ECONOMIE
Ce mot ne signifie dans l'acception ordinaire que la manière d'administrer son bien ; elle est commune à un père de famille et à un surintendant des finances d'un royaume. Les différentes sortes de gouverne* ment, les tracasseries de famille et de cour, les guerres injustes et mal conduites, l'épéc de Tbémis mise dans les mains des bourreaux pour faire périr l'innocent, les discordes intestines sont des objets étrangers à IV-conomic.
Il ne s'agit pas ici des déclamations de ces politiques qui gouvernent un état du fond de leur cabinet par des brochures.
(fcj Apolop'Hiqui: . clup. a i.
(e)Chap. VIII. v. 9.
(<i) fur tainl MattWi . cliap. «7.
WCbap. XXIlI,v.45.
celle par qui subsistent toutes les autres, est celle de la campagne. C'est elle qui fournit les trois seules choses dont les hommes ont un vrai besoin, le vivre, le vêtir et le couvert 5 il n'y en a pas une quatrième, à moins qus ce ne soit le chauffage dans les pays froids. Toutes les trois bien entendues donnent la santé, sans laquelle il ny a rien.
On appelle quelquefois le séjour de la campagne la vie patriarcale ; mais , dans nos climats , cette vie patriarcale serait impraticable et nous ferait mourir de froid , de faim cl de misère.
Abraham va de la Chaldr'c au pays de Sichem ; de là il faut qu'il fasse un long voyage par des déserts arides jusqu'à Memphis pour aller acheter du blé. J'écarte toujours respectueusement , comme je le dois, tout ce qui est divin dans l'histoire d'Abraham et de ses enfans; je ne considère ici que son économie rurale.
Je ne lui vois pas une seule maison : il quitta I» plus fertile centrée de l'univers, et des ville» où il y avait des maisons commodes, pour aller errer dans des pays dont il ne pouvait entendre la langue.
Il va de Sodômc dans le désert de Gérar, sans avoir le moindre établissement. Lorsqu'il renvoie Agar et l'enfant qu'il a eu d'elle , c;cst encore dans un désert; et il ne leur donne pour tout viatique qu'un morceau de pain et une cruche d'eau. Lorsqu'il va sa* crificr son fils au Seigneur, c'est encore dans un désert. Il va couper le bois lui-même pour brûler la victime, et le charge sur le dos de son fils qu'il doit immoler.
Sa femme meurt dans un lieu nommé Arbé ou Hé- , bron, il n'a pas seulement six pieds de terre à lui ' pour l'ensevelir : il est obligé d'acheter une caverne pour y mettre sa femme. Ccst le seul morceau de terre qu'il ait jamais possédé.
Cependant il eut beaucoup d'enfant; car, sans compter Isaac et sa postérité, il eut de son autre femme Célhura, à l'âge de cent quarante ans, selon le calcul ordinaire, cinq enfans mâles qui s'en allèrent vers l'Arabie.
Il n'est point dit qulsaac eut un seul quartier de terre dans le pays où mourut son pèré; au contraire, il s'en va dans le désert de Gerar avec sa femme Rebecca, chez ce même Abimelec, roi de Gérar, qui avait été amoureux de sa mère.
Ce roi du désert devient aussi amoureux de s» femme Itebccca, que son mari fait passer pour sa sœur, comme Abraham avait donné sa femme Sara pour sa sœur à ce même roi Abimelec , quarante ans auparavant. Il est un peu élounant que dans cette famille on fasse toujours passer sa femme pour sa sœur, afin d'y gagner quelque chose; mais, puisque ces faits sont consacrés, c'est à nous de garder un silence respectueux.
