‹ Dictionnaire national des contemporainsChapitre 10 sur 17 · V.D. SCHÉKES · texte numérisé non relu

V.D. SCHÉKES

— C'est dans la finesse et l'exactitude de l'analyse qu'il faut chercher la grande puissance de M. Bourget et la cause de ses succès. Mais encore qu'analyse-t-il particulièrement et quel est son domaine ordinaire ? M. Paul Bourget est un spécialiste qui connait exactement une maladie et qui, toujours, dans tous les malades ou les bien portants qu'il observe, en reconnaît les symptômes. Cette maladie s'appelle: l'indécision. i,H. Ner'.

— M. Paul Bourget fréquente chez les Ephrussi et les Cahen, où des femmes do remisiers, charmées d'être prises pour de vraies grandes dames, compatissent, par un échange de concessions, à un vague à l'âme légèrement affecté, à un dandysme qui sent un peu le maître d'c'tudes habillé .i la confection On se demande

où l'on est, dans ses romans qui n'ont ni la poésie des œuvres d'imagination, ni l'attrait puissant et sain des œuvres de vie sincère et vraie. On est dans le monde juif (E. Deumost).

M. Bourget a publié des livres de critique philosophique, sociale et littéraire : Essais de psychologie (1883) ; Nouveaux essais de psychologie {i%'è^\; Etudes et portraits [1 vol. 1888); Etudes anglaises, fantaisies; Pastels, dix portraits de femmes ([889) ; Physiologie de l'amour moderne, '( fragments posthumes d'un ouvrage de Claude Larcher » {18901 : Sensations d'Italie (1891); Nouveaux pastels, dix portraits d'hommes (1891) : Outre-Mer, études sur les mœurs, l'état social et politique des Etats-Unis, publié après un voyage de l'auteur en Amérique (189=; .

Ses romans portent les titres suivants: \ Irréparable (1884); Cruelle énigme, couronné par l'Académie française (1885); Un crime d'amour (18S6); André Cornclis ; Mensonges (1887); le Disciple (1889); la Terre promise (1892); Un scrupule; Cosmopolis (1893) ; Un saint ; Steeple-chase (1894) ; Une Idylle tragique ; Un cœur de femme (1896); Recommencements ; Voyageuses{ii()-]) ; Double amour [iS^S .

M. Paul Bourget a été admis à l'Académie française, au fauteuil de Maxime du Camp, le 31 mai 1894.

Chevalier de la Légion d'honneur en 1886, il a été promu officier en 1896.

QUESflflY de BEflUfJEPfllf^E (Jules)

AGisTRAT et littérateur, né à Saumur le 2 juillet 1838. Entré dans la magistrature

^jj, - impériale, il fut nommé substitut, en 1862,

"^^ à la Flèche, puis procureur impérial à Mamers (1867). A la guerre de 1870, il s'engagea dans un corps franc et prit part à la défense de Paris.

M. Quesnay de Beaurepaire fit ensuite du journalisme : rédacteur en chef du journal l'/l »(.'«/>• de la Sarthe, au Mans, il fut poursuivi et condamné, pour diffamation, à une amende et 3,000 francs de dommages-intérêts. Après le 16 Mai et la dissolution de la Chambre, il se présenta, comme candidat républicain , dans la i"' circonscription de Mamers (14 octobre 1877) et fut battu, avec 2,784 voix contre 7,241 données à M. de La Rochefoucauld, candidat monarchiste.

Cet échec l'engagea à solliciter sa rentrée dans la magistrature. Nommé substitut du tribunal de la Seine (22 mars 1879), procureur général à la Cour de Rennes (13 septembre 1881), puis avocat général Paris(i883i, il occupa, en cette qualité, le siège du

ministère public dans plusieurs procès retentissants, tels que celui de M"'' Louise Michel, accusée d'excitation au pillage des boulangeries ; ceux de l'assassin Campi. du pharmacien Pel, etc.

Le refus de M. Bouchez de dresser l'acte d'accusation demandé par le gouvernement contre le général Boulanger, MM. Rochefort et Dillon, valut à M. de Beaurepaire sa nomination au poste de procureur général, en remplacement de ce magistrat éminent : 18891. Comme commissaire auprès du Sénat, constitué en Haute-Cour de Justice, et dans les séances des 9 et 10 août, il donna lecture de son réquisitoire, qui fut très vivement commenté par la presse et l'opinion publique. Sur ses conclusions, le Sénat condamna, sans débats contradictoires, les trois accusés contumaces, à la déportation à perpétuité dans une enceinte fortifiée.

M. Quesnay de Beaurepaire fut, dès ce moment, en butte aux plus vives attaques, comme magistrat : comme écrivain, il eut à subir de véritables injures. Il fit plusieurs procès à ses détracteurs ; mais il ne put obtenir satisfaction même des tribunaux : un premier jugement, rendu par la 9" chambre, le débouta de sa plainte (8 mai); un second, déclara le tribunal incompétent ,1" juin); cependant, dans cette deuxième cause, la Cour d'appel condamna les nombreux journaux qu'il poursuivait à l'amende, à la prison et à des dommages-intérêts (8 juin); mais, portée ensuite devant la Cour d'assises de la Seine, l'affaire se termina par l'acquittement de VAitton'te,dt\'/fitransigCiinl, de la Cocarde et du Tour de Paris, après une incisive plaidoirie de M. Choppin d'Arnouville.

A la tin de l'année 1890, c'est encore M. Quesnay de Beaurepaire qui occupait le siège du ministère public dans l'aiîaire Goufïé (16-20 décembre) : un an plus tard, au milieu des campagnes épiscopales engagées contre le gouvernement, à la suite des pèlerinages de Rome et du conflit qui en était résulté, il porta la parole dans la poursuite intentée contre un archevêque, Mgr Gouthe-Soulart, devant la Cour de Paris (23 novembre 1891) ; tout en proclamant la liberté de conscience comme une de nos conquêtes et se déclarant catholique pratiquant, il réclama, très vivement l'application de la loi. Quelques mois après, il prenait en mains les poursuites contre Ravachol et les soutint devant la Cour d'assises de Paris (6 mai 189a). Au mois de décembre de la même année, le procès de Panama fut soulevé et donna lieu à d'interminables discussions juridiques et politiques, au milieu desquelles M. Quesnay de Beaurepaire crut

devoir démissionner. Il fut alors nommé président de chambre à la Cour de cassation 118421.

M. Quesnay de Beaurepaire qui, avant 1870, avait déjà collaboré à la Vie parisienne et à la Revue de Paris a, depuis, sous le pseudonyme de '< Jules de Glouvet », donné : le Forestier liSSo); le Marinier (18811 ; le Berger (1882) ; YIdeal (1883) ; la Famille Bourgeois (1883) ; Croquis de femmes, recueil de nouvelles (1884); VEtiide CItandoux (1885); le Père II 886), d'oîi il a tiré une comédie en 4 actes, jouée au ^'audeville ; la Fille adoptive (1887); Marie Bougère (1889), celui-ci sous le pseudonyme de '(. Lucie Herpin », nom véritable d'une personne honorable qui protesta ; Histoire du vieux temps (i86s), extraits d'un vieux manuscrit. 11 a aussi écrit un Traite de législation sur la Chasse et a collaboré à la Nouvelle Revue, à la Revue politique et littéraire. à la Chasse illustrée, etc.

.^l. Quesnay de Beaurepaire, promu officier de la Légion d'honneur le 13 juillet 18S9, a été fait commandeur le \" juillet 1S90.

eflUDE]^S (Gustave-Paul-Chaples)

fÉN.\TEUR, né à Castelnau-Magnoac (Hautes- Pvrénées) le i" octobre 1843. '^ ^^^ ^ Toulouse ses études classiques' et y suivit les cours de la Faculté de droit, jusqu'à l'obtention de la licence, en 1863.

Rentré alors dans sa ville natale, après avoir fait son stage d'avocat à Bagnères-de-Bigorre, M. Gustave Baudens se consacra à l'exploitation de ses propriétés agricoles et se mêla, dès cette époque, aux luttes politiques locales.

Elu conseiller général, en juin 1870, comme candidat libéral d'opposition, pour le canton de Castelnau-Magnoac, il ne put siéger à cause de la guerre Franco- Allemande.

Maire du chef-lieu de ce canton après le 4 septembre 1871, et réélu conseiller général la même année, il n'a plus cessé depuis d'être membre de l'Assemblée départementale des Hautes-Pyrénées ; il en a été secrétaire de 1871 à 1883 et vice-président de 1883 à 1893.

Le 22 janvier de cette dernière année, M. Gustave . Baudens, porté comme candidat républicain conservateur, fut élu sénateur des Hautes-Pyrénées, au deu.xième tour de scrutin, par -,^1 voi.x contre 330 données à son concurrent, M. Berges.

Il s'agissait de pourvoir au siège sénatorial laissé vacant par la mort de M. le général DelTis.

Républicain libéral. M. Baudens se fit inscrire, au Sénat, au groupe du centre gauche, dont il n"a jamais cessé de faire partie et dont il est devenu Tun des secrétaires. Très versé dans les questions d'agriculture, il est aussi nienibre du groupe agricole et a souvent pris la parole, à la tribune du Lu.xembourg, pour défendre les intérêts des éleveurs de la région du Sud-Ouest de la France.

Il est intervenu dans un grand nombre de discussions et notamment dans celle de la loi sur les accidents du travail, où l'un de ses amendements a été adopté : dans celle sur les droits d'abonnement, il développa avec force un amendement qu'il avait déposé. Il a demandé au Sénat la suppression ou la modification de la taxe militaire et des prestations en nature.

M. Gustave Baudens a publié quelques travaux intéressants d'érudition historique, notamment : Une pelilc ville pendant la Révolution, et une Série de proics sous l'ancien régime. Il est, en outre, l'un des collaborateurs les plus appréciés de la Revue des Pyrénées.

JVIOJ^TÉPHVl (Xaviep-Aymon Corrjte de)

•^«^^ ^n■l^R.\TKUR , né à Apremont i Haute-Saône j le |lg/|f iQ mars 1820. Fils du comte et neveu de l'an- '*-?-^ cien pair de ce nom, il se fit inscrire à l'Ecole "}" -' des Chartes, et participa, en 1848, ati mouvement politique. Cette même année. M. Xavier de .Nlontépin fonda un petit journal intitulé : le Canard, collabora au Pamphlet et au Lampion., feuille réactionnaire, publia, avec .M. de Calonne, Les trois journées de Février et le Gouvernement provisoire, pamphlet satyrique, et quitta la politique pour se consacrer entièrement à la publication de romans populaires et feuilletons qui, à défaut d'une haute notoriété littéraire, lui ont rapporté une fortune que l'on dit considérable.

Voici la nomenclature des r-jmans qu'a publiés successivement M. de Montépin : Les Chevaliers du Lansquenet (1847); les Viveurs d'autrefois (1848); les Amours d'un Fou ; les Confessions d'un Bohême ; le Brelan de dames (1849) > ^^ Loup noir ; Mignonne {1851); le Vicomte Raphaël; la Reine de Saba ; VFpee du Commandeur ; Mademoiselle Lucifer ; Geneviève Galliot : Un Roi de la mode; le Club des Hirondelles ; les Fils de famille: le Fil d'Ariane; les

Oiseau.x de nuit; les Valets de ccrur ; V Auberge du Soleil d'or {i8'^2-ïS^^) \ Un Gentilhomme de grand chemin (1854); les Amours de Venus ; la Perle du Palais-Royal ; les Filles de Pl.itre (185s), étude réaliste poursuivie et condamnée comme contraire aux mœurs; les Viveurs de Paris (ifi^a-iSsO: ; VOfficier de fortune (1857) ; Souvenirs intimes d'un garde du corps (1857) ; la Maison rose !'i8s8) ; les Viveursdc province iiSh^); la Gitane; le Compère Leroux '1860) ; Un Amour maudit; les Marionnettes du Diable (1861); les Compagnons de la Torche {1S621 : la Reine de la nuit (1863; ; les Pirates de la Seine (1864) ; les Enfers de Paris ; h Ferme des Oliviers (186=;'); la Fille du Meurtrier (iSbb) ; la Maison maudite ; le Moulin rouge (1867}; la Voyante; les Drames de l'Adultère [iS-]-)) ; Tragédies de Paris ; la Femme de Paillasse; la Vicomtesse Germaine [iS-j^] ; le Secret de la Comtesse ; la Sorcière rouge; le Ventriloque (1876); les Drames du mariage (i8-jS) : le Médecin des folles ; le Chalet des Lilas ; Une Dame de pique (1879); le Dernier des Courtenay;les Filles de bronze; le Fiacre n° i^;Jcan, Jeudi, Justice; Sœur Suzanne (1880) ; la Baladine ;les Amours d'Olivier; la Maitresse masquée; Son Altesse V Amour (1881) : la Fille de Marguerite {1881-1882): les Pantins de Madame le Diable (1882) ; Madame de Trêves; Simone et Marie ; le Dernier duc d'Hallali (1883) ; les Amours de province ; la Demoiselle de Compagnie (1884') ; la Porteuse de pain 1 1884-1883) ; le Crime dWsnières ; Deux Amours; Hermine, Odile; la Belle Angêle (1885); Rigolo; les Yeux d'Emma-Rose ; les Filles du Saltimbanque (1886 1 ; les Dessous de Paris, comprenant: le Marchand de diamants. Une Famille parisienne, le Roman de la misère. Fille de Courtisane (1887) ; les Débuts d'une Etoile ; le Gros Lot ; la Fée des Saules (1888) ; le Mariage de Lascar, les Pirates de la Seine (1889) ; Marâtre; la Tireuse de cartes ; la Fille du fou (1890) ; Trois Millions de Dot ; la Dame aux Emeraudes ; la Perle du Palais-Royal (1891) ; la Voleuse d'amour (1894-1895) ; la Policière (1897 .

M. de Montépin a également donné au théâtre, soit seul, soit avec divers collaborateurs: les Trois B.iisers; les Fleurs animées ; le Rossignol des Salons, vaudevilles (i8so ; les Etoiles ou le Voyage de la Fiancée; le Connétable de Bourbon; le Vol à la Duchesse ùS^i); Pauline, z\ec M.Alexandre Dumas ; les Chevaliers du Lansquenet ; les Frères Corses (i8=ii; ; la Tour Saint-Jacqucs-la-Bouchcrie. avec M. A. Dumas; les Viveurs de Paris , Ambigu, 18S7} ; la Xuit du 20 Septembre (1858] ; la Sirène

■/(' Paris (1860) ; YHoniinc aux figures de cire ;Gaieté), avec M. J. Dornay; ZiTw/^nr (Déjazet, 1866); Bas de cuir , avec M. J. Dornay (Gaieté) ; Vile des Sirènes (Nouveautés) ; la Magicienne du Palais- Royal (Ambigu) ; le Médecin des Pauvres (Beaumarchais, 1866) ; Tabariii, avec M. Orangé (Ambigu. 1873); \q Béarnais (Château-d'Eau, (1876); la Porteuse de pain, drame avec iM. Dornay (Ambigu, 1889); le Médecin des Folles (1892), etc.

DAVOUT (Liéopold-Claude-Etienne" Jules-Chafles, due d'AUEÏ^STŒDT)

'iKNÉRAL, grand cliancelier de la Légion d'honneur, né le 9 août 1829 à Escolives (Yonne). Il est le neveu du glorieux maréchal du j^ j ' premier Empire, créé duc d'Auerstsedt le 2 juillet 1808 et dont le titre, éteint en 1853, a été rétabli en sa faveur par décret du 17 décembre

Entré d'abord, à 10 ans, au Prytanée militaire de la Flèche, où il fit ses études classiques, il fut admis comme élève à l'Ecole de Saint-Cyr en 1847, ^^ ^^ sortit sous-lieutenant au 72" de ligne le i" octobre

Promu lieutenant au choix le 29 février 1852, il partit deux ans après pourl'Afriqueavec son régiment. Sa brillante conduite dans une razzia opérée dans le Sud-Oranais lui valut, sur la proposition du général de Beaufort. les galons de capitaine en 1856.

11 passa par permutation au 2"" régiment de tirailleurs, qu'il quitta au début de la guerre d'Italie pour faire partie du régiment de turcos provisoire, commandé par le colonel Laure.

Le 3 juin, veille de la bataille de Magenta, l'artillerie de réserve, commandée par le général Auger, ayant été un instant compromise par un mouvement des Autrichiens près Robechetto, le capitaine Davout sut. par une habile disposition de sa troupe, en imposer à l'ennemi et provoquer sa retraite. Un canon resta entre nos mains.

11 fut récompensé de ce beau fait d'armes par sa nomination au grade de chef de bataillon au 23" de ligne le 18 juin 1863.

Peu de temps après, on lui confiait le commandement du 13° bataillon de chasseurs à pied.

Passé lieutenant-colonel du 11'' de ligne le 27 décembre 1865, il fut promu colonel le 12 mars 1870 et

reçut le commandement du 95" régiment d'infanterie qui fit partie de l'armée du Rhin (brigade du général Clinchant, i"' division, 3" corps).

Pendant cette campagne, il se signala tout particulièrement le i8 août 1870, jour de la bataille de Saint-Privat, où il se rendit maître de la crête en arrière de la ferme de Chantrenne, d'où il refoula, à trois reprises, les assauts des troupes ennemies, commandées par le général Von Blumenthal.

Le 31 août suivant, le colonel Davout, grâce à son énergie et à la confiance qu'il inspirait à ses soldats, s'empara du village de Xoisseville avec son régiment, seul et sans le secours d'autres troupes.

Le 9=," perdit dans cette journée 8 officiers tués, ^ blessés, 37 hommes de troupes tués, 186 blessés.

Fait prisonnier i\ec l'armée de Metz et emmené en Allemagne, le colonel Davout rejoignit, à son retour de captivité, son régiment à Aubagne (Var).

Après la proclamation de la Commune, à Paris, le 22 mars 1871, il fut désigné par le général Espivent pour commander une division composée d'un bataillon de chasseurs à pied et de plusieurs régiments, et chargé d'attaquer Marseille, alors en insurrection, par le Nord, tandis que le général l'attaquerait par l'Est.

A peine entré dans la ville, il fut appelé par le ministre de la Guerre pour prendre le commandement du 36° de marche devant Paris.

Le 17 et le 18 avril il se rendait maitre du château de Bécon. d'Asnières et de toutes les positions des insurgés sur la rive gauche.

Le dernier jour de la lutte devant Paris, où il avait enlevé les gares de l'Est et du Nord et les buttes Chaumont, le colonel reçut une balle à la tète en faisant une reconnaissance.

Deux fois cité dans les dépêches télégraphiques de M. Thiers, il fut promu général le 24 juin, en récompense de sa belle conduite et commanda d'abord une brigade d'infanterie à Saint-Denis.

Il passa ensuite à la tète de la 13' brigade d'artillerie à Clermont-Ferrand et fut nommé général de division le 25 décembre 1877.

En cette qualité, il occupa les fonctions de chef d'Etat-major général sous le ministère Gresley, du 13 janvier au 28 décembre 1879.

Remplacé, lors de la nomination du général Farre comme ministre de la Guerre, il se vit confier, le 19 août 1880, le commandement du 10° corps d'armée à Rennes.

Trois ans après, il succédait au général Saussier

(nomme gouverneur militaire de Paris), comme chet | du 19" corps à Alger.

En 1886, il passait au 14° corps, recevait le gouvernement militaire de Lyon et, le 12 juillet, était promu grand-croix de la Légion d'honneur.

Nommé, en 1888, membre du Conseil supérieur de la Guerre et désigné pour le commandement éventuel d'une armée, le général Davout fut décoré de la médaille militaire, à la suite des manœuvres de l'Est en 1891.

En décembre 18915, à la suite de la démission de -VL le général Février, M. le duc d'Auerstœdt fut appelé aux fonctions de grand-chancelier de l'Ordre de la Légion d'honneur.

Le général Davout est l'auteur d'un important Projet de réorganisation militaire, qui fut publié après la guerre, en 1871.

SÉJSlAt^T (Emilc-ChaPles-MaPie)

RiKNTALiSTE, membre de l'Institut, né à Reims le 27 mars 1847. Fils d'un notable négociant de cette ville, et non d'un magistrat comme l'écrit par erreur M. Vapereau, dans son Dictionnaire des Contemporains, M. Sénart fit ses études universitaires à Munich et à Gcettingue, iiii il fut en particulier l'élève du professeur Benfey. Il poursuivit ses recherches sur les langues et la littérature orientales jusque dans l'Inde, qu'il parcourut en 1887-1888.

Elu membre de r.\cadémie des Inscriptions et Belles-Lettres le 23 juin 1882, en remplacement de Guessard, .^I. Emile Sénart a été nommé depuis vice-président de la Société asiatique de Paris.

La connaissance approfondie des mœurs, de la religion et des anciens dialectes indiens, que possède M. Sénart. se manifeste dans ses ouvrages; citons parmi ceux parus jusqu'à ce jour: Grammaire pâlie de Kaccdyana (18471 ; Sur qnehjues termes bonddhiques [i^l'l-, in-8); les Inscriptions de Pijadasi 1^1881-1886, 2 vol. gr. in-8); Essai sur la légende de Bnddlia, son caractère et ses origines (1882, in-8", 2° édition) ; le Mahdvestn (1892-1898, 3 vol. in-8), texte sanscrit publié pour la première fois et accompagné d'introductions et d'un commentaire ; Notes d'epigraphie indienne [i%%% et suiv., extrait du. Journal asiatique); Les Castes dans Vlndc (1896).

M. Emile Sénart a collaboré au Journal asiatique, à la Revue des Deux-Mondes (Un Noi de l'Inde an

111' siècle avant notre ère, le Thdtre Indien) , à la Revue archéologique, etc.

Propriétaire à Cherreau(Sarthe) et conseiller général du canton de La Ferté-Bernard, M. Emile Sénart fut porté sur la liste conservatrice, pour ce département, aux élections sénatoriales du 4 janvier 189 1. Il échoua avec 360 voix.

Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis

DIDOI^ (le f^. P. Henfi)

Prédicateur et écrivain, né à Touvet (Isère) 2^ le 17 mars 1840. Elève au petit Séminaire de Grenoble, il entra, à 18 ans, chez les Dominicains, où il connut le P. Lacordaire, dont il subit l'influence, et il prononça ses vœux en

Envoyé à Rome, au couvent de Minerve, pour se préparer à la prédication, il vint, à 28 ans, débuter à Saint-Germain-l'Auxerrois, à Paris, par un discours défendant le rôle social des moines (1868).

Il donna des soins aux blessés pendant la guerre et prononça, en 1871, à Nancy, l'oraison funèbre de Ms' DarBoy, archevêque de Paris.

En 1872, à Marseille, le P. Didon prononça sur la confession et sur le patriotisme des sermons remarquables. Nommé ensuite prieur des Dominicains de la rue Saint-Jean-de-Beauvais, à Paris, il entreprit une série de conférences qui donnèrent à son iioni un éclat imprévu (1875). Il traita : De l'homme devant la science et la foi (1876), thèse où il cherchait un terrain de conciliation entre la science et la religion ; La science sans Dieu ; L'Eglise devant la Société moderne (1879), etc.

Le P. Didon avait suivi avec une admiration non déguisée, les cours de Claude Bernard; en 1878, il le visita à ses derniers moments et, malgré les dénégations de ses amis, il laissa croire qu'il avait assisté le savant, comme prêtre.

Cette même année, on commenta beaucoup ses conférences sur le divorce. Sa thèse de l'union de la philosophie avec la foi semblant peu orthodoxe à l'autorité ecclésiastique, l'archevêque de Paris interdit les conférences du P. Didon , qui se soumit à la décision dont il était l'objet. Mandé à Rome par le général de l'Ordre , il se vit condamné au silence et fut envoyé au couvent de Corbara (Corse), où il passa dix-huit mois dans l'étude et la retraite ; il entreprit ensuite un voyage en Allemagne et y suivit

les cours de grec, d'hébreu et d'histoire ecclésiastique, aux universités de Leipzig et de Berlin ; il en a rapporté un livre important renfermant les observations faites pendant son séjour dans ce pays.

Le P. Didon consacra à de nouvelles études une longue retraite faite dans le couvent de Flavigny (Côte-d'Or) : il y prépara son livre : la Vie de Jésus, pour lei|uel il fut rechercher des impressions personnelles en Palestine.

Nommé, en 1890, directeur du collège Albert le Grand à Arcueil, et installé en grande solennité, il reparut dans la chaire de la Madeleine en 1891 et y prononça un discours Sur l'Eglise et la Papatitc, en faveur de la construction d'une église à Rome, sous le vocable de saint Joachim, patron du pape Léon XIII. Il prêcha encore dans cette même église pendant le carême de 1892.

Le P. Didon a publié plusieurs de ses discours. Citons les principaux : OjCest-cc qu'un moine ? Quel est son rôle social? (1868); Eloge funèbre de Monseigneur Georges Darhoy {1871); Sur la confession (1872); Sur le patriotisme (1872); Lliomme selon la science et la foi [\'&-]^) ; La science sans Dieu (1878) ; Itidissolubilitc' et Divorce [1880). Christophe Colomb ; Devoirs de la Jeunesse lettrée (1892") ; Sur le choix d'une carrière (1894); Influence morale des sports iitlile'tiques ; Qu'est-ce que le prêtre (1897).

Ses autres ouvrages sont : L'Enseignement et les Universités catholiques (187=,); Les Allemands (1884); La Vie de Jésus (1890): La mère de Famille {1894) ; L'homme d'action (1895!; Le devoir intellectuel et social de la jeunesse; L'éducation nationale; L'irréligion moderne et les croyants (1896).

EPj-lt^USSI (Charles)

•rudit, critique d'art, né à Odessa (Russie) le 16 décembre 18 50. Frère de M. Jules Ephrussi, banquier bien connu, il fît, comme celuici, ses études dans sa ville natale et à 'Vienne; puis, venu en France en 1807, il se fixa à Paris en 1871.

Porté de bonne heure vers les recherches historiques et artistiques, M. Ch. Ephrussi publia en 1876 un article remarq'ué sur Jacopo de Barbary dans la Galette des Beaux- Art s

M. Charles Ephrussi a fait paraître en outre, notamment : Albert Durer (étude et dessins i vol 188O ; Paul Baudry (i vol. 1883, étude sur cet artiste dont il fut l'exécuteur testamentaire) et quan-

tité de travaux sur les peintres, graveurs et médailleurs allemands et italiens des xv'' et xvi° siècles; Sur les Graveurs sur bois vénitiens (en collaboration avec le duc de Rivoli) ; le Songe de Polyphée, etc.

M. Charles Ephrussi est propriétaire et directeur de la Gairtlc des Beaux-Arts depuis 1885. Il a collaboré en outre au Bulletin des Bibliophiles^ au Journal des Débats, de Paris ; à \'Atheneum,ilQ Londres, etc.

Comme organisateur, il a présidé à la première Exposition des Dessins de Maîtres anciens, faite à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1879 et en a composé un très utile catalogue. Ilpritaussi l'initiative des deux expositions de Portraits du siècle tenuesà l'Ecole des Beaux-Arts, en faveur de la Société Philanthropique, ainsi que de l'Exposition des Portraits de femmes et d'enfants qui eut lieu également à l'Ecole des Beaux-Arts en 1897, et celle de l'Art du xvin" siècle à la galerie Georges Petit.

M. Charles Ephrussi a été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1887.

IW"" CHRÎ^liES-BlGOT (née IWapy HEflliY)

(i^^<^ o.M.wciER, nouvelliste et conteur, née le 8 décembre 1843, à Paris, de parents amé- ( ricains. Elle débuta dans la littérature par deux romans : Lal;eville et .4 Sii/njuer's romance, publiés en Angleterre sous son nom de jeune fille, Mary Healy.

Mariée à Charles Bigot, mort à Paris en 1893, et qui fut un des plus brillants journalistes de cette époque, elle fit paraître : Marca (1883), roman couronné par l'Académie française en 1884, dans la même séance que le Petit Français de son mari, fait des plus rares dans les annales de la littérature ; viennent ensuite : Jean Méronde (1885) ; Une folie (1886); André Meynard, peintre (1887); la Tache du Petit Pierre,ViYTe à l'usage de la jeunesse et couronné par l'Académie française (1888); Peine perdue (1890) ; Artiste (1891) ; Charge d'âme (1892) ; Inséparables (1893); la Petite Princesse (1893); ^eniésis (1894); Chercheur d'idéal, paru en feuilleton dans ï'Ilhistration puis en librairie ^I896); Deux Mondes (1S97).

M""" Charles Bigot, tantôt sous son vrai nom, tantôt sous le pseudonyme de « Jeanne Mairet j, a collaboré à plusieurs journaux et revues. Conteur exquis, écrivain au style sobre et pur, elle a donné un nombre considérable de nouvelles et d'articles très remarqués à l'Illustration, à la Revue Bleue, à la

Riviic i/c' Famille, à la Nouvelle Revue, au Figaro illustre, à la Bibliothèque universelle et Revue suisse, à la République française et au Temps.

Elle a aussi publié uue traduction anglaise de Raphaël et la Farnesine. œuvre de son mari.

EJ^flEl^Y (Adolphe PHlLilPPE, dit d')

rfuTEUB dramatique, né à Paris, le 17 juin 1811, d'origine Israélite. D'abord clerc de notaire, il fit ensuite de la peinture et du 1 journalisme.

En 1831, le jeune homme débuta au théâtre, avec Charles Desnoyers, par Emile ou le Fils d'un Pair Je France. Quelques succès populaires qui suivirent ce début, lui ouvrirent toutes les scènes du boulevard et sa fécondité devint telle, qu'on a souvent prétendu que M. d'Ennery n'écrivait lui-même qu'une faible partie des pièces qu'il signait.

Directeur du Théâtre historique en i8=io. il démissionna au bout de quinze jours et s'occupa, dès lors, de créer une nouvelle scène qu'il appela, d'abord, Théâtre du Peuple, puis Théâtre du Prince Impérial, mais qui ne fut jamais ouverte. 11 contribua à la création de la Société de Cibourg-Dives. dont il fut secrétaire général, puis gérant, et devint maire de cette commune.

Les innombrables pièces produites par cet écrivain, sous les noms et prénoms d'Adolphe, de Philippe, d'Eugène et surtout sous celui de A. d'Ennery. et qu'il a signées, portent les titres suivants : Changement d'uniforme 1836); Femmes et Pirates : \e Mariage d'orgueil ; Monsieur et Madame Pinchon ; la Reine des Blanchisseuses [iS^S]: le Dernier oncle S Amérique; V Amour en commandite (1840); la Dette à la Bamboche ; Paris dans la Comète (1841) ; la Nuit .7//.V Soufflets ; Fargeaii le iiourrisscnr (1842'! ; les Nouvelles à la main ; les Mémoires de deux jeunes mariés (1843) ; Marjolaine ; Paris voleur ; Pulcinclaj : Colin Tampon ; le Bal if enfants (1844 ; Vile du prince Toutou : Parle:^ an portier ; le Porteur d'eau : Paris et la banlieue ; la Vie en partie double : Noémie ; Via ce qui vient de paraître ; Bulletin de la grande armée (1845) î '^ Roman comique ; la A/ère de Famille ; Y Article 2rj ou le Mari doit protection (1846) ; le Mari anonyme ; Mademoiselle Agathe (1847); ^^ Chemin de traverse (1S4S) ; le Marquis de Carabas et la Princesse Fanfreluche ; Maricettc (1849) ; les Mémoires de Richelieu (1853).

