Mineure, de Séoul à ' Bagdad, par les hauts plateaux de Mongolie, les passes de l'AItai et les sources de l'Obi, les steppes Kirghizes, le Turkestan et la Perse.
M. Marcel Monnier à publié , plusieurs 'relations j de ses voyages chez les éditeurs Plon,Nourrit et C:
Un Printemps sur le Pacifique, Iles Hawaï (i vol. illustré 188=,^: Des Andes au Para, Equateur, Pérou, Amazone (i vol. illustré i8qo), ces deux ouvrages couronnés par l'Académie française ; France noire I Côte it'Ivoire et Soudan), Mission Binger (1895).
On annonce encore de lui, chez les mêmes éditeurs, la relation complète du Tour d'Asie, i|ui doit former :; volumes (1899).
Membre de la Société de Géographie et de la Société de Géographie commerciale de Paris, M. \larcel Monniera reçude cette dernière, en 1890, la médaille Crevaux, réservée aux explorateurs de TAmérique du Sud. La Société de Géographie lui a aussi décerné deux médailles d'or, l'une en 1893 pour ses voyages et publications relatifs à l'Amérique et à l'Afrique, l'autre en 1899 pour sa traversée de l'Asie. Il est chevalier de la Légion d'honneur, officier d'Académie et décoré de divers ordres coloniaux et étrangers.
IiOLiIÉE (ppédépie-fluguste)
cKi\ AIN. historien et critique, né à Paris le 14 octobre i8s6. Ses études accomplies, il collabora pour une grande part à l'Histoire de la Littérature française, publiée sous le nom de F. Godefroy, important ouvrage en dix volumes in-8°, plusieurs fois récompensé par l'Académie française et dont il se révéla fortuitement le principal auteur.
M. Frédéric Loliée, ensuite, collabora à la plupart des grands périodiques de France et de l'étranger : la Nouvelle Revue, la Revue Bleue, le Correspondant, le Contemporain, la Revue illustrée, la Revue de Paris; VAuf der Hohe, la Nation, la Deustche Revue, de Berlin ; The Times, de Londres ; The Century et le Bookman, de New-York et la Revue Internationale de Rome. Il y a lieu de mentionner spécialement ses articles, fort discutés, sur les questions contemporaines, à la Revue des Revues ; telles ses études sur le mouvement féministe: Co/w;«i.'«/ elles nous jugent, qui firent couler des flots d'encre et que l'on doit retrouver dans les Cérébrales (volume en préparation) ; une retentissante campagne contre les Fabricants de littérature populaire et une étude sur le Parler fin de siècle (Parisianismes), qui fut très commentée avant même de paraître en volume chez l'éditeur Flammarion (1899"), ®'*'- ^^ ^ écrit une remarquable introduction encyclopédique au Dictionnaire des Dictionnaires de P. Guérin et prêté son
concours à la rédaction du présent Dictionnaire national des Contemporains.
M. Frédéric Loliée est l'auteur de : Nos Gens de Lettres, leur vie intérieure, leurs rivalités, leur condition (1887, Galmann-Lévy, éditeur), étude«bien plutôt sociale que littéraire», comme le constate M. Edmond Schérer, et qui suggéra dans le journalisme international des commentaires très animés: MM. Paul Bourget aux Débats, Schérer au Temps, Deluns- Montaud dans le National, Champsaur dansle Figaro et l'Evénement et de nombreux écrivains à l'étranger, s'accordèrent à en reconnaître la haute valeur et les utiles leçons. Ce livre valut à son auteur une récompense de l'Institut.
Quelques lignes, empruntées à l'apprécia tion-préface de M. Paul Bourget, caractérisent bien l'allure et les tendances de cet ouvrage :
Beaucoup, même parmi les maîtres, trouveront de quoi faire un retour triste sur eux-mêmes en lisant les pages, d'une éloquence à la fois ardente et positive, consacrées par Frédéric Loliée aux déviations forcées du talent, sous l'influence du labeur vénal, aux cruels abus de la production propre à notre âge, aux àpretés du combat pour la vie dans ce monde littéraire encombré d'ouvriers — et aussi de parasites. Sur combien de tombeaux d'écrivains célèbres pourrait-on graver, comme sur la stèle antique : un encrier, une plume et ces mots : «Témoignages d'une dure vie ! »
On cite encore de lui : le Paradoxe, essai sur les excentricités de l'esprit humain dans tous les siècles (1888), que Jules Simon présenta à l'Institut, dans la séance du 27 octobre 1888, comme «un des plus attrayants ouvrages qu'ait pu produire une érudition hors ligne »; les Immoraux (189',), études physiologiques de névrose et d'hystérie, qui « sont un peu, a dit un critique, les Caractères Je la Bruyère de M. Loliée » ; le Dictionnaire des Ecrivains et des Littératures (1897, 912 pages à 2 col. et 300 grav., Armand Colin\ — sorte de petit Larousse, plus littéraire et surtout plus raisonné, dont le mérite est de présenter le caractère des œuvres sous une forme concise, animée et vivifiée par l'image. Adopté par le ministère de l'Instruction publique et par la ville de Paris, cet ouvrage est devenu classique.
Les notices consacrées dans le Dictio'i>i.tirf des Ecrhains et des Littératures, a dit, en son rapport, M. Fr. Lhomme, membre du Conseil supérieur de l'Instruction publique, sont de vrais portraits où revivent tous les traits essentiels de chaque physionomie. Ces notices, en effet, ne sont pas des abrégés, mais des études personnelles faites pour le cadre auquel elles s'adaptent. Il faut signaler aussi les aperçus d'ensemble sur l'histoire des littératures et des langues, d'une synthèse vraiment puissante, où rien d'utile n'est omis.
Il faut ajouter à la série de ces travaux: un Tableau
de riiisloirc littcrairc du monde (1899, Schleicher édit.), offrant une vue panoramique et philosophique en même temps du travail simultané de l'esprit humain, à travers tous les temps et tous les pays ; une Evolution comparée des littératures 1 Bibliothèque des Sciences contemporaines, Reinwald, édition annoncée pour 1900^ visant à grouper, pour la première fois, en une seule vue, tous les éléments d'inspiration, les idées génératrices, les principes fondamentaux et les grandes lignes historiques du labeur littéraire universel.
Au point de vue critique, l'ensemble des œuvres de M. Frédéric Loliée atteste en particulier un rare esprit de synthèse, le portant à dégager d'une multitude d'idées et de faits, rapprochés ou opposés entre eux, des sensations nettes , frappées de façon à ne plus sortir de la mémoire.
f^OSTflJ^D (Joseph-Eugène-HubePt)
• coNOMisTE, littérateur, membre de l'Institut, né à Marseille le 23 juin 1843. Il accomplit, au lycée de la cité natale, de brillantes études classiques, couronnées par le prix d'honneur de la ville de Marseille, et se fit recevoir licencié èslettres et en droit par les Facultés d'Aix.
Adjoint au maire de Marseille après le 16 mai 1877, M. Eugène Rostand fut candidat, sur le terrain de la -< République conservatrice et libérale », à l'élection législative du 27 janvier 1898, dans l'arrondissement de Castellane (Basses-Alpes), où il obtint 1,653 'voix contre 2,^29 à M.Arthur Picard, élu. Il se représenta dans la même circonscription, au renouvellement général de 1881 et obtiijt 1.720 suffrages contre 2,309 donnés au même concurrent. En 1893, il fut, à Marseille, avec un programme de républicain progressiste et de «réformes sociales pratiques>/, l'adversaire de M.Antide Boyer et eut une minorité considérable; mais M. Boyer, socialiste, fut élu.
M. Eugène Rostand a publié d'abord des poésies : Ebauches (1865) ; la Seconde page (Scheuring, 1866) ; Poésies simples (Sandoz et Fischbacher, 1874); les Sentiers unis (1876, Hachette) ; les Poésies de Catulle (1880, Hachette 2 vol.) traduites en vers français (vers à vers) avec un commentaire philologique d'Eug. Benoist, de l'Institut; ce dernier ouvrage valut à la traduction le prix Jules Janin, décerné alors pour la première fois par l'Académie française. Il a écrit aussi des études dispersées, notamment, dans le Figaro, sur les causes du suicide de Prévost-Paradol
et sur Henri Heine; dans la Revue de France, dans la Revue politique et parlementaire, \?iRc^or me sociale, ziz.
Depuis ;88s environ, M. Eug. Rostand s'est voué toutentier à l'étude et à l'essai de solution pratique de divers problèmes d'économie sociale. C'est la partie la plus importante de son œuvre.
lia publié dans cette voie de nombreux travaux, parmi lesquels il faut citer : les Questions d'économie sociale dans une grande ville populaire (Guillaumin, 1889), qui reçurentla médaille d'or du prix Audéoud à l'Académie des Sciences morales et politiques; la Réforme des Caisses d'épargne françaises (ib. 2 vol. 1890-1891), où il posait, pour la première fois en France, la question d'élargissement et de déconcentration du régime d'emploi étatiste des caisses d'épargne ; Une visite à quelques institutions de prévoyance en Italie i^b. 1891); L'Action sociale par l'initiative privée (2 vol. 1893-1897), qui reçut le prix décennal Bigot de Morogues; Le concours des Caisses d'épargne au Crédit agricole (1897), couronné au concours Biaise des 'Vosges ; les Comptes-rendus du Congrès du crédit populaire et agricole, publiés sous sa direction (10 vol. 1889-1898).
Comme action sociale, M. E. Rostand a mené dans toute la France une campagne de conférences pour propager les idées d'affranchissement et de décentralisation de l'épargne, les principes exacts et les méthodes du crédit populaire urbain et rural, de l'assistance par le travail, de la défense contre l'alcoolisme, etc. Il a été le promoteur ou le fondateur de 24 établissements d'épargne, de deux sociétés d'habitations ouvrières à bon marché, des Congrès et du Centre fédératif du crédit'populaire en France, de nombreuses caisses coopératives agricoles, d'une institution d'assistance par le travail, signalée comme type par l'Office du travail, etc.
M. E. Rostand a été directeur politique du Journal de Marseille et a collaboré, comme nous l'avons vu, à divers journaux de Paris et de la province. Il donne mensuellement au Journal des Débats des études remarquées sur le Mouvement social (1899).
Membre du Conseil supérieur des habitations à bon marché, de la Commission supérieure des caisses d'épargne, du Comité international permanent des accidents du travail et des assurances sociales, du Comité de l'Alliance coopérative internationale, président,depuis 1886, de la Caisse d'épargne des Bouchesdu-Rhône;depuis leur fondation, delaSociété d'habitations à bon marché et de l'Assistance par le travail de Marseille, il a reçu une médaille d'or de collabo-
rateur à l'Exposition d'économie sociale en i88q et le grand prix de la section d'économie sociale à l'Exposition universelle de Lyon en 1894.
Membre du comité des travaux historiques et scientifiques au ministère de l'Instruction publique, ancien président de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, M. Eugène Rostand a été élu comme membre libre à l'Académie des Sciences morales et politiques le 24 décembre 1898. Il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur à la suite de la réunion, à Paris, des Sociétés savantes, le -ji mai 1890 ; il est officier de l'Instruction publique, commandeur de la Couronne d'Italie, etc.
f^OSTflJ^lD (fllexis-Jean)
^DMiNisTRATELR, frère du précédent, né à Marl'u seille le 22 décembre 1844. Dès ses études k't^ terminées, et après un apprentissage de ç__^ -j- plusieurs années dans une maison de banque, il fut engagé, vers la fin de 1868, au Comptoir d'Escompte de Paris, comme sous-directeur de l'agence que cet établissement fondait à Marseille. Devenu, en 1876, directeur de cette agence, il lui donna rapidement une importance qui excédait celle d'une simple succursale: le montant des dépots s'y éleva jusqu'à 3=, millions et il fut signalé nominativement dans les rapports aux assemblées générales des actionnaires de 1884, 1887 et i888.
Lorsque survint, en 1889, la crise qui amena la liquidation du Comptoir ancien, les titres antérieurs de .VI. Kostand et la façon même dont il conduisit son agence pendant ces moments difficiles le firent appeler au poste de directeur général, à Paris, du Comptoir National d'Escompte reconstitué. Par son esprit d'initiative et de méthode, comme par sa ténacité, il a porté cet établissement à un haut degré de prospérité, et lui a donné un développement considérable.
M. Rostand s'était fait connaître, pendant sa jeunesse, par des productions musicales, surtout pour les voix et l'orchestre. La notoriété de ces travaux, qui lui valurent plusieurs distinctions flatteuses, fut assez sérieuse pour qu'une notice étendue lui fut consacrée dans le supplément à la Biographie universcUc des Musiciens , de Fétis. On lui doit aussi des études, — pour la plupart anonymes ou parues sous divers pseudonymes — d'histoire, de bibliographie ou de didactique musicale. Depuis long-
temps, d'ailleurs, le nom de M. Rostand n'a plus été associé à aucune publication de cet ordre.
y\. A. Rostand, chevalier depuis 1885, a été promu officier de la Légion d'honneur en 1896.
I^OSTAflD (Eugène-Alexis-Edmond)
oiiH. auteur dramatique, né à .Vlarseille le )'■' avril 1869. Fils et neveu des précédents, 'f? il commença ses études au lycée de Marseille et vint les terminer au collège Stanislas à Paris. En 1888, il prit ses premières inscriptions de droit et obtint la licence en 1891.
