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contre 8,',9S au marquis de Pratz de Pressy, député sortant, conservateur. La liste conservatrice ayant passé toute entière dans le Pas-de-Calais en i88s, il ne rentra à la Chambre qu'en 1889, élu dans son ancienne circonscription par 11,816 voix, contre 6,713 à M. Delisse, député sortant. 11 a été réélu en 1S93 par 11,147 voix contre 3,917, à .VI. de Bizemont, monarchiste, ainsi qu'en 1898, par 16,828 voix, sans concurrent.
D'abord inscrit à la Gauche démocratique et à la Gauche radicale de la Chambre, le député du Pasde-Calais conserva toujours une grande indépendance. Il proposa, en 1882, la nomination de commissions permanentes prises dans le Parlement et correspondant aux grands services publics. 11 fut déjà, à cette époque, membre de commissions importantes ; du Budget, des lois constitutionnelles, de la loi municipale; il prit fréquemment la parole, notamment comme rapporteur de la loi sur les céréales, sur les lois concernant les accidents dans les usines, l'inamovibilité de la magistrature, dont il demandait, en iSS;. le recrutement par un corps électoral spécial, comme en Belgique; il déposa une proposition de loi relative aux congrégations religieuses.
.'Vlembre, plus tard, de la grande commission des Douanes, .\1. GeorgesGraux exerça dans l'élaboration, la discussion et l'adoption des tarifs douaniers, une action prépondérante 11890-921. En outre de nombreux rapports qu'il présenta au nom de cette commission, il a fait aboutir, comme rapporteur, plusieurs projets de loi, notamment ceux relatifs au crédit d'encouragement, à la culture du lin et autres cultures industrielles 1 1891), à la création d'une zone franche sur la frontière belge (1892). à l'imputationde la détention préventive sur la durée des peines {1892), etc.
Il est l'auteur d'un grand nombre de propositions, parmi lesquelles on doit citer: un projet de loi modiliant la loi sur les sociétés et facilitant la participation aux bénéfices; un autre attribuant un crédit pour encourager la culture desgrainesoléagineuses (1891); le projet de modification delà procédure du divorce, un autre ayant pour but d'assurer le secret des délibérations du jury (1892) ; la loi créant les actions de 2s fr. négociables sur le marché officiel, qui est une réforme fiscale, industrielle et sociale à la fois, des plus importantes pour la petite épargne (1895). Très protectionniste, il interpella, en 189s, le ministre des Travaux publics sur les tarifs de transport relatifs aux charbons étrangers. 11 a encore déposé des propositions sur la chasse, sur les irriga-
tions et, comme président de la commission du Code rural, il a fait aboutir plusieurs chapitres de ce code, en préparation depuis le commencement du siècle.
En 1898, .M. Georges Graux a été choisi comme président de la commission des Douanes et rapporteur des projets de loi : sur le bail emphytéotique, sur le règlement de la Chambre et sur les arrangements commerciaux conclus entre la France et l'Italie.
L'honorable député a organisé dans le Pas-de- Calais d'importantes associations agricoles principalement l'Union des syndicats, dont il est président.
Il a publié diverses études sur les Congrégatinns religieuses devant la loi, la Vérité' sur les décrets du 2ç mars, les Conventions avec les grandes compagnies. Les Commentaires du Code rural, qui ont paru dans Les lois nouvelles, en collaboration avec M. Renard, docteur en droit (1898'); il est l'un des principaux collaborateurs de la Revue politique et parlementaire.
.Nlembre du Comité supérieur de l'Exposition internationale de Bruxelles de 1897, pour la section d'économie politique, .\1. Georges Graux a été nommé, à cette occasion, commandeur de l'ordre de Léopold.
GUYOT-DESSAIGHE (Jean-prançois- Edmond)
^j^^ÉPUTÉ, ancien ministre, né à Brioudj îlaute- Loire) le 26 décembre 1833. Fiis de M. Guyot, ancien ingénieur en chef des Ponts et Chaussées du Puy-de-Dôme, gendre de M. Dessaigne, ancien député de Clermont- Ferrand sous la monarchie de juillet et frère de M. Guyot-Montpayroux, député de l'opposition sous l'Empire et l'un des 363 réélus en 1877, mort en 1884, .M. Guyot-Dessaigne étudia le droit à la Faculté de Paris. Reçu licencié en i8s6 et docteur trois ans après, il se fit inscrire d'abord au barreau de Paris, puis à celui de Clermont-Ferrand.
En 1863, il fut nommé substitut h Clermont-Ferrand ; il devint successivement procureur impérial à Issoire (1866), avocat général près la Cour d'appel de Riom (1870) et juge au tribunal de la Seine (1876). Il démissionna en 1879 et se retira, avec le titre de juge honoraire, à Cunlhat (Puy-de-Dôme).