A ces comédies, il faut ajouter les drames représentés sur diverses scènes : l'Honneur de ma Fille (1835); Dolorês ; 18^4 ou. \& Pensionnat de Montereau

(1836) ; le Tremblement de terre de la Martiniqxie (1840J ; le Marché de Londres '184s ; Y Angélus ,1846:; la Duchesse de Marsan [iS^-j] ; la Case de Tonde Tant (18^3); les Oiseaux de proie (1854, ; le Fou par amour

(1837) ; YHistoire d'un Drapeau (1860^ ; le Lac de Glenaston ( 1861) ; la Prise de Pékin ; 1861) : le Sacrifice d' [pltigénie [\%(><\ ; le Trésor des Rajahs 1894^

On connaît encore de M . d'Ennerj-, en collaboration avec M. Anicet Bourgeois: le Portefeuille ou les Deux Familles Gaspard Hausen ; Jeanne Hachette ou le Siège de Beauvais (1837-1839) ; la Dame de Saint- Trope^ : Y Etoile du Berger ; le Temple de Salomon ; le Maréchal Nej; les Sept péchés capitaux \\i^yi?,\%) : le Médecin des enfants : Y Aveugle (18S5-18S7": ; la Fille du paysan ii86r(. — Avec M. Dumanoir : Tiburce : Pierre d' Are^y .i%y~,-i^2>); le Bouquet de violettes ; Don César de Ba^an (1844- 1849) ; la Paysanne pervertie; les yoo Diables 'iS'ji-iS=,.i) ; Valentine d'Armentières (1861) ; la Chute merveilleuse [\%(ii); les Drames du cabaret {I%i^). — Avec -M. Gustave Lemoine : la Grâce de Dieu ; la Citerne d'Albi ; les Pupilles de la Garde (1841). — Avec A. Dumas: Halifax (1842). — Avec M. Grange: Amours et Amourettes ; Pauvre Jeanne ; les Bohémiens de Paris (i 842-1 843) ; les Sept merveilles du Monde (1853) ! l&s Lavandières de Sandarem (i8'54) ; le Donjon de Vincennes (1854).— Avec .M. Cormon : Iz Journée d'une jolie femme ; les Compagnons de la mansarde de la Cité (1844-184S' : Gastibel^a ou le Fou de Tolède '1847) ; les Deux Orphelines {iS-j=<). l'un des plus grands succès de l'auteur. — Plusieurs livrets des derniers opéias-comiques d'Auber : le Premier jour de bonheur [ 1868) ; Père d'amour (18701 ; Une cause célèbre (1885). — Avec M. Mallian : Marie- Jeanne ou la Femme du Peuple (184s''. — Avec M. Brésil : Si fêtais Roi (1852) : les Orphelines de la Charité [li^-]); Diana (liSo) ; le Tribut de Zamora. grand opéra, musique de Gounod (1881J. — Avec M. F. Dugué : la Prière des Naufragés ; le Paradis perdu ; Cartouche (1847-1858) ; le Marchand de coco (1861 1 ; le Château de Pontalec 11862') ; Marie de Mancini ^1864' ; les Mystères du vieux Paris (i86=i''. — Avec M. Ch. Desnoyers : la Bergère des Alpes (1852). — Avec M. Foucher : la Bonne aventure (1855) ; Faust : les Fiancés d'Albans (1858) ; le Naufrage de Lapérouse et le Savetier Je la rue Qjiincampoix (1859). — Avec M. Clairville : Rothomago

(1862). — Avec M. H. Crémieux : Aladin ou la Lampe mcrvcillciisc (1863). — Avec M. Lambert Thiboust : les Amours de Paris (1866). — Avec M. Charles Edmond : le Dompteur (1870). — Avec M. Plouvier : le Centenaire (1873) ; le Prince de Maria (1873).— Avec M. Jules Verne : le Tour du Monde en 80 jours (1871) ; les Enfants du capitaine Grant (1878) ; Michel Strogoff (1880) ; Voyage à travers l'Impossible (1882) ; les Mille et une Nuits (188 s) ; le Mari d'un Jour (1886) ; Martyre, drame ( 1888) ; le Trésor des Rajahs, com. -drame (1894I, etc.

Parmi une foule de pièces en collaboration avec MM. Dartois, Albert Hostein, Brisebarre, Decourcelle, Louis Gallet, mentionnons, avec ces derniers, une adaptation du Cid en opéra, mis en musique par Massenet (1885).

On a vu représenter jusqu'à 5 pièces, à la fois, de M. d'Ennerv, sur les différents théâtres de Paris (1862-1863).

Il a publié un certain nombre de romans populaires, dont le dernier paru est intitulé -.Seule .' {i8^-]).

Chevalier de 1847 officier de 1859, M. d'Ennery est commandeur de la Légion d'honneur et dignitaire de plusieurs ordres étrangers.

HUOJ^ de PEflfl^STEH (CharlesjVrafie-PieFPe)

fl^^ÉNATEUR, né à Lannion i Côtes-du-Nord ) le ^^1 II octobre 1832. Il voyagea à l'étranger jj^^ pendant une partie de sa jeunesse.

A sa rentrée en France, il débuta dans la vie politique en se faisant ilire conseiller général par le canton de Plestin-les-Grèves, contre le candidat officiel, au mois de juillet 1861, et ce mandat lui a été renouvelé sans interruption depuis cette époque.

Après avoir été, pendant deux ans, adjoint au maire de Lannion, il fut révoqué, en décembre 1870, par le préfet des Côtes-du-Nord ; mais il refusa de reconnaître l'autorité administrative et publia, sous forme de lettre ouverte à M. Glais-Bizoin, dans le Phare de la Loire, une énergique protestation contre la dissolution des conseils généraux remplacés par une commission nommée par les préfets.

A ce même moment, M. Huon de Penanster fonda le journal l'Indépendance bretonne, à Saint-Brieuc, avec MM. de Foucauld et Louis d'Estampes.

Candidat aux élections du 8 février 1871. ses conci-

toyens l'envoyèrent siéger à l'Assemblée nationale, où il prit place à l'extréme-droite.

Réélu, le 24 février 1876, sans concurrent, dans la première circonscription de Lannion, par 7.9S7 voix sur 8,7^0 votants, il revint à la Chambre, le 14 octobre 1877, après la dissolution, avec 7.637 suffrages contre 2,966 donnés à M. Le Berre. A cette dernière élection, M. Huon de Penanster avait refusé l'affiche blanche de candidat officiel.

Pendant ces diverses législatures, il fit toujours partie de la droite royaliste et vota : pour la paix, pour l'abrogation des lois d'exil, pour la pétition des évéques, pour le pouvoir constituant de l'Assemblée, pour la démission de Thiers, pour le septennat, contre l'amendement Wallon, contre les lois constitutionnelles, contre l'abrogation des jurys mixtes pour l'obtention des diplômes universitaires, contre l'ordre du jour sur « les menées ultramontaines „, contre l'amnistie, etc. Il soutint le gouvernement du 16 mai et se prononça contre les ministères républicains qui succédèrent au cabinet Fourtou-de Broglie.

Lors des élections législatives de 1881, il ne se représenta pas, pour raison de santé ; mais un siège étant devenu vacant au Sénat par suite du décès de M. Le Provost de Launay, M. Huon de Penanster se porta candidat à l'élection partielle qui eut lieu le 7 juin 1886 et fut élu sénateur des Côtes-du-Nord par 739 voix, contre 512 données à M. Armez.

Aux élections du 7 janvier 1IS94, M. Huon de Penanster fut réélu, au 1" tour, par 723 voix.

Détail assez curieux à noter : l'honorable sénateur des Côtes-du-Nord n'a jamais publié de profession de foi dans aucune de ses nombreuses élections.

Au Palais du Luxembourg, il se fit inscrire à la droite royaliste, qu'il a représentée plusieurs fois dans le bureau du Sénat, en qualité de secrétaire. Il déposa, en 1888, un projet de révision des lois constitutionnelles, pour obliger M. Floquet, alors président du Conseil, à venir soutenir ses anciens programmes. Il se prononça, dans les circonstances importantes, contre : la politique scolaire et coloniale, le rétablissement du scrutin d'arrondissement, la procédure à suivre devant le Sénat à l'égard du général Boulanger, etc.

M. Huon de Penanster est l'auteur d'un livre intitulé : Une conspiration en l'an X2 et XIl \i896. Pion, éditeur).

SCHOLtLt (flupélien)

fouRXALiSTE et littérateur, fils d'un notaire de Bordeaux et né dans cette ville le 13 juillet 1833. Ses études faites, il vint à Paris et se lança dans le journalisme ; il débuta au Corsaire (1850), journal qui fut supprimé en 1852 ; il collabora ensuite au Paris, fondé par le comte de Villedeuil, puis au Mousquetaire, d'Alexandre Dumas, à VlUustration et au Figaro hebdomadaire.

Entre temps, il avait fondé le Satan (1855) et les Silhouettes, avec M. J. Noriac; finalement il quitta le Figaro, où il avait fait longtemps une satyre hebdomadaire sous la rubrique'!' Les Coulisses», pour faire concurrence à ce journal avec le Nain jaune. Il a fondé aussi le Club, le Jockey et le Lorgnon (1869"), dont un des premiers numéros attira sur lui une poursuite en diflfamation de M. de Bisson, son beaufrère. Il collabora ensuite à V Evénement (1872), fut rédacteur en chef du Voltaire et, en 1883, de ÏEcho de Paris.

Dans cette période, il a été fait beaucoup de bruit autour de .M. Scholl, surtout à l'époque (1866) de son mariage avec miss Irène Perkins, fille d'un riche brasseur de Londres, et à l'occasion de divers procès auxquels il fut mêlé l'année suivante.

Provoqué par M. le comtedeDion, au café Bignon en 1880, pour un article de l'Evénement reproduit par .\I. Scholl dans un de ses volumes, Fleurs d'aJulUre, où il faisait allusion aux démêlés de la duchesse de Chaulnes avec son mari, la Cour d'assises condamna son agresseur à deux mois de prison. Quatre ans plus tard, un nouvel article sur le même sujetlui valut une nouvelle provocation; il se battit à l'épée et fut légèrement blessé. M. Scholl a eu, du reste, une nombreuse série de duels de journaliste.

M. Scholl a publié : les Lettres à mon domestique 18=54) ; Iês Esprits malades {18'^')) ; Denise (18S7) ; la Foire aux artistes (1858) ; Claude Le Borgne (iS'^i)); les Mauvais instincts ; Histoire d'un premier amour (1860) ; Aventures romanesques (1862); Hélène Hermann (1863) ; les Amours de théâtre (1863); Scènes et mensonges parisiens (1863); les Gens tares (1864) ; les Cris de Paris (1866) ; les Petits secrets de la Comédie (1867) ; Dictionnaire féodal (1869) ; la Danse des palmiers (1873) ; les Amours de cinq minutes (187s) ; le Procès de Jésus-Christ (1877) ; les Scandales du jour (1878); Fleurs d'adultère (i88o) ; l'Orgie parisienne (1882) ; Mémoires du trottoir (1882) ; les Nuits sanglantes (1883) ; Fruits défendus (1885) ; le Roman de

Follette; les Fables de La Fontaine '!, filtrées » (1886); l'Esprit du boulevard; Paris en caleçon (1887) ; Paris au.x cent coups (i888j ; l'Amour appris sans maître (1891) ; les Ingénues de Paris (1893) ' Denise (1894) ; Tableaux vivants (18961; l'Amour d'une morte 1897!.

M. Scholl a en outre donné au théâtre : Jaloux du passé 'Oàéon, 1861) ; Singuliers effets de la foudre, avec M. Théodore de Langeac (Déjazet, 1863) ; la Question d'atnour, avec .M. Paul Bocage (Gymnase, 1864) ; les Chaînes de fleurs CVariétés, 1866); l'Hôtel des illusions, avec M. Flor O'Squarr ii869); le /?t't>cntir (1876I; On demande une femme honnête avec M.Koning(i877"); le Nid des autres, avec M. d'Artois (1878'; l'Amant de sa femme (1890') ; la Danseuse de corde (1892).

M. Scholl a été fait chevalier de la Légion d'honneur le 8 février 1878 et promu officier en 1884.

THOMAS (Gabpiel-Jules)

^j^^fhcuLrTEus, membre de l'Institut, né le 10 sep- ^^S|\ tembre 1S24 à Paris. Elève de Dumont, à JRps^ l'Ecole des Beaux-Arts, il remporta, en 1848, d, '^ le prix de Rome, avec ce sujet: Philoctète partant pour Troie.

M. G.-J. Thomas fut élu membre de l'Académie des Beaux-Arts en 187s, après la mort de Barye; il est devenu, en 1884, chef d'atelier et professeur de sculpture à l'Ecole des Beau.x-Arts, en remplacement de son maître Dumont.

Les principales œuvres exposées de cet artiste portent les titres suivants: Orphée, statue (1855) ; Soldat Spartiate rapporté à sa mère, bas-relief (1856) ; Attila (i8s7i; Eve (1859); Virgile (1861, acheté par l'Etat, représenté à l'Exposition universelle de 1867'!; Mort de St-Etienne, tympan de l'église St-Etiennedu-Mont; Lucien Bonaparte (1864) ; M"' Alars, statue marbre (186^, représentée à l'Exposition de 1867"); Jeune guerrier (1867) ; Portrait ; Tête d'Etude (1869'); la Pensée, statue marbre (1870) ; les Quatre parties du monde, statues bois (1872, placées à la Banque de France,.! Toulouse'i ; Christ en croix (1876) ; Perraud. statua ire et P . Lorrain ,husies marbre (1S77I; M^'Landriot, statue marbre (1880, à la cathédrale de La Rochelle") ; M. P. Abadie, buste marbre (1881'); La Bruyère, statue marbre (1882,1; Baron Taylor (i8S^); l'Architecture, statue marbre (188 s, au musée Caillera) ; M. Feugère des Forts (1888) ; Crucifix, marbre (1890); Saint-Michel (1892, à Rouen) ; Homme et Serpent (1894 , commandé par l'Etat. Depuis cette

dernière date, il n"a plus rien envoyé aux Salons annuels.

M. G.-J. Thomas a obtenu les récompenses suivantes : aux Salons de 18^7, médaille de 5' classe : de 1861 et 1867, 1'"" classe; a l'Exposition universelle de 1878, un rappel de i"-' classe et, à celle de i88i), une médaille d'or. Chevalier de la Légion d'honneur en 1867. il a été promu officier en 18S3.

HEÏRBETTE (Jules-Gabriel)

•J^^È iPLOM.vTi;. né à Paris le ^ août 18^9. Il étudia JII^B le Droit et entra, en 1860, au ministère des Affaires étrangères. Nommé consul à Naples en 18(17, puis à Stettin en mars 1869, M. Herbette revint à Paris au iiiois de septembre de la même année.

Après le 4 septembre 1870, il fut chargé, parle gouvernement de la Défense nationale, de la direction des relations extérieures et assista, comme secrétaire de .Iules Favre, aux négociations préliminaires de la paix avec l'Allemagne (mars 187 c).

Rédacteur à la direction politique du ministère des Affaires étrangères en 1871, délégué à la Commission européenne du Danube en 1876, il fit ensuite partie de la mission extraordinaire au Congrès de Berlin en juin 1878.

Ministre plénipotentiaire en 1880, directeur du personnel et conseiller d'Etat en service extraordinaire, il collabora avec M. de Frejxinet et sut faire hautement apprécier par la diplomatie étrangère sa grande connaissance des affaires internationales.

Le 9 octobre de la même année, à la chute du cabinet Freycinet, M. Herbette demanda sa mise en disponibilité, puis reprit la direction du personnel quand .\I. de Frevcinet revint au ministère en 1882, et la direction du cabinet en 188=,.

Le II septembre 1886, l'ambassade de France à Berlin lui fut confiée. Dans ces hautes fonctions, que la situation des deux puissances rendait délicates et difficiles, M. Herbette a su représenter dignement son pays et conserver la confiance de tous les ministères successifs. 11 demanda et obtint sa mise à la retraite en 1896.

M. Herbette a publié, pendant son séjour en ce pays, une importante étude sur les Conditions du travail en Allemagne (1890).

Chevalier de la Légion d'honneur en 1871, officier en 1878, commandeur en 1882, .^I. Herbette reçut, le

30 décembre 1886, les insignes de grand officier des mains de Ferdinand de Lesseps, chargé de les lui remettre officiellement à Berlin même. Il a été élevé à la dignité de grand-croix en mai 1896.

HEf^BETTE (Franeois-Ltouis)

jvoc.\T, publiciste, administrateur, conseiller d'État, frère du précédent, né à Paris le 26 novembre 1843. Ses études faites à ç-j/ -j P^ris, où il se fit l'ecevoir bachelier èssciences, licencié ès-lettres et licencié en droit, M. Herbette s'inscrivit au barreau de la Cour d'appel et, sous les auspices d'Emmanuel Arago, de Jules Favre, d'Ernest Picard, etc., il se créa rapidement une place en vue parmi les jeunes adhérents du parti démocratique. En même temps, il écrivait dans la presse d'opposition à l'Empire et notamment à Y Electeur libre et au Temps.

Membre du comité de l'Union libérale, qui soutint la candidature de Thiers (1869), M., Herbette fut poursuivi pour délit de presse et condamné à un mois de prison ; son rôle actif et la publication d'une brochure de propagande républicaine qui lui est due: Nos députes et leurs votes, causèrent ces poursuites.

Au 4 septembre 1870 , M, Louis Herbette fut attaché par le gouvernement de la Défense nationale au Journal Officiel, comme secrétaire de rédaction et, en cette qualité, se vit chargé des rapports avec les différents membres de ce gouvernement. Lors du mouvement insurrectionnel de 1871, il suivit à ^'ersailles le pouvoir légal et conserva les mêmes fonctions : mais il les quitta, en 1874, après la chute du président Thiers. Il reprit alors sa place dans la presse: collabora au Courrier d'Etat, feuille hebdomadairej destinée aux conseils généraux de France ; fonda deux importants recueils : le Bulletin municipal, organe s'adressant spécialement aux communes, et4 le Répertoire de l'histoire et de la politique coiitempo-" raines, revue mensuelle relatant tous les faits et documents de la vie publique et qui est encore utilement consultée. Il écrivit, en outre, à la Cloche, à l'Opinion nationale, au XIX' Siècle, d'Edmont About, etc

Nommé préfet du Tarn-et-Garonne en 1877, sous le ministère de M, Ricard, M.Louis Herbette fut révoqué au 16 mai 1877 • i' revint alors à Paris et fut désigné, après la dissolution de la Chambre, comme secrétaire général du «comité des Gauches du Sénat»,

siégeant rue Louis-le-GranJ à Paris, qui dirigea la résistance du parti républicain contre le gouvernement dit de r '< Ordre moral ».

A la chute du ministère de Broglie, M. Loiiis Herbette fut appelé à la préfecture de la Somme, d'où il passa, en 1879,3 celle de la Loire-Inférieure, qu'il conserva jusqu'en 1882.

Appelé en i<s82 à la Direction générale de l'Administration pénitentiaire au ministère de l'Intérieur, M. Louis Herbette, à ce titre et comme commissaire du gouvernement et conseiller d'Etat eu service extraordinaire, s'appliqua à l'amélioration de ses services. En outre des économies et des réformes auxquelles il s'appliqua, il prépara la loi sur la transformation des prisons de courtes peines par l'application du régime cellulaire remplaçant le régime en commun, celles sur la relégation des récidivistes, la libération conditionnelle, etc. Avec sa collaboration eut lieu la transformation des règlements pénitentiaires élaborée par le Conseil supérieur des prisons. II reprit et remit à jour la collection du CoJe des prisons.

En i88i, il l'ut délégué par le gouvernement français au Congrès pénitentiaire international de Rome; il prépara, l'année suivante, les travaux de la conférence de Berne pour la révision du règlement de ces congrès. Vice-président de la Commission permanente, il provoqua le choix de Saint-Pétersbourg en 1890 pour lieu de réunion du Congrès international pénitentiaire, et fut désigné comme un des présidents. Il prononça devant l'empereur Alexandre III le discours d'ouverture et eut , à cette occasion , dans les relations cordiales qui s'établirent entre les représentants des deux pays, un rôle dont l'importance put être appréciée peu après.

A Rome et à Saint-Pétersbourg, M. Louis Herbette avait organisé une exposition française pénitentiaire, qui obtint le plus légitime succès ; lors de l'Exposition universelle de 1889, il eut à préparer une section semblable et publia snrV Œuvre pénitentiaire une série d'études dans \c Journal officiel et les Recueils Je l'Exposition.

Ayant quitté ces fonctions en 1891, M. Louis Herbette fut nommé, en remplacement de M. Léon Béquet, conseiller d'Etat en service ordinaire dans la section des Travaux publics, de l'Agriculture, du Commerce, de l'Industrie et des Postes et Télégraphes.

iMembre du Comité consultatif des Chemins de fer, de la Commission supérieure desCaisses d'épargne, du

Comité des Travaux mixtes au ministère de laGuerre et de la Commission d'admission de l'Exposition de 1900, M. Louis Herbette, en outre de ces travaux, a collaboré h la Nouvelle Revue, oh il a signé d'intéressantes études historiques, et à différentes publications françaises, franco-américaines et canadiennes. On a de lui un certain nombre d'ouvrages et de brochures : Nos diplomates et notre diplomatie ; Etude sur Hoche ; Le Bonapartisme et les Bonapartistes; Paris en iSjo-iSji ; Le j/ octobre iS/O, notes et impressions d'un témoin ;] La journée du ./ Septembre 18 /O ; L'entrée des Prussiens dans Paris ; Les vingtcinq ans de la République, iSjo-iSçy (1896) ; des études de psychologie morale, des rapports et discours sur divers ordres de questions, etc.

M. Louis Herbette a épousé, en 1877, la fille du savant chimiste Barreswil, qui est décédé en i88s. Il est commandeur de la Légion d'honneur depuis 1887, officier de l'Instruction publique, grand croix de Saint-Stanislas de Russie, commandeur des Saints Maurice et Lazare d'Italie, etc.

lifll^I^OUlVIET (Gustave)

Professeur, conférencier, administrateur, membre de l'Institut, né en i8=,2, à Gourdon ''f? (Lot). En 1870, M. Larroumet s'engagea -^ dans l'intention de suivre la carrière militaire ; mais sa santé l'obligea de quitter ce dessein et de résider dans le Midi. Devenu maitre répétiteur au lycée d'Aix, il suivit les cours de la l'acuité des lettres de cette ville, passa sa licence et vint à Paris, en 1878, où il prit l'agrégation de grammaire et celle des lettres.

En 1883, après avoir été professeur au collège Stanislas, au lycée de 'Vanves et à Henri IV, M. Larroumet soutint brillamment sa thèse de doctorat et, l'année suivante (novembre 1884 , il fut nommé maitre de conférences de littérature française à la Sorbonne.

Chef de cabinet de M. Lockroy au ministère de l'Instruction publique, il remplaça M. Castagnary h la direction des Beaux-Arts le 12 juin 18S8: il conserva ces fonctions, dans lesquelles il ne s'est signalé paraucune mesure importante, jusqu'au 16 août 1891. 11 fut alors nommé chargé de cours de langue et littérature françaises h la Sorbonne, où ses conférences ont été parfois troublées par les manifestations de ses auditeurs.

Elu membre libre de l'Académie des Beaux-Arts

le i6 mai 1891, il a été choisi, le 26 février 1898, comme secrétaire perpétuel de cette compagnie, à la suite de la démission du comte Delaborde.

M. Larroumet a donné de nombreuses conférences sur divers sujets. 11 a écrit surtout dans les journaux et revues, notamment dans la /?ct«c des Dcnx-Mondcs et le FigiVo; il a publié des éditions classiques de tragiques français ; on lui doit encore, outre ses thèses de doctorat : De quarto TibnUi libro et Marivaux, sa vie et ses œuvres (1883, couronnée par l'Académie française), une étude sur Lord Broiigham (1879) ; la Comédie de Molière, l'auteur et le milieu (1886) ; une traduction, en collaboration avec M. Bald}-, de V Armée romaine au temps de César, par Kramer ; Etudes d'histoire et de critique dramatique; Le XVlir Siècle et la Critique contemporaine ;\& Prince Napoléon{i8^2]; Etudes de Littérature et d'Art (1893); Nouvelles id. (18941 ; la Maison de V. Hugo ; Meissonicr ; Conférences faites à rOdcon (1895); L'Art et l'Etat en France (1896) ; Petits portraits et Notes d'Art (1897) ; Racine (1898). Il collabore à l'Encyclopédie populaire du XX" siècle, dont la publication a commencé en

Chevalier delà Légion d'honneur en 1888, M. Larroumet est officier depuis le 12 juillet 1891.

Î^OBERT-FLiEUHV (Tony)

[eintre, né à Paris le i" septembre 1837. Fils

du célèbre arti'stc de ce nom.

Elève de Paul Delaroche et de Léon Co-

gniet, il débuta au salon de 1866 par un grand tableau intitulé : Varsovie, S avril iSùi, représentant un épisode de la guerre de l'indépendance polonaise.

M. Tony Robert-Fleury a exposé depuis : Les Vieilles sur la place Navone à Rome {1867) ; Portraits (1868); le Dernier jour de Corinthe (1870';; les Danaïdes (1873) ; Charlotte Corday à Caen (1874) ; Pinel, médecin en chef de la Salpêtrièrc, délivrant les aliénés de leurs i haines (1876) ; Portraits de M. M. et de M. A. D. (1878) ; Glorification de la sculpture française, plafond pour le palais du Luxembourg (1880) ; Vauban donnant les plans des fortifications du château et de la ville de Bclfort (1882) ; Ma^arin et ses nièces (1883) ; Portrait de M. Robert-Fleury (1884) ; Léda; Le général Lebrun (188^) ; M. Bixio (1886) ; Ophélie (1887); M'" M. B. (1888); Madeleine et Madame la Vicomtesse de P . (1889); iy8g-i88p[\%()o); le Billet doux (iSgr) ; l'Architecture (1892) ; Portrait

(1893); Douce Rêverie (1894); Maternité; Liseuse (189=)); Thaïs; Fantaisie (1896); Auprès du feu ; Courtisane (1897).

M. Robert-Fleury fait partie du Jury des Salons annuels ; il a obtenu des médailles en 1866, 1867, 1879, une médaille d'honneur en 1870,1a médaille de r° classe à l'Exposition universelle de 1878 et la médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889. Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1878 et promu officier en 1884.

BOCQUOY (MaPie-EdmeMJules)

^ ÉDEciN, membre de l'Académie de Médecine, né à Péronne (Somme 1 le 14 août 1829.

Fils d'un médecin de province, qui mourut 'ï^ doyen des médecins des épidémies de France, il embrassa aussi la carrière médicale. 11 épousa, en 1856, M"° Danyau, fille du célèbre accoucheur, petite-fille du D' Roux, membre de l'Institut, et alliée au baron Boyer, chirurgien de Napoléon I".

Interne des hôpitaux de Paris en 1831, docteur en 1855, M. Bucquoy fut, en 1862, nommé médecin du Bureau central. L'année suivante il obtenait le grade d'agrégé. Médecin de la Direction municipale des nourrices en 1865, des Enfants malades en 1867, et de St-Antoine en 1868, il fut, la même année, appelé à remplacer à l'Hôtel-Dieu le professeur Grisolle, et c'est pendant cette suppléance qu'il attira l'attention sur lui par ses leçons cliniques sur les maladies du cœur.

11 a été médecin de l'hôpital Cochin de 1870 à 1S84 et, de 188s à 189s, chef de service à l'Hôtel- Dieu. Il n a jamais été titulaire d'aucune chaire à la Faculté ; mais il a donné, dans les hôpitaux, un enseignement clinique grandement apprécié.

M. Bucquoy a été élu membre de l'Académie de Médecine le 28 mars 1882.

Les travaux de ce médecin ont fait l'objet de nombreux mémoires communiqués à la Société médicale des hôpitaux et à l'Académie de Médecine. Mentionnons spécialement ses savantes études sur le Choléra, le Scorbut, la Gangrène pulmonaire,l' Ulcère du Duodénum, la Pleurésie purulente, l'Angine tuberculeuse, etc. Certains de ces mémoires ont été publiés en librairie, noiAvameni: Delà congestioi sanguine dans les fièvres (Mémoire couronné par la Société médicale des hôpitaux, 1858) ; La pleurésie dans la gangrène pulmonaire (1875) ; Du traitement de la pneumonie (1889), etc.

En outre de ces brochures, on connaît encore de M. Bucquoy : sa thèse de doctorat : Dit « purpura hœmorrhagica idiopathiquc » ou maladie tâchdéc hcmorrhagiqucde Werlhojf (18^^), celle d'agrégation: Des concrétions sanguines (1863); ses Leçons cliniques sur les maladies du cœur, professées à l'Hotel-Dieu (186S. T éditions avant 1898; très important ouvrage traduit en plusieurs langues), etc.

Médecin honoraire des hôpitaux depuis 189s, membre du conseil général de l'Association générale des médecins de France, il est, depuis plusieurs années, président de la Société centrale, branche la plus importante de cette association. Il fait aussi partie de diverses autres sociétés savantes.

Chevalier de la Légion d'honneur depuis août 1870, .M. le D' Bucquoy a été promu officier en 189=;.

liAUREIiT de î^miaÉ (ppançois- Anatole)

•oMPOsiTEUR de musique, né à Orléans, le

24 novembre 1828.

Ses études classiques faites à Tours,

M. Laurent de Rillé étudia la musique dans celte ville, avec Comoglio, un professeur élève de Rossini un peu oublié, puis vint à Paris, où i! étudia d'abord le droit et se tit recevoir licencié. 11 ne tarda pas d'ailleurs à revenir à la musique, suivit les cours de Elwart au Conservatoire et composa bientôt un grand nombre de chœurs orphéoniques, qui lui assurèrent le succès, notamment : VOrgic romaine: les Martyrs aux Arènes; la Noce au village ; les Buveurs ; le Chant des Travailleurs ; la Saint-Hubert ; Hymne à Sainte-Cc'cilc ; le Pardon d'Auray; l'Ocrâw ; la Valse des Songes ; Dieu protège la France ; les Fumeurs d'opium ; Super flumina Babylonis ; Marche des Orphéons ; le Festin ; la Flamme d'Or : Marche russe ; la Kamarinskaïa ; si.x messes, de nombreux motets, etc.

Au théâtre, il a fait représenter entre autres pièces: d'abord aux Folies-Nouvelles les opérettes suivantes: Aime pour lui-même ; Bel-Boul ; le Sire de Framboisy ; Elle a des bottes ; Trilby; \e Jugement de Paris (iS'y-]) ; Achille à Scyros ; le Moulin de Catherine; la Demoiselle la Hoche Tromblon (i8s8) : le Sultan Mysapou/{iS',()), etc.; puis Frasquita (Boufïes, 1859); Au fond du verre (Bade, 18^9); le Petit Poucet opéra-bouffe 3 actes, avec Leterrier et Vanloo (Athénée, 1868); les Pattes blanches, opérette, i acte, avec Constantin (Bouffes, 1873) ; la Liqueur d'Or,

opéra-comique, 3 actes, avec Liorat et Busnach (Menus-Plaisirs, 1873) ; Babiole, opéra-comique, 3 actes, avec Clairville et Gastineau 1 Bouffes, 1878) ; la Princesse Marmotte, opérette, 3 actes, avec Clairville, Gastineau et Busnach (Bruxelles, Galeries-Saint- Hubert, 1880) ; la Leçon de Chant, opéra-comique, I acte, avec Adenis (Lyrique-Vivienne, 1891) ; le Crime de Musette, monomime i^Parisiana, 1895), etc.

