‹ Dictionnaire national des contemporainsChapitre 9 sur 17 · NT · texte numérisé non relu

NT

.-)1 IT.i

isl

7s ï.iU

Ogé (Pierre), sculpteur , . ... .S31

Mliiiet (Cieorpes), écrivain 124

Olliiier (Emile), ancien ministre (de l'Académie

française). lCi5

«r.Honroy. — Voir Kicliar<l O'Mouroy ... 4trnaiio iCunéo d). — Voir Cuik^o irOrnaii» . ,

Orlinans (Fernand), littérateur l.'îl

Oavrr (.V.-F.), député 243

Pa^al I Henri), écrivain 5.j

Paini iliaroiine). voir Lotus.

Palaililhe (Emile), compositeur de- musique (de

l'Institut) 99

Papin ( Louis I. — Voir Pionis (Paul).

Papplit'r (P.-A.), député 2.">S

Paris (Caston). administrateur du Collège de France

(de l'Institut) ilti

Pascal ( Léonce I, dépiiti' l.Si

Pascal 1.1. -L ), architecte (de l'Institut) 197

Pa<»sy (l'rédéric), économiste (de l'Institut) .... 172

Pasiro (Ulysse), député . .'CiN

Paiilial (Lôuisi. sénateur ;il."i

Pellclan (Camille), di-puté I.'j7

Porrel ( l'aul). éi-rivain 2.')9

Ppriliier (.Iules i. di''puté 223

Perrior I Ivlmond). membre de l'Instilut 149

Pojlral (P. -L.), sénateur, ministre des Finances. . IS5

Pirol i(ierges) membre de l'Institut 157

Pinioilan ((iabriel duc et m.iniuis de), écrivain. . .■?2(i

Pionis iLiuiis Papin. dit), littérateur. IS(i

Piol (Ivliue), si-nateur. 274

Plou (.lac(|uesi. député 275

Pianrlion (Custave), D' de l'Ecole supérieure de

pharmacie (de l'Ac. de médecine). . . . 217

Poinear»' (Henrv), membre de l'Institut I.'^5

Poinrari^ (Raymond), député 2.'!I

Poinlelin (.\.-E.), peintre 1S.S

Pomercii (comte dei, député Hi2

Ponsrarnie (F.-J.-H). graveur 317

Poubrllo (Eugéne-Hené), diplomate, ancien préfet

de la Seine IS

Pouchcl (D' Cabriel), professeur (de r.\cadémie do médecine

Poxxi (D' Samuel), sénateur (de l'Ac. de médecine).

Praclip (Laurent), député .

Pri^iiiosiiil. — Voir Rps^nsinit do Préiiiesnil.

Prilrliaril (C.-lv), compositeur de miisiipie

Prunier (L.-L. ). chimiste, nharmacien, membre de l'Académie de méclecine

Puofli iDenys), sculpteur .

Puyniaisrp (comte (le), écrivain

Pujol (P.-L.). — Voir Fit'rs

Onosnay «le Beaiirepaire (.Iules), ancien magistrat, écrivain

Raehou (Henri), peintre

Raiiihauil (Alfred), sénateur (de l'Institut) . . . .

Kaiiiel (Comte Fernand de), iléputé

Kanr (.Arthuri, sénateur

Kaniier (D' L.-.Vi. membre de l'Institut

Ra»:iissou-Mollien(J.-G.-F.-L.), membre de l'Institut

RehouK (Paul), poète '.

Réélus (Elisée), géographe et sociologue

Réélus (Elle), géographe

Reclus (Onésimei, écrivain

Reclus (E.-A.-E ). marin et vovageur

Reelus(D' Paul i. membre de l'.\cadémie de médecine

Resnault de Preuiesnil (Charles), vice-amiral . .

Reille (Baron Xavier), député

Renault (Léon), avocat, ancien préfet de police, ancien sénateur

Renoiiard (Paul), peintre

Reiille I Albert), historien, professeur

Re\ille (Marc), avocat, publiciste

Roy (A -Ed.). voyageur et archéologue

Rej-Roi/.e (H -.\I.', baron i, écrivain, collectionneur.

Richard (M"" Alfred Maj^np, née Hortense), peintreminiaturiste

Richard 0".Monroy. écrivain

Richcpîn (Jean), écrivain

Rii;alt (Pierre de), publiciste espagnol

Rl$;alt (M" Mercedes de), musicienne

Riotor (Léon), écrivain

Rîvoire (François I. peintre

Robert-KIeury (Tony), peintre . '

Robin (Maurice), chimiste

Roeli (Gustave), député

Roelierort (Henri), écrivain

Roehejjrosse (Georges), peintre

Rocquain (F'éli.M, membre de l'Institut

Rod (Eilouard). écrivain

Rodrij^uez-Etchard (Severo), peintre

Rossi iLucius). peintre

Rostand (Eugène), économiste (de l'iTistitut) . . .

Rostand (.\le.\is), administrateur

Rosland (Edmond), écrivain

Rostopchine (Comtesse Lydie), écrivain. ...

Rothschild (Henri, baron ilei, docteur en médecine.

Roly ((Iscar). graveur (de l'Institut.»

Roualle «Ir Rouiillp (R -As de), D' de la G" de Suez

Rou.^on ( Henry 1, littérateur, D' des Beau.\-Arts . .

Rouland (André-Julien), député

Erratiim. — Dans la notice, le prénom ile

Gustave est. par erreur, attribué à .M. Bou-

land. Ce prénom doit être remplacé par

celui de Julien, sous lequel est connu

l'honorable député.

Rousse (Edmond), avocat (de r.^cadémio française).

Roussel ('rhéophile). sénateur (de l'Institut) . . .

Routille (dei. — Voir Roualle de Roniille.

Houx(D'P.-P.-E. I. sous-directeur de 1 Institut Pasteur

(de l'Académie de médecine)

Kil ISO 6-i 11)1 loi Kll :«)I

Roylipt il''i'rilinanill, j)eintro 233

Koy (le I.oula» iLnuisi, dépiitt' 109

Kojcr iGléiui'iil de), avocat ">

Rncll' (Jules), armateur llii

Saba (l-;.-L -J.), députe (décodé) 211

Salirun Ponte*ès (Joan comte de), ancien oflicier,

t'crivain ,S9

Sain ilvlouard), peintre IK

Sainl-Aulaire (Comte de), écrivain , •^~

Maint-fieiiiès (V" de). — Voir Ricliard OMIonroy.

Sainl-Marceau^ (C.-R. de Paul de), .sculpteur . . 236

Sainl-Marlin-Valoguc (M.-E.-A. de), député . . . 301

Saiiil-Qiieutin (Gabriel de), comp. de musique . . 131

Saisy ( Hervé de), sénateur 1.»

Sal (Léonce de), sénateur 2(5.5

Samarine (.\I"" de), peintre et littérateur 162

Sarah-Ueriiliardt. — Voir Bernliardt (Sarali).

Sa\or;;'iiaa «le Bra#,/.a. — ^^oir Brazza.

Sfliliiiiilierser ((.lustavp). membre de l'Institut . . 14')

Schneider (Eugène), député 187

Seholl (Aurelien). écrivain 73

Sêblinc (C.N.), sénateur 23

Sênarl (E.-C. M.), orientaliste (de l'institut). ... 69

Serres (Louis de), compositeur de musique . . . 143

Séverine (.M'"' fiuebharl.née Caroline Reniy, dite). 14

Serendal de Beizîm (Louis), peintre 227

Sj'zille des Essarts (A.-J.-P.), peintre 214

Sirbaiii (Mlle Hélène), artiste lyrique 334

Sirol ((^ésar). député 333

Solages (Marquis Ludovic de), député 177

Solenière (Eugène de), compositeur de musique. . 248

Sollier (D' Paul), médecin 271

Sollier (M"'), docteur en médecine 272

sortais ( L.-^I. -H), architecte 51

Suan de la Croix (H.-F.-E. comte du), émailleur

d'art 147

Sully-Prudiioninie (R.-F.), poète (de l'Académie

fran(^aise) 1()8

Tailiiaiidior (H.-A.-J.), député S45

Talon (.I.-L.), sénateur 6

Tardivean (A.-E.-A.), publiciste 102

Tarnoivsky (Michel de), sculpteur 176

Tassin (Pierre), sénateur 159

Teisserene de Bort (Edmond), sénateur 2S1

Thevenet (Marius), sénateur, ancien ministre . . . 123

Tiiivier (Eugène), sculpteur 306

'l'honias (Gabriel), sculpteur (de l'Institut; .... 73

Tlioniassel (H. -El, vice-amiral 309

Tlionipson (.M' l'anchon). cantatrice 294

Tliomsen (C.-A.), sculpteur 251

Tliorel (J.-E.). sénateur 28.5

TilTereau (Théodore), chimiste 111)

Tinuani Louis), sénateur 124

Titenx (Colonel J.-F.E.). écrivain, |)eiiitre .... 98

Tournier (Albert), écrivain 199

Toussaint (baron). — Voir Malzeroy.

Tranchant (Charles), administrateur" 282

Errata. — Page 283, ligne 34, après le mot « l'énnion », lire : <i annxellc ite.s nncienx « l'it'ces du colU-<ie .. — Ligne 36. lire : « AHoriitioiis jiroiiOHci'en > (au pluriel). — Ligne 38, lire 1S9Ô au lieu de 1893.

Trarieux (Ludovic), sénateur, ancien ministre. . . 81

Troiniaiix (Edgard). écrivain 51

Turigny (Jean), déinité 147

Vaillant (Edouard), député . ■ • 1*9

Van Gelder (D' Georges), médecin 63

Van Tliiesïhem iP -E.-L.), memiire de l'Institut . . 135

Vapereau (Gustave), écrivain 119

Vaudreiner (J. -A. -E. ), architecte (de l'Institut) . . 16

Vaysse ( Léonce i, peintre 151

Veiga (de). — Voir Alvës de %'eiga.

Véron (Pierre), écrivain 60

Viaud (Julien). — Voir Loti (Pierre).

Vibert (Georges), peintre 122

Vigier (comte», écrivain 87

Villéon. — ^■oir La Villëon.

Vincent (Max), avocat 336

Viollet (Paul), membre de l'Institut 139

Vogilé (Melchior V" de), écrivain (de l'Académie

fran(;aise,'. ancien député 204

AVaddiugton (Charles), membre de l'Institut . . . 137

Waliszeivslij- (Casimir, comte), écrivain 151

Weil (Henri), membre de l'Institut 142

'\Viekerslieînier(Ch. E.). ingénieur, ancien député . 3.35

Wickham (G.-P.-J.). philanttirope 311

Wilson (Daniel), député 191

■\Vitt (Conrad de), député 212

Yvette Gnilbert. — Voir Guilbcrl.

Zari (M'°' Bonnier. née Ortolan, dite), écrivain . . 200

Zcller (Jules), membre de l'Institut 154

/.iem (F.-F.-G.-P.), peintre 156

des

FflUt^E (Félix-ppançois)

'ixù-MU président Je la République française, né à Paris le 30 janvier 1841. Fils d'ouvriers, il fut d'abord élève chez les frères de la Doctrine à F'aris, puis à Beau vais; il entra ensuite au collège communal de cotte ville et fut, de là, mis h l'Ecole Pompée à Ivry ; dans ces divers établissements, le jeune homme ne tit que des études primaires et commerciales. Envoyé ensuite à Amboise, pour apprendre pratiquement le métier de tanneur, M. Félix Faure vint, en 1H63, s'.établirau Havre, où il créa et conduisit à la prospérité une maison d'armateur.

Conseiller municipal le 6 août 187(1, M. Félix Faure devint adjoint au maire du Havre après le 4 septembre; il fut nommé ensuite commandant du 6" bataillon de mobiles de la Seine-Inférieure et amena, du Havre à Paris, des secours contre les incendies de la commune. Révoqué, en 1874, par le ministère de Broglie, de ses fonctions d'adjoint, il se consacra entièrement à celles de juge au tribunal de commerce, de membre, puis président de la Chambre de commerce, de consul de Grèce au Havre et à diverses œuvres philanthropiques, de secours mutuels et d'enseignement, au développement desquelles il avait pris, dès l'origine, une part efficace.

(Candidat à la députation, en 1876, dans la 2" circonscription du Havre, il échoua; mais il fut élu en i88i, par "1,876 voix, contre 5,67=, à M. Le Vaillant du Douët, député sortant, monarchiste.

Réélu : en 1885, sur la liste républicaine de la Seine-Inférieure , par 8o,s=i9 voix sur 149, =546 votants ; en 1889, dans son ancienne circonscription, avec 7,771 suffrages, contre 5,313 à M. Anselme,

monarchiste ; en 1893, sans concurrent, par 10,048 suffrages. 11 a toujours pris une part active aux travaux du Parlement , s'intéressant tout particulièrement aux questions d'aflaires.

En 1882, M. Félix Faure fut l'un des fondateurs de la Ligue des Patriotes; à plusieurs reprises, il a été sous-secrétaire d'Etat aux Colonies : dans les ministères Gambetta (14 novembre 1881), Ferry (21 février 1883), Brisson (6 avril 1885) et Tirard (12 décembre 1887).

C'est grâce à M. Félix Faure, en partie, que fut opérée la réforme des tarifs de chemins de fer. Il a occupé, d'ailleurs, une place importante dans la plupart des grandes commissions, où il se faisait remarquer par la clarté de sa parole et une haute compétence des affaires.

11 était vice-président de la Chambre lorsqu'il prit, dans le cabinet Dupuy, le portefeuille de la Marine (31 mai 1894). Il refusa, à ce moment, délaisser poser sa candidature à la présidence de la Chambre.

Après la démission si brusque et si inattendue de M. Casimir - Périer, l'Assemblée nationale , réunie en Congrès le 17 janvier 1895, pour désigner un président de la République, donna, au second tour de scrutin, 440 voix à M. Félix Faure, qui fut élu, contre ^61 à M. Henri Brisson.

La première année du Septennat de M. Félix Faure fut marquée par le succès de nos armes à ^Vladagascar et une cordialité de plus en plus accentuée dans les relations extérieures de la France.

.\u premier cabinet constitué par M. Félix Faure et présidé par .\L Ribot (26 janvier 1895), succéda, le 3 novembre, le ministère de M. Léon Bourgeois qui démissionna à la suite du refus du Sénat de voter

les crédits demandés par le gouvernement pour le corps d'occupation de jMadagascar et fut remplacé par le ministère Méline (29 avril 1896).

A la fin de 1895, les journaux avaient révélé qu'un avoué, membre de la famille de M"'" Faure, mort depuis longtemps, avait été frappé de condamnations judiciaires, et une vive campagne fut menée, dans une certaine partie de la presse, sur ce sujet, contre le chef de l'Etat. Ces attaques Cessèrent bientôt sans avoir produit d'autre résultat que d'accroître la sympathie générale pour la personne du président.

En octobre 1896, M. Félix Faure reçut, officiellement et en grande pompe, à Cherbourg et à Paris, l'empereur et l'impératrice de Russie; cette visite fut accueillie avec enthousiasme dans notre pays.

L'année 1897, inaugurée par le renouvellement partiel du Sénat (3 janvier), qui amena à la Chambre Haute une plus grande majorité de républicains, a compté d'autres faits importants relatifs à la politique générale ou à l'action personnelle du chef de l'Etat; mentionnons : le réveil de l'alTaire de Panama, motivé par les révélations d'Arton, à la suite desquelles plusieurs députés et anciens parlementaires furent poursuivis et tous acquittés par le .lury ; l'e.xplosion d'un engin sur le passage du président , 'au retour du Grand-Prix (13 juin), attentat sans résultat, qui fut suivi ^e plusieurs autres , aussi infructueux, et dont les auteurs n'ont jamais été retrouvés ; le voyage de M. Faure en Russie (18 au 31 aoiit), qui marque une date importante dans la politique extérieure de la France, l'alliance avec la Russie ayant été officiellement proclamée par les chefs des deux pays, dans un toast, à bord du Pothtiau, à Cronstadt (36 août) ; la campagne pour la révision du procès Dreyfus, capitaine d'artillerie condamné pour trahison, en 1894, par un conseil de guerre jugeant à huis-clos, que l'on prétendit victime d'une erreur et pour la défense duquel une agitation considérable dut être créée dans le pays.

En 1898 eut lieu le renouvellement général de la Chambre (8 et 22 mai). Mis en minorité le 14 juin, sur un ordre du jour lui demandant de gouverner exclusivement avec les républicains, le cabinet Méline fut remplacé par un ministère Brisson ( 28 juin) , qui tomba, à son tour, à propos de l'affaire Dreyfus (25 octobre). M. Félix Faure chargea alors M. Charles Dupuy de former un cabinet, que celui-ci constitua avec des éléments de conciliation républicaine.

Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1871, M. Félix Faure est devenu grand maître de l'Ordre

par son avènement à la première magistrature de l'Etat. Il a reçu, depuis, un nombre considérable de décorations et de dignités étrangères.

ETIEfiJ^E (Eugène)

f:puTÉ et ancien sous-secrétaire d'Etat, né à I^S» Oran (Algérie) le i ^^ décembre 1844. Fils d'un officier qui prit part à la conquête de l'Algérie, il entra, ses études terminées, dans le commerce. Successivement employé, puis chef de maison, il parvint rapidement à se créer une situation honorable. C'est ainsi qu'il se trouvait à la tête d'une importante entreprise de transit à Marseille, quand, en 1869, Gambetta se présenta dans cette ville aux élections pour le Corps législatif. M. Etienne fut, pendant cette période, le lieutenant du célèbre tribun et noua avec lui d'étroites relations d'amitié, qui se continuèrent jusqu'à la mort de celui-ci.

En 1878, Gambetta , qui avait pressenti les brillantes qualités administratives de M. Etienne, le fit nommer inspecteur général des Chemins de fer de l'Etat, fonctions qu'il conserva jusqu'au moment oîi, sollicité de se présenter dans la première circonscription d'Oran, il fut élu député, par 2,242 voix, contre i ,842 données à M. R. Cély (aoiit 1881).

Inscrit, dès son arrivée au Palais-Bourbon, au groupe de l'Union républicaine, M. Etienne soutint de ses votes la politique de Gambetta et celle de Jules Ferry; prêta son concours à la préparation de l'expédition du Tonkin, fut rapporteur des budgets de l'Algérie, des Colonies et de la Guerre et fit preuve d'une très grande compétence dans les questions coloniales et de chemins de fer.

Nommé secrétaire delà Chambre en 1882, il garda ces fonctions jusqu'en 1887.

Successivement réélu député d'Oran : en i88s, au scrutin de liste, par 10,954 voix; en 1889, au scrutin d'arrondissement, par 6,030 voix, contre M. Sevray- .Mauvrac, boulangiste ; en 1893, par 7,010 suffrages, sans concurrent, et en 1898, par 7,175, contre 4,130 à M. le D' Mauran, radical antisémite, M. Etienne a pris une part active à tous les travaux de la Chambre, soit comme rapporteur, soit comme membre des commissions du Budget, des Colonies, des Travau.x Publics et de l'Armée.

Entre temps, il a été vice-président de la Chambre des députés de 1893 à 1895, sous-secrétaire d'Etat aux Colonies, une première fois dans le cabinet Rouvier (7 juin 1887), puis en 1889 dans le ministère Tirard ;

il conserva ces hautes fonctions dans les ministères successifs jusqu'en 1893.

Pendant le long séjour au sous-secrétariat des Colonies de M. Etienne , le domaine extérieur de la France fut presque quadruplé. On lui doit en outre l'organisation des services coloniaux, telle qu'elle est actuellement, organisation qui a permis de faire de cette administration un ministère indépendant.

L'éminent député d'Algérie a prononcé de nombreux et remarquables discours h la tribune du Palais- Bourbon , notamment sur les colonies françaises et l'Algérie ; il est l'auteur du projet de loi concernant l'armée coloniale et de l'abrogation de la loi de 1889 sur les naturalisations en Algérie.

Membre de la Gauche progressiste de la Chambre des députés et président du Groupe colonial , M. Etienne se déclare nettement protectionniste.

liflCflZE-DUTHlERS (Félix-Joseph- Henfi de)

[l^j^ooLOGiSTt, membre de l'Institut et de l'Acadé- ^^^|) mie de Médecine, né à .\Iontpezat (Lot-et- /»^^ Garonne) le 13 mai 1821. Il fît ses études médicales à Paris, oii il se fit bientôt un nom par ses recherches sur les zoophytes.

En 1854, .M. de Lacaze-Duthiers fut nommé professeur à la Faculté des Sciences de Lille ; en 1862, il fut chargé d'une mission scientifique dans la Méditerranée, dont il expliqua le but dans une brochure publiée sous le titre : Histoire naturelle du corail (1862). Maître de conférences à l'Ecole normale en 1864, professeur de zoologie en 186^, professeur au même titre à la Faculté des Sciences de Paris en 1868, il a été élu membre de l'Académie des Sciences, en remplacement de Lorget, le 31 juillet 1871.

.VI. de Lacaze-Duthiers a établi, en 1875, un laboratoire zoologique à Roscoflf, sur la côte bretonne ; plus tard, un autre plus important à Banyuls (Pyrénées-Orientales). Il a été élu membre de l'Académie de Médecine le 18 mai 1886.

On doit à M. de Lacaze-Duthiers : une Histoire Je Vororaiiisatioii et du développement des mœurs et des rapt^orts loologiqucs du dentale (18=58) ; Histoire naturelle du corail {i?>()i); le Monde de la mer et ses laboratoires (1889); il a fait également paraître un grand nombrede travaux importantsdans \qs Archives de Zoologie expérimentale, qu'il a fondées.

M. de Lacaze-Duthiers, chevalier du i=i août 1804, promu officier en 1879, est commandeur de la' Légion d'honneur depuis le 31 décembre 1887.

DUPUY (Chaples-fllexandpe)

^-^ l'i'UTK, président du Conseil des ministres, né au Puy le 5 novembre 1851. Il est le

fils d'un huissier de la préfecture de la Haute- Loire et d'une gérante de bureau de tabac. Ses études classiques achevées au lycée local, il y devint maitre d'études, puis fut nommé professeur de philosophie à Nantua(i87i), Aurillac (1872 à 1874;*, .\uch (187^), Le Puy (1876 à 1879), Saint-Etienne (1879 à 1880).

A cette époque, M. Dupuy quitta le professorat pour l'administration universitaire et devint inspecteur d'académie dans la Lozère, puis dans le Calvados, enfin vice-recteur en Corse.

Il se fit porter, exerçant encore ces fonctions, sur la liste républicaine de la Haute-Loire, au renouvellement législatif général de 1885 et se vit élu par 36,038 voix sur 70.699 votants, au a' tour de scrutin. Pendant cette première législature, M. Dupuy prit part à de nombreuses discussions d'affaires, aux débats de la loi scolaire et de la loi militaire ; il déposa une proposition tendant à faire nommer les instituteurs par les recteurs au lieu des préfets.

Réélu en 1889, par 10,201 suffrages contre 7,4^1 à M. La Bâtie, révisionniste, dans la première circonscription du Puy, le député de la Haute-Loire, après avoir été notamment membre de la commission du budget et rapporteur de celui de l'Instruction publique, fut appelé, à la formation du cabinet Ribot, le 7 décembre 1892, au ministère de l'Instruction publique. Il conservait les mêmes fonctions dans le deuxième cabinet Ribot, le 1" janvier 1893. Puis, ayant eu l'habileté de se faire passer aux yeux de beaucoup pour r«homme indispensable», il remplaçait bientôt son collègue, M. Ribot, à la présidence du Conseil (4 avril 1893), avec le portefeuille de l'Intérieur.

Le mois suivant, éclatèrent des troubles sérieux au quartier latin, à la suite d'une manifestation d'étudiants trop vigoureusement réprimée par la police. Les faubourgs ouvriers, bientôt, semblèrent vouloir faire cause commune avec les Ecoles. En pleine effervescence, M. Dupuy fit fermer la Bo.urse du travail, et l'on eut la crainte, un moment, qu'e.xaspérée par les provocations d'une autorité mal exercée, l'émeute ne prit des proportions inquiétantes.

Enfin, le gouvernement, cédant à la pression de fopinion publique, remplaça le préfet de police, et le calme revint ; mais l'on reprocha à cette occasion,

à M. Dupuy, d'avoir montré plus de fermeté que d'habileté.

Peu après, le gouvernement dont M. Dupuy était le chef procédait aux élections générales pour le renouvellement de la Chambre (août iSt^^V Inclinant a droite sa politique, il favorisa les candidatures des monarchistes « ralliés,» avec une préférence que les républicains « de la veille » ne lui pardonnèrent pas aisément. Il fut réélu lui-même député du Puy, sans concurrent. En octobre 1893, le ministère présida aux fêtes données en l'honneur de l'escadre russe à Toulon et à Paris. Le 25 décembre 1893, M. Dupuy et ses collègues étaient mis en minorité. M. Casimir- Périer, alors président de la Chambre, ayant été appelé à former un cabinet, M. Dupuy fut élu à sa place au fauteuil présidentiel.

Quelques jours après, l'anarchiste Vaillant lançait dans la salle des séances du Palais-Bourbon une bombe, dont les éclats blessèrent quelques députés. Cet odieux attentat, dont les conséquences furent heureusement peu graves, interrompit, comme on le peut penser, les délibérations et jeta dans l'assemblée une bien compréhensible perturbation. Le premier moment de stupeur passé, M. Charles Dupuy, avec beaucoup de sang-froid, engagea ses collègues à reprendre leurs travaux, en disant : « Messieurs, la séance continue >/, parole à laquelle on essaya de faire un sort glorieux.

Le 31 mai 1894, M. Dupuy reprit la présidence du Conseil, avec le portefeuille de l'Intérieur.

Le 24 juin suivant, la France apprenait avec une stupéfaction douloureuse l'assassinat du président Carnot à Lyon ; les critiques adressées alors au gouvernement à propos de la surveillance insuffisante organisée autour de la personne du chef de l'Etat furent d'une violence extrême, et surtout dirigées contre M. Dupuy.

Au Congrès, M. Charles Dupuy posa sa candidature à la suprême magistrature ; il n'obtint que 97 voix contre M. Casimir-Périer. A la demande du nouveau président de la République, le ministère resta en fonctions.

Le deuxième cabinet Dupuy fit voter par les Chambres l'expédition de Madagascar, préparée par le général Mercier, ministre de la Guerre, et la loi contre les menées anarchistes.

La démission du ministère, en date du 14 janvier 1895, entraîna celle de M. Casimir-Périer, qui fut remplacé à la présidence de la République par M. Félix Faure.

M. Dupuy reprit alors son siège à la Chambre, où il ne joua aucun rôle actif jusqu'à la fin de la législature. Il fut réélu député de la i" circonscription du Puy, le 8 mai 189S, par 12,14'i voix, sans concurrent.

Après la chute du cabinet Brisson (2s octobre 1898), M. Ch. Dupuy revint au pouvoir comme président d'un ministère qu'il constitua avec des éléments de conciliation républicaine; il prit lui-même le portefeuille de l'Intérieur (5 novembre). Ce cabinet, dès son arrivée aux affaires, cédant aux instances pressantes de l'Angleterre, et pour éviter un conflit avec cette puissance, dut ordonner l'évacuation de Fashoda, petite ville sur le Nil, dont un de nos compatriotes, le capitaine Marchand, avait pris possession au nom de la France.

Le député de la Haute-Loire a publié, en 1892, un Livret de Morale, destiné aux écoles régimentaires ; il a collaboré à une publication hebdomadaire intitulée : le Certificat d'études et à diverses autrepublications pédagogiques.

M. Ch. Dupuy est officier de l'Instruction publique, grand'croix de l'ordre de Saint-Alexandre- Newsky et de l'Osmanié et décoré de divers autres ordres étrangers.

I^El^OUfltîlD (ChaMes-Paul)

.uiNTRE et dessinateur, né le s novembre 184s, à Courcheverny (Loir-et-Cher). Peu favorisé de la fortune, M. Paul Renouard était, à vingt ans, garçon de magasin, fraversant un jour par hasard une salle de peinture du Louvre et émerveillé, le jeune homme sentit sa. vocation. Quittant son emploi, il entra à l'Ecole des Beau.x-Arts, dans l'atelier de Pils, qui s'intéressa à lui (1868). Pendant son séjour à l'Ecole, il fit, pour vivre, de la peinture en bâtiments et des couvercles de boites d'allumettes; puisPils ayant eu besoin d'aide pour les travaux de décoration qu'il avait à faire, le prit bientôt avec lui. Jusqu'en 1875, il suivit son maître et entra avec lui à l'Opéra de Garnier, où il travailla aux plafonds ; une fois dans la place il ne l'abandonna pas; il trouva un grenier dans l'immense bâtiment et en fit un atelier qu'il n'a plus jamais quitté.

M. Renouard a donné, depuis cette date, au Paris illiistre'et kVI/lustratioii, toutes ces saisissantes apparitionsde danseusesdont ilfit égalementune série d'eaux-fortes aquateintées (187s à 1S80). Pendant la même période, il fréquenta aussi beaucoup le Palais

de Justice, la Bourse, le Palais-Bourbon, et fit paraître, dans les mêmes journaux, une série de dessins et de croquis représentant des personnages connus. Mais, mécontent de la façon dont ses œuvres étaient reproduites par les journaux français, et sollicité par différents grands illustrés de l'Etranger, il entra comme dessinateur au Graphie en 1884 ; il a publié dans ce journal anglais de remarquables séries qui ont été reproduites par des procédés artistiques, dans leur grandeur d'exécution ; ce sont : la Royal académy, série de portraits au crayon, achetée par l'Etat pour le Musée du Luxembourg (1885) ; les Prisons (1887) ; Monaco (paru en supplément), série de croquis de joueurs fort impressionnants (18891 ; les Institutions de Bienfaisance (1889-1893) ; les Enfants (1896-1897) ; \q Jubile de la Reine d'Angleterre (1897), etc.

Depuis 1890, l'éminent artiste travaille à une suite de dessins dont il a fait des eau.x-fortes intitulées : Le inoiiveinent, le geste et l'expression el/e-^ les animaux. Cette série, publiée par planches , sorte de cours gradué de dessin d'animaux , est exécutée d'une façon bien personnelle, par un artiste qui voit simplei^ient et reproduit fidèlement Ce qu'il sent.

On a vu, en outre,de M. PaulRenouardauSalondes Champs-Elysées : Pendant la représentation, croquis d'acteurs (1877) ; la Rue, dessins à la plume ; le Petit quadrille d l'Opéra, 2 dessins (1878) ; la Salle des Fêtes du Trocadéro pendant la .construction, dessin fait pour le journal VArt ; Petits Chats (1879) ; l'Armurier de l'Opéra, aquarelle (1881) ; Enfants assistés (1883) ; les Copistes du Louvre ; l'Invalide (1886) ; le Jury du Conservatoire (1887) ; l'Ecole des Beaux-Arts à Londres (1888) ; En Irlande (1889). Au Salon du Champ de Mars il a donné : Croquis de danse, M.Renan, Une noce d'ouvriers. Habitués de café (1892) ; A Londres, les Enfants de l'Est, la Prière, Problème, Leçon de couture. Refuge de l'Armée du Salut, la Musique dans James Park (1893) ; A la Chambre des Députes (1894) ; Collection de dessins pour le Graphie (1896) ; portraits de MM. Pavie, Binger, Bonvalot et 10 dessins (1897).

Depuis les Dames du Louvre, que VArt publia, jusqu'aux dessins pour la galerie de M. Coquelin et au Portrait de M. Delcassé ; dans ces croquis instantanés, où M. Paul Renouard excelle, comme dans ces eaux-fortes scintillantes de lumière et cependant d'un trait si sobre ; et, d'autre part, dans ses toiles, si recherchées des amateurs et brossées de si personnelle manière, cet éminent artiste a su fixer les trois

aspects de la vie ambiante : le mouvement, le geste et l'expression.

M. Paul Renouard fait partie de la Société des Artistes français et de la Société nationale des Beaux- Arts. Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur le 14 juillet 1893.

t^OYEf^ (Clément de)

IvocAT, né à Paris le 4 novembre 1844. H est le fils aîné de M. de Royer (i 808-1 877), qui fut garde des sceaux, vice-président du Sénat, premierprésident de la Gourdes comptes, et grand-croix de la Légion d'honneur. Après de solides études au Lycée Louis-le-Grand, xM. Clément de Royer se consacra à l'étude du droit et conquit le doctorat devant la Faculté de Paris en 1870. Secrétaire de la Conférence des Avocats de 1870 à 1872, il prononça, à cette époque, un discours remarqué sur les Mémoires de Beaumarchais. Lors de la campao-ne franco-allemande, il s'engagea, pour la durée des opérations, dans les régiments de marche et participa aux actions de Montretout, de Champigny et de Buzenval.

En 1871, devenu chef du cabinet de son père, premier président de la Cour des comptes, M. Cl. de Royer contribua pour une large part à la reconstitution des services d'archives de cette cour.

En 1873, il fut nommé substitut du procureur de la République à Chartres, puis occupa les mêmes fonctions à Versailles en 1877.

L'exécution des décrets du 29 mars 1880, rendus contre les congrégations religieuses, mit fin à sa carrière de magistrat. Adversaire d'un acte qui lui parut porter atteinte àla liberté de conscience et à la liberté de domicile, il démissionna par une lettre de protestation très énergique, qui fut publiée à ce moment.

Au barreau de Paris, où il a repris depuis ce temps sa place, M. Clément de Royer a plaidé dans un grand nombre d'affaires criminelles et civiles importantes. Il est avocat de la Société d'Assurances mutuelles mobilières et immobilières de la Seine.

Comme homme politique, >L de Royer s'est créé une situation considérable dans le parti conservateur et plus particulièrement plébiscitaire. En 1885, il fut porté sur la liste conservatrice aux élections générales législatives dans le département de la Sefne et obtint plus de cent mille voix. Au renouvellement de 1889, fait au scrutin d'arrondissement, candidat dans la première circonscription d'Yvetot (Seine-

liit'éricurci. il réunit s, 14s voix contre 602s à i"clu M. Lechevnllicr, député sortant. 11 échoua égalementlen 1893 et en 1H98, dans la même circonscription et toujours contre le même adversaire.

Conseiller municipal de St-Clair-sur-les-Monts (Seine-Inférieure), membre ou président de plusieurs associations locales de bienfaisance et de mutualité ; propriétaire, depuis la mort de sa mère, du château de la Pimprenelle, situé à la côte de Grâce, près Honfleur, et des domaines qui y touchent, possesseur aussi dans l'arrondissement d'Yvetot, d'autres importantes propriétés rurales, M. Clément de Royer s'occupe avec sollicitude des questions agricoles et industrielles qui intéressent la Normandie et il a, dans toutes les communes delà Seine-Inférieure et du Calvados, une légitime influence et une grande popularité.

Membre de la Société hippique et de la Société des Agriculteurs de France, M. Clément de Royer est aussi membre du Comité consultatif du Nouvelliste de Rouen et préside, depuis la fondation (1886), le comité de direction de la Revue Je la France Moderne.

TflliOU (Jean-néon)

§HN.\TEUR, né à Francoulis (Lot) le 15 août 183=,. Après avoir accompli ses études classiques au lycée de Cahors avec Gambetta, dont il fut plus tard l'ami, il suivit les ceurs des Facultés de Droit de Toulouse et de Paris, prit sa licence et acheta une charge d'avoué près le tribunal civil de Cahors.

Mêlé de bonne heure aux luttes politiques locales, M. Talou combattit énergiquement le régime impérial et devint, en i87o,conseillermunicipal de Cahors, comme candidat de l'opposition. L'année suivante il était nommé conseiller général du Lot; mais, en 1874, après une lutte des plus vives, il échoua contre M. Depeyre, ancien ministre. II revint à l'assemblée départementale en 1880.

Six ans après, M. Talou était réélu au conseil général, contre M. le comte Murât fils et il triomphait du comte Joachim .Murât père, député sortant, aux élections législatives du 22 septembre 1889, par 7,37s voix contre '5,841. Ce résultat inespéré fut une véritable victoire politique dans le département du Lot, qui était jusque-là considéré comme le fief électoral de la famille Murât.

Nommé de nouveau député de la première cir-

conscription de Cahors, en 1893, par 6,65 1 voix, contre 5,s88 à M. Bourdin, avocat, conservateur, et 135 à M. Bessières, horticulteur, socialiste, M. Talou a, de ce jour, fait partie du groupe radical de la Chambre, avec lequel il n'a cessé de voter.

Membre de diverses commissions, il a présenté plusieurs rapports remarqués; il s'est surtout occupé de questions financières et de réformes judiciaires.

Porté sur la liste radicale du département du Lot, avec MM. de Verninac et Pauliac, lors du renouvellement partiel du Sénat, en janvier 1897, il fut élu sénateur, en même temps que ses amis, contre les candidats de la lite conservatrice, MM. E. Rey, le général Combarieu et Calmon. Inscrit au groupe démocratique du Luxembourg , I honorable sénateur du Lot est franchement protectionniste.

M. Talou est chevalier de la Légion d'honneur depuis janvier 1885.

FÏ^OJV[Er4T-]V[EUf{ICE(Henpi-ThéodoPe- Mafie-pt^ançois)

ËNDUSTRIEL, Conseiller municipal de Paris, né dans cette ville le 17 octobre 1863. Petit-fils - - ■ de Froment-Meurice, argentier de la ville de Paris, fils de Fmile Froment-.VIeurice, le célèbre orfèvre, il accomplit ses études classiques au lycée Fontanes et ses études de sciences au collège Stanislas. xAdmissible à l'Ecole Polytechniqueen 1883, il fit son volontariat l'année suivante et fut ensuite élève à la Faculté de Droit.

Mêlé de bonne heure aux luttes de la politique, M. François Froment-Meurice prit part, sous la direction de son père, président alors du comité conservateur du viii'' arrondissement de Paris, aux élections législatives de 1885. SoIIicitéde se présenter au Conseil municipal dans le quartier de la Madeleine, il fut élu à une forte majorité, en remplacement de M. Amédée Dufaure, devenu député de l'arrondissement d'Etampes (27 avril 1890).

Vivant dans l'atmosphère laborieuse Je l'industrie et du commerce, écrivait-iJ alors, je sais qu'il n'est pas de sage administration sans l'esprit d'économie. Je ferai tous mes efforts pour arrêter l'augmentation incessante des dépenses municipales et é\'iter de nouveaux impôts qui en seraient la conséquence inévitable.

Réélu, le 16 avril 1893, et en 1896, M. Froment- Meurice est membre, depuis 1890, de la Commission des Finances et, depuis leur création, des commissions du Vieux Paris, du Métropolitain et de celle chargée d'étudier les moyens de circulation à travers Paris;

il a fait du remarquables rapports sur le budget des dépenses de l'Octroi, au personnel duquel il a fait obtenir le travail de huit heures, et sur l'emploi du legs Rampai, destiné à faciliter l'existence et le dévelopiiciiicnl des associations ouvrières.

Monarchiste et catholique convaincu, il s'emploie, de concert avec ses collègues h quelque opinion qu'ils appartiennent,:! la solution de toutes les questions parisiennes.

M. Froment-Meurice est lieutenant d'artillerie de réserve depuis 1887.

IVIOl^mLiOT (Jean-Baptiste-liéon)

li^l^^è l'.i'irn'i, né au château d'iitrépv lAlarne) le 19 juillet 1838. Fils d'un ingénieur des mines, M. Léon .Vlorillot appartient, par sa mère, à la famille de Cliavigné , l'une des plus anciennes du Perthois iMarne). Il lit ses études au collège Stanislas, où il fut, en i86s, lauréat du concours général. Il obtint ensuite le doctorat en droit et, en 1867, devint auditeur au Conseil d'Etat. En cette qualité, .VI. Morillot remplit successivement les fonctions de sous-chef du service des sections étrangères à l'Exposition universelle de Paris en 1867, puis de secrétaire adjoint de la commission française à l'Exposition d'Amsterdam en 18O9, enfin de secrétaire de la commission d'enquête parlementaire sur le régime économique de la France en 1870. Il était chef-adjoint du cabinet du ministre de l'Instruction publiqueetdes Beaux-Arts lorsqu'éclatalaguerre Franco-Allemande. 11 prit part à la défense de Paris comme mobilisé.

De 1869 à 1874 , M. .Morillot accomplit divers voyages scientifiques en Belgique, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, en Egypte, en Algérie, en Corse et en Tunisie. A son retour définitif en France, il se consacra à l'exploitation agricole de sa propriété de Bussemont (Marne), et fut nommé administrateur de la Compagnie des mines de Rochela-.Molière et Firminy (Loire), que son père avait longtemps dirigées.

Maire de la commune de St-l.umier-la-Populeuse depuis 1874, et délégué cantonal, il fut élu, en i88(), membre du Conseil général de la Marne pour le canton de Thiéblemont, et, lors des élections généales législatives de 1889, député de l'arrondissement de Vitry-le-François, par 6,269 ^'oix, contre 3,142 à M. Guyot, radical. Il a été réélu depuis: en 1893, par 6,167 ^'O'^ contre 4,787 [ii M. Tautet, radical, et en 1898, par 6,294 voix, contre 4,985, au même adversaire.

