CURIOSITE
Sr.wr ri art mnftht tintant.'' i = .r-'-wern ventis,
£' (-rr ' n/.i-, uiirii ahcr:w. rpfd.it e d'Iv-/ vin ;
A'o'i ijn'n v.-rari ijtte t/njri.iui tf.'l fiti'uuifa l'ofnpfo»,
Scd f)u;fcm i[>« malts eut cm fl'iiii rcrncie tuuvt Ut;
S'iiiw ci ùm Ix'di rotuuiiii.i lu.iyr.a lucii
Vil r.,"i|v.c wulMirfc ; Uui tint fH.i '.c ycticli.
Si. t ''il l'u'u-iui Cil, lin.: ivtùrti ?rmn[u feutre
1 dit i Jaritiitil MtyU -ifri/M It'Hf (j itrenJj
D'tp erre ttxdi ijiirin nf.'os, ra^imttuc vider*
Emue ut/rue i teint pelantes qn-Ti crc vil*,
Ceria.e in<j, iuv, eonUndere uobililate,
Kvctet at'i>4' diet niti pestante labvre
Ad lumnicf tma-tjete nyti i a-umijiif rot;rf.
O mistrot hominum mentes! 6 jwtora cceca!
( Ixc». , «m. n , t. i cl *eq.) On v«it avec pUitir, d-n» le «in du repos, De» aaorlrlt uoalliraircux lu lier ronlre la flol»; On aime à mit de Soin ikux IctriWe» urai'-e», Dnn* te* e'iarr.ps tV b mort au conil>.il mimée» : Nou que le nul d'au rni wil un p'nisir u doux ; Mai» *on d uigci non» pliil quand il e*l loin da boti». JIiiufuT qui. idrré dut» le temj'lc àcs M{^et, Voit en ptiix mus » i pieds te fumier le» cf i^'"* , Qui ril en ct tit» nq/ant 1 * niorlel» in*cn«» , De l'Ur jou^ wiltut lire esclues eirpres»-*, Inquiets, iixTitaini du c-'.eniin qu'il faut *iiitt«, San* penwr. i.n> jmiir, içnorant l'art de rirre, V)nns l agitmion ronsiim in» leur» heaux jour», Poanuivant la fortune, et rompant d«n» le» cours. O * anitc de l'homme , » fjiblesse ! o misère 1
Pardon , Lucrèce , je soupçonne que vous vous trompez ici eu morale , comme vous vous trompez toujours en physique. C'est, à mon avis, la curiosité seule qui fait courir sur le rivage pour voir un vaisseau que la tempête va submerger. Cela m'est arrivé; et je vous jure que mou plaisir , mêlé d'inquiétude et de malaise , n était point du lout le fruit de ma réflexion ; il no venait point d u n« comparaison sécréta entre ma sécurité et lo danger Je ces infortunes; j'étais cucieux et sensible.
A la bataille de Fnnlcnoi les petits garçon» «tics petitcsifiUcs montaient sur les arbres d'alentour pour voir tuer ie mondo.
Les dames se firent apporter des sièges s» un bastion de la ville do Liège, pour jouir d« «peCtaajle à la bataille de Itocoux.
Quand j'ai dit : « Heureux qui voit en paix se fermer les orages, « mon bonheur cuit d'être tranquille
et de cherche! le vrai . et non pas de voir *o offrir des êtres pensans, perséciii'-s peur l'avoir cherché, opprimés par des fanatiques ou par des hypocrites.
Si l'on pouvait supposer uti ange volant sur sis belles ailes du haut «le IVmpyrèe, s'en aîl.ml regarder par un soupirail de lYnfcr les t'.mrmcus et les contorsions des «huions, et se r<*joui:-,aut de ne rien sentir de huis inconcevables douleurs, cet ange tiendrait beaucoup du caractère de flcîz.ébuih.
Je ne connais point la nature des anges, parce que je ne suis qu'homme; il n'y a que h «■ théologiens qui la connaissent : mais, en qualité d'homme , je pense, par ma piopie expérience et par celle de tous les badauds mes confrères, qu'on ne court à au^un spectacle, de quehpic genre qu'il puisse être, que par pure curiosité1.