L'Ecrilurc dit qu'il s'enrichissait dans cette terrhorriblc, devenue fertile pour lui, et qu'il devint extrêmement puissant. Mais il est dit aussi qu'il n'avait pas de l'eau a boire , qu'il eut une grande querella
: Jei pasteur, du roitelet de Gérer pour un pu,u . «t on ne vo.i point qu'il eul une milSQU en ^
^ e„C,„, , I^û cl Jacob, uo„t pa, p|„s d éta- U.s,emc,,t que leur père. Jacob est obligé d aller chercher a v.vrc dans la Mésopotamie, dont Abra-
Oc, fille, de Leban , et sept antres années pour oble- ««r la «conde fille. 11 . enfuit avec Rachel et les troupeaux de son beau-père qui court après lui. Ce n'est pas la une fortune bien assurée.
Ê«û est représente aussi errant «,..c Jacob. Aucun .«es douze patriarches, enfans de Jacob, n a de demeure hxc, n, „„ champ dont il soit propriétaire, fi,,
"° rPOSt,nt ÏOn$ Jcî tcotcs> comme les Arabes ' lutlouins.
Il est clair que cette vie patriarcale ne convient millemcnt a la température de notre air 11 faut un bon culuvateur tel qUe les Pi^oux d'Auvergne, une maison sa.ne tournée a .orient, de vastes granges, de non mo.n, vastes écuries, des étable, proprement *na« ; et le tout peut a|lcr . cinquante t|1|lk. fjancs au moins de notre monnaie d aujourd'hui. Il doit semer tous les »„s cent arpens en blé, en mettre autant Lo,,ï Parages, posséder quelques arpe„9 de v.gne, et environ cinquante arpens pour les menu. Hra.n. cl le, légume,; une trentaine d'arpen, de bois, «oc plau.at.on de mùncrs , des vers a soie, des ruches. Avec tous ces avantages bien économisé,, il
enlrct,endra U"° ""'"^use «mille daus I abondance «e tout, ha terre ^améliorera de jour en jour; il supportera sans rien craindre les dérangerne», de, sai
^X™^^; rc,,uune ^
»o-,. dans son domaine d'une souveraîn " réel, ZZZ\rmi'° '°iS- CeSt P'«
"ù« t : 'ir™' ,o p,us inn*am°> •< p«- i-
wux , et malbcureusemcnt le plus rare „ jt^^f Vé^hh P-ir-rrbe, * voyant riche,
««rt a , •^bw?— "« W'. .l-lque ,*,„ ; a
«tte ta c C'aCÎ CharRe*'ui P««P*
cette taxe, et ,,u, donnera la noblesse « «,„ iJs au
bou d n ans. 1, vend son domaine pour paver sa Une fille élevéedans ., luxe l épouse le de'hc!
Ws porte a l.vree dan, Paris.
Telle est la dill ,e,,ee entre économie de la campi«nc et 1rs illusions des villes.
L'économie à la ville est tonte diuerente. Vive, vous dans votre terre, vous n'achetez presque rien ; ol vous produit tout, vous pouvez nourrir soixante
Ta vmëT T prCN'IUC vous en apt"ccvoir- Port« •
* v He le même revenu, vous acte» tout chèrement t ^ . ^
« es ues. Lu père de Emilie qui vit dans sa terre avec douze nulle livres de rente, aura besoin d une «randc - -ention pour vivre a Paris dans !a mém -boudanee avec quarante mille. Cette proportion a
T^:r^uirv p*-— ^ «m. d.
» capiule. Il eu faut tonj,,,.,, P1.M„. . .
bigné, dont on a tant parle; <m ,IC pvut ,r0D . " mettre «,05 Jcs yvux p<m ,r0P '» *»-
que vous; dan, ce même esprit, voici, ma cher,
« 1 bo, s de la rour. Vo«s êtes douze personnes •uons.eur et madame, ,r„,s t. mmes, uuatre laquais ' deux coclu rs, un , alet de ebambre. ' '
« Quinze livres de viande .1
fi»q sous la livre . . ,e ,v , ■ >•> '•>• 15 sous.
»<-ux p,cce« de rôti ...
Du pain. ...
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Le!*»,. lou
Le fruit. ...
, , • . . 1 ro
bougie n
^chandelle . . . , .' ' ' * , 'J
•4 I<"v. i3soi^.