Quelques mois après (1880), M. Guyot-Dessaigne était élu conseiller général pour le canton de ce nom et, en 1881, maire de Cunlhat, fonctions auxquelles il a été constamment réélu.
Désigné par les comités républicains comme candidat à la députation, lors des élections législatives du 4 octobre 1885, M. Guyot-Dessaigne fut élu avec la liste républicaine, au 2' tour de scrutin, et par 77,5=)0 voix sur 131,907 votants. Il a été réélu, dans la 2° circonscription de Clermont-Ferrand, successivement : en 1889, par ii,i=)9 voix, contre 6,072 à M. Poupon, boulangiste; en 1893, par 13,^88 voix, contre 6,409 à M. Colombin, républicain, et en 1898, par 16, OKJ" suffrages, sans concurrent.
Chargé, peu après son arrivée au Parlement, du rapport sur la loi militaire, après la démission du major Labordère, M. Guyot-Dessaigne fut ensuite choisi comme président de la commission du Code d'instruction criminelle et comme vice-président de la commission de réforme du Code de procédure civile. Il fut chargé du portefeuille de la Justice, le 5 février 1889, dans le cabinet Floquet, en remplacement de M. Ferrouillat, démissionnaire. Le 23 du même mois, il se retira avec ses collègues.
Membre, puis vice-président de la commission de l'Armée ; membre, puis président de la commission des chemins de fer, il a été également président de la commission chargée d'examiner à la Chambre le projet de loi adopté par le Sénat sur l'atténuation des peines, sauf en cas de récidive. 11 fut, en outre, membre des commissions extra-parlementaires sur la réforme du casier judiciaire et sur la réforme du Code pénal. 11 a déposé un important projet de loi sur la revision des procès criminels et la réhabilitation des victimes d'erreurs judiciaires.
Après avoir refusé, pendant, la législature de i88=j à 1889, de faire partie d'aucun groupe politique, M. Guyot-Dessaigne se fit inscrire à la gauche radicale, dont il fut président de 1894 à 189=,-
Dans le cabinet Bourgeois, formé le 3 novembre 1895, M. Guyot-Dessaigne devint ministre des Travaux publics. 11 dût, en cette qualité, répondre à diverses interpellations, notamment sur le tarif 107 à propos des charbons du Nord et des charbons anglais ; il substitua un agent responsable à la Commission administrative du réseau des chemins de fer de l'Etat , et fit voter les crédits nécessaires aux contrôleurs comptables chargés de vérifier la garantie d'intérêt des grandes compagnies de chemins de fer. Il donna sa démission , avec le cabinet tout entier le 21 avril 1896.
M. Guyot-Dessaigne est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1879.
FflVJ^E (Jules)
rMiNisTRATEUR et homme de lettres, né à Paris le 12 octobre 1847. Fils d'officier, il commença ses études classiques au lycée Charlemagne de Paris; mais son père ayant été nommé capitaine de gendarmerie à Mirande, il les termina au lycée d'Auch.
M. Jules Favre prit le .diplôme de licencié èslettres en 1869, fut reçu agrégé en 1875 et docteur ès-lettres , en 1885. Entre temps, il avait été nommé professeur au lycée Charlemagne, au collège Stanislas, aux lycées Henri iv, Lakanal et Janson de Sailly, à Paris, puis censeur aux lycées Hoche (Versailles) et Janson de Sailly.
Il occupait ces fonctions quand le comité d'administration du collège Sainte-Barbe le pria de prendre la direction de cet important établissement.
En outre de ses deux thèses, française et latine, sur Olivier de Magny, poète de la Brigade et la Langue d'Ovide dans les métamorphoses , M. Jules Favre a publié des éditions classiques des Œuvres de Corneilh-, Racine et Molière et donné, pendant quatre années consécutives (1885-1889), en qualité de critique dramatique, des articles très remarqués aux Annales politiques et littéraires. Il a fait aussi des conférences très suivies sur le Théâtre, à l'Œuvre des familles.
Lauréat de l'Académie Française en 1886 (Prix .Marcellin Guérin), M. Jules Favre est officier de l'Instruction publique depuis 1887.
FOliLiEVlLtLiE [de BllVIOt^ELi] (liouis- Andpé-Daniel de)
iSncien député, avocat, doyen de Faculté de K droit, né à Imbleville (Seine-Inférieure) le s janvier 1842. Après avoir fait ses études de droit à Paris, où il passa la licence en 1862 et à Caen, oii il présenta sa thèse de doctorat en 1863, il fut reçu agrégé en 186') et nommé professeur suppléant à Caen, le 16 janvier de la même année, professeur titulaire de Code civil à la Faculté de droit de Douai le 28 septembre i86s, et doyen de cette faculté le i" décembre 1879.
Ace titre, et comme conseiller municipal de Douai, M. de Folleville se fit l'interprète de la vive émotion de la population de cette ville, lorsqu'en 1887 un projet de transfert à Lille des Facultés fut présenté par le gouvernement.