Cela me semble si vrai, que le spectacle a beau être admirable , on s'en lasse à la fin. Le public de Paris ne va plus guère au Tartufe , qui est le chefd'œuvre des chefs-d'œuvre de Molière ; pourquoi? c'est qu'il y est allé souvent ; c'est qu'il h- sait par cœur. Il en est aiusi d'Andromaquc.
Perrin Daudiii a bien malheureusement raison quand il propose à la jeune Isabelle de la mener voir comment on donne la question; cela f.iit, dit-il, passer une heure ou deux. Si cette anticipation du dernier supplice, plus cruelle souvent que le supplice même, était un spectacle public, toute la ville do Toulouse aurait volé eu fouie pour contempler le vc. ocrablc Cdas, sou (Iran t a deux reprises ces tourmens abominables, sur les conclusions du procureur-général. Pcnitens blancs, pénilcns çris et noirs, femmes, filles, maîtres des jeux floraux, ttudians. laquais, serrantes- filles de joie, docteurs en droit-canon, tout se icrait pressé. On se serait étouH'e a Paris pour voir passer dans un tombereau le malheureux: général J-ally avec un b.iillon de six doigts dans la bouche.
Mais si ces tragédies de Cannibales qu'on représente quelquefois chez la plus frivole des nations, cl la plus ignorante en général dans les principes de la jurisprudence et de l'équité; si les spectacles donnés par quelques tigres a des sin;es, comme ceux de la Saint-ttarthélcmi et ses diminutifs, se renouvelaient tous les jours, ou déserterait bientôt un tel pays, on le fuirait svec horreur , on abandonnerait sans retour la tcrrJ infernale où ces barbaries seraient fréquentes.
Quand les petits garçons et les petites filles déplument leurs moineaux , c es' purement par esprit de curiosité , roiunic lorsqu'elles mettent en pièces les jupes de buis poupées. Cest cette passion seule qui conduit de monde uvt exécutions publiques, comme nous 'xvmis vu. « f. range empressement de voir des misérables , >• a dit 1 auteur d'une tragédie (*).
Je me souviens qu'étant à Paris -lorsqu'on fit souffrir a Damiens une mort des plus recherchées , et des plus affreuses qu'on puisse imaginer, toutes les fenêtres qui donnaient sur la place furent louées chèrement par les daines; aucune d'elles assurément ne
r)T«ttde,ieU!llïf«cfne3. ,
lésait la réflexion consolante qu'on ne la tenaillerait point aux mamelles, qu'on ne verserait point du plomb fondu et de la poix-résine bouillante dans ses ' plaies, et que quatre chevaux ne tireraient point ses membres disloqué» et saiiglans. l u de, bourreaux, jugea plus sainement que Lucrèce; car lorsqu'un des académiciens de Paris voulut entrer dans l'enceinte pour examiner la choie de plus et qui! fï;l re-
pousse par les archers : « Laissez, entrer monsieur, dit-il , c'est un amateur; »> cesî-.i-di c, c'est un curieux, ce ne t point par méch.'uccté qu'il \i,>.,| ici, ce n'est ;;>is par u.i retour t-nr soi \a':::e, ]->ur goûter le plaL-àr de II' lie pas .'cirie'é : c'e..: unj.jii -liii-nt par curiosité, comme on \ a voir il -> < xp.'rie.i, c . de pliy- ! sique.
La cur osité est naturelle à l'homme , aux singes, et aux peiits chiens. Menez, avec vou, un p lit chien dans votre cauosse, il mettra continuellement ses ! pales à la ponîîre pour voir ce ipù .^e passe. Un singe fouille partout, il a ! air de tout considérer. Pour l'homme, vous savez, comme il est frit : Home, Londres, Paris pas- .uii leur t :mps a demander ce qu'il y a de nouveau.
DANTE (le).
Vous voulez, connaître le Dante. Les Italiens rappellent divin ; mais c'est une divini'.é cachée; peu de gens entendent ses oracles; il a des commentateurs, c'est peut-être encore une raison de plus pour n'être pas compris. Sa r< ou'atior: s'affermira toujours, parce qu'on ne le lit 'juère. Il y a de lui une v ingtaine de traits qu'on sait par cœur : cela suffit pour s'épargner la peine d'examiner le reste.
Ce divin Dante fut, dit-on, un homme assez malheureux. Ne croyez, pas qu'il fut divin de son temps, ni qu'il ftit prophète chez. lui. 11 es! vrai qu'il fut prieur, non pas prieur de moines, mais prieur de Florence, c'est-à-dire, l'un des sénateurs.