» Je co,u,He quatre M„ en vi„ poilr Vos H-u et vos deux cocher,. CV.t ce que M~dc Mou «espan donne aux sien,. Si vou, avie "du vin en cave 'I «e vous coûterait pas trois ,o„, , j'en mt„ six ,1 '
a en buvez pas pour trois.
« Je mets une livre de chandelle par jour, quo,- «u d n'en Ui le qu une demi- .ivre. Je'mets dix 'son,
d?> ,ouf v ' c; a six à ,a !,vrc ,,ui C°>« »" 'j«
Uix sous, et q„, dure trois jours.
« Je mets deux livres pour le bois; cependant vous non brulc.e7.quc «rois moi, de l'année; et il „c f«ut que deux leux.
«Je mets une livre dix sous pour le, fruit,: Je lucre ne conte que onze sou, la livre; et il n'en faut qu un quarteron pour une compote.
« Je mets deux pièces de rôti : on en épargne une quand monsieur on madame dine ou «mpe en villema,, aussi j ai oublié une volaille bouillie pour le po' ag". Nous entendons le ménage. Vous pauvez fort bien, sans passer quinze livre,, avoir une entrée, tantôt de saucisses, tantôt de lauguede mouton ou de lra.se de veau, |c gigot bourgeois, la pyramide éternelle, et la compote que von3 ai,„„ la„t (,.).
« Cela i»osé, et ce que j »pprcnds à la cour, ma cuerc eufant, votre dépengn ne doit pas passer cent livre, par semaine : c'est q„at c cents livres par mois. Posons cinq cents, afin qlle ic« bagatelles que j oublio ne se plaigucnl pa^ que je leur fais injustice. Cinq cents livres par mois font,
« Pour votre dépense de bouche • . 6000 liv .
Pour vos habits 1000
Pour loyer de maison >000
Pour gage, et habits des gens. . • »°°° Pour les habits, l opéra et les magnificences (ù) de monsieur . . . 3ooo
« Tout cela n'est-
1 aooo liv .
■I pas honnête , etc. m
(a) n«n, ce temp*-!,, , H c ^n;, fc p)|u \.ti\i,nt de Lo«« •d SM «m in d*. utnuKTU <juc d*i» |«., rrpma d'app^*"1
OmfHc dmu coeùe.». et oubU
Le marc de l'argent valait alors à peu près U moitié du numéraire d'aujourdhui : tout le nécessaire absolu était do la moitié moins cher : tt le luxe ordinaire qui esl devenu nécessaire, et .tni n'est plus luxe, contait trois n quaïre fois moins que de nos jours. Ainsi le cnmtcd Aubîgné aurait pu, pour ses douze mille livres de renie qu'il mangeait à Paris asa« obscurément, vivre on prince dans sa terre.
I! v a dans Paris irais ou quatre ccuts ramilles municipales occupent la magistrature depuis un siècle, et dont le bkn est ?n rentes sur 1 hôtel de ville. Je suppose quelles aient craenue vingt mille livres do rente, ces vingt mille libres fesaietrt juste le double de ce qu'elles font aujonrj ttui ; ainsi elles n'ont réellement que 'a moitié de Icer ancien revenu. De rr!tc moitié on retrancha une noitié dana le temps inconcevable du système de Lass. Ces familles ne jouirent donc réellement «me du quart du revenu qu'elles possédaient à l'avéuemont de Unis XIV au trône; et le luxe étant augmenté des trois quarts, reste à peu près rien pour clic?; à moins qu'elles n'aient réparé leur ruine par de riche» mariages, ou par des successions, ou par une industrie secrète :ct c'est ce qu'elles ont fait.
En tout pays tout simple rentier qui n'augmente pas son bien dans une capitale , Te perd à la longue. Les terriens se soutiennent parce qur , l'argent augmentant numériquemeut , le revenu de leurs terre* augmente en proportion ; mais ils sont exposés à un autre malheur; et ce malheur est dans eux-mêmes. Leur luxe et leur inauention, non moins dangereuse encore , les conduisent à la mine. Ps vendent leurs terres a des financiers qui entassent , et dont les enfans dissipent tout à leur tour. C »;l une circulation perpétuelle d'élévation ?l d? décadence ; le tout faute d'une économie raisonnable qui consiste uniquement a ne pas dépenser plus qu'on ne reçoit.
