S N AIRE
cour de Rome en retrancha doux , pour avoir du moins l honneur de paraître juger par elle-même.
Le cardinal Fabroni , chargé de cette affaire, et livré aux jésuites, fit dresser la bulle par un cordelicr nommé frère Palerme, Elie, capuciii, le barnabite Terrovi, le servile Castelli, et même un jésuite nommé Alfaro.
Le pape Clément XI les laissa faire ; il voulait seulement plaire au roi de France qu'il avait long-temps indisposé eu reconnaissant l'archiduc Charles, depuis empereur , pour roi d'Espagne. Il ne lui en coûtait pour satisfaire le roi qu'un morceau de parchemin scellé eu plomb, sur une affaire qu'il méprisait lui-même.
Clément XI ne se fit pas prier, il envoya la bulle, et fut tout étonné d'apprendre qu'elle était reçue presque dans toute la France avec des sifflets et des huées, n Comment donc , disait-il su cardinal Carpegne, on me demande instamment relie bulle, je la donne do bon coeur, cl tout le monde s'en moque! »
Tout le monde fut surpris en effet de voir un pape qni, au nom de Jésus-Christ, condamnait comme hérétique, sentant l'hérésie, mal-sonnante, et offensant les oreilles pieuses, cette proposition : « Il est bon de lire les livrée de piété le dimanche , surfont la sainte Ecriture, n Et celte autre : « La crainte d'une excommunication injuste ne doit pas nous empêcher de faire notre devoir. »
Les partisans des jésuites étaient alarmés euxmêmes de cetto ccnsuie, mais ils n'osaient parler. Les hommes sages et désintéressés criaient au scandale, et le reste de la nation au ridicule.
Le Tellier n'pn triompha pas moins jusqu'à la mort de Louis XIV; il était en horreur ; mais il gouvernait. Il n'est rien que ce malheureux ne tentit pour faire déposer le cardinal de Noaillcs ; mais ce boote-feu fut exilé après la mort de son péniteut. Le duc d'Orléans , dans sa régence , apaisa ces «merci les en s'en moquant. Elles jetèrent depuis quelques étincelles, mais enfin elles sont oubliées, et probablement pour jamais. Ccst Lien assez qu'elles aient duré plus d'un demi - siècle. Heureux encore les hommes s'ils n'étaient divisés que pour des sottise* qui ne font pas verser le sang humain 1