CONQUÊTE
Réponse à un questionneur sur ce trot.
Quand les Silésicns et les Saxons disent : « Nous sommes la conquête du roi de Prusse, » cela ne veut pas dire, le roi de Prusse nous a plu; mais seulement, il nous a subjugués.
Mais quand une femme dit : Je suis la conquête de M. l'abbé, de M. le chevalier; cela veut dire ans*v D m'a subjuguée : or, on ne peut subjuguer madame sans lui plaire} mais aussi madame ne peut être subjuguée sans avoir p'u à monsieur : ainsi scion toutes les règles de la logique, et encore plus de la physique, quand madame est la conquête de quelqu'un, celle expression emporte évidemment que monsieur et madame se ptaisect l'un à l'autre; j'ai fait la conquête de rnc~ rieur , signifie, il m'aime, et je suis as ronquète , veut dire nous nous aimons. M. Taacher' s'est adress '■, don* cette importante question, à un» ■orant? désintéressé, qui n'est la conquête ni d'iravoL
Sixlone dama, et qni présente -ses respocts à calai quiabieuvonlU le cornait or.
CONîrtJIBNCE.
SECTION PSKItlEKE.
De la conscience du bien et du mal.
Locke a démontré ( s'il «si permis de se servir de ce tonne en notais et en ax-u: physique ) 411e nous n'avons ni idées innées , ui principes innés; il a été obligé de le démontrer trop au WoBg., parce qu'alors l'erreur contraire étnit univ«r*v*lo.
De U il suit évidemment que noue avons le plu* grand besoin qu'on nous mette «Le bonnes idées et de bons principes dans la tête, dés que nous pouvons faire usage de la faculté de l'entendement.
Locke apporte l'exemple des vtuvago* qui tueut et qui mangent leur prochain sans aucun remords de conscience , et de* soldats «"«retiens bien élevés qui , dans une ville prise d assaut, pillent, égorgent, violent , non-seulement sans rcni?rcU , mais avec un plaisir ebarmaut, avec honneur et gloire , avec les apptaïKftsseracns de tous leurs cvmarados.
U «si trés-sur que dans les massacres de la Sainl- Barthéiemi, «4 dans les <ntloi-Aa~\é , dan» les saints actes de toi de 1'iaquiftition , nulle conscience de meurtrier ne se reprocha jamais d'avoir massacré hommes, femmes, casans, d'avoir fait crier, évanouir, mourir dans les 'tortures des malheureux qui ■/•valent d'autres «rimes que de (aise la pdque différemment des inquisiteurs.
Il résnho do tant oela que nous n'avons , (point d'autre conscience que celle qui nous est inspirée far le 'temps, par ft*ea)pi«,,par notre tempérament, par nos réflexions.
L'homme n'est né avec aucun principe, mais avec Ja faculté de les recevoir tous. Son terni-cramcnt le vendra plus enclin à la cruauté ou à la uoueeur; son entendement lui fera comprendre un jour que le carré de douze est cent quarante-quatre, q-'n lo faut pas faire aux autres ce qu'il ne voudrait pas qu'on lui fit; mais U ne comprendra pas de lui-incuie ces vérités dans son enfance? U n'entendra pas la première, et il ne sentira pas la seconde.
Un petit sauvage qui auramim , et i qui son père aura donné nn morceau d'an autre aauvag» a manger, en demandera autant le lendemain , sans imaginer qu'il ne faat pas imiter son prochain autrement qu'on no voudrait être traité soi-même. Il mil machinalement, invinciblement -tout le contraire de ce que cette éternelle vérité enseigne.
La nature a pourvu à cette horreur : elle a donné à l'homme la disposition à la pitié , cl le pouvoir de comprendre la vérité. Ces deux présens de Dieu sont le fondement de la société civile. Cesl ce qui fait qu ily a toujours eu peo d^iiiturcqiopliip'?*; c'est ce qui rend la vie un peu toléra'hh; cher, 'es nnrions civilisées. Les pères et les mcrcs dormcHt a <*t** entons une éducation qui les* rend bientôt sociables; etcètta éducation leur donne une conscience.
line religion pure, une morale ipnve y inspirées de honea heure, façonnent ltll«menl «nature humaine, un depuis environ sept ans jusqu'à seiae ouAi-sept
on ne fait pas une mauvaise action sans que la Con- «cicttce en fasse un reproche. .Ensuite viennent les violentes passions qui combattent la conscience et qui rétonffent quelquefois. Pendant le conflit, les
que s occasions d autres hommes, coauae dans leur* maladies ils consultent ceux qui ont l'air de se bien porter.