L'ftcnioMiE d'un état n'est précisément que celle d'une grande f.imiilc.Ccst ce qui porta le duc dcSulîi adonner le nom dV<:r>;ioro:e à ses mémoires. Toutes les autres branches d'un gouvernement sont plutôt des obstacles qus des secours A 1 admiuiflraiion des deniers publics. Des traités qu'il faut quelquefois conclure a prix dor, des guerres malheureuses, minent un état pour longtemps; les heureuses même lïpuisenl. Le commerce intercepté et mal entendit lappanwil cucore; les impôts excessifs comblent la
misère. • .■» ,
Qu'est ce qu'un état riche et bien économisé 7 c'est celui où loiithomincqui travaille est sôrd'unc fortune couvenablc à sa condition, à commencer par le roi, et finir parle manœuvre.
Prenons pour exemple l'état où le gouvernement des finances esl le pins compliqué; I* Anglcter-e. Le roi est promue sûr d'avoir toujours un million stcrliug par an a dépenser pour sa maison, sa table, ses ambassadeurs cl ses plaisirs. Ce million revient tout entier au peuple par la consommât: an: e-r, si lef amhas-
qnatr* «" «*«e* , t{ui H«ni »<e innpr-tt
dépensent Icnrs appomtemeus ailleurs, b« ministres étrangers consument leur argeut à Londres. Tout possesseur de terres est certain de jouir de son revenu , aux taxes près imposées par ses représentait» en parlement , c'cst-A-dire,par lui-même.
Le commerçant joue un je» de hasard et d'industrie contre presque »oui l'univers; et il «a kw !• temps incertain s'il mariera sa fille à un pair du royaume, ou s'il mourra a i*ho|.hal.
Ceux qui, sans être né*ocians, placent leur fortnne précaire dans les grandes compagnies de commerce, ressemblent parfaitement aux oisia de la France qui achètent des effets royaux et >' dépend do la bonne ou mauvaise " ueinent.
Ceux dont l'unique profession est de vendre et d'acheter des billets public» sur les nouvelles heureuses ou malheureuses qu on débite, et de trafispoer la crainte et l'espérance , sont en sous-ordre dans le même cas que les actionnaires , ot tous sobé des joueurs, hors le cultivateur qui fournit de quoi jewer.
Une guerre survient; il f»ot que le gouvernement emprunte de l'argent comptant, car on ne pans pas des flottes et des armées avec des promesses. La chambre des comnwmcs imag ne une taxe- sur la bière, sur le charbon, sue les cheminées, sur Im* fenêtres, sur les acres de blé et de pâturage , sur 1 importation, etc.
On calcule ce que cet impôt pourra produire à nets pue»; toute la nation en est instruite; un acte dn parlement dit aux citoyens ■ Ceux qui voudront prêter à ta patrio recevront quatre pour cent de leur argent pendant dix ans , au bout détonait ils seront remboursés.
m-înt du surplus de ce que produisant les tau es. Ce fonds doit servir à; rembourser Un» créanciers. Le temps du remboursement venir, on leur dit : Vocicr.- TOii» votre fonds, ou voulais - vous le laisser a tsois pour cent ? Les créanciers qui croient leur dette as* «urée laissent pour la plupart leur argent entre las mains du gouvernement.
Nouvelle guerre, nouveaux emprunts , nouvelle» dettes*; le fond» d'amortissement est vide , ou. ne rematours* rien.
Enfin , ce monceau de papier représentatif dtm argent qui u'existe pas, a eu' porté jusqu'à cent trente millions de livres sterling, nui fout ccnl vingt-sept millions de guinéos en l'an 1770 de notre ère vul-
Disons en passant que la France est à peu près dans ce cas ; elle doit de fond* environ cent vingtsept millions de louis d'or; or ces deux sommes, montant à deux cent cinqnamc-qualre millions de louis dor, n'existent pas dius l'Europe. Comment payer? Examinons d'abord l'Angleterre.
