CIEL DES ANCIENS
Si un ver à soie donnait le nom de ciel au petit duvet qui entoure sa coque, il raisouncrait aussi-bien que frrent tous les anciens, en donuaut le nom de ciel à l'atmosphère, qui est, comme dit très-bien M. de Vontcnclle dans ses Mondes , le duvet de notre coque.
Les vapeurs qui sortcut de nos mers et de notre terre, et qui formeul k>s nuages, les météores et les loiinerrcs , fureut pris d'abord pour la demeure des dieux. Les dieux descendent toujours dans des nuages d'or chez Homère ; c'est de là que les peintres les peignent encore aujourd hui assis sur une nuée. Coin ment est-on assis sur l'eau? 11 .'i.i.; bien juste que le maître des dieux fût plus à son aise ijul les autres : on lui donna un aigle pour le porter, parce que l'aig'c vole plus haut que les autres oiseaux.
Les anciens Grecs, voyaut que les maîtres des villes demeuraient dans des citadelles , au haut de quelque montagne, jugèrent que le. dieux pouvaient avoir une citadelle aussi , et la placèrent eu Thcssalie sur le mont Olympe, dont le sommet est quelquefois caché dans les nues, de sorte que leur palais était de plain-picd à leur ciel.
Les étoiles et les planètes, qui semblent attachées à la v otite bleue de notre atmosphère, devinrent ensuite les demeures des dieux ; sept d'entre eux curent chacun leur planète , les autres logèrent où ils purent; le conseil général des dieux se tenait dans une grande salle à laquelle on allait par la voie lactée . car il fallait bien que les dieux eussent une salle eu
(b) Lactance, livra III, ehap. XXJV ; rt le clergé de I nnée , aise m Lie solennellement eu 1770, citait irrieutcinent comme un Pire de lYglin ce Lnctaoer, dont l« élève» de l'cco'e d'Alexandrjr te « nient moqué» de <ou temps, »'i!i a> aient daigna jeter les yeux sur tes npwxliei.
l'air, puisque les hommes avaient des hôtels de ville sur la terre.
Quand les Titans, espèce d'animaux entre les dieux et les hommes, déclarèrent une guerre assez juste à ces dieux -la pour réclamer une partie de leur héritage du côté* paternel , étant fils du ciel et de la terre, ils ne mirent que deux ou trois montagnes les unes sur les autres, comptant que c'en élait bien assez pour se rendre maîtres du ciel et du ch4teau de 1*Olympc.
Tieve fnrtl leirit ucurior ariuta tether , jÉftlfal firunf rrgnum en-letfe gitjantet, Altaque eoiigtttot <i ruritie ai xdera montes.
(Ovin., M,t*morpk I. l5i lSJ-)
On ■itaqm le ciel stmi-brcA <pw» tii terr* ; I «•» ■;>■"<■>■ '"*•» le» liteux otrat pott-r U put te . Knt.iucrciil île» mont» jusqu'aux »»lns de» Doit*.
Il y a pourtant des six cents millions de lieues de tes astres la, et beaucoup plu» loin encore de plusieurs étoiles au mont Olvmpr.
Virgile (églogue V, v. 57.) ne fait point de difficulté de dire :
.S'i.fp fti hu^ot vuirt m,1 n et fitkra Dapfcnnt Dnplinis voit sous si • pied» le* astres et les nues.
Mais où doue était Daphnis?
A l'Opéra -, cl dans des ouvrages plus sérieux , on fait descendre des dieux au milieu des vents, des nuages et du tonnerre, c'est-à-dire, qu'on promène Dieu dans les vapeurs de notre petit globe. Ces idées sont si proportionnées à notre faiblesse, qu'elles nous paraissent grandes.
Cette physique d'enfins et de vieilles était prodigieusement ancienne ; cependant on croit qoe les Cbaldétns avaient des idées presque aussi saines que nous de ce qu'on appelle le fiel; ils plaçaient le soleil au centre de notre monde planétaire, à peu pris à la dlstauce de no rc globe que notas avens reconnue; ils lésaient tourner la terre et quelques planète» autour de cet âstre; c'est ce que nous apprend Aristarque de Samos : c'est à peu près le système da monde que Copernic a perfectionné depuis ; tuais les philosophes gardaient le secret pour eux , afin d'élre plut respectés des rois et du peuple, ou plutôt pour n'être pas persécutés.
Le langage de l'erreur est si familier aux liomm»î, qus. nous appelons encore nos vapeurs et l'espace de la terre a la lune du nom de n>/; noas dirons , monter au ciel, comme nous disons le soleil tourne, quoiqu'on sache bien qu'il ne tourne pxs. Nous sommes probablement le ciel pour les habttans de la lune , et . h. uni" planète place son ciel dans la planète voisine.