M. Edmond Rostand débuta dans la littérature par les MitsarJises, poésies, chez Alph. Lemerre; puis il écrivit les Romanesques, comédie en 3 actes, en vers, déposée à la Comédie française en 1891 et représentée seulement en 1894; cette pièce fut très favorablement accueillie par la presse et le public. Vinrent ensuite : la Princesse lointaine, pièce en 4 actes en vers, musique de G. Piernéi Renaissance 189s ,où triomphèrent. avec l'auteur, M^'Sarah Bernhard et M. de Max; la Samaritaine, pièce biblique, 3 actes en vers (Renaissance 1897 !, qui, dit un critique , '< restera un incomparable régal poétique et un triomphe pour les beaux vers qui signifient quelque chose » ; Cyrano de Bergerac, drame en 5 actes, en vers (Porte Saint-Martin 1897- 1899), un des plus grands succès du théâtre moderne, qui eut à Paris plus de 500 représentations consécutives et fut mis à la scène partout, en province et à l'étranger.
On connaît en outre de M. Edmond Rostand un Sonnet dédié à .M"" Sarah Bernhard et qu'il dit luimême à la fête donnée par la presse parisienne à la grande tragédienne (février 1897) • Pour la Grèce, poème dit aussi par l'auteur à la matinée organisée à la Renaissance au profit des blessés grecs et Cretois (4 avril 1897) et diverses autres poésies parues dans la Revue de Paris. nestenfinrauteurder^4/j^/oH, pièce en s actes destinée au théâtre Sarah Bernhard (^ancien théâtre des Nations) et* de la Maison des amants, pièce en vers, pour la Comédie française.
Poète d'une prestigieuse virtuosité, écrivain superbement doué et excellent dramaturge, M. Edmond Rostand a pris, jeune encore, une place très importante dans les lettres françaises.
Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1898, le soir de la première de Cyrano de Bergerac.
PHVIOt>fllS[(Gabpielt)UGdet^Ht^ÉCOUt^T de Lia VflLiLiÉE, JVIapquis et Due de)
■'iTTKRATEUR, né à Paris le 16 décembre 1856. 1(1 II appartient à une très ancienne famille «■ III v^ originaire de l'Argonne, qui figura aux Croisades et soutint toujours le parti français dans les luttes d'autrefois sur la frontière de l'Est, où Rarécourt fut jadis une sorte de petit territoire neutre. Plus tard, les Rarécourt de La Vallée contribuèrent puissamment à la réunion définitive de Toul à la France. L'un d'eux (1587-1607') fut le dernier évéque souverain de la cité, et le titre de grand-bailli d'épée des ville et pays de Toul devint héréditaire dans cette maison, qui a fourni beaucoup d'autres personnages remarquables.
Au moment de la Révolution, le chef de la famille était Charles-Jean de Rarécourt de La Vallée, marquis de Pimodan, comte d'Echénay, etc., brigadier des armées du roi. Il fit ses « preuves de cour, » qui se trouvent aux Archives Nationales (MM. 812, p. 79- 86. — 1766), et épousa Rose de Gouffier.
Son arrière petit-fils, Georges, marquis de Pimodan, général au service du Saint-Siège en 1860, remporta la victoire des Grottes contre les troupes irrégulières envahissant les Etats de l'Eglise et succomba héroïquement, le 18 septembre 1860, à la bataille de Castelfidardo, devant l'armée piémontaise. 11 avait épousé Emma de Couronnel, dame de la Croix- Etoilée d'Autriche, fille de Raoul, marquis de Couronnel et d'une des deux dernières princesses de Montmorency -La val.
Au mois d'octobre 1860, le Pape Pie ix conféra le titre de duc aux deux fils du général et à tous leurs descendants mâles et son successeur, Léon xiii, a adressé un bref confirmatif aux ducs de Rarécourt de La Vallée de Pimodan.
M. Gabriel de Pimodan, fils de Georges, sentit très jeune se développer en lui le goût des lettres et de la poésie ; mais,.destiné à l'état militaire par les traditionsde sa race, il entra à Saint-Cyr en 187=), dans un fort bon rang. Nommé sous-lieutenant en 1877, il se rendit à Rome « pour faire bénir son épée » par le pape Pie ix, peu avant la mort du pontife, qui l'accueillit comme un fils.
Sous-lieutenant au 89' régiment d'infanterie, M. de Pimodan s'intéressa vivement aux choses militaires ; mais il ne tarda pas à donner sa démission pour pouvoir se consacrer entièrement aux lettres.
Le Diclioininirc Liroitssc (siipplcmoit) cite M. de Pimodan comme un »■ poète distingué à la forme personnelle et un historien qui a publié des monographies intéressantes sur des sujets peu connus. »
Son premier volume de poésies. Lyres et Clairons, où de nombreuses pièces sont inspirées par le métier des armes, parut en 1881, sous le pseudonvme de « Raoul Fortunat » et fut remarqué. Depuis, ont été publiées de lui plusieurs volumes de vers : le Coffret de perles noires (1883) ; les Soirs de défaites (1887) ' foésies (1892) ; son plus récent : les Sonnets de Pimodan (1897), ^"^ l'objet de nombreux articles élogieux dans la presse française et étrangère.
A côté de ces œuvres poétiques, leur auteur a fait paraître, en s'aidant souvent des archives de sa famille et de nombreux documents inédits, des études historiques fort curieuses sur des sujets peu connus. Nous citerons : Histoire d'une vieille maison ; le Château d'Echénav (1882I ; La re'iinion de Toul à la France et les derniers évégues-comtes souverains, avec planches (1885) ; la Mère des Guises, avec portrait (18891 ; la Première étape de Jeanne d'Arc, avec une carte(i89i). 1
Après ses débuts, cet écrivain fut nommé à l'una- '
nimité membre de la Société des Gens de Lettres. .
En 1898, M. de Pimodan, qui était depuis long- \^Ê temps maire d'Echénay (Haute-Marne), vieille rési- ^^ dencede sa famille, fut élu conseillergénéral du canton de Poissons, sans concurrent et presque à l'unanimité des électeurs présents, sur un programme nettement patriotique, protectionniste et favorable aux « bouilleurs de crû. »
PiM0D.\N' ("Claude, Duc de Rarécourt de La Vallée, Comte et Duc de) , son frère, né à Paris le 20 juin 1859, entré à l'Ecole de Saint-Cvr en 1877, a suivi la carrière des armes. Il a épousé, en 188=,, }>['" Georgina de Mercy-Argenteau, dame de l'ordre de Thérèse de Bavière, dont il a trois fils et deux filles (Voir l'.Mmanach de Gotha : Maisons princières non souveraines).
Ancien élève de l'Ecole supérieure de guerre et breveté d'Etat-Major, il a été attaché militaire de la République française au Japon.
On a de lui un volume de voyage fort intéressant et d'un grand charme : De Gorit^ à Sofia (1892).
(maPie-Thérèse de SÉGUt^ Comtesse de)
;j.-|r'ANTATRiCE iiioiuiaine. née à Paris. Issue d'une S^ illustre famille qui a fourni à la France des ambassadeurs, des évéquesi des maréchaux, des ministres, des généraux, elle est la petite-fille de la comtesse deSégur,née Rostopchine, .mteur de nombreux livres pour la jeunesse.
A peine âgée de onze ans, M'" de Ségur se révéla artiste en interprétant, devant Gounod, qui était venu passer quelques jours à la campagne chez ses parents, l'air " des bijoux » de Faust, qu'elle avait entendu chanter dans une fête de bienfaisance. Le compositeur, ayant reconnu les plus remarquables qualités artistiques chez la jeune fille, en fit son élève; ensuite, .M'" de Ségur prit des leçons de chant de Pagans et devint rapidement une excellente cantatrice.
Douée d'une magnifique voix de soprano, d'une étendue de plus de deux octaves, chaude, vibrante et bien timbrée, admirable dans la vocalise, elle a obtenu, toutes les fois qu'elle s'est produite, le plus chaleureux accueil, aussi bien dans les salons que dans les concerts de charité.
*r Si elle voulait dchulcr au théâtre, disait Gounod. je composerais pour elle un opéra, et je lui assurerais un engageuient de 300,000 francs par an ».
Divers impressarii ont oft'ert à cette cantatrice des sommes considérables qu'elle a toujours refusées, à cause de sa naissance et de sa situation dans le monde.
M"" de Ségur a épousé, en 18S3, le comte de Guerne, d'une très ancienne famille du Nord^ où il a conservé des propriétés.
-M"" la comtesse de Guerne a chanté les œuvres de tous les maitres anciens et modernes ; mais elle a une prédilection pour l'école italienne.
Parmi les ouvrages qu'elle a interprétés avec le plus de succès, nous citerons Faust et Mireille, chez M"" la baronne Hcly d'Oissel ; Philemon et Baiieis, chez M""' la marquise de Jaucourt ; le Fanion Je Plocrmel, donné au profit de la Société Philanthropique, avec les chœurs et l'orchestre de l'Opéra- Comique, sous la direction de M. Danbé; le premier acte de Sap/io, à Douai, avec chœurs et orchestre de 150 musiciens, dirigé par Gounod; l'oratorio Mors et Vita, de Gounod, exécuté à la salle d'Harcourt, à Paris, et à Douai, etc. M"" la comtesse de Guerne a paru aussi avec éclat dans diverses solennités mondaines, à côté de Faure, des frères de Reszké, de
Maurel, de Emma Calvé, Gabrielle Krauss, Christine Xillson, Van Zandt, Albani, Rose Caron et autres célébrités artistiques.
MOISSOfl (iVIapeel-flpmand)
gjj^^^i.iNTRE. né h Champigny-sur-Marne le 6 oc- ]]l!s!5 tobre i86t. Entré, dès l'âge de treize ans, «^<i? dans l'atelier du décorateur Rubé, qu'il n'a o|\5/' plus quitté depuis cette époque, M. Moisson devint l'associé de son maitre et conquit rapidement une grande notoriété comme artiste.
En dehors des œuvres qu'il a exposées aux Salons annuels, il convient de citer, parmi ses productions pour le théâtre, dont le nombre est considérable, les décors suivants : pour les Variétés : Venise la nuit, qui fit sensation par sa vérité et sa grande difficulté d'installation; le Carnet du Diable, la Revue Je Sf>itaeJ, VŒU crevé, le Pompier Je service; pourl'Opéra- Comique : Sapho, Don Juan, CenJrillon, Cavalleria rusticana, Guernica, la VivanJiêrc, Orphée aux enfers, Chevalier Jean, Ninon Je Lenclos, Paul et Virginie, Fervaal, le Chevalier d'Hartnental, Werther, le Rêve, Manon, Phrync, Philemon et Baucis : pour la Comédie Française : les Catacombes Je Rome, dans la Martyre, les Ruines, dans Struensée (effet de clair de lune) ; Par le glaive, le Flibustier, FréJégonJe; V Arrivée à C//>'/!>rt% admirable efî'et de soleil couchant après l'orage et leJarJin d'Othello , avec ses palais, effet de plein soleil éblouissant, pour VOthello, de M. J. .\icard ; pour l'Odéon : le Roman d'un jeune homme pauvre, VA rlésienue, les Jacobites, Macbeth , les Fils Je Japhet , la Reine Fiammette; pour l'Athénée- Comique : Paris-sur-scène, Gentil crampon, Cocher, rue BonJreau! Madame Putiphar, p'ièce dans laquelle furent très remarqués les décors du Désert et du Nil dans sa vallée (eftets de clair de lune) ; pour la Comédie Parisienne : V Amour mouillé, Mademoiselle Eve ; pour les Folies-Dramatiques : la Cocarde tricolore (vue d'Alger), Rivoli, la Fille Je Paillasse ; pour l'Olympia : Barbe-Bleue etc.
M. Moisson a exécuté aussi des travaux de décoration en province, notamment au théâtre d'Elbeuf et a collaboré à l'immense plafond de V Hôtel des Ducs Je Bourgogne, à Dijon. Il a aussi décoré de nombreux palais et hôtels particuliers en France et à l'Etranger.
Cet excellent artiste exécute, pour l'Exposition universelle de 1900, un projet gigantesque qui occupera un emplacement de plusieurs milliersde mètres carrés dans le Palais Je la Mer. Combinant les eftets
de son art avec ceux de la lumière électrique, il doit faire assister le public à une Erupiion du Vcsiivc, engloutissant, sous la lave et le soufre, Herculanum et Pompéi. Aussitôt après, on verrait la ville de Naples, calme, avec ses barques et ses gondoles évoluant sur la mer lumineuse.
DUpEUlliLiE (François-Eugène)
tOMME politique et journaliste, né le i6 novembre 1842, h Rouen. Venu à Paris, au lycée Napoléon, pour se préparer au concours de l'Ecole Normale supérieure, il dût, pour des raisons personnelles, se consacrer d'abord à l'enseiseignement libre ; il fut le précepteur des enfants de M. Buffet et devint bientôt secrétaire de cet homme d'Etat.
En 1869, M. Dufeuilleentra,surla recommandation de Prévost-Paradol, dont il était le disciple et l'ami, ^\x Journal des Débuts, qui, bientôt après, lui confia la succession du même Prévost-Paradol, nommé ministre plénipotentiaire. Il quitta les Débats en 1872, en compagnie de MM. Saint - Marc - Girardin et Auguste Léo, à la suite de- dissentiments provoqués par la politique de M. Thiers.
Accueilli 2l\i Journal de Paris par M.Hervé, M. Dufeuille y demeura jusqu'en mars 187^, époque à laquelle M. Buffet le prit comme chef de cabinet, à la présidence de l'Assemblée nationale. Il conserva ces fonctions lorsque M. Buffet fut président du Conseil et ministre de l'Intérieur.
