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lord Aîla trouva son garçon jardinier lisant Newtoa, Aila fît du jardinier un bon géomètre (1), et Dorset fit un très-agréable poète du cabaretiei\
C'est de Prior qu'est l'Histoire de l'ârne : cette hian toire est la plus naturelle qu'on ait faite jusqu'à présent de cet être ji bien senti et si mal connu. L'âme est d'abord aux extrémités du corps, dans les pieds et dans les mains des enfans; et de là elle se place insensiblement au milieu du ccrps dans Page de puberté; ensuite elle monte au cœur, et là elle produit les senlimens de l'amour et de l'héroïsme : elle s'élève jusqu'à la tête dans un âge plus mûr, elle y raisonne comme elle peut, et dans la vieillesse on ne sait plus ce qu'elle devient; c'est la sève d'un vieil arbre qui s'évapore et qui ne se répare plus, Peut-être cet ou-» vrage est -il trop long : toute plaisanterie doit être courte , et même le sérieux devrait bien être court aussi.
Ce même Prior fît un petit poème sur la fameuse bataille d'HochsteU Cela ne vaut pas son Histoire de l'âme ; il n'y a de bon que cette apostrophe à Boileau :
Satirique flatteur, toi qui pris tant de peine Pour chanter que Louis n a point passé le Rhin.
( 1) Ce ge'omètre s'appelait Stoîie. Il a donné sur le calcul intégral un ouvrage assez médiocre , mais qui , pour le temps où il a été fait, prouvait des connaissances fort étendues. Au reste, il est presque sans exemple que des hommes qui ont commencé tard à s'instruire aient montré de grands talens , quoique les efforts dont ils ont eu besoin pour s'élever au dessus de leur éducation supposent de la sagacité et une grande force de tête. Celte observation suffit pour détruire l'opinion exagérée de Rousseau •ur l'éducation négative.
Dict. Pu. 7., 3a
$74 PMOR, BUTLtÀ,
Noire plénipotentiaire finit par paraphraser en quinze cents vers ces mots attribués à Salomon, que tout est vanité. On en pourrait faire quinze mille sur ce sujet*, mais malheur à qui dit tout ce qu'il peut dire !
Enfin la reine A<nne étant morte , le ministère ayani;
.changé , la paix que Prior avait entamée étant en horreur, Prior n'eut de ressource qu'une édition de ses
»jœuvres par une souscription de son parti; après quoi il mourut en* philosophe , comme meurt ou croit mourir tout honnête Anglais.
Je voudrais donner aussi quelques idées des poésies de milord Roscomon, de milord Dorset; mais je sens qu il me faudrait faire un gros livre , et qu'après
;bien de la peine je ne donnerais qu'une idée fort imparfaite de tous ces ouvrages. La poésie est une espèce de musique, il faut l'entendre pour en juger. Quand je traduis quelques morceaux de poésies étrangères, je note imparfaitement leur musique, mais je
.ne puis exprimer le goût de leur chaut.
Poëme d'Hudibras.
Il y a un poëme anglais difficile à faire connaître aux étrangers; il s'appelle Hudibras. C'est un ouvrage
-tout comique, et cependant le sujet est la guerre civile du temps de Cromwcll. Ce qui a fait verser tant
.de sang et tant de larmes a produit un poëme qui force le lecteur le plus sérieux à rire. On trouve un exemple de ce contraste dans notre Satire Ménippée. Certainement les Romains n'auraient point fait un poëme burlesque sur les guerres de César et de Pompée, et sur les proscriptions d'Octave et d'Antoine,