Si chacun rcdcmandi son fonds, la chose est visiblement impossible , i moins de la pierre pbiloso»phalc ou de quelque et'.ltiplication pareille. Que frire ? Une partie de la nation a prêté a toute la nation. L'Angloicrre doit à. à' Angleterre eont trente r~ bon* sterling à trois pour «:eni dH»b 'êt s cil
donc de ce seul artiste tre»- modique trois million* ,|| neuf ceni mil le livres «terlin^ d-or chaque «noëe. Les impôts sont d'eaviftM sep* «"«ions (t); deeste dmsc, pour satisfaire mi cSMge» de l'état, rroismtllionfhct cent mille livres sterling, sur quoi lion pont annoo-
bliques.
La banque de l'élut, en produisent des avantages immenses aux directe ir*, est utile ai 4a nation, parce qu'elle augmente le evédit , que ses opérations sont connues et qu'elle ne rentrait faire pins de billet ■> qu'il r'e>t faut saii5 port'.e ce crédit et sans ae ruiner elle-même. C'est lu le gtand avantage d'un pays commerçant , où toul se lait eu vertu •d'une loi positive, ou nulle opération n'est cachée, où la confiance est établie sur des calculs faits par les ropresentans de IVisi , examinés par tons les citoyens. L'Angleterre. >.{uoï qu'on dis", voit donc son opulence assurée , un\i qu elle aura des terres fertiles , des tuoupeaux a bombas et un commerce avantageux (i),
.Si les au rcs pays parviennent* n'avoir pas besoii do ses blés et a tourner contre cil- la balance du commerce, il peut arriver alors no t es-çrand bouleversement dans les fiwtunes des particuliers,; mais Ja terre reste, l'industrie reste, et l Angleterre , alors moins riche en argent, lest toujours en valeurs rcnaiesanics que le sol produit; cUe revwat au même étal où elle ('tait au seizième siècle.
Il en est absolument de toul un royaume comme d'une terre d'un particulier; si le fond* de la terre e t bou, elle ne sera jamais ruinée: k l'.ituille qui la fe- £ail valoir peut . lie rt'dui e a l'aumône, mais le soi pro-p tera sous une rutre f.nniile.
Il y a d'autres royaumes «ui ue seront jamais ri-
lc) On «tait «rit «m r«r?o
(!)!-•» l'.-Ut immense de !'Anr>terre ri de la France prépare
a et <l< ut 'talion*, imiii um ruine totale <mi une lauiadcin* thiru'lc, tinis -t long» nnlbeurs ; et peul-vlre de grand* taiilcrcrleriien*. l"c]>cnd.im. en supposant ce» dettes égales (et •;;•!!<.• de 1* tngfelcrr» est mrofr plus fut'e). la franc* «unit encore de grands av mla-es. i». Nmm|ne la tnfMmnntrxl - 1» rtcltew* m ile •était point |importjunnclk- à relie 6e IVt-ndee de «ou territout) et do nombre de «es Iijùbum*. celle MipéritMili; cal trés- Çrsiufe. 1. agriculture, l'iiidusiric et le comuscirc n'y étant pas a'i*»i qu'eu \ii;lc!i-rre du desré Je perfirtiOM «i d'urli- »itj qu'un ]wnl nttrimlic, lent» prr.»r?« p. ment prucnes»r Ae plus rai de* re**«iurcr*. La SMp rrasien des mrvte», c lied' s jurutdes pout le* niêiï r« cHiin.e poui le commerce, la lîliertu «lu Cainuui i i-e île» blé* , <•-» vin* , dea (xXiaHT . ro un root , k» loi» finies > n i - ;ii . et -"11- s qu'on prv|»i..it sWs . anra:ent ri >n ;i eu peu d'année» I» f>o? cfe 1» rraw-e. I a d> lté fwnei, re rn K r.ii ce «■tait en Iret gnude partie â «n* peur s-*nt et «ni -«te»» ; aoit Mii.iUtre celai H «t vertueux <far 1 «m crflira émMl Han» sa place, trouva!.! .i "•rnia-water à quatre peer rent, eraqu'il n'ftnpnmtna que pour rrm«So»irwr , rtvarra «SiuiiMiMT HnttVH de celte partir de I.. d-«t* u'tui cia^ii*n:e et w-dHi . it ftirtner «le c-la nul "n fonda <r«moniiseBiînl. \*. la v«-»te «*r» •«ttaname» «M celle des bien* du clergé qui appartii n lient à IVl'.t, eat une retannice iinnienap q«i manque vnenre i l'AtH^tetiTie. I.a publicité de» oporalioni p m auaai itwt lim en Kraiiec ; et , «i la eon-