Au commencement de 1877, M. Dufeuille entra au Français, avec MM. François Beslay,Thureau-Dangin et Auguste Boucher, pour y défendre le principe monarchique qu'il a toujours soutenu. Il publia dans cette feuille, sous son nom et sous le pseudonyme de E. X..., un grand nombre d'articles des plus catégoriques et principalement le tableau de la politique annuelle qui fut très commenté dans le moment. Dès 1884, M. Eugène Dufeuille fut appelé dans les conseils du comte de Paris et dirigea avec une haute compétence la Correspondance nationale, lien véritable entre tous les organes royalistes de province.
Serviteur dévoué du comte de Paris, qui le tenait en estime particulière. M. Eugène Dufeuille resta auprès du duc d'Orléans l'homme de confiance jusqu'au mois de décembre 1897. A cette date il donna sa démission.
Entre temps, M. Eugène Dufeuille a collaboré au Correspondant et à la Revue de Paris , dans lesquels
il a publié des études très brillantes et très remarquées sur la politique et notamment une étude sur son ancien maître et ami Prévost-Paradol.
DflYflflUD (Ferdinand)
--—„-, i;blicisti: et ancien député, né à Aiguillon ^■0^ i Lot-et-Garonne; le 1" juin 1838. Après *^*'jS' avoir fait ses études classiques et reçu la JJÎ*^^ licence en droit, il s'occupa d'agriculture.
Choisi pour représenter le canton de Vic-Fezensac au Conseil général du Gers, en 1874, M. Daynaud fut candidat bonapartiste aux élections législatives du 21 août 1881, pour l'arrondissement de Condora et élu, au 1' tour de scrutin, le 4 septembre, par 9,797 voix, contre 9,498 au docteur Lannelongue, républicain. Il prit place dans le groupe des impérialistes de la Chambre et vota en toutes circonstances avec la Droite, notamment contre la séparation de l'Eglise et de l'Etat, contre le ministère Ferry, contre les crédits du Tonkin, etc. Très versé dans les questions financières, M. Daynaud prononça plusieurs discours sur la situation budgétaire et critiqua fréquemment la politique gouvernementale.
Aux élections générales du 4 octobre 188^, porté sur la liste conservatrice, il fut élu député du Gers, le 2' sur 4, par 45,539 suffrages et reprit sa place à la Droite du Parlement. Il vota encore contre les ministères républicains et se prononça contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement, pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution, contre les poursuites dirigées contre trois députés membres de la Ligue des Patriotes, contre le projet de la loi Lisbonne restrictif de la liberté de la Presse, contre la mise en accusation du général Boulanger, etc.
Réélu le 22 septembre 1889, député de l'arrondissement de Condom,au i^tour de scrutin et par 9,695 voix, contre 8,250 à M. de Ferrabouc, candidat républicain, M. Daynaud échoua, en 1893, contre M. le docteur Lannelongue, un de ses anciens concurrents.
Retiré de la vie publique depuis cette époque, M. Daynaud s'est voué à l'étude des questions économiques et financières, qu'il traite avec talent dans ry4î//()/-//r'. journal qu'il a fondé avec son ami, M. Paul de Cassagnac, et dont il est l'administrateur. En 1872, il avait aussi fondé V Appel au Peuple, à Auch, journal plébiscitaire.
pEf^I^Y (ChaPles-Emile-Liéon)
ÉPUTÉ et, ancien sénateur, né à Saint-Dié (Vosges) le 23 mai 1834. Frère de Jules Ferry, l'un des fondateurs de la troisième Républi- '^ ^ que (1832-1893), il fut, après le 4 septembre iS7<i, chef du cabinet deGambetta.
Au :!i octobre 1870, M. Charles Ferry, à la tète du loô" bataillon de la garde nationale, délivra ceux des membres du gouvernement , que les insurgés retenaient prisonniers à l'Hôtel-de-Ville.
Nommé préfet de Saône-et-Loire, le 20 mars 1871, par M. Thiers, il parvint, avec un bataillon de passage à Màcon,à arrêter, sans effusion de sang, l'insurrection du Creusot. Le 1=, octobre suivant, il fut envoyé en Corse, à titre de commissaire extraordinaire, lors de la session du Conseil général, que la candidature et la présence dans l'ile du prince Napoléon menaçaient de troubler.
Devenu préfet de la Haute-Garonne au mois de décembre, en remplacement de M. de Kératry, il démissionna après le renversement de M. Thiers, au 24 mai 1873. et rentra dans la vie privée.
x\u renouvellement législatif du 20 août 1881, candidat républicain dans la 2"' circonscription d'Epinal, M. Charles Ferry fut élu député par 6,t8'> voix, sans concurrent. Inscrit à l'Union républicaine, il prit bientôt une place import-mte à la Chambre. 11 ne se représenta pas en 188s; mais une élection sénatoriale ayant eu lieu dans les Vosges, le 29 avril 18S8, l'ancien député fut envoyé au Luxembourg par S26 suffrages, contre 361 à M. Figarol, conservateur et 112 à M. Morlot, radical. Au renouvellement triennal du s janvier 1891, il céda la place à son frère Jules, qui fut élu à son siège.
En 1891,. \1. Charles Ferry accomplit le tour du mtnde et fit un séjour assez prolongé auTonkin, qu'il visita entièrement.
Aux élections générales législatives de 1893, il fut élu député de la première circonscription de Saint- Dié, par 7,743 voi,x. contre 4,127 à .M. Claudel, monarchiste. Inscrit au groupe des «républicains de gouvernement », y\. Charles Ferry fut, au Palais- Bourbon, vice-président de la Commission du travail. Durant cette législature, il intervint dans les discussions relatives: à l'autorité paternelle dans le mariage I projet de loi Lemire), à l'impôt sur les boissons et au privilège des bouilleurs de cru, débat au cours duquel il a fait voter un amendement qui fixe la
provision réservée aux intéressés; à la suppression de la décoration de la Légion d'honneur pour les civils, etc. Il fit rejeter, comme rapporteur, la proposition Goblet en faveur du rétablissement du scrutin de liste et prononça un important discours contre la nomination du Sénat par le suffrage universel.
Réélu le 8 mai 1898, au premier tourdescrutin, dans la même circonscription et par 6,933 voix, contre 5,169 à M. Bouvier, radical, M. Charles Ferry se fit inscrire au groupe progressiste de la Chambre.
L'honorable député est vice-président del'.Xssociation Philothechnique.
ISflAC (Pieppe-AlexandPe)
ÉNATEUR et avocat, né à La Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 9 janvier 184s. Il fit ses études classiques au lycée de Rochefort (Charente-Inférieure;, suivit les cours de la Faculté de Droit de Paris et. une fois licencié, entra dans l'administration de l'Enseignement. Il y parvint au grade de sous-inspecteur et fut mis en disponibilité en 1879, pour être nommé directeur de l'Intérieur à la Guadeloupe.
M. Isaac se signala, dans ces dernières fonctions, par de nombreuses réformes, notamment par la réorganisation de l'instruction publique dans la colonie et la création du lycée de La Pointe-à-Pitre.
Au renouvellement sénatorial du i"' mars 1885, il venait à peine d'atteindre l'âge exigé par la loi, lorsqu'il posa sa candidature républicaine, en remplacement du général vicomte de la Jaille, sénateur monarchiste sortant et non rééligible. Il fut élu, au premier tour, sans concurrent, par 233 voix sur 272 votants.
M. Isaac participa aussitôt, dune manière très active, aux travaux du Sénat ; il prit part à un grand nombre de discussions, notamment à celles relatives à la loi sur l'organisation de l'Enseignement primaire, dont il obtint l'application aux colonies ; aux lois sur les sucres, sur les aliénés ; au projet Batbie, tendant à rendre la naturalisation plus facile et moins coûteuse (18S6) ; au budget, à propos des traités et conventions entre la France et la République Dominicaine (18S7): à la réorganisation administrative de rindo-Chine (1887) ; à la loi militaire, à son interpellation au sujet de l'abandon et de la mort de trois
indigènes, gardiens du drapeau français dans l'ile Akatras (Sénégal) (1888) ; à la proposition Bozérian, sur la nationalité et la naturalisation ; à la situation de la République d"Haiti vis-à-vis des Etats-Unis (1891), etc.
Sur la proposition de M. Isaac, le Sénat nomma, en 1890, une commission de dix-huit membres, chargée de l'examen des modifications à introduire dans le régime des colonies françaises. Choisi, à diverses reprises, comme rapporteur de cette commission, l'honorable sénateur fut appelé à défendre ses conclusions à la tribune.
Il est l'auteur du projet de loi sur l'organisation judiciaire de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion et a réclamé, avec M. Allègre, l'assimilation des colonies de la Guadeloupe et de la Martinique aux départements français, sauf quelques réserves de détail.
M. Isaac fut, en 1S92, l'un des délégués du Parlement chargé de se rendre en Algérie pour étudier sur place les questions intéressant cette colonie. A son retour, il déposa un rapport sur l'organisation judiciaire de l'Algérie. Précédemment, il avait présenté une proposition tendant à faire participer les indigènes musulmans, sous certaines conditions de sélection, à l'exercice des droits politiques.
Réélu sénateur de la Guadeloupe, le 4 février 1894, M. Isaac fut l'un des fondateurs du groupe de la Gauche démocratique. Membre de diverses commissions importantes du Sénat, comme celles de l'Armée, de la Marine, de l'Algérie, des compagnies de colonisation , des douanes , de la haute-cour de justice, de la réforme de l'instruction criminelle, etc., il a rédigé et soutenu une série de rapports ayant trait aux questions coloniales et judiciaires.
C'est M. Isaac qui prit l'initiative, en 1890, de la réunion du Congrès colonial national, qui a fait suite au Congrès colonial international tenu pendant l'Exposition universelle de 1889.
Vice-président du Comité de protection des indigènes à Paris, vice-président de la Société d'études coloniales et maritimes, l'honorable sénateur est intervenu fréquemment, dans la presse, pour la défense des intérêts coloniaux. Il a aussi publié plusieurs brochures sur des questions coloniales d'un haut intérêt.
GUmBEl^T
(M"" SCHlIiliEt^, née Yvette)
Irtisti; lyrique, née à Paris le 30 janvier :867. Issue d'une famille bourgeoise aisée, elle reçut une excellente éducation; mais après des revers de fortune elle entra comme vendeuse aux '< Magasins du Printemps >/.
Présentée à M. Sari, alors directeur des Folies- Bergères, celui-ci, reconnaissant en elle de véritables qualités artistiques, la recommanda au cri tique Edmond Stoullig. Devenue l'élève de Landrol, du Gymnase, M"' Yvette Guilbert fit de si rapides progrès, sous la direction de ce comédien, qu'elle put, au bout de six mois à peine d'études, débuter au théâtre des Bouffes du Nord, dans le rôle de M'"" de Nevers, de la Reine Margot (1886). Engagée au théâtre de Cluny pour y jouer le principal rôle de Rigobert, elle passa de là aux Nouveautés, puis aux Variétés, où elle parut dans Décoré, Barbe-Bleue, La Japonaise, Mam\ellc Nitoiiche (1886-1888).
M"" Yvette Guilbert s'orienta ensuite vers le caféconcert, où, dès les premiers soirs, elle obtint le plus grand succès, grâce à son originalité, à sa bonne humeur et à son intelligence. Encouragée par les éloges des journalistes et les applaudissements du public, elle persista dans cette voie et ne tarda pas à conquérir la célébritédans un genre lyrique dramatique bien personnel, qu'elle a créé. Successivement pensionnaire du Divan Japonais, de l'Eden-Concert, du Concert-Parisien, du Nouveau-Cirque, des Ambassadeurs, où la fantaisie, la diction nette, martelée, impeccable, la voix claire et mordante de la jeune artiste, reçurent un accueil triomphal. M"" Yvette Guilbert vit, en février 1S91 , sa réputation consacrée dans une conférence faite au Théâtre d'application par M. Hugues Le Roux. Quelque temps après, elle signait, avec M. Marchand, un traité l'engageant pour l'hiver à la Scala, et l'été au Concert des Ambassadeurs.
M"° Yvette Guilbert a fait de nombreuses tournées en France et dans toute l'Europe, notamment en Angleterre, en Autriche, en Russie et en Allemagne. Partout elle a été l'objet des plus enthousiastes acclamations. Elle est devenue aujourd'hui, par l'originalité particulière de son talent, une personnalité unique, bien à part, dans l'art lyrique.
Pendant une tournée en Amérique, en 1896, M"° Yvette Guilbert connut M. Schiller, chimiste distingué, qu'elle épousa à Paris, le 22 juin 1897.
Son mari appartient à une riclie famille et a pour frères et neveux des avocats, des ingénieurs et des architectes.
Le répertoire de M"" Yvette Guilbert est considérable et renferme des centaines de chansons et de morceaux, des genres les plus divers, depuis les Chansons sans gêne, de Xanrof, le Chemineux , les Confessions d'une Femme du Monde, les Bonnes grosses Datnes, le Coq ronge, les Souvenirs d' Yz\'ttc en i8çp. Vive la Liberté', jusqu'aux Soliloques du Pauvre, de Jehan Rictus, et Pessima, du poète Redelsperger. La fine diseuse, qui a créé tout son répertoire, est aussi la collaboratrice de ses chansonniers, avec lesquels elle travaille sans cesse.
M""' Yvette Guilbert, abandonnant un peu la chanson dite '< rosse», que la mode lui imposa longtemps, tenta, en 189g, une évolution vers un genre nouveau pour elle, en interprétant plusieurs récitatifs dramatiques, que le public accueillit favorablement.
JWflJSlfltlT (ppédépic-VietoF-Adolphe)
■"^^NGiÎNMEUR et littérateur, né le 8 mai 1808, de parents français, à Reus (Espagne), où son
père était alors ingénieur en chef des chemins de fer du Nord de l'Espagne. Il fit ses études classiques à Perpignan et au lycée de Toulouse ; puis il entra, comme élève, à l'Ecole centrale des Arts et Manufactures, en 1888.