M. Léon Morillot est inscrit, à la Chambre, au groupe républicain progressiste, au groupe agricole et au groupe de politique extérieure et coloniale. .VIembre de diverses commissions, parmi lesquelles celle de la réforme administrative, de la chasse, du code rural et la Commission agricole, il a été rapporteur, au groupe agricole, des projets de loi sur les Halles de Paris et sur la représentation agricole et, à la Chambre, de la loi sur la chasse. Il est l'auteur d'un projet de loi sur la reconstitution de la petite propriété en France, ainsi que d'un projet de loi sur la chasse, la destruction des animaux nuisibles et la conservation des oiseaux utiles à l'agriculture.

L'honorable député de la Marne est un protectionniste modéré.

On doit à M. Léon Morillot, la publication d'un important ouvrage sur la Condition des cn/ants nés hors mariage, en Europe cl spécialement ^n France, dans ra)iliqiiite,aii iiiflycit-âge et de nos jours (iSô^i).

Membre du comité de l'Afrique française, de la Société de Géographie de Paris, de la Société française des habitations à bon marché et de la Société des Sciences et Arts de Vitry-le-François, M. Morillot est dignataire d'un grand nombre d'ordres étrangers.

Gf^ÉW (Paul-lioais«Jules)

H\.\TEUR et général, né à Mont-sous-Vaudrey (Jura) le s septembre 1820. II est le frère cadet deM.JulesGrévy, président de laRépublique (1877-1891). Entré à l'Ecole polytechnique en 1841 et sorti, deux ans après, officier d'artillerie, il fit campagne en Algérie, en Crimée et en Italie, comme capitaine; fut promu chef d'escadron le 3 février 1864, lieutenant-colonel le 17 août 1870, colonel le 17 août 1871 et général de brigade le 30 décembre 187=;. Après avoir commandé l'artillerie du 4'-" corps d'armée au Mans, puis la brigade du 19" corps, il fut nommé général de division le 18 février 1880, et mis à la retraite en novembre 1885.

M. Paul Grévy entra tardivement dans la politique, le it août 1880, comme sénateur du Jura, élu par s 16 voix (ô^-j votants), contre 19 à M. Gagneur et 14 au général de Geslin, en remplacement de M. Tamisier. Le général Grévy se plaça à la gauche du Sénat, et sans prendre jamais une part active aux délibérations, vota avec la gauche républicaine, notamment pour les lois sur la presse et sur le droit de réunion, pour la réforme du personnel judiciaire, pour le divorce, pour les crédits du Tonkin, pour l'expulsion des princes, etc.

Réélu, le 5 janvier 1886, par494 voix 1880 votants), il se prononça pour la nouvelle loi militaire, le rétablissement du scrutin d'arrondissement (13 février 1889), contre le boulangisme, etc. Réélu encore, le dernier de la liste, au renouvellement triennal du Sénat en 1897, il a été membre et vice-président de la Commission sénatoriale de TArmée.

Le général Grévy a été décoré en i8=iS, promu officier en 1859, commandeur en 1871 et grand officier de la Légion d'honneur le 29 décembre 1882. 11 a été membre du Conseil de l'Ordre.

GF^ÉW (jules-Philippe-fllbcPt)

^^^ÉNATEUR inamovible, ancien gouverneur géné- ^^^ rai de l'Algérie, frère du précédent,né à MontjÈ^^ sous-Vaudrey (Jura) le 23 août 1824. 11 suivit les" cours de la Faculté de Droit de Paris, s'inscrivit d'abordau barreau de cette ville, puis à celui de Besançon, où il devint bâtonnier de l'ordre.

Collaborateur du journal le Doiibs et chef de l'opposition dans ce département, M. Albert Grévy combattit le plébiscite. Ses opinions républicaines le firent désigner par le gouvernement de la Défense nationale, le 6 octobre 1870, comme commissaire général dans les départements du Doubs, du Jura et de la Haute-Saône : mais il abandonna bientôt ce poste et, aux élections du 8 février 1871,1! fut élu, le 1" sur 6, par 36,910 voix (53,131 votants), représentant du Doubs à l'Assemblée nationale. Il siégea à la o-auche républicaine, dont il devint le président, soutint le gouvernement de M. Thiers, prit part à nombre de discussions importantes, fut rapporteur de la loi de répartition des indemnités accordées pour faits de guerre, de la Commission d'enquête sur les ao-issements bonapartistes (atïaire Girerd), du projet de loi sur la presse et sur la levée de l'état de sièo-e. Il s'appliqua à assurer, entre les diverses fractions de la minorité de gauche, l'adoption d'une ligne de conduite qui devait aboutir au vote des lois constitutionnelles et s'associa à ce vote après avoir combattu le gouvernement du 24 mai et s'être prononcé contre le septennat, l'état de siège, la loi des maires, le ministère de Broglie, etc.

Aux élections législatives du 20 février 1876, M. A. Grévy, candidat dans la i" circonscription de Besançon, fut élu par 6,985 voix contre 2,053 «données à M. BoUand. Il présida la Gauche républicaine pendant un an, fut vice-président de la Commission du budget de 1S77, fit partie de plusieurs autres

commissions, et présida celle de révision et de modification des lois sur la presse.

L'un des 363 adversaires du ministère Fourtou-de- Broglie et réélu, le 14 octobre 1877, par 8,282 voix, contre 1,579 ^ -^^- Boysson d'Ecole, candidat officiel, il fut, dès la réunion de la Chambre nouvelle, nommé membre de la Commission d'enquête électorale, soutint le cabinet Dufaure, se prononça pour les lois Ferry sur l'enseignement et, par un décret en date du 15 mars 1879, reçut la direction civile et politique de l'Algérie. •

Ce premier essai de gouvernement civil, au profit du frère du président de la République, dans notre principale colonie, fut l'objet des critiques les plus vives. M. Albert Grévy rencontra plus d'une difficulté dans l'exercice de sa mission. A la nécessité de réprimer, en mai 1879, une insurrection de Kabyles à Batna, s'ajoutèrent de fréquents conflits avec l'autorité militaire, conflits qui eurent maintes fois leur écho à la tribune parlementaire.

En 1880, M. A. Grévy quitta le Palais-Bourbon pour le Sénat, ayant été élu sénateur inamovible en remplacement de Crémieux, décédé, par 152 voix (sur 1S9 votants).

Il siégea à la gauche sénatoriale, autant que le lui permirent ses fonctions de gouverneur ; répondit à la Chambre (1881), comme commissaire du gouvernement, à l'interpellation de M. Thomson sur l'incarcération arbitraire d'arabes de la province de Constantine,fut attaqué (30 juin), par M. Jacques, pour avoir favorisé par incurie l'insurrection du Sud oranais, et vit sa situation de gouverneur notablement diminuée par les décrets de rattachement du 6 septembre suivant, qui lui enlevaient la plupart de ses attributions en rattachant chacun de ses services au ministère compétent. Il fut remplacé comme gouverneur civil de l'Algérie, le 26 novembre 1881, par M. Tirman.

Au Sénat, .M. Albert Grévy a fait partie de la Commission des Finances, de celle des Chemins de fer et a été président de la Commission d'organisation coloniale. Il a voté notamment : pour le divorce, pour l'expulsion des princes, la nouvelle loi militaire, le rétablissement du scrutin d'arrondissement (1889) ; s'est abstenu sur la procédure à suivre au Sénat, contre le général Boulanger, etc.

Depuis plusieurs années, les Tables officielles n'ont plus mentionné aucune intervention de lui.

GflRl^IEÎ^ (Jean-liouis-Chafles)

'rchitecte de rAcaJémie nationale de Musique, membre de l'Institut, né à Paris le 6 novembre 1823. Après avoir passé par ^^ l'Ecole spéciale de dessin, il entra en 1842 à l'Ecole des Beaux-Arts, où il eut pour professeurs MM. Léveil et Hippolyte Lebas. Six ans plus tard, il remportait le grand prix d'architecture sur ce sujet : Un Conservatoire pour les arts et métiers.

Il partit alors en Grèce et, en 1852, dans l'ile d'Egine, tenta la restauration polychrome du temple dejupiter Panhellénien, dont les plans furent exposés au Salon de 18S3, et deux ans après, à l'Exposition universelle; il publia sur le même sujet, en 1856, dans la Revue archéologique, un mémoire explicatif.

Revenu à Paris, en i8s4, M. Charles Garnier fut attaché aux travaux de la tour Saint-Jacques-la-Boucherie, sous la direction de M. Ballu. En 1861, il prit part au concours ouvert pour l'érection d'une nouvelle salle d'Opéra à Paris, remporta le prix à l'unanimité des suffrag-es, et fut chargé de diriger l'exécution de son projet.

Nous n'entrerons pas dans la description de ce monument, que la photographie et la gravure ont fait connaître dans le monde entier; les travaux, qui en furent à plusieurs reprises ralentis par l'insuffisance de crédits et, en 1870-71, par les événements de la guerre étrangère et civile, ne furent terminés que le ^ janvier 1875.

Pour la construction de l'Opéra, on bouleversa le plus beau quartier de Paris; une somme formidable fut dépensée pour les expropriations et l'artiste put, dit un de ses biographes, » prodiguer les millions sans mesure pour entasser, selon sa fantaisie, toutes les richesses de tous les arts à la fois ».

Cependant l'architecture de cet édifice donna lieu à de nombreuses critiques : au point de vue artistique, on a reproché à M. Garnier le luxe criard de la façade principale, dans laquelle il a prodigué l'or et recherché ainsi des effets de goût discutable; on a jugée insuffisante la hauteur totale du monument par rapport à son développement. L'acoustique de la salle est aussi défectueuse. On a dit encore que cette œuvre ne répondait pas aux espérances que l'on pouvait fonder sur une dépense totale de 49 millions 500,000 francs.

Dans une publication somptueuse, le Nouvel Opéra, commencée dès 1876. et continuée depuis, M. Garnier essaye, sans y parvenir toujours, de réfuter toutes les objections élevées contre son œuvre qui, malgré les

imperfections qu'on lui reproche, est, somme toute, un chef-d'œuvre.

Il a construit en outre le théâtre de la Terrasse et la Maison de Jeux à Monaco, l'hôtel du Cercle de la Librairie, à Paris, l'Observatoire deNice, les constructions de l'Habitation Humaine, à l'Exposition universelle de 1889 et, en 1896, le nouveau magasin de décors de l'Opéra, sis boulevard Berthier.

M. Charles Garnier, .i qui l'on doit deux ouvrages relatifs à ses travaux d'architecture : Monographie de l'Observatoire Je Mire (1890) et l'Habitation Humaine avec M. Auimann (1891), s'est produit dans des genres différents avec : .1 travers les Arts, causeries (1869), le Théâtre (1871), Patembois, un acte en vers (1886), et le baron île Grochaminet, en collaboration avec Ch. Muller; il a aussi collaboré au Temps, au XIX'' Siècle, au Gaulois, à la Gaiette des Beaux-Arts, etc.

Après avoir obtenu une médaille de 3° classe en i8=,7, et une de i'° classe en 1863 pour ses envois aux Salons, il reçut la décoration de la Légion d'honneur en 1864, promu officier en 187s, commandeur en 1889, il est grand-officier depuis 1896. 11 a été élu membre de l'Académie des Beaux-Arts le 14 mars 1874, en remplacement de Baltard.

Q^é.R.^ti (■S/alIepy-Clément-Oetave)

CRIV.A.IN-, administrateur, membre de l'Académie française, vice-recteur de l'Ui^iversité de Paris, né à Vire (Calvados), le 18 août ^^ 1828, date exacte, bien que diflférc^nte de celles données par les Dictionnaires Larousse, Vapereau et d'autres biographes.

Entré à l'Ecole Normale en 1849, il fut reçi\ successivement agrégé, puis docteur es lettres aveijf des thèses qui furent très remarquées : De litteris et litterarum judicio qnid censuerit L. Annœus Scneca et De la morale de Plutarque. Il professa, dès lors, les classes supérieures de lettres à Metz, à Versailles,, puis à Paris.

Inspecteur de l'Académie de Paris, M. Gréard fut délégué à l'Hotel-de-Ville pour la direction de l'enseignement primaire en 186=,. Promu peu de temps après inspecteur général et appelé à la direction du même enseignement au ministère de l'Instruction publique (1871), il fut relevé de ses fonctions par M. Batbie, le 11 octobre 1873, et reprit la direction de l'enseignement primaire de la Seine. En 1876,11 refusait la nomination de secrétaire général de

rinstruction publique pour conserver son service, qu'il améliora profondément.

Le II février 1879, M.Gréard fut appelé aux hautes fonctions de vice-recteur de l'Acadéniie de Paris, et nommé inspecteur général honoraire. 11 consacra, dès ce moment, son activité et son incontestable autorité h l'organisation des méthodes nouvelles intéressant les enseignements secondaire et supérieur de son ressort, sans se désintéresser des travaux confiés aux grandes commissions du ministère de l'Instruction publique.

En 1883, il refusa un siège de sénateur inamovible qui lui était offert, pour continuer la tache qu'il s'imposa dès sa nomination de vice-recteur et sut mener à bonne fin : extension des lycées de garçons, création des lycées de jeunes filles, restauration de la Sorbonne et développement de l'enseignement supérieur. Le sentiment des mêmes devoirs décida M. Gréard à refuser encore en 1887 la proposition qui lui fut faite de réunir entre ses mains, au ministère de l'Instruction publique, la direction de l'enseignement supérieur et celle de l'enseignement secondaire.

Titulaire en 1874 du prix Halphen, que lui décerna l'Académie des sciences morales et politiques , « comme étant la personne ayant le plus contribué par ses efforts à propager l'instruction primaire, » M. Gréard se vit proclamé, trois ans plus tard, dans un Congrès général de l'enseignement primaire, « le premier des instituteurs de France », par Jules Ferry, alors ministre de l'instruction publique. Elu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en remplacement de l'économiste Armand Husson, le lO mai 1S7S, il a été aussi élu membre de l'Académie française, le 18 novembre 1886, en remplacement de M. de Falloux. Reçu par M. le duc de Broglie, le 19 janvier 1888, c'est lui qui se trouva chargé de recevoir, 'e 18 décembre 1891, M. de Freycinet, alors président du Conseil des ministres, successeur d'Emile Augier. 11 a été également appelé à recevoir, en 1896, M. Jules Lemaitre et M Anatole France.

y\. Gréard a publié, outre ses thèses de doctorat déjà citées, les ouvrages suivants : une traduction dss Lettres d'Hdloïsc et Abclard {\%']o,m-ï%, 2° édition 187s, in-8); un Précis de littérature (1875, in-i8, 9° édition, 1887); VEnseigiieiueut secondaire des filles 11883, in-8, 3° édition); un choix d'Extraits des lettres, avis, entreliens, etc., sur l'éducation, de M"" de Maintenon 11884, in-i8, 3' édition 1887); l'Education des fciiinics par les femmes ^i886, in-i8.

3' édition 1890), première série d'études et de portraits comprenant: Fénelon, M'"" de Maintenon, M"'° de Lambert, J.-J. Rousseau, M'"' d'Epinay, etc., Edmond Schérer (1890, in-i8, 2° édition 1891), étude de biographie psychologique sur les transformations philosophiques et religieuses du célèbre critique: Prévost-Paradol, étude de critique morale et littéraire, insérée dans le Centenaire publié, en 1889, parle Journal des Débats ; Meissonuicr, sa vie et son <r«»re (1896, in-8). On lui doit de plus d'importants recueils de documents historiques et de mémoires sur l'enseignement public en France : la Législation de l'instruction primaire (1874, 3 vol. gr. in-8, a" édition 1889); Rapports sur l'enseignement primaire d Paris et dans le département de la Seine, notamment celui qui a été rédigé pour l'Exposition universelle de 1878 (1878, in-folio, 2' et 3' édition, 1879); Education et Lnsiruction, embrassant l'enseignement primaire, secondaire et supérieur (1887), 4 vol. in-i8, 2' édition 18891.

M.Gréard, promu officier de la Légion d'honneur le 7 août 1870, commandeur le 20 novembre 1880, grand officier le 20 décembre 1884, grand-croix en 1896, est membre du Conseil de l'ordre depuis 1880.

Bf^Ufl (HenFi«IiouiS"Iiucien)

^I^^ÉNATEUR inamovible, avocat, né h Gex (Ain),

l^^l> ^^ ^ J'"^^" 1822. 11 suivit les cours de la Faculté ir^^^ de droit de Paris et poussa ses études jus-

^ fVi>7 qu'au doctorat. Puis il alla à Lyon qù il se fit inscrire au barreau. Il y devint bâtonnier de

l'ordre des avocats.

Les élections du 8 février 1871 l'appelèrent au Parlement. Elu représentant de l'Ain, à l'Assemblée nationale, il alla siéger à droite et se plaça bientôt à la tète du parti monarchiste et catholique. Dans toutes les discussions importantes, il détendit ses idées avec éloquence et surtout avec énergie.

M. Lucien Brun se prononça contre le retour du Parlement à Paris, fit une opposition acharnée au gouvernement de M. Thiers, vota le septennat en 1875, réclama, par une proposition déposée le is juin 1874, le rétablissement de la monarchie, combattit vivement la constitution de 1875, etc.

En 1873, M. Lucien Brun avait été l'un des agents les plus actifs des tentatives faites en vue d'une restauration monarchique. Au mois d'octobre, il se trouvait à Salzbourg, auprès deM.le comtedeChambord, lorsque M. Chesnelong s'y rendit pour offrir le trône

au prince, en retour d'une adhésion au programme politique élaboré par la droite. Le chef de la branche aînée des Bourbons refusa de rentrer dans la capitale autrement qu'abrité sous les plis du drapeau blanc.

y\. Lucien Brun ne se reporta pas aux élections qui suivirent. Il reprit sa place au barreau de Lyon et devint professeurhrUniversité catholique decette ville.

Le 17 novembre 1877, il fut élu sénateur inamovible par le Sénat. Il siège, à la Chambre haute, h l'extrcmc droite et vote avec ce groupe. Il a pris la parole notamment dans les discussions de questions d'enseignement, sur l'article 7, la loi sur le rétablissement du divorce, la loi militaire ; toutes les propositions touchant aux prérogatives de la religion trouvèrent en lui un ardent adversaire.

On possède de M. Lucien Brun, un ouvrage, le résumé de ses leçons à la Faculté libre de Lyon, et intitulé : Introduction à l'ctude du Droit (18791.

Le Pape Pie IX a fait M. Lucien Brun grand'croix de Saint-Gréa;oire-le-Grand.

LiÉPir4E (liouis-Jean-Baptiste)

ouviiRNEUR général de l'Algérie, ancien préfet de police, né à Lyon, le 6 août 1846. Ses études classiques terminées, et une fois (lourvu des baccalauréats ès-Iettres et èsscicnces, il vint à Paris pour y faire une deuxième année de rhétorique au lycée Louis-le-Grand. Rentré à Lyon, en 1869, après un séjour de deux ans aux universités d'Heidelberg et de Berlin , il prit ses premières inscriptions de droit ; mais, dès la déclaration de guerre, en 1870, il abandonna la Faculté pour s'engager dans le ib° régiment de marche (Mobiles du Rhône).

Devenu rapidement sergent-major, il rendit un galon pour entrer, comme sergent, dans l'une des compagnies d'éclaireurs volontaires, choisis par le colonel Denfert-Rochereau parmi les hommes de troupe de la garnison de Belfort. Pendant le siège de cette ville, il fut blessé au cours d'une sortie tentée pour enlever aux Prussiens le village de Bavilliers. M. Lépine fut décoré, le 19 avril 1871, de la médaille militaire, pour sa belle conduite pendant la campagne.

La paix signée, il retourna à Paris compléter ses études de droit, puis revint à Lyon se faire inscrire comme avocat au barreau de cette ville, auquel il resta attaché du 5 mars 187^ au 31 décembre 1877.

A cette date, il débuta dans la carrière administrative, en qualité de sous-préfet de La Palisse, d'où il

passa successivement à Montbrison (18791, ^ Langres (1880), et à Fontainebleau i 1881).

Nommé, en 18S5, préfet de l'Indre, M. Lépine fut appelé à Paris, au mois de novembre de cette même année, comme secrétaire général de la Préfecture de Police. Pendant ces fonctions administratives, qu'il occupa MM. Gragnon, Bourgeois (1887), puis Lozé (1888, étant préfets de police, il créa la maison départementale de Nanterre, qui peut contenir 4,000 hospitalisés et réorganisa celle de V'illers-Cotterets. Lors des échafïourées boulangistes, il commanda luimême les services d'ordre, dans les affaires du café Riche, du Cirque d'Hiver, du Tivoli-\'auxhalI, de la place de la Concorde, etc.

A la manifestation de la gare de Lyon (7 juillet 1887), organisée au départ du général Boulanger pour Clermont-Ferrand, le secrétaire général de la Préfecture, avec cent hommes seulement, put tenir tête à plus de dix mille manifestants. La situation était critique et périlleuse. Grâce à l'énergie et à l'habileté de M. Lépine, cependant, la foule ne put, comme elle en avait l'intention, gagner les grands boulevards, d'où elle aurait inévitablement envahi l'Elysée, et les plus graves événements furent ainsi conjurés.

En 1891, M. Lépine de\int préfet de la Loire ; durant les deux années qu'il demeura à la tête de ce département, il eut[à intervenir dans les fréquents conflits entre patrons et ouvriers ; il fut assez heureux pour prévenir, au bout de quelques jours de négociations, une grève de 3,000 ouvriers à Rive-de- Gier et mettre fin, en même temps, b. une grève de 5,000 métallurgistes qui, dans la même localité, avait duré près de trois mois.

Nommé préfet de Seine-et-Oise, le 3 juillet de la même année, il était appelé, huit jours plus tard, à remplacer M. Lozé à la Préfecture de Police.

A ce moment, toutes relations entre le Conseil municipal et le préfet de police étaient complètement rompues, à la suite des troubles du quartier Latin. Le nouveau préfet avait donc, tout d'abord, un rôle de conciliation à remplir et son attitude, à l'égard des élus de la Ville, était difficile. M. Lépine entra aussitôt en pourparlers avec le président du Conseil municipal, et les rapports furent rétablis après un vote émis dans la séance du 6 novembre 1893. Le 21 décembre suivant, le budget de la Préfecture de Police que, depuis longtemps, le Conseil refusait de discuter, fut voté et depuis cette époque, il n'a cessé de l'être.

M. Lépine, durr.ntson passage à la Préfecture de

Police, réalisa certaines réformes, telles que la réorganisation complète de la Police municipale ; la création de nouveaux services, notamment la direction des recherches, le service d'identité judiciaire, etc. Il réussit à conserver avec le Conseil municipal de Paris, de courtoises relations.

Le i" octobre 1897, M. Lépine fut nommé gouverneurgénéralde l'Algérie, en remplacement deM.Cambon, envoyé comme ambassadeur à Washington.

Chevalier Ju 14 juillet 1886, officier de 1893, M. Lépine, depuis le i" janvier 1896, est commandeur de la Légion d'honneur.

DUBOIS (Paul)

fT.A.Tu.i!RE et peintre, membre de l'Institut et directeur de l'Ecole des Beau.x-Arts, né à Nogent-sur-Seine (Aube) le 18 juillet 1829. o/f — Il ne se destinait pas, tout d'abord, à la sculpture, mais au barreau, où sa famille eut désiré le voir entrer. Il fit, en effet, des études de droit très complètes ; mais en 1856, il entrait dans l'atelier de M. Toussaint et, de 1859 à 1862, voyagea en Italie, étudiant les maîtres anciens à Rome,Naples, Florence, etc.

Les débuts de M. Paul Dubois aux Salons annuels, peu remarqués, ne faisaient pas prévoir ses succès futurs. Nous rappellerons : un Portrait et un Buste d'enfant (1857); un Médaillon^ marbre (1859); Saint- Jca/i-Baptistc, Narcisse au Bain (1865) ; Saint-Jean enfant (1864) ; Le Chanteur Florentin an XV^ siècle (1865); La Vierge et l'Bn/ant Jésus et diverses autres œuvres, à l'Exposition universelle de 1867.

De cette époque à 1873, M. Paul Dubois ne fit aucun envoi au Salon. En 1873, il exposa une Eve naissante, statue en plâtre, aux formes gracieuses, mais à la tête sans expression ; en 1874, Narcisse, statue en marbre, de peu d'originalité ; mais, en 1875, les bustes de Henner et du D' Parrot, un Enfant; en 1878, Paul Baudry et, enfin, à l'Exposition universelle de cette même année, le Tombeau du ge'ne'ral Lamoricière, une des plus remarquables compositions modernes, assurèrent le renom de l'artiste. Puis, vinrent successivement : le buste en marbre de Pasteur, pourunbrasseurde Copenhague (1880) le bustede Cabanel {1SS2); Le Connétable Anne de Montmorency, pour le château de Chantilly ; le buste de Charles Gou nod {18S6); Jeanne d'Arc, statue équestre pour la ville de Reims ; le buste de Bonnat (1889) ; le buste de Pasteur, en bronze, pour l'Institut (1890).

Depuis cette date, M. Paul Dubois n'a plus exposé de sculpture ; mais il envoie h chaque salon annuel des portraits parmi lesquels on doit mentionner : ceux de Ses enfants (1876) et celui de M"' P. M. (1877). Au Salon de 1896, il a exposé les portraits de M"" la vicomtesse de M. et M"" J. C. ; en 1897, Portrait de M"" fi. G.

Il a aussi souvent envoyé des dessins : Le Christ mort, d'après le tableau de Sébastien del Piombo ; Tête de Madone, d'après la fresque de Léonard de ^'inci ; Adam et Eve, d'après la peinture à fresque de Raphaël ; la Madeleine, d'après le tableau d'André del Sarte.

Nommé conservateur au musée du Luxemboura:, en 1873, M. Paul Dubois a remplacé M. Guillaume, comme directeur de l'Ecole des Beaux-Arts, le 30 mai 1878. Il avait été élu membre de l'Académie des Seaux-Arts, en remplacement de Perraud, le 30 décembre 1876.

Il a obtenu, pour la sculpture, une médaille de 2" classe en 1863, la médaille d'honneur en 186^, une médaille de 2" classe à l'Exposition universelle de 1867, une médaille d'honneur au Salon de 1876 et une autre à l'Exposition universelle de [878.

Décoré de la Légion d'honneur en 1867, il a été promu officier en 1874, commandeur en 1886, grand officier en 1889 et grand-croix en 1896.

liflBBÉ (Liéon)

HiRURGiEN, membre de l'Académie de Médecine, sénateur, né au Merlerault (Orne) le 29 septembre 1832. Ses études faites à Paris, il apprit la médecine. Interne à l'hôpital de Caen(i8s7i, interne aux hôpitaux de Paris (1860), il fut reçu docteur en 1861, agrégé en 1863 et médecin du bureau central des hôpitaux (1864). Attaché à la Salpêtrière (186^), à l'hôpital du Midi (18671, à Saint-Antoine (1868), La- Pitié (1872), Lariboisière (1880), puis à Beaujon, M. le docteur Labbé a été élu membre de l'Académie de Médecine le 16 mars 1880.

Comme chirurgien, M. le docteur Labbé s'est signalé par une opération dite de la « gastrotomie », autour de laquelle on fit grand bruit, et qui a eu pour résultat l'extraction d'une fourchette de l'estomac d'un jeune homme.

Il a écrit : De la Coxalgie, thèse d'agrégation (1863); Traite des tumeurs bénignes du sein (1876) : Leçons de clinique chirurgicales professées à l'hôpital

des cliniques (1876); Trailc des fibromes de la paroi abdominale (1888).

Candidat républicain, dans le département de l'Orne, aux élections sénatoriales du 14 avril 1892, il fut élu par 506 voix contre 410 données h deux candidats monarchistes.

Au Sénat, il n'est intervenu que dans quelques discussions relatives à des questions professionnelles de médecine et d'hygiène.

M. Labbé est commandeur de la Légion d'honneur depuis 1891.

BF^UrlETIÈF^E (MaPie-FePdinand)

• c.KivAix, critique, conférencier, membre de l'Académie Française, né à Toulon le 19 juillet 1840. Il commença ses études à Marseille, vint les terminer au lycée Louis-le- Grand et, s'étant présenté sans succèsaux examensde l'Ecolenormale supérieure, se consacra à la littérature.

Une étude sur le livre de M. Wallon: Saint-Louis et son temps, insérée dans la Revue des Deux-Mondes, attira sur lui l'attention (1875); la notoriété qu'il acquit ensuite dans les lettres lui fit ouvrir les portes de l'Enseignement, et il fut nommé, en 1886, maître de conférences de langue et littérature françaises à l'Ecole normale.

M. Brunetière a réuni en deux volumes des articles de revues et des études détachées, remarquables par l'absolutisme et l'âpreté de la critique, ainsi que par la variété des sujets traités, ce sont : Etudes critiques sur l'histoire de la littérature française , ouvrage couronné par l'.Xcadémie (1880). Il a donné, ensuite : la Littérature française au moyen-âge ; Pascal, M"" de Sévigné, Racine, Molière, etc. (1880) ; Nouvelles études critiques sur la littérature française: les Précieuses. Bossuet et Fénelon, M assit Ion, Marivaux, L.a <lirection de la librairie sous Males- Iterbes, Goliani, Diderot, ouvrage couronné par l'Académie française ; une édition annotée des Sermons de Bossuet (1882) ; le Roman naturaliste (1883), couronné par l'Académie française ; Histoire et littérature (1885) ; Questions de critique (1890) ; Nouvelles questions de critique ; U évolution des genres dans la littérature (1891); Les époques du théâtre français (1892! ; L'évolution de la poésie lyrique en France au XIX' siècle (1894) ; Etudes de littérature contemporaine (1895); Nouveaux essais de littérature contemporaine {i%^())\\' Idée de Patrie (1897) ; Manuel de l'histoire de la littérature française (1898).

Collaborateur de la Revue des Deux-Mondes, dont il devint directeur en 1893, en remplacement de M. Buloz fils, il a, en cette qualité, maintenu, sans y apporter de changements notables, les anciennes traditions de cet organe littéraire. Il a aussi collaboré à la Revue Bleue.

Les conférences de M. Brunetière ont eu un certain retentissement, notamment celle qu'il prononça en 1894, et dans laquelle il affirma « la banqueroute de la science ». Il en a donné de nombreuses et sur maints sujets, en France, ainsi qu'en Amérique, dans un voyage accompli en 1897.

J.idis darwiniste délibéré, dit M. Jules Leniaitre, il est depuis quelques années en coquetterie avec le surnaturel et fait des avances aux religions confessionnelles de France et d'ailleurs.

A la fin de 1897, M. Debout, auteur d'une tragédie intitulée Fredégonde, fit un procès à la Revue des Deux Mondes et à M. Brunetière pour avoir abusé du droit de critique sur son œuvre. Un jugement, déclarant que la Revue n'avait pas outrepassé son droit, débouta le plaignant de sa demande.

M. Brunetière a été élu membre de l'Académie française le 8 juin 1893. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1887.

l^OUX (PiePi:*e>"Paul«Enf3ile)

■^^ÉDECiN, sous-directeur de l'Institut Pasteur, né à Confolens (Charente), le 17 décembre 1853. Fils d'un principal de collège, il commença ses études dans l'établissement dirigé par son père à Confolens, et les continua à Aurillac et au Puy; il prit ses premières inscriptions de médecine à l'Ecole préparatoire de Clermont-Ferrand. A Paris, où il vint ensuite, il fut aide de clinique à l'Hôtel-Dieu, puis préparateur de M. Duclaux, chargé d'un cours de chimie biologique à la Sorbonne.

Reçu docteur en médecine, avec une thèse fort remarquée'5///'/« rage, il devenait, dans le même temps, préparateur de l'illustre Pasteur, qui admit le jeune docteur à ses fameuses recherches sur les maladies charbonneuses et rabiques et l'atténuation des virus.

Devenu chef de service à l'Institut Pasteur, M. le docteur Roux y continua ses études expérimentales qui l'amenèrent bientôt à de personnelles et très importantes découvertes. La plus intéressante, et sans doute la principale, est celle de la toxine diphtérique, faite en commun avec M. Yersin, et qui fut le point de départ de nombreux travaux sur les poisons microbiens. Les mémoires sur cette matière ont pré-

paré la Jccouverte des antitoxines piar Behring et Kitasato.

Le docteur Roux a surtout étudié la préparation de l'antitoxine diphtérique par la méthode de Beliring et démontré la valeur pratique du sérum antidiphtérique.

A la suite d'une communication sur ce sujet au CongTès de Huda-Pest, la nouvelle médication fut acceptée avec enthousiasme, et des souscriptions publiques, aidées de subventions de l'Etat, permirent d'organiser à l'Institut Pasteur un service spécial pour la production normale de ce sérum, dont l'usage a abaissé la mortalité de la diphtérie de ^o à 12 pour 100.

On a, du docteur Roux, outre sa thèse déjà mentionnée, des études, publiées, dans les Annales de rinsfitnt Pastcnr, et parmi lesquelles on peut citer : La VacLiijalioiicJuirhnimeiisedcs lapins, t^ytcyi. Chamberland ; Y Iminiiiiilc de la septicémie et Vlniniiinite contre le charbon, avec le même; la Diphtérie, avec le docteur Yersin (3 mémoires); Etudes sur la rage, etc.

Le 27 octobre 1894, l'Académie des Sciences morales et politiques décernait à M. le docteur Roux le prix Audifl'red de 12,000 francs, " pourson dévouc- 'f. ment à la science >/.

Le 16 décembre delà même année, déjà officier de la Légion d'honneur depuis 1892, le docteur Roux était promu commandeur pour « services excep- '< tionnels rendus à la science et à l'humanité ». En juin 1896, il fut nommé, en remplacement de son maître Pasteur, associé libre de l'Académie de médecine. En décembre de la même année, il accepta l'ordre allemand de la Couronne royale, décoration qui, offerte à Pasteur, avait été refusée par l'illustre savant.

GtJY0T-LiAVfiliIf4E (Jean-Baptiste- ChaPles)

l^^f-ÉNATEUR, né le is juillet 1827, à Vic-le-Comte ^^ (Puy-de-Dôme). Dans sa famille, s'était per-

pe pétuée ime charge de notaire depuis plus de '0[ " ' deux siècles et son père en avait été le dernier titulaire. Dès le début de l'Empire, M. Guyot- Lavaline se fit remarquer par ses opinions libérales et on le vit s'associer aux campagnes du parti de Fopposition dans le Puy-de-Dôme. En 1856, il était élu conseiller général pour le canton de Vie. Nommé maire de sa ville natale, il se voyait, en 1865, révoqué de ces fonctions par le gouvernement impérial. L'avènement de la République au 4 septembre, 1870, rappela M. Guyot-Lavaline aux fonctions de

maire. Il devint, en 1874, vice-président du Conseil général du Puy-de-Dôme, dont il n'avait d'ailleurs pas cessé de faire partie et dont il a été ensuite le président.

Les républicains de son département, à la mort de M. Mège, lui ofl'rirent la candidature au Sénat. L'élection eut lieu le -j janvier 1879 et M. Guyot-Lavaline fut élu à une forte majorité. Il se tit inscrire au groupe de la Gauche républicaine et accorda son concours à toutes les propositions de loi destinées à fonder et à affermir la République ; citons, notamment, les lois sur l'enseignemeni, sur la presse, sur le droit de réunion, sur l'expulsion des princes et la nouvelle loi militaire, en faveur desquelles il s'est prononcé. ,

M. Guyot-Lavaline, réélu sénateur du Puy-de- Dôme en 1882 et en 1891, a été, depuis, secrétaire de la Chambre-Haute.

SÉVEf^IflE {W" GUEBHflfjD, née f^ÉJVIY, dite)

j|^SouRN.\ LISTE, femme de lettres, philanthrope, (if^ft' née à Paris, le 27 avril 1855. ^^f) Présentée en 1880 à Jules Vallès, réfugié en Kc) Belgique, lors d'un voyage qu'elle fit avec sa famille à Bruxelles, elle ne tarda pas à embrasser les idées politiques du célèbre écrivain révolutionnaire et, après l'amnistie (1881), commença à travailler avec lui. C'est ainsi qu'elle collabora au Réveil, au Gil Blas (sous le pseudonyme d'Arthur 'Vingtras), à la France, au Matin et aux romans du Bachelier et de V Insurgé.

En 1883, après avoir signé une quinzaine d'articles sous son propre nom, elle débuta sous le pseudonyme de Sé\erine au Cri du Peuple, fondé par Jules Vallès, commandité par le docteur A. Guebhard, professeur agrégé de médecine, qu'elle épousa en iSSy

A la mort de Vallès, en 1885, le Cri du Peuple continua sa publication sous la direction du '< Comité des Cinq // ; mais, l'année suivante, M""^ Séverine devint directrice de cet organe quotidien et employa toute son énergie à lutter contre les divers groupes et les nombreuses coteries du parti socialiste. Elle chercha, en même temps, à faire disparaître le ton violent que certains rédacteurs s'obstinaient à maintenir à cette feuille. Elle épuisa, dans cette lutte, les 300,000 francs de la commandite et dût céder, en 1888, son journal aux blanquistes.

A partir de ce moment. M"" Séverine n'a cessé de plaider la cause des malheureux et des faibles et de dévoiler au grand jour toutes les misères sociales.

IS

Elle a ainsi écrit, pendant de longues années, au G/7 Bhis ;Sous le pseudonyme de Jacqueline', au Gaulois Renée), au Matin, au Figaro, à l'Eclair, au Journal, à l'Echo de Paris, à la Fronde, à la Revue Internationale et à divers journaux étrangers.

Lors de la terrible catastrophe de Saint-Etienne en 1890, M"" Séverine se rendit sur les lieux et fît preuve d'un réel courage en descendant, entre deux explosions, dans le puits de Villebœuf, à 600 mètres de profondeur. Ensuite, elle ouvrit, au bénéfice des victimes de leurs familles, une souscription, dans le Gaulois, qui rapporta 48,000 francs.

Mettant à profit la publicité des importants journaux auxquels elle collabora, elle fit souvent appel, dans leurs colonnes, à la charité publique en faveur de diverses œuvres de bienfaisance et des malheureux qui sollicitaient son concours. A cet effet, elle avait institué un service de visiteurs, de piiarmaciens et de médecins dans chaque quartier de Paris, organisation qui lui permettait de venir rapidement en aide aux infortunes qu'on lui signalait. M"' Séverine a ainsi distribué aux pauvres et aux nécessiteux de Paris plus d'un demi-million, venu à elle de toutes les mains.

En 1885, une candidature législative avait été offerte par le Comité féminin de Paris à M"" Séverine. « Je suis restée trop femme, écrivait-elle a ce propos dans le Cri du Peuple. Si je ne répugne pas à l'idée du martyre, je ne me sens point du tout le goût de la candidature. 11 y a longtemps que, dans la lutte sociale, j'ai choisi mon poste de combat. Je préfère être à l'ambulance qu'à la tribune ; je ne réclame de la révolution que ma part de dévouement, de douleur et de danger. //

M"" Séverine a publié en librairie : Pages ronges, (1893) ; Les Notes d'une Frondeuse, dans lesquelles est retracé l'historique du Boulangisme ;i894); Les Pages mystiques, où elle traite la question de Louis XVLI et relate sa fameuse interwiev avec le Pape Léon XIII (1892J, entrevue qui fit sensation par le récit de l'accueil qui lui fut fait par le Saint-Père et par l'exposé des opinions du Souverain-Pontife sur les questions d'actualité qu'elle lui avait soumises iSgs^ ; En marche, un volume sur l'anarchie ;iS96). On annonce encore d'elle : deux livres à l'usage de la jeunesse: Tricyclard et Becaneau (illustré par Caran d'Ache); Mes chiens (illustré par Steinlen): La Ceinture de Paris (Fontainebleau, Compiègne, Cernay, etc.), avec de nombreuses photographies prises par elle-même.

IiflUf^EJ^S (Jean-Paul)

ELNTRE d'histoire et décorateur, membre de

l'Institut, né à Fourquevaux (Haute-Ga-

/■f? ronne), le 30 mars 1838, non, comme le

.j. ^ dit le Dictionnaire Vapereau, d'ua père cultivateur , mais fabricant de charrues et uniquement de cet instrument, métier perdu depuis la transformation du matériel agricole.

Elève de Villemsens à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse et de Léon Cogniet et Bida, à Paris, le jeune artiste débuta au salon de 1863 avec la Mort de Caton d'Utique.