PIIU.OKOPHVQUF. 396
ches, quelque effort qu'ils tassent : ce sont ceux qui, situes aous un ciel rigoureux, ne peuvent avoir tout an plus que l'exact nécessaire. Le- citoyens n'y peuvent jouir des commodités de la vie qu'en les fesant venir de l'étranger à un prix qui est excessif pour eux. Donner à la Sibérie et au Kamtscbatka réunis, qui font quatre fois l'étendue de l'Allemagne, un Cjrrus pour souverain, un Solou pour législateur, nn duc de Sulli , un Colbert pour s irinlendans des finances, un duc de Cboiscul pour ministre de la guerre et de la paix, uu Anson pour amiral, ils y mourront de faim avec tout leur génie.
Au contraire , faites gouverner la France par nn fuu sérieux le) que Lass, par un fou plaisant tel que le cardinal Dubois, par des ministres tels que nous en avons vu quelquefois, ou pourra dire d'eux ce qu'un sénateur de Venise disait de ses confrères an roi Louis XII , à rc que prétendent les raconteurs d anecdotes. lx>uis XII , en colère , menaçait de ruiucr la republique : Je vous eo délie, dit le sénateur, la ebose me paraît impossible; il y a vingt ans que mes confrères *bnt tous les efforts imaginables pour la détruire , cl ils n'en ont pu venir à bout.
11 n'y eut jamais rien de plus extravagant sans doute que de créer une compagnie imaginaire du Mississipi qui devait rendre au moins cent po-ir un tout intéressé ; de tripler tout d un coup la valeur numexaire des espèces , de rembourser en papier chimérique les dettes et les charges de l'étal , ci de finir enfin par la dd'euac aussi folle que tyi atmi |i!^ i tout t citoyen de garder che* soi plus de cinq cents fnnc» «u or ou on argent. Ce comble d'estravugances étant inouï, le bou le versement fu: aussi grand qu'il pouvait l'être : obacun criait que c'en ctait fait de la l tance pour pinais. Au boul de dix ans il ny paraissait pas.
Un bou pays se rérablil toujours par lui-même , pour pce qu'il soit lolérablcmcnl régi : uu mauvais ne peut s'enrichir que par une industrie extrême et heureuse.
La proportion sera toujours la même entre l'Espagne, la l'Vanoe, l'Anglcicr-x! proprement dite, et la Suède (u). Ou coatple «.oiauiunéiueut vingt taillions d habitant eu i'tuuce, C ost peul-t U c trop. Ls Uris n'eu admet que «ept eu L\j>aguo, /.icois en donne huit «t l'Angleterre, on n'en aiirilvue pas cinq * 4s Suéde. LLap;tgMol (l'un portaul l'autre) a Li valeur dcqiialre-vingUde nos livres isJi 'penser p«i au. Le r'rançaiss mtill«ju« cultivateur, a cent vi ,'. livres. l'Anglais cent quatre- vingts, le «Sw.sroii c<*q»«tute. Si nous vouitous parler du I j»»<avM<vau , nt>.u. trouvenous qu'il n'a que ce qui! goene, par« i' quu «e n'est pas «en tercttearc «pii le ne trril «rt qui litnlidie. La liaalluede est* une foira continuelle «ki ji Y wiiio n'est riche que de sa propre iadusîrie, onde «r.-'.e4e wk» père.