Si on avait duniandé à Homère dans quel ciel était «liée Y Ame do Sarpedon, et où était celle d'Hercule , Homère eut été bien embarrassé? fl fût répondu pai des vers ha monicux.
Quelle sûreté avait-on que l'xme aérienne d'Hercule se fût trouvée plus A son aise dans Vénus, dans Saturne, que sur notre globe? Aurait-elle été dans le soleil ? la place ne parait pas tcnablc dans cette fournaise. Enfin, qu'cnlendaicut les anciens par le ciel? Ils n'en savaient rien , ils criaient toujours le ciel et la terre; c'est comme si on criait l'infini et un atome. U
DïTTÏONmmE
n'y a poinf , a proprement parler. Je rid ; il ya 1 quantité prodigieuse de globrs qui roulent dans l'espace vide; et notre globe roule comme les antres.
Les anciens croyaient qu'aller dans les efeux eV tait monter : mais ou* ne monte point tTtin globe à ou autre ; les globes célestes dont tantôt au-dessus dé notre horizon , tantôt au-dessous. Ainsi , supposons que VéllU», étaUt venue a Papho>, retournai dans aa planète quand cette planète était couchée, la déesse Ténos ne montait point alors par rapport a notre ho ri/ou ; elle desrendait . et on devait dire en ce cas fasCtnAft ,ni , i,7. Mais les anciens n'y entendaient pas tant de finesse ; ils avaient des notions vagues, incertaines, contradictoires sur tout ce qui tenait à la physique. On a fait des volun-es immenses pour savoir ce qu'ils pensaient sur bien des qu.-slious de cette sorte. Quatre mots turaienl sufli ; i'/> ne pet* ut km ftas. Tl faut toujours "n excepter un petit nombre de sages, mais ils wnl tclus trop tard; peu Ont expliqué leurs pensées; ?f , quand ils l'ont fait, les charlatans de la terre les ont envoyés au ciel par le plus court chemin.
Un écrivain qu'on nomme, je crois, Pioche, a prétendu faire de Moisc un (»rand physicien ; un autre avait auparavant concilié Moisc avec Descan tes, et avait imprimé le CnrtcùUA mouffsaHi; selon lui, Moïse avait inventé le premier les tourbillons et la matière subtile : mais on sait assez que Dieu, qui fit de Moïse un grand législateur, un grand prophète, ne voulut point du tout en faire un professeur de physique ; il instruisit les Juifs de leur devoir, et ne leur enseigna pas un mot de philosophie. Calmot , qui a beaucoup compilé, et qui n'a raisonné jamais, parle du système des Hébreux ; mais ce peuple grossier était bien loin d'avoir un système ; il n'avait pas même d'école de géométrie ; le nom leur en était inconnu; leur seule science était le métier de cotw tier et l'usure.
On trouve dans leurs livres quelques id«-cs louches incohérente*, et dignes en tout d un peuple bar bar» sur la structure du ciel. Leur premier ciel était l'air , le second , le firmament , où étaient attachées les étoiles ; ce firmsmcnt était solide cl de glace , et por tait les eaux supérieures , qui s'échappèrent de ce réservoir par des portes, des écluses, des cataracte» au temps du déluge.
Au-dessus de ce firmament, ou ces eaux supérieures, était le troisième ciel ou l'empyrée, où saint Paul fut ravi. Le firmament était une espèce de demi-voûte qui embrassait la t«*rrc. Le soleil ne fesait point le tour d'un globe qu'ils ne connaissaient pas. Quand il était parvenu à l'occident, il revenait à l'orient par un chemin inconnu; et, si on ne le voyait pas, c'était, comme le dit le baron de Fœncste , parce qu'il revenait de nuit.
Eucorc les Hébreux avaient-ils pris ces rêveries des autres peuples. La plupart des nations, excepté l'école des Chaldécns , regardaient le ciel comme solide; la lerre fixe et immobile était plus longue d'orient en occident , que du midi au nord , d'un grand tiers; de là viennent ces expressions de longitude cl de latitude que nous avons adoptées. On voit
« Je pourrais vous prouver,, pur be
çucdans cette opinion il était impossible qu'il jr.eûl des antipodes. Aussi saint Augustin traite l'idée des antipodes d'absurdité; et Lactaucc, que nous avoua i ! i i cité , dit expressément : » Y a-Uil des gens assez fous pour croire qu'il y ait des bouuucs dont la tête soit plus basse que les pieds? etc. m
Saint Chrysosiome s'écrie oau* «a quatorzième ho» «« lie : «i Où «ont ceux qui prétendent que les cieux r forme eu circulaire? »