Depuis, M. J. -P. Laurensa exposé -.la Mort de Tibère (1864 ;//j/«/fi/ (1865); Après le bal (1866); < Moriar-h, Jésus et V Ange de la Mort; Portrait de l' Auteur ; le Souper de Beaucaire, dessin (1867); Vb.r in deserto ; Portrait de M. Ferdinand Fabre ( 1868) ; Jésus guérissant un démoniaque ; Hérodiade et sa fille (1869) ; Jésus chassé de la synagogue ; Saint Ambroise instruisant Honorius ; La mort du duc d'Enghien ; Le Pape For mose et Etienne VIL (1872); La piscine de Bethsaida, placée au musée de Toulouse (1873) ; Saint Bruno refusant les présents de Roger, comte de Calabre, musée de la Ville de Paris 1874) ; Excommunication de Robert-le-Pieu.x; l'Lnterdit, placé au musée du Havre (1875) ; François de Borgia devant le cercueil d'Isabelle-la-Catholique et son Portrait de la galerie des Uffi^i, à Florence (1876) : L Etat-major autrichien devant le corps de Marceau, un de ses grands succès 1877). En 1878 l'excellent peintre envoyait à l'Exposition universelle tous les tableaux qu'il avait exposés depuis 1872. Aux salons suivants, on vit de lui : Bernard Délicieux délivrant les emmurés de Carcassonne [i8-}<)', musée du Luxembourg: le Bas Empire ; Honorius, acquis par M. \'an der Bilt, le milliardaire américain ;i88o) ; Les derniers tnomcuts de Maximilien, empereur du Mexique (1882), musée de Moscou (Russie) ; Le Pape et VLnquisition; les Murailles du Saint-Office (1883); Vengeance de Urbain VL (1884); Faust (1883); Le grand Inquisiteur chc^ les rois catholiques (1886), est en Amérique ; L'Agitateur du Languedoc, pour le musée de Toulouse (1887); Ophélia; Mounct- Sully dans Hamlet 1888); Les hommes du Saint- Office [iSS^], au musée du Luxembourg; Les Sept troubadours fondateurs des Jeux floraux (1890) ; la Fo///ci/'i7t/'(?r, pour l'Hôtel-de-Ville (1891} :1a Liseuse (1892) ; Saint Jean Chrysostôme (au Musée de Toulouse) ; la Petite de Bonchamps (1893) ; la Muraille :

/2/(S; des dessins (189^) ; les Olagcs; Irène (1896); Portrait de Jean Laitreiis ; le Laura£;iiais, Y>^r)neau décoratif destiné à la Salle des Illustres, au capitole de Toulouse (1897).

Il faut encore ajouter à cette œuvre déjà considérable et dont la plupart des titres sont justement célèbres : la Mort île Saintc-Gencvicvc, la belle fresque du Panthéon; le Plafond de l'Odéon ; six panneaux représentant Y Affranchissement des Communes, pour la salle Etienne-Marcel, à l'Hôtel-de-Ville ; Un tournoi an XIV° siècle, carton pour une tapisserie des Gobelins; six esquisses-aquarelles représentant des Scènes de la vie de Jeanne d'Arc, dont trois également exécutées pour les Gobelins, et d'importantes compositions pour la très luxueuse édition de ïlniitation (Q.uantin, 187=,), pour les Récits Mérovingiens d'Augustin Thierry (Hachette, 187^ à 1883), et pour le Faust de Goethe (Jouaust, 1889).

M. Jean-Paul Laurens a été nommé membre de PAcadémie des Beaux- Arts le 4 avril 1891, en remplacement de Meissonnier. Il a été choisi comme président de la Société des Artistes français, en 1898, succédant à M. Bonnat.

Il a obtenu une médaille en 1869, une première médaille en 1872 et la médaille d'honneur en 1877. Il est officier de la Légion d'honneur.

IVIISTt^ALi (FfédéPie)

oÈTE provençal, né à Maillane (Bouches-du-

Rhône), le 8 septembre 1830. Il fit de très

bonnes études à Nyons et h Avignon, fut licencié en droit et retourna chez lui, où il s'appliqua à rénover la poésie provençale.

Son premier poème et son chef-d'œuvre, Mirèio (Mireille) (1859), fut médaillé par l'Académie française en 1861 ; il en a tiré le livret d'un opéra, Mireille, mis en musique par Gounod, joué au Théâtre lyrique, puis à d'autres théâtres (1864-1865), et qui eut un très grand succès.

M. Mistral fut ensuite un des collaborateurs assidus de la Revue Jélihréenne, dans laquelle il fit paraître Calcndeou, poucmo nouveau ( iSôy) ; Lis Isclos d'or, (les îles d'or, 1875). lia écrit en outre : Loit trésor don féllbrige (1879); Nerto, nouvelle (1884); La Reine Jeanne, tragédie provençale en vers (1890) ; Les secrets des bêtes; Le poème dti Rhône, en 12 chants (1897), et un Dictionnaire des divers dialectes de la langue d'oc moderne.

M. Mistral a obtenu le prix Halphen (1884'], à

l'Académie française et le ]irix Jean Reynaud de 10,000 fr. (1890), sur la présentation de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres.

Chevalier de la Légion d'honneur en 1863, il a été promu officier en 1897.

'\/flUt)f^EJVIEt^(Joseph-fluguste-Emile)

'RCHiTHCTH, membre de l'Institut, né à Paris,

le 6 février 1829. Elève de Blouet à l'Ecole

des Beaux-Arts, il obtint, dès 1854, le grand prix de Rome.

M. Vaudremer a exposé depuis des dessins fort appréciés et des plans de monuments élevés aujourd'hui, notamment : l'Intérieur de la Librairie de Sienne et l'Intérieur de l'église de St-Marc(iS66) ; l'Intérieur de la chapelle Palatine à Palernie (1869); les Vues de Capri et de Viterbe (1870) ; restauration de la façade latérale de l'église St-Germain l'Auxerrois (1878) et projet de construction d'un Hôtel-de-Ville, à Paris, classé 4% qui reçut la prime de 10,000 fr.

Parmi les principales constructions qu'il a fait édifier, on peut citer : la Maison d'arrêt et de correction de la Santé (1865-1885), l'Eglise St-Pierre de Montrouge (1873), le Groupe scolaire de la rue d'Alésia, l'Eglise Notre-Dame, à Auteuil (1883); le Temple protestant, rue Julien-Lacroix, à Paris ; VEvêchéàe Beauvais, le Lycée de jeunes filles, à Montauban (1884-1887); le Lycée Molière, à Paris (1885- 1888^ ; le Lvcée Buffon (1885-1890) ; le Lycée de Grenoble (1885-1886); la Nouvelle église grecque, rue Bizet (1890-1894) et un très original hôtel privé, rue Chardin (1895-1896).

M. Vaudremer, qui a été architecte des diocèses d'Agen et de Beauvais, est inspecteur général des édifices diocésains. Il fut nommé le 22 mars 1879, ^" remplacement de M. Duc, membre de l'Académie des Beaux-Arts.

11 est membre du Conseil supérieur des prisons, des Conseils supérieurs des Beaux-Arts, d'Architecture de Paris et de l'Exposition universelle de 1900, enfin, membre de divers Jurys et de la Commission des Monuments historiques.

Après avoir obtenu différentes médailles aux expositions annuelles, et la décoration d'officier de l'Instruction publique, puis celle de chevalier de la Légion d'honneur, il a été promu officier de ce même ordre en 1882.

GEf^VfllS (fllîred-fllbept)

f'icE-AMiRAL, né le 19 décembre 1857, à Provins (Seine-et-Marne). Entré à l'Ecole navale en i8s2, il en sortit, en 18=^4, comme aspirant, et fit son premier voyage dans la Baltique. En i8s8, il fut nommé enseigne; en 1862, lieutenant de vaisseau ; puis il fut officier d'ordonnance des commandants de l'escadre des côtes de l'Afrique orientale et de l'Afrique occidentale (1864-1870). Pendant la guerre franco-allemande, il contribua à la défense de Paris, sous le commandement de l'amiral La Roncière Le Noury et fut, à l'affaire de la Gare-aux- Boeufs, mis à l'ordre du jour, ce qui lui valut, le 23 janvier 1871, le grade de capitaine de frégate.

Comme commandant d'un transport à destination de la Nouvelle-Calédonie, le capitaine Gervais, grâce à un procédé qu'il innovait, gagna une quinzaine de jours sur la durée habituelle du trajet ; ce succès le fit dès lors classer au nombre de nos bons officiers de marine et, peu de temps après, en 1879, il fut nommé capitaine de vaisseau, puis attaché naval à Londres.

11 obtint, en 1880, le commandement de la Triomphante, dans l'escadre de l'Océan pacifique ; devint, en 1882, membre du Comité des travau.K de la Marine et du Comité hydrographique; reprit le service actif en 1884, comme commandant du Dupcrrc, puis fut adjoint au Conseil d'amirauté, et devint, en 1886, chef d'Etat-major et directeur du cabinet de l'amiral Aube, ministre de la Marine; il occupa plus tard les mêmes fonctions auprès de l'amiral Krantz.

Le 9 septembre 1887, il était promu contre-amiral et le 26 décembre 1889, il prenait le commandement de l'escadre du Nord.

-M. Gervais fut désigné, en 1 891, pour aller dans la Baltique, où le peuple russe nous manifesta ses profondessympathies. L'escadre, composée du Marciigo portant le pavillon amiral, de la. Lance, an Requin, du Marceau que désirait visiter le czar, du Furieux, du Surcoût et de nombreux torpilleurs, rencontra dans le golfe de Finlande l'escadre du grand-duc Alexis.

Le czar, la czarine et un nombreux état- major visitèrent, à Cronstadt, le Marcngo et le Alarcean, qui fut l'objet d'une attention toute particulière.

De ce jour, le rapprochement des deux nations fut plus intime et, suivant l'expression d'un diplomate anglais, '< la triple alliance oscilla sur sa base ». L'ovation de Cronstadt n'était que le prélude de toutes celles qui accueillirent nos marins dans l'intérieur de

la Russie et des témoignages d'amitié qu'ont depuis échangé les gouvernements russe et français.

Après sa visite à Cronstadt, l'escadre de l'amiral Gervais se rendit en Angleterre, à Portsmouth, sur l'invitation expresse de la reine Victoria ; elle y fut aussi l'objet d'une brillante réception.

Peu après, .M. Gervais fut promu vice-amiral et désigné pour prendre la direction du service del'état-major général au ministère de la Marine, en remplacement de l'amiral Vigne (février 1892). Il a quitté ce poste pour prendre le commandement de l'escadre de la Méditerranée en 1896. L'année suivante, il retourna en Russie. accompagnant dans son voyage M.FélixFaure.

L'amiral Gervais, décoré en 1860, promu officier en 1870, commandeur depuis 1888, est grand-officier de la Légion d'honneur depuis 1897.

HEHNeF? (Jeat:i-Jacques)

EiNTRE, membre de l'Institut, né à Bernwiller ^,^ (Alsace) le 5 mars 1829. Il commença ses

études de dessin au collège d'Altkirch, sous la direction de M. Gutzwiller (1843-1844), puis vint a Paris et, en 1848, entra à l'Ecole des Beaux-Arts, où il eut successivement pour professeurs Gabriel Guérin, DroUing et Picot.

Une courte maladie le contraignit de retourner au pays natal où il se fortifia dans l'art de peindre. De retour à l'Ecole, il remporta, en 1858, le prix de Rome, avec Adam et Eve retrouvant le corps d'Abel.

A Rome, le jeune artiste sut profiter de l'expérience et des conseils d'Hippolyte Flandrin, dont il fut l'élève et l'ami jusqu'à la mort ; il peignit là, pour le musée de Colmar, quatre toiles remarquées : Madeleine pénitente, le Christ en prison, Jeune Romaine et Jeune Baigneuse endormie.

Revenu en France, M. Jean-Jacques Henner débuta au Salon de 1863 avec sa Jeune Baigneuscendormie et les portraits de Victor Schneti ^t de l'Architecte Joyau, qui, tout de suite, attirèrent sur lui l'attention générale. Les œuvres exposées depuis ont consolidé sa réputation naissante et l'ont classé au nombre des meilleurs peintres modernes.

Les tableaux de cet artiste plaisent surtout par le sentiment expressif des physionomies et l'effet produit par le contraste voulu de l'éclat des figures avec le milieu sombre d'où elles se détachent. Ce procédé si personnel est la marque caractéristique de son talent.

On doit à M. Henner ; la Chaste Su{amic {iSè',), acquise par l'Etat ;/cKHf.///^c, la naronne dej. (1866); Biblis changcc en source, le Premier Président D. d\\. (1867); la Toilette, M"'" F. D. {1868); Femme couchée {i?>(iq)\ Alsacienne (1870), toile popularisée par la gravure et dont l'original fut offert à Gambetta par un comité de dames alsaciennes; Idylle (1872), acquise par le Musée du Luxembourg; le General Chaniy (1873); Madeleine dans le désert, étude magistrale où l'auteur précise ses qualités de clairobs'cur; le Bon Samaritain (1874); Naïade, M. Picard (187s); le Christ mort. M"" Karakéhia (1876); Saint Jean-Baptiste, le Soir (1877); le Christ mort, la Madeleine {i?,-]8) ; Portrait de M. Hayem, X&sNymphes au 5rt/w, à l'Exposition universelle de la même année; E}rlo^7ie,m\e des toiles les plus appréciées de l'artiste; Jésiis au Tombeau (1S79) ; la Fontaine, le Sommeil (1880); la Source, Saint Jérôme {iSSi);-Bara (1882); la Femme qui lit. Religieuse en prière, placée au musée de Nancy (1883) ; le Christ au Tombeau, Nymphe qui pleure (1884) ; une autre Madeleine, Fabiola (1885) ; Orpheline, Solitude (1886) ; une Créole, Hérodiade (1887); Saint Sébastien (1888); Prière, Martyre (1889) ; un Christ, aujourd'hui à la Gourde cassation (Exposition universelle de 1889); Mélancolie {iS()o); «Pietâ», Pleureuses {i?'9i) ; le Général de R., Etude (1892;; Portrait de M'"' S., Dor- ,neuse{i?,>)});Lola et Portrait {iSi)4); Portrait de M'"' F. D.,h Femme du Lévite Ephraïm (1895); le Christ au Tombeau. Portrait de M. Carolus Duran (1896); Portraits de M"° H. F. et de Madeleine M. (1897).

A cette série des ouvrages qui, chaque année, accroissent la célébrité de l'artiste, on peut ajouter un gfand Paysage animé (1886), actuellement chez M. Poirrier, sénateur, et un grand nombre d'études et de portraits, parmi lesquels ceuxde MM'"" Scheurer- Kestner, Valery-Radot, Pasteur, la comtesse d'Eu, la princesse Amédée de Broglie, Paul Dubois, de Beausacq (comtesse Diane), etc.

Ce peintre éminent a été élu, en 1889, membre de l'Académie des Beaux-Arts en remplacement de

Cabanel.

M. Henner a obtenu trois rappels de médaille (1863, 1865 et 1866), qui placèrent l'artiste hors concours, et la i'" médaille à l'Exposition de 1878. Il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1873 et promu officier le 10 juillet 1878.

liE DEflTlJ (Jean-liouis-Auguste)

'HiRURGUiN, membre de l'Académie de Médecine, né à La Basse-Terre (Guadeloupe) le 25 juin 1841. Il fit ses études classiques à Paris. Interne des hôpitaux, reçu docteur en 186S, agrégé en 1869, attaché à la Salpètrière en 1870, puis à Saint-Louis et à l'hôpital Necker, chirurgien du bureau central des hôpitaux en 1872, M. le docteur Le Dentu fut élu membre de l'Académie de Médecine en 1889 et professeur de clinique à la Faculté de Paris, le i" octobre 1890.

On doit à ce professeur, outre ses leçons et plusieurs communications sur ses travaux, les ouvrages suivants : Recherches auatomiques et Considérations phvsiologiqnes sur la circulation veineuse du pied et de la jambe (1868); Des anomalies du testicule {iS6()); Traité des maladies des voies urinaires (:88o, en collaboration avec M. Voillemier); Affection chirurgicale des reins (1889); Du traitement des affections inflammatoires des annexes de l'utérus; Etudes de clinique chirurgicale (1892). Il publie en outre, avec M. le D' P. Delbet, un Traité de chirurgie clinique et opératoire (1895-1898).

Chevalier de la Légion d'honneur depuis le is octobre 1871, M. le docteur Le Dentu a été promu officier en 1897.

POUBELiLiE (Eugène-f^ené)

iPi.oMATE, ancien préfet de la Seine, descendant d'une vieille famille normande, déjà -r-^ connue au xvi" siècle, lors des guerres de 3 religion, né à Caen le is avril i8^^. Entré d'abord comme élève au collège de la cité natale, où il fit de brillantes études, il prit, une fois bachelier, ses inscriptions à la Faculté de droit de cette même ville, passa les examens de licence, et, au concours de doctorat, obtint la première médaille d'or.

Désirant se consacrer a l'enseignement du droit, M. Poubelle concourut avec succès pour l'agrégation en i8',9. Chargé, dès cette même année, d'un cours à la Faculté de Caen, il fut, peu de temps après, envoyé en disgrâce à Grenoble, à cause des idées républicaines qu'il avait affirmées en refusant de signer l'adresse de félicitation destinée à l'empereur Napoléon III, à l'occasion de la paix de Villafranca.

Attaché ensuite à la Faculté de Toulouse, M. Poubelle devint professeur titulaire de la chaire de Code civil et sa réputation, déjà grande, de juriste, lui valut d'être nommé membre de l'Académie de Législation.

11 s'engagea , au moment de la guerre Franco- Allemande , dans la batterie de TEcole polytechnique , comme simple artilleur. Au Bourget, à Buzenval, à Champigny, il se battit vaillamment et, le 8 février 1871, il fut décoré de la médaille militaire, pour action d'éclat.

La paix signée, M. Poubelle se disposait à rejoindre son poste de professeur, lorsque, sur la présentation de M. de Rémusat, alors ministre des Affaires étrangères, M. Thiers,qui créait un personnel, le nomma préfet de la Charente, le i" avril 1871.

Après avoir successivement administré les départements de risère (1872) et de la Corse (1873), il démissionna, le 24 mai de la même année, refusant ainsi de prêter son concours à la politique du maréchal de Mac-Mahon, et vint occuper de nouveau sa chaire à la Faculté de droit de Toulouse. Il prit une part active aux luttes politiques de cette époque et, le 29 janvier 1878, après l'élection de M. Grévy à la présidence de la République, il fut appelé à la préfecture du Doubs. En 1879, il remplaça à Marseille le préfet, M. Tirman , nommé gouverneur général de l'Algérie.

Il atteignit enfin le sommet de la carrière préfectorale par sa nomination à la préfecture de la Seine, en 1885. La situation était alors très tendue entre le Conseil municipal de Paris et l'administration ; les prédécesseurs de M. Poubelle, n'ayant point su concilier la dualité de leurs fonctions rivales de maire central, représentant la commune et d'administrateur départemental, n'avaient fait que passer. Grâce à son habileté et à sa finesse diplomatique, M. Poubelle put, durant son séjour à la préfecture de la Seine, afl'ronter les plus tumultueuses tempêtes municipales sans compromettre son autorité ni froisser l'ombrageuse susceptibilité des élus communaux de la ville de Paris.

Excellent administrateur, M. Poubelle a droit à la reconnaissance de la capitale, surtout pour la part qu'il a prise à son assainissement et l'on a pu dire qu'il est jusqu'ici le « grand préfet» de la troisième République.

Le 23 mai 1896, M. Poubelle fut nommé ambassadeur près du Saint-Siège, en remplacement de .M. Lefebvre de Béhaine.

Officier de la Légion d'honneur en 1883, commandeur depuis 1SS6, M. Poubelle est aussi décoré de plusieurs ordres étrangers.

COIilVIET de SnHTEf^FJE (Edouardliouis-Apnnand)

fiMfjURiscoNSULTE, membre de l'Institut, né à Paris (i&U le 26 janvier 1821. Ayant suivi, après de bril- ^:^1 lantes études, les cours de la Faculté de Droit de cette ville, il fut reçu docteur le 8 juillet 184=,. Professeur suppléant en 1850, M. Colmet de Santerre fut nommé professeur titulaire de droit civil le i" septembre 1865, et doyen de la Faculté de Droit de Paris le 15 novembre 1887. Il fut admis à l'Académie des Sciences morales et politiques le is novembre de l'année suivante.

On doit à M. Colmet de Santerre l'achèvement de la publication commencée par son maître, Antoine Demante : Cours analytique th' Code civil, comprenant : Donations et Testaments, Obligations, Contrats de mariage, Vente, échange et louage. Contrats divers et Inscriptions, Privilèges et Hypothèques, etc., etc. (1848 a 1896). Il a écrit lui-même un Manuel élémentaire de Droit civil (1884-1888, 2'édit. 1895).

Chevalier en 1872, M. Colmet de Santerre est officier de la Légion d'honneur.

Ft^IEDELi (Charles)

^j^r^a»HiMisT£, membre de l'Institut, né le 12 mars <<|i832 à Strasbourg, où il fit ses études clas- " siques. ^'enu à Paris en 1832 poursuivre les cours de la Faculté des Sciences, M. Friedel y fui reçu licencié es sciences phj'siques. Il continua l'étude de la chimie sous la direction de Wurtz, devint conservateur des collections minéralogiques de l'Ecole des Mines et obtint le grade de docteur en 1869. Nommé professeur de minéralogie à la Faculté des Sciences le 21 mars 1876, il passa à la chaire de chimie organique le 24 décembre 1884.

Les recherches de M. Friedel portent sur les combinaisons organiques et sur les propriétés chimiques de diverses espèces minérales. On a de lui : une Notice sur la vie et les travaux de M. Ch.-Ad. Wurt{ (i88s); Cours de chimie organique professé à la Faculté des Sciences de Paris. I. Série aromatique ; II. Série grasse (1887) ; Cours de Minéralogie (1893). Il publie de plus un Deu.xième supplément an Dictionnaire de chimie de Wurtz {iS()S, 32 fasc).

Ce savant fut élu membre de l'Académie des sciences, le i" juillet 1878, en remplacement de Regnault. Décoré de la Légion d'honneur le 11 août 1869, il fut promu officier le 31 décembre 1887.

liÉVV (MaUFiee)

f'XGÉNiEUR, membre de rinstitiit, né à Ribeauvillé (Alsace) le 28 février 1838. Entré à I l'Ecole polytechnique en i8s6, deux ans après il passait à l'Ecole des Ponts-et-Chaussées. Répétiteur à l'Ecole polytechnique en 1861-1862, il prit du service actif comme ingénieur en 1863. En 1867, M. Maurice Lévy se fit recevoir docteur es sciences. La même année il obtenait la médaille d'or aux Annales des Ponts et chaussées et, plus tard, l'Académie des Sciences lui décerna le prix Dalmont et le prix Poncelet.

Pendant la guerre de 1870, M.Maurice Lévy fut chargé, par le gouvernement de la Défense nationale, de la direction de l'artillerie départementale.

Nommé, successivement, remplaçant au Collège de France en 1874, professeur à l'Ecole centrale en

1875, examinateur d'admission à la même école en

1876, suppléant au Collège de France en 1877, membre de la Commission du nivellement général de la France en 1S79 et, enfin, professeur au Collège de France en i88s, M. Maurice Lévy avait été promu ingénieur de i'"-' classe en 1874 et ingénieur en chef des Ponts et chaussées en 1880.

Il a été membre du Congrès des Electriciens et de la Commission nommée pour 'e choix des unités électriques en 1 881. Il a présidé la Société philomatique.

Le 31 décembre 1883, M. Maurice Lévy fut admis à l'Académie des Sciences, au fauteuil de M. Bresse et, depuis 1886, il est membre de l'Académie royale des Sciences de Rome.

En 1888, M. Maurice Lévy inaugura un système de traction des bateaux par câbles aériens, qui fonctionne à titre d'essai de Joinville-le-Pont à Saint- Maurice, et qui consiste en un câble sans fin, constamment entretenu en mouvement par de puissantes machines à vapeur, permettant aux bateaux de s'y accrocher à volonté et de parcourir ainsi 4 kilomètres à l'heure. Malheureusement, jusqu'à ces temps derniers, ce mode de traction n'a pas fonctionné d'une manière pratiquement satisfaisante.

Outre le système de halage funiculaire, M. Maurice Lévy est l'inventeur du siphon dans lequel le collecteur de Bercy franchit le canal Saint-Martin (pont Morland à Paris).

Auteur de: La statfstigiie graphique et ses applications à l'art des constructions (1874, 2" éd., 1887) ; Sur le principe de V énergie (1888); Etude des moyens de traction des bateaux: le hâlagc funiculaire (avec M. G. Pavie, 1894), M. Maurice Lévy a publié un grand

nombredemémoiressurla cinématique, la mécanique, la physique mathématique, la géométrie, l'analyse, dans les Comptes-rendus de V Académie des Sciences, le Journal de l'Ecole polytechnique , le Journal des mathématiques pures et appliquées, etc.

M. Maurice Lévy est, depuis 1879, officier de la Légion d'honneur. 11 est aussi officier de l'Instruction publique.

CHHODOI^OY (Jean-BaptistefllexandPe DflJWAZE Comte de)

iPLOM.\TE, ancien député, ancien ambassadeur, né à Agen (Lot-et-Garonne) le 4 décembre 1827. Se destinant à la carrière diplomatique, il entra, à vingl-et-un ans, au ministère des Affaires étrangères. En i8=jo, il fut envoyé, comme attaché d'ambassade, à Rome, puis successivement, comme secrétaire, à Weimar, à Madrid, à Copenhague, à Carlsruhe. Il devint, en 1862, sous-chef du cabinet du ministre ; en 1866, sous directeur du cabinet et il fut nommé, l'année suivante, ministre plénipotentiaire. 11 était l'un des directeurs des Affaires étrangères, quand il fut désigné pour représenter ce département auprès de la délégation de Tours, en septembre 1870. 11 protesta, avec une énergie patriotique , contre les excès des envahisseurs, et publia plusieurs circulaires en réponse à des notes de M. de Bismarck, à propos de prétendues violations de la convention de Genève.

Le 8 février 1871 , le département de Lot-et-Garonne l'élut représentant à l'Assemblée nationale, où il prit place à droite.

Nommé ambassadeur près la Confédération suisse le 6 décembre 1873, M. de Chaudordv fut envoyé en cette même qualité en Espagne le 5 septembre 1874. En 1876 , quand se produisirent en Orient les complications qui devaient amener la guerre, l'ambassade de Constantinople fut offerte au comte de Chaudordy, qui la refusa. Il accepta néanmoins de se rendre, avec M. de Bourgoing, en qualité d'ambassadeur extraordinaire, à la conférence de Constantinople, où il se fit remarquer par son esprit de conciliation. Après l'échec de cette conférence, il alla reprendre ses fonctions à Madrid. Des considérations politiques devaient déterminer sa mise en disponibilité, le 18 décembre 1878.

Le ministère Gambetta le choisit comme ambassadeur à Saint-Pétersbourg, le 27 décembre 1881 ; mais il n'eut pas le temps d'occuper ce poste, ayant

donné sa démission le i6 février suivant, lors de la chute du '< grand ministère ». Il fut remplacé par l'amiral Jaurès.

Il est membre de la Commission des archives diplomatiques au ministère des Affaires étrangères.

M. de Chaudordy a publié: La Franco à la suite de la guerre de iSjo-ji (1887) ; Etat politique de la nation française (1888) ; La France en i88ç (1889).

Le comte de Chaudordy, chevalier de la Légion d'honneur de 1863, est commandeur de cet ordre depuis 1876. 11 a reçu de nombreuses décorations de puissances étrangères.

CflDET de GASSICOUf^T (Chat^leS" Jules-Epnest)

■^ i;Di;ciN , membre de l'Académie de médet' cine, né a Paris le 31 octobre 1826. Son

père, savant thérapeute, lui inspira le goût des études médicales. Interne des hôpitau.\ en i8=ii, il fut reçu, en 1856, docteur en médecine avec une thèse intitulée : Recherches sur la rupture des kystes hydatiques du foie à travers la paroi abdominale et dans les organes voisins.

Au concours de 1865, il fut nommé médecin du Bureau central et, en 1869, il était mis à la tête d'un service à l'hospice des Incurables; il passa, en 1872, A l'hôpital Saint-Antoine et, enfin, en 1874,3 l'hôpital Trousseau (Enfants malades).

Atteint par la limite d'âge, eniSgi, M. Cadet de Gassicourt est médecin honoraire de l'hôpital Trousseau ; il est membre de la Société anatomique, de la Société médicale des hôpitaux, de la Société thérapeutique, de la Société clinique, etc.

Eki, le 4 juin 1890, membre de l'Académie de médecine (section de pathologie médicale), en remplacement de M. Roger, M. Cadet de Gassicourt fut désigné comme secrétaire annuel en 1892.

M. Cadet de Gassicourt a fondé la Revue mensuelle des maladies de l'enfance. Il a fait paraître le résumé de ses leçons à l'hôpital Trousseau, en 3 volumes, publiés de 1880 à 1884, sous ce titre : Traite clinique des maladies de l'enfance. Dans ce travail, M. Cadet de Gassicourt a traité, avec une grande compétence, la partie thérapeutique. Il a tracé des règles de traitement assez précises pour être facilement applicables, assez souples pour s'adapter aux divers cas et aux diverses formes des maladies.

L'Académie des Sciences a accordé, en 1885, le prix

Montyon à cet ouvrage, qui a eu, depuis, une deuxième édition.

Dans un travail dont il donna lecture à la séance annuelle de l'Académie de médecine du 15 décembre 189 1, intitulé : Coup d'œil sur la médecine française au XIX' siècle , le docteur Cadet de Gassicourt proposait, pour éviter la contagion dans les hôpitaux, l'établissement de chambres d'isolement pour les malades douteux. Sa proposition rencontra l'unanime approbation de ses collègues et a été mise en pratique.

M. le docteur Cadet de Gassicourt est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1871.

CliÉJVIEflCERO (Geopgcs-Benjamin)

^UBLicisTE, ancien député, né à Mouilleron-en-

Pareds (Vendée) le 28 septembre 1841. Ses

^èÇj't? classes terminées à Nantes, il vint à Paris,

c!^Sf^ en 1865, pour étudier la médecine et fut

reçu docteur en 1869.

Au 4 septembre 1870, il fut nommé maire du xvm° arrondissement de Paris, et l'une de ses premières mesures fut de prescrire l'instruction laïque dans son arrondissement.

Démissionnaire au 31 octobre, il fut réélu le 5 novembre et, le 8 février 1871, fut envoyé, comme représentant de la Seine, à l'Assemblée nationale. Il y repoussa les préliminaires du traité de paix.

Après l'exécution des généraux Lecomte et Clément Thomas (18 mars), lors du jugement des assassins, M. Clemenceau fut accusé d'avoir laissé s'accomplir les choses, en n'intervenant pas aussitôt qu'il aurait pu le faire. Une déposition de M. Langlois parvint à dissiper ce soupçon.

Porté aux élections municipales du 26 mars, il ne fut pas élu. Il s'associa aux essais de conciliation entre le gouvernement de Versailles et la Commune, puis il donna sa démission de maire et de représentant ; mais il resta membre du Conseil municipal de Paris, dont il fut nommé président en 1875.

M. Clemenceau fut élu, aux élections générales du 20 février 1876, pourla nouvelle Chambre desdéputés, dans le xvni" arrondissement de Paris. Il prit place à l'extrême gauche et se prononça pour l'amnistie pleine et entière. Il fit partie du bureau, à plusieurs reprises, comme secrétaire. Au 16 mai, 1877, il fut l'un des 363. Réélu le 14 octobre, il fut désigné, dès le début de la législature, comme membre du «Comité des dix-huit » chargé de diriger

la résistance de la majorité républicaine aux entreprises que pouvait faire craindre le cabinet présidé par M. le général de Rochebouët. 11 demanda la mise en accusation des ministres du i6 mai (mars 1879).

Le 1" janvier 1880, il fonda le journal \a Justice, dont il est resté longtemps le directeur.

Aux élections générales du 21 août 1881, M. Clemenceau fut doublement réélu dans le xvni" arrondissement de Paris, partagé en deux circonscriptions. Il se porta en outre dans Tarrondissement d'Arles ety futélu, auscrutindeballottage,sansconcurrent. llopta pour la 2° circonscription du win' arrondissement.

Chef de l'extrême gauche, M. Clemenceau soutint toutes les propositions émanant de ce groupe et principalement la révision totale de la Constitution. Il prit part aux discussions sur tous les projets importants, et surtout combattit la politique de M. Jules Ferrv. 11 contribua à la chute de son cabinet et appuya la demande de mise en accusation contre ses membres. Aux approches des élections générales de 188s, M. Clemenceau entreprit une campagne en règle contre le parti opportuniste et forma des listes radicales dans beaucoup de déparlements. Lui-même se porta dans plusieurs. Dans le Puy-de-Dôme, il fut battu ;dans le Var et dans la Seine, il fut élu. Il opta pour le Var.

M. Clemenceau combattit à la tribune les crédits demandés pour le Tonkin. Le vote de ces crédits à une majorité douteuse ayant été suivi de la dislocation du cabinet Brisson, le chef de l'extrême gauche déclara ne pas vouloir entrer au pouvoir.

Ce fut l'appui qu'il donnait alors au général Boulanger qui fit accepter celui-ci pour le portefeuille de la guerre (janvier 1886), et il resta d'accord avec le général dans les diverses phases de la lutte contre les chefs du parti opportuniste.

Lors de la crise présidentielle qui aboutit à la démission de M. Jules Grévy, il se déclara hautement contre la candidature de M. Jules Ferry et, pour la conjurer, se rattacha à celle de M. Sadi Carnot, qui fut élu (3 décembre 1887).

Quand le général Boulanger organisa la coalition de républicains d'extrême gauche et de conservateurs monarchistes, M. Clemenceau se sépara de lui ; il combattit ensuite sa candidature, depuis l'élection -partielle du général à Paris, le 27 janvier 1889, jusqu'aux élections générales du 22 septembre de la même année. Dans l'intervalle, il donna son adhésion au ministère formé par M. Floquet le 3 avril 1888. Il fut alors porté lui-même comme candidat à la présidence de la Chambre et obtint 168 voix.

contre 168 données à M. Méline, ainsi nommé par le bénéfice de l'âge.

Aux élections générales du 22 septembre 1889, faites au scrutin uninominal, M. Clemenceau fut élu dans l'arrondissement de Draguignan.

Dans la séance de 29 janvier i8i)i, à propos de l'interpellation sur l'interdiction de T/iermuior, drame de M. Sardou, à la Comédie-Française, il fit à la tribune cette déclaration devenue fameuse, '< que la Révolution est un bloc dont on ne peut rien détacher, rien rejeter >/ ; aux adversaires du Tribunal révolutionnaire, il rappela que, « en politique, il n'y a pas de justice >/, et il termina par ces mots : « Si le gouvernement ne fait pas son devoir, les citoyens feront le leur *. Un peu plus tard, à propos de l'interpellation sur le maintien en prison de M. P. Lafargue, candidat socialiste à la députation dans une circonscription de Lille, M. Clemenceau, considéré jusque-là comme le protecteur du cabinet Freycinet- Constans, déclara que l'alliance formée, sous le nom de concentration républicaine, entre la république radicale et socialiste,qu"il représentait, et les républicains opportunistes, était désormais rompue ; il combattit, sans succès d'ailleurs, l'ordre du jour approuvant la conduite du ministère en cette affaire (31 octobre 1881) et revint à son système préféré : l'opposition habituelle au gouvernement en fonctions, quel qu'il fut.

Les révélations produites, à la fin de 1892, sur les rappiorts de M. Clemenceau avec Cornélius Herz et le baron de Reinach, à propos des scandales de Panama, portèrent à sa popularité un coup funeste. Aussi, au renouvellement général législatif de 189^, fut-il battu dans sa circonscription par son concurrent, M. Jourdan.

En 1898,^1. Clemenceau prit une part très active h la campagne entreprise en faveur de la révision du procès Dreyfus, en compagnie de MM. Scheurer- Kestner, Zola, etc.

M. Clemenceau avait publié, avant de s'adonner tout entier à la politique : De la Gciuration des éléments anatoiniques (ouvrage médical, 1' édit.) et une traduction de J. Stuart Mill, sur Auguste Comte et le Positivisme ; il a donné depuis, chez l'éditeur Charpentier: la Mêlée sociale, en 1894; le Grand Pau, en 1895 ; Les plus forts, roman, en 1898. Il a fondé et longtemps dirigé le journal la Justice et il a collaboré à un grand nombre d'antres feuilles, telles que le Joi!/::.:!, la Dépêche de Toulouse, Y Aurore, etc.

ciiEt^iviorJT-cfli^rJEflU

Simon)

(ChaPles-

jRiHNTAi.isTE , membre de l'Institut, né le

IWilm U) janvier 1846. Son père, le sculpteur Ganneau, s'est fait connaître par des essais

'•^ * de création d'une religion philosophique.

Elève de l'Ecole des langues orientales et reçu licencié es lettres, M. Clermont-Ganneau fut attaché, comme drogman, au consulat de Jérusalem en 1867, puisa l'ambassade de Constantinople en iSyv Chargé d'une mission scientifique en Palestine, l'année suivante, il retrouva une pierre qu'il crut avoir appartenu au temple de Salomon et découvrit aussi une stèle qui offre la plus ancienne inscription scientifique connue. En 1870, il avait déterminé l'emplacement de la ville de Geser.

Nommé vice-consul à Jaffa le ■;i octobre 1880, .NI. Clermont-Ganneau revint à Paris en mars 1882, comme secrétaire-interprète pour les langues orientales, et fut promu au grade de consul de T" classe le I" décembre 1886.

Correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres depuis 1880, il en a été élu membre titulaire le i" mars 1889, en remplacement de P. Riant.

M. Clermont-Ganneau a publié : Histoire Je dilifc le pécheur et du Calife Haroiin-cl-Rechid, texte turc avec traduction (1869) ; La stèle de Mesa, roi de Moab, 8p6 avant Jésus-Christ, lettre au comte de Vogue (1870I ; La Palestine iiicoiiinie (187^) ; Sur une inscription arabe de Dasra relative aux croisades (18761 ; Le dieu Satrape et les Phtfniciens dans le Peloponcsc \ 1877) ; L'authenticité du Saint-Sépulcre et le tombeau de Joseph d'Arimathie (18771 ; Sur un monument phénicien apocryphe du cabinet impérial de Vienne (1877'! ; Mythologie iconographique (1878) ; Etude d'archéologie orientale (1880) ; Origine perse des monuments aramcens d'Egypte (1881) ; Sceaux et Cachets Israélites, phéniciens et syriens (i88'?) ; les Fraudes archéologiques en Palestine (188s) ; Recueil d'archéologie orientale (1885) ; L'Epigraphie et les Antiquités sémitiques en iSpr (18921; Etudes d'archéologie orientale (1896) ; Les Tombeaux de David et des Rois de Juda (1897) ; plus différents Rapports ojficiels sur divers points particuliers de ses missions.

M. Clermont-Ganneau est chevalier de la Légion d'honneur depuis le i" mars 1875.

-^ y yv~^~~

SÉBliIflE (ChaPlcs-rlieolas)

KX.^TnuR, ancien préfet, né le 4 juin 1846 à Saint-Pellerin (Manche). A peine sorti du lycée Saint-Louis, il faisait son apprentissage politique comme secrétaire de LéonorHavin, directeur du Siècle : on sait quelle importance avait, sous l'Empire, cet organe des opinions libérales. Aussi, plusieurs des individualités qui y avaient été attachées devaient-elles jouer un rôle actif lors du renversement du régime impérial et son remplacement par le gouvernement républicain.

M. Sébline fut nommé à vingt-quatre ans, dès le 4 septembre 1870, secrétaire général du département de la Manche. Après avoir passé, avec les mêmes fonctions, par les départements de l'Eure et de l'Aisne, il fut nommé préfet des Pyrénées-Orientales, puis de Vaucluse.

Révoqué par le gouvernement du 16 mai. il rentra dans l'administration sous le ministère Dufaure en 1877, en qualité de préfet de l'Aisne.

II donna sa démission h la suite de l'échec subi, dans son département, par la liste républicaine modérée, aux élections générales du ^ octobre 1885, et, le 4 avril 1886, se présenta devant les électeurs sénatoriaux de l'Aisne, comme candidat républicain, au siège rendu vacant par la mort de M. de Saint- Vallier.

M. Sébline obtint la majorité; mais il n'y avait pas six mois qu'il avait résilié ses fonctions administratives et il n'avait pas atteint l'âge réglementaire — quarante ans — exigé par la loi. Son élection fut donc annulée.

Le 16 mai suivant, les électeurs du département furent appelés à un nouveau scrutin : .\1. Sébline obtint une majorité encore plus compacte. Mais si la première des causes d'annulation n'existait plus, il s'en fallait de quelques jours que le nouvel élu comptât ses quarante ans. Nouvelle annulation. Le troisième scrutin, le 11 juillet 1886, confirma les précédents et M. Sébline, remplissant alors toutes les conditions exigées par la loi, vint prendre place au Luxembourg.

Il a été réélu, le 7 janvier 1894, par 777 voix, le troisième sur quatre.

Le sénateur de l'Aisne siège au centre gauche et a pris la parole à différentes reprises, notamment, en 1887, contre la convention commerciale conclue avec la Grèce et dans les discussions sur les questions économiques et agricoles. 11 s'est déclaré contre la

loi militaire en vigueur et contre le renouvellement des traités de commerce ; il a demandé Taugnientation des droits protecteurs de l'agriculture et de l'industrie. Il a été membre de nombreuses commissions. En économie politique, il est très nettement protectionniste.