Sorti de cette école en 1894, avec le diplôme d'ingénieur-mécanicien, M. Frédéric Manaut s'occupa pendant quelques années d'expertises industrielles; suivant en même temps les cours de la Faculté de Droit de Paris, il prit la licence en 1895.
Au mois de juillet de l'année suivante M. Frédéric Manaut était appelé à la direction de la " Société générale des Industries économiques», qui, sous son administration, a pris un très grand développement pour l'installation des moteurs " Charon » à gaz ou à pétrole, destinés à produire de la force motrice ou de l'éclairage électrique. Cette société exploite également les gazogènes au bois " riche, » appareils d'invention récente, qui peuvent permettre dans tous les pays boisés et principalement dans nos colonies et pays de protectorat (Annam, Tonkin, Tunisie, .\ladagascar, etc.), où le pétrole et le charbon sont d'un prix inabordable, de créer une force motrice constante, aussi importante qu'on la désire, par la seule utilisation des déchets de bois. M. .Vlanaut est aussi administrateur de diverses
autres sociétés industrielles françaises; il a fait, avec . succès, des conférences sur des sujets scientifiques et industriels, à Paris et en province, notamment à la Société des Ingénieurs civils de France, et à l'Athénée de Bordeaux. Il a donné des articles scientifiques au journal la Nature, et des nouvelles à plusieurs revues et journaux quotidiens.
11 est l'auteur d'une très jolie pantomime : Ce que femme veut, créée par M"" Diéterle et reprise en 1898 par M"" Jane Henriot et M. Veyret, de la Comédie-Française.
OGÉ (Pieppe-pPançois^MaPie)
cuLPTiiUR, né à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) le 24 mars 1849. Fils d'un artiste de mérite, sculpteur lui-même, Pierre-Marie Ogé, dont les œuvres décorent les principaux monuments de Bretagne, M. Pierra,Ogé reçut de son père les premières leçons artistiques. Il apprit tout ensemble la sculpture sur pierre et sur bois et vint à Paris, en 1867, pour entrer dans l'atelier de Carpeaux, qui avait été, lui aussi, l'élève de Pierre-Marie Ogé. Sous la direction de ce maître, le jeune statuaire monta la fontaine du Luxembourg, travailla au fronton de l'Hôtel-de-Ville de Valenciennes et à la statue de 'W'atteau. 11 reçut aussi les conseils de M. Eude.
Lors de la guerre de 1870, M. Pierre Ôgé s'engagea comme volontaire dans l'armée de la Loire. Après la paix, il revint auprès de Carpeaux, qui l'associa de nouveau à ses travaux.
.M. Pierre Ogé exposa pour la première fois au Salon de 1873, où il envoya un Buste aux initiales. Il a produit depuis, notamment: Portraits d'André et de Maurice; M. G.. P..., médaillons terre cuite (1878); Bustes sous initiales (1879) ; Pilleur de Mer, statue bronze,aujourd'huiérigéeauxButtes-Chaumont(i88o); Virginie, statue plâtre, qui obtint une mention (18S3) ; le Baptême Gaulois, groupe plâtre (1885) ; le Roi de Mer, statue acquise par le musée de Lorient (1886); Bri^eux, statue inaugurée à Lorient et dont le plâtre figura au Salon de 1888 ; Poulain-Corbion, statue du maire de St-Brieuc tué en 1799 par les royalistes (18891 ; A/k'' Boucher, statue pour la cathédrale de St-Brieuc (1891); Monument des mobiles des Côlcsdu- Nord tués pendant la campagne de 1870 (1892); Monument de Gounod, une des plus belles œuvres de cet artiste (1894) ; Ahe^, statue en plâtre (!896) ; Paul Scbillot, buste bronze et Gyp, médaillon bronze(i897);
A. NoussriUi, buste plâtre (1898I; Dnpny de Lômc, statue qui doit être élevée à Lorient (1899).
M. Pierre Ogé est, de plus, l'auteur de nombreux bustes non exposés, parmi lesquels il faut mentionner ceux de M. ChrisSophh\ député, ancien gouverneur du Crédit Foncier de France; de. Merlin Je Douai, l\u\ figure aujourd'hui à la Salle du Jeu de Paume de Versailles; de Desanx, àl'Ecolede Médecine de Paris; deFustel Je Coulange, qui est à l'Institut et dont une reproduction se trouve à l'Ecole Normale supérieure; de M'"" de ChasseJoup-Lanbat, etc.
On lui doit encore une figure allégorique de la Bretagne, placée à l'Hôtel-de-Ville de Vannes, un œil-debœuf à IHôtel-de-Villede Paris, les statues du Chauffage et de V Eclairage pour la Compagnie du Gaz, à Paris; Marguerite, de Faust, statuette très populaire, éditée par Suze et dont le succès fut considérable, etc.
Cet excellent artiste a été médaillé à l'Exposition universelle de 1889 ; il est officier d'Académie depuis
IROCH (Gustave)
^l^â HPiiTÉ et avocat, né à Aigrefeuille (Loire-Infé-
mbdu Heure) le 10 mars 1844. Ses études classiques terminées dans sa ville natale, M. Roch vint faire son droit à Paris où, après avoir obtenu ses divers diplômes, il se fit inscrire comme avocat. Peu de temps après il rentra à Nantes, et il ne tarda pas à occuper une place distinguée au barreau de cette ville. Lorsque survinrent les événements de 1870, il s'engagea dans une compagnie de volontaires formée à Nantes et fit la campagne comme sergent dans l'armée de la Loire.
M. Roch avait pris une part active aux luttes politiques qui signalèrent les dernières années de l'Empire et notamment à la campagne anti-plébiscitaire de 1870. En 1873, il fut élu conseiller général par le quatrième canton de Nantes, et aux élections législatives successives de 1876, de 1877 et de 1881, sur les instances de ses amis, il accepta la candidature dans la troisième circonscription de Nantes; mais il échoua chaque fois contre le candidat conservateur.
Aux élections municipales du i"' mai 1892, il fut élu avec la liste républicaine et désigné comme premier adjoint de Nantes.
Candidat dans la deuxième circonscription de Nantes, présenté par les comités de l'alliance républicaine, au renouvellement législatif de 1S93, il fut
élu député par 7,163 voix contre s, 433 données à M. Le Cour de Grandmaison, conservateur. Dans son programme, M. Roch admettait le principe de révision de la constitution dans un sens républicain et démocratique, l'extension des libertés communales, la création d'habitations ouvrières, la réduction des frais de justice, etc.
Réélu, en 1898, par 7,978 voix contre 5,492 à M. Giraudeau, avocat, .monarchiste, l'honorable député a été, à la Chambre, membre de diverses commissions, notamment de celle relative au projet de monopole de l'alcool par l'Etat (1893-1898), de celles du Commerce et de l'Industrie et des Sociétés coopératives. Il a pris part à la discussion des divers budgets annuels.
Secrétaire du groupe de l'Union progressiste, M. Roch fait aussi partie du groupe de défense des intérêts des ouvriers et employés de l'Etat, des chemins de fer, des ports de guerre, de la marine marchande, etc.
CflSPnt^I (Chnétien-Edouard)
^(^â^NGKNiEUR hydrographe et professeur, né à Saintei^Ib Marie-aux-Mines (Haut-Rhin) le 13 septembre ^ls> 1840. Entré, en 1860, comme élève, à l'Ecole ^^ Polytechnique, il fut reçu ingénieur hydrographe en 1862.
De cette époque à 1867, M. Caspari séjourna au Dépôt de la Marine , faisant chaque année cependant des travauxhydrographiques surlescôtes de la France. De 1867 à 1869, il opéra la reconnaissance hydrographique de la Guadeloupe; de 1869 à 187=;, il fut adjoint au service des chronomètres et instruments scientifiques au Dépôt de la Marine ; il accoBiplit de nombreux travaux sur ces instruments et, en 1872, fut chargé de l'hydrographie du bassin d'Arcachon ; en 1874 de celle de la Gironde; en 1875 de celle de l'embouchure de la Seine et, de 1877 à 1879, d'une mission hydrographique en Cochinchine, du levé des côtes du golfe de Siam, de l'Annam et duTonkin.
Depuis lors, M. Caspari s'est livré à un grand nombre de travaux d'astronomie et d'hydrographie, au Dépôt de la Marine et aux Commissions nautiques du littoral. En 1883, il fut chargé de travaux hydrographiques dans la Rance et se rendit, en 1885, en mission à Obock et Cheik-Saïd, puis il fit une remarquable reconnaissance des abords de Brest en 1887.
M. Caspari a publié de nombreuses œuvres, cartes ' et livres, notamment : Météorologie nautique (1873);
Etudes sur le mécanisme et la marche des chronoiiictres {1876); Travaux sur les chronomètres; la Boussole ; Rapports sur les ports de mer (1879-86) ; Discussion de positions géographiques (1886); Cours d'astronomie pratique {1 vol. 1888 - 1889) ; Aidemémoire sur les chronomètres de la Marine, paru dans V Hiicyclopédic Scioitiftqne de Léauté.
Ce savant, entr'autres récompenses, a obtenu : en 1877, le prix de mécanique, pour les chronomètres; en 1890, le prix de la marine militaire pour le cours d'astronomie, décernés tous les deux par l'Académie des Sciences. De 1892 à 1894, M. Caspari a été viceprésident, puis président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
Délégué cantonal du v" arrondissement de Paris, président du Comité national des« Unionschrétiennes de jeunes gens, >/ et de la Commission executive du Synode de la Confession d'Augsbourg, M. Caspari est officier de l'ordre du Cambodge(i878), officier de l'Instruction publique (1888) et officier de la Légion d'honneur depuis 1884.
(Rugustin-pernand Comte de)
KPUTK, né à Alais (Gard) le 27 mars 1847. WW '**^ d'une ancienne famille de la région, il
fit ses études à Paris. Lors de la campagne de 1870-71, il s'engagea dès les premières hostilités, fut promu sous-lieutenant, puis lieutenant de mobiles et fait chevalier de la Légion d'honneur pour fait de guerre.
A la paix, le comte Fernand de Ramel se fit recevoir docteur en droit et suivit la carrière administrative. 11 fut successivement sous-préfet d'Apt (1873), de Castelnaudary (187s) et secrétaire général de la préfecture d'Ille-et-Vilaine en 1877. Démissionnaire deux ans après, il se fit inscrire au barreau de Paris et fut nommé, en 1881, avocat à la Cour de cassation et au Conseil d'Etat, oîi il s'est créé une situation importante.
Conseiller général pour le canton Est d'Alais dès 1886, M. Fernand de Ramel fut élu député de la deuxième circonscription d'Alais, aux élections générales de 1889, par 9,389 voix, contre 6,130 à M. Silhol, ancien député républicain, et 1,9=14 à M. Audibert, socialiste.
Réélu dans la même circonscription en 1893, par ii,isovoi.x sans concurrent et en 1898 par 9,471 voix contre 7,888 à M. Rouquette, socialiste, le comte
de Ramel a été, à la Chambre, membre, puis viceprésident et président du groupe de la Droite. iMonarchiste déclaré, « il veut la monarchie comme les républicains libéraux pourraient l'accepter et ne comprend la république que comme les monarchistes libéraux pourraient la servir. » Protectionniste, il appartient aussi au groupe agricole.
L'honorable député du Gard a pris part à un grand nombre de discussions parlementaires, notamment sur les tarifs douaniers, en faveur de l'industrie séricicole, de la liberté de la presse, etc. Il a déposé d'importants projets de loi : l'un, sur la caisse des retraites, s'appliquant aux travailleurs industriels et agricoles, pris en considération par la Chambre et misa l'étude par la Commission du travail; d'autres sur les conseils permanents d'arbitrage et de conciliation, sur les indemnités en cas d'erreurs judiciaires et d'arrestations arbitraires, sur la garantie de la liberté individuelle, etc. 11 a déposé également un contreprojet sur l'assurance obligatoire contre les accidents dont les ouvriers sont victimes dans l'exercice de leur profession, qui fut voté en 1893. Il a fait partie de nombreuses commissions, notamment de celles des réformes judiciaires, du Panama, du Travail, etc.
M. Fernand de Ramel, jurisconsulte estimé, a publié divers ouvrages de droit, notamment un Commentaire de la loi sur l'organisation municipale (de 1884 à 1886, cinq éditions) ; un Commentaire de la loi sur la contribution des propriétés bâties (Paris 1890) ; un Commentaire de la loi sur les dommages résultant des travaux publics (Pzùs 1893). En outre, il est le fondateur et le directeur d'une revue considérable de jurisprudence, la Revue du contentieux des Travaux publics et a été, à ce titre, fait officier d'Académie.
Slf^OT (CésaP-HenFi-Heetop)
ÉPUTÉ, né à Valenciennes (Nord) le 27 octobre 1844. Frère de M. Sirot-Mallez (184S-1898), qui fut député du Nord de 1892 jusqu'à sa mort, il fit ses études à l'Ecole de Commerce de Paris et rentra, en 1863, dans sa ville natale, où son père, maître de forges, l'associa à ses travaux. \u 4 septembre 1870, M. César Sirot s'engagea dans le f zouaves, qui prit part, avec l'armée de l'Est et celle de la Loire, aux actions de Chàtillon- Cusset près Besançon, de Beaune-la-Rollande , de ■Villersexel, etc.
Rentré à Valenciennes, où il succéda à son père
dans son industrie, M. César Sirot devint maire de Trith-Saint-Léger en 1878; il a conservé cette fonction sans interruption depuis ce temps. Il a été en outre conseiller d'arrondissement et est devenu conseiller général du Nord, pour le canton sud de Valenciennes, depuis plusieurs années.