Après avoir été inspecteur général de l'enseignement du chant dans les lycées et les écoles normales de France (1866-187^), M. Laurent de Rillé fut secrétaire, puis président des commissions musicales des expositions universelles de 1867, 1878, 1889.

Membre fondateurde la Société des Auteurs dramatiques, il a été, durant de longues années, président de la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique, dont il est président d'honneur. 11 est encore président de la Commission de l'enseignement du chant dans le département de la Seine et de la Fédération musicale de France. 11 est en outre professeur titulaire de l'histoire de la musique à l'Association de l'enseignement secondaire des jeunes filles à la Sorbonne.

M. Laurent de Rillé est officier de la Légion d'honneur, officier de l'Instruction publique, commandeur de l'ordre de Charles III et grand-officier de l'ordre royal américain d'IsabelIe-la-Catholique, etc.

Ï^Ot^|V[fl|^D (Alfped-flieolas)

RCHiTECTE, membre de l'Institut, né à Paris le i" juin 1822. Fils de Henri-Marie Normand, graveur et architecte connu.

Entré à l'Ecole des Beaux-Arts en 1839, il y reçut l'enseignement de son père et de .NI. Jay et obtint, en 1846, le grand prix d'architecture avec un projet de Muséum d'histoire naturelle.

De Rome, le jeune artiste envoya, en 1850, une Etude du Forum romain, avec resta uratiou, que l'on revit à l'Exposition universelle de 1S55. A son retour à Paris, il fut attaché à la sous-inspection de divers bâtiments publics.

M. Alfred Normand a été élu membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1890, après la mort de Diet. Cet architecte n'a fait que fort peu d'envois aux Salons artistiques. On a vu, par contre, quelques projets de lui aux expositions universelles. On cite, parmi ses travaux, la maison centrale de Rennes, l'hospice de Saint-Germain-en-Laye, et l'hôtel style

Porapei, aux Champs-Elysées, qu'il entreprit d achever, pour le prince Napoléon, qu'il termina, en effet, en 1867, et qui a été détruit depuis.

M. A. Normand a obtenu une médaille de reclasse en i8=)S, une de a" en 1878, et une médaille d"or en 1889, aux expositions universelles. II est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1860.

iMORMAflD (ChaPles-r4ieolas)

'RCHiTECTE et archéologuc, né le 9 septembre 1838, à Paris. Fils du précédent, il fit ses études aux Ivcéesde 'Vanves et Henri IV. Entré à l'Ecole des Beaux-Arts, il y fut élève de son père et de M. André.

M. Ch. Normanda fondé la « Société des Amis des monuments parisiens », pour la protection des monuments de la capitale. Il a organisé, en outre, des vovages pour la visite des curiosités archéologiques et artistiques de la province et fit lui-même de lointaines et nombreuses explorations, qui lui fournirent des sujets d'envois aux Salons ainsi, que matière à des publications intéressantes.

M. Charles Normand a exposé aux Salons les travaux d'architecture suivants : Acdih'iiiie de musique (1884) ; Etudes de voyages en France : Restciiiratiou du temple de DendraJi {i8Sj); Etudes de vovages en France (suite, ; Relevés et restauration comprenant: Temple d'Auguste à Vienne ; Tombeau de Montaigne (1886); Restauration et relevés des plus vieilles maisons de France ; Relevés et études de Fontainebleau (1887); Etudes d'architecture en France (1888); Eglise St-Marc à Venise, vue générale, le baptistère (1889); Métaponte, d'après les dernières fouilles, 12 cadres, (1891); Le Parthénon inconnu et l'Acropole avant sa destruction par les Perses, essais de restitution archaïque (1892); Plan du temple de Louqsor. état actuel d'après les récentes fouilles (1893) ; depuis cette dernière année, on n'a plus rien vu de lui.

Comme écrivain archéologue, il a publié : l'Hôtel de Cluny (1888), grand in-4" avec héliogravures et eaux-fortes; Nouvel Itinéraire-Guide artistique et archéologique de Paris, grand in-8° (1889-1893, tome I et II avec 150 planches'); Historique des châteaux célèbres de la Normandie (1894J. lia collaboré à divers recueils et revues et a fondé : Y Encyclopédie d'à rch itecture et Y Ami des Monuments et des Arts, qu'il dirige.

M. Charles Normand est membre de plusieurs sociétés savantes. Comme architecte, il a obtenu une

mention honorable en 188=,, une médaille de a*" classe en 1891 et une de i" en 1892.

LtHfiGLtÉ (Ferdinand, dit pepnand)

UTHUR dramatique, journaliste, chimiste, né à Paris le 2=, avril 1837. Petit-fils du compositeur Honoré Langlé, l'un des fondateurs de notre Conservatoire de musique, fils de Ferdinand Langlé. auteur dramatique,' et cousin germain du célèbre romancier Eugène Sîie, il fit ses études classiques au collège Bourbon (Condorcet; et navigua ensuite pendant quelque temps.

Revenu en France après la guerre de Crimée, M. Fcrnand Langlé débuta dans la littérature comme journaliste, à Marseille, Montpellier et le Havre, où il fut rédacteur en chef du Courrier du Havre.

De là il rentra à Paris, collabora, avec Auguste Vitu, au Peuple Français, et passa successivement à la Situation, organe anti-prussien de Grenier, à la France, de La Guéronnière, au Public, de Dréolle, etc.

Rédacteur en chef du Nain Jaune, pendant trois ans, M. Fernand Langlé publia dans ce journal libéral de nombreux articles politiques et littéraires.

Entre temps, il écrivit pour le théâtre une trentaine de pièces dont plusieurs obtinrentgrand succès, et parmi lesquelles il convient de citer: Une nuit de noces ; Dix minutes d'arrêt : Une heure de Royauté ; Pathelin, opéra comique en 3 actes; la Farce de Villon, en vers et en vieux Français; YAmour qui passe ; les Oreilles d'd)ie ; les Rendez-vous galants, au Théâtre Lyrique ; Ninette et Ninon, au même théâtre.

Pendant la guerre de 1870- 1871, .NI. Fernand Langlé servit dans le 2" corps, et termina la campagne comme attaché à l'état- major du général Loisel, qui commandait en chef ce corps d'armée.

A partir de 1872, M. Fernand Langlé abandonna définitivement le journalisme et le théâtre pour se consacrer, comme chimiste, à des études scientifiques spéciales qui lui ont permis d'acquérir une grande notoriété. Il s'est particulièrement occupé de la fabrication du papier et de l'emploi de la cellulose sous toutes ses formes. Il a fait de très consciencieuses études sur les gommes et surtout sur les matières textiles coloniales. Non seulement il a trouvé un grand nombre de procédés chimiques nouveaux dont profite l'industrie nationale, mais encore on lui

doit, en collaboration avec M. Charles Bourseul ilinventeur du téléphone;, l'ingénieux élément de piles électriques qui porte leurs noms, et dont ils n'ont voulu, ni l'un ni l'autre, tirer un bénéfice matériel quelconque.

Membre de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, de la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique, M. Fernand Langlé a été également reçu membre de la Société des Gens de Lettres en 1867.

M. Fernand Langlé est commandeurdu Cambodge et de l'Etoile Noire et officier du Tadjourah.

GRIFFE (Adolphe)

îRiTKiUE dramatique, journaliste politique et publiciste scientifique, né à Mulhouse Alsace) le 22 novembre 1830. Après avoir fait ses études classiques à Rouen et h Paris, il se livra d'abord à des travaux scientifiques, fut préparateur du cours de chimie professé par M. Payen au Conservatoire des Arts et Métiers et fit, à la même époque, des communications très remarquées à l'Académie des Sciences. Aussi, lors de la fondation de V Evénement par Charles Hugo , .^I. Gaifie fut-il appelé à y rédiger la chronique scientifique (18601.

Plus tard, lorsque Auguste Vacquerie , critique dramatique de ce journal, se retira, M. Gailîe le remplaça et donna une longue série de feuilletons dramatiques, qui eurent le plus grand succès.

Tous les rédacteurs de VEvcncnicnt ayant été emprisonnés, cette feuille cessa sa publication en 1868. A partir de ce moment, M. Gaiffe se mêla activement au mouvement républicain et fut l'un des adversaires les plus actifs de l'Empire.

Entré comme rédacteur à la Presse, il y donna, concurremment avec Prévost-Paradol et Neuftzer, des articles politiques, puis passa aV Avenir national. où il resta jusqu'en 1870.

Nommé, par le gouvernement de la Défense nationale 11871), envoyé extraordinaire auprès de la Confédération Helvétique pour tout ce qui concernait l'armée de l'Est, M. Gaiffe s'acquitta de sa tâche avec une telle délicatesse et tant d'autorité, à la fois, qu'il reçut les éloges des gouvernements Français et Suisse.

En outre d'articles politiques. publiés dans diverses revues, cet écrivain a donné en librairie: Un Salmis de nouvelles, en collaboration avec Théophile Gautier, Cornemin. Paul de Saint-Victor, etc.

M. Gaitîe est commandeur de l'Etoile polaire (Suède et Norwège),de l'ordre de la Conception I Portugal: ; grand officier du Medjidié ; l'un des doyens des chevaliers des Saints .Maurice et Lazare et chevalier de la Légion d'honneur.

KRRUSS (Gabtïiellc-JVIapie)

.-.r ANT.\TRicE célèbre, née à Vienne, en Au- \v triche, le 24 mars 1842.

Dès la plus tendre enfance elle montra pour la musique d'extraordinaires dispositions et fut admise, en 1853, au Conservatoire de sa ville natale, où elle fut l'élève de M""-' Marchés!.

Elle fit, au théâtre de l'Opéra de ^'ienne, en 1860, de remarquables débuts dans le personnage de Maîhilde de Guillanme Tell, et y chanta de grands rôles dans le Prophète, Rohcrt-le-Diable, la Flûte enchantée, Tannhanser, Lohengrin, etc.

Après un séjour en Italie de quatre années, pendant lesquelles M"" Krauss obtint un succès considérable dans les rôles dramatiques de // Trovaiore (débuts), Norma, Otello, Anla, Lncretia Borgia, Rigoleito, Se'niiramis, etc., elle se fit entendre, en 1868, au Théâtre italien de Paris et dans de nombreux salons mondains.

Ses interprétations, à la salle Ventadour, du répertoire italien, notamment dans Fidelio, Zampa, la Dame Blanche, le Bal Masque, de Verdi, etc., furent pour l'éminente artiste de véritables triomphes.

Engagée à l'Opéra au moment où éclatait la guerre de 1870, M"'" Krauss résilia son contrat et partit pour l'Italie.

Mais, en 1874, lors de l'inauguration de la nouvelle salle, elle fut rappelée par M. Halanzier et débuta, sur la scène de notre Académie nationale de musique, dans \a Juive rôle de Rachel).

Très bien accueillie par le public, elle chanta à ce théâtre: les //)(^mc'«o/s (Valentine;, Faust (Marguerite;, l'/l/r/ca/«t-, Frejschul{, Robcrt-le-Diable, Don Juan, le Vaisseau-Fantôme, en un mot, tout le répertoire ancien et moderne.

Ses créations de Jeanne d'Arc, dans l'opéra de M.Mermet;de Pauline, dans Po/^<?»«c/(-'(i878), et celles de grands rôles dans .4/i/a (1880), le Tribut de Zamora

(1881), Henri Vin (1883), Sapho (reprise. 1884), Patrie (1886), furent pour M"" Krauss l'occasion de succès éclatants.

En résumé, pendant le cours de sa brillante carrière artistique, elle a chanté 60 ouvmges italiens, français et allemands, dans leur langue respective , qu'elle parle, du reste, parfaitement.

Elle a quitté l'Opéra en 1887, pour se vouer au professorat; mais depuis cette époque, elle s'est encore quelquefois fait entendre dans les grands concerts publics.

.\lembre honoraire, depuis 1870, de la Société des concerts du Conservatoire, M'" Krauss est officier d'Académie depuis i88o ; elle a été nommée officier de l'Instruction publique le i" janvier 1896. Elle a le titre de cantatrice de la Cour de Vienne.

Pt^UflIEf^ (Ltouis-Ltéon)

■HiMiSTE, pharmacien, membre de l'Académie de Médecine, né à Arras le 26 août 1841. Il ai.^=yY fit ses études au lycée de Rouen, oîi son W^ ^ père' exerçait les fonctions d'inspecteur de l'enseignement primaire. Venu ensuite à Paris, où il fit son stage pharmaceutique (1860-1863), il fut admis à l'internat en pharmacie des hôpitaux en 1864; lauréat en 1866 et 1867, il en sortit en 1868 avec la médaille de la première division (depuis transformée en médaille d'or), mais y rentra bientôt en qualité de pharmacien des hôpitaux (1869). Dans cette direction, sa carrière a été couronnée par sa nomination au poste de pharmacien en chef des hôpitaux, directeur de la Pharmacie centrale, en avril 1897.

En 1873, M. Prunier avait été nommé préparateur des cours de chimie et, en 1876, maître de conférence des travaux chimiques h l'Ecole supérieure de Pharmacie. En 1878, il était nommé professeur agrégé de chimie organique.

A la mort de Personne (1880), le conseil de l'Ecole le désignait comme chargé du cours de chimie analytique, qu'il a professé jusqu'en 1885, époque à laquelle il fut appelé à succéder à Baudrimont, dans la chaire de pharmacie chimique, en qualité de professeur titulaire.

A la Faculté de médecine, M. Prunier conquit, en 187!^, le diplôme de docteur (thèse Sur les gly-

cérines) et, par la suite, présenta deux autres thèses au concours d'agrégation.

A la Faculté des sciences enfin, il a été successivement admis aux grades de licencié es sciences physiques, puis de docteur es sciences, avec une thèse Sur la qucrcite, qui fut alors remarquée du monde savant et valut, en 1885, à son auteur, d'être porté pour le prix Jecker par l'Académie des Sciences.

M. Prunier est membre de la Société chimique, membre et ancien président de la Société de pharmacie, membre du Conseil de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale. 11 a été admis, en 1S87, à l'Académie de médecine.

Les nombreux travaux de M. Prunier ont été publiés dans les Annales de chimie et de physique. Comptes-rendus do l'Académie des sciences, Bulletin de la Société chimique. Journal de pharmacie, Moniteur scientifique, etc. Il donna d'abord plusieurs notes sur divers sujets de chimie pure; puis, sur les conseils de son maître, M. Berthelot, il aborda l'étude de la Ouercitc et en fit le sujet de sa thèse de doctorat es sciences. Plus tard, il s'occupa des Carbures re'siduaires obtenus dans la distillation industrielle des pétroles américains, et en fit le sujet de sa thèse à l'Ecole de pharmacie (1876); ces recherches lui permirent en particulier de faire connaftre les termes les plus élevés en condensation parmi les carbures d'hydrogène connus. Depuis qu'il a pris possession de la chaire de pharmacie chimique, son attention s'est plus spécialement dirigée du côté des études pharmaceutiques.

Parmi les publications de ce savant, signalons, en dehors des thèses inaugurales ou d'agrégation : dans VEncyclopédie chimique de Frémy, un premier fascicule de tableaux (extraits du cours d'analyse chimique professé par l'auteur), ayant pour but de placer sous un même coup d'oeil les réactions de la méthode générale d'analyse qualitative avec les vérifications indispensables pour établir l'identité de chaque corps (1885) ; puis, en chimie organique, un fort volume, de mille pages environ, consacré aux Alcools et Phénols (même année). Ses leçons de pharmacie chimique ont été réunies et éditées chez Masson sous le titre : Médicaments chimiques, dont le premier volume. Composés minéraux, a paru en 1896 ; le second volume, sous presse en 1898, est consacré aux médicaments d'origine organique.

M. Prunier est officier de l'Instruction publique.

TI^nf^IEOX (Jaeques-Liudovie)

ÉKNATKLR, ancien ministre, né à Aubeterre Charente) le ■50 novembre 1840. Avocat à Bordeaux, il a été bâtonnier de l'ordre dans cette ville avant d'entrer au Parlement et il a été depuis inscrit au barreau de Paris. On doit mentionner, parmi les causes importantes plaidées par M. Trarieux : l'affaire de l'Union générale, le procès Chambige, au nom des parties civiles ; celui de M. Raynal contre M. Denayrouze, etc.

Conseiller municipal de Bordeaux en 1874, M. Trarieux se porta candidat républicain aux élections législatives du 14 octobre 1877, dans l'arrondissement de Lesparre, et échoua avec 4,823 voix, contre s, 71)6 obtenues par M. de Bouville, candidat officiel. 11 fut plus heureux, le 6 avril 1871), dansla 4'circonscription de Bordeaux, où il se présenta en remplacement de M. de Lur-Saluces, nommé sénateur, et fut élu par 10,507 voix. Inscrit au groupe delà Gauche républicaine, il prit part à la discussion de la loi sur la liberté de l'enseignement supérieur, dont il vota l'ensemble, après avoir repoussé l'article 7.

Aux élections du 21 août i88i,ilfut battu avec 4.917 voix contre 12,409 partagées entre deux candidats, l'un monarchiste , l'autre républicain, et se désista au scrutin de ballottage. Il échoua encore à l'élection partielle du 20 janvier 1884, dans l'arrondissement de Barbezieux, n'obtenant que 5,19') voix contre 7,069 données au candidat bonapartiste, M. Arnous. 11 se fit encore vainement porter sur la liste républicaine de la Charente, département où il était conseiller général, aux élections du 4 octobre 188); il ne réunit que 39,93s voix sur 88,641 voants. Mais au renouvellement triennal du Sénat de 1888, M. Trarieux fut envoyé à la Chambre haute par le département de la Gironde et réélu, en 181)7, le deuxième sur cinq. Au Sénat, il est inscrit à la Gauche républicaine et au Centre gauche qu'il a présidé ; il a été membre de plusieurs commissions, rapporteur général des Finances et il est l'un des orateurs les plus écoutés de la Haute x\ssembléc. 11 s'est intéressé et a pris part à presque toutes les discussions, et notamment à celles concernant les budgets, les douanes, l'organisation coloniale, les différends entre patrons et ouvriers, le travail des femmes et des enfants, le régime de la Presse, l'organisation judiciaire, etc. 11 a été l'un des quatre membres du Sénat chargés d'instruire le procès du général Boulanger devant la Haute-Cour (1889) ^^ il ^ appuyé, à la tribune ainsi qu'au dehors.

les efforts tentés par son collègue, M. Scheurer- Kestner, en faveur de la révision du procès du capitaine Dreyfus (1897-1898).

M. Trarieux a été ministre de la Justice, dans le cabinet Ribot, du 26 janvier au 2 novembre 1895.

LtESPlEAO (Théodotre-Manuel-dean)

^^ÉNÉRAL, né à Figuières (Espagne) le i =, avril 1 829. Fils d'un médecin-major de i" classe français, il fit ses études successivement à Strasbourg, à Lyon, puis à Marseille ; entra à l'Ecole de Saint-Cyr en 1848 et en sortit en 1850 comme sous-lieutenant au 20* de ligne, qui se trouvait en Algérie.

Il fit trois expéditions dans la petite Kabylie et fut promu lieutenant en iSs'?.

Parti pour l'expédition d'Orient en avril iS=,4, M. Lespieau prit part à toute la campagne de Crimée, fut blessé à l'assaut de la redoute de Malakoft' et décoré de la Légion d'honneur, à la suite de cet assaut, le 14 septembre 1851. Dans le même mois, il passait capitaine et rentrait bientôt en France, avec son régiment, qui s'était couvert de gloire.

En 1864, il accomplit une nouvelle expédition en Kabylie et, la même année, devenait chef de bataillon au 6^" de ligne.

Rentré en France en i86s,il fit partie, dès la déclaration de guerre de 1870, delà division Laveancouppet du 2° corps de l'armée de Metz. Blessé le 6 août 1870 au combat de Spikeren, il combattit jusqu'à la nuit à'son poste, resta encore deux jours, malgré sa blessure, et fut ensuite évacué sur Metz, puis sur Amiens et Paris où il se trouva nommé, le 15 août, lieutenantcolonel commandant du 12° régiment de marche. En cette qualité, il se distingua aux combats de Chevilly et de l'Hay et fut, le s décembre 1870, nommé colonel hors cadres commandant la 3' brigade de la division de réserve de la 2"' armée de Paris. Il prit part aux deux sièges de la capitale. 11 avait été fait officier de la Légion d'honneur en février 1871.

A la création des corps d'armée (187^), il fut envoyé avec son régiment au 7° corps et y demeura comme général de brigade de 1878 a 1882.

Envoyé à nouveau en Algérie, il fut chargé de la subdivision de Mascara (Sud Oranais), puis nommé divisionnaire en 1887, à la 27" division, à Grenoble.

M. le général Th. Lespieau est passé au cadre de réserve le 15 avril 1894 et commande depuis une division de réserve.

Cet officier supcrieiir a été fait commandeur de la Légion d'honneur en iS86 et grand-officier en [891.

I^IOTOt? (Liéon-Eugèrie-Emmanuel)

^OKin, écrivain, auteur dramatique, né le 8 juillet 186s à Lyon, où son père, créateur ^9 de l'Association syndicale des Typographes, fut poursuivi et exilé après le 3 décembre i8's2. Il fit ses études dans cette ville, y débuta par des nouvelles et des poésies dans les publications locales, fonda Y Union littéraire, et collabora dès lors à un nombre considérable de revues et journaux de province (1879-1881I.

M.LéonRiotorvintà Paris en cette dernière année. entra à la Reforme, dernier journal de Gambetta, et parut successivement au Rcvcil et au Mot d'Ordre, à

Y Evénement, à YEcIio de Paris (1884-86), au Figaro (1890-92), au Journal (1892 1, à la Nation et au Courrier du soir (1890-93), à la Plume, au Mereure de France, à la France scolaire, à la Revue Encyclopédique (1893-98'], etc. Critique d'art distingué, il publia divers « Salons », étudia les artistes de ce temps dans YArtiste (1884-1897), la Plume (1892-96), la Revue populaire des Beaux-Arts (1898K et fonda Y Album des Musées (1892-93).

Nouvelliste et romancier, il a donné des nouvelles à la Revue Critique, à la Vie Populaire [iSSySi), à la Revue Illustrée (1887), au Supplément de la Lanterne (1892), au Soleil du Dimanche, au Gil-Bas Illustré, r.u Bon Journal, à la Revue de l'Evolution, à la Revue des Journaux et des Livres, au Musée des Familles (1890-98); à \3 Revue de France 11897-98); des romans à la Cocarde et au Petit National (1891), à la Nation, h la France Nouvelle [iS^^),aYEcolier Illustré {î8()^), 'a la Lanterne (1896-97'!. On a aussi de lui : Vieilles et Nouvelles chansons de route, et diverses autres.

M. Léon Riotor a publié en librairie : le Pays de la Fortune (1890), qui lui valut l'amitié de Jules Ferry ;

Y Ami inconnu (1891); Noce bourgeoise, pièce satirique représentée au Théâtre d'Application en 1892; les Enfers bouddhiques, avec trois préfaces de Renan, Foucaux,Ledrain et 12 planchesjaponaises«à la plume de roseau » 1 1892- 1894); le Pressentiment, préface de Papus; les Raisons de Pascalin, roman philosophique (1894) ; le Parabolain, le Sceptique loyal, avec culs-de-lampe et fleurons d'Eugène Grasset et Jossot; Deux Noniarques de lettres , étude critique de Barbey d'Aurevilly et Léon Cladel ; Des bases classiques allemandes, essai sur l'esprit littéraire ger-

main (189s) ; Essai sur Puvis de Chavaunes, l'étude la plus complète et la mieux documentée sur l'œuvre de l'illustre peintre (1896) ; la Vocation merveilleuse du célèbre cacique Piédouchc, sur lesdonquichotte du monde littéraire {Mercure de France, 1898). Ses «poèmes légendaires»: le Pêcheur d'anguilles (frontispice de De Feure, 1894 1, le Sage Empereur nd'()6), Fidélia (fleurons d'Edmond Rocher, 1897) furent des plus remarqués. On annonce de cet écrivain d'autres romans sous presse : la Vertu d'une femme, un Cuiir libre; poèmes,: Jeanne de Bcauvais, la Main de gloire. M. Léon Riotor appartient à de nombreuses associations d'art , de littérature et de philanthropie. Membre du conseil d'administration de la Société contre la mendicité des enfants, il dirige son Bulletin mensuel. Il a fait quelques conférences sur les sujets déjà étudiés dans ses livres. Officier de réserve d'artillerie 11891)1 attaché à la Préfecture de la Seine (1893), il est officier d'Académie depuis 1894.

BOr4r4EFmijtE (Fiédépie-Auguste- Joseph)

^^^^rfî-i'x.^TruR, industriel et agriculteur, né à Maies (Seine-et-Oise) le 14 décembre 1841.

M. Frédéric Bonnefille entra tout d'abord au service vicinal du département de Seineet-Oise; il fut attaché au service du génie pendant la guerre de 1870

Employé aux travaux de for-

tifications des avant-postes de Paris, avec délégation spéciale du général de division Tripier, .^I. Bonnefille fut ensuite nommé capitaine de la 2" compagnie de marche des mobilisés de Seine-et-Oise afl'ectée au secteur du fort de Montrouge. Les missions qu'il accomplit pendant le siège lui valurent les témoignages de satisfaction du gouverneur militaire de Paris.

Depuis 1876, M. Bonnefille dirige une importante usine de produits céramiques à Massy, où il a réalisé de grands progrès industriels, l'ne exploitation agricole est jointe à cette usine.

Elu maire de cette commune de Seine-et-Oise en 1881 et successivement réélu à l'unanimité, il est conseiller général du canton deLongjumeau depuis 18S1.

Président de la Commission de voirie départementale, délégué au Conseil départemental de l'Instruction primaire, M. Bonnefille a aussi fait partie pendant plusieurs années de la Commission interdépartementale de surveillance de l'important asile de Clermont (Oise), où sont placés les malades de son département.

Prùsidcnt du (^lomilc départemental des habitations à bon marclié, il s'est toujours préoccupé des mesures destinées à améliorer l'hygiène et à encourager l'épargne. Sa longue expérience des alîaireset ses connaissances spéciales lui ont permis de rendre de nombreux et importants services en Seine-et-Oise.

Candidat aux élections législatives de 1885, sur la liste républicaine libérale de ce département, M. Bonnefille recueillit 3^,000 suflVages. En 1889, il refusa toute candidature. En minorité au premier tour de scrutin en 1893, il se retira au ballotage.

Sollicité encore de poser sa candidature au siège sénatorial rendu vacant en Seine-et-Oise parle décès deM.Hamel, M. Bonnefille fut élu sénateur 1627 mars 1898, au deuxième tour de scrutin, par 797 voix contre ^42 à M. Rameau, député radical. Le sénateur de Seine-ct-Oise est , au Luxembourg, inscrit aux groupes du Centre gauche et de l'Union républicaine. En économie politique, il est résolument protectioniste.

CUVEf^VmiiE (Jules Vieomte de)

|xPL0R.\TF.rK, archéologue, publiciste, né le 24 mars iS6s àSaint-Brieuc(Côtes-du-Nord;. Fils de l'amiral de ce nom, il entra à l'Ecole navale en 1882, en sortit dans l'escadre de la Méditerranée et était officier instructeur à l'Ecole des fusiliers marins, à Lorient, lorsque des raisons de famille le portèrent à démissionner en 189';. 11 est depuis ce temps officier de réserve.

Dès 1892, M. le vicomte de Cuverville entreprenait un premier voyage en Amérique pour y étudier la colonisation du (Canada. L'année suivante, accrédité par le ministère des Atl'aires étrangères, il se rendit dans le Nord de la Russie, qu'il parcourut jusqu'à la mer Blanche. Au cours de ce voyage, après avoir traversé les steppes du gouvernement d'Archangel, il reçut, des troupes campées à Yaroslaw un accueil chaleureux dont les journaux rendirent compte en ces termes :

C'est .lu milieu des hourras frénétiques que M. Je Cuverville a brisé son verre en l'honneur de l'armée russe; mais à peine avaitil prononcé quelques mots, qu'en'.ouré par les soldats, il était saisi, porté en triomphe au milieu des troupes... (Soiive.m Temps).

— Rien ne peut rendre l'enthousiasme du camp tout entier. Ou ne voyait que honnets jetés en l'air et un fourmillement de mains et de bras s'agitant au milieu des cris de : r Vive la France ! »

(Gitiilois),

y\. de Ctivcrville s'est patriotiquement emplové à populariser en Russie l'alliance avec la l'rance.

En 189s, chargé par le ministère de l'Instruction publique et la Société de Géographie d'une mission officielle, il pénétra de Nijni-Kovogorod jusqu en Sibérie et atteignit les territoires les plus reculés, dont certains étaient peu connusavant lui. En 1897, toujours sous les mêmes auspices, il parcourut, dans une remarquable chevauchée, l'Albanie, le Monténégro, la Serbie, la Bulgarie, la Roumanie, d'où il rapporta des études documentées tant sur les conditions économiques que sur la vie politique de ces peuples.

M. le vicomte de Cuverville a publié des articles sur l'archéologie, l'ethnographie, la politique, le commerce , l'exportation coloniale , etc. , dans le Fig.iro, le Givilois, ÏEclair, le Mnli'ii, la Libre Parole, le Magiisin Pittoresque, le Correspoiidcint , la Gillette des Beaux-Arts, etc. On lui doit en outre: Pauvre Nina, recueil de nouvelles iParis, 1890), et Vision, poème patriotique 1,1893).

M. le vicomte de Cuverville est commandeur de Saint-Grégoire-le-Grand, officier de Porto-Novo et du Medjidié, etc.

f^OD (Edouard-liouis)

cRivAiN, critique littéraire", de nationalité suisse, né à Nyon, près Genève, le 31 mars 1857. Après avoir fait à Lausanne, à Bonnet à Berlin, de fortes études de philologie classique, M. Edouard Rod vint à Paris et débuta dans les lettres françaises, en 1879, par la publication d'une brochure : A propos de l'Assommoir, dans laquelle il défendait, avec vigueur et talent, M. Emile Zola, fort attaqué alors comme romancier.

En 1886, il fut nommé professeur de littérature étrangère à l'Université de Genève, oii il ne tarda pas à être également chargé de l'enseignement de la littérature française, pendant plusieurs années.

Outre sa thèse de licence sur le Développement du mythe d'Œdipe dans l'iiisloirc de la Littérature, y\. Edouard Rod a produit nombre d'études de critique et d'érudition : Giacomo Lcopardi ; les Prérapliaélistes anglais : Victor Hugo ; Garibaldi ; les Vérisles italiens; de Amieis, parues depuis en volumes, sous le titre de : Etudes sur le XIX' siècle {1" série, i vol. 1890).

A cette catégorie peuvent se rattacher : les filées morales du temps pressent, suite d'études parues d'abord dans la Revue Bleue (i vol. 1892) ; l'Essai sur Goethe, étude sur le grand écrivain allemand (i vol. Paris, 1898) et des études sur Stendhal (dans

la collection Hachette), Dante, Lamartine (édition classique de Lecène et Oudin), etc.