M. Sébline est officier de la Légion d'honneur et de l'Instruction publique, et commandeur de la Couronne de fer d'Italie.

GHt^IELi (ChaPles-lVIaPie)

^j^^ÉDEciN, ingénieur, physicien, membre de |l|l|j| l'Académie de médecine, né à Paris le ^§^ 9 août 1841.

^^-' Il fit ses études au collège Chaptal et

prit ses premières inscriptions de médecine. Mais il ne tarda pas à abandonner la Faculté pour préparer ses examens d'entrée à l'Ecole polytechnique; il y fut reçu en i?6i.

A s'j sortie, nommé ingénieur des Ponts et Chaussées, il se fit rapidement connaître par de remarquables travaux et fut choisi comme secrétaire de l'Association française pour l'avancement des sciences et secrétaire adjoint de la Commission des annales des Ponts et Chaussées.

Dans le même temps, M. Gariel avait repris l'étude de la médecine. Reçu docteur en 1869, il concourut cette même année, avec un plein succès, à l'agrégation pour la médecine et pour la physique.

Il fut appelé à l'Ecole des Ponts et Chaussées, comme professeur de physique en 1876, et comme professeur de chimie en 1879.

Promu au grade d'ingénieur en chef en i88i,il a été élu membre de l'Académie de médecine en 1882 et président de la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle pour l'année 1886 : à ce titre, il a concouru à l'organisation de l'Exposition de l'hygiène urbaine.

En 1887, il fut choisi comme professeur de physique médicale à la Faculté de médecine de Paris.

La même année, l'Association française pour l'avancement des sciences le nommait rapporteur général des congrès et conférences de l'Exposition de 1889, à l'organisation desquels il concourut puissamment.

Auteur de nombreux articles techniques d'une haute valeur, insérés dans la Nature, ï Annuaire

scientifique et le Dictionnaire encyclopédique des sciences me'diaalcs, M. le docteur Gariel a publié en librairie: Des phénomènes physiques de l'audition ; Surl'ophtahnoscope (1869); Nouveaux éléments de physique médicale (1870, avec Desplats) ; Appareils Schémas pour l'exposition des lois et phénomènes de l'optique élémentaire (1876) ; Traité pratique d'électricité (1882-1886) ; Physique (1888) ; Etudes d'optique géométrique (1889) ; Cours de physique médicale (1893). 11 a, en outre, collaboré aux Annales des Ponts et Chaussées, et dirigé, en 1878, la publication du Recueil des travaux scientifiques de Léon Foucault. Chevalier de la Couronne royale d'Italie en 1882, commandeur de l'ordre militaire de Notre-Dame de la Conception de Villaviciosa en 1887, officier de l'Instruction publique en 1885, chevalier de la Légion d'honneur en 1880, il est officier de cet ordre depuis 1889.

DEHEf^AIfi (PiePt^e-Paul)

si|-'HiMisTE, membre de l'Institut, né à Paris en K? 18^0. Reçu docteur es sciences en 1860, M. Deherain fut nommé professeur de chimie à l'Ecole centrale d'architecture, puis appelé au même titre à l'Ecole d'agriculture de Grignon ; aide-naturaliste pour la culture au Muséum en 1872, il y fut nommé professeur de physiologie végétale le 10 janvier 1880. II a été élu, en remplacement de Boussingault, membre de l'Académie des Sciences, le 12 décembre 1S87.

Il a publié : Chimie et physique horticoles (1854); Recherches sur l'emploi agricole des phosphates (1860); Eléments de chimie (1867-1870) ; Cours de chimie agricole professé d l'Ecole d'agriculture de Grignon (1889) ; Travaux de la station agronomique de l'Ecole d'agriculture de Grignon (1889 et 18921 ; Traité de chimie agricole (1892) ; La nitrification dans la terre arable ; Le travail du sol et la nitrification (1894) ; Cultures dérobées d'automne ; Science et Agriculture : les Engrais, les Ferments de la terre (1895) ; Plantes de grande culture (1897). Il a aussi rédigé, de 1865 à 1870, un Annuaire scientifique. M. Deherain a été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1875 et promu officier le 29 octobre i88q.

DELiABOr^DE (HenPi Comte)

Cintre et historien d'art, membre de l'Institut, ne à Rennes le 2 mai 181 1. Il est fils du général Delaborde (et non de Laborde, comme on l'écrit souvent par erreur!, qui fut créé comte par Napoléon en 1808.

M. le comte Henri Delaborde fut élève de Paul Delaroche et exposa un certain nombre de tableaux d'histoire et de paysages : Agar dans le désert, qui est au musée de Dijon (1836) ; la Conversion de suint Augustin, acquis par l'Etat (1837); la Mort de Moniqne (1838, qui reparut à l'Exposition universelle de 185 s); Prise de Dn miette ; les Chevaliers de Saiiit- Jetin de Jérusalem, pour les galeries de Versailles (1841 et 1845); Dante â la Verna (1847); ^^ Passion dn Christ, à la cathédrale d'Amiens (1848), etc. Ces tableaux valurent à leur auteur une 2" médaille en 1837 et une i" en 1847.

En avril i8=,=i, M. Delaborde entra au cabinet des estampes à la Bibliothèque impériale, avec le titre de conservateur-adjoint, et devint ensuite conservateur sous-directeur de ce département. 11 a été admis à la retraite au mois d'août 1883.

Il avait été élu membre libre de l'Académiedes Beaux- Arts en 1868; il remplaça Beulé, en 1874, dans ses fonctions de secrétaire perpétuel, qu'il conserva jusqu'en mars 1898, où il démissionna et fut remplacé par M. G. I.arroumet.

Le comte Henri Delaborde a collaboré à la Revue des Deux-Mondes, à la Galette des Beaux-Arts, etc. Il a publié en volumes quelques-uns de ses articles, sous les titres de : Etudes sur les Beaux-Arts en France et en Italie (1864) et Mélanges sur l'Art contemporain {1866, in-8°). On lui doit en outre: une édition des Lettres et Pensées d'Hipp. Flandrin, accompagnées du catalogue de l'œuvre du maître {1865) ; un travail sur Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrine, d'après ses manuscrits et ses lettres ( 1 870) ; le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, notice historique (,1875); La Gravure, précis élémentaire de son origine, de ses procédés et son histoire (1882); La Gravure en Italie avant Marc-Antoine, 14^2-1^^0 (1883 I; L'Académie des Beaux-Arts depuis la fondation de l'Institut de France (1891, petit in-8") ; des Discours et des Eloges lus aux séances académiques, etc. Il a rédigé un grand nombre de notices de l'Histoire des peintres et signé, avec M. Ch. Blanc, le volume consacré à l'Ecole bolonaise.

Chevalier en 1860, officier en 1870, M. le comte Delaborde est commandeur de la Légion d'honneur.

BEf^Hnf^D, dite)

f^osine

jaRTiSTE dramatique, née à Paris le 23 octobre JPSliJ '*^47- Fille d'une juive hollandaise et d'un °2jlpâ^ père catholique, elle fut baptisée et élevée çS/ "f dans un couvent. Entrée au Conservatoire en 1860, elle fut élève de Provost et de Samson et remporta un deuxième prix de tragédie en 1861 et un deuxième prix de comédie en 1862.

M"" Sarah Bernhardt débuta au Théâtre-Français cette même année 1862, dans le rôle d'Iphigénie. Ses débuts passèrent inaperçus. Engagée ensuite au Gymnase, elle y joua dans le Père de la Débutante et dans Un tnari qui lance sa femme, de R. Deslandes, y resta peu de temps et quitta momentanément le théâtre.

On la revit en 1866, à la Porte-Saint-Martin, dans la Biche an Bois; puis, grâce à la protection de M. Camille Doucet, elle fut engagée à l'Odéon, où elle tint des rôles très différents, tels que ceux d'Armande, des Femmes savantes; d'Anna Damby, de Kcan ; de Cordelia, du Roi Lear. Sa beauté, la pureté de son organe, que l'on appela plus tard la 'i voix d'or, // aidèrent à la manifestation de son talent et, dans le rôle de Zanetto, du Passant, de M. Coppée, elle obtint, aux côtés de M"" Agar, un vrai triomphe. Ce succès fut dépassé encore lorsqu'elle interpréta la reine d'Espagne, dans Ruy-Blas, et elle signa un traité avec la Comédie-Française, avant d'avoir terminé son engagement au théâtre de l'Odéon, auquel un dédit de =j,ooo francs fut payé (1872). Pendant le siège de Paris, elle avait concouru à l'organisation d'une ambulance à l'Odéon.

M"'° Sarah Bernhardt, à la Comédie, eut : comme premier rôle, Mademoiselle de Belle-Isle, où elle ne répondit pas aux espérances qu'elle avait fait concevoir (1873). Mais ses brillantes qualités éclatèrent dans Phèdre, où elle joua d'abord Aricie, et plus tard, Phèdre elle-même. Elle interpréta ensuite : Andromaque, Zaïre, qui fut un de ses triomphes, le Sphinx, la Fille de Roland, Rome vaincue, le Mariage de Figaro, où elle retrouva, sous le travesti de Chérubin, le succès de sa création de Zanetto, et enfin Hernani, dans lequel son interprétation du personnage de Dona Sol lui valut une touchante lettre de

Victor Hugo et la plaça définitivement au premier rang des artistes contemporains. Elle créa ou reprit d'autres rôles moins importants, et fut admise au sociétariat en 187s.

Citons, parmi ses principales interprétations depuis ce moment : Mistress Clarkson dans VEtraiigcrc, oii elle l'ut admirable ; elle joua ce rôle avec une telle passion qu'elle dût prendre plusieurs mois de repos ; elle les employa à développer son talent naissant de statuaire (1876). A sa rentrée elle joua : Andromaque, puis Hcrnani (1877) ; Alcimène, dans Amphitryon ; Zaïre, le Sphinx (1878) ; la Reine, dans Rny-Blas, qui lui fournit un de ses plus beaux triomphes (1879).

A ce moment, M"'° Sarah Bernhardt s'attira des remontrances de l'Administration de la Comédie- Française, à propos de tentatives faites en dehors du théâtre, pour appeler l'attention sur elle par le déploiement d'une activité universelle ou par l'excentricité de son genre de vie. Un voyage que fit la Comédie-Française à Londres apporta une trêve à ce désaccord.

M'"" Sarah Bernhardt eut quelque peine à conquérir la faveur du public anglais. D'abord froidement accueillie au théâtre de Sa Majesty, elle trouva, dans Y Etrangère, Vocca.?,ion d'un très vif succès qui devint bientôt de l'engouement.

Rentrée à Paris, elle reprit le cours de ses triomphes avec ses anciens rôles; mais elle échoua en 1880, dans le rôle de Clorinde, de V Aventurière^ qui, de l'avis général, ne convenait pas à son genre de talent. Mécontente, elle démissionna brusquement et quitta Paris. Un procès lui fut intenté, qui prononça sa déchéance comme sociétaire, autorisa la saisie de son fonds de réserve au théâtre et la condamna à 100,000 francs de dommages-intérêts envers la Comédie-Française.

La « grande artiste, » comme on s'est plu, non sans raison, à l'appeler, retourna en Angleterre, puis fit une tournée aux Etats-Unis, sous la conduite d'un imprésario du pays, à des conditions de prix extraordinairement avantageuses pour elle. Elle parcourut ensuite le midi de la France, l'Italie, le Danemark, la Russie, etc. Au cours de ses voyages elle rencontra M. Jacques Damala, qui joua avec elle et qu'elle épousa à Londres en 1882.

M'"" Sarah Bernhardt prit, à ce moment, au nom de son fils Maurice, la direction du théâtre de l'Ambigu, où elle fit débuter son mari dans les Mères ennemies. Elle-même créa au Vaudeville le rôle de Fe'dora, dans la pièce de ce nom, de M. Sardou (1882).

En 1883, elle acheta le théâtre de la Porte-Saint- Martin, y reprit Froufrou, la Dame aux Camélias, etc. ;y créa .lemma dans Naua Sahih,de M.Richepin, qui, pour la circonstance, se fit acteur dans sa propre pièce. M. Victorien Sardou écrivit alors pour elle le drame historique à grand spectacle de The'odora (1884), qui eut plus de 300 représentations consécutives, puis la Tosea (1887). Entre temps, M"'° Sarah Bernhardt avait fait une autre tournée à Londres et un second voyage en Amérique, où elle avait obtenu, comme précédemment, de grands succès de gloire et d'argent.

Elle créa ensuite aux Variétés le rôle de Ldna,davis la pièce en cinq actes de ce nom, tirée du roman de M. Philips (1889) et, à la Porte-Saint-Martin, celui de CJe'opdtre, dans un nouveau drame à grand spectacle et avec musique, de MM. Sardou et Moreau. Elle avait, quelques mois plus tôt, paru sur ce même théâtre dans une reprise solennelle de Jeanne d'Arc, drame lyrique de MM. Jules Barbier et Ch. Gounod (1890).

En 1893, M'"" Sarah Bernhardt prit la direction du théâtre de la Renaissance, où elle a donné de nouvelles preuves de son incomparable talent, fait de grâce féminine, de passion et d'éternelle jeunesse, dans les créations qu'elle y a faites : Les Rois, J{éïJ, La Femme de Claude, Gismonda, Magda, Lorcn^accio, la Princesse lointaine et la Samaritaine, d'Ed. Rostand; les Mauvais Bergers, d'O. Mirbeau; Lysiane, de R. Coolus, etc. Elle a eu le mérite d'y appeler, pour la faire connaître au public parisien, sa rivale italienne, Eléonora Duse, et y a donné, en 1898, l'œuvre du poète italien Gabriel d'Annunzio : la Ville morte.

Elle a toujours continué ses tournées à l'étranger.

La vie privée de M"'" Sarah Bernhardt a été très bruyante. Notre rôle ne s'étendant pas à ce sujet, nous mentionnerons seulement, à cause de son retentissement, la querelle de l'artiste avec M"*" Marie Colombier, à laquelle le public fut initié par un procès et des brochures, pleines de passion et de malveillance publiées alors contre elle.

M'"" Sarah Bernhardt a écrit une relation de voyage aérien : Dans les nuages, impressions d'une chaise (1878), compte-rendu d'une ascension en ballon, et une pièce en un acte, l'Aveu, jouée à l'Odéon le 27 mars 1888.

Elle s'est fait connaîti'e aussi comme sculpteur, et a envoyé aux Salons des œuvres auxquelles on accorde un certain mérite. Nous citerons : Après la

icmpéle, groupe plâtre d'un effet pathétique (1876); M'" L. Abbctna, buste (1879) ; le Sergent Hoff, buste (1880); Co</"^//«, buste ; Oplidic, bas-relief (i88i) ; Mars cii/ant, buste en marbre (1885), et divers autres bustes. Elle a fait aussi de la peinture et a exposé, en 1880, un tableau: La Jeune fille et la Mort.

M"" Sarah Bernhardt a obtenu pour la sculpture une mention honorable en iS7(). Elle est officier d'Académie.

DEJVIÔLiE (Chafles-Etienne-Emilc)

a^^P Éx.vriX'R, ancien ministre, né à Charolles ^^^1 (Sa6ne-et-Loire) le 22 mars 1828.

ija^'^ Inscrit au barreau de cette sous-préfecture, <Jn^ M. Demôle fit de l'opposition à l'Empire, fut candidat aux élections législatives de 1869, puis à celles de 1871 et échoua les deux fois. Il posa encore sa candidature aux élections sénatoriales dans Saôneet-Loire, le 5 janvier 1879, et fut élu par 542 voix sur 690 votants. Au renouvellement triennal du 8 janvier 1882, il fut réélu, le deuxième sur trois, par 551 voix, et, en 1891, par 97s voix sur 1,322 votants.

Au Sénat, M. Demôle est inscrit à l'Union républicaine, dont il a été président. En 1884, il fut rapporteur du projet de loi sur l'organisation municipale, ainsi que de la loi électorale qui a augmenté le nombre des électeurs pour la Chambre haute ; il le fut aussi, au commencement de 1885, de la loi sur le scrutin de liste.

L'honorable sénateur fut appelé, le 16 avril i88s,au ministère des Travaux publics, en remplacement de M. Sadi Carnot, qui passait aux Finances. A la fin de décembre, il donna sa démission avec tout le cabinet Brisson ; mais il rentra, comme ministre de la Justice, dans le cabinet reconstitué par M. de Frevcinet le 7 janvier 1886, qui subsista jusqu'au 4 décembre suivant.

Depuis, M. Demôle a pris une part très active aux travaux de la Chambre haute. Membre de la Haute Cour chargée de juger, en 1889, le général Boulanger, il a été réélu en cette qualité jusqu'en 1892, où il fut désigné comme vice-président. Il a été élu à plusieurs reprises vice-président du Sénat. Il fut l'un de ceux qui, dans cette assemblée, firent une opposition acharnée au ministère Bourgeois (3 novembre 189=, au 21 avril 1896).

DEBflT-POfiSfll^ (Edouand-BettnaPd)

EiKTRE, né à Toulouse le 2^ avril 1847. Elève ■^ de Cabanel, M. Débat- Ponsan débuta au

Salon de 1870, avec : le Récit de Philéas et Au sortir de la carrière. Depuis, on a vu de lui : le Premier deuil (1874); la Fille de Jephté et le Gué (1876); Saint Paul devant l'Aréopage (1877); Une porte du Louvre le jour de la Saint-Barthéleiny (1880); Paysannerie (1888); Trio champêtre (1889); Midi et Dans ma serre (18^0); Jeunes èa?«/s (1891) ; .-1 la Saint-Roch (1892); Avril {1893); Lauriers-roses; la Couronne de Toulouse, plafond (1894); les Deuxcoqs (1895) ; Visite au sculpteur (1896) ; le Sillon (1897).

On doit, en outre, de très nombreux portraits à M. Debat-Ponsan, la plupart exposés aux simples initiales et quelques autres au nom du modèle. Parmi ces derniers, un Portrait équestre du général Boulanger, qui avait figuré au Salon de 1887, fut d'abord admis à l'Exposition universelle, en 1889, puis retiré par ordre; M. Debat-Ponsan, jugeant que son exposition se trouvait désorganisée, refusa la médaille de bronze que lui décerna le jury.

Cet artiste avait obtenu une médaille de 2° classe en 1874; il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1881.

DeVEIiLiE (liouis-Chai^les-Edmond)

ÉN.\TEUR, né le 6 avril 1831, à Bar-le-Duc (Meuse) où il s'établit avocat.

/«jp=^ Membre du Conseil général de la Meuse, C/i ^ pour le canton de Revigny, M. Develle se présenta, dans l'arrondissement de Bar-le-Duc, à l'élection législative partielle du 6 avril 1879, pour le remplacement de M. Grandpierre,démissionnaire, et fut élu, par 11,724 voix, sans concurrent.

Aux élections du 21 août 1881, il fut réélu, dans le même arrondissement, par 12,293 voix, également sans concurrent. A la Chambre, il siégea à l'Union républicaine.

Candidat à l'élection sénatoriale partielle de la .NIeuse, en remplacement de M. Vivenot, décédé, et élu, le 2t janvier i88s, par '550 voix contre 288 données au candidat monarchiste, son niandat fut confirmé, au renouvellement triennal du =, janvier 1888, par 739 voix sur 860 votants, ainsi qu'en 1897, où il obtint 761 voix.

Au Sénat, M. Edmond Develle fait partie de la Gauche et de l'Union républicaines ; il est membre de la Haute-Cour; il a été membre et rapporteur de diverses commissions (Armée, Finances, etc.); mais il est rarement intervenu dans les débats politiques.

L'honorable sénateur de la Meuse est président du Conseil général de ce département et président de la Société des Agriculteurs de l'arrondissement de Barle-Duc.

DEVELiliE (Jules-Paul)

ÉPUTÉ, ancien ministre, frère du précédent, né

ll^É à Bar-le-Duc le 12 avril 184^. Nommé, en j^ 1873, sous-préfet de Louviers, et préfet de O^T l'Aube en 187'), il fut révoqué après le 16 mai 1877.

Aux élections législatives du 14 octobre suivant, M. Develle se présenta dans l'arrondissement de Louviers (Eure), contre M. Raoul Duval, député sortant. Elu par 8,250 voix, contre 7,893 données à . son concurrent, il se fit inscrire à la Gauche républicaine delà Chambre. Le 13 février 1879, il devint sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur, qu'il quitta à la démission de M. deMarcère, le 4 mars suivant.

Réélu, le 21 août 1881, par 8,791 voix, contre 7,307 données au même concurrent, il reprit le sous-secrétariat de l'Intérieur dans le cabinet Freycinet du 31 janvier 1882, et le conserva jusqu'à la chute du ministère le 7 août 1882. 11 fit partie, durant cette législature, de l'Union républicaine.

Aux élections du 4 octobre 1885, au scrutin de liste, M. Develle se présenta dans l'Eure et la Meuse. Il se désista, dans l'Eure, au second tour, et fut élu, dans la Meuse, au scrutin de ballottage, le troisième sur cinq, par 37,970 voix sur 70, =,28 votants.

Nommé, le 14 novembre, vice-président de la Chambre, M. Develle prit le portefeuille de l'Agriculture dans le cabinet formé par M. de Freycinet le 7 janvier 1886. Il le garda dans le ministère Goblet, du II décembre 1886 au 30 mai 1887.

Aux élections du 22 septembre 1889, faites au scrutin uninominal, il se présenta dans l'arrondissement de Bar-le-Duc et fut élu, au scrutin de ballottage, par 10,310 voix, contre 7,286 données à .M. Madelin, candidat monarchiste. M. Develle fut appelé de nouveau au ministère de l'Agriculture dans le cabinet formé par M. de Freycinet le 17 mars 1890. Démissionnaire, avec tout ce ministère, dans la crise

du 18 février 1892, il reprit le même portefeuille, dans le cabinet Loubet (27 février au 7 décembre 1892).

11 revint aux afl'aires, comme ministre des Aiïaires étrangères, dans le 2" cabinet Ribot (i" janvier au S avril 1893), conserva son poste dans le ministère Dupuy qui suivit, et démissionna le i" décembre 1893.

M. Develle fut réélu dans sa circonscription, en 1893, par 13,691 voix, sans concurrent.

A la Chambre, il a contribué à l'établissement des tarifs de douane, s'est spécialement occupé de la préparation d'un projet de loi concernant les syndicats agricoles, et des diverses questions intéressant l'agriculture. Il est protectionniste.

Dflf^fiOUX (Jean-Gaston)

fi^l^^i OVEX de la Faculté des Sciences de Paris, ^B membre de l'Institut, né le 14 août 1842 à ^S^ Nîmes, où il commença ses classes, qu'il 'j" acheva au lycée de Montpellier.

Reçu, en 1861, le premier à l'Ecole polytechnique et à l'Ecole normale supérieure, M. Darboux opta pour cette dernière, devint agrégé en 1864 et resta attaché h l'Ecole normale comme préparateur. Docteur es sciences mathématiques en 1866, il fut nommé professeur au lycée Louis-le-Grand, puis maître de conférences à l'Ecole normale supérieure, suppléa M. Bertrand dans sa chaire de physique mathématique au Collège de France et M. Chasles à la Faculté des Sciences, et succéda à ce dernier comme professeur titulaire de géométrie supérieure. Il devint le doyen de cette Faculté en 1889.

M. Darboux a été élu membre de l'Académie des Sciences le 3 mars 1884, en remplacement de Puiseux. Ce savant a publié de nombreux mémoires de mathématiques, insérés dans divers recueils, principalement dans les Comptes-rendus de rAcadcinic des Sciences. 11 convient de mentionner dans le nombre ceux portant les titres suivants : Sur les théorèmes d'Ivory, relatifs aux surfaces homofocales du second deo-rc [i%']}\ ', Sur une classe remarquable de courbes et de surfaces algébriques et sur la théorie des imaginaires (1873); Mémoire sur Téquilibrc asiatique (1877); Sur le problème de Pfaff[\%%'i], etc. 11 a publié en outre: Application de V algèbre à la géométrie de Bourdon (1872); un Recueil deleçons siirla théorie o-énérale des surfaces et les applications géométriques du calcul infinitésimal (1887-1888, 1894-1896). Il a entrepris une édition des Œuvres de Fourier (1890,

t. I-II) et a annoté les Leçons de cinématique de Kœnigs (1897).

Décoré de la Légion d'honneur en 1879, M. Darboux a été promu officier en 1892.

DUMO^l (Jean-Baptiste-Rugustin)

ÉNATEUR inamovible, né à Agen le 20 septembre 1820. Entré à l'Ecole polytechnique en 1839,

'■^ il sortit dans l'artillerie de terre en 1841, et •^ donna sa démission d'élève sous-lieutenant la même année.

M. Dumon, qui est propriétaire de vignobles dans le département du Gers, maire de Séailles, et fut pendant plusieurs années, conseiller général pour le canton d'Eauze, posa sa candidature à l'Assemblée nationale, le 8 février 1871, et fut élu par 59,621 voix.

Il siégea à l'extrême droite et appuya toutes les propositions des légitimistes catholiques intransigeants; il signa celle du duc de La Rochefoucauld tendant au rétablissement de la monarchie et repoussa les lois constitutionnelles. Dans une lettre rendue publique, il affirma son attachement absolu au comte de Chambord et au drapeau blanc. 11 fut cependant compris dans la liste des gauches pour les élections des sénateurs inamovibles et nommé, au troisième tour de scrutin, par 350 voix sur 690 votants (11 décembre 187=;). Il prit place dans les rangs de la droite, vota la dissolution de la Chambre au 16 mai 1877, combattit les ministères républicains, appuya le mouvement boulangiste et, sans intervenir personnellement dans les débats de la Chambrehaute, appuya de ses votes la politique conservatrice.

CAZIfl (Jean-ChaPles)

(Sâ^CEiNTRi;, né à Saniei: (Pas-de-Calais) en 1840.

' Ic^.^ Elève de M. Lecoq de Boisbaudran, il *^^ ■•' séjourna en Angleterre, oii il étudia les

^1^-^' maîtres de l'école préraphaélique. C'est de Londres qu'il fit, en 1876, son premier envoi au Salon, le Chantier, fragment d'un projet de décoration peint à la cire.

M. Cazin a envoyé depuis aux Salons annuels: en 1877,1a Fuite en Egypte ; en 1878, le Voyage de Tobie; en 1879, le Départ, variante de la Fuite en Egypte et \'Art, fragment de plafond ; en 1880, un autre Tobie (placé au musée de Lille) et Agar et Isinaèl, une de

ses meilleures toiles (placée au musée du Luxembourg) ; en 1881, Souvenir de fête ; en 1883, Judith sortant des murs de Béthulie ; en 1888, la Journée faite, sujet contemporain.

A partir de 1890, cet artiste exposa ses œuvres au Salon du Champ-de-Mars, où l'on a vu de lui de nombreux tableaux et notamment: Voyageurs; VEte; Moisson et Un soir, peintures, et une sculpture : Femme de marin, masque bronze (1890) ; 1 1 tableaux, parmi lesquels : Soir de novembre ; Minuit ; VEtude. panneau décoratif (1891) ; la Maison de Socrate ; Novembre: Lever de lune; M.-sur-M., des '(Misérables»; L'ours et l'amateur des jardins, panneau décoratif, et 5 autres tableaux 11892); 8 tableaux, dont: Ruines du camp de Boulogne (1894); Le 14 juillet à la campagne ; Ruines de l'ancien port de Wimereux et 8 autres toiles (1896) ; Temps d'orage ; Le Matin ; La cloche, etc. (1897!.

M. Cazin, en outre, s'est occupé de l'organisation de plusieurs autres expositions, notamment de celle de l'Union des Arts décoratifs, en 1882.

Cet artiste a obtenu une médaille d'argent en 1880. Décoré de la Légion d'honneur, le 13 juillet 1882, il a été promu officier le 24 octobre 1889.

M"" Cazin inée Marie Guillet), sa femme, après avoir fait de la peinture, s'est adonnée à la sculpture et a exposé des œuvres appréciées. Elle a obtenu une médaille de bronze à l'Exposition universelle de 1889.

POUCHET (flnne-Gabi'iel)

^ lioFciN, professeur, membre de l'Académie ';' de Médecine, né à Paris le 11 août i8=ji,

d'une famille bretonne. Il commença ses études en province et les termina à Paris. Licencié es sciences en 1877, M. Gabriel Pouchet suivit les cours de l'Ecole de médecine de Paris, où il obtint une bourse de doctorat pour les années 1877, 1878 et 1879.

Entre temps, il fut préparateur du cours d'hygiène de M. Bouchardat (1878), préptirateur de chimie biologique, avec M. Armand Gautier (1879) et, l'année suivante, docteur en médecine avec une thèse intitulée : Contribution à l'étude des matières extractives de l'urine.

Nommé successivement chef-adjoint pourla chimie au laboratoire de clinique des maladies cutanées et syphilitiques (professeur Fournier, 1882), expert près les tribunaux, agrégé de pharmacologie, membre de

la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle (i88'?) et de la Société de médecine légale (,i88|)), dont il fut vice-président en 1890 et 1891, auditeur près le Comité consultatif d'hygiène publique de France (i88s), puis membre titulaire (1887^ membre du comité de rédaction des A niuilcs J' h ygiciic publique cl Je iiicJccInc légale, directeur du laboratoire du Comité consultatif d'hygiène publique de France, chargé du cours de chimie médicale à la Faculté de médecine de Paris, correspondant de la Société de médecine légale de Belgique, membre de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, depuis sa fondation (1889), professeur de pharmacologie à la Faculté de médecine de Paris (1892), il est correspondant de FAcadémie des Sciences de Lisbonne, a été élu membre de l'Académie de Médecine, en remplacement de M. Schutzemberger, en 1897 et président de la Société thérapeutique de Paris en 1898.

Comme professeur à la Faculté de médecine, les cours de M. Gabriel Pouchet ont porté sur l'étude des médicaments et de leur action pharmaco-dynamique. Il a institué à FEcole de médecine de Paris un enseignement, à peu près négligé jusque-là et cependant très en faveur dans les Universités étrangères, qui consiste à mettre à contribution les données fournies par la chimie, l'histoire naturelle, la physiologie, la clinique, pour cherchera élucider le mode d'action des substances actives sur l'organisme, et posséder ainsi une base rationnelle et scientifique pour l'intervention thérapeutique. Ses leçons, dont quelques-unes ont été d'abord publiées dans le Progrès mc'dical , \e Journal Jes pralieiens , le Bulleiiiigéncral de thérapeutique, etc., doivent former un recueil de ii volumes comprenant : la Pharmacographie, la Pharmacognosie et la Pharmacodynamie des substances médicamenteuses. M. Pouchet a, en outre, complété cet enseignement magistral par des conférences pratiques très goûtées des élèves et qui obtiennent un grand et légitime succès.

M. le docteur Gabriel Pouchet est l'auteur d'importants travaux de. chimie pure, de chimie biologique, de chimie appliquée à la pharmacologie, à la toxicologie, à la médecine légale et à l'hygiène, notamment : Action de l'acide nitrique sur la Parafinc : produits divers qui en résultent (1874); une série d'Etudes sur les me'thodes d'analyse des produits industriels (de 1874 à 1877) ; Recherche du plomb dans les organes d'un homme mort d'intoxication saturnine (1879) ; Des transformations des matières

albuiniiioïdes dans l'économie {1S80) ; Analyse d'une salive de stomatite mcrcuricUc ; sur un Procède de destruction totale des matières organiques pour la recherche des substances minérales toxiques (i88i- 1882); Propriétés générales des Aldéhydes ; sur une Substance hydro-carbonée retirée des poumons des phtisiques ; Recherches sur les Ptomaïnes et les composés analogues (1883) ; sur les Modifications qui se reproduisent dans la composition chimique de certaines humeurs sous F influence du choléra cpidéniique (mention honorable du prix Bréant, à l'Académie des Sciences, 1885); sur une Substance alcaloïdiquc extraite des bouillons de culture du microbe de Koch ; Empoisonnement arsenical déterminé par l'allaitement (rapport médico-légal, en collaboration avec le professeur Brouardel, 1885) ; Accidents provoqués par l'abus du seigle ergoté — Avortemcnts multiples

— Mort avec gangrène des extrémités ; sur un cas de Mort par inhalation de protoxyde d'azote (rapport médico-légal, avec M. le professeur Brouardel, inséré dans le Traité de médecine légale, de jurisprudence médicale et de toxicologie) ; Rcclierches sur le mécanisme de l'action thérapeutique et l'action toxique des acides chrysophanique et pyrogallique (1886) ; Matières cxtractives, Ptomaïnes et Leucomaïnes — Icnr rôle en pathologie générale (1886) ; sur les Conditions de développement et de conservation du bacille typhique ; Influences perturbatrices apportées par les ptomaïnes dans les résultats de T expérimentation physiologique en toxicologie : Application à la recherche de la vératrine (1887) ; Etude sur l'hygiène des ouvriers dans les fabriques d'allumettes ; Intoxication accidentelle par Voxyde de carbone (Rapport médico-légal, avec M. le professeur Brouardel) ; sur les Combinaisons du phénol monoatomique avec le mercure et le calomel et sur leur emploi en thérapeutiqne {1888) ; Intoxication accidentelle par l'atropine

— Question de responsabilité pour le médecin et le pharmacien ; Intoxicalions multiples par l'arsenic — Relation médico-légale de l'affaire Pastré-Beaussier (avec le professeur Brouardel) ; Recherches du sang dans les expertises médico-légales ; sur Quelques symptômes de l'intoxication arsenicale aiguë et chronique et sur les Modes et la durée de l'élimination hors du corps humain de l'arsenic et de ses composés (avec le professeur Brouardel' ; Accidents causés par les substances alimentaires d'origine animale contenant des alcaloïdes toxiques (avec MM. Brouardel et Loye, 1889) ; Etude critique sur les procédés d'épuration et de stérilisation des eaux de boisson (iS^i) ;

La stroiitiauc au point de vue de l'hygiène, son emploi dans la raffinerie dit sucre et le déplâtrage des vins (1892).

Les recherches de ce savant ont été l'objet de communications aux académies des Sciences et de Médecine, aux sociétés de Médecine légale, de Thérapeutique, de Dermatologie et de Syphiligraphie, ou ont paru dans la Revue scientifique , le Moniteur scientifique, la Revue de Médecine, les Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, le Bulletin de la Société de Biologie, les Archives de Physiologie, le Bulletin de la Société anatoviique, les Annales d'hygiène publique et de mt'decine légale, le Recueil des travaux du Comité' consultatif d'hygiène publique de France , la Revue d'hygiène et de police sanitaire, etc.

Il a aussi donné dans le Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, les articles: Empoisonnements — Poisons — Ptomaïnes — Toxicologie; dans le Traité de médecine légale, de Jurisprudence médicale et de Toxicologie (en collaboration avec Legrand du Saulle et Georges Berryer) le chapitre xvii (pages 1146 à 1260), toute la Toxicologie et les Applications de la chimie et de la micrographie à la médecine légale (2 chapitres) ; dans l'Encyclopédie d'hygiène et de médecine publique, les chapitres : Aliments et Alimentation.

M. le docteur Gabriel Pouchet est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1892.

DI^EYpas (flbPaham)

fouRNALisTE et auteur dramatique, né à Paris le 20 juin 1847. M. Abraham Dreyfus débuta sous les pseudonymes de « Monsieur Josse », '< Chose et Machin », <f. Nimporteki », ": Dupont des Arts », etc., par des articles humoristiques et fantaisistes dans la Vie Parisienne, la Revue littéraire, Y Illustration, le Gil Blas, le XIX- Siècle, la Revue bleue, etc. Tout en continuant sa collaboration à ces journaux et h d'autres, il écrivit pour le théâtre. Los œuvres données à la scène, avec des succès inégaux, par M. Abraham Dreyfus, portent les titres suivants : Un Monsieur en habit noir, comédie en un acte (Vaudeville 1872) ; Potage à la bisque, comédie en un acte (1873); la Revue des Deu.K-Mondes, revue de commencement d'année, en trois actes, avec M. Clairville (187s); Mariages riches, comédie en trois actes (1876); Chei (•//<■, comédie en un acte, avec M. Ch. Narrey (1877) ; Pour sauver jeune femme du monde, comédie en un acte (1878); l^ Gifle, comédie en un

acte; la Victime, comédie en un acte (i88o'i ; le Klephte. comédie en un acte, une de ses meilleures pièces; l'Institution Sainte-Catherine (Odéon, décembre 1881); Battei Philidor, op.-com. un acte, musique de Dutacq (1882); Un crâne sous une tempête, saynète (1884); Une rupture; Après la noce, comédie un acte (1885) ; En attendant M. Baudichon, comédie un acte; la Buvette du Pré, comédie un acte (1888); De i àj heures, comédie un acte

La plupart de ces pièces ont été jouées sur les théâtres de Paris, notamment à la Comédie-Française; d'autres n'ont été représentées qu'en province ou à l'étranger. L'auteur en a réuni plusieurs en volume sous le titre : Jouons la comédie, avec une Causerie sur la comédie de société (1887). Il a publié en outre : Scènes de la vie de théâtre, nouvelles et l'Incendie des Folies-Plastiques.

M. Abraham Dreyfus est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1889.

Dflî^ESTE de la CHAVflMfiE (f^odolphe-Madeleine-Cléophas)

uRiscoNSULTE et magistrat, membre de l'Institut, né à Paris le 26 décembre 1824. Elève de l'Ecole des Chartes, en 1845, '^ ^''^ ^" même temps son droit, fut reçu docteur en 1847, ^^ se fit inscrire, en 18^1, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de Cassation. Il est devenu conseiller à cette cour en 1877.

Auteur de divers travaux de droit, M. Dareste de la Chavanne a été élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques le 6 juillet 1878, en remplacement de Valette.

Il a publié: Essai sur François Hotnian (1850); De la Propriété en Algérie, commentaire de la loi du ij juin iSyi (1852, nouv. édit. 1863) ; Code des pensions civiles (1854) ; Etude sur les origines du contentieux administratif en France (i8s=i) ; La Justice administrative en France (1862) ; Du Prêt à la grosse chei les Athéniens (1867); le Traité des lois de Thâophraste (1870) ; Une loi éphésicnnc du premier siècle avant notre ère (1877); les Inscriptions hypothécaires en Grèce (188s) ; De la Prescription en droit civil ; le Leggi di Gortyna e le altre iscri{ioni archaiche crc- /i'5/ 11894) ; il est encore l'auteur de traductions annotées des Plaidoyers civils de Démosthène (187^); des Plaidoyers politiques du même (1879) ^' d'autres traductions. Il a collaboré au Recueil des Inscriptions

juridiques grecques ti fut, en i8ss,un des fondateurs de la Revue historique du droit français et étranger. M. Rodolphe Dareste est officier de la Légion d'honneur.

CHflDOIS (JVIat^e-Antoine-|V[aPie« GabPiel-Paul) de

JFFiciER, sénateur inamovible, né à Saint-Bar- VMVim thélemy (Lot-et-Garonne) le 12 mars 1830. Officier à 21 ans, il démissionna, comme capitaine, à la suite de son mariage avec M'"" de Ségur, en 1867. Il reprit du service à la guerre de 1870-71, et fut nommé chef de bataillon des mobiles, puis colonel, fit en cette qualité la campagne d'Orléans, fut blessé à la bataille de Coulmiers et porté à l'ordre du jour.

Aux élections générales pour l'Assemblée nationale, il fut nommé représentant de la Dordogne par 80,152 suffrages. Il siégea au centre gauche, affirma d'abord prudemment, puis plus nettement, ses convictions républicaines, combattit, sous le gouvernement du 24 mai, les tentatives de restauration monarchique, et prit une part active aux discussions des lois militaires. Après le vote des lois constitutionnelles, il fut élu sénateur inamovible, comme candidat des gauches, par 348 voix sur 690. Il prit place au centre gauche du Sénat, combattit le mouvement du 16 mai et le boulangisme et est intervenu quelquefois dans les discussions militaires et budgétaires.

Ancien conseiller général de la Dordogne, pour le canton de Sigoulès, M. le colonel de Chadois a été promu officier de la Légion d'honneur le 9 janvier

DOtfMEJ^ (Paul)

•ncien député, gouverneur général de l'Indo- Chine, né à Aurillac le 22 mars 18S7. Il étudia le droit à Paris ; reçu licencié, il collabora à plusieurs journaux et fut choisi pour chef de son cabinet par M. Floquet, élu président de la Chambre des députés, en 1885.

En 1888, M. Doumer se présenta comme candidat de la gauche radicale, dans le département de l'Aisne, à une élection partielle et fut élu député, le 8 avril, au scrutin départemental. Non réélu aux élections du 22 septembre 1889, faites au scrutin d'arrondissement, il se porta dans l'Yonne, le 25 octobre 1890, en remplacement de M. René Laffon, député delà i" cir-

conscription d'Auxerre, décédé, et fut élu, au ballottage, par 7,711 voix, contre 5.144 données h M. Denormandie, avoué à Paris, candidat delà droite républicaine, et 207 à M. Ringuier. Son mandat fut renouvelé, dans la même circonscription, aux élections générales du 20 août 1893, par 7,67s voix contre 5,7SS obtenues par M. Denormandie.