Après la mort de son frère, sollicité par les comités républicains de se porter à la succession de celui-ci, M. César Sirot se présenta à l'élection législative partielle du 22 janvier 1899, dans la 3° circonscription de Valenciennes, et fut élu député par 8,974 voix, contre 7,760 à M. Selle et 520 à M. Remy, socialiste.
Républicain indépendant, M. César Sirot, qui s'est présenté avec le programme des progressistes, n'est inscrit à aucun groupe politique de la Chambre. Libre-échangiste, il est partisan des traités de commerce en économie politique.
fllCOIlSl (iVIaPie'-Chaï'les-.liouis)
I^D>UNiSTR.\TF,UR, écrivain, né à Paris le 14 Il juin 1817. Fils de Joseph-Philibert Aigoin, ancien payeur du Trésor public, originaire du Gard, il est petit-fils, par sa mère, née Bôîeldieu, du célèbre compositeur.
Après avoir fait ses études classiques dans les collèges ou lycées de Besançon, Toulouse et Bordeaux, il fut reçu licencié à la Faculté de Droit de Paris et entra, en 18^6, dans l'administration de l'Enregistrement et des Domaines, où il devint employé supérieur et conservateur des hypothèques. Il a été admis à la retraite en 1884.
Rédacteur au Journal des Conservateurs des hypothèques, M. Louis Aigoin a aussi collaboré à diverses revues administratives. Depuis 1879, il fait partie du comité de l'Association amicale des membres de l'administration de l'Enregistrement, dont il a été président pendant neuf ans, et dont il est resté président honoraire. Sous sa direction, cette association, reconnue d'utilité publique par décret du s juillet 1880, a fait des progrès considérables. Elle compte près de 4,000 sociétaires et distribue d'importants secours.
Après sa mise à la retraite, M. Louis Aigoin s'adonna à des travaux littéraires. Il est administrateur de la Société historique et archéologique du Vexin et membre de la Société historique d'Auteuil et de Passy. Il est membre et ancien président de la Société philothechnique, fondée en 179s. Il a publié divers ouvrages ; citons : Discussion relative au
Dicton sur Pontoise (1884); Rêveries et Réalités, poésies (1886); Réalités de la vie, pensées, avec préface de Paul Perret (i89'5); Notice sur Félix Arvers et variations sur les rimes de son sonnet (1897); le Mystère du sonnet d' Arvers (1898); VAnge de la Charité, légende symbolique dédiée aux œuvres de bienfaisance (1899).
Les Réalités de la Vie font partie de la '< Collection des moralistes » éditée par Ollendorff. Les pensées que renferme ce recueil avaient été déjà publiés dans la Revue de la France Moderne, la Revue hebdomadaire, V Illustration, le Gaulois, etc. Elles révèlent un esprit original, observateur, connaissant par le menu le cœur humain, et un caractère indulgent qui voit de haut les hommes et les choses. Ce livre a obtenu un grand succès en France et à l'étranger; il a été présenté, dans les termes les plus flatteurs, à l'Académie des Sciences morales et politiques, par le sénateur Bérenger.
La presse a fait également le meilleur accueil à la Notice sur Arvers et aux deux réponses au fameux sonnet, construites sur les mêmes rimes. Ces deux réponses, fort applaudies dans maintes réunions littéraires, rattachent le nom de M. Louis Aigoin à celui de Félix Arvers.
SI^BAI]^ (Hélène)
|RTisTi: lyrique, née à Agen (Lot-et-Garonne) le 16 novembre 1874. Fille d'un entrepreneur de serrurerie, elle manifesta, dès la plus extrême jeunesse, d'heureuses dispositions artistiques. Après avoir, dans sa ville natale, sérieusement étudié la musique et le piano , M"' Hélène Sirbain vint à Paris pour y faire son éducation vocale (1890). L'année suivante, elle entra comme élève au Conservatoire, où elle eut pour maîtres MM. Crosti pour le chant et Melchissédec pour la déclamation lyrique. Lauréate dans ces deux classes au concours de sortie, en 1895, elle chanta d'abord dans les grands concerts, notamment à Gand U89S), avec son professeur Melchissédec, puis elle fit une saison au théâtre de Cauterets (1896), et à Monte-Carlo.
Devenue pensionnaire de lOpéra-Comique sous la direction Carvalho, M"" Sirbain effectua ses débuts dans le rôle de Santu^a, de Cavalleria Rusticana, au mois de septembre 1897. Chaleureusement accueillie par le public et la critique, cette cantatrice se produisit encore avecéclat dans ia/Z^-ffo»/;/;, puis
partit en tournée dans le Midi de la France, où elle obtint un très grand succès, notamment à Agen, dans Carmen et Ftiitst (juin 1898).
Rengagea au théâtre national de l'Opéra-Comique en novembre 1898, M"° Sirbain a obtenu, sur notre deuxième scène lyrique, des succès particulièrement brillants dans Cavalier ia Riisticana et Zaïnpa.
Cette artiste a créé au théâtre des Mathurins, les '< chansons populaires gasconues, /, qu'elle a ensuite chantées dans de nombreux salons parisiens.
Douée dune voix très étendue, harmonieuse et souple, M'"' Sirbain, est devenue, très jeune, l'un des meilleurs sujets de la troupe de l'Opéra-Comique.
WICKERSHEIJVIER (Chaples-Émile)
Ë~ NGÉNiEUR, écrivain, ancien député, né à Strasbourg le 22 février 1841). Elève de l'Ecole ---- polytechnique de 1868 à 1870,11 s'engagea pour la durée de la guerre, entra ensuite à l'Ecole supérieure des Mines, fut nommé en 1874 ingénieur des mines et promu en 1890 ingénieur en chef. Il est, depuis cette même année, membre du Conseil d'administration des Chemins de fer de l'Etat et, depuis 1896, ingénieur en chef de l'arrondissement niinéralogique et inspecteur général des carrières de la Seine
M. Wickersheimer s'est fait apprécier, comme ingénieur, par ses travaux et ses publications. Il a pris des brevets pour la perforation des galeries de mines (1883) et pour un projet d'écluses des grands canaux de navigation 1 1886). 11 a obtenu deux médailles de bronze à l'Exposition universelle de 1878 pour ses analyses des eaux minérales et des minéraux de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.
11 est l'auteur de mémoires importants sur YEtiuie du baromètre (1876), la Législation des Alines [iS-]"]), le Terrain glacier des Pyre'necs-Orientales (1885), le Canal des Deux-Mers, le Rachat des chemins de fer, etc. II a écrit l'article Aliimiiiium dans V Encyclopédie chimique de Fremy et fourni de nombreux articles scientifiques aux Annales des Mines et d'autres, dans la Nouvelle Revue, sur la Politique coloniale : il a donné, dans la Justice, une importante et intéressante relation de Voyage en Alsace-Lorraine tX'çnbWéenwolu.mes: l'Europe en iSgo : l'Alliance franco-russei 1892).
M. Wickersheimer, inscrit sur les deux listes républicaines de l'Aude, aux élections législatives de 1885, fut élu député, au scrutin de ballottage, le 18 octobre, par 4^,700 voix sur 73,917 votants. A la Chambre,
il se créa très vite une place prépondérante dans les débats où sa compétence pouvait se manifester. Il s'éleva, le 17 avril 1886, contre le projet de loi sur les valeurs à lots pour la Compagnie de Panama. Il s'occupa, dans cette législature, surtout de questions de chemins de fer, de finances et de défense nationale. Rapporteur du budget de la Guerre, membre de la Commission du Budgeten 1889, il prit la parole dans les débats concernant la marine (interpellation sur les torpilleurs et travaux du fortde Cherbourg, etc. .Plusieurs fois rapporteur de la Commission des chemins de fer et de la Commission de sécurité y relative (1887-1889), il fit adopter ses conclusions, malgré l'opposition du ministre des travaux publics d'alors, M. Yves Guyot.
Au renouvellement général de 1889, M. Wickersheimer se présenta comme candidat radical dans la 2'' circonscription de Carcassonne et échoua, le 22 septembre, obtenant 5,885 voix, contre 6,558 à l'élu, .M. Théron, boulangiste.
Propriétaire dans l'Ariège, il posa sa candidature dans ce département, à Pamiers, à l'occasion d'une élection partielle, quelques mois avant la fin de la législature. Elu par 10,600 voix contre 7,48=, à M. Julien Dumas, le 8 mai 1893, M. Wickersheimer eut le temps de prendre part à diverses discussions à la Chambre et notamment à celle du Budget.
Aux élections générales de 1893, candidat dans la même circonscription, il obtint 8,765 voix, tandis que son concurrent, M. Julien Dumas, était élu avec 8,870.
M. Wickersheimer est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1890.
GAYRflï^D-PflCirlI (JV!""" Paule) [rofesseur de piano et de chant, née à Vienne (Autriche), d'un père français et d'une mère -m^^ italienne. Petite-fille du côté maternel de <J^Sy^ Jean Pacini, le célèbre éditeur de Rossini ; nièce d'Emilien Pacini, poète de talent, qui fut l'un des trois censeurs du ministère des Beaux-Arts sous l'Empire, elle est, du côté paternel, la petite-fille du statuaire et graveur en médailles, Raymond Gayrard, morteni8=,8,etla fille de Paul Gayrard, sculpteur,dont plusieurs œuvres ornent l'une des cours du Louvre.
Dès la plus tendre enfance, elle montra de remarquables dispositions pour la musique et entra au Conservatoire de Paris, où elle remporta un i"prix de piano. Elle se produisit ensuite comme virtuose et son succès fut tel que, après s'être fait entendre au
Saint-James-Hall et au Cristal Palace de Londres, elle fut nommée professeur des trois princesses de Galles, petites-filles de la reine Victoria.
M"'° Paule Gayrard- Pacini habita pendant dix années l'Angleterre, où elle pratiqua et fit adopter l'enseignement du Conservatoire de Paris. Durant son séjour à Londres, elle eut souvent l'occasion de faire de la musique avec les professeurs de chant Garcia et Lamparti, qui lui demandèrent sa collaboration.
Rentrée à Paris en 1890, cette éminente artiste y a fondé un cours de chant et de piano d'où sont sorties de brillantes élèves, aujourd'hui pensionnaires de divers théâtres d'Europe et d'Amérique.
M'"" Paule Gayrard-Pacini est officier d'Académie depuis 1891.
VirlCEflT (Max)
; vocAT, conseiller municipal de Paris, né à Saint-Benoist-sur-Loire (Loiret) le 21 avril
Venu, dès son enfance, avec sa famille, à Paris, il fit ses études classiques au lycée Saint-Louis et suivit les cours de la Faculté de Droit, où il prit successivement les grades de licencié et dé docteur. Pour obtenir ce dernier diplôme, M. Max Vincent soutint une thèse très intéressante sur les Exécuteurs testamentaires. Inscrit au barreau de Paris en novembre 1881, il ne tarda pas à devenir secrétaire de la Conférence des avocats et acquit au Palais une importante situation. 11 joint à une grande facilité oratoire une science approfondie des lois.
En 1890, M. Max Vincent se présenta, comme candidat républicain, aux élections municipales, dans le i\' arrondissement de Paris, contre M. G. Berry. qui fut élu avec 1,500 voix de majorité; mais les élections de 1894 l'envoyèrent au Conseil municipal. Après une lutte des plus vives, il obtint une majorité de 940 voix contre MM. de La Barre, René d'Hubert et Nicoullaud. Réélu, en 1897, par 1,6'io suffrages, contre 850 à M.Charles Boullay, royaliste, et 3 10 à M. Piétri, républicain, M. Max Vincent appartient au groupe des républicains modérés du Conseil.
Chargé de rapports importants pour les budgets successifs de 1895 à 1898, notamment sur la reconstitution des actes de l'état civil, les dépenses des mairies d'arrondissements, sur les promenades, etc., M. Max Vincent est membre de la Commission des travaux de Paris, du Conseil d'administration du collège Rollin, de la Commission de révision des
concessions dans les promenades ; de la Commission mixte (^es omnibus et des tramways et de celle du Métropolitain. Il a pris la parole dans un grand nombre de discussions.
Président du comité de contentieux du Touring- Club de France, M. Max Vincent est, depuis 1892, vice-président de cette société, qui compte 71,000 membres.
M"'" Tola DOf^IAJ^ (née Ppineesse
jwestchhïrsk;!)
f'^'*'*^ oi;TH et auteur dramatique, née à Saint- Pétersl bourg (Russie). Elle débuta dans la littérature, de bonne heure, en publiant des vers dans sa langue maternelle, puis s'adonna à l'étude des divers idiomes européens et travailla plus spécialement le français.
Admise dans l'intimité de Victor Hugo, M"" Tola Dorian donna au Voltaire %^ première poésie, qu'elle dédia à l'illustre poète (.1885) celui-ci rendit hommage en termes flatteurs.
Excellant, dans la force, l'harmonie du rythme et du nombre français, cet écrivain a publié des recueils de vers intitulés : Poèmes lyriques, Vespérale, Ode â Victor Hugo, Roses remontantes , tous d'une grâce exquise et où s'affirme en même temps un souffle puissant.
M"" Tola Dorian a fait paraître aussi des traductions appréciés de Schelley : Les Ceneï , Prométhée délivré , Hellas et la Reine Af^zi^è,- qui appelèrent leur auteur à faire partie de la Société Schelleyenne de Londres. Sous le pseudonyme de « Fromont », elle a fait œuvre d'auteur dramatique avec: Virginité fin de siècle. Mineur et Soldat, au Théâtre Libre; Tamara, représentée avec succès au Théâtre d'application.