Romancier, M. Edouard Rod publia plusieurs ouvrages de forme naturaliste , oubliés aujourd'hui ; puis il se tourna vers l'analyse psychologique, avec la Course à la'mort (i vol. 1885), qui obtint, tout de suite, un retentissemeut considérable. Il donna ensuite : le Sens de la vie, sorte d'autobiographie spirituelle couronnée par l'Académie française (1889) ; les Trois Ca-în-s (1890); la Sacrifiée (1892) ; la Vie privée de Michel Teissier, mise à la scène aux matinées du Vaudeville (21 décembre 1893) et suivie de lu Seco)ide vie de Michel Tcssicr (1894) ; le Silence; les Roches blanches (189=,! ; Dernier refuge {i^d) ; Là haut (1897), ^t'^-

M. Edouard Rod est encore l'auteur de Scènes delà vie cosmopolite, de Nouvelles romandes, de Scènes de la vie suisse, qui montrent en lui un conteur égal au romancier.

M. Edouard Rod qui, dès 1884, avait contribué, à Paris, à la rédaction de la Revue Contemporaine, la plus importante, à cette époque, des jeunes revues littéraires, a collaboré depuis à nombre de journaux et revues.

Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1 889.

Dflf^GErlT (Van')

j^EiNTRE er dessinateur, né à Saint-Servais (Finistère) en 1824.

M. Yan' Dargent a reproduit surtout les paysages et les légendes du pays breton. 11 débuta en 1851 par deux tableaux : le Retour et les Baioneuscs. Ses œuvres les plus connues sont les suivantes:^4;( bord de la mer{iS^2); les Dénicheurs etle Chariot (1853); Derniers rayons (1855); Bords de la mer à Lohirecli ; Sauvetage à Guisseny (1857); Saint Houardon, patron de Landerneau (1859); les Lavandièresdela nuit, ballade bretonne (1861) ; les Vapeurs; Un soir dans la lande (18.63); la Vache récalcitrante (1864); Mort du dernier barde breton (1865); Souvenir d'enfance; le Menhir (1866); la Roche Maurice; Kloarcli en vacances (1868); le Petit Poucet (1869); l'Intempérance; le Travail (1870); Chanson de Laouïc (1872); Pins de Santec; le Sentier aux Ramiers à Bre'ial (1873) ; Moine{iS']4); Sentier près de Tclgruc; Falaise à Gaullien à la pointe du Ra^ (1875); Bords du Scorf; Falaise à Morgat (1876); Bords du Scorf, au Moulin du Peau en Guilligoinard; Falaise dans l'anse de Dinan (1889) ; Ancien calvaire de Kilinen;

Sur la grève de Morgat ; les Saints et Saintes Martyres, décoration I1893); Dolmen de Saint-Servais; Tombe de Merlin, ii Kerluffedeck (1894); Légende de Folgoat ; Crépuscule danslcslandcs {i%<)<Ç)\ Légende de Cornouaille; Bré^alen Saint-Servais, paysage (1896); Sous les vieux saules; A la queue de l'étang de Be^ac (1897); L'escadre du Nord à rhori:;on de Goulven ; Le long des grèves (1898).

M. Yan' Dargent a exécuté d'intéressantes peintures murales à la cathédrale de Quimper et à l'église de Landerneau. Plusieurs tableaux de lui sont placés dans diverses églises de Bretagne et notamment à celle de Saint-Servais, sa paroisse natale, où l'on voit de lui : 4 tableaux d'autel et la décoration de la chapelle des morts, où repose sa mère.

Excellent peintre, cet artiste est aussi un dessinateur très apprécié. Il a illustré plus de 60 volumes et a donné en outre de nombreux dessins sur bois aux journaux et à diverses publications illustrées.

Il a été décoré de la Légion d'honneur en 1877.

CHfltJ'^EAU (dean-Baptiste-fluguste)

■"^***-<ktiÎ;rinaire, membre de l'Institut, né à \'illeneuve-Ie-Guyard en 1828. Il entra, en 184=,,

à l'Ecole vétérinaire d'Alfort et lit ses

études médicales à Lyon.

Nommé chef des travaux anatomiques, puis professeur d'anatomie et de physiologie à l'Ecole vétérinaire de cette ville et directeur en 187'^, il fut, à la fondation de la Faculté de Médecine de Lyon, en

1877, compris dans la première promotion de professeurs et chargé d'enseigner la médecine expérimentale.

M. Chauveau devint inspecteur général des écoles vétérinaires après la mort de Bouley, et fut appelé, en 1886, à la chaire de pathologie comparée au Muséum d'histoire naturelle de Paris.

Correspondant de l'Académie des sciences depuis

1878, il en fut élu membre titulaire en 1886. Associé national de l'Académie de médecine depuis 187s, il en est devenu membre titulaire en 1891.

Il est également membre de la Société centrale d'Agriculture et de nombreuses académies ou sociétés savantes de France et de l'étranger.

M. Chauveau a publié : Quelques notes sur la structure et la sécrétion de la corne (1853); Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (1857, 4" édit., en collaboration avec M. Arloing, 1889-

1890); Vaccine et variole (1865); Le travail musculaire et l'énergie qu'il représente ( 1891) ; La vie et l'énergie chc{ l'animal {iS()4). On lui doit en outre un grand nombre de mémoires, notes et études sur les maladies contagieuses ou épidémiques, sur la nature des virus et la théorie des germes, sur la physiologie de la circulation de la respiration du système nerveux, etc., insérés dans le Journal Je Médecine vétérinaire, les Comptes-rendus de V Académie des Sciences, \q Bulletin de l'Académie de Médecine et autres recueils spéciaux.

Décoré de la Légion d'honneur en i868,M.Chauveau a été promu officier en 1888 et commandeur en 1894.

DODDS (nlfped-Amédée)

'|i':Nt:RAL, né le 6 février 1842 à Saint-Louis (Sénégal). Fils d'un Français et d'une Sénégalienne, il fit ses études au lycée de Carcassonne, entra, en novembre 1862, à l'Ecole de Saint-Cyr et en sortit, en 1864, sous-lieutenant dans l'infanterie de marine.

Promu lieutenant le 2s octobre 1867, capitaine le 2S octobre 1SO9, chef de bataillon le n août 1878, lieutenant-colonel le 25 mai 1887, il est général de brigade depuis le 6 novembre 1892.

.^I. Dodds servit à la Réunion pendant les troubles qui agitèrent cette île en 1869; il prit part, en 1870, au.K premières opérations de, la guerre, fut fait prisonnier h Sedan ; mais s'évada et fit les campagnes de la Loire et de l'Est. Envoyé au Sénégal, en 1872, il y resta près de vingt années et ne le quitta momentanément que pour aller prendre part aux expéditions de Cochinchine en 1878 et du Tonkin en 1883. Pendant ce long séjour dans notre colonie africaine, il eut à comprimer de nombreuses révoltes et conduisit des expéditions contre le Boal et le Kayor (18891, contre les Sérères (1890) et contre les révoltés du Fouta (1891 1.

A cette date, il rentra en France. II commandait à Toulon le 8" régiment d'infanterie de marine, quand il fut désigné (,1892) parle gouvernement pour diriger au Dahomey la campagne entreprise contre le roi Béhanzin. Commandant en chef du corps expéditionnaire, il se rendit sur le théâtre de la guerre et conduisit, avec succès, une première expédition. Le 17 novembre, il s'emparait d'Abomey, capitale du Dahomey et mettait en fuite le roi Béhanzin. Revenu en France, le général Dodds fut l'objet d'ovations populaires enthousiastes; mais pendant son absence, les négociations avec Béhanzin traînaient en lon-

gueur et il devint nécessaire d'envoyer une seconde expédition militaire, dont il prit aussi le commandement.

Le général Dodds s'embarqua à .Vlarseille, le 10 août 1893, avec les officiers attachés à la colonne expéditionnaire. Le roi Béhanzin, pour gagner du temps, envoya à Paris des agents chargés de traiter directement avec le gouvernement; mais ceu.x-ci durent repartir sans avoir été reçus 116 novembre). A ce moment, le général Dodds, arrivé à Agouy, recommençait les opérations contre les partisans de Béhanzin. Après une pénible, mais brillante campagne, le monarque africain, déjà en fuite, fut, le =i janvier 1894, déclaré déchu du trône par le général français qui, le i-j, lui donna un successeur, d'accord avec les principaux chefs dahoméens, et le 2s, l'e.xroi, entièrement abandonné des siens, vint se livrera son vainqueur. Il est depuis interné à la Martinique.

Le Dahomey fut divisé en deux royaumes, celui d'Abomey et celui d'Allada, qui, réunis à celui de Porto-Novo, furent mis sous le protectorat français et constituèrent notre colonie du golfe du Bénin, sous la direction d'un gouverneur général.

A son retour en France, M. le général Dodds fut nommé inspecteur général de l'infanterie de marine.

Officier de la Légion d'honneur depuis le 29 décembre 18S3, il a été promu commandeur le 30 décembre 1891 et grand-officier le 14 décembre 1892,

COf^ï^OYEl^ (ÉdouaPd-Jules)

RCHiTECTE, membre de Flnstitut, né à Amiens le 2 septembre 1839. Il reçut les leçons de Viollet-le-Duc et de Questel.

__^ M. Corroyer s'est attaché de préférence

à l'étude et à la restauration des édifices diocésains et des monuments historiques, notamment de la cathédrale de Soissons et de la célèbre abbaye du Mont Saint-Michel de 1873 à 1888.

Chargé, en 1872, par le ministre de l'Instruction publique, des études sur le Mont Saint-Michel, ses projets de restauration générale, exposés aux Salons de 1873 et suivants, reçurent l'approbation de l'administration des Beaux-Arts, qui acheta ses dessins pour les archives de la Commission des Monuments historiques. Les travaux, commencés à cette époque, se poursuivirent sous sa direction jusqu'en 1888, et ils furent même continués par son successeur, obligé de suivre les plans approuvés.

De 1879 ^ '^82, M. Edouard Corroyer, autorisé

par le ministre, M. Turquet étant Sdus-sccrétairc d'I''tat anx Beanx-Arts, avait entrepris, avec l'appni de l'Administratidn, la défense des remparts du Mont, menacés de destruction par les terrassements d'une digue faite aux frais de l'Etat pour ]a Compagnie des Polders de l'Ouest. Une commission extra-parlementaire demanda même que la digue, nuisible à la conservation du Mont, fut arrêtée à "ioo mètres au moins des murailles. Cependant, sous l'action de diverses influences politiques, industrielles et financières, cette décision n'eut pas les suites attendues par l'opinion publique, et l'architecte, inattaquable aux divers points de vue de l'art, de l'archéologie et de l'intégrité professionnelle, fut présenté à la Chambre comme un ennemi des institutions républicaines. Abandonné alors par l'administration des Beaux-Arts, M. Corroyer, condamné sans défense, fut révoqué le 6 décembre 1888.

M. Corroyer a rédigé les projets de restauration de divers édifices religieux dont il dirigea les travaux et qu'il exposa aux salons annuels: de la cathédrale de Soissons, des églises et calvaires de Bretagne et principalement ceux du Mont Saint-Michel, dont les études et dessins lui valurent des premières médailles aux Salons de 1873 et aux Expositions universelles de 1878 et de 1889. Il a construit: en province, des châteaux, des églises; à Paris, des maisons, des hôtels et des mausolées; le Comptoir iiatiotml d'Escompte a été complètement réédifié sur ses plans et sous sa direction.

M. Corroyer a publié : Description de l'dbbûvc du Mont Saint-Michel et de ses abords [l'è'j-], ouvrage couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres) ; Saint-Michel et le Mont Saint-Michel l'en collaboration avec M"'' l'évéque de Coutances) ; Guide descriptif du Mont Saint-Michel (188^') ; pour la Bibliothèque de l'Enseignement des arts : 1" L'Architecture romane (3 éditions dont une en anglais, 1887) eX 2" L'Architecture gothique (2 éditions, 1892); Réponse à M. de Fourcand à propos de l'architecture gothique (1892); Notice sur E. Guillaume, architecte (189=)) ; Etude sur l'archéologie (1896), etc.

Nommé chevalier de la Légion d'honneur en décembre 1882, comme architecte des Monuments historiques au Mont Saint-Michel, M. Corroyer fut promu au grade d'officier en juin 1896. Il fut élu, le 7 novembre de la même année, en qualité d'architecte archéologue, membre libre de l'Académie des Beaux-Arts>

KOl^TZ (HenPi)

icDHciN, puhliciste scientifique, né à Besançon (Doubs) le 4 décembre 1864; fils de M. Edouard Kortz, proviseur du Ivcéc Montaigne, à Paris.

11 fit ses classes à Nancy et étudia La médecine à Paris, où il eut pour professeurs MM. Labbé, Guyon, Segond, Landouzy, Huchard, etc. Reçu docteur en 1892, il a depuis donné son concours utile à nombre d'oeuvres de mutualité et d'assistance.

M. le D'' Kortz est, en effet, médecin professeur à la Société des Secouristes français, chargé du service de médecine générale à la Policlinique de Paris; médecin des crèches et du bureau de bienfaisance du v" arrondissement; médecin adjoint du Palais de Justice et secrétaire delà Société contre l'abus du tabac.

Outre sa thèse de doctorat : l^e l'influence des lésions de l'aorte sur la tuberculose pulmonaire {\%()'2), M. le D'' Kortz a publié de nombreux articles sur l'hygiène et les maladies du cœur dans le Dictionnaire d'hygiène, en collaboration avec le D' Sattler; dans la Revue médicale du D' Archambaud ; dans la Femme chc{ elle, etc. 11 est secrétaire de la rédaction du Ce// /T/Vr/wc"!//!-!;/ et officier d'Académie depuis 1895.

■^ yyy.y~~

M'"' la Comtesse de lifl-TOUt^-DU-

PH^-VEÎ^CLinUSE (née

IWaPie-liOUise de CHATEAU Bt^IflrlD)

'OMi'OsiTF.uR de musique, née h Paris. Arrièrepelile-nièce de Chateaubriand, elle montra, de bonne heure, les plus vives dispositions pour les études musicales.

Après avoir reçu des leçons de piano des maîtres Le Couppey et Francis Thomé et travaille l'harmonie avec Rahn , elle composa plusieurs morceaux appréciés, notamment : Ritournelle, romance avec paroles de François Coppée ; ri?/c»//c- , romance sur des paroles d'A. de Musset; Berceuse, pour piano et violon; 'Vieil éventail ; Au Clavecin, romances sur des poésies de M"" la baronne de Baye, qui ont été interprétées au théâtre de la Bodinière, avec le plus éclatant succès, par M'"^ Louise Grandjean, de l'Opéra ; Une cantate à Jeanne-d'A rc, avec chœur et orchestre, dont elle a écrit la musique sur des paroles de M. Louis Tiercelin (1896), etc.

M'"" la comtesse de La-Tour-du-Pin-Verclause a terminé, en 1898 : Rêve, poésie de son habituelle

collaboratrice, M"" la baronne de Ba3'e, et Endorsloi, romance sur des vers de M. le prince Fabien

Colon na.

.^.f\ry^

tJESACHV (Paul)

IpSfjOURNALisTE, poètc et auteiir dramatique, né à ew/âl \'ailly-sur-Aisne (Aisne), le 20 janvier 1872. ^^K Venu très jeune à Paris, ik y fit toutes ses études au Collège Rollin d'abord, puis à la Faculté de droit. 11 débuta entre temps dans la littérature par une poésie : Spcs ! dite le 18 mars 1890, à une assemblée solennelle des Alsaciens-Lorrains de Paris, dans la salle du Trocadéro.

11 a publié d'autres poèmes, entre autres : Pour la Riissii\ stances dites par M. Worms, de la Comédie- Française, h la représentation de gala offerte par le journal le Pc/// A'on/. au grand théâtre de Lille, le 2 avril 1892, au bénéfice des affamés de Russie ; Pour /t'5 i'/c/;w/('s de la catastrophe de Saint-Gervais (Menus-Plaisirs, juillet 18921 ; la Légende du Drapeau. un acte en vers, représenté le 20 juillet 189-! à la fête du 67' régiment d'infanterie, où il accomplissait son service militaire.

Cette même année, il donnait au théâtre la Divelte, opérette en trois actes, musique d'Henri Graffan, et en librairie, le Boulevard, un volume de tableaux parisiens qui tira rapidement plusieurs éditions. En 1896 parut dans le Siècle son premier roman : Une fiïK/t'; divers éditeurs ont publié depuis des mélodies dont il a écrit les paroles, notamment: YHynine d'amour, de Massenet, et les Visions, de. Ch.-L.Hess.

M. Paul Desachy a donné une série d'études sur Nos Contemporains, à YEcJio de la Semaine, et fait de nombreuses conférences littéraires, notamment à la Bodinière et au Théâtre-Mondain, et d'autres conférences de propagande patriotique tant à Paris que dans les départements,

11 a été secrétaire général du Théâtre-Libre de 1894 à 1896.

Depuis ces dernières années, M. Paul Desachy semble s'être consacré plus particulièrement au journalisme et à la politique. 11 avait débuté en 1891 par des chroniques littéraires au Soir et au Siècle ; il est devenu lun des plus importants rédacteurs du Rappel.

Dans le cabinet Bourgeois, en 189s, M. Mesureur, ministre du Commerce l'avait attaché à son cabinet et chargé des relations avec la Presse et le Parlement. En 1897, il a décliné, pour des motifs de discipline républicaine, une candidature qui lui était offerte

dans le ix"' arrondissement de Paris aux élections municipales.

M. P. Desachy est officier d'Académie depuis 1895.

VlGIEt^ (iVTapie-Liouis-Joseph-Henpi

Comte)

,^^^^1^1; à Paris le 6 avril 18S9. Arrière petit-fils du c?|B^K maréchal Davout, duc d'Auerstaedt, prince (^^^ d'Eckmiihl ; petit-fils du comte Achille e^ Q^ Vigier, pair de France ; fils du comte Joseph ^'igier, décédé à Paris, en 1894, M, 'c comte Henri Vigier fit ses études au lycée Condorcet, suivit pendant quelque temps les cours de la Faculté de droit et s'occupa ensuite d'agriculture et d'élevage à Saint- Denis- .Maisoncelles (Calvados), dont il est maire.

M. le comte ^'igier a publié : Davout. maréchal d'Empire, duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmiilil (1898}, important et magnifique livre documentaire dans lequel il a donné, d'après ses papiers de famille, la correspondance du maréchal, et les recherches qu'il a faites un peu partout, l'histoire militaire et politique de Davout.

M. le comte Henri Vigier est membre du Jockey- Club depuis 1881.

Bf^ISSRC (flnne-|VIapie-Timoléot:ippançois de COSSÉ Due de)

jc.RicuLTnuR, homme de sport, né à Paris le 12 février 1868. Il appartient à la branche aînée d'une ancienne famille qui a fourni plusieurs illustrations à notre pays. Fils du marquis de Brissac, qui mourut à Genève du typhus contracté à la suite des fatigues endurées pendant la guerre ■ 1844-18711, il fit ses études chez les Jésuites de la rue de .\Iadrid, au collège de Canterbury (Angleterre) et à l'école Sainte-Geneviève à Paris. 11 entra à l'Ecole de Saint-Cyr 11887-1889 , puis à celle de Saumur (1889-1890^.

Officier au 25' dragons en garnison à Tours de 1891 à 1892, puis au s" chasseurs .à Rambouillet, 'S\. le duc de Brissac démissionna en 1S96.

Il s'est consacré depuis ce temps aux choses de l'agriculture, où il a accompli d'intéressants travaux, et de sport. Dans le département de Maine-et-Loire, à Brissac, il est membre de diverses œuvres sociales. Il est officier d'ordonnance de réserve du général Waru, commandant de la 6'' brigade, h Commercy.

M. le duc de Brissac a épousé, en 1894, M"" Ma-

thilde de Crussol d'Uzès.

^./-vy-- =

OECOUl^CELiLiE (Pieffc-AdPien)

c/V ISp '^' ' ** dramatique, né à Paris le a8 octobre 1821. Ses études terminées au lycée Cliarlemagne, il débuta trèsjeune par descomé- dies et des vaudevilles. M. Decourcelle

qui. tout d'abord, fit uniquement du théâtre comique, nobtint pas de très brillants succès dans ce genre. Ayantépousé une nièce de M.d"Ennery,le dramaturge si fécond, il aborda aussi le drame, où il réussit mieux.

M.Pierre Decourcelle a fait représenter, sous sa sa seule signature : Une soirée à la Bastille, un acte en vers (Français 1845); Don Gusviaii ou Is^ Journée d'un scdnetenr, pactes en vers (1846); la Marindie ou le Théâtre de la Farce, un acte, en vers (Ibid. 1848); les Mémoiresde Gramnwni, i acte (Gymnase): le Président de la Basoche, un acte (Vaudeville, 1850) ; les Dragons de la Reine, un acte ^Palais-Royal, i%^i)\\q Locataire du troisième, 1 actes (Variétés, 1867); la Chasse au bonheur, com., un acte (1870I.

11 a donné, en collaboration avec Deslandes: Un et un font un (1848).— Avec Th. Barrière: les Portraits, \qs Douic Travaux d'Hercule, Un vilain Monsieur (1848); la Petite Cousine (1849) ; Un Monsieur qui suit les femmes {i8')0); Un roi de la mode; l'Enseignement mutuel; English Exhibition; Tambour battant {i%^\); Une Vengeance ; les Femmes de Gavarni ; la Tête de Martin (1852) ; Monsieur mon fils (185^). — Avec Labiche : Oscar XXMII; Agénor le Dangereux; les Petits moyens (1848-18^0).— Avec M. Lefranc : Pierrot, pièce de Carnaval (Odéon, 18'ji). — Avec M. Lambert : la Perdrix rouge (1852) ; Je dine chc{ ma mère {Gymnase, i^'^); Un Tyran domestique (1856). — Avec M. H. de Lacretelle : Fais ce que dois, en ) actes, en vers (Français, septembre i8=|6;.. — Avec M. d'Ennery: l'Echelle des Femmes {iS'yo); Un ménage â trois (1%',}). — Avec M. Anicet-Bourgeois:/Vw/i.-w majcmme (1837), ^^c.

Citons ses drames : Jcnny l'ouvrière (Porte-Saint- Martin 1850). — Avec M. .]. Barbier : les Orphelins de Valncige, tiré de la Geneviève de Lamartine, en 3 actes (Vaudeville, i8s3).— Avec M. Jaime : le Château des Tilleuls (Ambigu 1854).— Avec MM. Deslandes et Roland : la Bcte du Bon Dieu, en si.x tableaux (Porte- Saint-Martin, même année). — Avec M. Marc Fournier : la Joie de la maison, pièce en 3 actes. (Vaudeville, 18=,^). — Avec M. Anicet Bourgeois: le Fils de M. Godard, en 3 actes (Ibid. 18^5) ; les Mariages d'aujourd'hui, comédie en 4 actes (Gymnase, 1861); le Numéro treize, en un acte, avec M. Adrien Marx

(1873); Pierre Maubert, drame en un acte (187^); Un homme d'argent (1874) ; le Père, pièce en 4 actes, en collaboration avec M. Jules Claretie (1877) ; les Amaiones, avec M. Bloch (Renaissance 1884) ; le Collier de la Reine (1895) ; les Deux Gosses, son plus brillant succès de théâtre (Ambigu 189s- 1897).

M. Decourcelle a publié dans le Figaro, sous le pseudonyme du " Docteur Grégoire >/, un amusant Dictionnaire qui a ensuite paru en volume. Il est aussi l'auteur d'un nombre assez considérable de romans-feuilletons, parmi lesquels nous mentionnerons : M^w^iV/i' Misère [i't<i)-x] ; Brune et Blonde 1^1893'); Gigolette, d'où il tira un drame avec M. E. Tarbé (1894); le Chapeau Gris (1896); le Crime d'une Sainte (1897), etc.

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COÏ^DELiET (Liouis-Aciguste)

[kn.\teur, né à Parigné-l'Evéque (Sarthe) le 17 janvier 1S34. Suppléant du juge de pairi et '^ avoué au .^Ians, M. Cordelet fut élu conseil- •* 1er général de la Sarthe, pour le 3" canton de cette ville en 1871 ; il a présidé le Conseil général de 1877 à 1S85 et il a, de 1878 à 1888, rempli les fonctions de maire du Mans.

Candidat républicain aux élections législatives de 1876, dans la 2" circonscription du Mans, il échoua, au scrutin de ballotage, avec 8,832 voix contre 10,029 données à M. Haentjens. 11 se représenta, après l'invalidation de son concurrent,.! l'élection partielle du 21 mai 1876 et échoua encore avec 8,607 voix.

Porté sur la liste républicaine, aux élections du 8 janvier 1882, pour le renouvellement triennal du Sénat, M. Cordelet fut élu, le premier sur trois, par ;f 257 voix sur 435 votants. Au renouvellement du 4 jan-vier 1891, il fut réélu, le dernier sur trois, par 463 voix sur 898 votants.

Au Sénat, M. Cordelet siège à la Gauche républicaine, groupe dont il a été le président. II a fait partie de plusieurs commissions, notamment de celle d'instruction de la Haute-Cour de justice, lors du procès Boulanger et, depuis, il a été rapporteur de la loi relative à la durée du mandat des conseils généraux et d'arrondissement et du projet concernant le régime fiscal des successions. II s'occupe des questions financières et de prévoyance.

Le sénateur de la Sarthe est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1880.

DEliOCHE (Jules-Edmond-Ma^iiTfîin)

fp DMiNisTRATEUR et ériidit, membre de l'Institut, né à Tulle (Corrèze) le 27 octobre 1817. 11 étudia le droit, se fit inscrire, de 1836 à 1839, au barreau de Bordeaux et entra, cette dernière année, grâce à la protection de M. Dufaure, au ministère des Travaux publics, où il devint sous-chef de bureau en décembre 1843. En 1846, il fut attaché à la direction des Travaux publics d'Algérie, comme chef de bureau de i" classe à Alger, puis il passa à la direction des affaires civiles de la province de Constantine et devint, en 1848, secrétaire général de la préfecture de cette province.

Revenu en France en i8so, il entra, en i8'i3,au ministère de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, où il termina sa carrière administrative comme directeur de la comptabilité centrale, mis à la retraite avec le titre de directeur honoraire, en février 1880.

-M. Deloche s'est fait connaître du monde savant par des travaux historiques et archéologiques ; membre de la Société nationale des Antiquaires de France, de la commission centrale de la Société de Géographie de Paris, etc., il a été élu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , le 32 décembre 1 871, en remplacement de Huillard-Breholles.

11 a publié : Etienne Bahtie, sa vie et ses œuvres (i84()) ; Cd/iiihiire Je l'abbaye de Beaiilieu (1839), ouvrage faisant partie des Documents inédits de l'Histoire de France et qui a obtenu le second prix Gobert en 1860 et 1861 ; De la Forêt royale de Liguriiim, mentionnée dans le capiliilaire de Kiersi (18S9, avec carte'i ; Du Principe des nationalités (1860); Descriptioi des monnaies mérovingiennes du Limousin (1863, avec pl.i ; Eludes sur la géograpliie historique de la Gaule et spécialement sur les divisions territoriales du Limousin au moyen-âge (1864), imprimées d'abord dans la Collection des mémoires des savants étrangers (Académie des Inscriptions et Belles- Lettresi, et auxquelles a été décerné, en 1867, le premier prix au concours des Antiquités nationales ; La Trnstiset l'Autrnstion royale sous les deux premières races (1873) ; Monnaies mérovingiennes trouvées en Limousin {1882) ; Transformation du C guttural du lalin en une sifflante et Mémoires sur le vionnavage en Gaule au nom de l'empereur Maurice Tibère [i88-^) ; La procession de la « Lunade » et les Jeux de la St-Jean à Tulle {188S] ; Etudes de numismatique mérovingienne (1890) ; Le Jour civil et les modes de

computation dits délais légaux en Gaule et en France depuis l'antiquité jusqu'à nos jours (1891) ; Saint- Remy de Provence au Moyen-Age (1892) ; De la signification des mots « Pax » et « Honor » sur les monnaies béarnaises (1893) ; Le port des anneaux dans l'antiquité romaine et les premiers siècles du Moyen- Age (1896) ; Dci indices de l'occupation par les Ligures de la région qui fut plus tard appelée la Gaule (1897), etc.

Décoré de la Légion d'honneur le 13 août 1857, comme ayant été deux fois lauréat de l'Institut, il a été promu officier le 14 octobre 1873 et commandeur le 2 février 1880.

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SflBÎ^RH-POflTE'VÈS (Jean-ElzéaP- IVIapie-ChaPles Comte de)

[NCiEN officier supérieurde cavalerie, homme politique, voyageur et écrivain, né le 6 septembre 185 1 au château de Grignols (Gii-Ç^ T ronde). Issu d'une des plus anciennes et des plus grandes tamilles féodales du Midi de la France, fils du comte Joseph-Léonide de Sabran-Pontevès, garde du corps de Charles X, décédé en 1883, et de la comtesse née Bonne de Pons-Saint-Maurice, décédée en 1854, M. le comte Jean de Sabran-Pontevès, au moment de la guerre franco-allemande, s'engagea volontairement au 12" régiment de chasseurs à cheval et fit la campagne, du 3 août 1870 au 7 mars 1871. Renvoyé dans ses foyers comme maréchal-des-logis, il entra à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, d'où il sortit, le 29°, sous-lieutenant au 8° régiment de cuirassiers, le i" octobre 1873; puis, envoyé à l'Ecole de Saumur, en qualité d'officier élève (i87';-i874), il en sortit avec le n° s et la note générale <'très bien. »

Lieutenant au 3' régiment de cuirassiers (1877), il fut de nouveau attaché à l'Ecole de Saumur comme lieutenant d'instruction, et ensuite nommé capitainecommandant au i" régiment de hussards (1886), major au 3° régiment de cuirassiers (1892) et chef d'escadron, successivement au 1" régiment de chasseurs à cheval (1894) et au 12" régiment de cuirassiers (27 juillet 1895). Il donna sa démission quelques mois après.

Le comte de Sabran-Pontevès a fait de nombreux voyages en Europe, dans les Indes anglaise et française, à Ceylan, en Turquie d'Europe et d'Asie, en Caucase, en Perse, dans le Khoraçan (raid a. che\a\ de 900 kilomètres, de Téhéran à Mesched, en 8 jours et 9 nuits), en Asie Centrale (Transcaspienne, Boukara,

la

Samarkande), en Crimée, Algérie, Tunisie, Malte, etc.

Il est membre de la Société de Géographie, de la Société de Géographie commerciale de Paris, de la Société de Géographie et d'Archéologie de Touraine, correspondant de la Société de Géographie de Bordeaux, membre du comité de la Société de Géographie de Marseille, président d'honneur de la Société des Sauveteurs du Midi, membre du Jockey- Club et du Cercle de l'Union.

Mêlé au mouvement politique de ce temps, M. de Sabran-Pontevès est attaché à la personne du duc d'Orléans ; il a développé ses idées dans diverses brochures, ainsi que par la parole. Il demande «■ un gouvernement vraiment national, avec un chef respecté et responsable, » c'est-à-dire la restauration de la monarchie. « Catholique, il réclame le respect absolu de toutes les confessions religieuses reconnues, à commencer par celle de l'immense majorité des Français. >/ Au point de vue économiqueet social, il est partisan de la liberté d'enseignement, du droit intégral d'association, de la création de caisses ouvrières et d'assurances contre les accidents, le chômage, etc., de l'amélioration des salaires, de la participation aux bénéfices « dans la mesure du possible, après tous déficits comblés et fonds de réserves assurés,» de la répartition plus équitable des impôts et du dégrèvement du budget, ainsi que de la suppression du personnel inutile. Il désire la décentralisation des services publics, se traduisant par une large extension des pouvoirs des assemblées départementales, sans rompre l'unité des forces nationales. Il réclame encore le «; Référendum municipal » dans toutes les questions de nature à engager sérieusement l'avenir, au point de vue des intérêts matériels, et l'affranchissement et le développement de toutes les initiatives privées.