Cesl ce qui a produit des oesuiites, c'est-à-dire, des gens qui décident des cas de conscience. Un des plus sages Casuistes a été Cicéron dans son livre des Offices, c'ost-à-dirc, des devoirs de l'homme. U examine les points les plus délicats; mais long -temps avant lui, Zoroastre avait paru réfier la conscience par le plus beau des préceptes : « Dans lo doute si «ne action est bonne 01 mauvaise , abstiens - toi. * Porte XXX. Nous en parlons ailleurs (*)•
scCTtojr 11.
Si un juge doit 'juger selon sa conscience ou selon les preuves.
Thomas D'Agent, vous f tes nn grand saint, an grand théologien ; et il n'y a point de dominicain qui ait pour vous plus de vénération que moi. Mais vous aves décidé dans votre Somme qu'un juge doit don- ! ner sa voix selon les allégations et les prétendues | preuves contre un accusé dont 1 innocence lui est parfaitement connue. Vous prétendez que les dépo-
nentes, doivent remporter sur le témoi^na^e de ses \ Tsnx mêmes. Il a va commettre le crime par un
ner l'accusé qaand sa conscience lui dit que cet ec- I casé est metoeent.
U fendrait donc, selon vous, que, si 1e juge luimême avait commis le crime dont il *'agil, sa coo
| accusé do co crime.
En conscience, gnud saint, je «rois qoo vous
j . vous êtes trompé de la ssaiwire h? plus absurde et la
j plus horrible : c'est dommage ot< et» possédant si bic . «droit canon, vous nj«z si mal connu le droit naturel. Le premier devoir d'an magistrat ost d'être juste avaut d'être formaliste : si, en vertu des preuves qui ne sont jamais que des probabilités, je condamnais un homme dont l'innoésaoe me acfak'ddmoaaréc, je
j aie croirais un sot et.'in assassin.
Flenreusemeat tous les tribunaux de l'univers peo-
| sent autrement que vous. Joue sais pas si Farmacios et Grillandus sont de votre avis. Quoiqu'il en soit,
! i si vous rencontre* jamais Gcérou , Ulpien , Tribonien , Dumoulin , le chancelier de lHospital , le chancelier d'Aguesscau, dcmandcx-Icor bien pardon de
I l'erreur ou vous êtes tombe.
SECTI0K ui.
De la conscience trompeuse.
Cs. qu'eu a peut-être jamais dit de mieux sur cette question importante se trouve dans le livre comique
(•) Voya le mou Jtrtrx , Rxuoioa et Zosoisras. (R. 1
cieTrtstrern Shandy, écrit par ttn curé nommé Sterne, le second Rabelais d'Angleterre ; il ressemble à ces petits satyres de l'antiquité qui renfermaient des essences précieuses.
Deux vieux capitaines à demi- paye, assistés du docteur Slop , font les questions les plus ridicules. Dans ces questions les théologiens de France ne sont pas épargnés. On insiste particulièrement spr un mémoire présenté â la Sorbonnc par un chirurgien, qui demande la permission de baptiser les enfane dans le ventre de leurs mères, au moyeu d'une canule qu'il introduira proprement dans l'utérus sans blesser ht mère ni l'enfant.
Enfin , ils se font lire par un caporal un ancien sermon sur la conscience , composé par ce même curé Sterne.
Parmi plusieurs peintures, supérieures i celles de Rembrandt et an crayou de Calot, il peint un honnête homme du moude passant ses jours dans les plaisirs de la table, du jeu et de la débauche, ne lésant rien que la bonne compagnie puisse lui reprocher , et par conséquent ne se reprochant rien. Sa conscience et son hoancur l'accompagnent aux spectacles, au jeu, et surtout lorsqu'il paye libéralement la fille qu'il entretient. II punit sévèrement, quand 11 est en charge, les petits larcins du commun peuplé; il vit gaiemeut et meurt saus le moindre remords.
Le docteur .Slop interrompt le lecteur pour dise qnc cela est impossible dans l'église anglicane, et ne peut arriver qnc chez des papistes.
Enfin, le enré Sterne cite l'exemple de David , qui , ait-il , tantôt une conscience délicate et éclairé*, an tôt une coitscienee tres-dnre et très-ténébreuse.
Lor**|u il priet tuer son poi du as unecaaeme, il se contente do lui eoupor mu pan da M nene t voila une conscicuco délicat*, il passo une année entière sans avoir le moiudre remords de son adultère avec Bctsabee «t da meurtre d'Uric : voiU U mémo conscience andstreie «t privée de lumière.
TeAs «ont, dit-il, la plupart des hommes. Noms avouons à ca cucè q*w l«s grands du monde sonttrèsflouvciit date» «is cas : le torrent des plaisirs et des afiancs les entraîne ; ils n'ont pas le temps d'avoir Je In consciunce, cela est bon pour le peuple; encore n'en a-t-*l guère quand il s'agit de gagner de l'argent. Il est donc très-bon de réveiller souvent la conscience des coutarièrne et des rois par une morale
qui puisse faire Hnpreseiot» sur eux; mais, pour faire «cite imprasston, i) ii<*H wicux pariur qu'on se paris nujoumVbni.