A la Chambre, M. Doumer proposa, avec M. Cavaignac, un projet d'impôt sur le revenu, comme contre-projet au budget de 189s (1894). Appelé, le 3 novembre 1895, au ministère des Finances, dans le cabinet présidé par M. Bourgeois, il reprit ce projet, contre lequel se prononcèrent un grand nombre de Conseils généraux de France pendant leur session, et qui ne fut pas adopté par la Chambre. Il démissionna avec le ministère, à la suite du refus par le Sénat de voter les crédits pour nos troupes à Madagascar, le 21 avril 1S96.

M. Doumer abandonna son siège au Parlement en janvier 1897, ayant été nommé gouverneur général de rindo-Chine par le ministère Méline, qu'il avait combattu comme député.

Ct^OISET (jVIarie-Joseph-Alfped)

p^s^R ELLÉNisTE, membre de l'Institut, né à Paris le s janvier 1845. Il fit ses études classiques aux l3xées Saint-Louis et Louis-le-Grand, entra y à l'Ecole normale supérieure en 1S64 et en sortit en 1867, agrégé des lettres.

Nommé professeur de rhétorique dans divers Ivcées de province, puis au collège Stanislas et au lycée Louis-le-Grand, maître de conférences à la Faculté des lettres de Paris et professeur d'éloquence grecque à la même Faculté, M. Croiset fut élu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, en remplacement de Bréchillet-Jourdain, le 3 décembre 1886.

Il a publié : ses thèses de doctorat es lettres : De Personis apud Aristophanum et Xenophon, sou caractère et son talent (1873), cette dernière couronnée par l'Académie française en 1874 ; la Poésie de Pindare et les lois du lyrisme grec (1880,2" édit. i%<)b)\ Leçons de littérature grecque (1884) ; Histoire de la littérature grecque (1887 à 1895, 5 vol., en collaboration avecsonfrère); une Grain m a ire grecque (i8q^) ; une édition classique de la Première lettre à Amnuvns, de Denys d'Halicarnasse ; des Morceaux choisis et le i" vol. d'une grande édition de Thucydide, etc.

M. Alf. Croiset e";t officier de la Légion d'honneur.

BEt^GEf^flT (Auguste-Emile)

oÙTii, auteur dramatique, chroniqueur et crii, tique d'art, né à Paris le 29 avril 1845. Il

P commença se:

.ir et les termina

ses études chez les P. Jésuites ina au lycée Charlemagne.

Encouragé par un de ses maîtres, J. Thiénot, le jeune Bergcrat, encore sur les bancs du collège, écrivait déjà des vers et des pièces de théâtre. A vingt ans, il fit représenter à la Comédie-Française une comédie en un acte et en vers: Une Ainic (1865), que la critique accueillit avec bienveillance, à cause de la jeunesse de l'auteur ; puis il fit jouer un drame en troisactes: Pire et Mj/-/, au Théâtre Clunyen 1870.

En 1871, pendant le siège de Paris, iM. Bergerat iniblia des poésies patriotiques, entre autres le Maître (/'/:"((i/i'et les Cuirassiers de Reiehshoffen qui, réunies avec d'autres, sous le titre : Poèmes de la Guerre, ont eu plusieurs éditions.

-M. Bergerat épousa, en 1872, M'" Estelle Gautier, seconde iille de Théophile Gautier. A ce moment, il collaborait au Gaulois et au Bien publie ; il entra en 1S74 au Journal o//;V/i7, pour y faire les Comptesrendus artistiques. 11 a, depuis, écrit dans un grand nombre de journau.x, soit sous son nom, soit sous des pseudonymes, dont le plus connu est celui de « Calibnn », des chroniques, des fantaisies critiques et littéraires d'un genre bien personnel, d'une ironie mordante, souvent paradoxale, et remarquables par la virtuosité d'un style abondant en néologismes, dont certains ont trouvé place dans le langage courant. Il a donné dans les périodiques, avant leur publication en volumes, quelques-uns de ses romans. -Nlentionnons sa collaboration au Figaro, au Voltaire, au Jour, à la franee, au Gil-Blas, à VEcho de Paris, à VEelair, au Journal, etc.

M. Bergerat a beaucoup écrit pour le théâtre; mais il y a rarement fixé le succès. Citons parmi ses pièces : Ajige Rosani. drame en 3 actes, avec M.Armand Silvestre \\auéG\\\\e, l'è-]"-,) ; Sépares de ("('/■/).f, comédie en un acte (même théâtre, 1874) ; le Nom : Herniinie, com. ^ actes (1883) ; la Nuit bergaluesque, tragi-comédie, en trois actes, jouée au Ihéâtre-Libre (1887); Premier è<7/5c/', comédie, un acte (Comédie-Française, 1889); ./I/itjhc, étude dramatique,trois actes (Théâtre-Libre, 1 890) ; Enguerrande, draniclyrique,tiré d'un poème de lui, par M.Wilder, musique de Chapuis (Opéra-Comique, 1892); Manon Roland, drame, s actes, vers, avec C. de Sainte- Croix (Comédie-Française) ; le Capitaine Fracasse.

comédie héroïque, s actes, vers, d'après Th. Gautier (Odéon, 1896). On connaît encore de lui les pièces suivantes, non représentées : G/7 Blas, cinq actes, avec d'Artois et G. Duval ; Gautier d'Aquitaine, opéra, 4 actes, avec C. de Sainte-Croix) ; Plus que Reine, pièce 5 actes et 7 tableaux, reçue à la Renaissance (1898).

Il a publié, sous le pseudonyme de « Caliban » ou sous son nom : le Fanhlas malgré lui (iSS^) ; Bébé ci C" (1884) ; Mes Moulins (188=,) ; le Viol (1886) ; le Livre de Caliban (1887) ; Figarismes de Caliban (1888); V Amour en République, étude sociologique (1889); le Rire de Caliban (1890) ; Soirées de Calibangrève (iSg'i) ; la Chasse an Mouflon; \& Chèque (1893) ; la Vierge (1894) ; le Cruel Va-t-en-Guerre (1898).

On lui doit aussi des ouvrages de critique artistique: Peintures décoratives du foyer de l'Opéra (187s) ; Théophile Gautier peintre (1877) ; Théophile Gautier, entretiens, souvenirs, correspondance {\f>i()) ; le Salon de iSp2, et plusieurs préfaces à des catalogues de tableaux.

Plusieurs fois couronné par l'Institut et la Société des Gens de Lettres (prix Calmann Lévy et Chauchard), M. Emile Bergerat est chevalier de la Légion d'honneur.

Bf^flZZfl (PiePPe-Paul-prançois- Camille Comte SAVOf{GHAN de)

xrr.oRATEUR , officier et administrateur, né le 26 janvier i8'^2, en rade de Rio-de-Janeiro, à bord de la Vénus, et inscrit aux ^^ actes de l'état-civil de Rome. Son nom de famille réel est « de Brazza Savorgnani ». 11 lui donna une tournure moins italienne en le disposant autrement.

Elève des Jésuites à Paris, le jeune de Brazza, recommandé parle pèreSecchi à l'amiral zMontaignac, obtint, en 1868, l'autorisation d'entrer à l'Ecole de marine de Brest, à titre étranger. En 1870-1871,11 prit part aux opérations de la flotte française dans la mer du Nord et sur les côtes d'Algérie. De 1872 à 1874, officier d'ordonnance de l'amiral du Quillio, il le suivit dans les eaux américaines, ensuite au Cap, et enfin au Sénégal et au Gabon. A son retour, il demanda ses lettres de naturalisation et fut promu enseigne de vaisseau auxiliaire en 187s.

.M. de Brazza fut, la même année, chargé d'aller explorer le Haut-Ogoué, dans l'Afrique équatoriale ; il

s'enibart|u;i :iu mois J'acu'it, nvec M. Noël Ballay, médecin,et M. Marche, naturaliste. ArrivésauGabon, ils remoiitôrcnt ensemble TC^goué jusqu'au Lopé ; puis M. de Hrazza se dirigea seul vers le Sud-Est et découvrit l'Alima, qu'il ne reconnut pas d'abord pour un affluent du Congo; il retrouva aux cataractes de Djaumé ses compagnons, ijui, de leur côté, avaient poussé d'importantes reconnaissances ; obligés par l'hostilité des naturels de changer leur itinéraire, ils le dirigèrent vers le Nord, trouvèrent la Licona, affluent du Za'ire, et rentrèrent le ^o novembre 1878 au Gabon, après avoir supporté de grandes privations et de multiples tribulations.

Pour achever l'œuvre qu'il avait commencée et la rendre profitable au commerce français; se rendant compte, en outre, que le commerce anglais tirait parti, à ce moment déjà, des découvertes de Stanley dans l'Afrique équatoriale , M. de Brazza comprit qu'il fallait ouvrir la voie la plus directe du cours supérieur du Congo à l'Océan, par l'intermédiaire de TAlimaet de l'Ogoué. Il obtint unenouvelle mission des ministères de l'Instruction publique et des Aflaires étrangères, avec le docteur Ballay ; il fut, en même temps, promu enseigne de vaisseau, le 14 septembre 1879, et mis par le ministre de la Marine à la disposition du Comité français de l'Association africaine.

Les deux explorateurs, embarqués le 27 décembre

1879, remontèrent du Gabon au cours supérieur de rOgoué. M. de Brazza fonda à plus de 800 kilomètres dans l'intérieur, la station française de Franceville ; puis il se dirigea vers Stanley-Pool par le pays des Batakès, en parcourant environ 500 kilomètres. Le suzerain de ce pays, Makoko, signa, le 10 septembre

1880, un traité aux termes duquel il plaçait ses états sous notre protectorat et nous concédait un territoire à notre choix pour l'établissement d'une station qui serait le point de départ d'une route d'accès dans cette contrée. Le 3 octobre, une seconde convention ratifiait la prise de possession du territoire compris entre les rivières de Djoué et d'Impila. Dans ce territoire, près de Ntamo, M. de Brazza établit une nouvelle station, à laquelle la Société de Géographie donna le nom de Brazzaville.

M. de Brazza continua la découverte du pays, qu'il descendit jusqu'à Landassa, puis le laissant à la garde du sergent Malamine et de trois hommes, il s'embarqua pour la France, où il arriva dans les premiers jours de juin 1882.

A son retour, malgré les attaques aussi injustes que passionnées de son rival Stanley, l'explorateur

reçut l'accueil le plus chaleureux : la Société de Géographie lui attribua une médaille d"or, le Conseil municipal de Paris en fit autant et l'Académie des Sciences lui décerna, l'année suivante et pour la seconde fois, le prix Delalande-Guerineau. 11 avait déjà reçu, en 1879, delà Société de Géographie italienne, dont il est membre, une médaille d'or.

La Chambre des députés ratifia, le 28 novembre 1S82, le traité conclu par M. Savorgnan do Brazza avec le roi Makoko. Vn autre vote des Chambres mit à sa disposition un crédit de 1.27=,, 000 francs, qui devait être, l'année suivante, complété par un crédit de 780,000. Nommé, en outre, lieutenant de vaisseau le is février 1883, chargé du commandement du transport ÏOliiiiio. afl'ecté au service de la mission de l'Ouest africain, M. de Brazza partit encore une nouvelle fois, toujours avec le docteur Ballay, et aborda dans la baie de Punta-Negra. Il établit une série de stations bien approvisionnées et s'efl'orça de faire reconnaître partout l'autorité de la France, malgré les difficultés semées sur son passage par les agents de l'Association internationale du Congo. Après le traité de i88=i, réglant la délimitation des possessions des Européens dans l'Afrique centrale, il revint encore une fois à Paris et reçut, le 23 avril 1886, le titre de commissaire général du Congo et du Gabon, avec pleins pouvoirs pour toutes nos possessions de l'Afrique équatoriale, moins quelques établissements placés sous la dépendance du gouverneur du Sénégal. Son courageux et dévoué compagnon, le docteur Ballay, lui était adjointcomme lieutenant-gouverneur.

Le nouveau gouverneur et le ministère de la h\i\rine ne furent pas tout d'abord parfaitement d'accord ; mais les quelques difficultés soulevées étant aplanies, M. de Brazza, après avoir embarqué à Bordeaux, le 8 février 1887, à bord du paquebot Y Eijimtciir. le personnel qui l'accompagnait, le rejoignit à Lisbonne, et se rendit au Congo, où il trouva la colonie dans une certaine perturbation. Aussitôt arrivé, il entreprit un voyage dans l'intérieur pour ramener le calme dans le pays troublé. Malade, il dut revenir à Paris.

Rentré à son poste l'année suivante, il y continua son œuvre de colonisation et en est revenu en iJ^97, date où il abandonna définitivement ses fonctions et ses voyages.

M. de Brazza est commandeur de la Lésion d'hon-

HflAKlVIflrl (André-doseph-Liéon)

?i;iNTRn, musicien, poète, no à St-Gerniain-en-

i.ayc le 25 décembre 1859. Se destinant

^P J'ahoid;ilamarine,il fit, trois ans, des études

^^' spéciales au collège de Rochefort-sur-Mer ; mais le jeune homme, d'un caractère indépendant, épris d'art, abandonna bientôt ce but. Il fit un court séjour à Bruxelles et y fut l'élève du pianiste Vieuxtemps, frère du célèbre violoniste ; revenu ensuite à Paris, il étudia la peinture et reçut les conseils de Jules Du pré.

Entre temps, M, Léon Haakman se faisait entendre dans les grands concerts de Bruxelles et de Londres. Ces auditions le firent considérer à l'égal des plus réputés virtuoses.

En 1892, il se révéla comme peintre à l'Union libérale des Artistes français, où il exposa plusieurs toiles et notamment la Rafale, qui fut un succès.

En 1893, -M. Léon Haakman fit une première exposition personnelle de ses œuvres sous le titre : Y Epopée tic la mer, que la critique accueillit avec grand faveur.

Il présente, écrivit M. Roger Miles dans VEr^iif nient, une suite de marines d'une impression puissante; il y a là, sous des ciels chargés d'orage, de tohubohuantes vagues et de furieux paquets de mer d'un saisissant effet...

La deuxième exposition de M. Léon Haakman, qui eut lieu à la galerie Georges Petit, en 1898, a confirmé cette impression. Les Barques, un Péqnenx, étude, St-Adresse , Falaises (Dieppe) , la Seine à Rouen, et diverses études de la mer ont inspiré ces lignes au même critique :

La Barque ronge, Bourrasque, V Aiite, les Isolés, sont des pages d'une belle élévation de pensée en même temps qu'elles traduisent des effets vrais, avec vérité. M. Léon Haakman s'est joué de grandes dificullés dans les harmonies claires et il en a triomphé. Ses barques marqueront certainement dans son œuvre.

Impressionniste convaincu, mais d'un dessin serré, M. Léon Haakman a soutenu ses théories picturales dansl'/lr/ international, dont û fut rédacteur en chef.

Il a produit musicalement ; Wandah, symphonie, musique et poème en vers libres, et d'autres compositions diverses.

Al^ÈflE (Emmanuel)

Ki'i'Tt, né à Ajaccio le 1" janvier 1856. Ses

I^SB études commencées .à Marseille et achevées

à Aix, il vint faire son droit à Paris, où il

S" i devint secrétaire d'Edmond About, qui l'admit au A'/X« Siècle. II collabora ensuite au Paris, à la République Française, au Matin, à YFclair, etc. Ecrivain agréable et spirituel, ses articles, soit qu'ils traitent de politique ou de sujets difl'érents, sont fort appréciés.

.\I.' Emmanuel Arène fut, à 2s ans, élu conseiller général de la Corse pour le canton de Zicavo (1880); l'année suivante, il se présenta à la députation comme candidat républicain, dans l'arrondissement de Corte, au siège rendu vacant par suite de l'option de M. de Choiseul pour Melun. Il fut élu par 6.672 voix contre 2,711 données à M. Paschal Grousset. Depuis, M. Arène n'a pas cessé d'être réélu dans sa circonscription : en 18=;=) (après l'invalidation de l'élection première), en 1889 et 1893 ; cette dernière fois par 4,393 voix, contre 5,^13 à M. Rocassera, rallié.

A la Chambre, le député de la Corse s'inscrivit à l'Union républicaine, fut un ardent défenseur de la politique opportuniste en général et de celle de M. Jules Ferry en particulier. U prêta son concours à tous les ministères modérés. 11 a été membre et rapporteur de plusieurs commissions et est intervenu dans de nombreux débats. Il a fait partie du bureau de la Chambre comme vice-président (1884-88). Il fit une vive campagne contre le mouvement boulangiste et fut rapporteur de la demande en autorisation de poursuites déposée contre les députés membres de la Ligue des Patriotes (1889 1.

En août 1884, M. Emmanuel Arène avait eu un démêlé retentissant avec .\1.M. Granet, député, et E. Judet, journaliste, qu'il accusait avoir détourné une dépêcheà lui adressée de Corse. M. Judetréponditen reprochant à M. Arène son attitude, qu'il disait intéressée, à l'égard de la compagnie concessionnaire des services postaux entre le continent et la Corse. Un duel, où M. Arène fut légèrement blessé, termina cette polémique. Le député de la Corse fut encore mêlé à l'aftaire du journaliste Saint-EIme et du préfet de Trémontels. Plus tard, en 1892, il fut l'objet d'une poursuite à propos de l'atTaire du Panama et bénéficia d'une ordonnance de non-lieu.

Ses polémiques de presse et autres ont valu au député de la Corse plusieurs duels.

En outre de ses articles de journaux, on ne connaît de M. E. Arène qu'un volume de nouvelles : Le dernier bandit (1887).

BISSOJl (fllexandPe-Chaplesfluguste)

■guTEUR dramatique, né le 9 avril 1848 à |[ Briouze (Orne). Venu à Paris en 1869, il entra au ministère de l'Instruction publique comme rédacteur ; mais attiré vers la littérature et le théâtre, il donna sa démission.

M. Alexandre Bisson a fait représenter sur diverses scènes des vaudevilles, comédies et opérettes, qu'il écrivit seul ou en collaboration, et qui se font remarquer généralement par l'esprit des mots et surtout des situations. Citons : Quatre coups de canif, vaudeville en i acte (Folies- Marigny, 1873); le Chevalier Baptiste, comédie en i acte, avec M. André Sylvane (Gymnase, 1874) ; le Vignoble de M"" PicJiois, comédie en quatre actes, avec le même (théâtre Scribe, 1874) ; Un voyage d'agrément, comédie en 3 actes, avec E. Gondinet (Vaudeville , 1881) ; Un lycée de /eu nés filles, opérette-vaudeville en 4 actes (théâtre Cluny, 1881, reprise avec succès au théâtre de la Renaissance en 1890) ; //î, me Pigalle, comédie en 3 actes (Cluny, 1882, reprise au Palais-Royal en 1891) ; N incita, opéra-comique en 3 actes , avec M. Alfred Hennequin , musique de M. Raoul Pugno (Renaissance, 1882) ; le Députe de Bombignac, comédie en 3 actes (Théâtre-Français, 1884); le Cupidon, vaudeville en 3 actes (Palais- Royal, 1884) ; le Mouticr de Saint-Guignolet, opérette en3 actes (Galeries St-Hubert, à Bruxelles, i88s); Une mission délicate, comédie en 3 actes (Renaissance, 1887); le i?o//fo7fo, vaudeville en 3 actes (même théâtre, 1887); les Surprises du divorce, comédie ^ actes, avec M. Ant. Mars, son plus éclatant succès (Vaudev. 1888) ; Feu Toupincl, comédie 3 actes (même théâtre, 1890); le Sanglier (même théâtre, 1890J; les Joies de la paternité, comédie 3 actes, avec Vast- Ricouard (Pal. -Royal, 1891); la Famille Pont-Biquet, comédie 3 actes ^Vaudev., 1892) ; le Véglione, comédie 3 actes, avec A. Carré (Palais-Royal, 1893) i ^'fi<^'roïque Le C(7/-(/ï/;;f/5,com. 3actes(Variétés, 1894) ; Un coup de tète, comédie ^ actes, avec Sylvane (Pal. -Roy., 1894); M. le Directeur, comédie 3 actes, avec F. Carré (Vaudev., 189s); Disparu l vaudeville 3 actes, avec Sylvane (Gymnase) ; les Erreurs du Mariage, pièce 3 actes (Nouveautés, 1896); Jalouse, com.} actes

(Vaud., 1897); le Contrôleur des wagons-lits, pièce 3 actes (Nouveautés, 1898).

De 1874 à 1890, M. Bisson a signé seul certaines pièces pour lesquelles il avait un collaborateur, M. Sylvane.

M. A. Bisson a collaboré en outre aux ouvrages suivants de M. Théodore de Lajarte : Grammaire de la musique (1879); Petit Traite' décomposition musicale (1881); Petite Encyclope'dic musicale (1881i88s, deux volumes). Il a aussi publié deux comédies de salon dans le Magasin des Demoiselles.

M. A. Bisson est officier de l'Instruction publique et chevalier de la Légion d'honneur.

Bflt^BEDETTE (PiePfe-Hippolyte)

'RiTiQui: musical et sénateur, né à Poitiers le 7 mars 1827. Il entra dans la magistrature comme juge au tribunal civil de La Rochelle; il se démit de ces fonctions en 1870, pour se livrer à la critique d'art et à des travaux sur l'histoire de la musique.

M. Barbedette collabora au journal le Ménestrel, et certaines études qu'il y a publiées ont été éditées ensuite, savoir: Beethoven, esquisse musicale {iEs<), 2° édit. 1870) ; Chopin, essai de critique musicale (i86i, 2" édit. 1869); Ch.-M. Wcber, sa vie et ses œuvres (1862, 2° édit. 1874); F. Schubert, sa vie, ses œuvres, son temps (1866); Félix Mendelssohn, — Bartholdy (1869) ; Chants populaires de la Pologne (1870); Stephen Heller (1876).

A ce moment, la politique attira M. Barbedette, qui, rallié à la République, se présenta aux élections générales pour la Chambre des députés, en février 1876, dans l'arrondissement de La Rochelle, où il échoua avec 8,034 voix contre 9,441 obtenues par M. Fournier, bonapartiste. 11 ne fut pas plus heureux aux élections du 14 octobre 1877, qui suivirent la dissolution, n'obtenant que 9,430 voix contre 9,954 données au même concurrent. Mais l'élection de M. Fournier ayant été invalidée, M. Barbedette triompha cette fois de son concurrent, le 14 juillet, avec 9,S23 voix contre 8,368. Il fut réélu, le 21 août 1881, par 11,495 voix, sans concurrent.

Le 2s janvier i88s, inscrit sur la liste républicaine de la Charente-Inférieure, l^I. Barbedette fut élu sénateur de ce département, par S46 voix sur 1,036 votants. Au renouvellement général de 1894, il futencoreune fois battu; mais il retrouva son siège après le décès

de M. le D' Moinet, à l'électicin partielle i|ui eut lieu le 22 septembre de la même année, où il obtint S23 voix sur 999 votants.

A la Chambre comme au Sénat, M. Harbedette a généralement voté avec la majorité opportuniste.

BOUTJVIY (Emile)

(uBLicisTi;, membre de l'Institut, né à Paris le 13 avril i8-i=i. Fils de Fun des fondateurs de la Presse, ses études terminées, le jeune homme débuta dans ce journal par des articles de politique et de littérature, puis il suivit Emile de Girardin à la Liberté en 1866.

Appelé par M. Emile Trélat à concourir à la fondation de l'Ecole spéciale d'architecture, M. Boutmy y professa le cours d'histoire des civilisations et celui d'histoire comparée de l'architecture. Il s'est principalement occupé de la création de l'Ecole libre des Sciences politiques, qu'il dirige, et où il a longtemps fait le cours d'histoire constitutionnelle comparée.

Elu membre libre de l'Académie des Sciences morales et politiques, en mai 1880, en remplacement de Léon Say, il est devenu membre titulaire en mars

M. Emile Boutmv a publié : Introduction au cours d'histoire comparée de Varcliitecturc (1869); Pliilosopliie de Varcliitectiire en Grèce (1870); Observations sur la réforme de l'enseionement supérieur 118771; Etudes de droit constitutionnel : France, Angleterre. Etats-Unis (18S3); le Développement de la constitution et de la société politique en. Angleterre (1887) ; Recrutement Jes administrateurs coloniaux (189=1) ; Philosophie de V Architecture en Grèce, reparue sous le titre: Le Parfhénon et le génie grec (1897).

Décoré en 1871, M. Boutmy est officier de la Légion d'honneur.

CliUSEf^ET (Gustave-Paul)

jsr.iKN ofticier, député, peintre, né à Paris le 13 juin 1823. Fils d'un colonel d'infanterie, il entra en 1843 à Saint-C\'r et en sortit sous- •^ lieutenant. Lieutenant en 1848, M. Cluseret faisait partie de la garde mobile lors de la Révolution; il se lit remarquer par l'ardeur avec laquelle il conduisit le 23"' bataillon dont il était le chef, à l'attaque des barricades, ce qui lui valut, le 28 juillet suivant, la croix de la Légion d'honneur. En i8so, lors du licenciement de la garde mobile, il rentra, comme simple lieutenant, dans le =,5" de

ligne et fut mis en non-activité en i8si, avant le coup d'Etat.

En 1854, M. Cluseret demanda à reprendre du service ; il fut envoyé dans un bataillon de chasseurs à pied, puis attaché aux bureaux arabes et nommé capitaine en i8ss. Après la deuxième expédition de Kabylie, il fut nommé substitut du commissaire impérial près le conseil de guerre de Blidah.

M. Cluseret quitta l'armée régulière en i8s8 pour s'attacher à Garibaldi, avec lequel il fit la campagne de l'indépendance italienne. Nommé lieutenantcolonel après la prise de Capoue, il fut, après la conquête de la Sicile et de Naples, versé avec son grade à l'état-major général de l'armée d'Italie. II donna sa démission en 1861 pour prendre du service en Amérique, au moment de la guerre de Sécession, dans l'armée du Nord. Il fut aide de camp de Mac Clellan, dans le corps d'armée où le comte de Paris et le duc de Chartres servaient comme capitaines. Nommé colonel, puis général sur le champ de bataille, après la victoire de Croskeys, il obtint, en dehors des formalités légales ordinaires, la naturalisation américaine. Durant les hostilités, il avait été condamné à mort pouravoir émancipédesesclavesen en Virginie, avant la proclamation de Lincoln. La guerre finie, il fonda, à New-York, un journal pour soutenir la candidature à la présidence du général Frémont (1864).

M. Cluseret, devenu le champion de toutes les révolutions, revint en Europe, après l'élection du généralGrant, pour participer à l'insurrection féniane en Irlande, où l'on prétend que, sous le nom d'Aulif, il mena l'attaque du château de Chester 1 [867). Condamné à mort pour ce fait, contre lequel il a toujours protesté, il parvint à s'échapper, revint en France et publia, dans le Courrier Français, des articles sur la Situation aux Etats-Unis. En 1868, ses articles dans V Art, nouveau journal fondé par lui, lui valurent une condamnation ; pendant sa détention à Sainte-Pélagie, il se lia avec les chefs de l'Internationale.

L'attitude révolutionnaire de M. Cluseret, jusque-là peu indiquée, s'accentua alors. De violents articles contre l'armée, publiés en 1869, dans la Démocratie, le Rappel et la Tribune, le firent arrêter une seconde fois; mais, comme il était naturalisé citoyen américain, le ministre des Etats-Unis le réclama et l'obligea à quitter la France. En 1870, pendant le procès de l'Internationale, une lettre de M. Cluseret fut produite aux débats, annonçant déjà la chute de

l'Empire. » Ce joui-là, écrivail-il, nous devons être prêts. Paris sera à nous où Paris n'existera plus ».

M. Cluseret s'empressa de rentrer à Paris aussitôt après le 4 septembre i!^7i ; il publia dans la i^/jrsciUaisc un article intitulé : " La réaction, » si violent contre le gouvernement delà Défense nationale, que son apparition provoqua les protestations énergiques de la population et de son directeur lui-même, M. Henri Rochefort. 11 se rendit à Lyon, où il prit part au soulèvement du 28 septembre. Au commencement de novembre, il passa à Marseille où, grâce aux conflits de .MM. Esquiros et Gent, il installa une Commune révolutionnaire et se proclama un instant chef militaire du Sud de la France.

Candidat aux élections du S février 1871, pour l'Assemblée nationale, M. Cluseret obtint dans la Seine 21,191 voix seulement sur 328,970 votants. Après l'insurrection du 18 mars, il se porta aux élections de la Commune, le 26 mars, mais ne fut pas élu. Par contre, le gouvernement insurrectionnel le nomma délégué à la guerre. Elu membre de la Commune le lO avril , il fut nommé membre de la seconde commission executive, mais il fut révoqué et mis en état d'arrestation le \" mai, sous l'accusation d'entretenir des relations avec les agents de M. Thiers, et pour l'abandon du fort d'Issy.

L'entrée des troupes dans Paris le fit sortir de Mazas ; il reçut l'hospitalité d'un prêtre pendant cinq mois, réussit à quitter Paris en novembre, se réfugia en Angleterre et passa de là en .Amérique. Le conseil de guerre le condamna .à mort, par contumace, le ^o août 1872. C'était la troisième fois que pareille condamnation le frapiiait.

Rentré en France en 1881, M. Cluseret publia, dans la Commune et la Marseillaise des articles qui lui attirèrent presque aussitôt une condamnation .à deux ans de prison et trois mille francs d'amende, pour excitation de l'armée à la désobéissance (26 janvier 1881). Il quitta de nouveau la France, pour n'y revenir qu'en 1884.

Pendant quelques années, il se consacra exclusivement à la peinture et fit une exposition publique de 120 de ses tableaux et pastels.

En 1888, une élection législative partielle ayant lieu dans le département du Var, M. Cluseret se porta comme <' candidat révolutionnaire », en déclarant dans ses professions de foi, " une guerre acharnée au parlementarisme et au parti radical clémenciste >/. Il fut élu au scrutin de ballottage par 14,840 voix sur 17,000 votants. Son élection fut validée, malgré les

discussions auxquelles avait donné lieu, dans la presse, la question de sa nationalité. Au renouvellement législatif du 22 septembre 1889, il se présenta dans la deuxième circonscription de Toulon et fut élu, au scrutin de ballottage, par s, 601 voix, contre 3,738 données à M. Georges Serre, monarchiste, et 3,009 à M. Edmond Magnier, directeur du journal Y Evénement. En 1891. candidat dans la même circonscription, il y fut réélu par S,4=)8 voix, contre s, 288 à M. Vivien, radical socialiste, au scrutin de ballottage.

A la Chambre, M. Cluseret siège à l'extrême gauche. Il s'est occupé notamment des questions militaires, budgétaires, commerciales et de mutualité.

.\I. Cluseret a publié, outre de nombreux articles de journaux : l'Année et la deniocra/ie (18691 ^^ '■''-'^ Mémoires sur le second siège de Paris, où il fait l'apologie de la Commune (1887).

On cite de lui, comme peintre, quelques envois aux Salons, notamment: Lever de soleil sur la route deKliat-Hanc; Portrait de M"" P.-L. (1888); Route d'Hvéres à la Crau, ^'ar, et }7i//{, palais du Sultan (1890). Depuis cette dernière année, il n'a plus exposé.

JOSSIC (Henpy)

oMPosiTHUR de musique, né à Brest le S juillet 186=,. 11 fit ses études de droit et obtint la licence ; mais il ne persévéra pas dans cette voie et se consacra à l'art mu-

Sans passer par le Conservatoire, M. Jossic fut l'élève de M. Théodore Dubois et de Guiraud, et reçut plus tard des conseils de Chabrier.

M. Henry Jossic a composé plusieurs morceaux de musique de chambre, parmi lesquels nous citerons : un Quatuor pour instruments à cordes et piano ; une Sonate pour piano et violoncelle; une Sonate pour piano et violon (édités chez Lemoine). Il est également l'auteur d'un certain nombre de morceaux de piano et des mélodies exécutées à la Société Nationale, sur des poèmes d'Ephraïm Michaël, publiées chez Lemoine. et sur des poèmes de Jean Moréas, l'auteur du Pèlerin passionné, éditées chez Quinzard. Comme musique d'orchestre, on connaît encore de lui un Poème symphonique et on annonce un Poème pour piano et orchestre (1898).

JOSSIC (née Madeleine JflEGEf^)

MSTi-: et professeur de solfège nu Conservait tuire, feinuie du précédent, née à Mennecy 9 iSeine-et-Oise).

-^--' M'"' Madeleine Jœger entra au Conserva-

toire à rage deseptanset obtint six premiers prix: la première médaille de solfège; le premier prix d'harmonie, classe Lenepveu ; le premier prix d'accompagnement, classe Bazile; le premier prix de piano, classe Duvernoy; le premier prix de contrepoint et le premier prix de fugue, classe Guiraud. Elle est la première femme ayant obtenu ce nombre de récompenses depuis la fondation du Conservatoire.

.M'" J;i'gcr a épousé, en 1892, le compositeur Henry Jossic.

.\uteur d'intéressantes mélodies éditées chez Dupont, et de musique religieuse inédite exécutée dans différentes maîtrises, M"" Jossic se consacrant à la virtuosité, s'est principalement produite aux concerts Lamoureux et a joué aux concerts d'Harcourt, à la Société des compositeurs, à la Société Nationale des concerts, etc. Elle a fait quelques tournées en province et à l'étranger, où son talent fut très apprécié, notamment à Nancy, Bordeaux, etc., h Bruxelles, Londres (aux concerts organisés par. M. Lamoureux à Queens'hall), etc.

\|n.c jQjsic est professeur de solfège au Conservatoire depuis i8()6. Elle est officier d'Académie depuis le i" janvier i!^i)|.

BlZRt^ELiLiI (liouis)

■i-.vvik, né à Saint-Florent (Corse) le 2=; juillet W^m 1830. Docteur en médecine en 1860, il s'éta- »r-- blit au Grand-Serre (Drômc'i et devint con- )k J seiller général de ce canton.

Une élection partielle, le 4 septembre 1879, dans la 2' circonscription de Valence, ouvrit à .M. Bizarelli la Chambre des députés, où il siégea à l'Union républicaine. Réélu, le 21 août 1881, par 12,1 is voix, sans concurrent, il lit partie de la gauche radicale. Forte sur la liste républicaine unique du département de la Drôme aux élections du 4 octobre 1885, il fut encore élu, le dernier, par 43,018 voix sur 73,721 votants. .\ux élections au scrutin d'arrondissement du 22 septembre 1889, il se porta dans la 2'' cir- •conscription de X'alence et fut nommé, au premier tour, par 9,835 voix contre 7,951 données à M. Bonnet,

également candidat radical. En 1891, il fut réélu par 11,537 \'0'-^'. sans concurrent. Il est questeur do la Chambre depuis 1894.

A la Chambre, le député de la Drome a été membre de diverses commissions. Il a accordé son appui à la politique coloniale; il s'est prononcé pour le scrutin uninominal, contre le boulangisme et a voté généralement avec le parti radical dans les questions de principe.

CHErlU-.LiflFITTE (Paul-fluguste- Rogef)

[GRicuLTEiiR-viTicuLTiiUR, économiste, né à Bordeaux (Gironde) le 7 avril 1864.

Fils d'un négociant exportateur bien connu dans le Midi, il lit de brillantes études au lycée Condorcet de Paris et se destinait à l'Ecole polytechnique, lorsque la mort de son père l'obligea tout à coup à prendre la suite des affaires de celui-ci.

Possesseur, dans le Midi et la Gironde, d'importants vignobles de ditTérents crus renommés, tels que ceux des châteaux de Mille-Secousses et de Rider, M. Chenu-Lafitte a reçu de nombreuses récompenses à toutes les expositions régionales, comme viticulteur; il est aujourd'hui hors concours.

Membre de la Société des Agriculteurs de France et de la Société d'Agriculture de la Gironde, .VI. Chenu- Lalltte est correspondant délégué de ces deux sociétés, fondateur et membre du conseil d'administration du grand Syndicat de viticulture de la Gironde. Il est aussi membre duConseil supérieurde la Croix-Rouge, placé sous le haut patronage du président de la République et qui compte dans son sein les personnalités les plus considérables.

11 a publié nombre d'articles techniques sur les questions économiques, viticoles et agricoles,dans les périodiques de la Gironde.

.\I. Chenu-Lafitte, qui habite dans le quartier de Passy, à Paris, où il a passé la plus grande partie de sa jeunesse, y ayant toujours eu des attaches de famille, s'occupe des intérêts spéciaux de ce quartier, ainsi que de politique générale ; il se déclare partisan de la République progressiste modérée et soutient le programme de l'Union libérale.

Il a épousé, en 1S94, .M"° Péan, fille de l'illustre et regretté chirurgien, l'un des plus célèbres du siècle.

CnfiDEF^flX (Liouis)

îjg^^OMMF. de lettres, critique d'art, né à Paris le ' ~ 2^1 février 1855.

Entré à TEcole normale supérieure (1873) ^ et reçu le premier à l'agrégation des lettres (1876), il quitta l'enseignement pour la littérature, collabora à Y Univers iUitstre I1878) ; au Parlement (1879-81) ; à la Revue liehJoniadctire (1892-94). Entre temps, il fit le Salon de 1886 à la République française et à la revue Les Lettres et les Arts ; il publiait, en outre, des chroniques et des contes dans la Vie parisienne, la Revue illustrée, le Gaulois, le Figaro, etc.

M. Ganderax a donné au théâtre : Miss Fanfare, en collaboration avec M. Emile Krantz (1881) ; Pepa, en collaboration avec Henri Meilhac (Comédie- Française, 1888).

Depuis 1894, il est directeur de la Revue de Paris.

M. Ganderax a été fait chevalier de la Légion d'honneur le i" janvier 1890.

lVIOLiÈ|SlES (Jean-Jaeques-Paul de)

^^i^^ÉDECiN, né à Paris le 3 septembre 18^7, nem^lU^ veu de l'écrivain de ce nom bien connu.

aII;V R^Çu interne des hôpitaux en 1880, il eut '''^^ pour maîtres MM. Brouardel, Lannelongue, Besnier, Mesnet, etc., et obtint en 1884, une médaille d'or du ministère de l'Intérieur, pour son dévouement pendant Pépidémie cholérique. Cette même année, il passait brillamment son doctorat avec une thèse sur YErj'thcnie poly/iiorp/ie, couronnée par la Faculté de médecine.

M. le docteur Paul de Molènes s'est fait connaître par de nombreuses publications, généralement insérées dans les Bulletins Je l'Académie de u/éJeeine, les Annales de Dermatologie, les Archives générales de médecine, etc. Il faut citer, parmi ses communications, celles sur la Lciicoplasie bucale, qui obtint le prix Daudet à l'Académie de médecine, et de savantes monographies sur: les Maladies delapeau, h Syphilis, les Dermites produites par la teinture d'aïuica, l'Ecléma de la langue, V Action de l'iodure de potassium à hautes doses sur l'organisme, etc.

On lui doit en outre un ouvrage important sur le Traite/nent des affections de la peau 12 vol. 1894, parus dans la collection Charcot-Debove), etc.

Membre de la Société de thérapeutique, de la Société médicale, de la Société d'hygiène publique, et médecin du lycée Carnot, M. le docteur Paul de Molènes est officier d'Académie.

CABAF^T-Dfll^riEVmiiE (ChaPles- ^aupiee)

ll^^f'ÉN'ATEUR, ancien député, né h Paris le 24 juin \^^^ 1846. Elève de l'Ecole forestière, il fut nommé, Hw^p ^'^ 1869, garde général des forêts à Bar-le- Duc où, au début de la guerre, il établit une correspondance secrète entre les gardes forestiers pour le signalement de la marche de l'ennemi. A Paris, où il vint ensuite comme lieutenant au régiment forestier, il subit le siège.

M. Cabart-Danneville quitta l'administration en 1874 ; il se fit recevoir licencié ès-sciences mathématiques et devint professeur à l'Ecole Turgot. Propriétaire dans la Manche, il se fit inscrire sur la liste républicaine de ce département aux élections générales, en 1885, et échoua avec toute cette liste. 11 se représenta dans l'arrondissement de Cherbourg aux élections du 22 septembre 1889, faites au scrutin uninominal, et fut élu, au scrutin de ballottage, par 9,489 voix contre s, 884 données à M. Liais, candidat conservateur, député sortant. II fut encore réélu, en 1893, par 9,374 voix contre 3,995 à deux concurrents.

Lors du renouvellement sénatorial du 3 janvier 1897, M. Cabart-Danneville se porta dans la Manche et fut élu, le deuxième, sénateur de ce département, par 1,03s voix sur 2,000 votants.

Au Parlement, M. Cabart-Danneville a joué un rôle actif. Il vote avec la gauche et a été membre de plusieurs commissions. Il est intervenu dans un grand nombre de questions intéressant les finances, l'agriculture, l'enseignement, le budget, etc.