M. le comte de Sabran-Pontevès est royaliste : « Le Roi règne et gouverne, dit-il, et la nation contrôle, à l'aide de deux Chambres: celle des Députés, élue parle suffrage universel, l'autre appelée Sénat, ou tous les intcrcis et les professions seront équitablement représentés. »

M. le comte de Sabran-Pontevès a publié des ouvrages très estimés, dont les principaux sont: L'Inde à fond de train, illustré par l'auteur (1885); Un Raid en Asie, couronné par l'Académie Française (Prix Montyon, 1890); Lettres à Fanette (189s"); Pro Patriâ {iS()S), etc.

Il a écrit de nombreux articles dans la Nouvelle Revue, le Figaro, le Gaulois, la Revue de Paris, etc.

Commandeur du Lion et du Soleil de Perse, officier du Nicham-Iftikar et du Dragon d'Annam, chevalier de Malte, officier d'Académie (1888), honoré d'une récompense civique municipale à l'occasion du choléra de Marseille, en 1885, le comte de Sabran- Pontevès est chevalier de la Légion d'honneur depuis le 26 décembre 1894.

IiHCOUf^ (Paul)

.„cRivAix, romancier, né à Laon le 11 février lt 1862. Il fit ses études classiques dans sa ville natale, puis à Paris, où il prit la licence ès-lettres.

Il débuta dans le Courrier de l'Aisne, en 1885, par une correspondance littéraire signée « Rosine », puis fit à Paris, sous divers pseudonymes, de la critique au Courrier de l'Art et des notes biographiques sur les peintres étrangers pour la Grande Encyelopcdie.

Il a été, de 1881 à 1896, successivement rédacteur, chef de cabinet, sous-chef de bureau et secrétaireadjoint aux grandes commissions des travaux d'art de l'administration des Beaux-Arts, qu'il a quittée en septembre 1896.

Les débuts de M. Lacour dans le roman, sous les auspices de Th. de Ban ville, datent de 1887, avec: Chagrins d'amour, recueil de nouvelles. "N'inrent ensuite : VEponse (1889), roman qui obtint un succès réel auprèsdeslettrés; Eva 1189^); Cœurs d'amants (18971, roman paru antérieurement en feuilleton dans le journal Y Eclair . très bien accueilli de la critique et du public ; puis Gilherle, avec ce sous-titre : le Don de soi (1898). On annonce encore de lui: le Ca'ur d'un dilettante; M"° de la Feuillade ; Figurines, etc.

Il a collaboré à la Revue de Paris et de St-Petershourg, au Voltaire (articles littéraires), à l'Illustration, au Journal Illustré, à la Revue illustrée, à la Revue de l'Epoque, à la Revue Hebdomadaire, où il a donné, sous le titre de «Silhouettes », plusieurs nouvelles et la traduction du suédois d'un ouvrage historique: un Roman du premier Consul, d'où il a tiré une pièce sous ce titre: M'" de la Feuillade.

M. Paul Lacour est membre de la Société des Gens de Lettres et vice-président de la Société libre d'Edition. 11 estofficierdel'InstructionpubliquedepuisiSgi.

UR liYfJE (Adolphe LtflliIf^E, dit)

>!:rNTRF. et critique d'art, né à Rouvres (Meuse). Entré, le premier de sa promotion, comme élève à l'Ecole des Beaux- Arts, en 187s, puis professeur de dessin des groupes scolaires du xii" arrondissement de Paris, de 1876 à 1888, il débuta au Salon des Champs-Elysées en 1880 et il y a toujours exposé depuis cette époque.

Parmi les principales œuvres de cet artiste, il convient de citer : plusieurs Portraits au Salon de 1881 ; Pomoiie, dcessc latine des fruits et Verlhiniiiie, dieu des Jardins (1882) ; le Temple d'amour (1883) ; Hercule combattant les Tritonidcs et les Monstres w.;r/;/.s- (1884) ; Sainte Geneviève instruisant Sainte Clotilde, tableau acquis par l'Etat, actuellement au musée de Montauban ; Ht'sionc exposée (1885); la Marchande de fleurs ( 1 886) ; r.4 mour et Psyché ( 1 887 1 ; un grand tryptique : i" Sainte Madeleine dans la grotte ; 1" Les derniers moments de Sainte Madeleine : ^" Sainte Madeleine enlevée au ciel (t888); Junon, ayant reçu les plaintes des épouses abandonnées, force les sirènes à se réfugier dans leur élément (i88()) ; la Vierge aux fleurs ; Sainte Geneviève guérissant sa mère aveugle (Exposition universelle, 1889); les Sirènes au repos et Sirènes à l'af/iît (1890); les Princesses mérovingiennes écoutant dans le recueillement la lecture des Saintes Ecritures (1891); \a Jeunesse de la Vierge (à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, de Paris'i ; le Martyre de Sainte Cécile, acheté par l'Etat (18.92) ; la Première relique ou la Jeunesse embrassant avec oitltousiasine le symbole de la souffrance (1893; ; les Sirènes et la Tempête ; le Dauphin amoureux (1894) ; le Concert des Sirènes; Sainte Cécile entourée des chœurs célestes et de l'harmonie divine chantant, en présence de son fiancé Saint Valérieu, les hymmcs sacrés en l'honneur du Dieu des chrétiens {ii>()'y); l'Amour fuyant devant les Sirènes; la. Sirène blessée et Moïse découvert par la fille du Pharaon (1896) ; les 5/W//fs s' amusant (1897); le Couronnement de Sainte Cécile; Salomé, ladanseuse[iSi)K},etc. La plupart des toiles de M. Ad. La Lyre, que l'on a appelé le "■ peintre des Sirènes », ont été reproduites par la photographie et la gravure, et ont obtenu un très grand succès.

M. L;i Lyre, dit de cet excellent artiste M. Armand Silveslre. est un peintre de ce temps les plus fidèles au nu ; j'entends au nu féminin, c'est-à-dire au plus admirable thème de dessin et de couleurs qui ait jamais inspiré les artistes. C'est le poème de la femme qu'il a constamment chanté sur l'adorahle fond d'orchestre que fait la nature à cet hvnine éternel à la beauté.

Son œuvre est d'un mysticisme païen où l'idole est représentée sans aucune parure; c'est invariablement cette harmonie obsédante, cette trinité redoutable, du Ciel, des Eaux et de la Femme, trois infinis dans un même recueillement. Ses toiles résument plusieurs années de très nobles recherches, tendant toutes ,i une interprétation particulièrement savoureuse des chairs féminines qui, aux fermetés du marbre, joignent la transparence de l'albàtre.

Son esthétique, dit ailleurs le même critique, est à tendance

idéaliste — tantôt profane, tantôt religieuse — Profane, il provoque le triomphe définitif du nu avec ses sirènes, ses naïades, ses chasseresses et ses bacchantes se divertissant dans l'admirable décor de la grande nature amoureuse. Religieuse, il exalte le mysticisme des vierges, des saintes et des martyres de la légende dorée, par une séduisante technique où se rencontrent les naïvetés des primitifs alliées aux doctrines nouvelles des pleinairistes avec un rappel des traditions de l'ancienne Ecole de Dusseldorfî.

A citer aussi l'opinion de !.. d'AricI :

Coloriste charmeur, dessinateur émérite, compositeur hors ligne, il est de plus doué d'une imagination féconde et d'un goût parfait. S'il nous montre ici une exécution vigoureuse, des rudesses brutales; là, au contraire, ses personnages sont nuancés avec une douce, une exquise harmonie. Renonçantà des effets trop matériels, il a exclu les notes vives. Personnages et choses sont enveloppés dans une atmosphère ambiante irisée de tons délicieusement nacrés.

iM. Ad. La Lyre a obtenu une première médaille à l'Exposition internationale de Nice (1884), une première médaille à Versailles (1890), une médaille de bronze à l'Exposition universelle de Paris (1889) et la grand médaille d'argent de la ville de Rouen (1893). Dignitaire de plusieurs ordres étrangers, il est officier de l'Instruction publique depuis 1887.

MUt^AT (Joachim-doseph-Andfé Comte)

;ncien député, ancien représentant à l'Assemblée nationale, né h Paris le 12 décembre 1828. Petit-fils du comte André, frère aîné du roi Joachim ; fils du comte Pierre-

Gaétan (1798-1847), qui fut député et conseiller général du Lot, M. le comte Joachim .Murât fit de brillantes études classiques, puis entra dans la diplomatie.

En 1S49, il l'ut attaché à la mission du comte Walewski à Florence et, de janvier à juillet 1852, resta chargé d'affaires par intérim dans cette ville. En i8ï3, il exerça les mêmes fonctions à Stockholm et, en 1856, accompagna M. de Morny, envoyé comme ambassadeur extraordinaire à Saint-Pétersbourg, lors du couronnement du Tzar. En 18S7, il publia une relation rcmarïjiiée des fêtes auxquelles il avait

assisté et des impressions qu'il rapportait. Pendant cette mission, on donna, ciiez la grande duchesse Hélène de Russie, la représentation d'un proverbe de circonstance, où figurèrent MM'"" Madeleine Brohan et Yolnys, et dû à la plume de M. le comte Murât.

Elu, dès i8=,4, député au Corps Législatif dans la i" circonscription du Lot par ^2,428 voix sur 32,694 votants, M. le comte Murât fut secrétaire d'âge jusqu'en 1860, puis par élection jusqu'en 1863 ; il fut successivement réélu : en 18^7, par 33,990 voix sur 34,sio votants; en 1863, par 3^,982 voix sur 36,174 votants, et en 1869 par 32,444 voix contre 4,997 à M. L. Delord, libéral. Il siégea parmi les députés dévoués à l'Empire, fit partie de diverses commissions (propriété littéraire, décentralisation, etc.), parla sur les chemins de fer, vota l'amendement des 91 relatif au pouvoir temporel et signa l'interpellation des 116. II était, en outre, secrétaire et viceprésident du Conseil général du Lot, maire de la Bastide-Murat, après avoir exercé pendant quelques semaines, en 1853, les fonctions de maire de Cahors, pour amener la pacification entre les partis en présence.

En 1878, après avoir déclaré qu' « à la situation nouvelle, il fallait des hommes nouveaux», et décliné toute candidature par un manifeste imprimé, il fut élu représentant du Lot à l'Assemblée Nationale par 31,874 voix sur 71,438 votants.

M. le comte Murât prit place alors au groupe de l'Appel au Peuple, fut l'an des huit députés qui protestèrent, à l'Assemblée de Bordeaux, contre le vote de déchéance de Napoléon 111, demanda et obtint le rétablissement de la statue de Napoléon l" sur la place \'endôme et se prononça contre les lois constitutionnelles. Elu, en 1876, député de la i" circonscription de Cahors, par 10,027 '^'oix contre 2,461 à M. Thiers, il vit son mandat renouvelé après la dissolution de la Chambre, le 14 octobre 1877, par 9,3n voix contre 3,647 à M. Capmas, républicain, et en 1888 par 7,691 voix contre s, 222 à M. Relhié, républicain. 11 continua de siéger au groupe de l'Appel au Peuple et vota contre le ministère et la politique opportuniste. En 1878, étant président du groupe de l'Appel au Peuple de la Chambre des députés, il accompagna le prince Impérial dans ses visites aux cours de Stockholm et de Copenhague, et resta jusqu'à la mort de celui-ci l'un de ses plus fidèles conseillers. Porté sur la liste conservatrice du Lot aux élections du 4 octobre 188s, M. le comte ,^lurat

fulélu le premier sur quatre par 4o,443voixsur73,S93 votants. 11 reprit sa place dans la droite bonapartiste, vota contre les projets scolaires et coloniaux des ministères au pouvoir, contre les poursuites contre le général Boulanger, etc. Il échoua au renouvellement uninominal de 1889 et ne se représenta pas à celui de 1893.

En 1866, M. le comte Murât a épousé en secondes noces M"° Barrot, fille du sénateur de l'Empire, ancien ambassadeur de France en Espagne.

M. le comte Murât obtint, en 1X96, une rétribution du Conseil général du Lot pour la statue du maréchal Canrobert à Saint-Céré, malgré d'assez vives oppositions.

11 a publié un volume intitulé : Mural, lientenaiit de l'Empereur en Espagne (Pion. 18971, d'après sa correspondance inédite et des documents originaux.

Officier de la Légion d'honneur depuis 1862, officier de l'Instruction publique, il est commandeur de Saint-Joseph de Toscane, de Sainte-Anne de Russie, chevalier de l'Etoile polaire de Suède, commandeur avec plaque du Danebrog de Danemark et de Saint- Olaf de Norwège.

Ft^ESflEflU (flt»mand«Félix)

ffi-ÉN.^.TKUR, né à Rennes (llle-et-Vilaine) le 6jan- |v vier 1823. Fils d'un préfet, il fit ses classes ^ au collège de Rennes; puis il se destina à la diplomatie ; mais il ne poursuivit pas ce dessein. Tous les biographes de M. Fresneau, avant nous, ont affirmé qu'il fut alors secrétaire de M. Duchâtel. C'est une erreur absolue qu'il est intéressant de redresser.

Après la révolution de février 184S, candidat aux élections pour la Constituante et appuyé par le clergé, il fut élu représentant d'Ille-et-\'ilaine par 88,000 voix, siégea à l'extrême droite et vota contre le préambule de la Constitution. 11 combattit aussi les ministères bonapartistes sous la Législative, où il fut réélu, le premier sur douze. 11 rentra dans la vie privée au Coup d'Etat du 2 décembre i8si.

Après la guerre de 1870-71, M. Armand Fresneau, qui avait délaissé la politique sous l'Empire, se fit élire représentant du Morbihan aux élections du 8 février 1871 pour l'Assemblée nationale. Il siégea dans les rangs de la majorité monarchique, combattit les motions républicaines et déposa lui-même une proposition relative à la réglementation du droit d'interpellation, un projet sur l'organisation du ser-

vice religieux dans l'armée, etc. 11 signa l'adresse des représentants de l'extrême droite au pape, la proposition tendant au rétablissement de la monarchie et rejeta l'amendement Wallon et l'ensemble des lois constitutionnelles.

M. l'resneau, après la séparation de l'Assemblée nationale, ne sollicita plus de mandat électoral jusqu'au renouvellement sénatorial du 5 janvier 1879. A ce moment, porté sur la liste de droite dans le .Morbihan, il fut élu, le dernier, par ig", voix sur 327 électeurs. Au renouvellement triennal du s janvier 1S88, il a été réélu par O47 voix sur 952 votants, et à celui de 181)7, le dernier sur trois, par 6=,! voix. Au Sénat, il a continué de siéger à droite. Il s'est surtout intéressé aux discussions économiques, agricoles, financières et religieuses.

M. Armand Fresneau a publié: Y Eclectisme (18471, manifeste contre l'enseignement philosophique de Victor Cousin ; la Planche de Saint (1850); Delà Conslitntioii politique des Etats de l'Eglise ( 1860) ; Evcqncs et professeurs, réflexions sur les balances de l'Etat (1863); le Roi [i^-]-]) ; V Atelier français en jjSç (1879); Une nation au pillage (1888). Il a fondé et dirigé, de 1880 à 1881, la Revue trimestrielle.

tH^UjflOJiT (Édouatrd-Adolphe)

lURNAi.isTE et littérateur, né à Paris le ^ mai 1844. 11 débutacomme employé à la préfecture de la Seine, mais quitta bientôt l'administration pour se consacrer à la littérature. M. Edouard Drumont a collaboré à un grand nombre de journaux et de recueils périodiques : la Presse théâtrale, le Contemporain, le Monde, \a Revue du monde catholique, la Revue de France, la Chronique illustrée, le Gaulois, le Musée pour tons, le Bulletin français, \& Journal officiel, le Bien Public, la Liberté, etc. Il fit un moment le compte-rendu du Salon au Petit Journal.

Avant d'entreprendre la lutte à outrance contre la race Israélite qui a donné une si grande notoriété à son nom, M. Drumont s'était fait connaître par la publication de plusieurs ouvrages : les Fêtes nationales de Paris {i8-]S); Mou vieux Paris (1879, 2" édit. 1893, V' 1897, couronné par l'.Vcadémie Française! ; un roman, \(i Dernier des Tréuiolin ;la Mort de Louis XIV ; Journal des Anthoinc: l'apiers inédits du duc de Saint-Simon ; L.etlres et dépêches de l'ambassade d' Espagne (1880), et il avait fait jouer au Gymnase un acte en collaboration : Je déjeune à midi {i8-]4).

En 1886, M. Edouard Drumont commença cette fameuse campagne anti-sémitique, qu'il n'a cessé de conduire depuis avec un incontestable talent de polémiste et un réel courage; mais aussi avec une passion extrême, et qui tiendra une si large place dans l'histoire de notre temps. Son premier livre sur ce sujet : la France juive, lui attira plusieurs procès et une condamnation à l'amende (1887). Il donna ensuite : la Fin d'nn monde, étude psychologique et sociale (1888), qui lui valut, avec le directeur du Gaulois, M. Arthur Meyer, un duel où il reçut une blessure, dans des circonstances qui furent très commentées, son adversaire, dans un corps-à-corps, ayant porté la main gauche sur l'épée de .\1. Drumont au moment même où il le blessait. Puis il écrivit : la Dernière Bataille ^1890), où il révélait les dessous du boulangisme; le Secret de Fourniies (1892), où il essayait de démontrer la responsabilité des Juifsdanslesévénementsmalheureux survenus à propos d'une grève dans cette ville. L'auteur eut, à l'occasion de ce livre, avec le souspréfet d'Avesnes, M. Isaac, un nouveau duel : les deux adversaires furent blessés. On cite encore de lui : De l'or, de la bouc, du sang : Du Panama à l'anarchie (1896).

En outre des duels déjà mentionnés, M. Drumont s'est encore battu avec M. Crémieux-Foa, officier juif, et .M. Camille Dreyfus, alors député de la Seine.

En 1892, pour défendre plus pratiquement ses idées et donner plus d'ampleur à sa campagne, M. Drumont avait fondé le journal la Libre Parole, qui, dès ses débuts, fut l'objet d'un procès en cour d'assises, où il fut condamné, pour avoir diffamé M. Burdeau, à -î mois de prison et un total d'insertions dont le coût ne devait pas être moindre de 80,000 francs.

Au renouvellement général législatif de 189-;, M. Drumont .se porta, comme socialiste, dans la \" circonscription d'Amiens, où il n'obtint que 3,878 voix, tandis que .VI. Fiquet était élu avec 12,722.

Plus tard, le journaliste, que nul ne menaçait ouvertement, crutdevoir quitter la France pour résider en Belgique, se condamnant ainsi volontairement à un exil dont il fit coïncider la fin avec l'amnistie de M. Rochefort, depuis longtemps retenu à l'étranger, lui, par sa condamnation dans le procès Boulanger 189^-1896 >.

M. Edouard Drumont a combattu pour son idée, non seulement par le livre, par le journal et même par l'épée; maisaussi par la parole, en de nombreuses conférences à Paris, en province et en Algérie, où ses agissements et ceux de ses amis ont porté à l'état

aigu la question juive, toujours brûlante en ce dernier pays. En 1897-98, il a fait une opposition des plus énergiques aux tentatives de révision du procès en trahison du capitaine Dreyfus et il fut l'un des organisateurs de l'agitation créée dans tout le pays lors des poursuites intentées à M. E. Zola à propos de cette atïaire 1^1898).

DEPt^EZ (jWafcel)

ÉN(,i';nieur, membre de l'Institut, né à Chàtillonsur-I.oing le 19 décembre 1843. ^'^* '^^" ^ . . . médecin, il suivit, comme élève externe, les cours de l'Ecole supérieure des Mines.

Les travaux de M. Marcel Deprez ont porté particulièrement sur l'utilisation et l'emploi de l'électricité comme force motrice; il a inventé divers appareils de traction. Il entreprit, dès 1872, à Munich, puis en 1883, h Paris, dans les ateliers du chemin de fer du Nord, des expériences qu'il reprit encore en 188=;, grâce au concours pécuniaire de MM. de Rothschild. Il essaya d'actionner, au moyen de l'électricité, un train entre la gare de la Chapelle et celle de Creil, distantes l'une de l'autre de 50 kilomètres. Le résultat de cette tentative fut de démontrer qu'il était possible d'utiliser à 50 kilomètres de distance une force donnée, en perdant se °/„ de son énergie (Rapport présenté à l'Académie des sciences, en août 1886, par M. Maurice Lévy).

.M. Deprez a été élu, le i" mars 1886. membre de l'Académie des sciences (section de mécanique), en remplacement de M. Tresca. 11 a été nommé, en novembre 1890, professeur d'électricité et de ses applications au Conservatoire des Arts et Métiers.

Cet ingénieur, qui continue toujours ses intéressantes recherches, a publié un Traite d'clcctricitc industrielle théorique et pratique ( 1896-1898).

M. Marcel Deprez est officier de la Légion d'honneur depuis 1883.

CU'^ILiLiOrl (Lxouis-f^obei^t de)

^j^^^EiN'TRL et aquarelliste, né à Paris le 29 février ''"l^^iSj'^. Il fut à Paris l'élève de Mazerolles, de "^ Dubuiïe et de Delaunay pour la peinture. II étudia l'architecture dans l'atelier de Paccard et André.

Entre temps M. de Cuvillon, lors de la guerre de 1870-71, s'engagea dans le corps franc des Eclaireurs

de la Seine, commandé par le comte Féry d'EscIands et reçut la médaille militaire pour action d'éclat.

C'est surtout comme aquarelliste que lui vint la notoriété qui entoure son nom. Il suivit, dans cet art délicat, les conseils du maitre Louis Leloir et ne tarda pas à se faire remarquer aux Expositions des aquarellistes par de nombreux paysages, portraits et diverses études qui révèlent un talent souple, varié et d'une correction impeccable. On peut citer parmi les œuvres de M. de Cuvillon : le Passage difficile ; le Départ : la Leçon de musique ; la Lettre et une Vue de r Intérieur du manoir d'Aiigo; — les portraits, ceux d'Auguste Flameng, en costume moyen-dgc ; de la Comtesse de Montesquiou Feiensac ; du Comte et de la Comtesse de Brissac ; du Comte de Brissac ; du Baron Baude ; de la Duchesse de Morteinart ; de M"' de PoUgnac; de M"' Thirria; de M-" de Beine ; de M. Georges Smith : de M'" Schans, de New-York ; de M. N. Magne ; de Miss Louise et Béatrice Ayer, de Boston ; de M"'' Jean Hersent, etc. Ce maitre aquarelliste, dont presque toutes les oeuvres nous sont enlevées par l'Amérique et l'Angleterre, est le portraitiste par excellence de toutes les élégances mondaines.

Ff^ÉÊflUliT (Chaples-Féliît)

rDLCix, député, né à Metz le 7 mars 182=,.

Reçu docteur de la Faculté de Paris en

''.yyf^K^ i8so, il fut élu conseiller municipal, en

^^i^ 1871 et 1874, pour le quartier du Gros- Caillou.

Candidat radical aux élections pour la Chambre des députés, le 20 février 1876, dans le vu" arrondissement de Paris, M. Frébault fut élu, au scrutin de ballottage, par 6,148 voix, contre M. Bartholony.

Inscrit à l'Union républicaine,il demanda l'amnistie, s'associa aux divers votes de la majorité de la Chambre et, après l'acte du 16 mai 1877, fut un des 363. Réélu, le 14 octobre suivant, par 7,078 voix contre 6,n6 obtenues par M. Bartholony, c-andidat du gouvernement et du clergé et, le 21 août 1881, par 6,480 voix sur 12,563 votants, il fut, après l'établissement du scrutin plural, inscrit sur plusieurs listes du département de la Seine. Aux élections du 4 octobre i88s, il obtint, au premiertour de scrutin, 159,331 voix sur 433,990 votants, et fut classé le dix-septième sur la liste générale des candidats. Maintenu sur la liste républicaine unique, dite de conciliation, au scrutin de ballottage, il fut élu par 287,490 voix sur 414,360

votants. Aux élections du 22 septembre 1889, faites de nouveau au scrutin iminominal, il se représenta dans le vn' arrondissement, où il eut pour concurrents M. Mermeix, candidat boulangiste etM.Cochin. candidat monarchiste. Il échoua avec 4,684 voix, au scrutin do ballottage. Il retrouva son siège au renouvellement législatif de 1893, où il fut élu par s, 991 voix, contre 3,708 à M. Paul Lerolle.

M. Frébault, à la Chambre, a toujours lait partie de l'Extréme-gauche. Il s'est principalement occupé, en dehors de la politique, des questions budgétaires et de celles intéressant son quartier.

IVIAUï^flrJGE (Gabriel)

.iiKLicisTE scientifique et médecin, né le 10 janvier i86s à Bordeaux où, après avoir fait ses études classiques, il suivit les cours de la Faculté de médecine et fut interne des hôpitaux.

Venu ensuite à Paris, M. Gabriel Maurange y fut reçu docteur en médecine en 1889, avec une thèse intitulée : De rintcrvcntioii chinirgicale dans la pc'rilonîtc tuberculeuse. Ce travail, le premier paru en France sur ce sujet, fit grand bruit dans le monde scientifique et est cité, depuis cette époque, dans tous les ouvrages classiques,

Parmi les mémoires, articles de journaux et de revues, ou les communications présentées à l'Académie de médecine et autres sociétés savantes, par M. le docteur G. Maurange, il convient de citer : un mémoire sur le Fibrome Je l'orbite {1889) et deux travaux importants sur VEiuloine'trite fétide des feiniiies âgées, affection peu étudiée avant lui (1895).

On doit aussi à .\1. le docteur Maurange une méthode d'anesthésie mixte prévenant le danger de la chloroformisation et qui a été l'objet de nombreuses études expérimentales dans les laboratoires de M. le professeur Ch. Richet et les cliniques des hôpitaux de Paris. Cette méthode, exposée dans un mémoire fait en collaboration avec le docteur Paul Langloi est intitulé : L'injection de sulfate de sparteine avant la chloroformisation, a été produite à la Société de Biologie le 7 août 1894, à l'Académie de Médecine le 8 octobre 1894, à la Société de Chirurgie le 5 juin 1895, et à l'Académie des Sciences au mois de novembre de la même année, etc. En outre d'études bien connues sur les Injections mercnriellus et YOpothcrapie (Revue générale des Sciences pures et appliquées), M. le docteur G. Maurange s'est fait remar-

quer par les articles qu'il a publiés dans la Galette liebdoiuailaire de médecine et de chirurgie sur toutes les branches de la Thérapeutique, notamment en ce qui concerne!' Emploi hypodermique des médicaments (1896-1897). Il est aussi l'auteur d'un Formulaire pratique de l'Iiypodermie, paru en 1896 et qui a déjà eu plusieurs éditions.

Collaborateur assidu de la Ga{ettc hebdomadaire de médecine et de chirurgie, des Archives de Physiologie, de la Presse médicale, def, Archives Belges de Pharmacodvnamie, membre de la Société anatomique, et de la Société de Thérapeutique, M. le docteur G. Maurange est officier de l'Instruction publique depuis 1898.

BflEfJTSOErJ (fllbePt)

'eintre, né à Gand le 9 janvier 1866. Ses études terminées, M. Baertsoen vint à Paris, où il fréquenta l'atelier de la « Palette »; il reçut les conseils de M. Roll et, en 1889, il envoya aux Champs-Elysées un paysage : Derniers rayons, pêcheurs amarrés sur l'Escaut.

L'année suivante, M. Baertsoen émigra au Champde-.Mars, où, depuis, il a exposé une suite de paysages d'une grande simplicité, peints vigoureusement dans des tonalités grises ou vibrantes et pour la plupart représentant des sites de Zélande ou des canaux du Nord. Citons : Sur la Tamise (brume d'hiver) ; Port de pèche [sole'û d'hiver); En ville flamande (le soir); Un brise-lames (le matin, mer du Nord, 1892); Soir de pèche; Vieux canal flamand; Nieuport (soir) ; Bateau sur la neige; Neige (matin); Mur blanc (Flandre); Novembre; Soir sur la dune (Mariakerkesur-Mer, 1894); Soir sur l'Escaut ; Au Béguinage (matin de neige) ; Petite Cour (Flandre) ; Rivière en décembre (1896) ; Vieux port en ville morte; Petite place (le soir, 18981.

M. Baertsoen a en outre exposé à Munich, où il est membre fondateur du Salon dit de la '< Sécession » (1897) ; à la « Libre esthétique » à Bruxelles (1897 et 1898), et à l'Exposition de la Société internationale chez G. Petit, à Paris.

Cet excellent artiste a obtenu une mention honorable au Salon des Champs-Elysées en 1889 et une mention honorable à l'Exposition universelle de 1889. Il est associé de la Société nationale des Beaux- Arts depuis 1892 et sociétaire depuis 1894. II a été fait chevalier de l'ordre de Léopold en 1897.

CUflÉO d'Ot^rlfl^^O (Gustave)

ÉPUTÉ, né à Rome le 17 novembre 1^45. 11 est le petit-fils d'un officier de Napoléon, d'origine corse, qui suivit à Rome la famille Bonaparte, à la chute du premier Empire.

Après avoir appris le droit, M. Cunéo d'Ornano fut employé à la préfecture de la Seine et avocat au barreau de Paris. 11 fit la campagne de )87o-7i dans la garde mobile de la Seine, puis il collabora au Courrier de France, à la Presse et au Chareiiiais, d'Angouléme. Il abandonna ce dernier journal, en juin 1875, pour fonder le Suffrage universel des Charenfes. Dès ce moment, ses attaques contre le régime républicain, d'une violence exagérée, attirèrent sur lui l'attention et il devint bientôt l'un des meneurs de la réaction impérialiste.

M. Cunéo d'Ornano se présenta dans l'arrondissement de Cognac, aux élections législatives de 1878, et fut élu, le s mars, au scrutin de ballottage, par 8,318 voix, contre 6,491 recueillies par le candidat républicain, M. Planât. Son élection fut invalidée, le 6 avril, pour placards diflfamatoires et attaques contre la Constitution. Réélu, le 21 mai, par 9,496 voix, contre le même concurrent, qui n'en obtint que 6,627, il ^^ ^'*- inscrire au groupe de l'Appel au peuple, vota avec la minorité monarchiste de la Chambre et, au 16 mai 1877, soutint de son vote le cabinet de Broglie.

Candidat officiel aux élections du 14 octobre, M. Cunéo d'Ornano reprit, pour la campagne électorale, ses procédés bruyants et violents de polémique. Dans son journal, il promettait de faire de la République et des républicains '< une pâtée dont les chiens eu.x-mêmes ne voudraient pas», phrase malheureuse, demeurée légendaire. Elu par 9,911 voix, contre 7,704 au candidat républicain, le député delà Charente, au mois de décembre suivant, adressa au Journal des Débats une lettre injurieuse que celui-ci refusa d'insérer. Un procès gagné en première instance lui donna gain de cause et ordonna l'insertion ; mais ce jugement fut annulé par la Cour.