Elle a terminé plusieurs autres pièces, notamment : Finalement, drame en 4 actes, reçue aux« Escholiers>y; le Droit de la Mère, drame en s actes; Georges Carrel, i acte en vers, destiné au Théâtre Libre.
M"" Tola Dorian a donné en librairie : Felicie Ariescalghiera, roman qui fut très bien accueilli par le public lettré ; Y Invincible race, un volume sur le cheval, avec gravures, luxueusement édité (1899).
Cet écrivain a collaboré aux principaux journaux et revues de Paris, tels que le Supplément littéraire du Figaro et a fondé la Revue d'Aujourd'hui, où se se sont fait connaître beaucoup de jeunes littérateurs de talent.
BEl^flAt^D (Jean-Gustave)
ÉKNATEUR, né à Beaume-les-Dames (Doubs) le 1 1 novembre 1836. Il fit ses études classiques au Ivcée de Saint-Omer et celles de droit à Paris. Inscrit au barreau de sa ville natale, il devint maire de Beaume en 187'^ et conseiller ■lénéral du Doubs pour le canton en 1876; il est devenu depuis président de rassemblée départementale. Pendant la guerre de 1870-71, M.Gustave Bernard avait commandé d'abord le 2^ bataillon des mobilisés du Doubs, pais avait été nommé, par le gouvernement de In Défense nationale, lieutenant-colonel de la 2'' légion ; il fit. en cette qualité, la campagne de l'Est, sous les ordres de Bourbaki.
Candidat républicain aux élections législatives du 4 octobre 1877, qui suivirent la dissolution de la Chambre par le gouvernement du 16 mai, M.Gustave Bernard échoua contre .M. Estignard, candidat officiel. Cette élection ayant été invalidée, il battit alors son concurrent avec 7,479 voix, contre 7,070. 11 siégea à la gauche républicaine et fut réélu, le 21 août 1881, par 8,^4=1 suffrages, contre 6,156 au même adversaire. Il prit part à diverses discussions, notamment à celles ayant un caractère agricole ou économique, dans le sens protectionniste ; sur l'enseignement primaire, demandant, sans l'obtenir, que les conseils municipaux fussent appelés à donner leur avis sur les déplacements des instituteurs par les préfets ; sur le budget de 1886. pour la remise en vigueur d'une loi tombée en désuétude, qui accordait au père de sept enfants le droit d'en faire élever un aux frais de l'Etat ; la Chambre vota sur cette demande 40,000 francs pour la création de bourses destinées aux familles nombreuses; il demanda aussi et obtint, lors de la discussion de la loi militaire, la dispense de service pour l'aîné de sept enfants.
Réélu, le 4 octobre 1885, sur la liste républicaine du Doubs. par 37,166 voix sur 64,794 votants, M. Bernard fut nommé, dans le cabinet de Frevcinet, soussecrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur 126 janvier 1886). Le 6 décembre 1886, la Chambre n'ayant pas approuvé le ministère dans la question de la suppression des sous-préfets, le cabinet démissionna. Vice - président , pendant cette législature, de la Gauche radicale, qu'il avait contribué d'ailleurs a fonder. M. Bernard prit encore une part active aux débats de la Chambre.
Le département du Doubs ayant été désigné par le sort pour nommer un sénateur, en remplacement de
M. Scherer, inamovible, décédé, M. Bernard fut élu, le 26 mai 1889, par =5^5 voix contre 343 à M.deMérode, conservateur. Il a été réélu, au renouvellement de janvier 1897, par 74=^ voix sans concurrent.
Fondateur, au Sénat, de la Gauche démocratique, dont il fut le président, M. G. Bernard s'est fait maintes fois entendre à la tribune de la Haute- Assemblée, notamment contre la loi Marcel Barthe attribuant aux tribunaux correctionnels le jugement des délits de presse, contre la loi sur les sucres, en faveur de la loi sur les accidents du travail déjà votée par la Chambre, pour l'obligation de l'indemnité en cas d'erreur judiciaire tandis que la loi adoptée par les Chambres n'en comporte que la faculté, pour soutenir un amendement à la loi de désaisissement de la Chambre criminelle tendant à accorder aux Chambres réunies de la Cour de cassation le droit de juger sur le fond des procès en révision ; cet amendement à la loi votée par le Sénat n'a pas été adopté (1899), etc.
DESBf^OSSES (Jean-fllîped)
EiNTRE, né à Paris le 28 mai 183^. Artiste dès
l'enfance, mais contrarié dans ses coûts par
sa famille, il suivit quand même sa voie
avec l'appui de son ami Chintreuil et les
conseils d'Ary Schefter.
En 1861, après des difficultés sans nombre que lui suscita sa pauvreté, M. Jean Desbrosses débuta au Salon des Champs-Elysées par une toile très remarquée : les Porteuses d'herbes, depuis acquise par l'Etat.
Refusé par le comité d'examen, en compagnie de Chintreuil et de plusieurs autres peintres, au Salon de 1863, M. Desbrosses s'insurgea contre cette exclusion : c'est à ces efforts et à l'idée d'une contre-exposition des Refitsés, où brillèrent les Embrasscux et le Berger ieft'et de soir), que l'on doit la substitution du jury élu au jury restreint qui fonctionnait alors.
On a vu de ce peintre, à partir de ce moment : la Pileuse an rouet (1863) ; Intérieur de cabaret ; les Convalescents (1864) ; la Brouille QiV Enfant malade, aujourd'hui au musée de Pout-de-Vaux (Ain) (1865); la Belle Rougeaude, toile fort discutée (1866); la Maison au Lierre et la. Chaumière [\%(>-i)\ le Repos des Moissonneurs et le Secret du Moissonneur(iS6$); la Femme du Mailre d'Ecole et la Femme au scarabée (1869); Intérieur campagnard et la Convalescence (musée d'Abbeville, 1870); le Bonsoir au berger et la Faneuse au repos (1872).
Après la mort de son mnître ot ami Chintreuil, M. Desbrosses parvint à faire admettre à l'Ecole des Beaux-Arts une exposition posthume de cet artiste, la première qui y fut reçue en dehors de l'Institut. Dans le même temps, il donnait les dessins de La Vie et l'Œuvre de Chintreuil, ouvrage publié en 1872, et faisait don au musée du Louvre de : Pluie et Soleil, son dernier tableau.
En 1873 et en 1874 les envois de M. Desbrosses furent encore refusés au Salon ; mais, dès l'année suivante, justice fut enfin rendue au talent de cet artiste, auquelonne conteste plus aujourd'hui une des meilleures places parmi les peintres de sujets rustiques. Citons parmi ses envois successifs : les Bords delà Semoie[i%-]^) ; le Rocher des Commères ( 1 876); le Mont Noir [iS-]-]); la Vallée du Chatclard et les Bords du Chéran (1878J; les Bords de la Bourboule et la Côte du Tartaref, musée de Tarrare (1879) '■> Dans les Montagnes (musée de "Valenciennes) et le Mont-Dore (1880) ; le Lac Chanihon (musée de Lille) et les Gorges du Choix (musée de Clermont, 18S1) ; Monistrol d'Allier (musée de Riom) et la Montée du Petit Saint-Bernard (3" médaille, musée du Luxembourg, 1882) ; le Bout du Lac d'Annecy et le Val de Pralognan (musée d'Agen, 1883) ; les Aiguilles de Warens et le Mont-Blanc (1884) ; le Servin et le Val d'Llliers (musée d'Annecy, 1885) ; la Dent du Marais et la Roche Béranger C ha mprousse {18S6) ; les Fonds de la Limagne, et le Mont-Dore (2° médaille, tableau placé au musée de Clermont, 1887); le Pj5 ^^' '''' Cc'/v (musée de Chartres) et le Plateau de Badaillac, efl'et d'orage (i888) ; les Roches Thuilliéres et la Vallée de Monistrol (1889) ; la Vallée aux Roches et la Plaine au temps des Moissons (1890) : la Plaine de la demoiselle (Vosges) et VEmondeur (1891) ; le Chemin des Artistes, au Mont-Dore 'm usée de Clermont) et le y"/jteau de Tortchcsse, Auvergne (1892) ; le Chcne de l'Etang de Blampain (musée de Pont-de-Vaux) et le Plateau du A/o/«fa«, Vosges (1893) ; Soleil couchant dans les Vosges et la Plaine au temps des Moissons (1894) ; la Vallée de Fontana (Auvergne) ; Soleil couchant; Cascade de la Fraîche, à Pralognan (Savoie) (1895); Glacier de la grande Casse (Savoie); le Vieux Pont Romain, à St-Gerniain-de-Goux (Ain) (1896) ; le Gué de l'Epine, effet d'automne (Manche) ; le Village de Ruaux, eflet du soir {iS^-j) ; Le Sorr ; Tombeau de Marie Joly, à la Roche-au-Diable (Calvados); La Bruine en forêt (Vosges) (1898) ; Ruisseau sous bois, effet d'automne; le Chemin de la carrière horde de genêts en fleurs (1899).
Quelques-unes de ces toiles et d'autres ont figuré aux différentes expositions internationales de Paris et d'ailleurs. L'artiste a fait, en outre, du s au 21 avril 1899, au Cercle de la Librairie, une exposition générale de ses œuvres, qui a obtenu le plus grand succès et lui a valu les éloges unanimes de la Presse parisienne.
Fondateur et président honoraire des " Parisiens de Paris» (1880), M. Desbrosses a organisé, à Pontde-Vaux, ville natale de Chintreuil, un petit musée, dont il est aujourd'hui conservateur honoraire, où l'on remarque notamment le portrait de celui-ci par Desbrosses et plusieurs autres de ses tableaux.
Hors concours depuis 1897, M. Jean Desbrosses est chevalierde la Légion d'Jionneur depuis 1898
PASTÏ^E (Ulysse)
(jd^^^ ÉpuTÉ, né à Gallargues-le-Grand (Gardi le jll^y u) janvier 1864. Elève à l'Ecole normale '^1^^ primaire de Nîmes en 1879, il en sortit cJ|^ J quatre ans après et fut nommé instituteur dans cette ville i^iSS^i- H occupa ces fonctions jusqu'en 1886, époque à laquelle il devint professeur à l'Ecole préparatoire d'infanterie de Saint-Hippolytedu-Fort (Gard).
Accusé par le chef de bataillon commandant ce groupe scolaire de s'occuper activement de politique et mis dans l'obligation de permuter d'office avec un de ses collègues de l'Ecole de Rambouillet, M. Pastre refusa ce poste et demanda au général Billot, alors ministre de la guerre, un supplément d'enquête. Au même moment, tous les conseillers généraux républicafns du Gard firent une démarche collective, en sa faveur, auprès du ministre, et le maintien de ce professeur à l'Ecole de Saint-Hippolyte-du-Fort leur avait été accordé quand, par décision ministérielle du 2 août 1897, M. Pastre vit son emploi supprimé et fut mis à la disposition du ministère de l'Instruction publique ; il demanda alors un congé.
Porté, comme candidat à la députation, par les groupes socialistes du Vigan, il fut élu, le 22 mai 1898, au second tour de scrutin, par 8,093 voix contre 5,^63 à M. Gaussorgues, député sortant, républicain, et 4,076 à M. Laurès, radical.
Inscrit au groupe socialiste du Palais-Bourbon, M. Pastre est membre de la commission parlementaire du suffrage universel et de diverses autres.
Il a déposé plusieurs propositions, notamment : un projet tendant à assurer le secret et la liberté du vote ; un autre, relatif à la suppression des conseils de guerre en temps de paix et à leur réorganisation en temps de guerre sur la base des conseils militaires de l'an ni ; un troisième, sur les règlements d'atelier et l'inspection du travail dans les usines, manufactures et chantiers ; un autre, demandant, par voie d'amendement, la diminution des traitements des préfets, etc.
M. Pastre a fait de nombreuses conférences socialistes dans les centres ouvriers et collabore assidûment au Socialiste, journal de doctrine.
fJI'S/OIRE (Français)
?FisTRE, aquarelliste et pastelliste, né à Lyon le 16 avril 1842. Entré comme élève à l'Ecole '(^' des Beaux-Arts de Lyon, et obligé de suffire au.K exigences de la vie quotidienne, il dût, en même temps que ses études se poursuivaient, faire du dessin pour l'industrie.
\'enu à Paris, M. François Rivoire débuta aux Salons des Champs-Elysées en 1866, avec des gouaches qui furent très remarquées : puis il aborda l'aquarelle et le pastel, où il excelle.
-^l. François Rivoire a exposé aux Salons annuels un nombre considérable de tableaux, où il a étudié et présenté, d'une façon parfaite, la fleur, sous ses multiples aspects et dans ses infinies variétés, depuis la plus belle jusqu'à la plus humble ; il les a reproduites avec une richesse de coloris, une poésie, une sincérité qui forcent et retiennent l'admiration.
Les compositions de cet excellent artiste portant toutes les noms des fleurs qu'elles reproduisent, il n'y a pas lieu d'en énumérer les titres ; un grand nombre d'entr'elles figurent dans les musées du Luxembourg, à Paris: de Lyon, Saint-Etienne, Amiens, 'V'alenciennes et dans les principales collections d'Angleterre et d'Amérique.
.NI. François Rivoire a obtenu une première mention aux Salons de Paris (1885), une médaille en 1880, une médaille de bronze à l'Exposition universelle de 1889, une médaille d'or à l'Exposition internationale de Lyon en 1894, etc. Il est membre de la Société des Aquarellistes français depuis 1892.
CHAPOV (Henri) ; voc.vT, conférencier, écrivain, né à Besançon [Doubs) le 17 mars 184S. Il fit de brillantes ,3l'r^* études classiques au collège Saint-François- ^^ -f- Xavier de sa ville natale. Après avoir été maître répétiteur au lycée de Lons-le-Saulnier et professeur de rhétorique au collège d'Arbois (1869), M. Henri Chapoy vint à Paris à l'Ecole supérieure des Carmes et suivit en même temps les cours de la Faculté de Droit.