La plupart de ses biographes disent que M. Cabart- Danneville a été décoré de la Légion d'honneur en 1870 pour faits de guerre. C'est une erreur: l'honorable sénateur n'a aucune décoration.

PIEF{I^E LiOTI (Liouis-JVIaPie- Julien ViflUD, dit)

..'cRiv-UN, ancien officier de marine, membre iè de l'Académie Française, ne à Rochefort Charente-Inférieure) le 14 janvier iSso. Issu d'une des plus anciennes familles protestantes de cette ville, il y fit ses études, puis entra dans la marine en 1867 et fit ses premières campagnes dans l'Océan Pacifique. Nommé aspirant de i" classe le is août 1870, il fut promu enseigne de vaisseau le 26 juin i87'; et lieutenant le 24 février 1881. 11 fit avec éclat la campagne du Tonkin, fut appelé à Rochefort alors que les hostilités n'avaient point cessé, et repartit bientôt pour l'Extrême-Orient. Il a été compris, en mars 1898, dans une mesure collective de réduction des cadres et placé alors dans la réserve de la Marine.

Au cours de ses voyages comme officier de marine, .^I. Julien Viaud fit un assez long séjour à la cour de la reine Pomaré, dans l'ile de Taïti. Cette souveraine, ne parvenant pas à prononcer les syllabes françaises du nom de son hôte, nomma celui-ci '< Loti /,, nom d'une fleur océanienne. C'est là l'origine de ce pseudonyme, aujourd'hui célèbre. Toutefois, M. Pierre Loti débuta dans les lettres par Asn\nit' (1877^ prétendu extrait des " notes d'un lieutenant de la marine anglaise au service de la Turquie, le 10 mai 1876, tué sous les murs de Kars le 27 octobre 1877 », paru sans nom d'auteur. lia donné depuis successivement: Raruhii, idylle polynésienne (1880), reparue dans la suite sous le titre de : le Mariage de Loti ; Fleurs d'ennui, souvenirs d'album suivis de : Pasquala Ivannvitch ; Voyage au Moitté)iégro ; Suléii/ia (18821; Mon frère Yves, roman qui obtint un succèsdes plus notables (1883V, les Trois Daines de la Kasbali, conte oriental (1884); Pêcheurs d'Islande, étude à la fois exacte et poétique des gens de mer, qui obtint à l'Académie Française le prix Vitetet fut traduite en allemand parla reine Elisabeth de Roumanie, connue en littérature sous le nom de Carmen Silva; Madame Chrysanthème, étude de mœurs japonaises qui eut plusieurs éditions illustrées {i8S-}j; Japoneries d'automne (1889); An Maroc, récit des impressions de l'auteur, qui fit partie d'une ambassade envoyée au sultan de ce pays 1^1890) ; le Roman d'un enfant (même année), où l'on a voulu voir une sorte d'autobiographie; le Livre de la pitié et de la mort (189 il ; Fantôme d'Orient I1892); Matelot (189^), autres scènes de la vie des gens de mer; le Désert; Jéru-

salem; la Galilée 1} vol. 1895'!, relations d'un voyage de l'auteur; Ramuntcho (1897); Figures et choses qui passaient, notes et critiques (même année), etc.

Plusieurs de ces livres ont été l'objet d'adaptations mises à la scène, notamment : Pécheurs d'Islande, pièce en 8 tableaux, musique de M. Guy Ropartz (Eden, 1892I. *

M. Pierre Loti a collaboré à divers journaux et revues : le Figaro, la Nouvelle Revue, la Revue de Paris, etc.

M. Pierre Loti, de qui l'on doit louer les qualités d'observation et de sentiment, et le style, qui est celui d'un poète, a été élu membre de l'Académie Française le 21 mai 1891, tandis qu'il se trouvait sur le Formidable, en rade d'Alger.

Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1887, M. Pierre Loti a été fait officier de ce même ordre

en 1898.

ClifllI^Ifl (Jules-Vietop-Geot^ges)

i:iNTRE, né à Paris le 11 septembre 1843.

M. Clairin reçut les conseils de Picot et de Pils, et fut, à l'Ecole des Beaux-Arts (18611, le condisciple de Henri Regnault, qu'il accompagna plus tard en Bretagne, en Espagne, au Maroc et sur le champ de bataille de Buzenval.

On a vu de M. Clairin les tableaux suivants aux Salons annuels de la Société des Artistes français: Episode du conscrit de iSi^ (1866) ; Brûleuses de varech en Bretagne; Pilleurs de la baie des Trépassés (1868); les Volontaires de la liberté, épisode de la révolution espagnole de 1868 (1869) ; Portrait deM"'Sarah Bernhardt [18-]^), qu'iint très commenté; le Massacre des Abencérages à Grenade; Un conteur arabe â Tanger (1874") ; Portraits (1877) ; Moïse ; le Fils de cheik (1878); Froujrou; Brûleuses de varech à la pointe du Raz (1882) : Après la victoire, ou les Maures en Espagne ( 188'^') ; les Funérailles de Victor Hugo (1887) ; Philippe IV et l'infante entrant dans la cathédrale de Burgos ; Monnet-Sully dans le rôle d'Hamlet (i88£); Intérieur d'église à Florence (iSS^); l'Armée française dans l'église Saint-Marc à Venise (1890) ; Espagne en 1^23 , Guerre du Communcros (1891); Portrait; Devant le palais ducal, Venise (1892); Portraits de Sarah Bernhardt dans '< Cléopâtre » et de Rose Caron dans « Salammbô » (1893); La dernière messe; Fantasia au Maroc (1894); Aoulcd Naiel au bain; Procession à Venise (1895) ; Sœurs de charité sur la lagune et Convalescents renlraitt,Yenise

(i8i)6) ; Une entrée ilii temple Je Louqsor pendant r/nûi/iliit/ou ; Soldats français aux ruines du temple de Karnak, Egypte (1897).

M. Clairin a travaillé à la décoration de l'escalier de l'Opéra, que Pils fut empêché d'achever par la inalndii- ; il v a fait aussi des plafonds et des panneaux. 11 a encore collaboré à la décoration du casino de Monte-Carlo.

Les œuvres de cet artiste se font remarquer par l'habileté et la précision du dessin, le coloris brillant et l'originalité de la conception. On lu' a reproché la sécheresse des mouvements de ses personnages et le manque d'harmonie entre les ombres et les lumières de ses tableaux; mais ces remarques n'empêchent point la critique et le public de faire généralement bon accueil à ses toiles.

Titulaire d'une médaille de 3° classe en 18S2, d'une de 2' en 1885, d'une médaille d'argent à l'Exposition universelle de 1889, décoré de la Légion d'honneur en 1888, M. Clairin a été promu officier en 1897.

BOISSO^INET (flndré-Denis-Alfped)

KNÉRAL et ancien sénateur, né à Sézanne (Marne' le iq décembre 1812.

Fils du maréchal de camp baron Bois- J^^ sonnet, il entra à l'Ecole polytechnique le 14 novembre 1832, en sortit, deux ans après, avec le grade de lieutenant du génie et fut successivement promu lieutenant le i" octobre 1836, capitaine le 25 novembre 1840, chef de bataillon le 5 février i8ss, lieutenant-colonel le 2s janvier 1860, colonel le 12 août 1864 et général de brigade le 27 octobre 1870. M. Boissonnet fit de brillantes campagnes en Algérie, à Rome et en Crimée où, aide de camp du général Bizot, il fut blessé en entraînant une colonne d'assaut à Malakofï et, une seconde fois, dans la tranchée. Sa belle conduite le fit nommer officier de la Légion d'honneur; en 1867, il fut promu commandeur. 11 commandait en second l'Ecole polytechnique, au moment de la guerre de 1870 ; il quitta ce poste pour devenir, dans l'armée du Rhin, chef d'étatmajor général du génie. Il assista aux divers combats livrés sous les murs de Met/, et fut fait prisonnier à la capitulation de cette ville, r.près avoir insisté, jusqu'au dernier moment, pour tenter une sortie désespérée.

Conseiller générai dès i8s6, le général Boissonnet se présenta comme candidat à l'Assemblée nationale, dans la Marne, lors d'une élection partielle, en

1871. Il se porta comme partisan des institutions et des idées politiques libérales et religieuses. 11 échoua, après une vive lutte, contre .^l. .\lph. Picart, candidat républicain.

Lors des élections sénatoriales du -,0 janvier 1876, il lut nomnié sénateur de ce département, le premier sur deux, par 396 voix sur 7S0 électeurs. 11 prit place au centre droit et vota avec la majorité monarchique. Membre du groupe spécial des sénateurs constitutionnels, il fut. lors de la scission de ce groupe, aux premiers jours de mars 1878, un de ceux qui ne furent pas d'avis de pousser à l'extrême la résistance à la politique républicaine du cabinetDufaure.il ne fut pas réélu au premier renouvellement triennal du s janvier 1879.

Il a présidé, pendant plusieurs années, le Conseil général de la Marne, dont il a été membre durant trente ans ; mais depuis 1886, il s'est définitivement retiré de la vie politique.

M, le général Alfred Boissonnet est vice-président de la Société de secours aux blessés que préside le général Davout.

Décoré de la Légion d'honneur le 20 juillet 1844, il a été promu grand officier le 18 décembre 1874. Il est, en outre, titulaire de plusieurs ordres étrangers.

COMPflVt^É (Jules-Gabfiel)

Jd.ministr.\teur, professeur, ancien député, né à Albi (Tarn), le 2 janvier 1843. Son père, employé àla préfectureduTarn,estrauteur à' Etudes historiques sur l'Albigeois.

M. Gabriel Compayré acheva à Paris, au lycée Louis-le-Grand,ses études, commencées en province. Entré à l'Ecole normale en 1862, reçu agrégé de philosophie en 1866, il professa successivement aux lycées de Pau, de Poitiers et de Toulouse puis, ayant pris le diplôme de docteur en 1873, il fut nommé professeur suppléant à la Faculté des Lettres de cette ville, où il devint titulaire en 1876. Chargé, dès l'ouverture de l'Ecole normale supérieure d'institutrices à Fontenay-aux-Roses (1880), d'un cours de pédagogie, il fut, à la même époque, membre des diverses commissions relatives à l'enseignement primaire et des principaux jurys d'examen pour la collation des nouveaux grades.

Candidat républicain , aux élections législatives générales du 21 août 1881, dans l'arrondissement de Lavaur, et élu par 7,014 voix, contre 6,236 données à M. Daguilhon-Pujol, député sortant bonapartiste,

M. Coiiipayrc, à la Chnnibre, s'occupn :icti veinent des discussions relatives à l'instmction publiiiue.

Porté aux élections générales du .\ octobre 1885, sur la liste républicaine du Tarn, il fut élu, le cinquième sur six, par 47,(130 voix sur 93,9'î2 votants. Nommé, le 14 novembre 1885, secrétaire de la Chambre, membre de la (Commission du Budget et rapporteur de celui de l'Instruction publique, il s'acquit, à la Chambre, une grande notoriété par sa compétence dans les questions d'enseignement.

.\1. CCompa\ré se représenta dans l'arrondissement de Lavaur, aux élections du 22 septembre 1889, laites au scrLiliii uninominal, et échoua au scrutin de ballottage avec 0,950 voix, contre 7,42s obtenues par .\1. Poulie, conservateur.

Nommé, en 1890, recteur de l'Académie de Poitiers, M.Compayré a été envoyé en la même qualité à celle de Lyon- en 1895.

Ses principales publications sont : ses thèses de doctorat (/)t' Riiniiiiulo SchouiJo ac itc Tlico]ogi\r iialtinilis libro, et Philosophie de David Hniiic^ '^73)1 dont la seconde fut couronnée par l'Académie Frani^aise ; une Histoire critique des doctrines de l'c'ducalloii en France [iS-jg, f édit. 1898), qui obtint le prix H<irdin au concours de l'Académie des sciences morales et polititiues de 1877. On lui doit aussi une traduction française de la Logique de Bain (1876). Il a écrit, pour les écoles primaires, des Eléments d'éducation civique (1881), ouvrage répandu à plusieurs centaines de mille exemplaires, malgré une bruyante condamnation prononcée par la congrégation de Vludex le 8 janvier 1883. Il a publié encore, dans le même ordre d'études: Instruction civique (1883); Histoire de la pédagogie (18841 ! Cours de pédagogie théorique et pratique (1885); une édition du Rapport de Coudorcet sur l'organisation deriustniclinn publique : un choix de l'ensées de Lokc sur l éducation ; l'Evolution intellectuelle et morale de Feu faut 1 i89'', , couronné par l'Académie Française); Yvan Galle, livre de lecture courante (1894, couronné par l'Académie des sciences morales et politiques). I.a plupart de CCS ouvrages ont été traduits en plusieurs langues. On lui doit aussi des articles insérés dans les revues et journaux, notamment dans la République Française, des Rapports, etc.

Décoré depuis le 12 juillet 1880, M. G. Compayré a été promu officier de la Légion d'honneur en r8i)î.

LiECOCQ (AlexandPe-ChaPles)

oMPosrrEUR de musique, né à Paris le 3 juin 1832. Lauréat du Conservatoire (1850-18S21, il se consacra d'abord au professorat et enseigna le piano.

En 1857, M. Ch. Lecocq fit représenteraux Boulles- Parisiens une pièce reçue au concours : le Docteur Miracle. Il donna ensuite aux Folies-Marigny et aux Folies-Nouvelles un certain nombre de pièces qui furent bien accueillies : le Baiser à la porte, Liline et Valentin., les Oudines au Champagne, le Cabaict de Raniponneau; puis, au Pahiis-Ro)al : le Myosotis (mai 1866). Il trouva un réel et grand succès avec Fhur de Thé, opérette-boufle en 3 actes (Athénée Comique, avril 1868), qui eut plus de cent représentations; ensuite, il fit jouer les Cent Vierges, opéra-boulïe en 3 actes (^Bruxelles 1871, reprise à Paris, aux N'ariétés, 1872) ; la Fille de Madame A ngot, opérctte-boufïe en 3 actes, représentée pour la première fois à Bruxelles le 4 décembre 1873, puis aux Folies-Dramatiques le 21 février 187=,, où elle tint l'affiche pendant quinze mois consécutifs; qui, par la suite, donna lieu à d'innombrables reprises à Paris, en province et à l'étranger, et qui est bien l'un des plus beaux succès de théâtre du siècle.

M. Lecocq a produit, en outre, une série d'œuvres musicales sur des livrets de MM. Halévy, Meilhac, Nuitter, Beaumont, Chivot, Duru, Vanloo, etc., qui furent jouées h la Renaissance, aux Nouveautés, aux Boufîes-Parisiens et aux Folies-Dramatiques. Parmi ces œuvres, nous citerons : Girojlé-Girofla [Renahsance, 1874); lesPrés Saint-Gervais (Yanétés, 1874); ]q Pompon (Folies-Dramatiques, novembre 1875); la Petite Mariée (Renaissance, novembre 1875) et, au même théâtre : Kosilti (octobre 1876), la Marjolaine (février 1877), et le Petit Duc (janvier 1878); la Caniargo (1878); la Petite Mademoiselle (avril 1879); \.\ Jolie Persane (octobre îS-]i)):Janot (janvier 1881); la Jour et la Nuit (novembre 1881); le Cœur et la Main (Nouveautés, 1882); la Princesse des Canaries (^Fol. Diam., 1883); VOiseau Bleu (janvier 1884); Plutiis (Op. Com., i8S:^ ; les Grenadiers de Montcornette (Bouffes, 18871 : la Volière (Nouveautés, 1888); Ali-Baba,[K\\\a.mh\A de liru.xelles, 1887, Eden, ï%%^]; V Egyptienne (Fol. Dram., 1890); Nos bons Chasseurs (Nouv. Théât., 1894); Ninette Boulïes, 1896).

M. Lecocq a écrit en outre vingt-quatre compositions intitulées : Miettes musicales, des mélodies et

des chansonnettes : Lettre d'une eoiisiiw à son cousin, A Ninon, Fables de la Fontaine, tic, et deux opérascomiques non représentés : le Chevrier et Renia.

M. Ch. Lecocq est chevalier delà Légion d'honneur depuis le i"" janvier 1894.

ÊOISSIEt^ (Mafie-Iiouis-Gaston)

^iTTÉRATKUR ct profcsseur, membre de l'Institut, secrétaire perpétuel de l'Académie Fran-

f- ^ çaise, né à Nîmes le 15 août 1823. Il com- ^ mença ses études au lycée de cette ville et les acheva à Sainte-Barbe et à Louis-le-Grand, à

Paris.

M.Gaston Boissier entra à l'Ecole normale en 1843 ; reçu agrégé des classes supérieures en 1846, il fut nommé professeur de rhétorique à Angouléme, puis à Nîmes, où il exerça dix ans. Docteur en 1856, il fut appelé à Paris, l'annéesuivante, comme professeur suppléant de rhétorique au lycée Charlemagne. Chargé bientôt de suppléer M. Havet au Collège de France, dans la chaire d'éloquence latine (1861), puis nommé maitre de conférences à l'Ecole normale ( i86s 1, il fut appelé, la même année, à suppléer Sainte-Beuve, pour le cours de poésie latine.

M. Gaston Boissier a été élu membre de l'Académie Française, le 8 juin 1876, en remplacement de Patin, et nommé secrétaire perpétuel de cette assemblée en remplacement de Camille Doucet (189s'!. Il a été également admis à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en remplacement de Léon Renier, le 22 janvier 1886. 11 a épousé une fille d'Eugène Burnouf.

iM. Gaston Boissier a publié : le Pacte Al tins et Plante, thèses de doctorat (1856) ; une Elude sur Tcrenlius Varron (18S9), qui obtint le prix Bordin à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; Ciccron cl ses amis, élude sur la sociélé romaine au temps de César (1866, 2" édit. 1872, f édit. 1892, 4' édit. 1890, ouvrage couronné par l'Académie Française); la Religion romaine d'Auguste aux Autonins (1874, 2" édit. 18781 ; L'Opposition sous les Césars (187s, 2° édit. 188^); Promenades archéologiques, Rome et Pompéi [iSSo) ; Nouvelles promenades archéologiques, Horace ct Virgile (1886, 2' éd. 1895); Madame de Sévigiié (dans la collection des classiques français, 1887); la Fin du Paganisme (1894). On lui doit aussi plusieurs séries d'articles d'histoire ou de critique littéraire dans la Revue des Deux-Mondes, la Revue de V Instruction publique, etc.

Décoré de la Légion d'honneur en 1863, il a été promu officier le 15 janvier 1879, commandeur le 21 décembre 1888 et grand-officier en 1896.

BOOmiilEt^ (ppaneisque)

^jji^^ROFESSEUR, membre de l'Institut, né h Lyon J^l^^ le 12 juillet 1813. II commença ses études au "^ collège Stanislas de Paris, les acheva à Lyon, fut admis à l'Ecole normale en 1834 et reçu le premier, en 1857, à l'agrégation de philosophie.

Nommé professeur de philosophie à Orléans, M. Bouillier fut reçu docteur en 1839, avec une thèse intitulée : La légitimité de la faculté de connaître. Professeur à la Faculté de Lyon la même année, il obtint, en 1841, avec son Histoire du cartésianisme, le prix de l'Académie des Sciences morales et politiques, qui, l'année suivante, l'admit comme correspondant.

M. Bouillier a été membre du Conseil municipal de Lyon de 1840 à 1848. Nommé doyen de la Faculté à la fin de cette dernière année, il devint, en 1856, président de l'Académie impériale de cette ville. II a été nommé inspecteur général en 1865, membre du Conseil de l'Instruction publique le 18 août 1866, et directeur de l'Ecole normale supérieure le 24 octobre 1867. 'Il abandonna ces fonctions, en 1872, pour reprendre celles d'inspecteur général de l'Enseignement secondaire. Il a été mis à la retraite, avec le titre d'inspecteur général honoraire, le 10 février 1879.

M. Bouillier a été élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, le 11 décembre 1875, en remplacement de Rémusat.

11 a publié : Histoire ct critique du cartésianisme {1842), développement de son mémoire couronné; Théorie de la raison impersonnelle (184=,) ; Histoire de la philosophie cartésienne (1854, 2" édit. 1867); De l'unité de l'âme pensante ct du principe vital (1858); Du principe vital et de l'âme pensante, etc. (1862); Du plaisir ct de la douleur (1865, 3° édit. L 1885,1; ^^ ''' conscience en psychologie et en morale ' (1872) ; Morale et progrès (1875) ; L'ancien conseil de r Université ct le projet de loi de M. Ferry (1879); l'Université sous M. Ferry (1881); la Vraie conscience (1882); Etudes familières de psychologie et de morale (1884); Nouvelles études familières (1887! ; Questions de morale pratique (1889); Notions d'histoire et de philosophie (1895); Souvenirs d'un vieil universitaire (1897). 11 a traduit de l'allemand : De la religion dans leslimiles delà raison, de Kant (iS42),avec M. Lortet;

Mctliodc pour arriver à la vie bioilieitrense, de Fiehte (184^) ;et Nouveaux essais sur L'entendement hiintain, de Leibnitz (188^). Il a collaboré à la Liberté de penser, au Dietiounairc des seienccs philosophiques, d'Ad. Franck, etc.

Décoré de la Légion d'hqnneur le 6 mai 1846, il a été promu officier le 14 août 1867.

BIf4GEf? (Liouis-Custave)

EXPLORATEUR, publiciste, administrateur, officier, né à Strasbourg, le 14 octobre 1856. Après avoir fait de solides études classiques en Alsace, il s'engagea volontairement, le 15 octobre 1874, au ao° bataillon de chasseurs à pied et non dans l'infanterie de marine, comme le dit M. Vapereau, dans son Dictionnaire des Contemporains. Plus tard, il passa dans ce corps et y devint sous-lieutenant au 4"' régiment, le lo octobre 1880, lieutenant, le 2=, mai 1883 ; il fut nommé capitaine, le 19 juin 1888 et démissionna en 1893.

Resté, pendant ces huit années consécutives, dans nos possessions africaines, il prit part à plusieurs expéditions. M. Binger profita de son long séjour dans ce pays, pour étudier l'histoire, la géographie et les langues des peuplades indigènes. Aussi, fut-il chargé de plusieurs missions scientifiques au Sénégal et dans le Soudan français, au retour desquelles il publia des études très remarquées, sur la langue Bambara ( i88i-i886 1, qui le désignèrent au choix du général Faidherbe, comme officier d'ordonnance.

A cette époque, le gouvernement confia à M. Binger l'importante mission d'explorer toute la partie des terres africaines comprises dans la boucle du Niger, du Soudan français au golfe de Bénin. Il partit de BordeaLix , le 20 février 1887, débarqua à Dakar, remonta le Sénégal pendant quatre cents milles, pénétra dans la boucle du Niger d'où il gagna, ensuite, la partie la plus ignorée de cette région de l'Afrique. Escorté de huit nègres, suivi de dix-huit ânes, portant des marchandises de médiocre valeur, muni, seulement, de trois fusils et de quatre pistolets à pierre, il parcourut, intrépide pionnier, pendant plus de deux ans, avec des difficultés sans nombre, cette région du continent africain. Il étudia, dans ce pays, les langues, les mœurs et les coutumes de populations, formant de nombreuses familles ethnographiques, parlant des idiomes n'ayant, souvent, que quelques vagues ressemblances éthymologiques et compliqués de dialectes locaux. Grâce aux observations géogra-

phiques et topographiques que rapporta, de son longvoyage, M. Binger, il fut possible d'établir des cartes, qui n'avaient jamais été dressées, de cette partie de l'Afrique. Dans une longue série d'itinéraires, dont plus de quatre mille développés à la boussole, il recueillit, sur les contrées qu'il traversa, tous les renseignements propres à nouer, avec les peuples indigènes, des relations commerciales et ne laissa, sur son passage, que de sympathiques souvenirs. Au mois de mai 1889, il débouchait, heureusement, au golfe de Guinée, au bout de 28 mois de tribulations. M. Binger signa avec les principaux chefs, notamment avec celui des Etats de Kong, un certain nombre de traités, qui placent leurs territoires sous le protectorat de la France et relient ainsi nos possessions du Sénégal au golfe de Guinée, jetant les bases d'un immense empire soudanais.

Qtielque profit, dit un de ses biographes, que l'avenir puisse tirer de ce merveilleux agrandissement de notre territoire colonial, par l'action d'un seul homme, une telle exploration a été justement considérée comme le plus beau triomphe pacifique de la conquête du Continent noir.

A son retour, il fut, pendant un an, officier d'ordonnance du général Février. Il publia le résumé de son long voyage dans le Tour du Monde, et le récit complet dans un magnifique ouvrage en deux volumes.

Nommé plénipotentiaire pour fixer la frontière entre la Côte d'Ivoire et l'Achanti (1891-1892), M. Binger fut choisi, au commencement de 1893, comme gouverneur de la Côte d'Ivoire, dont il a su faire, avec les propres ressources de la colonie, sans subvention métropolitaine, une colonie qui, à juste titre, figure parmi celles qui donnent le plus de satisfaction à la France.

Ses brillantes qualités l'ont fait désigner , en décembre 1896, pour présider à la direction des affaires d'Afrique au ministère des Colonies. Depuis cette époque, il a été l'un des délégués à la Commission franco-allemande, pour délimiter les sphères d'influence entre le Dahomey et le Togo, et a été appelé, au même titre, à faire partie de la Commission franco-anglaise (1897-1B98).

M. Binger a fait un nombre considérable de conférences très remarquées ; il est lauréat de toutes les sociétés géographiques et scientifiques de France et de l'étranger.

Il a donné en librairie : les Voies commerciales dans le Soudan occidental (1885) ; Essai sur la langue Bambara (1886) ; Langues sénégalaises, en collaboration avec le général Faidherbe (1886) ; Du Niger

dii fi'dl/'i' </(' Giiiiic'c \ 1)^89-181)01; Du N/oiT ,111 jiiiilfr lit' Giiiiur, par le pays de Kong et le Mossi (2 vol., ouvrage couronné par l'Académie française, 1892) ; Esclavage, Islamisme el Christianisme (1893); Comme ni on devient explorateur (^18981.

Titulaire de la grande médaille d'or de la Société de géographie de Paris, M. Binger est officier de la Légion d'honneur depuis i<S92.

FHBÏ^E des ESSflî^TS (Liéonee- Eugène-tJoseph)

^oÈTE, publiciste, né à Aouste (Drômei le 19 mars 1848. Il appartient à une ancienne '(^ famille légitimiste très connue dans cette région. Fils d'un administrateur desfinances, Léonce Fabre des Essarts fit ses études au séminaire d'.\utun, puis au collège de Pontlevoy \Loir-et-Cher). 11 entra bientôt dans la carrière universitaire et devint professeur de grammaire, en i86s, au collège d'Avallon. Répétiteur à Lyon en 1870, il quitta ces fonctions pour devenir, deu.x ans plus tard, professeur de philosophie au collège libre de Forcalquier et dirigea l'école professionnelle de Nice en 1878. Sur ces entrefaites, il épousa la nièce du compositeur Louis Lacombe.

Peu de temps après, il quitta l'enseignement pour entrer au ministère de l'Instruction publique. De 1886 à 1889, M. Fabre des Essarts fut secrétaire de M. Andrieux, ancien préfet de police et député, qui, s'associant à Numa Gilly dans sa. campagne antiparlementaire, l'envoya en mission auprès du député de Nîmes. M. Fabre des Essarts rapporta de ce voJMge un livre : les Dessous de l'affaire Gilly (1888), qui fit beaucoup de bruit. Enfin en 1888, lors de l'inauguration officielle de la statue de J.-J. Rousseau, place du Panthéon, il prononça un discours, qui fut jugé subversif par le gouvernement. Considéré alors comme boulangiste, bien que ce discours même contint une sortie violente contre le césarisme, il dut donner sa démission à la suite de ces faits et ne réintégra son poste qu'en 1898.

Aux élections générales législatives de 1889, il fut candidat républicain socialiste dans le Var contre M.Cluseret, en faveur de qui il se désista finalement.

M. L. Fabre des Essarts a publié notamment : Ysenlt, poème (1872); Humanité , recueil de vers (1883) ; Pour tous les âges, nouvelles (1885) ; Dnpleix et l'Inde française, étude historique (1888) ; la Chan-

son des eonlenrs, vers (1890) ; l'onr lui. vers 1 18941 ; les Hiérophantes, étude sociale et religieuse sur certains hommes du xi.x'' siècle (18981, etc.

11 a écrit en outre de nombreuses brochures politiques, littéraires et morales, et a collaboré notamment: à V Estafette, à l'Opinion, au Mot d'Ordre, aux Matinées espagnoles , à l'Initiation , au Journal des A) listes, où il publia des articlessur l'architecture, etc. 11 a donné, en 1897, une série de conférences très suivies, à la salle Rudy, sur les Vieux Maîtres en musique, avec la collaboration musicale de M. Daniel Fonteneau.

M. Fabre des Essarts, qui s'occUpe des questions religieuses et mystiques, a collaboré à la reconstitution de «■ l'Eglise gnostique «, avec M. M. Papus, Serge et Sédir. 11 est même un des grands dignitaires de cette église et signe parfois ses écrits mystiques " Patriarche gnostique et primat d'Albigeois*.

Partisan de la paix universelle, il a pris plusieurs fois la parole au Congrès de 1889.

M, Léonce Fabre des Essarts a été plusieurs fois couronné au concours des Jeux floraux de Toulouse et de Sceaux. Le 2 août 1897 sa pièce de vers à Bancel a été dite aux fêtes de Valence devant le président de la République. 11 est officier d'Académie.

tJEBlEflrlE (floémi)

§i'.L'i,PTEUR Statuaire et peintre, née à Moulins (Allier) le 21 mai 1870. Elle vint à Paris de bonne heure et, dès 1891, étudia la sculpture sous la direction de M. Marquetde Vasselot.

Dès l'année suivante, la jeune artiste débutait, au Salon des Champs-Elysées, par deux envois très remarqués : Ma Mère, buste marbre, et Hésitation, statuette marbre, qui lui firent décerner une mention honorable (1894).

M"'Noémi Debienne a exposé, depuis cette époque, à la Société des Artistes français : Bacchante, statue plâtre, qui représente Erigone, fille d'Icarius, enlevée par Bacchus changé en grappe de raisin pour la séduire (iSgs); Désespoir, statue plâtre; Erigone, statue marbre (1896'!; Fleur d'été, grande statue plâtre; iVadeyda, buste marbre; deux œuvres qui obtinrent un grand succès (1897); M.J.-A. Belicres, buste bronze ; Portrait de l'auteur, buste marbre ^18981.

Cette artiste, très appréciée comme portraitiste, a produit aussi d'autres bustes de nombreuses personnalités piarisiennes et américaines.

Peintre de talent, M"" Noémi Debienne n'a jamais tiivoyé de toiles à aucune de nos expositions; mais ses k'/iii/r.s Je' un et ses Portriiits ont attiré l'attention des connaisseurs et des artistes.

LtAFOf^CE (Théophile-Édouand)

-^S'^^ioi.oNisTE, né à Paris le 6 mars 1861. Doué, dès l'enfance, de merveilleuses dispositions

pour la musique, il entra comme élève au Conservatoire national et y suivit les classes de Garcin et de Sauzay.

Sorti, en 1886, après avoir remporté brillamment un premier prix de violon, cette même année, M. Théophile Laforge se produisit d'abord dans les grands concerts de Paris, où il se fit rapidement remarquer par sa grande virtuosité, comme violoniste et altiste.

Successivement attaché au.x concerts Lamoureux et Colonne, soliste à la Société des concerts du Conservatoire et à rOpéra, nommé violon solo des concerts de l'Opéra, violon solo au.x concerts d'Harcourt, M. Théophile Laforge a acquis une grande notoriété parmi les instrumentistes contemporains, grâce à son style large, draniatique, à la justesse de son jeu classique et très élégant à la fois.

Nommé professeur au Conservatoire, en 1894, M. Théophile Laforge a créé la classe d'alto dans cet établissement et y a obtenu les meilleurs résultats.

Ce remarquable artiste est officier d'Académie depuis 1888.

Gl^OSIAl^ (Paul-ChaPles-Iaéon)

f0M.\NCiER, journaliste, né à \ancy iMeurtheet-Mosellei en novembre 1870. Il fit ses études au lycée Charlemagne et au collège de Juilly, chez les Oratoriens, et débuta à Paris dans le journalisme.

Collaborateur à la Petite Presse, sous la direction de Maxime Paz (1891-1893), à l'Echo de Paris, où il fut attaché au service des théâtres (189'i) et à la (Jthiiriie (1896 et 971, où il fut chargé du courrier des théâtres, M. Paul Grosian se fit tout de suite remarquer, dans ces diverses feuilles, par ses qualités d'observateur et d'analyste. Il a collaboré en outre à divers autres journaux : le Journal Je St-Denis, VEcho du Monde Elégant, le Libre, etc.

.M. Grosian a fait paraître en librairie: Un Homme (i vol 1898), ainsi apprécié par un critique :

Œuvre palpitante, puissante, passionnelle, d'une psychologie siire et hardie. C'est là un livre de haute idée et de beau langage, une de ces œuvres qu'il importe de signaler. L'action en est d'un intérêt toujours soutenu. A côté des principaux caractères dont l'analyse est menée avec une rare maîtrise, des personnages bien vivants sont marqués en traits brefs et décisifs. Plusieurs «'y reconnaissent, dit-on ; peut-être... Est-ce parce qu'ils sont réels ou bien simplement symboliques ? M. Grosian a, en ces 300 pages, su s'élever d'un coup à la hauteur d'une belle synthèse. f'Le Figaro).

On annonce encore de lui : C'était une fille, autre roman, et la Race, drame en vers, en collaboration (1898).

M. Paul Grosian est chevalier du Nicham el Aouar depuis 189^.

Gflt^DY (Eugène-Benoist)

r.iNTRK-DiicoRATEUR de théâtres, né à Paris le 2^! avril 18=^6. Elève de Lequien et Robecchi, '(9 il entra dans l'atelier de ces maîtres en 1874, pour y rester jusqu'en 1888.

Associé alors avec M. Amable, M. Gardy monta avec lui, au théâtre de lOpéra : Samson et Dalila, le Mage, Salambâ, Othello, et, à l'Opéra Comique : Esclarmonde, Dimitri, la Basoche, etc. En 1895, il s'établit seul.

Parmi les décors exécutés depuis par lui, il faut citer ceux : deV Hôtel du Libre-Echange, de la Tortue (2 tableaux), de Mignonette ; des Petites Folles et des Erreurs du Mariage pour le théâtre des Nouveautés; de l'As de Trèfle (2 tableaux), du Train n" 6\ i tableau'i, pour l'Ambigu; du i"actede^?< bonheui des Dames, pour le Gymnase, du 2' acte du Chevalier aux Fleurs, pour les Folies-Marigny; de Panurgc (s' acte\ de la Mascotte, de la Poupée, de Mam^clle Quatre-Sous et de la Jolie Parfumeuse, pour la Gaité; des Mauvais Bergers, le s" ac'e de la Ville Morte, pour la Renaissance, etc.

Chargé de restaurer le matériel du théâtre du Capitole de Toulouse, il y a monté deux opéras en entier : Ascanio et Guernica.

Cet artiste est encore l'auteur des décors de trois pièces à spectacle : Venise, Constantinople et l'Orient, pour l'Olympia de Londres et de trois petites pièces pour le Théâtre Critérium, également à Londres. Il a encore fait des décors pour les théâtres de Chicago, Washington et Philadelphie.

M. Gardy est officier d'.Vcadémie depuis 1894. —.r y .r--*

BEflUQUlEf^ (Charles)

Mttkrateur et député, né à Besançon le 19 décembre 1833. Son droit achevé à Paris, il entra à l'Ecole des Chartes en 1854 et obtint Y ^ le diplôme d'archiviste-paléographe.

M. Beauquier, tout d'abord, fit en même temps de la critique musicale et du journalisme politique.

Nommé sous-préfet de Pontarlier le 6 septembre 1870, il donna sa démission après la signature de la paix, collabora aux journaux républicains du Doubs, et devintconseillergénéraldece départementen 1S71; rédacteur en chef de la FratcniiL', de Besançon, il fut élu conseiller municipal de cette ville en 1873.

M. Beauquier se présenta à une élection législative partielle, le 11 avril 1880, dans la i'" circonscription de Besançon, comme radical, et fut élu au second tour, le 2^ avril, par 3,989 voix contre 3,^60 obtenues par M. Ordinaire, candidat républicain modéré. Il donna sa démission de conseiller municipal et de conseiller général. A la Chambre, il siégea à l'extrême gauche, vota avec le parti radical et présida les banquets des amnistiés de la Commune en juillet et août 1880.

Réélu, le 4 septembre 1881, au scrutin de ballottage, par 4,162 voix, contre 4,135 données à son ancien concurrent, M. Beauquier, en 1885, passa le dernier de la liste républicaine du Doubs, le 4 octobre, avec 35,409 voix sur 64,794 votants.

Aux élections générales du 22 septembre 1889, au scrutin d'arrondissement, la i'" circonscription de Besançon le renvoya à la Chambre, au ballottage, par 4,2=18 voix contre 3,817 données à un autre candidat républicain, M. Alvizet de Maizières. Il vit son mandat renouvelé en 1893, par 3,949 suffrages contre 4,380 obtenus par deux concurrents.

A la Chambre, le député du Doubs a voté généralement avec le parti radical. Il présenta dans la législature 188S-1S89 un projet tendant à la suppression des titres nobiliaires héréditaires et à leur remplacement par des titres achetés à l'Etat, proposition qui fut repoussée. Il a été membre de plusieurs commissions et s'est particulièrement occupé des questions budgétaires, de douanes, administratives et de décentralisation.

M. Beauquier a publié : Notice historique et pittoresque sur le Raincy (1865, in-8) ; Pliilosoptiie ite la musique (i86=), in-i8); les Dernières caiiipagnes dans VEst (187s, in-i8); Le Drame et la Musique (1877, in-i8j. 11 a donné une édition annotée du Théâtre de

Beaumarchais (1872, 2 vol. in-i6|. Président de la Société des Traditions populaires, il a fait paraître en outre un recueil de Chansons populaires de Franche-Comte (paroles et musique , et des brochures : le Blason populaire de Franche-Comte ; la Déclaration de fortune, autre/ois, au/ourd'hui.

Bflt^BlEl^ de MEYlSlAf^t) (ChaMes« fldPien-Casimip)

RiENT.\LiSTE, membre de l'Institut, né à Marseille le 6 mars 1826. Attaché d'abord à la direction politique du ministère des Affaires étrangères, puis à la légation de France en Perse, M. Barbier de Meynard devint plus tard professeur de turc à l'Ecole spéciale des langues orientales vivantes et fut nommé, en outre, professeur de langue persane au Collège de France, en remplacement de M. Mohl (1876). Sur sa demande, il fut transféré, le 9 janvier 1885, à la chaire de langue arabe du même établissement. Il a été nommé, le 12 mars 1898, administrateur de l'Ecole des langues orientales.

M. Barbier de Meynard a été admis à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en remplacement du baron de Slane, le 29 novembre 1878.

M. Barbier de Meynard a publié : un Dictionnaire géographique, historique et littéraire de la Perse et des contrées adjacentes, extrait du Mo' dj em-el-Bouldan de Yaquout, et complété à l'aide de documents arabes et persans; Description historique de la ville de Kaivên, extraite du Tarikhé-Gniideh, de Hamd- Allah-Mustofi Kazvini; Extraits de la chronique persane d'Hcrat; Notice sur Mohammed ben Hassan Ech-Cheibani, jurisconsulte hanéfite ; Tableau littéraire du Khorassân et de la Transoxione au IV siècle de l'hégire (1861); Ibrahim, fils de Mehdi, fragments historiques (1869); le Seid Himyarite (1875). Il a donné, en collaboration avec M. Pavet de Courteille, le texte et la traduction française des Prairies d'or de Maçoudi. Il a traduit et annoté : le Livre des routes d'Ibn-Khordadbeh. piuis une série de Comédies de MirzaFêth-Ali, traduites du turc en persan ( i885,in-i8 ,; le Verger du poète Sadi, et divers ouvrages littéraires ou moraux d'écrivains arabes ou persans. On lui doit, en outre, un Dictionnaire turc français (1885- 1887), et une notice sur James Darmesteter {i8^i\). M. Barbier de Meynard, décoré de la Légion d'honneur en 1867, a été promu officier le 31 décembre

JiT^ Edmond ADRJW, (née Juliette liflMBER)

'cRivAix, née à Verberie (Oise) le 4 octobre

<V Fille d un médecin, elle épousa, d abord, '^) M. La Messine et signa de son nom de femme, « J. de la Messine », la première édition de ses Idées antiproitdhouicnnes sur raiiioiir, les femmes ei le mariage {i8'y8, in-i8) ; cet ouvrage a été réimprimé depuis sous le nom de Juliette Lamber, qui est sa signature littéraire la plus connue. Elle devint, plus tard, la femme d'Edmond Adam, préfet de police en 1870, député de Paris en 1871, sénateur inamovible, mort en 1877.