Quelle énorme disprop-wlion eoèiv les rîsrtsiMes
b es du pailrnirnt ion» eux -mi' mes iuUTitsés a ce que ! •oit Gdèle i ses euga^meo* , d'nn nirtreoùaë, c»f i We» du parlement nul l<caucuup plus d'intérêt » ce que les finança soient mal admixistrcet que n'en peiiYrot avoir let mi-
(») (ren-.'.-«iire . si la 1 ^uhtion on l'ndmi is!r.irin i ne c «rnl point. C^r ta l-'rauce , ntuins penpK"e 1 1 nqioitioii «|n» l'Angl> irrrt, prêt «seruérir une population e>'h;; l"l »piua»e, t»
un Anglais qui a sept mille guiuécs de revenu absorbe la subsistance de mille persooncs. Ce calcul effraie au premier coup d'oeil ; mais au bout de l'année il a reparti ses sept mille guinées dans l'état, et ebacnn a eu à peu près son contingent.
En général l'homme coûte très-peu à la nature. Dans lindc, où les raias et les nababs entassent tant de trésors, le commun peuple vit pour deux sous par jour tout au plus.
Ceux des Américains qui ne sont sous aucune domination, n'ayant que leurs bras, ne dépensent rien : la moitié de l'Afrique a toujours vécu de même; et nous ne sommes supérieurs a tous ces hommes-là que d'environ quarante écus par an. Mais ces quarante écus fout une prodigieuse différence ; c'est elle qui couvre la terre de belles villes, et la mer de vaisseaux.
Cest avec nos quarante écus que Louis XIV eut deux cents vaisseaux , et bâtit Versailles. Et tant que chaque individu, l'un portant «'autre, pourra être censé jouir de quarante écus de rente, l'état pourra être florissant.
Il est évident que plus il y a d'hommes et de ri. chesscs dans un état , plus on y voit d'abus. Les froltemens sont si considérables dans les grandes ma chines , qu'elles sont presque toujours détraquées. Ces dérangemens font une telle impression sur les esprits, qu'eu Angle! erre, où il est permis à tout citoyen de dire ce qu'il pense, il se trouve tous les mois quel» que calculateur qui avertit charitablement ses compatriotes que tout est perdu , et que la nation est ruinée sans ressource. La permission de penser étant moins graude en France, on s'y plaint en contrebande; on imprimo furtivement, mais fort souvent, que jamais sous les enfans de Clotairc, ni du temps du roi Jean, de Charles VI , de la bataille de Pavie, des guerres civiles, et de la Saint -Barlbélemi, le peuple ne fut si misérable qu'aujourd'hui.
Si on répoud à ces lamentations par une lettre de cachet qui ne passe pas pour une raison bien légitime, mais qui est tres-péremptoire, le plaignant s'eu fiait en criant aux alguasils qu'ils n'en ont pas pour six semaines, et que Dieu merci ils mourront de faim avant ce temps-la comme les antres.
Bois-Guilbcrt. qui attribua si imprudemment son insensée Dîme royale au maréchal de Vauban, prétendait dan* sou Détail de la France, que le grand minrstr»! ('olbcrt avait déjà appauvri l'état de quinze cents millions, en attendant pis.
Un calculateur de notre temps, qui paraît avoir les meilleures intentions du monde, quoiqu'il veuille absolument qu'on s'cnivreaprcsla messe, prétend que les valeurs renaissantes de la France, qui forment le revenu de la nation, ne se montent qu'à environ quatre cents millions; en quoi il parait qu'il ne se trompe que d'environ seize cents millions de livre* à vingt sous la pièce, le marc d'argent monnayé étant à quarante-neuf livres dix. Et il assure que l'impôt pour payer les charges de JVtat ne peut être que de soixante ctquiu-c millions, dans le temps qu'il l'est de trois cents, lesquels ne suffisent pas a beaucoup près pour acquitter les dettes annuelles.