Réélu le 21 août i88i, par 8,621 voix, contre 8,132 données au candidat républicain, M. Cunéo d'Ornano prit part, dans ces diverses législatures, aux travaux du parlement surtout pour les interrompre, faire de de l'obstruction et provoquer par son attitude et ses propos des querelles et des scènes scandaleuses à la Chambre. Il s'attira maints rappels à l'ordre et autres sévérités du règlement. En 1882, il refusa les crédits

demandés pour l'expédition de Tunisie, présenta une proposition de loi tendant à la réduction du service militaire à trois ans, combattit la loi sur le divorce, etc. 11 attira encore l'attention sur lui en faisant afficher avec persistance un manifeste du prince Napoléon, à Paris et dans l'arrondissement de Cognac. Poursuivi pour affichage illégal, il fut acquitté (1883).

Porté sur la liste bonapartiste de la Charente aux électionsgénérales du 4octobre 1885, faites au scrutin départemental, M. Cunéo d'Ornano fut élu, le quatrième sur six, par 47,893 voix sur 88,641 votants. Il fut l'un des députés qui poussèrent à l'enquête qui aboutit aux poursuites contre M. Wilson , et, par suite, à la démission de M. Jules Grévy. En 1888, il fit adopter par la Chambre une disposition tendant à faire appliquer par les tribunaux, en matière de régie, les circonstances atténuantes aux contrevenants de bonne foi. 11 soutint et appuya le mouvement boulangiste, déclarant poursuivre, comme le général, la dissolution de la Chambre et la révision de la Constitution; mais le député de la Charente, devenu moins ardent depuis quek|ues années, se défendit en même temps de vouloir renverser la République, '•■ qu'il désirait conserver, à la condition qu'elle devienne démocratique et plébiscitaire, c'està-dire soumise au référendum national >/. C'est avec un programme basé sur ces nouvelles idées, qu'il a depuis adoptées, que M. Cunéo d'Ornano se représenta aux élections du 22 septembre 1889, dans son ancienne circonscription de Cognac et fut élu, au premier tour, par 8,812 voix, contre 7,70") données au général Tricoche, candidat républicain. Il a été réélu en 1893 par 7,955 voix contre 7,749 données à M. Armand Robin, républicain.

Dans les dernières législatures, l'honorable député, sensiblement assagi, a pris une part normale aux travaux de la Chambre, et s'est intéressé à plusieurs discussions d'affaires. Il représente, au Conseil général de la Charente, le canton dj Segonzac.

M. Cunéo d'Ornano a réuni en volume certains de ses, Discours prononcés à la Chambre ou dans les réunions publiques et il a publié, avec M. Charles- Philippe Flament : Les Associations religieuses et le Fisc (1890, 1 vol.).

LiRNCEÏ^ERUX (Etienne)

! I iii;<:iN, publiciste scientifique, membre de

l'Académie de médecine, né à Brécy-Brière

^ j. ^ lArdennes) le 27 novembre 1829. Il fit ses

"^^^ classes à Reims et ses études médicales à Paris, fut successivement interne des hôpitaux, docteur et chef de clinique à IHôtel-Dieuf 1862). Nommé médecin des hôpitaux et du service du Bureau central en 1869, il a été chargé des services de médecine générale à Lourcine (1873), à St-Antoine (187s), à la Pitié 1187S; et h l'Hotel-Dieu 118891; il est aussi médecin en chef de l'Hôpital du Perpétuel-Secours, depuis 188s, époque de sa fondation.

Entre temps, M. le docteur Lancereaux fut médecin des ambulances de la Seine, lors de la guerre de 1870-71.

Nommé professeur agrégé en 1872, il est entré, en 1S77, à l'Académie de médecine.

Praticien réputé, les soins de sa nombreuse clientèle ne l'empêchent pas de se livrer à des travaux scientifii]ues du plus grand intérêt. 11 s'est surtout fait remarquer par ses recherches sur l'anatomie pathologique , aux progrès de laquelle son nom est intimement lié. C'est à lui que l'on doit en France la connaissance des nombreuses manifestations des diflérentes boissons et des dangers incalculables de l'alcoolisme. C'est également lui qui, en 1880 et 1882, démontra que les épidémies de fièvre typhoïde qui sévissaient dans Paris avaient leur origine dans l'eau de boisson qu'on y distribuait. .Niais on l'apprécie surtout pour ses recherches sur les embolies cérébrales, sur la syphilis viscérale, sur les altérations des reins, du foie, principalement sur celles du pancréas.

Parmi les ouvrages dus à .VI. le docteur Lancereaux, il convient de citer notamment : De la thrombose et lie l'embolie cérébrales (1862, couronné par l'Académie des Sciences) ; Traite' historique et pratique Je la syphilis (1866, 2" édition 187-5 1 ; De la pol vurie 'iS6^, couronné par l'.Vcadémie des Sciences) ; Atlas il'aiiatoinie pathologique 1 1871, couronné par l'Institut!: De la maladie expérimentale comparée à la maladie sponlauée ithèse d'agrégation, 18721; Traité d'auatomie palholofrique (3 vol. 187S-1889J ; De Tinjhience des alcools sur l'état moral et physique des individus (18781 ; Distribution géographique de la phtisie pulmonaire 1871); Paralysies toxiques et syphilis cérébrale (1882) ; Traité de l'herpétisme (1883) : Leçons de

clinique médicale (3 vol. 1890-1894); Traité des maladies du foie et du pancréas (1898).

On doit encore à M. le docteur Lancereaux de nombreux mémoires dans plusieurs recueils scientifiques et dans les Archives de médecine ; les articles Reins et Alcoolisme du Dictionnaire encyclopédique, et de nombreux articles et communications à la Société de Biologie, à la Société anatomique, à l'Académie de médecine, etc.

Officier de la Légion d'honneur depuis 1894, M. le docteur Lancereaux est aussi officier de Sainte-Anne de Russie, etc.

IVIOUNET^SULiLiV (Jean -Sully JWOUflET, dit)

[pRTiSTE dramatique, né à Bergerac (Dordogne) l[j le 27 février 1841. Ses dispositions pour le théâtre, précocement manifestées, furent combattues par sa famille et c'est à 21 ans seulement qu'il entra au Conservatoire, oîi il fut l'élève de Bressant et obtint, en 1868, un premier prix de tragédie ; la même année, il opéra, sur la scène de rOdéon, ses débuts, qui passèrent inaperçus.

Pendant la guerre de 1870-71, M. Mounet-SuUy fut officier de mobiles.

En 1872, il joua, au Théâtre-Français, le rôle d'Oreste et y fut si bien accueilli que sa vocation théâtrale, à ce moment bien ébranlée, fut raffermie. Les rapides progrès de son succès le firent élire sociétaire, au bout de dix-huit mois, le i" janvier 1874.

.VI. Mounet-Sully est devenu aujourd'hui, non seulement au Théâtre-Français, mais parmi tous les artistes dramatiques modernes, l'un des plus brillants et des plus justement célèbres — sinon le premier — des représentants de l'art tragique. Son talent bien personnel, aidé par les effets naturels de son masque expressif, par son geste ample et l'éclat de sa voix, lui a permis de traduire, comme peu d'auteurs avaient pu le faire avant lui, le caractère d'un grand nombre de créations dramatiques de l'art ancien ou moderne.

Les principaux rôles créés ou repris avec éclat par .NI. .VIounet-Sully dans le répertoire classique ont été : Achille dans Iphigénie, Xipharés dans Mithridate, Hippolyte dans Phèdre, Orosmane dans Zaïre, Antigone, etc. 11 s'est surpassé dans l'œuvre classique par excellence de Sophocle, Œdipe-Roi, représentée avec une pompe extraordinaire aux fêtes d'Orange, dans les ruines de l'amphithéâtre romain,

puis reprise sur la scène des Français en octobre i88s, et reprise cncoresur le même théâtre d'Orange à une représentation où assistait M. Félix Faure, président

la République en lî

a interprète, avec une

puissance incomparable, le personnage ïatiûd' Haiiilcl.

Dans le répertoire moderne, il s'est fait remarquer enintcrprétant : Jean dans.A'jw iicThonii>ieray(i8-]}), Didier dans Marioii Dcloniic, Gérald dans la Fille de Rohiiid, Gérard dans VEtrariffL'rc, Hcniaiii, François I" dans le Roi s'amuse, Fabrice dans I'/Id^'w/krière, Saint-Mégrin dans Henri III et sa cour, Alain Chartier, Par le Glaive, le Fils deVArétin, Fredi'gonde, la Martyre (1898), etc.

Cet admirable artiste a trouvé d'autres succès, à la salle du boulevard des Capucines, en faisant plusieurs conférences sur les poètes contemporains. Il a écrit une pièce en cinq actes, en prose, la Buveuse de larmes, dont il a fait imprimer des fragments.

Doyen de la Comédie-Française, M. Mounet-Sully est officier d'Académie et chevalier de la Légion d'honneur (du 13 novembre 1889).

JVIOUl^ET (Jean-Paul)

•RTisTE dramatique, frère du précédent, né à Bergerac le 5 octobre 1847, et non en t8=|-î, date donnée par plusieurs biographes. Il fit ses études au collège de cette ville, à Bordeau.x, puis à Paris. En 1870, il servit dans la garde mobile de son département et fit la campagne de la Loire, depuis Coulmiers jusqu'aux dernières affaires du Mans. Destiné à la médecine par sa famille, il prit ses inscriptions et se fit recevoir docteur le 7 août 1880; mais il ne poursuivit pas cette carrière, et, la même année, il- s'engagea à l'Odéon, où il débuta, le 18 octobre, dans Horace.

M. Paul Mounet interpréta ensuite Oreste dans Andromaque et Achille dans Ipliig-e nie. Un moment, le jeu de son frère apparut trop visiblement dans le sien propre; mais il sut bientôt s'affranchir et acquit une manière plus personnelle qui lui valut des succès, moins retentissants sans doute que ceux de son aîné, mais fort honorables. C'est de cette façon qu'il parut par la suite dans: Hippolyte, le vieil Horace, Néron, Don Diègue, le pauvre de Don Juan, Mahomet, Orosmane, Tyrrel des Enfants d'Edouard, etc., dans .le répertoire classique. Dans le théâtre contemporain, il reprit ou créa les rôles du baron Croi.x-Saint- Paul dans Madame de Maintenon, d'Yacoub dans Charles VII chei ses grands vassaux, de Warwick

dans Formosa. de Gian-Battista Torelli dans Severo Torelli, de Baltazar dans YArlesienne, d'Angus dans \e.sJacohiles. d'Anliocluis dans les Fils île Ja/iel, du député Numa dans Nunui Rnuiuestan, de Jacques dans Jacques Damonr, du prince Maéda dans la Marchande de sourires, de Rodion dans Crime et Châtiment, de Danton dans Charlotte Corda v, de Humbert dans le Lion amoureux, d'Obéron dans Amhra. Il se fit applaudir aussi dans VAvcu, leSonge d'une nuit d'été, dans le rôle d'Orestès des Ervnnies, dans celui de Shakespeare de Machetli, etc.

Admis, le 15 juillet 1889, au Théâtre-Français, il débuta dans le rôle de Don Salluste de Ruy-Blas. 11 y a joué ensuite : le vieil Horace, Jean Baudry, Charlemagne, Don Diègue, Don Ruy Gomez, Orosmane, Agamemnon,Burrhus, César, Conrad-le-Loup, Par le Glaive, la Reine Jnana, le Voile, etc., et repris plusieurs des rôles qu'il avait déjà interprétés à rOdéon. 11 a été élu sociétaire de la Comédie-Française en 1891.

M. Paul Mounet est officier d'Académie.

TITEOX (Jean-FFançois-Eugène)

. CRivAiN militaire, officier, peintre, né à Aiglej^ mont (Ardennes) le 11 décembre 1838. Fils d'un ouvrier, il commença, à treize ans, ses études classiques et les termina à l'Institution Rossât, de Charleville: il fut reçu à Saint-Cyr, en 18S7, 'ivec le n" 14. Sorti avec le n" 1 de cette école et de celle d'Etat-major, M. Eugène Titeux fit son stage d'Etat-major comme lieutenant au •;'' cuirassiers et aux cuirassiers de la Garde, puis son stage d'infanterie au 19° de ligne à Rome. A son retour d'Italie, en 1866, il fut attaché au service topographique, en Corse d'abord, puis, pendant quatre ans, en Afrique. C'est ainsi qu'il a collaboré à la dernière feuille de la grande carte de France de l'Etat-major et exécuté la triangulation géodésique de la feuille d'Oran.

Quand éclata la guerre de 1870-71, il fut appelé à faire partie de l'Etat-major de la division de cavalerie Chauipéron et fut ensuite nommé aide de camp du général de division de Susbielle, avec lequel il assista au combat de Bagneux, aux batailles deChampigny, du Bourget,de Montretout et aux diverses opérations de l'armée de Versailles.

Après la répression de la Commune, le capitaine Titeux fut nommé professeur à l'Ecole d'Etat-major et, lors de la transformation de cette dernière en

Ecole supérieure de guerre, il y devint professeur de topographie et de géodésie, cours qu'il créa et dont il est resté titulaire jusqu'en 1890, époque oi!i il prit sa retraite. Ivntre temps, il avait été pronui commandant et lieutenant-colonel.

Passionné pour la peinture, il fut élève de Glaize et d'Adrien Moreau et débuta au Salon des Champs- Elvsées, dès lî^"]"], par deux toiles assez remarquées : D.iiis hi chaiiihrct' : Poiiraii du colonel G... Vinrent ensuite : Visite an iiniscc d'artillerie ; Trompette de cuirassiers (1878); Portrait du ge'nèral Lewal, dont une copie se trouve au ministère de la guerre (1871)1; Portrait de Mor Laiioêiiieux 1^1880) ; \c gênerai Margiieritte à Floing (1881), tableau qui a été reproduit un grand nnuibre de fois par la gravure : la Poroe à r Proie militaire (1887), etc.

.\1enibre de la Société des Artistes français, l'un des londateurs de la " Réunion des peintres et sculpteurs de chevaux, /, qui exposent, tous les ans au concours hippique, M. le colonel Titeux est un des membres fondateurs de la « Sabretache » et président de la Société du « l'assepoil //.

Depuis 1890, M. le lieutenant-colonel Titeux s'est consacré exclusivement à des travaux d'érudition et a rapidement conquis une grande notoriété. Il a publié en librairie : Histoire de la maison militaire dit roi. de iSijf à iSjo (1890), composé de deux volumes grand in-4'', illustrés entièrement par l'auteur et qui a été couronnée par l'Académie française en 1891 ; Historiques et uniformes de l' Armée française, publication très répandue dans tous les régiments de l'"rance et à l'étranger ; Histoire générale de la cavalerie franfaise, donnant les transformations successives de cette arme et de ses uniformes, depuis l'origine jusqu'à nos jours (travail non encore publié) : Sailli -Cyr et l'Ecole spéciale militaire eu France 1,1898), ouvrage in-4" de 850 pages, avec 100 aquarelles et 300 dessins de l'auteur, dont le général du Rarail a dit. dans la préface :

V'oici un livre admirable de sincérité et de bonne foi. Dans cette étude niagi^itrale, qui est le fruit et le ré.sultat d'un labeur surhumain de plusieurs années, le colonel Titeux n'a été guijc que pur la recherche passionnée de la vérité et par le patriotisme le plus ardent et le plus éclairé.

Ce sont toutes ces questions vitales pour l'armée que le colonel Titeux traite magistralement, dans son magnifique ouvrage, dont je ne puis que recommander la lecture à tous ceux qui s'intéressent à l'avenir do la France,.si intimement liée à l'existence de

son armée.

M. le colonel Titeux a commencé, en 1897, une Histoire de la Garde impériale (i" Empire), pour laquelle il parcourt l'Europe à la recherche de documents. Cette histoire doit comprendre 4 volumes in-4'' avec dessins, portraits, aquarelles, exécutés par l'auteur du texte.

En outre d'un sabre et de trois prix du ministre de la Guerre, décernés pour ses travaux, M. le colonel Titeux a reçu, comiiie militaire, la croix de la Légion d'honneur, après la bataille de Montretout (1871'. Il a été promu officier en i886.

PALiflDmHE (Emile)

oMPosrn-.UR de musique, membre de l'Institut, m^J? "^ ^ Montpellier le 3 juin 1844. Son père, médecin, grand amateur de musique, lui reconnaissant des aptitudes pour cet art, le fit entrer tout jeune au Conservatoire de Paris, où il fit des études brillantes sous la direction d'Halévy, de Benoist et de Marmontel. A douze ans, il obtint un second prix de piano, le premier prix en 18^7 et, en i86o, le second prix d'orgue et le premier grand prix de Rome avec une cantate intitulée Ivan IV, sur des paroles de Théodore Anne, qui fut exécutée à l'Opéra en décembre de la même année.

Le jeune musicien avait déjà fait jouer des fragments d'un opéra-comique en trois actes, la Reine Mathilde. Pendant son séjour à Rome, il 'envoya à l'Académie des Beaux-Arts une Messe solennelle, un opéra-boufl'e italien, une Ouverture Qt une Symphonie eu mi bémol. Revenu à Paris, il se mit en pleine lumière avec sa Maiidoliuata (1864), mélodie vocale, ipie certains considèrent encore comme sa meilleure production.

M. Paladilhe demeura plusieurs années sans faire connaitre d'autres ouvrages; il ramena l'attention sur lui en donnant à l'Opéra-Comique : le /"j.s-.m;;/, adaptation lyrique de la comédie de M. François Coppée, qui n'eut que quelques représentations (1874) ; puis Y Amour africain (1875) ; Suzanne (1879); Z)/iT;w, troisactes (1885), opéra-comiques; àl'Opéra: Patrie, opéra en cinq actes, livret de MM. Sardou et Gallet (20 décembre 1886), le seul ouvrage de cet auteur bieii accueilli à la scène, même avec un très vif succès, et qui fut repris en janvier 1891; les Saintes Maries de la Miv-, oratorio (Montpellier, 1892). On

connaît encore de lui : Picmicrcs pensées, trois morceaux pour piano; Cent nie'loJies ; Mélodies écossaises, etc.

M. Palndillie a été élu membre de l'Académie des Beaux-Arts, le 2 juillet 1892, en remplacement de Guiraud. 11 est officier de la Légion d'honneur depuis 1894.

HEJ^rllQUE (Uéon)

ig3|^S|C oMANciER et auteur dramatique, né à La Gua- ^I^K "^sloupe le 4 novembre 185 i.

(^^^L, M. Léon Hennique fut, dès ses débuts et est demeuré l'un des plus fervents adeptes de l'école littéraire naturaliste. Ses premiers livres parurent sous les auspices de M. Emile Zola ; ils étaient intitulés: la Dévouée {iS']8) et Elisabet/i Conrouncan (,1879). Il donna ensuite, aux Soirées de Médan, deux nouvelles : les Funérailles de Francinc Cloarcc, Benjamin Ro:;cs, qui furent publiées en un volume l'année suivante.

On connaît encore de M. Léon Hennique les romans suivants : les Hauts faits de M. de Ponthau (1880, illustré); l'Accident de M. Hébert (1883); Pœnf (1887) ; Un Caractère (1889).

Comme auteur dramatique, M. Hennique a écrit : V Empereur d'Assoucy, comédie en trois actes (1880), avec M. Georges Godde ; Pierrot sceptique, pantomine (1881, dessins de Jules Chéret, avec M. J.-K. Huysmans) ; Esther Brandès, pièce en trois actes, jouée au théâtre-Libre (novembre 1887); la Mort du duc d'Enghien, drame en trois tableaux, représenté au même théâtre en décembre 1888 ; yja///i's Damonr , pièce en un acte, tirée d'une nouvelle de M. Zola, jouée à l'Odéon en septembre 1887 ; Amour, drame en trois parties (Odéon, 1890) ; la Menteuse, comédie en 3 actes, avec A. Daudet (Gymnase, 1892); l'Argent d'autrui, comédie =i actes (Odéon, 1893'); Deux Patries, drame en cinq .tableaux, représenté avec succès à l'Ambigu, le 22 mars 189^

Cet écrivain a été choisi par Edmond de Concourt pour l'un de ses exécuteurs testamentaires et désigné pour faire partie de la future « Académie de Goncourt. » 11 fut, pendant un an, attaché à la Bibliothèque de l'Arsenal.

M. Hennique est chevalier de la Légion d'honneur depuis le s janvier 1S9S.

JVTflf^ÉCHflLi (ChaPles-Henpi)

o.Mrosm;i'K de musique, né à Paris le 22 janvier 1842. Il fit ses études musicales au Conservatoire de Paris, où il eut pour professeurs Batiste, Victor Massé, Chauvet et Benoît. En 1870, il remportait le grand prix de Rome, avec une cantate intitulée : la Jugement de Dieu, et débutait au théâtre, le 8 mai 1876, avec: les Amoureux de Catherine, opéra-comique en i acte de Jules Barbier, d'après Erckmann-Chatrian i Opéra-Comique). M. -Vlaréchaladonné ensuite: la Taverne de Trabans. opéra-comique en 3 actes, des mêmes (même scène, 1881, qui obtint, en 1882, le prix Monbinne de l'Académie des Beaux-Arts); l'Etoile, opéra de concert en I acte, de P. Collin (Théâtre d'Application, 18891 ; Deïdamie, opéra en 2 actes, d'Edouard Noèl (Opéra, 1893); Calcndal, opéra en 4 actes, de Paul Ferrier et Mistral (Rouen, 1894 — Gand — Nîmes); plus, non encore représentés: Piug-Sin, opéra en 2 actes, paroles de Louis Gallet, et Daplinis et Cliloé, opéra en 3 actes, paroles de Jules et Pierre Barbier.

M. Henri Maréchal a composé la musique de scène derA;«/'Fr/'/{(Comédie-Française, 1876) ;des Raiit^aii (même théâtre, 1884); de Crime et Châtiment [Oàéon, 1888), pièces représentées nombre de fois sur nos grandes scènes de province et à l'étranger.

Il est en outre l'auteur de : la Nativité, poème sacré de Cicile, exécuté notamment au Conservatoire en 1876 et auxConcerts Colonne en 1879; les Vivants et les Morts, strophes de Ph. Gille (Concerts Colonne, 1886); le Miracle de Naïm, drame sacré de Paul Collin (Concerts Colonne, 1891) ; Feuillets d'Album, 7 pièces d'orchestre, d'après A. Chauvet (Colonne); Pièces intimes, 3 pièces d'orchestre (1894); Esquisses Vénitiennes, suite d'orchestre (1896) et Aiitar, poème symphonique (1897).

Parmi les scènes chorales qu'il a composées, citons les plus populaires: la Légende de Jumiéges; Jacques Bonhomme: les Villes mortes; la Péniche: les Forains: l'Eternel chemin: l'Eté de Saint-Martin, etc. -M. Henri .\laréchal est très prisé aussi pour ses mélodies nombreuses et variées, dont certaines sont très connues : Vers la Vigne : Sonnet du XVJl' siècle; Le Spectre et la rose; Bon four; les Cloches du soir; le Banc de pierre; Mona; Sonnet d'Oroiitc, etc., et pour ses morceaux de musique religieuse : Ave Maria, Agnus Dei, Notre Père, O Salutaris, etc.

M. Henri Maréchal est inspecteur de l'enseignement musical, délégué du ministère des Beaux-Arts

loi

auprès des conservatoires, écoles nationales de musique, maîtrises et concerts populaires subventionnés de France et membre de la (commission municipale de surveillance et d"enseii;nement du cimnt dans les écoles de la Ville de Paris.

11 est chevalier de la Légion d'honneur, officier d'Académie et décoré de divers ordres étrangers.

FAVE (Étienne-Ltéopold)

Pi'NATiiUR, ancien ministre, né à .Nlarmande , Lot-et-Garonne: le 16 novembre 1828. Ses études terminées, .M. Paye se fit inscrire comme avocat au barreau de cette petite ville, de huiuelle il fut maire, après le 4 septembre 1870, jusqu'au 24 mai 187-!.

(-andidat dans le déparlement de Lot-et-Garonne, aux élections générales du 8 février i87i,pour l'Assemblée nationale, il échoua ; mais il fut élu, le 2 juillet suivant, par 49,181 voi.v, contre 28,000 données à M. de Gondrecourt. .M. Paye siégea à la gauche de l'Assemblée et prit une part active aux travaux législatifs. 11 vota toutes les propositions tendant à fonder le nouveau régime républicain et adopta l'ensemble des lois constitutionnelles. Aux élections du 20 février 1876, il fut élu député pour l'arrondissement de Marmande, par 12, 862 voix, contre 6,442 obtenues par M. Boisvert.

Nommé questeur de la (Chambre, M. Paye y sui\'it la niéiue ligne politique. Sous le ministère de .M. de Marcère, il fut sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur jusqu'au 3 décembre 1876. Au lO mai 1877, il fut un des ^ô', et réélu, le 14 octobre suivant, par n,8i<) voix, contre 13.417 obtenues par le même concurrent, M. Boisvert, candidat officiel.

y\. Paye se présenta dans son département, lors du premier renouvellement triennal du Sénat, le =, janvier 1871), et fut envoyé à la ("liambre haute par 211 voix sur v?? votants. Nommé, le 28 mai suivant, conseiller maître à la Cour des Comptes, il donna sa démission de ces fonctions pour prendre le portefeuille de l'Instruction publique, dans le cabinet Tirard, le 12 décembre 1887, après l'élection de M.Carnot à la présidence. Il le quitta le 3 avril 1888. Dans l'intervalle, il avait été réélu sénateur au renouvellement du s janvier, par 402 voix sur 750 votants. Il fut ensuite ministre de l'Agriculture dans le second cabinet Tirard, du 22 février 1889 au 17 mars i8()o, et a été réélu sénateur au renouvellement de janvier 1897, le dernier sur la liste de 3, p:ir 3Si roix.

.\u Luxembourg, M. Paye siège à la Gauche républicaine, groupe dont il a été président.

L'honorable sénateur représente le canton de Marmande au Conseil général de Lot-et-Garonne et il a été plusieurs fois choisi comme président de cette assemblée.

t^ECliUS (Jaeques-Elisée)

Koc,K.\i>HK, et sociologue, né à Sainte-Poy-la- Grande (Girondeile 1=, mars 1830. Son père, '^ pasteur protestant, eut quatorze enfants. 11 ^^ J^ passa sa première enfance dans la Prusse rhénane, fit une partie de ses études à la Paculté protestante de .^lontauban et les termina à l'L'niversité de Berlin.

De i8s2 à 18S7, '^'- Elisée Reclus parcouriit l'Angleterre, l'Irlande, les Etats-Unis, l'Amérique centrale et la Nouvelle-Grenade, on il séjourna plusieurs années. De retour à Paris, il fournit à la Rcviir des Dcii.x-Mondcs, au Tour du Monde et à d'autres revues, des articles résumant les études géographiques faites an cours de ses voyages.

Pendant la guerre de 1870-71, M. Reclus fit partie de la compagnie d'aérostiers de M. Nadar et servit dans la garde nationale de marche. Au moment de l'insurrection comniunaliste , membre de l'Association internationale des travailleurs, il publia, dans le Cri du Peuple, un manifeste révolutionnaire, prêta son concours à l'émeute, fut fait prisonnier le s avril et traduit, le 16 novembre, devant le 7° conseil de guerre, siégeant à Saint-Germain ; après avoir été longtemps tenu au secret, il s'entendit condamner à la déportation simple. Cette peine fut commuée en Celle du bannissement, le 4 janvier 1872, à la suite de démarches faites par des savants et des hommes considérables de Prance et de l'étranger.

Installé d'abord à Lugano, puis à Clarens, sur le bord du lac de Genève, en Suisse, M. Reclus reprit ses travaux scientifiques. Il refusa de rentrer en L'rance avant la complète amnistie des ctindamnés de la Commune. A la fin de l'année 1882, le ivrriage de ses filles, accompli sans intervention religieiise ni administrative, ramena l'attention publique sur ses doctrines politiques ; dans le même temps, des poursuites furent intentées, devant le tribunal de Lyon, contre les anarchistes affiliés à l'Internationale et MM. Elisée Reclus et le prince Kropotkine furent désignés comme les deux chefs et organisateurs. M. Reclus, résidant en Suisse, ne fut pas mis en juge-

nient, bien qu'il se fût offert h la justice française : le prince Kropotkine fut condamné avec quarante de ses compagnons (janvier 1883). Par d'autres actes et d'autres écrits, le savant géographe s'est depuis manifesté comme l'un des plus fervents apôtres des théories anarchistes.

En 1892, M. Reclus a été appelé à l'Université nouvelle de Bruxelles, comme professeur de géographie comparée.

M. Elisée Reclus a publié : le Guide à Londres (i86o); les Villes d'hiver de la Méditerranée et les Alpes-Maritimes (1864), deux volumes pour la collection des Guides Joanne ;\\nQ Introduction an Dictionnairedes coniniunes de la France, du même auteur (1864). On lui doit, de plus : Vo\u\^e à la Sierra- Nevada de Sainte-Marthe, paysages, etc. (18611 ; la Terre, description des phénomènes de la vie du globe (1867-1868, avec cartes et gravures) ; Histoire d'un ruisseau {\?<6()]\ Histoire d'iiue montagne (18801; puis, sa Nouvelle géographie universelle, la terre et les hommes (187^-1894, 19 volumes, avec cartes, plans et gravures, plus i volume de Tableaux statistiques de tous les états comparés),ou\rage considérable, l'œuvre géographique moderne certainement la plus importante et qui a obtenu, en 1892, la grande médaille d'or de la Société de géographie de France.

M. Elisée Reclus a exposé ses idées sociales, dans plusieurs brochures et notamment celle intitulée : V Anarchie (1896) et dans un livre: l'Evolution, la dévolution et V Idéal anarchique (1898).

Plusieurs des frères de l'illustre géographe, se sont signalés à l'attention publique par des travaux d'ordre divers. Ce sont :

Michel-Elie, l'ainé de la famille, écrivain, né à Sainte-Foy-Ia-Grande le 16 juin 1827. Il fut directeur de la Bibliothèque nationale pendant la Commune et condamné, pour ce fait, par contumace, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il vécut longtemps à Zurich, puis à Londres. Il est ensuite devenu professeur de mythologie comparée à l'Université nouvelle de Bruxelles. Il a écrit, sous divers pseudo- ■nymes, dansun grand nombre de journaux étrangers, a collaboré, avec son frère Elisée, à l'Introduction au Dictionnaire des communes de France, et a publié : le Primitif ei le Primitif d' Australie.

Oni';sime, écrivain, né à Orthez(Basses-Pyrénées' en

1837. Il a collaboré au Tour du Monde et a publié :

la France et ses Colonies (1873) ; la Terre -à vol

d'oiseau (1879) et d'autres ouvrages géographiques.

EiiE-ARMAND-EBENHLZtR , uiariu et voyageur, né à

Orthez le 13 mars 1843. Entré dans la marine en iS6f), il devint aspirant en 1862, enseigne en 1S66, lieutenant de vaisseau en 1871 et fut officier d'ordonnance de l'amiral Jauréguiberry, ministre de la Marine. Il s'occupa des recherches faites en vue du percement du canal de Panama et a publié sur ce projet des Rapports, une Conférence et un volume intitulé: Panama et Daricii. vovage d'exploration 1 18781.

Paul, médecin, membre de l'Académie de médecine, dont les travaux nombreux et d'une nature diflérente deceux auxquels se sont adonnés ses frères, font l'objet d'une notice particulière dans cet ouvrage.

TAt^DlVEAt) (Rnatole-Emmanuel- Alexandre)

iBi.iciSTi;, né à Paris le 2 avril 1843.