SECTIOW IV.
Liberté de con&cienee
IniJuiL Àe l ulliWMwL
Nout n'adoptons yot tout et paragraphe, mais comme il y a qudqatf vérité*, «ou* n'avait pas eru Aevoir l'omettre; et nout «at non» cliarnuuu pat de ju.tiper « oui peut t'y trouvtr it peu montré et de trop dur.
L'aumôxier du prince de •**, lequel prince est catholique romain, menaçait un anabaptiste de le chasser des petits états du prince; il lui disait qo'il
|! n'y Jt que trois sfl'Uts autorisées dans l'empire (t) ;
HHu pour lut anabaptiste, qui était d une quatrième, ■ U n'était pa s digne de iviv** dnae Insj tesros de monseigneur; et enl'n, la conversation s échauffant , l'aumônier, menaça lanahflp4iMcrde le taire pendre. Tant j: pj»(o.) pou* AjM» aittjse, BétMMtdib r«»abnpti«te ; pr s»i*s «n. gros n*anui,mlur;ier} jtcinploin deux oents QWtïkrs; je fit)» QjMrcp don» cent aniiicénus par an dans ses états ; ma famille ira s'établir (3) ailleurs ; nAOQSMsjneiV y peru>«
Et si monseigneur fait pendre tes deux cent* our vricr* et U fwwU«? wprjl Paumante* ; câ |H| donne ta manufacture à de bous catholiques? '
Je l'en défie, dit le vieillard.) onnerioiinc pas -me Il manufacture comme une méulme, peroe qu'où ne ji demie pne l'industrie. Cela, serait beaucoup plan fSu ji que s'il fesait tuer tous ses «neveux (4) narce que | Pun d'eux t*anr« jeté par terne,, et quotit és un mau- I vais éouyee. L*in tarât de monseigneur' n'est pas qui* je mange (6) du pain sans, nwain qe levé. H est q»ir je procure à ses sujets de «pioi manger , et que j'aug- | meute sesreveeus per mon travail. Je sois nu bonuèV kommef et, quand j'aumisle «i.iihour de notre pas né tel , ma psofeasion me teeeemit afe devenirs car dans lo6 entreprises de négoce, ce uost pas comme dans celles de cour ( i ) et dans les lietincfr : point de succès sans probité. Que t'importe que j'aie été baptisé dans I' l'âge qu'on appelle de raison, t&,tdi» que tu l'as été sans le savoir? Que t'importe que j'adore Dieu (a) à la manière de mes pères? Si tn suivais tes belles maximes (3), st tu avais la force eu main, tu irais donc d'un bout de l'univers à l'autre, fesant pendre â ton plaisir le Grec qui ne croit pas que l'Esprit proj cède du père et du fils j tous les Anglais, tous les Hollandais, Danois, Suédois, Islajadaù, Prussiens, Hanovricns, Saxons (4), Holstcnois, Hcssots, Virtembergeois, Bernois , Hambpurgcois , Cosaques, Vainque», Russes, qui ne croient pas, le pape infaillible ; tous les musulmans qui croient un seid Dieu (5) ; et les Indiens dont la religion est plus ancienne que la Juive ; et les lettrés chinois qui depuis quatre mille (6) ans servent un Dieu unique sans superstition et sans
(i) Va KLM tu. Dan* l'empire, celle qui mange JAn«-Cbri»t sur h foi tral* dans «tn morceau de pain en bavant un coup ; cette qui mange Jeeua-Cbcait Dieu avec <iu pain -, et relie ont meuge Jéaua-Cbrkt Dieu en corps et en âme, sans piin ni via : ave pour lui anabaptiste, qui ce mange Dieu en aucune façon . H Datait pat diyne, etc.
(x) Vax. Ma foi, tant fU, etc.
(3) Vas. Ma famille s'établir. aiUeurr; monseigneur y p*>ira |4ns que moi.
(4) Vas. Ton» le* veaux qui ne cons manient pa» plui qu. moi. L'intitéi, etc.
(5) Va*. ( >ue je manne Dieu ; il ait , etc.
(i) Va*. Celle» it cour : point de tuedi , etc.
(s) Va». Que l'importe *ut jWorcDieu nu la maas/r, tan die qne tu le lai», que tu le mnnftcaoique tu le dVètee? » t» luivui», etc.
P) Va». Bellet maxime*, et n lu <n>«i«, etc.
(4) Va». Saxon, Htvoit , Bernait, qui m cro ent pat, aie.
(5) Va». Un «fui Dieu, et qui ne lui donnent di pare, ai acte; et le» Indient. etc.
(6) Va*. Depm» cinq raiHr.