CHIEN
Il semble que la niture ait donné le chien à l'homme pour sa défense e*. pour son plaisir. Cest de tous les animaux le plus fidèle : c'est lo meilleur ami que puisse avoir l'homme.
U parait qu'il y en a plusieurs espèces absolument différentes. Comment imaginer qu'uu lévrier vienne originairement d'un barbet? il n'en a ni le poil, ni les jambes, ni le corsage , ni la téte, ni les oreilles, ni la voix, ni l'odorat, ui l'instinct. Un homme qui n'aurait vu, en fait de chiens, que des barbets ou des épagnculs, et qui verrait un lévrier pour la première fois, le prendrait plutôt pour un petit cheval naie que pour un animal de la race épagneole. Il est bien vraisemblable que chaque race fut toujours ce qu'elle est , sauf le mélange de quelques - unes en petit nombre.
Il est étonnant que le chien ait été déclare* immonde dans la loi juive, comme l'ixion, le grillon, le lièvre, le porc, l'anguille j il faut qull y ait quel-
(1) M. Turgot, étant coptrolrur «énéml, obliutde la justioa et de la boulé du roi un rdil qui ■Minait la corvée et la remplaçait par un iropul général sur le» terres. Mais oa l'obligea d'< xroiptcr Ici bien* du clergé de cet impôt , d'en établir une partie sur le» tai les. Malgré cela , c'était encore on de» phi» grand» bien» qu'on pAt faire à la nation. Cet édil , enregistré au lit de justice , n'a subsisté que trois mois» Mais btt.il bu neuf généralités ont «uivi l'exemple de crlle de I imoges. On doit aussi a M. Turgol d'avoir resln iul la largeur de» routes dans U* lin-aes conri-noLlc». Lrs rh min» qn il a fjil execut r en Limousin smil de» clicfs-d'nrmre de construction , et »ont formés sur les montes nnnripes «jue le» voir» romaiiirs dont i>i< retrouve «neorr quelques restes dons les Onulcs; tanduqne le» chemin» lait» par corvées. 1 1 nù-eewau-emrnt alors lr.» mal construit», existnt d'ci«nicllcs réparations qui sont une nouvelle clisiçe pour 1* peupla.
que raison physique on morale que nous n'ayons pu
encore découvrir.
Ce qu'on raconte de la sagacité, de l'obéissance , de l'amitié, du courage des chiens, est prodigieux, et est vrai. Le philosophe militaire TJIloa nous assure (n) que dans le Pérou les chiens espagnols reconnaissent les hommes de race indienne , les poursuivent et les déchirent : que les chiens péruviens en font autant des Espagnols. Ce tait semble prouver que l'une et l'autre espèce de chien retient encore la haine qui lui fut inspirée du temps de la découverte, et que chaque race combat toujours pour ses maîtres avec le même attachement et la même valeur.
Pourquoi donc le mot de chien ert- il devenu une injure? on dit par tendresse, mon moineau, ma colombe, ma poule; on dit même mon chat , quoique cet animal soit traître. Et, quand on est fAché, on appelle les gens chiens! Les Turcs, même sans être en colère , disent, par une horreur mêlée au mépris, les chiens He chrétiens. La populace anglaise, en voyant passer au homme qui, par son maintien, son habit et sa perruque, a l'air d'être ué vers les bords de la Seine ou dt la Loire, l'appelle communément French dog, «bien de Français. Cette figure de rhétorique n'est pas polie et paraît injuste.
Le délicat Homère introduit d'abord le divin Achille disant au divin Agamcmnon, qu'il est impudent comme un chien. Cela pourrait justifier la populace anglaise.
Les plus zélés partisans du chien doivent confesser que cet animal a de l'audace dans les yeux ; que plusieurs sont hargneux ; qu'ils mordent quelquefois des inconnus en les prenant pour des ennemis de leurs maîtres; comme des sentinelles tirent sur les passans 4jui approchent trop de la contrescarpe. Ce sont là probablement les raisons qui ont rendu l'épitbète de chien uuc injure, mais nous n'osons décider.
Pourquoi le chien a-t-il été adoré ou révéré (comme on voudra) chez les Egyptiens? C'est, diton, que le chien avertit l'bomme. Plutarquc nous apprend ('■>) qu'après que Cambysc eut tué leur bœuf Apis, et l'eut fait mettre à la broebe, aucua animal n'osa manger les restes des convives, tant était profond le respect pour Apis! mais le chien ne fut pas si scrupuleux, il avala du dieu. Les Egyptiens fu.ent scandalisés comme on le peut "roire, cl Anubis perdit beaucoup de son crédit.
Le cbien conserva pourtant l'honneur d'être toujours dans le ciel sous le nom du grnnd et du petit 'Lien. Nous eûmes constamment les jour* caniculaires.
Mais de tous les chiens, Cerbère fut celui qui eut le plus de réputation1, il avait trois gueules. Nous avons remarqué que tout allait par trois, 'sis, Osiris et Orus, les trois premières divinités égyptiaques; les trois frères dieux du monde grec, Jupiter, Neptune et PJuton; les trois parques; les trois furies; l?s
(a) Voy.iRf dTlln» :.u Pérou, liv VI.
(M Plu turque, c!i ii^ilrr .17 rl d O >'i.
trois juges d'enfer, les trois gueules du chien de là* bas.
Nous nous apercevons ici avec douleur que nous avons omis l'article des chats; mais nous nous consolons en renvoyant à leur histoire (*}. Nous remarquerons seulement qu'il n'y a point de chats dans les cieux, comme il y a des chèvres, des écrevisscs, des taureaux, des béliers, des aigle;, des lions, des poissons, des lièvres et des chiens. Mais en récompense, le chat fut consacré ou révéré, ou adoré du culte de dulic dans quelques villes, et peut-être de latrie par quelques femmes.