Il était ué en iuùo, à c- que disent ses compatriotes, bay le, qui écri\ait à lloterdam , aurcMe calnm>, pour son libraire, environ quatre siècles entiers après le Pan e, le fait n.n re en i •.>('!>, et je n'en estime Bay le ni plus ni moins pour s'è're trompe* de ciuq ans : la grande aîfiu're c:,; de ne se tromper ni en fait de goût , ni en f.iit d" raiscnncuens.
Les arts comircnçaienf alors a naître dans la patrie du Dante; Florence était , comme Athènes, pleine d'esprit, de jrand^itr, de légèreté, d'inconstance et de factions. La fa C ion blanche avait un grand crédit: die se nommJit ainsi du nom de lu sijçnora Bianca. Le parti opposé s'intitulait le j;n:i -.'< . nair , pour mieux se distinguer de» il o>«.. Ces ideux partis ne suffisaient pas aux Horouùiis. Ils «kaJout ejuMue les gualfcs ot les gibelins. La plupart des blancs étaient gibelins du .parti des empereurs, et. ies uons penchaient pour les guelfes attachas aux papes.
Toutes ces factions aimaient la liberté , et lésaient pourtant ce qu'elles pouvaient pour la détruire. I.* pape Bonifacc VIII voulut profiter de ces divisions pour anéantir le pouvoir des empereurs en Italie. Il
i ICTIOxNiNAIRK
déclara Charles de Valois, frère .lu roi de France Philippe-lc-Bcl , sou vicaire en Toscane. Le vicaire vint bien armé, chassa !es blancs et les gibdins, et su fit détester des noirs et des guelfes. Le Dante était blanc et gibelin ; il fut chassé des premiers , et sa maison rasée. On peut juger de là s'il fut le reste de s? vie aflectiouné à la maison de France c' aux papes; nu prétend pourtant qu'il alla faire un voyage a Paris, et que pour se dcscnuuycr il se fit théologien, et disputa vigoureusement dans les ccolcs. On ajouic que l'empereur Henri VII ne fit rien pour lui, tout gibelin qu'il était; qu'il alla -hez Frédéric d'Aragon , roi d.- Sicile, et qu'il eu revint aussi pauvre qu'il y était allé. Il fut réduit au marquis de Malaspina et au grand kan de Vérone. Le marquis cf le grand-kan ne le dédommagèrent pas; il mourut pauvre a Kavcune, à l'âge de cinquante-six ans. ('*• fut dans ces divers lieux qu'il composa sa comédie de l'enfer, du purgatoire et du paradis ; on a n-gai-dé «c salmigondis comme uu beau poème épique.
Il trouva d'abord à l'entrée de l'en for un lion et une louve. Tout d'un coup Virgile se présente à lui pour l'encourager; Virgile lui dit qu'il est né Lombard ; c'est précisément comme si Homère disait qu'il est né Turc. Virgile offre de foire au Dante les honneurs de l'enfer du purgatoire, et de le mener jusqu'à la porte de saint Pierre; mais il avoue qu'il ne pourra pas entrer avec lui.
Cepeudim! droit les passe tous deux dans sa barque. Virgile lui raconte que , peu de temps après son arrivée en enter, il y vit un elre puissant qui vint chercher les âmes d'Abel , de Noé, d, Abraham , de Moïse , de David. L'n avançant chemin , ils découvrent dans l'enfer des demeures très-agréables; dans l'une sont Homère. Horace, Ovide et Lucain; dans une autre on voit lllccfrc, Hector. I:.néc, Lucrèce, Brutus et le Turc Saladin; dans une troisième, Socrate, Platon, Ilippocrale et l'Arah? Avcrroès.
linlîn parait le véritable enfer, où Pluton juge les condamnés. Le voyageur y reconnaît quelques cardiuaux , quelques papes , et beaucoup de Florentin». Tout cela est-il dans le style comique ? Non. Tout cst-il dans le genre héroïque? Non. Dans quel goût est donc ce poème t dans un >'OÙt bizarre.