M'"" Adam, après son second mariage, s'occupa beaucoup de politique, en même temps que de littérature. Son salon devint un véritable centre parlementaire, où s'organisa, en partie, la résistance républicaine au mouvement réactionnaire du 16 mai 1877.

En 1879, pour avoir un organe à elle. M""-" Edmond Adam fonda la XoiivcUc Revue ; tout en dirigeant cette publication, elle y écrivit régulièrement des Lettres sur la politique extérieure. On lui attribua, en outre, les Etudes sur les Sociétés étrangères, publiées dans cette revue sous le pseudonyme de « comte Paul Vasili » et qui furent réunies ensuite en volumes, soits des titres particuliers ; ces ouvrages ont fait sensation à l'étranger et donné lieu à de vives discussions.

yV"" Edmond Adam, malade, abandonna la direction de la Nouvelle Revue à la fin de 1886 ; mais elle reprit cette direction en 1889 et ne l'a plus quittée depuis.

M'"" Adam a, par ses écrits et son influence, grandement aidé à la conclusion d'une alliance entre notre pays et la Russie.

On connaît de « Juliette Lamber >/, depuis les /i/cl's auliproudlionienncs, les ouvrages suivants : Blanche dcCoucy ; L'Enfance ; La Chenille et la violette, etc. (18^8) ; Garibaldi , sa vie, d'après des documents inédits (iSijç) ; Mon village ; le Mandarin ; la Papauté (1860) ; Récits d'une paysanne \i%()i, rééd. 1885 et 1897); 'Voyage autour d'un grand pin (1863); Dans les Alpes, nouveaux récits (1867) ; V Education de Laure (1868) ; Saine et sauve (1870) ; Récits du golfe Juan, nouvelles ; le Siège de Paris, journal d'une Parisienne (1873) ; Jean et Pascal (1876) ; Laide {iS-]S) ; Grecque [iS-]^) ; Galathée, adaptation d'un drame historique de Basiliadis, représenté sur

le théâtre des Nations, le 22 décembre 1880 ; des études sur les Poètes grecs contemporains (1881) ; la Chanson des nouveaux époux (1882, publication d'un grand luxe typographique); Païenne (1883); la Patrie hongroise, souvenirs personnels (1884) ; Coupable, comédie en un acte (1885) ; le Général Shobelc(f (1886) ; Jalousie de jeune fille (1889''. La série des études du '< comte Paul Vasili u, sur les sociétés étrangères, comprend : la Société de Berlin (1884) ; la. Société de 'Vienne; la Société de Londres {iSS^)\ la Société de Saint-Pétersbourg ; la Société de Madrid (1886); la Société de Rome (1887); la Société de Paris: le Grand Monde, le Monde politique {iSH-j- 1888, 2 vol.). On a, sous le même pseudonyme : la Sainte Russie (1884). M'"" Edmond Adam a enfin publié sous son nom de femme : Types et paysages de Hongrie (18^^) ; la Patrie portugaise (1896).

BOflHEUt^ (M" IWaPie-Rosalie, dite f^osa)

EiNTRE, née à Bordeaux le 22 mars 1822. Elève j^ de son père, Raymond Bonheur, artiste de

mérite, mort en 1853, ^'^"° Rc)sa Bonheur

.j.— débuta au Salon de 1841 par deux petites toiles: Deux lapins et Chèvres et moutons. Elle donna ensuite, aux Salons annuels : des Animaux dans un pâturage; le Cheval à vendre; des Chevaux sortant de l'abreuvoir; des Chevaux dans une prairie; des Vaches an pâturage; la Rencontre; un Ane;les Mousquetaires; le Labourage; un Troupeau cheminant ; le Repos; une Etude d'étalons ; une Nature morte; une Etude de chien courant; le Meunier cheminant ; le Laboureur nivcrnais lau Luxembourg). Toutes ces toiles ont été produites de i8.)2 à 1850.

En 1849, M'" Rosa Bonheur avait été chargée de diriger l'Ecole gratuite de dessin pour les jeunes filles. Elle est demeurée fort longtemps à ce poste et est restée directrice honoraire de l'Ecole.

Cette artiste s'est fait une très belle réputation de peintre des animaux et de la vie rustique; ses œuvres ont été achetées surtout à l'étranger, en Angleterre notamment.

Donnons une mention spéciale aux œuvres suivantes de M"" Rosa Bonheur, qui sont des plus connues : Marché aux chevaux (i8')3); Fenaison en Auvergne (Exp. univ. 1853) ; dix toiles envoyées à celle de 1867 : Moutons au bord de la mer ; Berger béarnais ; Une Barque ; Bonrriquaire aragonais ; Cerfs traversant un espace découvert ; Ra{{ia

so —

(Ecosse); Clicvrcnils ivi repos; Poneys; Berger écossais.

Pendant la guerre de 1870-71. elle fut, disent ses biographes, à Fontainebleau où elle habitait, l'objet d'attentions et d'une protection spéciale de la part du prince royal de Prusse.

Vers cette même époque. M"" Rosa Bonheur cessa à peu près complètement d'exposer en France et envoya ses œuvres à l'étranger. Il convient de louer, parmi les toiles qu'elle y montra, celles exposées, en 1879, à Anvers: Un Parti de fourragenrs et, en 1882, à Londres : le Lion eJie{ lui.

Elle a envoyé à différentes reprises, aux Salons, des œuvres de sculpture , qui n'ont pas été très appréciées.

M'" Rosa Bonheur a obtenu aux Salons : une 3"= médaille en 184,, une i" en 1848, une autre en i8=;=j et, à l'Exposition universelle de 1867, une médaille de 2" classe. En 1868, elle a été nommée membre de l'Institut d'Anvers, et décorée de l'ordre de Léopold de Belgique en 1870. Chevalier de la Légion d'honneur en 1865, elle a été promue officier en 1894.

fcuLPTEUR, frère de la précédente, né à Bordeaux le is mai 1827. Comme sa sœur, M. I.

Bonheur reçut des leçons de peinture de son père ; mais il s'est fait connaître plutôt comme statuaire, avec des groupes d'animaux, principalement.

Au Salon de 1848, il envoya, comme peintre et comme sculpteur, le même sujet: Combat d'une lionne et d'un cavalier africain.

Il abandonna, de suite, la peinture et n'a plus envoyé depuis, aux Salons, que des travaux de sculpture, parmi lesquels nous citerons : Cavalier chassant nn taureau ; Zèbre attaqué J<ar une panthère, études en plâtre (1853) ; Etalon arabe, étude en cire ; Hercule et les chevaux de Diomède, groupe en plâtre (1855); un Taureau et un Ours; Vache défendant son veau (1857) ; Jument et son poulain; Chien et Brebis {i%'y()); une C/îf^w/H^f, marbre (1861); Jument anglaise montée par nn Jocley, plâtre ; Etalons anglais, hronzs. (1863); Enfants et Chiens, un Jockey (1864) ; Taureau (1865) ; Cheval anglais; Postillon (1866) ; Dromadaire ; Tigre royal (1868); Lionne et ses petits, bronze (1869) ; Bwuf et Chien, groupe plâtre (1870) ; Jument et poulain (1872) ; Pépin le

Bref dans Varèue, groupe plâtre (1873) ; Deux têtes de chien courant et de chien d'arrêt (1875) ; un Lion. plâtre (1876) ; le Dénicheur de Tigres, statue plâtre (1877); Cheval de course et Cheval de manège (1878) ; Porte-étendard de l'époque de Henri II ; Saut de la haie (1884) ; Cerf faisant tête (1885) ; Trompette de l'époque de Louis XllI (1886) ; Juments ; Relais de chiens (1889) ; Taureaux de combat espagnols (1891} ; Cuirassier et Chasseur d'Afrique, statuettes bronze argenté (1892); Cerf : Sanglier coiffé (1894); Chienne de berger ; Cavalier Louis XV (1896) ; Jeu de Polo (1897) et de nombreux groupes d'animaux, sous divers titres.

M. I. Bonheur a obtenu deux médailles aux Salons de 1865 et de 1869 et une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889. Il a été décoré de la Légion d'honneur, en 1895.

LtÉH d'fll^IEli (M"' Cl^OZE-du-PUY, née Ht/GE]^Ef{, dite)

Î^SS«Rrnai-T. d'art, chroniqueur et romancier, née lii' ^ Lyon en 18=^3. Fille d'un docteur en médecine, petite-fille du célèbre docteur du Puy, veuve d'un honorable fonctionnaire, ce n'est qu'après s'être entièrement consacrée à l'éducation de ses deux filles et les avoir mariées, que M'"" Léa d'Ariel débuta dans la littérature, en 1895, par des études qui furent immédiatement remarquées, sur la Femme Orientale et Vile de Zan{ibar. Cette dernière lui valut une distinction honorifique de la part du sultan Hamed-ben-Thueni.

Ses critiques d'art, publiées dans divers journaux et revues, ainsi que ses spirituelles chroniques sur les travers mondains et l'actualité, ont de suite assigné à cet écrivain une bonne place parmi les femmes de lettres contemporaines.

En outre] de contes exquis pour jeunes filles, elle a donné un nombre considérable de plaquettes qui ont obtenu le plus grand succès, notamment : ^ Légendes, Regard sur le passé. Un Divorce, Soirée macabre, Saïd et Le/la, Soldats français, Eternelle vision, l'Oubli, Souvenir de Forêt. Influence d'un âne sur une vie, Achille, etc., et des monologues humoristiques.

M""" Léa d'Ariel a collaboré ou collabore à de nombreux journaux et revues tels que: Simple-Revue, Paris-Province, Galette-critique, Revue de l'Est, Hirondelle de France, Revue-Internationale, Stamboul, youvellc Revue moderne, l'Orient illustré, le

Lyon-rcl^nblicain, El Uiiivcrsal, El Obrero Mexicano, le AJûihliVH, les Alpcs-Mciiicc'llcs, la Correspondance Parisienne, le Triboulet, la Totira i ne repuhl ic a i ne ,Qic.

Comme auteur dramatique, M'"' Léa d'Ariel a terminé 6111898 une pièce en ^ actes : Bachelière, reçue au Théâtre dauJitions, critique de l'éducation des jeunes filles à notre époque, exposée dans une action dramatique et mouvementée.

Romancier, M'"" Léa d'Ariel a public : Ginevra

1898) œuvre de psychologie et de fine observation

contre le mariage tel qu'il se pratique de nos jours, et

qui révèle chez son auteur de réelles qualités dans

l'analyse des caractères.

Très répandue dans le monde, M""' Léa d'Ariel est présidente et vice-présidente de sociétés artistiques et littéraires et dame patronnesse d'œuvres diverses. Elle est commandeur de l'ordre royal de l'Etoile Brillante de Zanzibar.

Tt^OIlVIflOX (Edgafd)

j|r-HRONiQ.uEUR judiciaire et avocat, ne à Loué (v Sarthe) le 3 avril i8s6. Après avoir fait ses . -J^ études classiques au lycée du Mans, il vint ? à Paris pour y suivre les cours de la Faculté

de Droit, fut reçu licencié en 1879, et prêta serment d'avocat devant la Cour d'appel de Paris.

M. Edgard Troimaux débuta dans la littérature par des articles insérés dans le Beaumarchais, feuille littéraire dont il fut un des rédacteurs de la fondation, avec .^l.^l. Louis Jeannin, Catulle Mendès,Millanvoye, A. Heulard, Alexis Bouvier, Edm. Bazire, etc. Ilappartint ensuite au Réveil, le premier journal littéraire fondé par M. Valentin Simond, qui ne dura que deux ans, et collabora successivement à la Marseillaise, au Mot d'Ordre et à l'Estafette. Dans ces diverses publications, ce journaliste donna des nouvelles très remarquées et les comptes rendus des tribunaux.

Appelé comme chroniqueur judiciaire à YEcho de Paris, en iS8^, M. Edgard Troimaux y publie, depuis lors, des articles quotidiens qui lui ont assigné l'une des meilleures places parmi ses confrères dans ce genre spécial.

En outre de ses travaux littéraires. M. Edgard Troimaux a fait de nombreuses conférences à l'Union de la Jeunesse républicaine, notamment sur Y Histoire de la Révolution, à la Bibliothèque des Gobelins.

11 est un des membres fondateurs de l'Association de la Presse judiciaire et de l'Association de la .leunesse républicaine.

l^fiCIifl (M"" Th. flUGAri, dite vicomtesse)

CRivAiN, journaliste, née à Paris le 12 no- JjJ vembre 1862. Elle débuta dans le Petit Parisien par des nouvelles remarquées, sous le pseudonyme de « Félicien Nacla ». Elle a ensuite collaboré au XIX' siècle, et à Y Abeille de la Nouvelle-Orléans.

Depuis 1896, elle fait, sous le titre de « Chronique Mondaine », les premiers Paris du Bon Journal, où elle publie, en outre, d'intéressantes '■' Variétés », ainsi que des causeries signées '< Health ».

Elle a fait paraître en librairie, chez l'éditeur Flammarion,sous son pseudonymede«Vicomtesse Nacla, » des ouvrages qui ont obtenu le plus grand succès, notamment : //.' le choisir, le garder! livre d'une finesse d'observation et d'une psychologie toute féminine, et rempli de conseils utiles aux jeunes femmes; le Boudoir (1897); le Dictionnaire dv Savoir-vivre (1898); Par le Cœur! recueil de nouvelles paru dans la '< Collection des auteurs célèbres » et couronné par la Société d'encouragement au Bien, etc.

SOÏ^TAIS (Liouis-JVIaPie-HenPi)

KCHiTECTE, ué & Paris le 8 novembre 1860. Entré, en 1881, le i" de sa promotion, à l'Ecole des Beaux-Arts, où il fut l'élève de l'atelier Daumet et Girault, M. Louis Sortais obtint, pendant ses études, la grande médaille d'émulation, les prix .1. Leclaire, Abel Blouet et la médaille de la Société centrale des Architectes de France en 1888.

Cinq fois logiste, il remporta successivement le second grand prix avec un projet de Cour des Comptes (1886), le i'' second grand prix avec un projet de Parlement (1888) et le grand prix de Rome avec un Monument à Jeanne d'Arc (1890). Pendant son séjour à la villa Médici, cet artiste a fait divers envois, dont le principal est sa Restauration du Canope de la Villa Hadriana, à Tivoli, près Rome.

Rentré en France, M. L. Sortais a exposé presque tous les ans au Salon des Champs-Elysées et y a produit des dessins et des aquarelles remarqués : Corniches antiques ; Temple du Soleil et Thermes d' Agrippa à Rome ; Détails Renaissance italienne ; Chartreuse de Pavie et tombeau de Fii'sole {ï%()^'\; Mosquée du Barbier à Kairouan (Tunisie), aquarelle (1895) ; Canope de la Villa Hadriana (restauration) ;

esquisse d'un Monninciit â la Mcmoirc du prcsidcnt Carnoi, maquette en plâtre de ce monument (1896) ; Mosaïque ; Saint-Marc, Venise (1897).

On lui doit en outre de nombreuses constructions particulières et industrielles et le Monument S. Heuraux dans l'église de Serravezza (^Toscane).

Cet architecte a pris part au concours des projets d'ensemble de l'Exposition universelle de 1900 et y a obtenu une 3"" prime ; il est chargé de l'édification du palais destiné aux Procèdes des Lettres, Sciences et Arts et est, en outre, inspecteur principal à la direction centrale des services d'architecture de cette exposition.

M. Louis Sortais a publié un mémoire sur le Canapé de la Villa Hadriana, présenté à l'Académie des Beaux-Arts.

Auditeur au Conseil général des Bâtiments civils, titulaire d'une mention honorable et d'une médaille de 2" classe au Salon des Champs-Elysées, il est officier d'Académie depuis 1895.

COMEt^t^E (liéon-ppançois)

i'HiNTRi£, né à Trélon (Nord) le 10 octobre i8=io. Dès 1867, au cours de ses études artistiques ^^^(9 à Lille, il remporta une médaille d'or. Venu ^^^ à Paris Tannée suivante, il reçut les conseils de Cabanel et, entré à l'Ecole des Beaux Arts, il y obtint le grand prix de Rome, en 187s, sur ce sujet : L'Ange annonçant aux bergers la naissance du Christ, 11 fit un voyage d'études en Belgique et en Hollande, avant d'aller à Rome.

M. Léon Comerre, qui avait envoyé au Salon de 1874, un portrait de M. Darcq, a exposé depuis des toiles qui ont attiré sur son nom une certaine notoriété artistique, et parmi lesquelles il convient de citer : Jé{abcl dévorée par les chiens ; Junon (1878) ; le Lion amoureux, envoi de Rome (1879) ; Samson et Dalila (1881, au musée de Lille) ; Albine morte (1882); Pierrot; Madeleine {1SS4); M"' Louise Théo ; Eté et Automne, pour la décoration de la mairie du IV" arrondissement (1886) ; M. Raphaùl Dnflos, de la Comédie -Française, dans le rôle de Don Carlos (1887), le Printemps, le Destin et l'Hiver, triptyque pour la même mairie (1888) ; Bain de l'Alhambra (1890) ; M. A. Lefort (1891) ; Le Rhône et la Saône (1894') ; plus un grand noiiibre de portraits aux seules initiales et, notamment, un beau Portrait d'enfant, en 1897.

.M. Comerre a obtenu une médaille de 3" classe en 1875, une de 2° classe en 1881. Il a reçu, en outre, des médailles à Philadelphie (1876), à Sydney (1879), à Melbourne (1880), et un diplôme d'honneur, avec i" médaille, à Anvers, en 188^. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis cette même année 1885.

BflUDOT (Joseph-Eugène» Anatole de)

RCHiTECTE, né à Sarrebourg (Meurthe) le 14 octobre 1834. Il fut élève de H. Labrouste et de Viollet-le-Duc, et s'est fait connaître par des projets ou des travaux d'architecture s'appliquant principalement à des constructions et restaurations d'églises, dont certaines témoignent d'un talent assez personnel. Il a aussi écrit, sur son art, des ouvrages appréciés.

Nommé architecte diocésain pour la cathédrale de Clermont-Ferrand, il est devenu inspecteur des travaux diocésains.

On a vu de M de Baudot aux Salons annuels : Projet d'église pour la commune de la Roche (Nièvre) ; Etudes sur le système de construction des nefs de l'église de Chainpeaux (Seine-et-Marne) et de Mareil- Marly (Seine-et-Oise), neuf dessins (1886) ; Eglise de Rambouillet en cours d'exécution ; Ancienne église de Saint-Frambourg à Sentis (1869) ; Projets d'églises pour Sèvres et pour Levallois-Perret (1870) ; Projet de château (1872); Habitation de M. B.. ,dans la Loire (1874); Restauration de l'église Saint-Nicolas à Blois (187^); Absides normandes, études comparatives ; Projet d'église paroissiale pour la ville de Privas (1876) ; Buffet d'orgue exécuté en i8'j6 dans la cathédrale de Clermont-Ferrand ; Projet d'église paroissiale (1877); Eglise de Tarn à Toulouse, et Château de Laval (1880); Projet de lycée (1885); Château du Moulin en Sologne, et Cathédrale de Clermont[i&9i-]) ; Projet de collège communal (1890), etc. Il a exécuté plusieurs de ses projets.

M. de Baudot a publié un vol.: sur la Réorganisation de l'Ecole des Beaux-Arts (1864); un grand ouvrage : Eglises de bourgs et de villages (1861, et ann. suiv., 2 vol. in-4°), et la Sculpture française au Moyen Age et à la Renaissance (1884, in-fol., avec pL). Il a dirigé, avec M. Viollet-le-Duc fils, la Galette des A rchitectcs et du Bâtiment, et, avec M. P. Chabat, Icfournal de menuiserie.

M. de Baudot a obtenu une médaille en 1869, une médaille de 2" classe en 1872 et une autre à l'Expo-

sition universelle de 1878. Décoré de la Légion d'honneur en 1879, il a été promu officier le 9 juillet

BEf^rlE -BELiLiECOUH Ppospep)

(Etienne«

I^EiNTRE, né à Boulogne-sur-Mer le 29 juin

Elève de Picot et de Barrias, M. Berne- Bellecour fit d'abord des portraits et des paysages, qu'il envoya aux Salons de 1861, 1864, 1866 et 1868, et qui sont peu connus ; puis, il s'adonna à la peinture de genre et militaire. Dans cette dernière manière, il a acquis une certaine réputation.

On a vu de cet artiste: Désarçonne; Un Sonnet

1869) ; Un Coup de canon, l'une de ses toiles les

plus connues ; Un Nid d' amoureux (1872) ; le Jour

des fermages \iS-]-i^ ; le /'r<'7^«</H (1874) ; Tirailleurs

Je hi Seine au combat Je la Malmaison, le 21 octobre

iSjo ; la Brèche (1875) ; la Desserte (1876) ; Dans la

tranchée (18771 > •^"'' ^c terrain (1879'. ; Attaaue du

château Je MontbéliarJ, campagne de 1870-71 (1881);

Manœuvre d'embarquement (1882) ; Un Prisonnier

188;) ; Débarquement, dessin (1885) ; Au mouillage

1888) ; le Portrait du Duc de la Rochefoucauld

J'Estissac (1890) ; Aux Armes ! (1891) ; Défense d'un

pont (1892); Un Secours (1894) ; A l'abri; Loin du

pays (1893) ; Che:^ l'habitant {iS()6) ; le Sellier de la

batterie (1897).

M. Berne-Bellecour a reçu une médaille en 1869, une autre, de i" classe, en 1872, aux Salons ; puis, au.K Expositions universelles, en 1878. une médaille de 3° classe et, en 1889, une médaille d'argent. Il est. depuis 1878, chevalier de la Légion d'honneur.

BliflKCHflï^I3 (fluguste-Thomas- JVIapie)

|RAVEUR, membre de l'Institut, né à Paris, le 18 mai 1819. Elève de son père, après avoir

Ji^l^ obtenu un second prix de gravure au con- ^ ^ cours de l'Institut, M. Blanchard se consacra à la reproduction des œuvres des artistes modernes, de préférence à tous autres modèles. 11 a cependant donné aussi quelques gravures reproduisant des toiles célèbres de maîtres anciens.

M. Auguste Blanchard a été admis à l'Académie des Beaux-Arts, en remplacement d'Alphonse François, le 17 novembre 1888.

Citons, parmi les œuvres dues au burin de cet artiste, qui a commencé d'exposer en 1845 : le Repos en Egypte, d'après Bouchot ; Tête de Christ, Y Ange Gabriel, d'après Paul Delaroche ; le Christ rédempteur, Faust et Marguerite, d'après Ary Scheffer ; Portrait de l'Empereur, d'après Ed. Dubufe ; les Fumeurs, d'après Meissonnier, qui ont figuré, avec plusieurs des sujets précédents, à l'Exposition universelle de 1853 ; Jupiter et Antiope, d'après le Corrège (1877) ; le Jour du Derby à Epsom, d'après M. Frith ; les Joueurs d'échecs, d'après Meissonnier (1864) ; le Mariage de la princesse royale d'A nglcterre avec le prince Frédéric-Guillaume de Prusse, d'après John Philip (1866) ; etc. La plupart de ces gravures ont reparu à l'Exposition universelle de 1867. A l'Exposition universelle de 1878,1! envoya cinq gravures, entre autres : la Fête des vendanges à Rome, d'après M. Alma-Tadéma. II a encore donné, en 1885, d'après le même artiste, le Baiser d'adieu; en 1888, un Dessus de porte, d'après Boucher, et le Laurier en fleur, d'après Alma-Tadéma ; enfin, en 1892, la Dédicace à Bacchus, d'après le même.

M. Blanchard, dont les envois aux salons ont toujours été très espacés, n'a plus rien exposé depuis cette dernière année.

Titulaire d'une y médaille dès 184-,, d'une 2° en 1847, d'une 1'" en 1837 et d'un rappel en 1889, M. Blanchard a reçu en outre, aux expositions universelles : une médaille de 3" classe en 1867, 2' classe en 1878 ; il était hors concours en 1889.

II a été décoré de la Légion d'honneur le 13 août

GVP (Sybille-Gabpielle-Aimée-Mapie-

fintoinette de t^lQUETTI de

MlFjABEflU Comtesse de MAt^TELi

de JArl-^/miiE, dite)

'CRivAiN, peintre, née en i8so au château de Koëtsal - Morbihan î. Elle est l'arrière-petitefillede Mirabeau-Tonneau et l'arrière-petitenièce du grand orateur de la Constituante. Son père servit dans les zouaves pontificaux et mourut quelques jours avant la bataille de Mentana. Elle épousa, en 1869, le comte de Martel de Janville.

M"" de Martel débuta dans les lettres, en 1882, par la publication d'un dialogue : Par le temps qui court,

sous le pseudonyme de « A. Ouich >/, dans la 1 ic Parisienne de Marcellin ; elle y donna ensuite une série d'autres dialogues, signés f. Gyp », et qui ont paru depuis en librairie. Voici les titres de ses livres: Petit Bob (46' édition); La vertu de la Baronne (\%° éd.— 1882!: Ce que femme veut...? [if é&.); Autour du mariage 191' éd. 1883, puis mis à la scène avec la collaboration de M. Hector Crémieux et représenté au théâtre du Gymnase la même année ; Le Monde â côté (21" éd.); Un homme délicat '22" éd.) . Plume et poil [if éd. 1884); Sans voiles (18" éd.) ; Elles et lui (19' éd.); Le plus heureux de tous (14" édit.); Le Druide (188'^) ; Sac d papier (if éd.); Autour du divorce [4-]' éd. ); Une gauche célèbre, illustré par Gorguet (1886); Joies conjugales (21' éd.); Les Chasseurs, illustration de Crafty ; Pour ne pas l'être (19' éd. 1887); Les Séducteurs (17' éd.i ; Mademoisclle Loulou (19" éd.; Pauvres petites femmes! (11' éd.); Petit Bleu [if éd. 1888); Ohé! les Psvchologues ! {i-}° éd.) ; Mademoiselle Eve ii6°éd. 1 889) ; O Province .' ( 1 4° éd.) ; L'Education d'un prince (11' éd.); C'est nous qui sont l'histoire!!! 1^14' éd. 1890-; Ohé! la grande vie ! ;i2''éd.i; Un raté {1^° éd.y. Une Passionnettc [iS" éd. r, Monsieur Fred fiS'' éd. 1891); Ces Bons Docteurs [21° éd.); Mariage civil (13^ éd.); Monsieur le Duc (16° éd. 1892^; Tante Joujou (i9''éd. "1; Pas jalouse (21° éd. ); Madame la Duchesse {18' éd. 1893); Le if (18" éd.); Le Mariage de Chiffon ^49' éd.); Professional-Lover (19° éd. 1S94;; Leurs Ames (26° éd.); Le Cœur d'Ariane {20' éd.) ; Ces Bons Normands! (20' éd.); Petit Bleu, illustrations de Marold; Du haut en bas (1895); Le Bonheur de Ginette {if" éd.); Bijou (30° éd.); Eux et Elle (28° éd. ); le Journal d'un Philosophe; Les Gens chics, avec dessins de Bob; Ohé! les Dirigeants ! idem (i896);/o/^s d'amour [i-j" éd.i; La Fée Surprise (24" éd.); En Ballade, dessins de Bob; Le Baron Siriaï (1897); IsraJ ;Sportmomomanie (18981 ; Journal d'un Grinchu (annoncé, 1898). Elle a écrit aussi : Une Election à Tigrc-sur-Mer, racontée par Bob (1890, I vol. d'illustrations), souvenirs de la campagne électorale de 1889, à Lion-sur-Mer, où M""" de Martel avait fait la propagande en faveur du candidat révisionniste. M"'° la comtesse de Martel a collaboré, en outre, à la Revue des Deu.v-Mondes, à la Revue de Paris, au Journal, à la Libre Parole, à l'Illustration, à la Revue Bleue.

Gyp a su observer, mieux que personne, la vie frivole et superficielle des gens du monde ; elle a noté et mis en un relief saisissant les traits caracté-

ristiques et pour ainsi dire synthétiques de ses personnages, dont certains sont devenus des types universellement connus, tels : «; Petit Bob », '< Paulette », « Loulou », etc.. Ses œuvres obtiennent du public le meilleur accueil.

Toujours sous le pseudonyme de Gyp, elle a envoyé à la Société nationale des Beaux-Arts des portraits de sa fille, de son chien "La Trouille», etc. Un de ses tableaux : l'Annonciation, figure aujourd'hui à l'église du Gros- Caillou , à Paris. Elle a exposé aussi au Champ-de-Mars des meubles et des pastels remarqués.

Sous le pseudonyme de « Bob, » elle a illustré plusieurs de ses ouvrages et elle a envoyé des dessins à TExposition du Livre en 1894.

IiODt^E (pePPi-IVIape-Mapie-fluguste Comte de)

a^/^¥(s GRicuLTzuR, homme de sport, né le 11 août 1870. Il appartient à une des plus nobles et anciennes familles de France, d'origine bourguignonne et établie en Lorraine vers 12^0. Un de ses grands-oncles fut délégué pour cette province aux Etats-Généraux de 1789; son aïeul, le comte Charles de Ludre, fut représentant de la Meufthe à l'Assemblée législative de 184S. Son père, enfin, né en 18^8, fut un des écrivains distingués de notre époque : il publia nombre d'articles importants dans le Correspondant de 1869 à 1896, et notamment une Histoire d'une famille de la chevalerie lorraine, couronnée par l'Académie Française : gendre du prince de Beauvau, sénateur de l'Empire, il se présenta plusieurs fois sans succès au Conseil général de Meurthe-et-Moselle et, en 1886, aux élections sénatoriales pour ce même département ; il mourut en 1897, membre de l'Académie Stanislas de Nancy. M. le comte Ferri de Ludre fit ses études chez les Jésuites de la rue de Madrid. Après avoir été sousolTicier au =>° dragons, il est aujourd'hui officier de réserve au 9*^ dragons.

Membre de la Société des Agriculteurs de France et de la Société Hippique de Paris, il s'occupe activement des -questions qui se rattachent à ces deux spécialités.

11 est, d'autre part, maire de Richaumesnil, commune de Meurthe-et-Moselle, depuis 1896, et s'intéresse à tout ce qui peut être utile à sa région.

Secrétaire du Syndicat des bouilleurs de crû, association qui tend à protéger les droits de ces derniers et intéresse non seulement les départements du Midi, mais ceux de l'Est et de l'Ouest de la France, M. le comte de Ludre a produit, à ce titre, des rapports d'un grand intérêt. Il fait partie de plusieurs associations charitables et s'occupe d'œuvres sociologiques. 11 a épousé, en 1894. M'"-' de Maillé, fille du comte de Maillé, sénateur de Maine-et-Loire.

PflGflT (HenPi)

•i-Ti riv dramatique et romancier, né le 1 1 janvier i8s6, à Paris. 11 fit ses études aux lycées de ^'anves et Condorcet, suivit les cours Je la Faculté de Droit et prit successivement les diplômes de licence et de doctorat. M. Henri Pagat a publié plusieurs romans d'observation gaie et de satire politique : la Bonne en Or (1882"! ; Evangile J'anioiir (1883) ; le Baron Pangorju (1884) ; Pangorju an pouvoir (1890) ; les Funérailles de V argent (1897) ; le Jeu Je l' Amour et du Suffrage Universel 1 1898).

Il a donné des nouvelles à la Revue des Lettres et des Arts, au supplément du Petit Journal, au Figaro illustre.

Au théâtre, il a fait représenter : là Fermière, drame en 5 actes (en collaboration avec M. Armand d'Artois) (iSSi)i, et les Yeux, pièce en 5 actes (1898}.

BEflJHJVUîl (Epnest)

(^^^ OMANCiER, journaliste, né à Paris le 22 juin ^I^K '^^4- ^1 ^'* *^^ études au lycée Saint-Louis. (^^Wf séjourna en Angleterre en 1873 et en Allemagne en i87';-74, puis débuta dans la carrière littéraire, par des vers : Veillées poétiques, dédiés à y\. François Coppée (1882).

Dès cette époque, M. Ernest Benjamin se consacra, presque exclusivement, au roman psychologique et donna successivement en librairie : Ulmpure (1884); La Sainte (1887) ; Romain Pariiot, paru dans la Patrie (iSSS) ; Le Poète Michel, dans le Soleil (1889) ; Singularité' [i%<)i) ; Cœur malade (1896) ; le Fléau d'Otlie {iS()S, dansla Jeunesse amusante). Cet écrivain a publié aussi un certain nombre de nouvelles psychologiques au Gil Blas (1883), à la Patrie, en 1887 et en 1889, à la France Illustrée, en 189s,

et au volume collectif du Comité de la Société des Gens de Lettres, de 1892 à 1898.

En 1892, M. Ernest Benjamin a fait paraître un ouvrage technique : les Cent lettres de Commerce, en trois langues, français, anglais, espagnol ; il a fait, en 1896, 15 conférences, h l'Institut polyglotte, pour commenter ce livre, lequel a été honoré de souscriptions ministérielles Instruction publique et Commerce) et a été admis au Catalogue des bibliothèques pédagogiques, pour l'usage particulier des écoles de commerce et des écoles primaires supérieures.

En 1893. il a donné, au Cercle Funambulesque (Théâtre d'Application), un acte en vers : le Montreur de Marionnettes, paru en librairie (Lemerre).

Membre du comité de la Société des Gens de Lettres depuis 1891 ; nommé, deux fois, rapporteur des travauxde ce comité (1894-95 et 1897-98) et bibliothécaire-archiviste (1896-97 et 1898-99^; membre stagiaire de la Société des Auteurs dramatiques, M. Ernest Benjamin a été nommé officier d'Académie en juillet 1891, et officier de l'Instruction publique, en janvier 1897.

Gflf^l^lDO (EdouaPd)

JUTEUR dramatique portugais, ne à Lisbonne, le 20 octobre 1842, et fixé à Paris depuis 1875. Il débuta au théâtre à 17 ans, par une comédie en i acte qui obtint un franc succès : '< De noite todos os gatos sao pardos » (La nuit tous les chats sont gris). Il fit jouer ensuite, sur diverses scènes de genre, une dizaine de vaudevilles. Tous eurent un succès durable et contribuèrent avec quelques monologues d'un tour original, à établir la réputation de M. GarriJo comme poète comique.

Les portes du premier théâtre de Lisbonne (théâtre du Gouvernement) lui furent ouvertes avec une comédie en vers : « Pcccados vellios » (Vieux péchés), à laquelle le public et la critique firent un chaleureux accueil (1863). Depuis, M. Garrido a été l'auteur le plus joué du Portugal et du Brésil et sa popularité dans ces deux pays est considérable. On compte environ 200 ouvrages signés de lui. Ce .sont, pour la plupart, des opérettes, des féeries et des vaudevilles, qui se distinguent principalement par la cocasserie du dialogue, l'abondance des bons mots et la verve endiablée des couplets.

Voici les titres des pièces les plus connues de M. Garrido, parmi lesquelles il y a beaucoup d'adaptations du théâtre étranger, dont plusieurs ont été

trouvées supérieures aux pièces originales : .4 pomba dos ovos d'oiro, féerie, 4 actes; A fidalgninha das Anioreiras, vaudeville, <^ actes; ^45 carias de ainor, comédie, 2 actes, en vers; Puni'., vaudeville, ■; actes; Peccados velhos, comédie, i acte, en vers; O vjUe dos l'iiCiTiilos, légende, 2 actes; Os tr/ii/û-boioes, vaudeville, I acte; O correio do C{iir, drame, 5 actes; Iii/cr duo misantes..., vaudeville, 1 acte; .4 pcrj de S.7/.7;/i7{, féerie, 3 actes; Dr iioitc lodos os gatos saâ pardos, vaudeville, i acte; O gafanhoto, opérette, 3 actes; A phcnix du roça, vaudeville, ç, actes; A fada ainl, vaudeville fantastique, 3 actes, en vers; Por un //-/{/ vaudeville, i acte; O bico do papagaio, féerie, 3 actes; O jovcn Telcmaco, opérette, 2 actes; Sileiicio Calado, vaudeville, i acte; Ali-Baba, pièce en 12 tableaux; 3/iyor.' vaudeville, i acte; Sonhos doirados, opérette-féerie, en vers, 3 actes; Erncsto, vaudeville, I acte; O ursod a^ul, opérette, 2 actes; O asno d'oiro, féerie, 3 actes; A boneca, opérette, i acte; O capitâo ncgro, drame, 5 actes; O barbcirinho de SeviUia, opérette, 3 actes; Novc mil réis d'alviçaras, vaudeville, I acte; Dona Juanita, opérette, 3 actes; A galliiiha dos ovos d'oiro, féerie, 4 actes; .4 dama do Kiiigs Charles, comédie, i acte; Gaspar Caccfc,' comédie, 3 actes; A corça do bosque, féerie, 3 actes ; Os dragocs d'cl-rci, opérette, 3 actes; Mosquifos por cordas! comédie, 3 actes; A volta do inundo, pièce en S actes; ^4 ponte do Diabo, opérette, 3 actes; O pacto infernal, drame, 5 actes; .45 setc rosas de fogo, féerie, 3 actes; Uma viajem a Pckim, opéra-comique, 3 actes; As ininhas duas mctadcs, comédie, 3 actes; Os dois cadis, opérette, i acte; .4 lantpada maravilhosa, féerie, 3 actes; O Fciticeiro, drame, 5 actes ; A lotcria do diabo, féerie, 3 actes; Uin gancho, comédie, 3 actes; Garra-d'açor, opérette, 3 actes; O gaio preto, féerie, 3 actes: Lusbelim, opérette, 3 actes; Uma embrulhada, coiaéà\Q, 3 actes; Pclle-de-burro, féerie, 3 actes; A viajem à lua, opérette fantastique,

3 actes; Uni amigo velho, comédie, 3 actes; Giralda, Giraldinha, opérette, 3 actes; A estât na équestre, vaudeville, i acte; O filho do Averno, mystère,

4 actes; Flor-de-ca/e, opérette, i acte; A prince^a Flor-de-Maio, féerie, 3 actes; Uma scssaô d'espiritismo, vaudeville, i acte; Os cavallciros andantes, opérette, ■; actes; Emquanto as rosas durarem, comédie, I acte; Zàs! tràsl féerie-opérette, 3 actes; O segredo dos cavallciros, drame, s actes; A gâta borra- Iheira, opérette-féerie, 3 actes; D'uni arguciro nm cavalleiro, comédie, 3 actes; A prince:^a dos cabellos d'oiro, féerie, 3 actes; O parai^o pcrdido, pièce

biblique, s actes; A illia da Trindadc, opérette, 3 actes; D. Qu idiote, pièce en 12 tableaux; O doutor Pa{, comédie, 3 actes; Uma noitc cm Flor-da-Rosa, comédie, i acte; A ilha dos pyrilampos. opérette, 3 actes; Uni excentrico, comédie, i acte; .4 prince^a Flor-de-Neve, féerie, 3 actes; A tiniide{ de Conielio Guerra, comédie, i acte; O annel de Salomdo.féene, 3 actes; Spleen ! comédie, i acte; .4 coroa de Carlos- Magno, légende, 4 actes; Très cabeças, très cliapcos, comédie, i acte ; As mil e uma noites, féerie, 3 actes ; Os dois ccgos, saynète ; O cspellio da Verdade, pièce fantastique, 4 actes; Uma por outra, coméd'ie, i acte; A filha do ar, féerie, 3 actes; A buena-diclia. opérette, 3 actes; Os pombos de 'Valent ina, vaudeville, 3 actes;. 4 boliemia, opéra, 4 actes; .45 andorinlias. vaudeville, 4 actes; O relogio inagico. opérette-féerie,

3 actes: O solar da Rocha-a{ul, vaudeville, 4 actes : A ave do parai^o, opérette, 3 actes; O ramo de oiro, féerie, 3 actes ; A gâta branca, opéra-comique, 3 actes ; Kinit{a, opérette, 3 actes; Amar sein conhecer, opérette, 3 actes; A filha do inferno , opéra-comique,

4 actes; Oiros, copas, espadas c pans, comédie, 3 actes; O Sacristdo de S. Juste, opéra-comique, 3 actes; ^5 ama^onas de Formes, opérette, 2 actes.

M. Edouard Garrido a traduit et fait jouer en portugais un grand nombre d'opérettes françaises : la Grande Duchesse; les Cloches de Corncville ; le Jour et la Nuit; la Mascotte, les Mousquetaires au Couvent; le Petit Duc; le Pont des Soupirs; le Petit Faust; Orphée aux Enfers; les Géorgiennes ; Toto ; François les Bas-Bleus; Madame Favart ; Fatinitia ; l'Amour mouille; la Chanson de Fortunio; la Fauvette du Temple; l'Auberge du Tolin-Bohu ; Madame l'Archiduc : le Grand Mogol, etc. On lui doit aussi des traductions de drames : les Deux Orphelines ; Nana; Cartouche ; Chien d'aveugle: la Prière des Naufragés : un Drame au fond de la Mer, etc.; et des traductions de comédies: le Cabinet Piperlin; les Premières armes de Figaro; Picolino; les Deux noces de Bois-Joli; les Dominos roses; les Surprises du Divorce; Madame Montembrèche, etc. En collaboration avec des auteurs français, il a écrit des pièces pour la scène parisienne, entre autres : le Meunier d'Alcala, opérette en 3 actes et 4 tableaux, avec MM. Antony Mars et Armand Lafrique pour les paroles, et M. Justin Clérice pour la musique.