Auteur de travaux de littérature et d'his- 1^(9 toire, M. A.Tardiveau correspond, d'une manière assidue et remarquée, à V Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, sous le pseudonymede " Bookworm » ; il a écrit aUssi dans le Spartiate et a publié en librairie : F/('/^/-5 d' .\ntan [i?<()i, et Fleurs nouvelles (Lemerre, 1894), deux ouvrages d'érudition qui ont obtenu un grand succès.

Ancien membre de la Société d'éducation populaire, menvbre de la Société historique d'Auteuil et du Conseil supérieur de la Société d'encouragement au bien, M. A. Tardiveau est lauréat de ces diverses Sociétés.

MflSSI^U [W Isabelle)

\i'[OR.\TRicE, née à Paris. Femme d'un avocat

membre du Conseil de l'ordre à Caen, elle

visita avec son mari l'Europe, puis l'Algérie,

la Tunisie, le i^Iaroc et les oasis ipii bordent

la Tripolitaine.

Devenue veuve, M"" Massieu résolut de reprendre et de pousser plus loin ses voyages d'études et s'y prépara avec un soin minutieux. En 1892, elle remonta le Nil jusqu'à la 2'' cataracte, visita la Syrie, -la Galilée, le Liban et l'Anti-Liban. et revint par Constantinople.

En 189s, elle se dirigea vers Ceylan, visita Java, s'enfonça dans l'Inde anglaise. La guerre du Tchitral l'obligea à se rabattre sur le Kashmyret le Ladak. De Peschawar, elle remonta à Srinagar, à Leh, visita les lamaseries thibétaines et atteignit le lac Pangong à la frontière de Chine.

En 1896-97, M""' Massieu se dirigea vers la Cochin-

chine et le Cambodge, parcourut le Siam et étudia la Birnianic.les EtatsShanset le Laos. De Luang-Prabang elle gagna par terre Vien-Tian, descendit le Mékong jusqu'à Savan-Nakek et arriva par la brèche d"Aï- I.ao à Hué, capitale de rAnnaui. Elle parcourut le Tonkin, deLaokai à Lang-Tcheou, en Chine, se rendit à Canton et à Shang-Haï, d'où elle remonta le Yang- Tsé jusqu'à I-Tchang, à i, 600 kilomètres de la mer. Klle fit au japon une excursion jusque chez les Ainos, visita les ports de Corée et s'arrêta à Pékin.

De là, elle traversa en charrette chinoise le désert de Gobi, poursuivit sa route par le lac Baïkal, Irkuustk, Tomsk et Omsk. Elle évita la voie frayée du Transsibérien et franchit 3,000 verstes pour gagner SamarcanJc et rentrer par le Caucase à Moscou.

Douée des grandes qualités nécessaires aux explorations et bien rares chez une femme. M"" .NIassieu a accompli seule ses voyages, choisissant de préférence, malgré les difflcifltés, les voies terrestres et les régions où n'ont encore pénétré que bien peu d'européens et aucune femme française.

l.e ministère de l'Instruction publique l'avait chargée d'une mission d'études en cours de route. La Revue des Deiix-Mciules. le Tour du Monde, les revues spéciales, ont publié les résultats de ses grands voyages. Observant avec soin, elle a recueilli des données géographiques nouvelles, uneample moisson de documents ethnographiques et scientifiques. Elle en a fait l'exposé dans des conférences fort goûtées, i^irt'iut elle a propagé, dans les contrées non encore visitées avant elle, le bon renom de la France. L'œuvre durable de cette femme intrépide est de celles qu'on ne saurait trop louer dans ses résultats, comme dans la manière toute personnelle dont elle a su l'accomplir.

La Société de Géographie commerciale de Paris a décerné à M"" Massieu une de ses grandes médailles.

f^ÉVlLiLiE (nlbepb)

^S^fei-^roRUiN. professeur, ancien pasteur protestant, 4b^V né le 4 novembre 1826 à Dieppe. Ses études ^Ç classiques et théologiques terminées, il fut '"^iJ nommé suffragant à Nimes, puis pasteur à l.uneray, près Dieppe et, en i8si, à Rotterdam.

Reçu docteur de l'L'niversité de I.eyile, en 1862, M. Réville revint en France fréquemment pour faire des conférences en faveur du libéralisme protestant, et il s'y fixa en 1880, ayant été nommé professeur de l'histoire des religions au Collège de France.

Les écrits et l'enseignement de M. Albert Réville lui ont valu une grande notoriété. Il a publié : Inirodiiclioii à r histoire du culte, de Whathcly, traduction de l'anglais (1849) ; Authenticité du Nouveau Testament, de OIshausen, traduit de l'allemand (1851); De la Rédemption (iS^ig); Essais de critique religieuse (1860,2' édit. 1869); Manuel d'histoire comparée de la philosophie et de la religion, traduit de l'allemand de Scholten (1861) ; Etudes critiques de l'Evangile selon Saint-Mathieu \\%bi.) ; la Vie de Je'siis, de Renan, devant les orthodocies et devant la critique ; Manuel d'instruction religieuse (1863}; Notre christianisme et iiotie bon droit, lettres à M. le D' Poulain (1864) ; Histoire du dogme de la divinité de Jésus-Christ (1869) ; l'Enseignement de Jésus-Christ (ityo) ; Dou^e sermons (1874^ ; le major Fran^ (i87'i) ; Prolégomènes de l'histoire des religions (1880) ; Histoire des religions (1883 à 1888, t. I à IV) ; les Hérodes et le révc hérodien (1894) ; Jésus de Nazareth ; Etudes critiques sur la vie de Jésus (1897).

Il a collaboré aux journaux le Lien, le Temps, le Siècle, a la Revue de théologie et de philosophie chrétienne, au Disciple de Jésus-Christ, à la Revue d'histoire des religions et à la Revuedes Deux-Mondes.

M. A. Réville est chevalier de la Légion d'honneur.

'voc.M. publiciste, conférencier, né à Rotterdam (Pays-Bas) le 19 juin 186^. Fils du précédent, il fit ses études classiques à Dieppe et à Piris,où il prit ses inscriptions de drcji t. iji 1884, après une sérieuse préparation pratique dans une étude d'avoué, M. Marc Réville débuta au Palais et, comme secrétaire de M" Tézenas, eut à s'occuper d'un grand nombre d'alïaires importantes, telles que celles de la Grande Compagnie, du Crédit Français, etc.

Depuis 1889, cet avocat s'est fait connaître seul dans différentes causes civiles et criminelles, qui l'ont placé en bon rang parmi ses confrères du barreau parisien. Citons : le divorce de M"'°Dide,Ie testament de M'"" deLezardièrei Vendée),Ies procès du Sâr Peladan, ainsi que celui de M"'" la comtesse de Barde, les afl'aires Aras, meurtre, et Naudin.avortement et chantage, dans lesquelles l'avocat obtint l'acquittement des accusés; Fallois, dite aussi affaire des deux mères, et enfin celle connue sous le titre d'aft'aire '< des pères de famille />, où M"" Réville, avant le vote de la loi récente sur les bonnes mœurs, fit admettre

pnr le Tribunal civil que le fait d'envoyer un prospectus obscène à un tiers sans son aveu équivalait à une violation de domicile et obtint une condamnation.

Au Palais, M. Marc Réville s"est aussi beaucoup occupé, avec M. Guillot, de ITnstilut, de la protection et du patronage des enfants moralement abandonnés, en demandant aux tribunaux la déchéance des drois familiaux, en cas de nécessité absolue.

M. Marc Réville plaide aussi bien en province qu'à Paris, et notamment dans le Doubs, où il s'est fixé depuis longtemps une partie de l'année. Maire de Montécheroux, dans ce département, depuis 1896, il est membre de diverses sociétés d'intérêt local et président de la Société des Franc-Comtois de Paris.

Publiciste, il a collaboré a. la Revue politique et littéraire^ notamment, et au Petit Comtois, où il rédige depuis plusieurs années une correspondance générale dans laquelle il s'est prononcé en faveur d'une politique radicale progressiste de gouvernement.

On lui doit aussi une Etude sur hi prostitution des mineures de sei{e jus iFischbacher éditeun.

Ajoutons que M. Marc Réville a donné de nombreuses conférences aux enfants et aux adultes pour la Ligue de l'Enseignement.

DUPIiAV (Simon-Emnnanuel)

(^#^^ KDKCix, membre de l'Académie de médecine,

bI|J^ né à Paris le 10 septembre 1836. Il descend du menuisier Duplay, l'hôte de Robespierre.

Docteur en médecine en i86s, chirurgien du Bureau central des hôpitaux en 1867, .^l. Duplay fut chargé successivement du service chirurgical aux hôpitaux de Lourcine, de Saint-Antoine, de Saint- Louis, de Lariboisière, de Beaujon, de la Charité et enfin de l'Hôtel-Dieu.

Agrégé de la Faculté depuis 1S66, il a été nommé professeur de pathologie chirurgicale en décembre 1880 et de clinique chirurgicale en février 1890; il est membre de l'Académie de médecine depuis le 27 mai 1879.

Parmi les travaux de M. le professeur Duplay, on cite ceux publiés sous les titres suivants : Des colleetions séreuses et hydatiques de Vainc (i86s), thèse de doctorat; Delà hernie ombilicale, thèse d'agrégation (1866) ;Z)i' la périartlirite scro/iilo-Iinmérale { iS-j^ -. De Vulcère perforant du pied (1873); Traitement chi-

rurgical de l'hypospadias et de l'épispadias (1874- 1880) ; Traité élémentaire de pathologie externe, commencé avec le D' Follin et continué seul après la mort de son collaborateur (1861-1887); Traité de chirurgie, avec le D' Reclus (1893, 8 vol.); Cliniques chirurgicales de V Hôtel-Dieu (i 897-98 V, Manuel de diagnostic chirurgical, avec .M.Nl. Rochard et Demoulin I 1889 à 1898), etc.

M. Duplay, décoré de la Légion d'honneur le is octobre 1871. a été promu officier le n juillet

' yyy.r-

HOMOLiLiE (J.-Théophile)

RCHÉOLOGLi;, membre de l'Institut, directeur de l'école d'Athènes, né le 19 décembre 1848, à Paris. Reçu agrégé d'histoire à sa 1^:^ -T sortie de l'Ecole normale supérieure, en 1869, et membre de l'Ecole française d'Athènes, il fut chargé de commencer, à Délos, les fouilles qui durèrent de 1877 à 1887. Il recueillit plusieurs inscriptions, qui ont révélé de très intéressants détails relatifs au culte d'Apollon et à l'administration de son temple ; il mit au jour aussi quelques statues archaïques importantes pour l'histoire de l'art.

M. Homolle fut reçu docteur es lettres en 1887, avec deux thèses concernant ses explorations archéologiques à Délos : les Archives de Vintcndance sacrée à Délos, ^15-166 avant J.-C. et De antiquissimis Diana- simulacris dcliacis (1887). h. son retour de Grèce, il fut nommé maître de conférences à la Faculté des lettres de Nancy; devint, en 1884, professeur suppléant d'épigraphie et d'antiquités grecques au Collège de France et, en 1891, fut nommé directeur de l'Ecole française d'^Nthènes. En cette qualité, il a organisé et présidé les fêtes à l'occasion du centenaire de cette école en 1898.

M. Homolle a été élu membre de r.\cademie des Inscriptions et Belles-Lettres le i" avril 1892, en remplacement de M. Alfred Maury.

Les recherches de M. Homolle ont fait de sa part l'objet de notices, articles et mémoires publiés dans le Bulletin de correspondance hellénique (de 1877 ^ 188-;, Fouilles de Délos, et de 1894 a 1898, Fouilles de Delphes), dans les Archives des Missions scientifiques [iSS-]), la Revue archéologique, etc. Ses publications sur \es Fouilles de Délos et de Delphes doivent former 4 à =j volumes.

Ce savant est officier de la Léoion d'honneur.

lOS

LiflViSSE (Epnest)

■ Koiiissia'R et historien, membre de l'Académie t'r:in(,-:iise, né le 17 décembre 1842, à N'ou- ?Sl"J9 vion-eii-Thiérache 1 Aisne). Il l'ut élève h la Mê/ maîtrise de l'église Saint-Roch, à Paris, avant de taire ses études classiques. Entré « l'Ecole normale supérieure en 18O2 et reçu agrégé d'histoire en i8()s, il fut nommé professeursuccessivement aux lycées de Nancy, de Versailles et Henri IV, se fit recevoir docteur es lettres en 187^, devint uiaitre de conférences à l'Ecole normale supérieure et l'ut appelé à la chaire d'histoire moderne h la Iviculté des Lettres de Paris, en 1S8S.

.\1. Ernest La visse a été élu membre de l'Académie française, le 2 juin 1892, en remplacement de l'amiral Jurien de La Gravière. Très sympathique à la jeunesse des écoles, il a été choisi comme président de l'Association des Etudiants de France.

Outre ses thèses de doctorat : /)<■ Hcniminio S,illeiisi orJiiiis Tciitoiiici luagistro et la ALmhc de Braihh-f'onrir soiif Ici dynastie jscanicnnc \ii-'-]=)i, les œuvres de .NI. Ernest Lavisse se classent de la façon suivante ;

Celles où il s'est occupé surtout, avec une haute érudition et une grande élévation de vues, de l'histoire de r.Mlemagne: Etudes sn - l'iii/e des origines delà inoihvcliie prussienne [iS-j^]] la FoiuLition de l'Université de Berlin 11876); Etudes sur /histoire de /'iKSse 1 1879, couronné par l'Académie Française l'année suivantel; Essais sur l' Allemagne impériale 1887); Trois empereurs d'Allemagne : Guillaume 1 ", Frédéric III, Guillaume II (1888); la Jeunesse du grand Frédérie { 1891) ; le Grand Frédéric avant l'avé- «t'/HtV// (1893); Etitde sur l'histoire de /'rnssc; L'empereur Frédérie UI ( 1896).

Celles plus particulièrement écrites pour les écoles primaires et secondaires : Leçons préparatoires d'histoire de France [ii>-]br. la Première année d'histoire de France (même année, avec cartes et gravures'i ; Récits et entretiens familiers snr l'histoire de France iusqu'en n2S ^i88-î!; Siillv (i88o, illustré) ; //AVc/'/'c de France cl notions d'histoire générale (1890 et suivantes, avec .NI. Dupuy).

Celles relatives à des questions universitaires : Questions d'enseignement national 188s); Etudes et étudiants 11890); .4 propos de nos écoles: Un ministre, V. Du m Y 1^189^;.

On doit, en outre, à cet émiucnt historien : Vue générale de l'histoire poliiiqne de l'Europe (1890),

ouvrage qui avait déjà paru comme préface d'une traduction de Y Histoire générale de l'Europe pour la Géographie politique de Freeman, étude sur l'évolution historique de cette partie du monde, et VLIistoire géne'rale du IV' siècle à nos jours (1893 à 1898 en cours, avec M. Rambaud). Citonsenfin : la V7t' /><>//tique à l'étranger en iSSp 11889), publiée sous sa direction, et sa collaboration sur des questions d'histoire ou de réformes universitaires à la Revue de l'Enseignement supérieur, la Revue des Deux-Mondes, etc. Décorédela Légion d'honneur en 188: , promu officier en 1887, M. Lavisse est commandeurdepuis 1894.

|VIIlj|SiE-EDWAF^DS (Alphonse)

j^^É^ATi-R.VLisTi., membre de l'Institut, né à Paris le ^n^ ■' octobre 183s. Fils du savant Henri <^few .\liliie- Edwards (1800- 1 88s) , il fut reçu -Si» ^ docteur en médecine en 18S9, "Jêvint pro" fesseur à l'Ecole de pharmacie en 186^ et, après avoir été aide-naturaliste de son père, le remplaça, en 1876, dans sa chaire de zoologie au Muséum d'histoire naturelle, dont il devint directeur en décembre 1891.

.M. Milne-Edwards prit part au.x expéditions du Travailleur et du Talisman, organisées pour étudier les faunes sous-marines ; ses découvertes scientifiques, sur cet objet, lui ont fait décerner la grande médaille d'or de la Société de Géographie. Il a été élu membre de l'Académie des Sciences, le 7 avril 1879, en remplacement de P. Gervais et membre de l'Académie de médecine, le s mai iSSs.

On cite, comme les plus importants ouvrages de M. Alph. Milne-Edwards : Recherches anatomiques, ^oologiques et paléontologiques snr la Janiillc des chcvrotains U864) ; Histoire des crustacés podophtalinaires fossiles (i86s) ", Recherches anatomiques et paléontologiques pour servir à l'histoire des oiseaux fossiles de la France (1866-72) ; Recherches sur la faune ornithologiqne éteinte des îles Mascareignes et de Madagascar {1866-741 ; Eléments de l'histoire naturelle des animaux (1881-1882) ; Expéditions scientifiques du " Travailleur » et du « Talisman », pendant les années iSSi, 18S2 et iSSS (1888) ; Enseignement spécial pour les voyageurs {iSqy()4i ; Note snr une nouvelle espèccdu genre rhinopithèque (1897), etc. Il a en outre donné à l'Histoire physique, natii.relle et politique de Madagascar, de .M. (handidier, les volumes VI, IX, et XII à XV, traitant des mammifères et desoiseau.x (187S-1882, avec pi.).

io6

Décoré de la Légion d'honneur le a été promu officier le ig avril 1S84.

août 186S, il

JflflTV (Rlîped-Epnest-ChaPles)

'RCHiTF.cTE, né à Lille le as octobre 18^7. Fils de C. Janty-Chevalier, filateur, inventeur du procédé et des métiers à glacer les tils de lin, il fit ses classes dans sa ville natale et commença ses études d'architecture à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, où il obtint le premier prix, le ^o septembre i8=j=j- Venu à Paris, en décembre de la même année, il entra à l'Ecole impériale et spéciale de dessin (rue de l'Ecole de Médecine) en i8s6, en sortit, l'année suivante, avec le grand prix de composition d'architecture et fut reçu à l'Ecole des Beaux-Arts 1 1860), où il fut élève de Lefuel.

Attaché d'abord à la comptabilité des travaux de réunion des Tuileries et du Louvre, il fut nommé, successivement, dessinateur, sous-inspecteur et inspecteur. M. Janty fut, de 1861 à 1870, le collaborateur assidu de Lefuel, pour la reconstruction du Pavillon de Flore et de la galerie élevée sur le quai des Tuileries. Chargé ensuite de la liquidation des grands travaux du Louvre et des Tuileries, du i"mai 1870 au i" janvier 1 871, passé à cette date au service d'entretien des mêmes monuments, inspecteur de 1"" classe (18771, architecte-voyer de la ville de Colombes {iS-]6-if\-]q\ , inspecteur principal (1891), cet artiste a exécuté de nombreux travaux très remarqués et a pris part à diverses expositions, notamment : à l'Exposition internationale de Vienne (1873^ aux Expositions universelles de Paris, de 1878 (médaille d'argent 1 et de 1889, où il fut architecte des Pavillons de la principauté de Monaco, des forges de Champagne, de la Société des hauts-fourneaux de Brousseval, Haute- Marne (médaille d'argent). A cette dernière exposition, il a été commissaire-délégué de la principauté de Monaco, par ordonnance du prince régnant. Charles ni, et membre du Jury.

Parmi les restaurations dues à cet architecte, il convient de citer les plus importantes, celles du château historique d'Ermenonville (1878-1883) et du château de la Chapelle-en-Serval (1878), où il installa les écuries de courses de M. Edmond Blanc. C'est enfin à lui que l'on doit le magnifique hôtel du prince Roland Bonaparte . situé à Paris . avenue d'iéna, avec façade postérieure très remarquable par ses proportions, et son grand arc, haut de 3 étages, rue Fresnel (1892-1896).

Hors concours au Salon des Champs-Elvsées de 1896, médaillé à l'Exposition de Bruxelles de 1897, lauréat de la grande médaille de la Société centrale des Architectes français pour l'ensemble de ses travaux (Congrès de 18961. .M. Janty est oflkier d'Académie (4 mars 18891, chevalier de l'ordre de Saint- Charles (8 janvier 1890) et chevalier de la Lésion d'honneur 14 janvier i8()si.

Î^ICHfif{D O'MONROY

(Jean-Edmond de l'ISbE de FfliiCOJSl

Vieomte de SAIJSlT-GElvlIÈS, dit)

Jfl^^ OMANcn;R, né à Paris en 1849. Sorti de Saint- Cyr. il entra dans l'armée comme officier de j cavalerie; il était capitaine-commandant en 1891. quand il donna sa démission pour se livrer à la littérature.

iVl. le vicomte de Saint-Geniès débuta à la VicParis/i'inic, puis écrivit au Gil Bhis. 11 a donné à ces journaux des nouvelles et des romans, récits, dialogues et scènes de la vie des officiers, d'une allure vive, gaie et spirituellement superficielle. Ces articles, assez goûtés de certain public, et signés « Pompon » ou '■" Richard O' Monroy w , son pseudonyme le plus connu, ont été réunis en volumes parus sous les titres suivants: le Capitaine Pu rabèrc (iS-jS) ; Monsieur Mars et maiiame Venus (même année) ; les Femmes des antres (1879) : la Foire aux capriees 1 18801 : Feu de paille (1881) ; Coups de soleil (1882) ; Tambour battant! y\?:i}) ; A la hussarde! (1884): .1 orandes guides (188^) ; Un peu, beaucoup, passionnément ; Coups d' épingle (1886"); le Club des braconniers 11887); La Brune et la Blonde (18881; le Péché capital; Souvent homme varie ! (i%îi()) ; Sans m'sieu le maire ; L'être ou ne pas l'être ? ; la Grande Fête (1890) ; M'"" Manchaballe ; Service de nuit(iSc)2); Le chic et le chèque : les Petites Manchaballe (1893) ; Histoires crânes ; Place au théâtre (1894); Histoire tendre (189s) ; Graine, d'étoile ; Propos de M'"' Manchaballe; Quand j'étais capitaine (18961; Dix minutes d'arrêt; Futur et Tototte (1897); Brochette de cœurs (1898), etc.

M. Richard O' Monroy a aussi donné au. théâtre : le Royal Champagne (1873); Un homme fort, s'il vous plait ! {i^-]^)\ Un bean-pcre en hussard (iSS()) ; Tout feu tout flamme 11890); Pignerolle malade ^1894) ; La Belle et la Bête (1895), vaudevilles ; Madame Manchaballe, monomime (189s) ; Détente de nerfs (1897); Barbe-bleue, ballet avec chœurs (181)8 .

loy

Depuis iS8(), M. de Sniiil-Geniès signe le " Courrier de Paris u à V Univers illustre.

Officier d'Académie, cet écrivain est décoré de nombreux ordres étrangers.

t^E^lAULiT (liéon-ChaPles)

JvûcAT, ancien prélet de police, ancien sénateur, né à Alfort iSeinei le 24 septembre \'!>V)- l'ils d'un vétérinaire, membre de l'Académie de médecine, mort en iSô'j, il tit ses classes aux lycées Bonaparte et Saint-Louis, puis étudia le droit h la Faculté de Paris, tut reçu avocat et devint, en 1861, secrétaire de M. Hébert.

M. Léon Renault fut nommé, le s novembre 1870, secrétaire général de la préfecture de police, qu'il quitta au 18 mars 1871. Appelé, le mois suivant, à la prélecture du Loiret, il fut choisi, le 21 novembre suivant, par Thiers, pour remplir les fonctions de préfet de police. Démissionnaire le 24 mai 1873, ^^ ne persista pas dans cette attitude, et reprit son poste, sur la demande du maréchal Mac-Mahon et de ses ministres. A ces fonctions, celles de directeur de la siireté générale furent adjointes en février 1874; le titre de conseiller d'Etat en service extraordinaire lui fut aussi attribué.

(^omme préfet de police, on doit à M. Léon Renault l'organisation, si utile à Paris, du service médical de nuit. Il donna sa démission, le 9 février 1876, pour se présenter aux élections générales législatives dans l'arrondissement de Corbeil.

l']lu, le 20 février, par 14,261 voix contre 4,91 9 obtenues par le prince de W'agram, il prit place au centre gauche. .\u 16 mai 1877, il fut l'un des 363 et retrouva son siège après la dissolution, le 14 octobre suivant, avec 10,244 voix, contre ■î.297 obtenues par le même concurrent.

A la Ciiambre, .M. Léon Renault lit partie du comité des Dix-Huit, chargé de diriger la résistance du parti républicain contre le cabinet de Rochebouët et il soutint la proposition d'enquête sur les actes des ministres du 16 mai. Elu président du centre gauche, le 7 janvier 1878, il traça un programme de gouvernement libéral dans un discours qui eut alors un certain retentissement.

Candidat de nouveau dans l'arrondissement de (Corbeil, au renouvellement de 1881, et battu avec (),87i voix contre 8,042 données h M. Rénioi ville, radical, il se présenta, le 2(1 février 1882, dans l'arrondissement de Grasse, au siège rendu vacant par la

nomination de M. Chiris au Sénat, et fut élu par 8,000 voix contre 4,717 à quatre autres candidats républicains. Au.\ élections sénatoriales du 2'; janvier i88s, il posa sa candidature dans ce même département des Alpes-Maritimes, et fut élu, le second sur deu.x, par 361 voi.x sur •',99.

Accusé, à la fin de l'année 1892, d'avoir touché de la C"" de Panama, une somme d'argent, le sénateur des Alpes-Maritimes fut, avec quatre de ses collègues, l'objet d'une demande d'autorisation de poursuites, accordée par le Sénat le 20 décembre; mais, au mois de février suivant, la Chambre des mises en accusation « admettant que le chèque touché était la rémunération de services rendus par l'avocat», rendit un arrêt de non lieu en sa faveur (7 février 18931.

Au renouvellement sénatorial de 1894, M. Léon Renault ne se représenta pas.

Comme avocat, l'ancien préfet de police a occupé au barreau parisien une place très en vue. On connai: de lui un important discours d'ouverture delà conférence des avocats publié sous le titre : De riiifliicntc de la pJiilosopliie ilit XVIll' siècle sur les réjorwcs de la procédure criminelle (1862).

Chevalier de la Légion d'honneur le 1 1 octobre 1873, M. Léon Renault a été promu officier le 6 janvier 187=;. Il est décoré des ordres de François- Joseph d'Autriche et de Saint-Stanislas de Russie.

liE f^OUX (f^obePt-Henm, dit }{uques)

;cRiv.\iN, né au Havre en 1860. II écrivit à ses débuts, aux environs de 1882, dans plusieurs ^res^ journaux et plus assidûment à la Revue politique et littéraire; puis il fut chargé delà chronique parisienne au Temps, en remplacement de M. Jules Claretie, devenu directeur de la Comédie- Française.

Depuis, M. Hugues Le Roux a prêté sa collaboration au Journal, au Figaro et à un certain nombre d'autres journaux, dans lesquels il a fait paraître des études littéraires ou sociales, des fantaisies, récils de vovages,etc. Il a traduit la Russiesoiiierrainc, ouvrage russe, de Sergine Stepniak (1885) ; puis il a publié : l'Attentat Slouvhine, mœurs terroristes (188s, nouvelle édition 189s); Un de nous; Méderic et Lise'c (1886); VEnJer parisien (i888); les Ames en peine, comprenant VAmonr infirme (1888) et les Larrons (1890); le Frère lai ; le Chemin du crime; les Jeux du cirque et la vie foraine, illustré par Jules Garnier (1889); les Fleurs à Paris (1890); Au Sahara,

io8 —

illustré d'après les photographies de l'auteLir; Por Iraits de cire: En yaclit : Portugal, Espagne, Maroc, Algérie, Corse (1891) ; Tout pour l'honneur ; les Gens d\ui lourd' Il in\ comprenant : Marins et soldats (1892) et les Mondains (1893); Confidences d'hommes ; Gladys ; Notes sur la Norvège (1894) ;./f deviens colon, mœurs algériennes; le Fcstcjadon, récits du Sud (189=1') : O mon passe ! mémoires d'un enfant (1896); le Maitre de l'heure ; les Amants by{antins, romans; Nos fils ! que feront- ils ? (1897), etc.

M. Hugues Le Roux 3 donnéau théâtre del'Odéon. avec M. Paul Ginisty, une adaptation du roman russe de Dostoïewsky en un drame en sept tableaux : Crime et châtiment (1888) et Tout pour Fhonneiir, comédie 4 actes (Gymnase, 1893).

Cet écrivain est officier de la Légion d'honneur (janvier 1898).

pOUCflf^T (Paul-François)

Jrudit. membre de l'Institut, né à Paris le is mars 1S36. Entré à l'Ecole normale supérieure en i8=iS, il en sortit en 18=^8 et fut reçu agrégé des lettres. Il passa à l'Ecole française d'Athènes, puis fut professeur de seconde au Ivcée Charlemagne en 1868 et au lycée Bonaparte en 1870. Chargé du cours d'épigraphie et d'antiquités grecques au Collège de France depuis 1874, il en fut nommé professeur titulaire en 1877.

M. Foucart a été élu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 29 novembre 1878, en remplacement de Naudet ; il fut nommé le 28 du mois suivant, directeur de l'Ecole d'Athènes, et quitta ces fonctions en 1890, avec le titre de directeur honoraire, pour reprendre sa chaire au Collège de France. On connaît de M. Foucart les ouvrages suivants : Inscriptions recueillies à Delphes (1863), avec Wescher: Mémoire sur les ruines et l'histoire de Delphes (1865),' Mémoire sur l'affranchissement des esclaves par forme de vente à une divinité (1867); Des asso-

ciations religieusî

les Grecs (1873'! ; Inscrip-

tions du Péloponnèse ( 1869-74); Mémoire sur les colonies athéniennes ( 1 880) ; Mélanges d'épigraphie grecque (iSSi); Recherches sur l'origine et la nature des mystères d'Eleusis (189s) ; de nombreux articles dans le Bulletin de correspondance hellénique 1 1879-90) et la Revue de Philologie (1891-96), etc.

Décoré de la Légion d'honneur le i<^ juillet 1879, il a été promu officier le 12 juillet 1890.

E|VIPIS (Rdolphe-Gaspafd-Geoïrges- Simonis)

iDir.iN, né à Paris le 2(i mars 1X24. Il est le (ils du poète et auteur dramatique, membre de l'Académie française. Reçu docteur en médecine en i8so et agrégé en 18^9, il professa un cours d'anatomie à l'Ecole pratique. .Médecin des hôpitaux, le docteur Empis fut attaché à celui des Incurables (femmes^ puis à ceux de la Pitié et de l'Hôtel-Dieu. Il a été élu membre de r.\cadémie de médecine, en 1875, dans la section d'anatomie pathologique.

Citons parmi les travaux publiés par M. Simonis Empis sur ses recherches médicales : De la Méthode à suivre dans l'examen des maladies [lii^-^]; De l'Incubai ion des maladies (1857); ^'' ! Affaiblissement musculaire progressif des vieillards (1862); De la Granulic ou maladie granuleuse connue sous le nom de fièvre cérébrale (1865); De la Statistique du service d'accouchements de l'hàpilal de la Pitié et des mesures hygiéniques instituées dans cet hôpital contre la fièvre puerpérale (18.67), etc. 11 a collaboré aussi à divers recueils spéciaux, notamment aux Archives générales de médecine.

^.Décoré de la Légion d'honneur en i8'i8, M le docteur Simonis Empis a été promu officier le 30 décembre 1886 et commandeur en i8QS.

SLlliLiY-PF?UDHOJVI|VIE (t^ené-ppançois- Afmand PRUDHOJVIJVIE, dit)

^oinii, membre de l'Académie française, né à Paris le 16 mars 1S39. Il fit ses études au Ivcée Bonaparte, puis son père, commerçant, le fit entrer dans l'administration de l'usine Schneider, au Creusot ; il fut ensuite clerc de notaire à Paris.