Mais il y a des vers si heureux et si naïfs, qu'ils n'ont point vieilli depuis quatre cents ans, et qu'ils ne vieilliront jamais. In poème d'ailleurs où l'on met des papes en enfer, réveille beaucoup l'attention; et les commentateurs épuisent toute la sagacité de leur esprit à déterminer au juste qui sont ceux que lo Dante > damnés, et à ne se pas tromper dans une matière si grave.
On a fondé une chaire , une lecture pour oxpliquer cet auteur classique. Vous me demanderez comment l'inquisition ne s'y oppose pas? Je vous répondrai que l inquisitiou «ntend raillerie en Italie; clic sait bien que des plaisanteries en vers ne peuvent point faire de mal : vous en allez juger par cette petite traduction très-libre d'ui morceau du chant vingt-troisième; il s'agit d'un damné de la connaissance de l'auteur. Le damné parle ainsi :
Je m'appelai» le comte de Guidon ;
Je fui »ur terre et soldat et poltron ;
Puis m'enrôlai mui saint F rançon d'Ataise
Afin qu'un jour le bout de «on cordon
Me donnât place en la céleste église ;
Et j'y serais sa us ce pape félon ,
Qui m'ordonna de servir sa fcinlise,
Kt me rendit aux ^rifles du démon.
Voici le fait. Quand jetai» sur 'a terre.
Vers Ilimini je fi» long-l mps la guerre.
Moins, je l'avoue, eu héros qu'rn fripm
L'art (!«• four! t r me fu un gr;md renom.
Mais quand moi. chef eut porté poil prison .
Trin|M i!r retraite où convient la v»#»se ,
ir repentir t Mil rur;g-r ma » i-i!!ri:c ,
lit j'eus retour» .'i la confession.
O repentir tardil cl peu Juulilr!
f.e bon Jint |«'t« en ce tcinp* suerrovaii .
V>« le soudan , non le Turc inti lifjbltf,
M lis li s rliiVliuis , ipiVu vrai l'un' il pillait
Or t.u-i iiNprrt pour tiare et tonsure .
Four viinl I ranro.s , sou lr<>c r! sj e» indue :
Frère, dit il , il i:tc i«m icnl d'avoir
Iiieessaniiiieul !'n ->rs'e en ura pouvoir.
Conseille :tini , r'irrrbr sou, ti». capiuv
Quelque l>' au unir, .pu Ii|u>- ^a-tttHIr .-i:.!u.-e ,
l'our ajouter en bref .1 m -s c'aîs
Ce ipii me tonte, et no m'appartient p s.
J'ai deux clet» du ciel en ma poisMiiC".
De G lislin lu di'votc impnufncc
S'en s; r» il mal . et iimi je sais ouvrit
Lt refermer ] ■ fiel à iiton plaisir.
Si tu nie s-rs. ce ciel est ton partage.
Je le servis, et trop bien . djnt j'enra-r
Il eut l'n iirtle , et 1 1 mort me s.visit.
l.ors devers moi saint François descendit,
Comptant au ciel amener ma Jx-nue ..me-
M ni licliei ut!> vim en p< sic, el lui dit :
Monsieur il' »ssi<c, ariv'te/. : je n'clinic
<> conseiller du s iot p'rc . i! «I mirn ;
Bon saint Francs . ejrte < brv un uil le si.n.
l.ort tout penaud le bon l.omine d'Assise
M abamloiiiiail au ::i ind di-dilc d enfer.
Je lui n i ù : M„[Lsi< i.r i!e Lucifer.
Je suis un saint, voye» m„ barbe grNe;
Je fus al.-uiis par le •-! .cf de l'r";|:si\
J'aurai toujours . r- [undit le d -mon.
Un i,r:ind respect po ir l'ai solution :
On est l ue de ses vieilles sntti.se>.
Pourvu <jiidi.tr» juIi-s i. soiml e.j.iuuis'es.
J'ai f i! > un i uil ■ ilistinclion
A te» par. i's ; et srStr 1 l'Italie.
l.r; diable sait de la lli.'iil.v;-,-.
Il dit, i-t rit : je ne répliquai rien
A IVUébul'.i ; il raisonnait trop bien.
Lors il in'cmpi>i;ne, cl d'un bras raide et ferme
11 appliqua sur mon tri>lc épidenne
Vingt coups de fouet . et icml bleu fort il tr.r cuil :
Que Dieu le rende i Bonifkce huit '.