Lors de la guerre de 1870-71, il s'engagea comme volontaire dans la garde mobilisée du Doubs. Il reprit ses études de droit à la cessation des hostilités et fut précepteur dans deux familles jusqu'en 1880.
Inscrit au barreau de Paris, dès l'année qui suivit l'expiration de son engagement décennal (1881), M. Henri Chapoy, encore stagiaire, plaida un grand nombre d'afl'aires qui mirent son nom en évidence. En 1884, il épousa une nièce de .^I"' Barboux, ancien bâtonnier de l'Ordre et se consacra, dès ce moment, aux procès civils et commerciaux, pour lesquels sa compétence est très recherchée.
.\1. Henri Chapoy, qui s'occupe beaucoup d'érudition historique,littéraire ou artistique, a publié d'intéressants travaux. Citons: Cours de versions Ialines{) vol. r875-i876) ; Anne d'Autriche et la Fronde, d'après les mémoires de M"" de Motteville (i vol. 1881) ; les Compagnons de Jeanne d' Arc (i vol. 1897), le premier d'une série sur le même sujet et qui fut bien accueilli par la critique et le public.
Il a écrit, en outre, un grand nombre d'articles sur diverses matières dans la Revue Franc-Comtoise (notamment les remarquables Hogrclphics de Mf'Bcsson, évèque de Nîmes, de l'ambassadeur Victor Tissât, du musicien Emile Rate:^);dans la Revue d' Art dramatique, où il fit longtemps la critique de quinzaine; dans le Téléphone, devenu depuis la Revue Idéaliste, où il a donné des séries intitulées : Scènes de la Vie Moderne, le Dossier des Paysans, Simples Nouvelles, Impressions de Palais et des notes sur l'art et les Salons annuels ; dans le Bulletin de la Société de Législation comparée, où il fit beaucoup de bibliographie ; dans la Paix Sociale, organe de la Ligue française contre l'athéisme et dans le Peuple Français, journal quotidien, où paraît de lui, chaque semaine, un «Premier Paris» depuis 1896.
De 1881 à i88î, M. Henri Chapoy enseigna le droit commercial aux cours du soir organisés par M"" Malenianche, pour l'enseignement supérieur des femmes i à Paris.
Conférencier, M. Henri Chapoy«débuta àla Maison du Peuple français» à Paris, fondée par M. l'abbé Garnier et à la demande de celui-ci. 11 est devenu l'un des orateurs recherchés de « l'Union nationale, » dont il est le vice-président. Ses discours sur la Papauté et la France au XIX" siècle, sur V Histoire contemporaine ail Palais de Justice, les Aumôniers militaires, la Liberté J' association , etc., très applaudis, 'à Paris comme en province, ont été fort commentés par la presse.
M. Henri Chapoy est membre de la Société d'émulation du Doubs, de la Société historique, de la Société de Législation comparée, etc., et membre correspondant de l'Académie de Besançon.
Lia GflflDAf^A (flntonio de)
'eintre, né à Paris le s niai 1862, d'oriaine espagnole. Il entra, en 1876, à l'Ecole des Beaux-Arts dans l'atelier de M. Gérôme, où il resta jusqu'en 1881. Deux ans plus tard, il exposait à la Société des Artistes français un Saint- Sebastien percé de flèches, qui lui valut une mention honorable et les félicitations de la presse artistique.
En 1891, M. de La Gandara débuta aux Salons annuels de la Société nationale des Beaux-Arts avec un Sous bois, étude d'après nature, et le Portait de M'"" de La G... Il y a donné depuis, successivement : Etude dans nti parc ; Portrait de M"" la comtesse de M... (1892) ; Dame en vert et Portrait d'une petite fllle en jaune (1893); Portrait de la princesse de Chimay et Natures mortes (1894) ; Portrait de M"'" Sara h Bernhardt (1895); Un coin des Tuileries et divers portraits ,(1896) ; le Jet d'eau du Luxembourg, la Terrasse du Luxembourg etàivers'porira.iXs (1897), etc.
On cite, parmi ses meilleurs portraits, ceux de MM'""' la marquise d'Eyragues, la Comtesse Greffullie, la Comtesse de Monlebello, la Baronne Dcslandes, Guillaume Becr, Mathieu de Noailles, Miss Talbot et Jay, MM"" Bartholoni et Fouquier; de MM. le Prince Borghèse, le Prince de Sagan, le Comte Robert de Montesquion-Fe^ensac, le Prince Wilkowslii, M. Padereu'ski, etc.
Cet artiste, qui a acquis une réputation d'excellent portraitiste, s'est également fait remarquer par une série de pastels intitulée: Effets de nuit sur le boulevard.
Médaillé à l'Exposition universelle de 1889, M. de La Gandara est sociétaire de la Société nationale des Beaux-Arts. Il est chevalier d'Isabelle la Catholique depuis 1892 et de la Légion d'honneur depuis 1897.
Hr«lDf^É (Edouapd-Ffançois)
iRCHiTECïE-PAYS.\GisTE, ué à Bourges (Cher) le 17 juillet 1840. Après avoir fait ses études universitaires, puis résidé à l'établissement d'horticulture de M. Leroy, à Angers, poury apprendrelascience des arbres, il vint à Paris en 18=59, étudia la botanique et la culture au Muséum d'histoire naturelle, sous la direction de M.J.Decaime, et entra, en 1860, au service municipal des Promenades et Plantations de la ^'ille de Paris, dont Alphand était le chef.
Chargé, de 1860 à 1864, de la direction des serres et de l'établissement fleuriste municipal de la Muette, M. Ed. André devint ensuite attaché aux plantations des squares et parcs publics de 1864 à 1868, secondant Alphand dans ses projets de transformation de Paris ; il prit notamment une large part à la création du Parc des Buttes-Chaumont.l'un des plus pittoresques du monde.
En 1867, la ville de Liverpool (Angleterre) ouvrit un concours international pour la création d'un parc public de l'jo hectares de superficie, avec toutes les constructions d'ornement et d'utilité en dépendant. Encouragé par Alphand, qui lui permit d'aller étudier la situation à Liverpool, M. André présenta un projet qui fut classé premier par le jury, obtint un prix de 7,87s francs (300 guinées) et fut chargé de la direction des travaux du « Sefton-Park » qui ne fut terminé qu'en 1872 et inauguré solennellement par le prince Arthur d'Angleterre.
Dès 1869, M. André avait quitté le service de la Ville de Paris, pour se consacrera des travaux publics et privés concernant l'artdes jardins et l'architecture qui s'y rattache. Il a créé, depuis lors, de nombreux parcs et jardins (et constructions annexes) en France, en Angleterre, àGuernesey, à Jersey, en Hollande (oii il reconstruisit dans le style français du xvii" siècle les domaines de Weldam et d'Amerongen) ; en Danemark, à Friesenborg ; en Russie, en Autriche, en Bulgarie, à Madère, en Suisse, en Italie (notamment plusieurs des squares et parcs publics de Rome, la villa San-Pancrazio près de Lucques), etc.
Une des œuvres les plus originales de M. André est la transformation en parc paysager, avenues et boulevards, de la citadelle de Luxembourg, travail dont le gouvernement grand-ducal le chargea en 1871 et qui ne reçut sa complète exécution qu'en 1892, après plusde vingtannéesde travail persévérant. Mentionnons encore, dans le grand -duché du
Luxembourg, les parcs de la Fondation hospitalière Pescatore, de l'établissement thermal de Mondorf, de Walferdange, au grand-duc régnant, etc.
Pendant ce temps, M. Edouard André ne négligeait pas la science des plantes. Chargé, en 1875, par le ministère de l'Instruction publique, d'une mission scientifique dans l'Amérique du Sud, il parcourut le Venezuela, la Colombie, l'Ecuador et une partie du Pérou ; il rapporta de vastes collections d'objets d'histoire naturelle et surtout de plantes vivantes, pa;mi lesquelles on compte de nombreuses orchidées, broméliacées, et une superbe et étrange aroidée écarlate qui eut un grand succès et porte son nom : Y Antliiin'um Andrcanum. M. André n'a pas publié complètement les résultats scientifiques de ce grand voyage d'exploration, d'où il a rapporté plus de 4,300 espèces de plantes, sans compter les animaux et les minéraux; il a cependant donné, dans un ouvrage illustré,sousle nom à&Bromcliacv AnJrcanx, les descriptions des 91 espèces nouvelles de Broméliacées qu'il a récoltées et a publié, en 25 livraisons du r(>?//'i/« A/o«(/t', la relation de son voyage, illustrée par Riou. Em. Bavard. Maillart, Sirouy, 'Weber, etc.
On lui doit aussi l'importation et l'acclimatation d'une grande quantité déplantes nouvelles, parmi lesquelles un fruit comestible pour le midi de la France: le Fcijoa SellnwiaUii et un précieux arbre d'alignement : le Ncrthiulra angiistifolia.
En 1890, le gouvernement de l'Cruguav appela M. André à Montevideo, pour préparer sur place un projet complet de transformation de cette ville, en rapport avec le rapide développement de la population et les exigences des goûts modernes. Cette grande entreprise, comprenant la création de trois grands parcs de so, 60 et 80 hectares, de 10 squares intérieurs, le percement de nouvelles avenues, etc., est en cours d'exécution.
En outre d'un grand nombre de jardins et parcs très importants, appartenant à diverses personnalités françaises, il faut mentionnerenfin les célèbres jardins du Casino de Monte-Carlo, créés entièrement par M. André et dont la réputation est universelle.
Cet architecte-paysagiste a publié de nombreux ouvrages scientifiques et pratiques, notamment : Traite des Plantes de terre de bruyère (1864) ; le Mouvement horticole {■} vol. 1865-1866-1867) ; Traite' des Plantes d /euillii^e ornemental (1866); Les Fougères, en collaboration avec MM. Roze et Rivière (1867) ; Un mois en Russie (1869). En 1879, il donna un Traite' général des Parcs et des Jardins (grand
in-8 de 888 pages, 520 gravures et 11 planches coloriées), résumant ex-professo les principes artistiques, la théorie et la pratique de son art, traité devenu classique en France et à l'étranger et servant de base à l'enseignement dont il a été chargé par le ministère de l'Instruction publique.
De 1870 a 1880, M. André a été rédacteur en chef de V Illustration //or//<;o/<7. Il est, depuis 1882, rédacteur en chef de la Revue horticole, le principal organe de l'horticulture française.
Rapporteur, secrétaire de classe à l'Exposition universelle de 1878, vice-président des jurys d'admission, d'installation et de récompenses à celle de 1889, -^'- André fait également partie des comités d'admission à celle de 1900. Il est professeur chargé du cours d'architecture des jardins et des terres à l'Ecole nationale d'Horticulture de Versailles depuis 1894. La Société nationale d'Agriculture de France l'a nommé membre titulaire en 1889 et il est membre honoraire ou correspondant d'un grand nombre de sociétés savantes, françaises et étrangères.
M. Ed. André est chevalier de la Légion d'honneur, officier d'Académie, officier des ordres de la Couronne d'Italie, de la Couronne de Chêne, etc.
POZZI (Samuel-Jean)
P^^^'^^^^HiRURGiEN, professeur, membre de l'Académie > de médecine et sénateur , né à Bergerac » (Dordogne)le3 novembre 1846. Après avoir accompli ses classes aux lycées de Pau et de Bordeaux, il vint étudier la médecine à Paris, où il fut l'élève de Broca ; interne des hôpitaux en 1869, il obtint, en cette qualité, la médaille d'or (1872).
Reçu docteur en médecine, en 1873, avec une thèse sur les Fistules de l'espace pelvirectal supérieur, JA. Pozzi concourut, avec succès, pour l'agrégation, deux ans après; fut nommé chirurgien des hôpitaux en 1877 et professeur agrégé à la Faculté la même année ; en 1883, il devint chirurgien en chef de l'hôpital deLourcine (appelé plus tard hôpital Broca).
M. le docteur Pozzi a été chargé, à diverses reprises, par le ministère de l'Instruction publique, de missions à l'étranger, pour y étudier les progrès de la chirurgie et de la gynécologie. Il a visité, dans ce même but, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Autriche, l'Italie, les Etats-Unis, etc. De 1885 à 1894, il a été secrétaire général du Congrès français de chirurgie, dont il fut le principal organisateur et le véritable
iondatcur (1899). Il est président de la Société de chirurgie de Paris.
L'éminent chirurgien a entrepris et réalisé Tinstallation, à l'hôpital Broca, d'un nouveau service de gynécologie qui peut être considéré comme un modèle du genre et marque une étape importante dans l'histoire des hôpitaux parisiens. Ce service inauguré, le 21 décembre 1898, par Félix Faure, président de la République, comprend trois parties principales: la consultation, les salles de malades hospitalisées, l'amphitéâtre et la salle d'opérations. Les salles de malades hospitalisées sont au nombre de quatre, dont trois pour la gynécologie ; la quatrième est réservée aux accouchements pour syphilitiques. Il y a, en outre, des chambres d'isolement à un et à deux lits, plus une salle d'isolement spéciale pour infectées. La partie réservée aux cours et opérations se compose d'un grand amphithéâtre d'enseignement, d'une salle d'opérations aseptiques, très pratiquement installés d'après les plans de M. le docteur Pozzi ; d'une salle de stérilisation, d'un cabinet pour les instruments, et d'une pièce pour la chloroformisation. Il y a, en outre, un musée, un laboratoire, une salle de photographie ; le service tout entier est éclairé à l'électricité et chauffé à l'eau chaude; la ventilation en a été spécialement soignée, ce qui constitue un notable progrès.