M. Edouard Garrido est décoré de Tordre littéraire de Saint-Jacques et commandeur de l'ordre du Christ de Portugal.

AUCOC (dean-Liéon)

' DMixisTRATEUR et jurisconsulte, membre de rinstitut, né à Pnris le lo septembre 1828. M. Aucoc entrn, comme élève, à l'Ecole d'administration en 1848, fut attaché au ministère de l'Intérieur en i8si, nommé auditeur au Conseil d'Etat en i8s2, promu maître des requêtes en 1860, et conseiller d'Etat en service ordinaire en

1869. Il fut désigné comme commissaire du gouvernement auprès du Corps législatif et se vit chargé d'enseigner, h l'Ecole de ponts et chaussées , le droit administratif.

M. Aucoc, après la révolution du 4 septembre

1870, fut le seul membre du Conseil d'Etat maintenu en fonctions par le décret instituant la commission formée pour remplacer provisoirement le Conseil impérial, etdésigné comme président de la section chargée de préparer la réorganisation de l'enseignement des Facultés de droit. Elu par l'Assemblée nationale, dans la séance du 22 juillet 1872, conseiller d'Etat, au premier tour de scrutin, par ^69 voixsur6';'5 votants, et nommé président de section par décret du 27 juillet, M. Aucoc fut aussi appelé à faire partie du Conseil supérieur du commerce, de l'agriculture et de l'industrie et du Conseil de l'ordre de la Légion d'honneur. Il fut admis à la retraite, comme conseiller d'Etat, en 1879.

Membre, puis président jusqu'en 1877, de la Société de législation comparée, M. Aucoc avait été admis, le 13 décembre de cette même année, à l'Académie des sciences morales et politiques, en remplacement de Cauchy.

On doit à ce jurisconsulte des ouvrages de droit estimés. Citons : Des obligations respectives des fabriques et des communes relativementaux dépenses du culte; Des sections de commune, de leur droits, charges, ressources, de la gestion de leurs biens et de la représentation de leurs intérêts (i8s8, 2° édit. très augmentée 1864); Voirie urbaine, des alignements individuels délivréspar les maires (1862, in-81; Les sections de commune et la loi du 2S juillet 1S60 sur la mise en valeur des bien communaux (1863) ; lutroduction à l'étude du droit administratif, conférence d'ouverture à l'Ecole des ponts et chaussées (1865) ; Conférences sur le droit administratij , faites à cette Ecole en 1869-1878 (1871-1875) ; Z^ Conseil d'Etat avant et depuis l'jSi), ses transformations, ses travaux, etc. (1876) -,l' Institut de France: lois, statuts et règlements, etc. (1889); De l'usage et de l'abus en matière de législation comparée (1892) ; Des chan-

gements apportés depuis 1884 à la législation sur les fabriques des églises; Alfred Blanche, conseiller d'Etat (1893) ; Code d'organisation judiciaire de Russie (1894) ; La Discipline de la Légion d'honneur ; Controverses sur la décentralisation administrative ; Une page de l'histoire du Droit administratif. M. Boulatignier (1895). Il a en outre publié de nombreux articles dans la Revue critique de législation, le Journal des économistes, l'Ecole des communes, etc. Décoré de la Légion d'honneur en 1862, M. Aucoc a été promu officier le 8 août 1870, commandeur le 3 août 187s, et grand-officier le 9 juillet 1891.

AliIiRIfl-Tflt^GÉ (François-Henrif^ené)

NciEN député, ancien ministre, né à Angers le 7 mai 1832. Fils d'un procureur général, il fit son droit à Poitiers, puis, inscrit au

barreau d'Angers en 18^3, il plaida, en

i8ss, dans l'affaire de la Marianne.

Nommé substitut du procureur impérial dans cette ville en 1861, il sollicita, sans pouvoir l'obtenir. le poste de substitut du procureur général à la même Cour, bien que, selon certains biographes, contre lesquels M. Allain-Targé proteste, il fut protégé par M. Dupin. Il donna sa démission en 1864 pour se fixer à Paris.

M. Allain-Targé se jeta alors dans l'opposition et collabora, en 1866, au Courrier du Dimanche, dans lequel il traita les questions financières. Il entra, en 1868, à l'Avenir National et fonda, la même année, avecChallemel-Lacour, Gambetta,Spuller et Brisson, la Revue Politique, feuille bientôt supprimée.

Aux élections du 23 mai 1869 pour le Corps législatif, M. Allain-Targé se présenta à Angers, comme candidat de l'opposition, contre le candidat officiel, M. Louvet ; il fut battu, n'obtenant que 7,000 voix environ sur plus de 2 s, 000 votants.

Au 4 septembre 1870, nommé préfet de Maine-et- Loire, il quitta ce poste un mois après pour préparer sa candidature à l'Assemblée nationale. 11 fut alors envoyé, comme commissaire aux armées, dans Maine-et-Loire, la Sarthe et la Mavenne, puis appelé par Gambetta à la préfecture de la Gironde. Partisan de la défense à outrance, il donna sa démission aussitôt après la capitulation de Paris.

Aux élections générales du 8 février 1871 , il échoua avec toute la liste républicaine dans .Maineet-Loire, avec 19,900 voix sur plus de 100,000 votants. Il se représenta aux élections complémentaires

du 2 juillt'l dans la Seine, se fit battre une troisième iois, tout en obtenant 67,000 voix; mais le 30 du même mois, il fut élu, au second tour de scrutin, conseiller municipal de Paris dans le xix'" arrondissement, où il fut réélu en J874. Il prit place, dans le Conseil, à l'extrême gauche et s'occupa spécialement des questions de finances, des emprunts et du budget. Au mois d'avril 1873, il soutint la candidature de M. Barodet contre celle de M. de Rémusat. Dans le même temps, il collaborait à la République Françiiisc, qu'il avait contribué à fonder en novembre

' Aux élections de février 1876, pour la Chambre des députés, M. AUain-Targé, porté dans le xix" arrondissement de Paris, contre le général Cremer, fut élu au second tour par 6,320 suffrages. Il donna sa démission de conseiller municipal et siégea à Fextrème-gauche de la Chambre, où il demanda, avec la minorité, l'amnistie plénière pour les faits se rattachant à la Commune. Après le 16 mai 1877, l'un des 363, il fut réélu, sans concurrent, par 10,976 voix sur 12,103 votants, dans '^ même arrondissement.

Peu de temps après, ayant donné un démenti à son collègue, M. Robert Mitchell, M, AUain-Targé se battit avec lui et blessa son adversaire.

Réélu, le 21 août i88i,dans le xix" arrondissement de Paris, par 8,883 voix sur 13,760 votants, il reçut le portefeuille des Finances dans le cabinet formé, le 14 novembre 1881, par Gambetta, et donna sa démission avec tout le ministère le 26 janvier 1882.

Inscrit à la gauche radicale, il prit part aux discussions sur les conventions de TEtat avec les compagnies de chemins de fer. II soutint le rachat des chemins de fer, qu'il avait déjà demandé dans la précédente législature. Après la chute du ministère Jules Ferry, il fut appelé par M. Brisson (6 avril i88s) au ministère de l'Intérieur. A ce titre, à l'ouverture de la période électorale, il recommanda à ses fonctionnaires une complète neutralité. Sa candidature fut posée dansles départements de Maine-et-Loire etdansia Seine ; il échoua dans le premier, avec toute la liste républicaine, et fut élu au scrutin de ballotage, le premier de la liste, par 289,866 voix sur 414,360 votants, dans la Seine. Les nouvelles élections ayant amené une Chambre plus modérée que le cabinet Brisson, le ministère démissionna le 29 décembre 188^.

.M. Allain-Targé, à partir de ce moment ne joua plus qu'un rôle effacé à la Chambre, et, à l'expi-

ration de son mandat (1889;, il déclara renoncer à la vie politique.

M. Allain-Targé a épousé une fille de Villemain.

En outre de quelques travaux sur les questions financières, insérés dans les journaux, on connaît, de lui : les Dcfieils, iS^2-iS6S [ i vol. 1868).

MOfiTACrJE (EdouaPd-ChaFles- Philippe)

<i)f/(SÉf '" rr-UR dramatique, romancier et administra-

xl^Bs ''^'■"'- "'^ ^ Paris le 18 août 1830. Petit "gs^- neveu dû docteur Jean-François Montagne, "t" de l'Institut et de l'Académie de Médecine, mort en 1866, petit-fils et fils de médecins, il commença ses études classiques avec son père, qui avait délaissé la profession médicale pour devenir inaitre de pension.

Mis en apprentissage chez un peintre en décors (i84'^-i848j, il abandonna ce métier manuel pour entrer à l'Ecole normale primaire de ^'ersailles et exerça, comme maître-adjoint, dans les écoles de la Ville de Paris, de 1850 à 1856.

Après avoir été employé pendant quelques mois dans une maison de commerce, M. Edouard Montagne fut admis, par la voie du concours, dans l'administration de l'Assistance publique, à laquelle il appartint trente années.

Successivement économe, puis directeur de Sainte- Périne, de l'hôpital des Enfants malades (1857-187 1), de l'hôpital Cochin (1871-188S), de la Boucherie centrale des hôpitaux et, enfin, de l'hôpital Saint-Antoine, M. Edouard Montagne fut admis à la retraite, sur sa demande, en 1887.

A cette époque , il fut choisi pour remplacer Emmanuel Gonzalès, décédé, comme délégué de la Société des Gens de Lettres.

Entre temps, il avait publié un nombre considérable de nouvelles, des romans et des pièces de théâtre, dont plusieurs ont obtenu un très grand succès sur les scènes parisiennes.

Parmi les œuvres de M. Edouard Montagne parues en librairie, il convient de citer: le Manteau d'Arlequin (1866) ; le Roman J'un épicier (1882) ; le Bâtard de Ravaillac (1883) ; les Affamés de Londres (1886) ; Serments de femmes (1888) ; Y Assassin des enfants ; le Coupeur d'oreilles ; la Bohême cameloiie; les Amants de M"" Ferrier ; Jeanne de Soj/ans ; Saltimbanques I — romans en un volume. — Histoire de la prostitution dans l'Antiquité (1869) ;

Histoire lie V insurrection de iSjo-iSyi ; Histoire des farceurs célèbres (187^) — trois livres historiques ; — la Main du mort (1885) ; les Légendes de la Perse (1890 ; la Borgnotte, en collaboration avec M. Louis Gallet i8t)o' ; la Feuille à l'envers, — volumes de nouvelles ; le Rcve d'une matinée de printemps, donné dans le volume collectif du Comité de la Société des Gens de Lettres.

Pour le théâtre, M. Edouard Montagne a écrit plus de trente pièces, entre autres : l'Héritage d'un Gascon, sa première (iSsj); la Médaille f Bouffes- Parisiens ; Dans une ile déserte (Ambigu-Comique, 1857); '^ Giroflée à cinq feuilles Palais-Royal) : le Passé de M. Joitanne (Gymnase i ; le Retour d' Ulysse, musique de Hervé, joué aux Délassements-Comiques de la rue de Provence, pendant 300 représentations consécutives et repris au Théâtre \les Variétés ; les Pantins, opéra-comique en 2 actes et 5 tableaux, musique de M. Georges Hue ; ce dernier poème a obtenu le prix de 2,500 francsau^'concours Cressent, en 1879. et a été joué à l'Opéra-Comique, en 1882.

M. Edouard Montagne est commandeur des ordres du Medjidié, de Tadjourah et de l'Osmanié, grand officier d"lsabelle la Catholique, officier du Lion et du Soleil de Perse, du Dragon d'Annam, du Xicham- Iftikar. de Charles III d'Espagne, du Christ de Portugal, etc., et officier de l'Instruction publique.

BOUî^ÉliY (Paul)

"oc.\T, publicrste, né à Vallon 'Ardèche) lu 8 décembre 1867. Il fit ses études classiques à Tournon, son droit et ses lettres à Paris. Il eut deux mémoires couronnés par l'Université de Genève, l'un sur le Fondement de la morale sociale, l'autre sur l'Amiral de Coligny. Il entra alors à la Faculté de théologie protestante de Paris. Cependant l'évolution de ses idées philosophiques et sociales le détourna de se faire consacrer pasteur et, renonçant volontairement à la carrière qui s'ouvrait ainsi devant lui, M. Paul Bourély se fit inscrire avocat à la Cour d'appel de Paris.

Il s'est fait aussi connaître comme publiciste et a collaboré successivement: à la Démocratie de V Ardèche, à l'Avenir des Cévennes (dont il fut rédacteur en chef'. avL Journal de Marseille, dirigé par M.Rostand, père du poète: au National, sous la direction de -M. Gervais, ancien président du Conseil général de la Seine ; au Paris, où il publia une série d'articles remarqués sons ce titre : l'Œuvre sociale de la î° Ré-

publique 'iSçi); à l'Ecfio de la Semaine; à la Nouvelle Revue (notamment avec ses articles sur l'Evolution morale contemporaine) ; au Français Quotidien, comme rédacteur parlementaire; enfin au Voltaire où. depuis i8i>6. il rédige le bulletin politique. On lui doit, en outre, la publication d'un volume de vers: Un cœur de poète (Paris, 1891 , sous le pseudonyme de » Luc de Bechland », avec une lettre-préface d'André Theuriet.

M. Paul Bourély compte au nombre des fondateurs du Comité d'action pour les réformes républicaines et fait partie de la commission executive et du comité directeur de cette association. II est aussi membre de la Ligue de l'Enseignement et de la Société républicaine des conférences populaires. Orateur éloquent et disert, il a fait, à Paris et en province, de nombreuses conférences sur les questions politiques et sociales.

N. Paul Bourél)- a obtenu une médaille d'honneur de l'Union des Femmes de France. Il est officier d'Académie depuis 1895.

BE{^î4fll^D d'flTTAHOOX (flntoine- Casimip-Joseph)

2j^^f!xPL0R.\TEUR, écrivain, né à .Vix (Bouches-Ju- ^îU^lt Rhône') le 18 mars 1833. ^' appartient à une famille de robe et d'épée, comptant parmi ses membres le colonel d'Attanoux, qui servit en qualité de commandant à la célèbre 32'' demi-brigade sous le premier Empire.

Entré à Saint-Cyr en 1872. M. J. Bernard d'.Xtfanoux en sortait l'année suivante comme sous-lieutenant au 2"' bataillon de chasseurs à pied. Promu, en 1878, lieutenant au 3" tirailleurs algériens, il démissionna de ce grade deux ans après, pour épouser la fille du comte de Montigny, qui devait l'accompagner plus tard dans ses voyages.

Au cours de fréquentes explorations en Afrique (.Vlgérie, Tunisie, Maroc, Tripolitaine\ d'où il envoya une correspondance très suivie au journal le Temps. M. J. Bernard d'Attanoux étudia longuement les mœurs et les dialectes arabes. Il se rendit en 1892 au-devant du colonel .\lonteil, au retour de son expédition du centre de l'Afrique.

En 1893, chargé par le ministère des Colonies et par le Syndicait commercial Ouargla-Soudan d'une double mi'ssion, M. J. Bernard d'.\ttanoux pénétra dans le Sahara, d'où il rapporta la confirmation par les Touareg du traité dit de Rhadaroès, passé en

i862 entre ceux-ci et la France. L'heureuse issue de ce voyage ouvrit à notre commerce la route du Soudan et consolida nos bons rapports avec ces peuplades nomades, si redoutables aux caravanes.

L'année suivante, M. J. Bernard d'Attanoux se rendait de nouveau au Maroc, cette fois avec sa femme, dont l'intrépidité et le sang-froid ne sauraient être trop loués.

Ecrivain très renseigné sur toutes les questions touchant les colonies, M. d'Attanoux, en outre de ses articles au Temps, rédige depuis plusieurs années la quinzaine coloniale à la Nouvelle Revue et la semaine coloniale à la Patrie ; il a publié un grand nombre d'articles dans les ^?nîjZ(?s de Géographie, la Revue de Vlslam, la Revue de Géographie, la Science française, \t journal des Voyages, le Monde moderne, etc.

Vice-président du Syndicat des Explorateurs français, président de la section d'Afrique à la Société de Géographie commerciale, membre correspondant de la Société de Géographie de Bordeaux, M. J. Bernard d'Attanoux est titulaire d'une grande médaille d'argent que lui décerna la Société de Géographie de Paris en 1893, et il a été fait à la même date chevalier de la Lée;ion d'honneur.

VÉf^Ol^ (Pieppe)

^^■r^^iTTÉR.^TEUR et journaliste, né à Paris le 19 avril

JIBf '8.^'-

^? j^ 11 débuta dans la littérature en 1854, avec ^ ^ les Réalités humaines, poésies, qui le firent entrer à la Revue de Paris, où il resta jusqu'à la disparition de cette feuille (,1858) ; il collaborait en même temps à la Chronique.

En 1839, M. Pierre Véron fut admis comme rédacteur au Charivari et en devint ensuite le directeur. 11 n'en continua pas moins sa collaboration aux journaux le Courrier de Paris, le Monde illustré, VIllus- I rat ion, le Petit Journal , le Journal amusant, l'Avenir national, V Opinion nationale, le Nain jaune.

M. Pierre Véron a fait paraître un certain nombre de li vresoù se retrouve la verve et le mémegenre d'esprit l'acile,mais amusant, de ses articles de journaux. En voici les titres: Paris s'amuse (1861); les Marionnettes (1862); le Romande la femme à barbe; les Souffreplaisir (1863); Maison Amour et C" (1864); la famille Hasard ; la Foire aux grotesques ; le Pavé de Paris (186=)); la Comédie en plein vent ; Par devant

Monsieur le Maire (1866) ; Monsieur et Madame tout le monde; h Mythologie parisienne (1867); l'Age de fer blanc; les Pan tins du boulevard : les Phénnmcnes vivants (1868); la Boutique à treize; les Grimaces parisiennes; Je, tu, il, nous, vous, ils (1869); les Dindons de Panurge; Paris à tons les diables (1875) ; les Coulisses artistiques; la Vie fantasque (1876); les Chevaliers du macadam ; le Nouvel art d'aimer (1877); les Mangeuses d'hommes ; En içoo ; la Comédie du voyage (1878) ; Ohé, Vitrier! Visages sans masques (1879) ; les Araignées de mon plafond ; Coté du cœur (1880); Paris vicieux; la Chaîne des Dames; les Coulisses du grand drame (1881) ; la Mascarade d'histoire ; les Mémoires des passants (1882) ; le Guide de l'adultère; Allons-y gaiement ; L'Art de vivre cent ans [1883^; Galop général ; Paris qui grouille [1%%^]; Les points sur les i ; les Comédies de l'amour ; le Tir aux oisons ( i88t) ; l'Amour de Babel : Boutiques de plâtre (1886) ; De vous à moi (1887); les Propos d'un boulevardier ; la Vie galante (1888); Paris amoureux (1892), etc.

M. P. Véron a fait représenter: en i86s, une comédie. Sauvé, mon Dieu! avec M. Rochefort (Vaudeville) ; en 1878, une revue: Tant plus ça change..., avec Ed. Gondinet (Palais-Royal) ; en 1883, les Affolés, comédie 4 actes, avec le même (Vaudeville).

Le directeur du Char ivari est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1878.

BEf^GEt^0j4 (Étienne-Jules)

^ia)i;cix, membre de l'Académie de médecine, né à Moret (Seine-et-Marne) le 27aoùt 1817. Reçu docteur en 184s et médecin des hôpitaux en i8to, M. Bergeron fut attaché successivement aux hôpitaux Saint-Antoine et Sainte- Eugénie.

Il a été admis à la retraite en 1887 et nommé médecin des hôpitaux honoraire.

Membre de l'Académie de médecine depuis le 4 avril 1865, il en a été élu, à plusieurs reprises, secrétaire annuel, puis secrétaire perpétuel, en remplacement de Béclard, le 22 mars 1887. Membre du Comité consultatif d'hygiène, il en est le vice-président depuis 1884.

En outre de nombreux mémoires et communications sur ses travaux, M. le docteur Bergeron a publié : De la stomatite ulcéreuse des soldats (18^9) ; De la rage (1862) ; Rapports sur la statistique des

chrc's du 111' arroiiJissciiiciit Je Paris poulniit la période quinquennale (1853-1857 et 1864); Elude sur la géographie cl la prophylaxie des teignes (1865) ; Rapport fait à l'Académie sur la répression de l'alcoolisme en iS/i (1872" ; Des vins fuchsines (1877).

Officier de la Légion d'iionneur depuis le ii mai 1866, il a cté promu commandeur le 5 octobre 1880.

Bfll^THE (Mafccl)

INciKN député, sénateur, né à Pau, le 1=; L janvier 1813.

Fils d'un ouvrier, le jeune homme vint à (.^ -r Paris, suivre lescoursde la Faculté dedroit. Reçu avocat, il n'exerça pas sa profession et, s'adonnant à la littérature, écrivit quelque temps dans l'ylrtiste et dans le Temps, puis il se fit inscrire au barreau de Pau.

M. Marcel Barthe se montra fervent adepte des théories phalanstériennes et adversaire déclaré de la monarchie de Juillet. Nommé conseiller municipal de sa ville natale, il se porta et échoua aux élections générales pour la Constituante ; mais il fut élu aux élections complémentaires du 4 juin 1848.

Secrétaire du Comité de l'Instruction publique, il vota ordinairement avec le parti Cavaignac et combattit les doctrines socialistes. Après l'élection du

10 décembre, il se rapprocha de la gauche et ne fut pas réélu à la Législative.

Retiré de la vie publique pendant l'Empire, il ne revint à la politique qu'après le 4 Septembre. Elu, aux élections du 8 février 1871, représentant des Basses-Pyréuées, le second sur neuf, par 38,734 suffrages et, le 8 octobre suivant, conseiller général de ce département, pour le canton Est de Pau, .VI. Barthe fit adopter un ordre du jour exprimant la confiance de l'Assemblée dans M. Thiers, à propos de la discussion sur le maintien du pouvoir temporel du pape.

11 vota constamment avec la gauche et fut réélu, le

20 février 1876, par 6,920 voix, contre M. le comte de Luppé, candidat légitimiste.

L'un des 363, au 16 Mai, il échoua, le 14 octobre 1877, devant le même concurrent ; mais la Chambre ayant prononcé l'invalidation de celui-ci, M. Marcel Barthe fut élu, le 7 juillet 1878, par 6,566 voix contre 5,804 obtenues par M. de Luppé. Aux élections du

21 août 1881, il obtint, au premier tour de scrutin, dans la i" circonscription de Pau, 5,597 voix contre s, 856 partagées entre deux concurrents monarchistes et fut réélu, au scrutin de ballotage, par 6,858 voix contre s, 128 données au candidat bonapartiste.

Candidat, sur la liste républicaine des Basses- Pyrénées, lors des élections sénatoriales du 8 janvier 1882, il fut élu, par 432 voix sur 646 votants. En 1890, il déposa un projet de loi, tendant à déférer aux tribunaux correctionnels les délits de diffamation et d'injure par voie de presse, soumis jusque là au jury. Sa proposition, votée par le Sénat et transmise à la Chambre, fut rejetée par la commission.

Au renouvellement triennal du 4 janvier 1891, il fut réélu sénateur des Basses-Pyrénées, le premier sur trois, par 733 voix sur 1,008 votants.

On ne connaît de M. Marcel Barthe, que des articles de journaux et une brochure intitulée : Du Crédit Foncier (1850).

HEUZEY (néon-fllexandPe)

RCHÉOLOGUE, membre de l'Institut, né à Rouen le i" décembre 1831. Il entra, en 1852, à l'Ecole normale supérieure. Trois ans après, il fut envoyé à l'école d'Athènes, puis désigné comme professeur d'archéologie à l'Ecole nationale des Beaux-Arts.

Nommé conservateur adjoint des antiques , au musée du Louvre, en 1874, M. Heuzey devint conservateur des antiquités orientales et de la céramique antique en i9ii^.

M. Heuzey est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages qui sont pleins d'intérêt, parmi lesquels il faut citer : Le Mont Olympe et l'Acarnanie, exploration de ces deux régions avec l'étude de leurs antiquités, de leurs populations anciennes et modernes, de leur géographie et de leur histoire: Mission archéologique en Macédoine (1864-1S72), ouvrage auquel se rattachent les notices suivantes : Un Palais grec en Macédoine, étude sur l'architecture antique ; Recherches sur les lits antiques considérés comme forme d({ sépulture (1873) ; Reconnaissance archéologique d'une partie du cours de l'Erigon et des ruines de Stobé [iS-]}). Viennent ensuite : Recherches sur les figures de femmes voilées dans l'art grec (1874) ; la Pierre sacrée d'Antipolis (1875) ; Recherches sur un groupe de Praxitèle d'après les figurines en terre cuite (1875) ; les Fragments de Tarse au Musée du Louvre (1877) ; Nouvelles recherches sur les terres cuites grecques (18771 ; les Figurines antiques de terre cuite an musée du ZoîitJrc? i'i 878-1 883) ; Catalogue des terres cuites du Louvre fS&2]; les Origines orientales de l'Art ; Opérations militaires de Jules César (1886) ;

L'Architecture chalde'cnnc et les dfcouvertcs de M. de Sar{cc (18871 ; Reconstruction partielle de la stèle dn roi Eannadou (1892) ; Mythes chaldéeus '^1894:1 ; Actes d£ Diotime (1896) ; Le Cône historique d'Entemana ; Quelques figures à propos du dieu Terpon; Sceaux inédits des rois d'AgaJeîiS()-]). 11 a dirigé aussi la publication de Découvertes en Chalde'c par M. E. de Sarzec, consul de France à Bagdad ii88s-i89s).

M. Heuzev a succédé à Beulé, en 1874, comme membre de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres.

11 fait aussi partie, comme membre libre, de l'Académie des Beaux- Arts, où il a remplacé M. du Sommerard, le 24 avril 1875.

Décoré en i86s, M. L. Heuzev a été promu, en 1882, officier de la Légion d'honneur.

JWEliliEt^IO (Andt'é-lWapie-Iiouis)

:cRivAiN', auteur dramatique, critique d'art, né à Paris le 8 avril 1862.

M. André Mellerio fit ses études classiques d'abord au lycée Saint-Louis, puis ensuite à l'Externat de la rue de Madrid, se fit recevoir licencié en droit en 1883 et fut ensuite attaché pendant un certain temps au contentieux de la Caisse des Dépôts et Consignations.

M. André Mellerio débuta cependant de bonne heure dans la vie littéraire, par une pièce de vers insérée dans le journal le Drapeau, qu'il publia, avec deux autres pièces, sous le titre de: Contes Français. De cette époque datent encore : la Cicatrice, saymtXe. et divers monologues 11884).

11 a publié, en outre : Jeunesse d'Antan et Sonnets libres, vers (1886); pais cinq romans chez Lemerre : Contes psjcholog-iqucs{jS8S) ; Etude de Fet>rmes(iSS<)); Jacques Mérane- {18^1) ; la Vie stérile (1892) ; le Crépuscule du Siècle (1896).

Auteur dramatique, M. André Mellerio a composé: Pierrot amoureux de la Lune, pantomime ; Les Marins, opéra-comique en 2 actes, et FJclvita. drame ly-rique en r acte, en collaboration arec M Duteil d'Ozanne pour la musique, ouvrages représentés à Paris et en province avec succès.

Critique d'art, M. André Mellerio, qui a fréquenté personnellement et connaît bien les peintres de l'école dite Lmpressionnjste, ainsi que les artistes jeunes nouveaux, a écrit notamment des préfaces pour les expositions d'Odîlon Redon. Mary Cassât, Ten Cate, etc.

11 a fondé, en i8<)7, et dirige depuis ce temps avec M. Clémeut-Janin, L'Estampe et l'Affiche, revue mensuelle illustrée, qui a pris un rang important parmi les publications artistiques.

Il a collaboré, en outre, à l'Art dans les Deux Mondes, 'a.WNou'celle Revue Européenne, 'a.VL»iage,eXc.

On doit encore à M. Mellerio des études sur :e Mouvement idéaliste en peinture et sur la Lithographie originale eu couleurs.

sniNT-RUiiniî^E

( Jean - François -Xavier - Anatole Conote de BEAUPOIIi de)

oMANciES, poète et publiciste, né au château de Monplaisir, commune de Condat (Dordogneile 12 juin i84vSes études classique-' terminées, il voyagea à travers toute l'Europe, pendant plus de dix ans et se retira, en 1860, au château des Etano's, commune deMassignac Charentei. qu'il habite depuis cette époque, pour se consacrer définitivement à la littérature età l'élevage.

M. le comte de Beaupoil de Saint-Aulaire débuta par des poésies non éditées, puis il fit paraître en librairie, des romans qui ont obtenu du succès et dont quelques-uns ont eu plusieurs éditions.

Les premiers ouvrages de cet écrivain, furent : le Père Anselme; la Vocation d'Angèle; un Naïf et Gilda, quatre livres remarqués, le dernier surtout. Viennent ensuite : les Dessous de l'Histoire ; France et Russie: Carlistes et Christinos, romans historiques de grande valeur documentaire ; Masque et visage : Lettres de vieillards, études très fouillées sur la politique et la société 18971 ! Rétrogrades, roman* passionnel, œuvre de maître :i8q8. M. le comte de Saint-Aulaire a. en outre, publié des nouvelles dans il quelques journaux et revues.

11 s'occupe aussi, très activement, d'agriculture, comme éleveur, dans la Charente et en Normandie.

GAZ05 (liouis)

?)âi^^8?OM>iERÇANT. homme politique, publiciste, né

«^■J^ .1 Spav iSarthei le 4 mars 184 1. S^H?^ Issu d'une des plus anciennes familles de

^^ travailleurs de la Sarthe, orphelin à 16 ans et ne pouvant plus continuer ses études, il fut envoyé à Paris, par le proviseur du lycée du- Mans, dans mie maison cie commerce où il resta pendant quelques années.

Ses goûts le portant à rétude de la botanique, il suivit les cours et se présenta à l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris, où il obtint le diplôme d'herboriste de i" classe.

Etabli depuis i86=i à Paris, M. Louis Gazon fut, en iS-jé. l'un des fondateurs de l'Association générale des Herboristes de France iChambre syndicale delà Seine), dont il a été le président de 1S84 à 1894, et au Conseil d'administration de laquelle il a appartenu pendant dix-huit années. C'est sous sa présidence, par l'impulsion qu'il sut lui donner, que cette association prit son plus grand déTeloppement. 11 fut l'organisateur de ces herborisations si utiles et si suivies qui ont lieu pendant les mois d'été, et il contribua au succès de l'association à l'Exposition universelle de i88q, où elle obtint une médaille d'or.

Membre perpétuel de la Société protectrice des .inimaux depuis 1877, il ne tarda pas à entrer dans le Conseil d'administration et fut élu vice-président de cette société en 181)6.

11 fut délégué cantonal du xvii" arrondissement de Paris de 1887 à 1890, et membre de la commission d'examen du certificat d'études primaires.

M. Louis Gazon s'est toujours occupé de politique depuis 18']=). Il fut fondateur et plusieurs fois président de groupes républicains révisionnistes du quartier des Ternes, à Paris. En 1889, il prit une part très active au mouvement électoral. II fit partie, en 1890-91, du conseil de la Fédération des républicains socialistes. 11 est, depuis 1893, président de l'Union des républicains patriotes, socialistes et révisionnistes de France, qui fit sentir son action dans tous les événements politiques de ces dernières années. En cette qualité, il a organisé, notamment, les importantes manifestations de cette association en faveur de l'alliance franco-russe, et la protestation publique contre l'envoi des navires français à Kiel 16 juin 189s:; il fut aussi l'un des signataires du manifeste « Aux Français, /. lors du procès Zola Jfévrier 1898;.

Deux fois candidat aux élections municipales dans le quartier des Ternes, il y obtint en 1893, 805 et en 1896, 822 voix.

M. Louis Gazon est vice-président général et président de la section du xvn'' arrondissement) de la Ligue svndicale pour la défense des intérêts du travail, de l'industrie et du commerce, qui compte actuellement plus de 195 mille adhérents en France et qui a obtenu l'adhésion de 205 groupes industriels et commerciaux; il collabore activement à la Reven- Jhation, organe de cette ligue. Il a pris une part

active à de nombreux congrès organisés tant par les chambres syndicales de l'alimentation que par les ligues commerciales, et fut aussi, pendant plusieurs années, membre du comité préparatoire des élections au Tribunal de commerce.

11 a été rédacteur à plusieurs journaux politiques : le Progrès de l'Ouest, la Guerre arix Abus, de M. Francis Laur, ancien d-éputé, etc.

M. Louis Gazon est enfin l'Hin des fondateurs de l'Œuvre de la soupe populaire des Ternes et de la Plaine-Monceau, qui rend depuis 1894 tant de services aux indigents; membre honoraire et administrateur de la Société de secours mutuels des gens de maison; vice-président du cercle amical les -r Gars de la Sarthe », qu'il a fondé en 1897; mt-'mbre de rUnïon protectrice des jeunes travailleurs des deux sexes; membre de la Caisse des écoles du xvn" arrondissement, etc., etc.

VRfi GELiDEf{ (Geopges)

LDnciN, vulgarisateur scientifique, professeur ^' et conférencier, né à Paris le 22 août 184=;.

'^jiu'^' Il est, par son père, d'origine hollandaise.

^1^ Sa mère, de famille française, M'^'^Julian- Van Gelder, de l'Opéra et des Italiens, fut une cantatrice de grand talent. Son père, pianiste distingué, mourut professeur de musique au Ivcée de Bayonne.

M. Georges Van Gelder fit à Paris ses études classiques et médicales et fut reçu docteur avec une thèse sur ÏAscite congénitale, qui fut remarquée alors. II s'est fait connaître comme l'un des premiers champions de l'enseignement rationnel de la gymnastique en France. Membre de la Commission de gymnastique à la Sorbonne, auteur d'articles importants parus dans le journal la Gymnastique française, etc., le docteur Van Gelder est une autorité généralement consultée en ces matières.

Professeur dès sa première jeunesse, le docteur Van Gelder. partisan de l'enseignement professionnel, professe les sciences physiques et naturelles dans les écoles professionnelles E. Lemonnier depuis plus de vingt ans. Au moment de la période brillante des conférences du boulevard des Capucines, poussé par son ami de La Pommeraye, il fit pendant quelques mois le feuilleton scientifique parlé.

Il est médecin de la Compagnie générale des Petites-Voitures de Paris, médecin-major de l'armée territoriale, chef-adjoint du service médical au Cercle militaire à Paris, médecin en chef de la Société du Tir au canon, membre de la Commission des Examens de la Seine, trésorier de l'Association amicale des Examinateurs de la Seine, etc.

On doit à M. Van Gelder plusieurs ouvrages d'un grand intérêt scientifique , publiés à la librairie Nathan , notamment : Elcniciits de sciences physiques, avec leurs applications à l'agriculture, à l'industrie et à l'hygiène (i88o'j ; Eléments de sciences naturelles, etc. (1882) ; VAnatomie et la physiologie appliquées à la gymnastique (1882, — 5' édit. 1897), ouvrage devenu classique aujourd'hui ; le Livre unique des sciences physiques et naturelles à l'Ecole primaire [i?>()<=))\ Cours de sciences physiques à l'usage des écoles normales, primaires et des candidats au brevet supérieur, en collaboration avec M. Chassevant, agrégé de la Faculté de médecine (1898), etc.

M. le docteur Van Gelder a collaboré en outre au Petit Journal, à V Opinion Publique, au Rapide, etc.

Il est officier de l'Instruction publique depuis 1886.

Af^EflBEt^G (fluguste-nliouis-fllbépie Ppinec d')

ÉpuTÉ, président de la Compagnie de Suez, né le 15 septembre 1837. Il appartient à la branche française de l'ancienne famille du- Vi^ i cale de ce nom et est fils du prince Pierre, ancien pair de France, mort à Bruxelles en 1877.

En 1870, le prince d'Arenberg, grand propriétaire dans le Cher, fut nommé commandant des mobilisés de ce département..

Conseiller général du canton de Saint-Martind'Auxigny, il fut porté dans la !"■ circonscription de Bourges, aux élections du 14 octobre 1877 pour la Chambre des députés, comme légitimiste et candidat officiel du maréchal. Elu par 9,107 voix contre 6,717 obtenues par M. Devoucoux, candidat républicain et député sortant, il prit place à la droite monarchique de la Chambre. Aux élections du 21 aoiit 1881, il échoua au scrutin de ballottage, avec 7,886 voix contre 8,316 données à M. Cheneau, candidat républicain. Il fut encore battu, avec toute la liste monar-

chiste du Cher, aux élections du 4 octobre 1885 et ne réunit que 37,778 voix sur 82,639 votants.

En 1889, après le rétablissement du scrutin d'arrondissement, il se porta aux élections générales du 22 septembre 1889, dans la i'" circonscription de Bourges et fut élii au premier tour par 7,972 voix, contre 6,4'56 obtenues par M. Eug. Brisson, candidat républicain.

Au renouvellement législatif de 1893, candidat rallié, il vit son mandat renouvelé par 8,979 voix contre 8,326 obtenues par M. Debaune, républicain.

A la Chambre, M. d'Arenberg a été membre de diverses commissions. Il s'est principalement occupé des questions coloniales, budgétaires et de prévoyance.

En dehors du Parlement, il a participé à la fondation et à la direction d'institutions philantropiques, notamment de celle de l'hospitalité de nuit.

En 1896, après le décès de M. J. Guichard, M. le \ prince d'Arenberg a été nommé président de la Com- " pagnie du canal de Suez. Il est vice-président du Jockey-Club.

f^ESOUî^ (Paul flMItiliET, dit)

oÈTE, né à Paris, le 21 mai 1877. Après de solides études classiques commencées à fti' l'Ecole Fénelon et terminées dans sa famille, avec M. Victor Charbonnel comme professeur, M. Paul Amillet débuta, en littérature, sous le pseudonyme de ". Paul Reboux », par un sonnet : Nox Pia, inséré dans le Sillon (1893). 11 publia ensuite de nombreuses et délicates poésies, dans le Gaulois, \a Revue idéaliste, l'Art et la 'Vie, l'Univers illustré, les suppléments du Gil Blas et du Petit Parisien, la 'Vie, VArt libre, revue littéraire et artistique qui le compte parmi les membres de son comité de rédaction.

M. Paul Reboux a fait paraître, chez l'éditeur Lemerre, un volume de poésies d'amour : les Matinales (1897) ; il a terminé, en 1898, un nouveau volume de vers : les Iris noirs, titre qui exprime bien la nature à la fois juvénile et mélancolique des pièces qui y sont réunies.

M. Paul Reboux est aussi l'un des rédacteurs du Journal de Madame, fondé en 1898.

— Os —

BOUt^GET (Paul)

^^^^^ oMANciER, poète, membre de FAcadémie "^■l^l^ française, né à Amiens le 2 septembre 1852. ^^^It " commençasesétudesàClermont-Ferrand, ^i '■-^^ où son père était recteur de l'Académie, et les termina au collège Sainte-Barbe, à Paris.

Reçu licencié es lettres en 1872, il suivit pendant un an les cours de l'Ecole des Hautes-Etudes, puis donna des leçons de latin et de philosophie, avant de se consacrer entièrement aux lettres, dans lesquelles il débuta sous les auspices de MM. Richepin, Bouchor et autres littérateurs de la jeune école.

M. Bourget écrivit, dès 1872, dans le journal la Renaissance ; il donna, en 1873, un article sur Le Roman réaliste et le Roman pictiste, à la Revue des Deux-Mondes. Il a, depuis, collaboré à la Republique des Lettres (1877), la Vie littéraire (1878), la Paix, le Globe (1879), le Parlement (1880), le Journal des Débats, la Nouvelle Revue (1882), Y Illustration (1884), etc.

En 1874, parut son premier recueil de poésies : la Vie inquiète; puis, en 1878, un poème: Edel et, en 1882, Les ,4ii7/.v, autre recueil de poésies. Depuis, il n'a plus écrit de vers. Ses œuvres poétiques ont été réunies en deux volumes, sous le titre : Poésies (i88s- 1887; ; elles sont moins connues que ses productions en prose.

M. Paul Bourget est l'un des écrivains les plus lus de notre temps. '< Maniaque de psychologie et amoureux passionné de l'analyse », dit-il de lui-même, c'est en effet une toute particulière puissance d'observation qui caractérise ses ouvrages. Citons quelques appréciations qui précisent bien l'œuvre de cet émiiient écrivain :

— .\u lieu d'une philosophie d'emprunt et gauchement portée. M. Bourget a rcvclc tout à coup une faculté d'analyse de premier

ordre On est heureux de constater que le jour où M. Bourget

a consenti â être complètement vrai, c'est-à-dire tout simplement lui-même, il s'est trouvé à la fois romancier, moraliste et écrivain.

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