‹ Dictionnaire philosophique (volume 2)Chapitre 19 sur 49 · ÉDUCATION · texte numérisé non relu

ÉDUCATION

LE CONSEILLER

Vraiment , vous m'avez donné là une plaisante éducation; il est vrai que je m'accommodais fort du blond Ligurinus. Mais, lorsque j'entrai dans le monde, je voulus m'aviser de parler, et ou se moqua de moi; j'avais beau citer les Odes à Ligurinus et le Pédagogue chrétien , je ne savais ni si François I avait été fait prisonnier à Pavie , ni où est Pavie ; le pays où je suis né était ignoré de moi; je ne connaissais ni les lois principales, ni les intérêts de ma patrie : pas un mot de mathématiques y pas un mot de saine philosophie ; je savais du latin et des sottises. l'ex-jjLsuite.

Je ne pouvais vous apprendre que ce qu'on m'avait enseigné. J'avais étudié au même collège jusqu'à quinze ans; à cet âge un jésuite m'enquinauda; je fus novice, on m'abêtit pendant deux ans, et ensuite on me fit régenter. Ne voudriez-vous pas que je vous eusse donné l'éducation qu'on reçoit dans l'école militaire?

LE CONSEILLER

Non a il faut que chacun apprenne de bonne heure tout ce qui peut le faire réussir dans la profession à laquelle il est destiné. Clairaut était le fils d'un maître de mathématiques ; dès qu'il sut lire et écrire , son père lui montra son art : il devint très-bon géomètre à douze ans; il apprit ensuite le latin, qui ne lui servit jamais à rien. La célèbre marquise du Châtelet apprit le latin en un an, et le savait très-bien; tandis qu'on nous tenait sept années au collège pour nous

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