Dans une généreuse pensée et pour rendre moins triste le séjour des malades, M. le docteur Pozzi a fait appel à certains de nos meilleurs artistes, qui ont bien voulu gratuitement décorer les murs et les plafonds du nouvel hôpital. C'est ainsi que des peintures de maîtres tels que : Clairin, Dubufe, Desfontaines, Guérin, Kœnig, Biais, Eugène Giraud (de Marseille), Lauzet et autres, éclairent d'un rayon de gaîté cet asile du pauvre.
Aidé aussi par l'administration de l'Assistance publique et par le Conseil municipal, qui a affecté une somme de 410,000 francs à la construction et à l'aménagement de ce nouveau service, M. le docteur Pozzi a pu combler une lacune. Paris possède désormais une Clinique gynécologique <{ type » et un modèle d'hospitalisation, où pourront venir s'instruire les étudiants et les docteurs français et étrangers.
M. le docteur Pozzi a créé, en 1893, une caisse de secours, alimentée par les dons, dirigée par un comité de dames parisiennes et destinée à parer aux premiers besoins des malades sortant de l'hôpital Broca. Cette œuvre, grâce à laquelle d'importants secours ont pu
être déjà distribués, due à l'initiative personnelle, donne un exemple qui pourrait être utilement suivi. Les premiers travaux du docteur Pozzi ont porté plus spécialement sur l'anatomie comparée et l'anthropologie. Il a écrit, sur ces sujets, d'importants mémoires dans le Bulletin de la Société d'Anthropologie, la Revue d' Anthropologie et les Archives générales de Médecine; il a donné dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales des articles très originaux sur les Circonvolutions cérébrales et sur le Crâne. Il a traduit, en collaboration avec le docteur R. Benoit, VExpression des émotions c]ic{ riioiiime et chc{ les animaux de Darwin (1873), ouvrage qui a eu plusieurs éditions.
Se consacrant ensuite définitivement à la gynécologie, branche de la science médicale à laquelle il a fait, personnellement, eft'ectuer de grands progrès, M. le docteur Pozzi a produit, en outre de sa brillante thèse d'agrégation, 5«/- la valeur de l'hystérectomic dans le traitement des tumeurs fibreuses de Vutcrus (187s), une longue série de travaux et de livres scientifiques, parmi lesquels il convient de citer: Sur le pansement de Lister (1876) ; Suture de la vessie (1882) ; De la ligature élastique du pédicule utérin dans Fliystérotomie abdominale {l'èi}) ; De la valeur des altérations du rein dans Vhystérectomic (1884); Etude sur les énormes polypes de l'utérus ( 1 88 s) ; De la laparotomie sous-péritonéale (1886) ; De l'antisepsie en gynécologie (1887) ; La suture perdue à étages superposés au catgut (1888) ; Du drainage capillaire et du tamponnement antiseptique du péritoine {!%%%) ; Traitement de< suppurations pelviennes (1890) ; Traité de gynécologie clinique et opératoire (1 vol. grand in-8" de ii=io pages avec 491 figures, 1890, grand ouvrage, devenu classique, dans le monde entier, qui a eu trois éditions françaises et a été traduit en allemand, en anglais (3 éditions), en espagnol, en italien et en russe) ; Des opérations conservatrices de l'ovaire, résection, ignipunctute (1893); Traitement des déchirures complètes du périnée {i?>()y); Traitement chirurgical de certaines causes de stérélité (1894); Sur un nouveau mode de suture de la peau (Suture intra dermique, 1894) ;■ Sur l'appendicite (1896) ; Traitement chirurgical des rétrodéviations de l'utérus (1897), etc.
Après le décès de M. Gadaud, sénateur de la Dordogne, M. le docteur Pozzi posa sa candidature au siège sénatorial rendu vacant dans son département d'origine. Il fut élu, le 9 janvier 1898, par 575 voix, contre S46 |à M. Theulier, député radical. A la
Chambre haute, l'honorable sénateur delà Dordogne, inscrit aux groupes de la Gauche et de l'Union républicaines, s'occupe particulièrement des questions d'enseignement, d'hygiène, d'agriculture et de colonies. Lauréat de l'Institut et de l'Académie de Médecine, où il est entré en 1886, M. le docteur Pozzi est officier de la Légion d'honneur depuis 1894.
CHfll=?PlN (fllbePt)
^j^g^EiNTRi:. né à Grasse ;Alpes-Maritimes) le 30 ii^ janvier 1842. Fils 'le fonctionnaire, il fit ses classes au lycée de Versailles et se préparait à l'Ecole Navale, lorsqu'il fut atteint d'une grave maladie qui le força d'abandonner ses études. Après sa guérison, il fit un voyage au long cours dans les Indes. A son retour, on le fit entrer, contre son gré, dans l'administration des Fnances. Trouvant ensuite sa véritable voie, il se tourna vers la peinture, pour laquelle il avait toujours eu beaucoup de goîit et entra dans l'atelier Daubigny.
.Vi. Charpin exposa pour la première fois, aux Champs-Elysées, en 1875, un Paysage qui fut très loué. Depuis cette époque, il a envoyé, tous les ans, sans exception, ses tableaux aux Salons. Il convient de citer, parmi ceux-ci: Troupeau dans les Alpes-Maritimes (1877); Troupeau sur les Falaises (18781 ; Labourage dansles Alpes-Maritimes; Moutons aux champs (1879) ; Troupeau en marche dans la Camargue (1881); Fin d'automne ; Bords du Rhône (iSSî) ; Le matin. Paysage des Alpes-Maritimes; L'auxilliaire du berger (1886) ; Rappel du troupeau, Sologne (1887); Les moutons; Soir d'automne, La Sologne (1888) ; A Malavaux ; Environs de Vichy (1889) ; A la Source, Alpes-Maritimes (1890); Dans les chaumes de Gucherville [Seinc-et-Oise) (1891) ■,Les moutons aux environs de Cayeux (Somme) ; Le guc', Souvenir de Sologne (1892) ; Premières gouttes de pluie au moulin Jacob; Caycux-sur-Mer (1893) ; Fin de journée (1894) ; Les chèvres ; Le soir, Alpes-Maritimes (189^); Sur la grève. Somme (1896); Sur le versant des Alpes - Maritimes {Provence), tableau acheté par l'Etat et placé au musée de Nice (1897); Retour des champs; Clair de lune; Souvenir de Sologne (1898) ; Troupeau fuyant devant l'orage ; Lever de lune (1899).
M. Albert Charpin a obtenu une mention honorable en i88=i, une médaille de ^"' classe en 1895 et une médaille de 2" classe, qui l'a mis hors concours, en 1897.
E|VIEIiEf4 (M'" Mafie-liouise)
, Rïisrt lyrique, née à Louvain ^Belgique. Fille [ de commerçants, elle montra, de bonne heure, d'excellentes dispositions artistiques et entra, comme élève, au Conservatoire de musique de Bruxelles, où elle obtint un prix de piano. Douée d'une jolie voix de soprano. M" Enielen étudia aussi le chant au même conservatoire et prit pour professeur M. Warnots. Elle débuta ensuite brillamment au théâtre de La Haye, dans le rôle de la Reine des Huguenots (1894) et se produisit sur cette scène dans les ouvrages du répertoire, notamment dans Hamlet (Ophélie), Faust (Marguerite), Roméo et Juliette (Juliette). En 1896, cette cantatrice créa à Nice Thaïs, à la demande de M. Massenet. Elle eut beaucoup de succès et fut appelée, plus tard, à Vichy, pour y interpréter le même rôle.
Engagée ensuite par M. Carvalho, directeur de l'Opéra-Comique de Paris, pour créer le rôle du Prince Charmant, dans Cendrillon, M"" Emelen débuta d'abord dans Phryné. Comédienne parfaite, chanteuse à la voix pure, pleine de finesse et de charme, au timbre harmonieux, elle devint de suite l'une des artistes appréciées de notre deuxième scène lyrique.
FABIUS de CHflMPVlIiliE (Gustave)
'cRivAix, publiciste, ingénieur agronome, né à jff Paris le 4 juillet 1865, d'une famille d'origine ^1^^» normande. 11 se préparait pour l'Ecole centralelorsquelamortdeson pèrele contraignit à entrer dans le haut commerce. En même temps, il écrivait dans divers journaux : l'Avenir de l'Orne et de la Mayenne, VOpinion, l'Echo de l'Ouest, où il traita tour à tour les questions scientifiques, agricoles, d'enseignement, etc.
Sur le point de partir comme secrétaire de M. Allègre, gouverneur de la Martinique, il fut appelé à remplir successivement cette même fonction auprès de M. Savorgnan de Brazza , alors gouverneur du Congo, puis de MM. Poupin, député du Jura, et Louis Jourdan, député de la Lozère.
Secrétaire du Syndicat des Sociétés lyriques et dramatiques de Paris, professeur, vice-président de la Commission de propagande à l'Union française de la Jeunesse, puis maître de conférences de l'Enseignement supérieur libre, il a fait de nombreuses
conférences, entr'autres sociétés, h l'Union du commerce, aux bibliothèques d'enseignement, etc.
M. G. Fabius de Cliampvillea collaboré à un grand nombre de journaux de Paris et des départements. Citons entr'autres : le Réveil du Dauphinc, V Avenir des Campagnes, la Science universelle, le Bulletin scientifique de Flammarion, les Echos de l'Ouest, le Réveil de Vimoutiers, la Dépêche de l'Orne, le Courrier de Biarriti, l'Avenir d'Arcachoii, le Journal de l'Orne, le Granvillais, le Rappel, ÏAlcestc, la Revue parisienne, la Jeune Revue, la Critique, le Fermier, le Messager des halles et marchés, le Soldat laboureur, l'Echo de la Montagne, le Bon Ciioyen,l'Est-Baulieue, le Moniteur des loteries, le Journal d'Argentan, le Paysan franc-comtois, le Tireur de l'Est, le Gaulois, le Moniteur du Cantal, l'Auvergne thermale et pittoresque, l'Indépendant du Cantal, l'Initiation, la Revendication, le Voltaire, le Rapide, le National, la Patrie, la Presse, la Médecine française, le Bulletin quotidien, le Normand de Paris, etc., où il a publié des articles politiques, ainsi que des chroniques scientifiques et agricoles de vulgarisation.
Directeur de la grande administration des journaux provinciaux et départementaux de Paris, dont seuls quelques-uns paraissent régulièrement : le Breton de Paris, le Picard de Paris, le Normand de Paris, le Languedoc d Paris, etc., il dirige aussi la Galette économique et le Bon Financier, l'Echo de Chaudesaigues et l'Echo de Santenay, journaux thermaux qui paraissent en saison ; l'Echo du ix° arrondissement, l'Audition, les Dessous féminins, le Bulletin quotidien de la Bourse du Commerce. Il est en outre rédacteur en chef de la Revue scientifique de l'Occultisme, de la Galette critique et de VAvejiir social ; enfin, il collabore à plusieurs annuaires et dictionnaires.
On cite de M. de Champville des publications sur divers sujets: les Ennemis du blé (18861, étude d'entomologie pratique ; la Science psychique, d'après l'œuvre de M. A. -H. Simonin; la Transmission delà pensée (1888) ; la Liberté de tuer (1890) ; la Liberté de guérir (1890) ; le Magnétisme et l' Alcoolis7ne (1890);
Comment s'obtient le bon cidre (1S91) ; Comment s'obtient le bon beurre (1899) ; La Tuberculose et l'Agriculture (1899). Il a écrit en outre des romans et nouvelles : Simple histoire (1885) ; Gâteau des /?o/s (i88=j) ; Misère (1886); Noël (1886); Parisiarta (i886); Triste souvenir (1887); Evanouie (1888); En troïka (1889); Amour et Congo (1889); l'Anneau de Gygès (1889'! ; Suggestion (1889); Triste roman (1889); le Lézard enchanté [i?i()6);l3. Vie d'un lutteur (1892) et, en collaboration, Gincvra et Idylle russe. Certains de ces romans ont été traduits en langues étrangères.
Au théâtre, .M. Fabius de Champville, seul ou en collaboration, a donné plusieurs comédies, vaudevilles, ballets, opérettes et pantomimes. Citons : la Nuit terrible (188,5) ! l'Essieu brisé (1886) ; Un amour d'oncle (1886), comédies ; le Sorcier de la Reine (1887) ; Pas de politique (1893); René le Florentin (1894): l'Amoureux de Marinette (1895); Pour être noble (1896) ; le Roi 'ouistiti (1896'), opérettes; Paradis terrestre (189s); ''. beille du Bosùhore (1896); Rêve d'Orient (i896),balle'= Dantomimes; la Cocarde {i8<)2); la Première bouteille 'i '92); la Terreur de Pierrot ou la Lecture interrompu (1893) ; l'Enfant et le Maitrc d'école {i?!()^); le Ch. , la Belette et le petit Lapin (1894) ; la Vengeance d'j < .olombinette (1895) ; le Soleil et le Vent (1896); l'h' '-e et les Plaideurs (^SO;,; l'Amoureux delà Diva (1897), pantomimes.
Fondateur de l'Union amicale universelle des journalistes, syndic de la Presse, membre des Associations de la Presse parlementaire, de la Presse agricole, de la Presse de l'Orne, etc., secrétaire général de l'Avenir social, ancien président de la Société magnétique de France, membre d'honneur de plusieurs académies étrangères, fondateur de l'Union des spiritualistes, M. G. Fabius de Champville, dont la compétence est connue, a été souvent membre du jury dans les Concours agricoles de Paris et dans les concours régionaux.
M. G. Fabius de Champville est officier d'Académie et officier du Mérite agricole.