Très riche, M. Sully-Prudhomme put bientôt, abandonnant tout souci matériel, se consacrer entièrement à la poésie ; il v a acquis la réputation d'un poète correct, à la forme gracieuse, châtiée, et aux sentiments délicats. Il a été admis à l'Académie française le 8 décembre 1881.

.VI. Sullv-Prudhomme avait débuté dans les lettres en 186s, par un \olume de Poésies: Stances et Poèmes, recueil contenant le \'ase bris', morceau devenu fameux et'< qui, dit l'auteur des Hommes d'aujourd'hui, a dû faire le malheur de Sully-Prud'homme, tant cette très jolie bluette fut, dès le principe, exaltée

par un public imbécile au détriment Je tant Je beautés infiniment plus remarquables },. Parurent ensuite : les Epreuves ;i866i ; les Solitudes ■ i8()i)i ; la traduction en vers du premier livre Je la Nature des clioses, de Lucrèce, avec une remarquable préface (1869) ; les Destins (1872) ; les Vaines tendresses 1S7S ; la Justice (1878) ;le Prisme, poésies diverses iS86j; le Bonheur, poème (1888). Ces pièces et poèmes ont été réunis en plusieurs séries, sous le titre général de Poésies (1879-1886). L'Institut (pièce de vers pour le centenaire (189s) ; la Nymphe des Bois de Versailles, poésie dite devant Tcmpereur et l'impératrice de Russie (18961. .

Cet écrivain a aussi publié des volumes de critique: V Expression dans les Beaux-Arts (1884) etReflexious sur l'art des vers (1892). Citons encore : Que sais-je? examen de conscience (1895) et une importante Etude sur Pasealdonnée à la Revue des Deux-Mondes, entre autres articles. Il a été t'ait une édition générale de ses œuvres ( 1871)-! 8881.

Hriiuiu (ilTicior de la Léj;inn d'honneur le 13 juillet 1888, .\1. Sullv-Prudhonime est commandeur depuis 189=; et membre du Conseil de cet ordre.

DESJAf^DlHS (flchille-flpthun)

^^■^^ AGisTRAT, membre de l'Institut, né h Beauvais IWIk '^' ^ novembre 18-!=,. 11 fit ses études de droit à Paris, se lit recevoir docteur es lettres, en i8=)8, avec les thèses suivantes: Essai sur les confessions de Saint-Augustin et De Scient ia civil i apud Marcnm Tulliuin Ciceronem. et docteur en droit, la même année, avec une thèse sur la Théorie des excuses eu droit criminel.

Nommé substitut à Toulon en i8s9, avocat général à Aix en 1864, procureur général à Douai en 1875, à Rouen en 1874, .\1. Arthur Desjardins devint avocat général à la (^mir de cassation le 2'5 avril 187V

Il a été élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, en remplacement de M. .Niasse, le 4 février 1882.

M. Arthur Desjardins a publié : De l'aliénation et de la prescription des biens de l'Etat, des communes et des établissements publics (1862), ouvrage couronné par la Faculté de Paris; \q% Devoirs, essai sur la morale de (^icéron (186s;, couronné par l'Institut ; la Nouvelle LcgislatioU de la Presse .^1867) ; Etats généraux, leur influence, etc. (1871"), couronné par l'Institut: la Nouvelle organisation judiciaire, projet (1872); V Ancienne législation commerciale espa-

gnole et le code de iSSy ; V Arbitrage international

(1892) ; la Méthode expérimentale appliquée au Droit criminel en Italie ; Questions sociales et politiques

(1893) ; De la liberté politique dans l'état moderne (1894); Bienheureux les Pacifiques ! [\9:<)')); la Doctrine de M on roc ; le Transvaal et le droit des gens , les Ennemis des femmes ; P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrine (\S()6); Principes fondamentaux de la constitution russe (1897) ; Traité de Droit commercial maritime (1878-1898, tom. I à IXj.etc.

.M. A. Desjardins a été promu officier de la Légion d'honneur en janvier 1892.

MAIZEt^OV (f^erié-Jean Bafon TOUSSAIflT, dit)

toMANciER, né à .NIctz le 2 mai i8=|6. Issu d'une ancienne famille de militaires, il fit ses études classiques dans sa ville natale, au lycée de Toulouse.

Entré à Saint-Cyr en 187s, M. le baron Toussaint en sortit sous-lieutenant au s^" régiment d'infanterie, en 1877. Deux ans plus tard, il passa au i n"' d'infanterie et fut en garnison à Bayonne, où il eut un duel qui fit quelque bruit. Il donna sa démission, en 1880, pour s'adonner à la littérature; il y avait déjà débuté, étant encore sous-lieutenant, sous le pseudonyme de « René .\Iaizeroy », nom emprunté à ses ancêtres du côté maternel, en publiant une nouvelle, les Noces de Campistrou, insérée dans la Réforme.

M. René Maizeroy a donné par la suite des études de mœurs militaires: Souvenirs d'un Saint-Cyrien (1880); le Capitaine Bric-d-Brac [18S0); Au régiment (1885) ; Amours de garnison (1886) ; la Vie de soldai (1887) ; Souvenirs d'un officier (1888) ; Billets de logement (1888) ; Cantabeille (1893).

11 s'est fait connaître aussi, comme auteur de romans de mœurs, par un grand nombre d'ouvrages, dont voici les titres: les Amours défendues, série comprenant quatorze nouvelles réunie» sous des titres particuliers; le Droit du mari: le Duc Mignon ; la Consolatrice; la Petite Narcisse; les Héritiers (1884). Une autre série, les Parisiennes, comprend : la Dernière Croisade; Deux <7;«/<;5 (1884), peinture de mœurs qui fit beaucoup de bruit; le Boulet (1886) ; r.l dorée 1 1887 1 ; Petite Reine 11888) ; P'tit Mi' (1889); la /'i'.7« (1890) ; Papa la l't'r/« (1890); Cas passionnels ' 1892) ; la Petite préjète (1893) ; En folie ; Sur l'amour et sur le baiser (1894) ; VAnge (1895) ; Ames tendres ; En volupfé [i8i)6).

I lO

Mentionnons à part ses]^études et nouvelles sur la vie parisienne : les Malchaiicciix (^1880) ; le Mal ii\iiiiu-r (11^82); Min- h»i la (1882); Y Amour qui saigne {1S82); Celles t/u'ou <7/w(' (1883) ; Celles qui osent! avec une préface de M. Guy de Maupassant (1883); la /()/(• d'aimer ; la Maîtresse de miss Eva (1884) ; Petites Femmes (188=;) ; la Fin de Paris, peinture des vices parisiens et des personnages interlopes de la capitale; Bcbé million (1886), histoire d'une fille de brasserie qui arrive à une position inespérée; Lalie Sprino-, nouvelles: la Première fois (1887;; la Grande Bleue, études sur la mer, avec préfaces de MM. Guy de Maupassant, P-. Boiirget, P. Loti, P. Bonnetain, .1. Richepin et P. Arène ; Vara Knoff ; les PassionH'TS (1888); la Belle, nouvelles ; Sensations (18861; Coups de cœur, nouvelles ; Pourquoi aimer ? (iSqo); Joujou (1897).

M. Maizeroy a en outre collaboré, soit sous son pseudonyme ordinaire, soit sous ceux de « Coq- Hardy », '< Mora //, '•' Chassagnol », '< Sartorys », « Frascata », etc., a divers journaux et revues, entre autres, à la Vie moderne, au G/7 Blas, au Gaulois, au Clairon, au Figaro, etc.

I^UEFF (Jules)

RMATLUR, né à Paris le 16 février 18^4. Après avoir fait ses études classiques, il se consacra aussitôt aux questions coloniales et de navigation, pour lesquelles il a acquis une grande réputation de compétence.

M. .Iules Rueff entreprit, dès 1872, des voyages en Indo-Chine; il a été ainsi l'un des pionniers de l'influence française en ce pays. Plus tard, il fut président de la Société Franco-Africaine, qui a fondé les premiers comptoirs commerciaux en Abyssinie. Cette dernière qualité lui valut une distinction honorifique de la part du roi .Ménélick.

Auteur du projet de chemin de fer de Saïgon- Mytho (Cochinchine), M. Jules Rueff est le fondateur de la Compagnie des Messageries fluviales de Cochinchine, qui a puissamment contribué à l'extension de nos relations commerciales en Indo-Chine par la voie du Mékong. L'initiative prise par cette compagnie pour franchir les rapides du Haut-.Mékong, au prix des plus grands dangers et à travers les obstacles naturels réputés insurmontables, est l'œuvre de son directeur, .M. Rueff.

Rappelons aussi que l'un des bâtiments de la Compagnie a coopéré à l'action militaire qui avait pour but de forcer les passes du Meinam.

Depuis plusieurs années, M. Ruotf a prêté un précieux concours nu gouvernement pour l'organisation des expositions coloniales. Successivement membre du Jury à Anvers en 1885, commissaire des Colonies à l'Exposition internationale de Bruxelles en 1888, membre du Comité d'organisation et du Jury à l'Exposition universelle de 1889, vice-président de la classe 114 (colonisation) à l'Exposition universelle de Paris de 1900, il est encore vice-président du Syndicat maritime de France, membre de la Société des Ingénieurs civils, du Conseil supérieur des Colonies depuis sa fondation, etc.

.^l. Jules Rueff" est dignitaire de nombreux ordres étrangers et officier de l'Instruction publique; chevalier de la Légion d'honneur depuis iSS^i, il a été promu officier en 1894.

TIFFEJ^EAU (Théodore)

puiMisTF. inventeur, né à Puyravault i N'endée) le 9 juin 1819. 11 fit ses études à Nantes et devint préparateur de chimie à l'Ecole professionnelle de cette ville.

De 1842 à 1S48, voyageant en .\mérique, .M. Tiffereau, dit-on, parvint, dans les villes de Guadalajara et de Colima, à réussir trois fois, avant son départ de ce pays, la transmutation complète de quelques grammes d'argent allié au cuivre en or pur.

Revenu en Franceaussitôtaprèsce succès, il ne put y réussir aussi complètement ses surprenantes expériences, à cause, a-t-ildit, des différences de climat, et peut-être faute de moyens pécuniaires lui permettant de se mettre artificiellement dans les conditions climatériques du .Mexique. En désespoir de cause, il révéla, en i8s,, une partie de son procédé à l'Académie des Sciences, ovi il déposa uu peu de son or artificiel. Il a depuis exposé cet or en beaucoup de circonstances, l'a montré au public dans beaucoup de conférences, a publié, sur son invention, de nombreuses brochures; mais il n'a pu obtenir l'aide dont il avait besoin pour industrialiser sa découverte. Sans se décourager pourtant, .M Tiff'ereau poursuit toujours ses recherches pour arriver à la confirmation de sa merveilleuse découverte première.

Un médecin américain, le docteur Emmens, de New-York, qui, lui aussi, dit être parvenu à transformer l'argent en or, assure que .^l. Tilïereau est dans la bonne voie et doit nécessairement arriver à ses fins. Le docteur Emmens a déclaré avoir l'intention d'envover son or et son procédé à l'Exposition de

1900. Cette exhibition donnerait à l'œuvre de notre compatriote une importance particulière.

HEt^VlEU (Paul-Ennest)

p3^S&," OMAN(.ii.R et journaliste, né à Neuilly-sur- ^^^ Seine le 2 septembre 18=17. Ses études faites ^^w|Il au Ivcée Condorcet, il suivit les cours de la l'acuité de droit, se fit inscrire au barreau de Paris, fut ensuite attaché au secrétariat de la présidence du Conseil sous le ministère de M. de Freycinet, en 1S79, et fut nommé, en 1881, secrétaire d'ambassade de 3" classe à la légation française du .Vlexique; il demeura à ce poste peu de temps et donna sa démission la même année pour se consacrer entièrement à des travaux littéraires.

Déjà, sous le pseudonyme d' « Eliacin /^, M. Paul Hervieu avait écrit des nouvelles publiées dans divers journaux. 11 a, par la suite, donné, soit dans les journaux, soit en librairie, des chroniques, lantaisies, romans et nouvelles qui se font remarquer par une certaine subtilité d'analyse et de bonnes qualités de style.

Citons, parmi les journaux dans lesquels oui paru ses œuvres : le Gil-Blas, le Giiiilois, le Mou Je llliisirc, le Figaro, \v Journal, \i Revue iiiJt'pciidaiitc, le Journal des Débats, les Lettres et les Arts, la Revue des Deux-Moudes, etc.

11 a publié en librairie: Diogèue le eliieu 11882, avec compositions de Tofani) ; la Bêtise parisienne (1883; 2' éd., 1897) : VAlpe homieide (i88sl ; les Yeux verts et les }Vh.v /"/(.'//s, nouvelles (188O) ; Vluenuiiu 18871; ^enx plaisanteries: Affaire d'un duel ; Aux Affaires étrangères {1SS8) ; /"///-/ (1889' ; Exoreisée (1891); Peints par eux-mêmes (1893); V Esquimau ; Argile de /-Vw/wf (1894) ; V Armature [l'èc)')) ; le Petit Duc, figures falotes et figures sombres 1 18961, etc.

Il a fait représenter: Les paroles restent, com. 3 actes (Vaudev., i89'3); les 7t'H<7/7/c.v, coinédie4 actes, représentée à la Comédie Française en 1895, et qui obtint le prix Toirac de 4.000 fr. en 1896 ; Point de lendemain (Th. Mondain, 1896) ; la Loi de l'homnie, pièce 3 actes (Com. Franc., iS<)8i, etc.

y\. Paul Hervieu est chevalier de la Légion d'honneur.

BEli (Jean-|VIat»e)

NGKNiEUR, métallurgiste, explorateur, né à Biot .Alpes-Maritimes) le 22 avril 185=^. Après de

bonnes études classiques aux lycées de Nice et

Saint-Louis de Paris, il entra à FEcole polytechnique en 1874. Nommé sous-lieutenant d'artillerie en 1876, il démissionna pour suivre les cours de l'Ecole supérieure des Mines, d'où il sortit ingénieur diplôme en 1880; en 1877, il avait été reçu licencié es sciences physiques.

Dès 1877, M. Bel avait fait des voyages d'école dans le Puy-de-Dôme, la Lozère, le Gard, les Bouches-du-Rhône, la Loire et la Belgique; en 1880-S1, il fut envové, comme chef de mission, pour explorer les gisements aurifères de Saint-Domingue, puis au Canada et aux Etats-Unis, pour faire des études sur les mines et usines de métaux précieux. Ce dernier voyage eut pour résultat de signaler, en France, les progrès, alors peu connus, accomplis dans la métallurgie de l'or par les américains, qui avaient créé les méthodes, devenues classiques, pour le traitement des minerais.

M. J.-M. Bel fut ensuite chargé, en qualité de directeur technique, de la liquidation de la Compagnie française des Mines d'or de l'L'ruguay et, appliquant le premier, en Uruguay, la méthode des américains, il y commença la production des lingots provenant de ce pays (1882-188S'). 11 était aussi, alors, agent officieux de la Légation de France en Uruguay.

En 1886, la Compagnie française « Le Nickel a confia à cet ingénieur le soin d'étudier, à Kirkintilloch (Ecosse), le traitement tout spécial des minerais de nickel et de cobalt provenant des mines de la Nouvelle-Calédonie, et le nomma directeur de l'usine installée à cet effet.

Après un voyage en Italie, au sujet des mines d'or des Apennins, M. J.-M. Bel se rendit au Venezuela (1887) pour perfectionner le traitement local des rainerais du Callao, et étudia l'état des gisements aurifères de Goyana et Valencia, provinces vénézuéliennes. A Valencia, il visita aussi des gîtes de guano.

Chargé, en 1888, par le gouvernement français, d'une mission de recherches de minéralogie, de statistique et de géographie, il s'embarqua le i"mars, à Gènes, pour Buenos-Ayres. Après avoir traversé la République Argentine , il séjourna au Chili , visita les mines et usines de la Cordillère des Andes, et gagna MoUendo et Puno, sur le lac Titicaca (à 3,800 mètres d'altitude), puis La Paz, d'où il organisa une caravane pour franchir à nouveau la Cordillère

et se rendre dans les vallées tributaires de l'Amazone. 11 passa ainsi à Sorata, arriva dans le bassin du Béni, que Wedel avait déjà partiellement exploré en i8si et il examina les vallées des rivières de Tipuani, de Mapiri et autres, appartenant à nue zone aurifère très étendue, jadis exploitée par les Indiens (Avmaras, Quichuas, Lecos, etc.),

Rentré en France parPanama (février iS<S9), puis reparti pour l'Italie, où il visita lesalluvions aurifères des affluents du Pô. M. J.-M. Bel alla ensuite remplir une mission scientifique et industrielle de i8 mois au Transvaal. Il a été l'un des premiers ingénieurs à affirmer que les gites de cette région avaient, en profondeur, une continuité qui pouvait aller jusqu'à un millier de mètres (1890-1891).

Bientôt après, il parcourut la Sierra Morena iEspagnei pour étudier des gisements de cuivre, plomb argentifère et de charbon, et fut ensuite envoyé par le gouvernement français au Siam pour des recherches de minéralogie, géographie et statistique. 11 examina là des ailuvions aurifères et donna un rapport précis sur les mines d'or de Bangtaphan.

Rentré à Paris au mois de juin 1893, M. J.-M. Bel remit au Muséum d'histoire naturelle des cages d'oiseaux, des reptiles et des plantes. Il apporta, au Musée de géologie et de minéralogie de l'Ecole supérieure des Mines et au Musée commercial du Palais de l'Industrie, des collections minérales du Transvaal, du Chili, de la Bolivie, du Siam, d'Espagne et d'Italie.

Après un nouveau voyage au Siam en 189s, pendant lequel il visita la région de l'Est, notamment les mines de Vatana et celles sises près de Korat, M. J.-M. Bel partit pour la Sibérie occidentale (18961, pour y examiner les mines d'or de Kotchkar, très importantes, et à son retour fut chargé par le ministère de l'Instruction publique d'une mission scientilique au Laos et en Annam, ainsi que de missions industrielles par des sociétés minières récemment créées.

Débarqué le 20 janvier 1897 à Qui-Xhon, il se dirigea vers l'Ouest, en suivant la vallée de la rivière de Binh-Dinh, passa par Anké, visita la région habitée par les « Mois // ou Khas, plus exactement les villages de Kon-Tieurah, Kon-Toum, traversa le Poco ouSésane, atteignit Peuley-Keudjoï et Peulev- Kebai, villages Djiaraïs, — Dak-Reudè, — Ban-Heck, Ban-Taxeng, villages Halangs, — Ban-Pakha, village Lové, — arriva à Attopeu, chez les Laotiens, remonta et redescendit la Sékong, puis la Sésane, jusqu'à

Bang-Kong-Sedam et revint à Stung-Treng,pour être le 11 juillet à Saigon. Les résultats minéralogiques, géographiques et statistiques de cette mission ont été des plus importants; ils comprennent notamment la reconnaissance, dans les cf)ncessions de la Société d'études des mines d'Attopeu, des premiers gîtes aurifères filoniens de ces régions, où l'on ne connaissait jusqu'ici que des gites d'or alluvionnaire. Durant ce même voyage, il est ensuite allé examiner les gites aurifères de la province du Quang-Nam en Annam, gites en partie exploités anciennement par les Annamites et repris depuis peu par des Sociétés françaises.

M. J.-M. Bel, en outre de ses rapports au ministère de l'Instruction publique et aux diverses Sociétés qui l'avaient envoyé, a publié dans le Bulletin de l'Association amicale des élèves de l'Ecole supérieure des Mines, le BiiUcliii Jcs Mines, ÏLcononiis/e Fmnçais, les Nouvelles Archives des Missions scieii/i/iijucs, le Bulletin du Muséum d'histoire naturcUe,\A Quinzaine coloniale, le Génie civil, etc., des études parues ensuite séparément, notamment : les Mines d'or du Transwaal {1892) ; les Gisements d'or et d'ctain de la Société « The Goldfields of Siam (1893) ; la Minéralogie, d'après le docteur Th. Sterry Hunt (1893) ; Mission scientifique au Cliili et dans le Mord de la Bolivie de 1S88 à iSSç (1896) ; Notes sur un voyage de mission au pays des Khas ; la. Mise en valeur du Bas Laos (18981.

Membre des sociétés de Géographie, de Géographie commerciale de Paris, des Ingénieurs civils de France, de l'Institut des Ingénieurs des mines américains, des Sociétés de minéralogie, de l'Industrie minérale, de l'L'nion coloniale française, du Syndicat des Explorateurs français, de l'Alliance française, de la Société des Ingénieurs Coloniaux, et correspondant du Muséum d'histoire naturelle, M. J.-M. Bel est officier de l'Instruction publique et de l'ordre vénézuélien du Libertador.

M""' Bel a accompagné son mari dans ses divers voyages au Transvaal, au Siam, au Laos et en Annam ; elle a assisté M. J.-M. Bel dans ses recherches et la réunion de ses collections d'histoire naturelle. Elle a été la première européenne qui ait parcouru le pays des Khas et traversé la chaîne annamite dans cette partie de l'Indo-Chine. Elle est correspondante du Muséum d'histoire naturelle ; décorée du Kim- Boi, ordre annamite donné seulement aux femmes par la reine-mère et officier d'Académie.

GliflSSO]^ (Efnest-Désipé)

flURiscoNSULTi-, membre de rinstitiit, né à Xoyr.n (Oise) le 6 octobre 1839. Reçu docteur en Hjn droit en 1862 et agrégé en 18O7, il fut charge ^«ic<n ^^ cours de procédure civile à la Faculté de Paris en 1872, puis nommé professeur de code civil le i" juillet 187S; il succéda, le 30 octobre 1870, à M. Colmet-Daage dans la chaire de procédure civile. M. Glasson a été admis à l'Académie des Sciences morales et politiques, en remplacement de M.(^h. Giraud, le 4 février 1882.

On doit à ce jurisconsulte : Du droit d'accroisicnuiit riitrc cohéritiers et colegataires en droit roiihiiii et . )// droit de rétention sons l'empire dn code Napoléon 1862, thèses de doctorat) ; Du consentement des époux au mariage, d'après le droit romain, le droit canonique, etc. {1866); Etude sur Gains et sur le Jus respondendi (1867, 2' éd. iSS-j) ; Etude sur les donations à cause de mort (1870); Eléments de droit français considéré dans ses rapports avec le droit naturel et l'économie politique (1875, 2" éd. 1884, couronné par Tlnstitut) ; Le mariage civil et le divorce dans les principaux pays d'Europe '1879, 2'" éd. i88o); Histoire du droit et des institutions de la France depuis leur origine jusqu'à nos Jours. T. I. Epoque anglo-saxonne, T. 11. La conquête normande, T. 111. La grande Charte, T. IV. Période depuis Edmond m jusqu'à Henri vni, T. V et VI 1882-1883); l^s Sources de la procédure civile française (1882); Etude liistorique sur la clameur de Haro (1882); Origines du costume delà magistrature 1884'; le Code civil et la question ouvrière (iSSb) ; la Reforme de la Procédure civile en France (18871 • les Rapports du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel an moven-dge (18901; les Communaux et le domaine rural à l'époque franqne (1890, réponse à M. l'ustel de Coulanges) ; Communaux et communautés dans l'ancien droit français 1892) ; le Droit de succession au moyen-âge iiSçi) ; Juges et consuls des marchands (18971 '■> Histoire dn droit et des Institutions de la France 1887 à 1898, 7 volumesi.

11 a, en outre, traduit, avec M.VI. Dareste et Lederlin, et annoté le Code de procédure civile de l'empire d'Allemagne (1887).

Décoré de la Légion d'honneur le ■? 1 décembre 1884, y\. Glasson a été promu t>flicier le 11 décembre 189s.

JVIIlJl-iHVOyE (Liucien)

LBLicisTE, conférencier, ancien député, né à 5, Grenoble le i''' août i8-.,o. Petit-fils du poète *(?■ célèbre, fils d'un ancien président de la '-■'b'^ Cour de Lyon, .^1. Lucien .^lillevoye fut tout d'abord destiné à la magistrature.

Nommé substitut à Bourg le 11 septembre 187^, puis à Lyon le 1 1 juin 1877, il donna sa démission en 1880 pour s'occuper uniquement de journalisme politique, et .son réel talent de plume l'a mis en vue parmi les publicistes de ce temps.

Lorsque le général Boulanger fut nommé, en remplacement du général Logerot, commandant du corps d'occupation à Tunis ft884l, .M. Lucien .\lillevoye écrivit plusieurs articles très remarqués sur un différend qui s'éleva alors entre le chef militaire et M. Cambon, résident général à Tunis, au sujet d'outrages infligés à l'un de nos officiers par un italien. Cette campagne de presse fut l'origine de l'amitié qui, depuis, lia si étroitement son auteur avec le général Boulanger.

M. -Nlillevuye s'associa dès lors à la politique de celui-ci et fournit' notamment les grandes lignes du fameu.x programme de Tours (1889), proposant une " République nationale large et progressive. »

Porté candidat par les comités révisionnistes aux élections générales législatives du 22 septembre 1889, dans la première circonscription d'Amiens et élu, après une lutte très vive, par 12,^27 voix contre 11,561 à M. Goblet, ancien président du Conseil des ministres. M. Lucien Millevoye demeura l'ami et l'un des conseillers du général Boulanger jusqu'à la mort de ce dernier (^o septembre 1891).

.\ la Chambre, il prit une part active aux discussions et prononça des discours retentissants : sur le ("oncordat ; à propos de l'affaire du Panama, pour laquelle il interpella plusieurs fois le .ministère; sur les événements de Bulgarie 11891)". sur les bureaux de placement, où il prit la défense des gens de maison, etc..

Le député de la Somme ne se représenta pas au renouvellement législatif de i89';.

Rédacteur en chef depuis cette épocpie, du journal la Patrie, " organe de la défense nationale, // il y a surtout traité, avec une autorité reconnue, les questions de politique étrangère, préconisant particulièrement l'alliance franco-russe, dont il est depuis 1S80 un des plus ardents promoteurs; il fut \.\\\ des organisateurs du meeting du cirque d'Hiver où l'idée de cette alliance fut acclamée par 10,000 parisiens.

De nombreux interviews ont été fréquemment publiés de lui, dans beaucoup de journaux, principalement VEclair, le Gaulois, la Libre Parole, Y Intransigeant, etc., sur maintes questions et notamment sur la politique étrangère.

Conférencier, M. Lucien Millevoye a fait, tant à Paris qu'en province, à différentes époques, une ardente propagande en faveur du programme démocratique et nationaliste.

Au moment de la campagne d'agitation entreprise pour obtenir la révision du procès en trahison du capitaine Dreyfus, et lors des poursuites intentées contre M. E. Zola àce propos (1897-1898), M. Lucien Millevoye prit très nettement parti contre ce mouvement et, dans la presse ou par la parole, en compagnie de MM. H. Rochefort, E. Drumont , etc., il mena une vigoureuse polémique en faveur de la cause jugée et de l'état-major.

LiHERMITTE (Liéofi-Hugustin)

LiNTRE et dessinateur, né à Mont-Saint-Père (Aisne) le 31 juillet 1844. Elève de Lecocq (9 de Boisbaudran, il débuta aux Salons annuels par des fusains ; il continua chaque année d'en exposer et nous citerons, parmi ses œuvres en ce genre : les Bords de la Marne, près d'Alfort (1864); Intérieur de forge à Mont - Saint - Père (1866) ; Soir de vendanges (1867); Récolte des pommes de terre \ le Tourneur (1868); la Vendange {1869), sujet souvent reproduit par l'artiste ; la Tonte des moutons (1872) ; la Veillée [i%-]j) ; le Benedicite ; le Bateau ; ane Rue de Saint-Cyr {1874) ; le Flottage (1876) ; la Pièce d'eau (1877) ; le Cabaret ; la Vente du poisson {iBjç)) ; la Vieille demeure [i%%d) ; le Pot de vin (1881) ; le Charroji ; le Tisserand (1882) ; les Cordonniers; la Forge; les Laveuses; la Soupe, et autres sujets de genre semblable (1883); la Veillée ; Plumeric de volailles (1884); la Première communion ; une Frileuse de Béthunc (1885) ; Avril ; Lavandières (1886) ; le Forgeron (1888), etc.

M. Lhermitte a aussi produit un grand nombre de toiles et il s'est fait remarquer surtout par ses interprétations de scènes champêtres. On cite de- lui: Nature morte (1866) ; Fleurs et fruits 1 18O7 1 ; ia Vendange i ifibS) \ le Charlatan (i^bq' : Au pressoir (1870. ; la iV/o/s.sc// (1874, au musée de Carcassonnei; le Lavage des moutons (1876], qui reparut à l'Exposition universelle de 1878; Printemps (1877); le Pardon de Ploumanac'li (1879, au musée de St-Quen-

tini; y Aïeule (1880, au musée de Gand); Quatuor I 1881) ; la Pave des moissonneurs {1882, une de ses toiles Ifs plus connues, au musée du Luxembourg) ; la Moisson et la Fileuse (1883); les Vendanges (1884, musée de New-Yorki; le Vin (188^); la Fenaison 118871 ; le Repos (1888); Claude Bernard, panneau décoratif pour la Sorbonne ; les Laveuses (1889).

A partir dj 1890, cet artiste exposa au (^hamp-de- Mars : Sainte-Claire-Devillc, panneau décoratif pour la Sorbonne ; trois autres toiles et six dessins. Ens uite le Souiineil de Venfant et trois autres toiles de paysages et scènes de la vie des champs ( 1891) ; l'.l/;// (/(■5 humbles, un de ses bons tableaux, aujourd'hui au musée de Boston; le Retour du troupeau, etc. 1 1893); la Mort et le bûcheron i 1891, au Luxembourg): /('5 Halles, sa toile la plus importante, qui est à l'Hôtel de Ville (189S1; la Fin de la journée; la Fenaison; le Champ aux oies (1897); Laveuses ; Glaneuses (1898.

(^et artiste expose en outre à la Société des Pastellistes. 11 a fait aussi un certain nombre d'eaux-fortes originales, de dessins, etc.

M. Lhermitte a obtenu une médaille de 3' classe en 1874, une de o." classe en 1880 et un grand-prix à l'Exposition universelle de 1889. Chevalier en 18S4, il a été promu officier de la Légion d'honneur en

GIF^ARD (JulesMflugustin)

:riv.vin et professeur, membre de l'instilut, -,., né à Paris le 24 février 182s. Entré à l'Ecole , .^ ï^ normale supérieure en 1844, il fut reçu dJ '^ agrégé des lettres en 1847 et nommé professeur de r'iétorique au Collège royal de 'Vendôme.

Elève de l'Ecole d'Athènes, de 184831851, M. J. Girard, à son retour en France, fut envoyé- comme professeur de rhétorique au lycée de Lille et passa deux ans après à celui de Montpellier. Reçu docteur es lettres, en 1854, la conférence de littérature grecque (2° et 3° années) à l'Ecole normale supérieure lui fut confiée et il en devint titulaire en 18^7.

.\I. .Iules Girard a été admis à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 14 janvier 1873, en remplacement de Stanislas Julien et appelé à la chaire de poésie grecque, créée en 1874,3 la Faculté des Lettres de Paris. Il a épousé une tille du savant J.-D. Guigniaut.

.^l. Jules Girard a publié: Mémoire sur F /le d'Eubec ii8=,2, dans les Archives des Missions scientifiques et

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