P'ÀRLEWENT
en disant qu'il ne pouvait venir à 'bout de son parlement.
C'était bien pis encore quand le roi et le pape se querellaient. Alors les arrêts triomphaient de toutes les bulles , et la tiare était renversée par la main de justice. Mais ce corps ne fit jamais la force des rois quand ils eurent besoin d'argent. Comme c'est avec ce seul ressort qu'on est sûr d'être toujours le maître, les rois en voulaient toujours avoir; il en fallut demander d'abord aux états généraux. La cour du parlement de Paris, sédentaire et instituée pour rendre la justice 3 ne se mêla jamais de finance jusqu'à François I. La fameuse réponse du premier président Jean de La Yacquerie au duc d'Orléans (Louis XII) en est une preuve assez forte : « Le parlement est pour rendre justice au peuple; les finances, la guerre , le gouvernement du roi ne sont point de son ressort. ;>
On ne peut pardonner au président Hénault do n'avoir pas rapporté ce trait qui servit long-temps de base au droit public en France, supposé que ce pays connût un droit public.
Parlement. Droit d'enregistrer.
Enregistrement, mémorial Journal, livre de raison. Cet usage fut de tout temps observé chez les nations policées, et fort négligé par les Barbares qui vinrent fondre sur l'empire romain. Le clergé de Rome fut plus attentif, il enregistra tout, et toujours à son avantage. Les Visigoths , les Vandales, les Bourguignons, les Francs, et tous les autres sauvages n'avaient pas seulement de registres pour les maria-
ges, les naissances et les morts. Les empereurs firent, à la vérité , écrire leurs traités et leurs ordonnances ; elles étaient conservées tantôt dans un château , tantôt dans un autre; et, quand ce château était pris par quelque brigand, le registre était perdu. Il niy a guère eu que les anciens actes déposés à la tour de Londres qui aient subsisté. On en retrouva ailleurs que chez les moines, qui suppléèrent souvent par leur industrie à la disette des monumens publics.
Quelle foi peut-on avoir à ces anciens monumens après l'aventure des fausses décrétâtes qui ont été respectées pendant cinq cents ans, autant et plus que l'Évangile; après tant de faux martyrologes, de fausses légendes et de faux actes? Notre Europe fut trop long-temps composée d'une multitude de brigands qui pillaient tout ? d'un petit nombre de faussaires qui trompèrent ces brigands ignorans, et d'une populace aussi abrutie qu'indigente, courbée vers la terre toute l'année pour nourrir tous ces gens-là.
On tient que Philippe- Auguste perdit son chartrier, ses titres; on ne sait pas trop à quelle occasion, ni comment, ni pourquoi il fesait transporter aux injures de l'air des parchemins qu'il devait soigneusement enfermer sous la clef.
On croit qu'Etienne Boileau , prévôt de Paris du temps de saint Louis, fut le premier qui tînt un journal, et qu'il fut imité par Jean de Montluc, greffier du parlement de Paris en i3i3, et non en 1256; faute de pure inadvertance dans le grand Dictionnaire, au mot Enregistrement.
Peu à peu les rois s'accoutumèrent à faire enre-