Une seule erreur dans tontes ces spéculations, dont le nombre e«f - s-considérable, ressemble aux erreurs commises dans les mesures astronomique» prises sur la terre. Deux lignes répondent à des espaces immenses dans le ciel.
C'est en France et en Angleterre que l'écouomic publique est le plus compliquée. On n'a pas d'idée d'une telle « Iministration dans le reste du globe, de puis le m ont Atlas jusqu'au Japon. Il n'y a guère qur eent trente a us que coirmença cet .art de rendre la moitié d'une nation débitrice de l'autre; de faire pa»» scr avec du papier les fortunes de main en main ; de rendre l'état créancier de 1 état; de faire un chaos de tout ce qui devrait être soumis à une règle uniforme. Cette méthode s'est étendue on Allemagne et en Hollande. On a poussé ce raffinement cl cet excès jusqu'à établir un jeu entre !c souverain et les sujets; et ce jeu est appelé loterie. Votre enjeu est de l'argent comptant ; si vous gagnez, vous obtenez des espèce» ou des rentes; qui perd ne souffre pas un grand don» mage. Le gouvernement prend d'ordinaire dix pour cent pour sa peine. On fait ces loteries les plus compliquées que l'on peut, pour étourdir et pour amorcer le public. Toutes ces méthodes ont été adoptées en Allemagne et en Hollande; presque tout état a été obéré tour à tour. Ce n'est pas trop sage; mais qui l'est? les petits qni n'ont pas le pouvoir de se ruiner.
ECONOMIE DE PAROLES Parler par économie.
Cbst une expression consacrée aux pères de l'église et même aux premiers instituteurs de notre sainte religion; elle signifie parler selon lt« temps et selon les lieux.
Par exemple (a) , saint Paul étant chrétien vient dans le temple des Juifs s'acquitter des rites judaique* pour faire voir qu'il ne s'écarte point de la loi mosaique; il est reconnu au bout de tept jours, c» accusé d'avoir profané le temple. Aussitôt ou le charge de coups, on le traîne eu tumulte ; le tribun de la cohorte, tiibunus cokorli\ ('.), arrive, et U fuit lier de deux chaînes (»■). Le lendemain ce tribun fait assembler le sanhédrin, et amène Paul devant ce tribunal; le graud-prftrc Annaniah commence par lui faire donner un souille! ( /) , et Paul I appelle muraille bl.uicl.ie ( ).
(a) Acli* des apAlrea, cliap. XXI.
(1>) Il n'y était pas j la viirite daut I» milic • romaine de tribun d.- cohorte, ti'ett romme «i on disait |wnm nous colonel d'une compagnie. I ci ~-»iUtions liaient à U «le de* cohortes, et les Irilmit» .'• U lùie des lc^ioui. Il y avait nok tribu» souvent dans une Wgion. Ils eommmiiJ»irnl alors tonrù tour, et étaient tubordou.ics les un* aux autres. I.'au.eur <lc» Acte» a utoiMblc- ■ueut entendu q:ie le Ui)>un bl marcher une colioit» .
(e)Ch«p. \M.
(<i; Un tnuluet. clirs le* peuples a> alir|i*rs, était nue punition ié^A:. I nciiri aujourd'hui .1 la Clrim-, et dans les pays audeli du ti»"gc, uu ouudan ne mi lioronw à une douzaine ce «millet*.
(ejGLap. XXIII,*. 3
Il me donna an soufflet; mais je lui dis bien son fait (•)•
(j) u Or, Paul sachant qu'une partie des juge* était composée de saducéens et l'autre de pharisiens, il s'écria : Je suis pharisien et fils de pharisien , on oe veut me condamner qu'a cause de l'espérance et de la résurrection des mort.i. Paul ayant ainsi parlé, il s'éleva une dispute entre les pharisiens et les saducéens, et l'assemblée fut rompue; car les saducéens disent qu'il n'y a ni résurrection, ni ange, ni esprit; et les pharisiens confessent le contraire. »
U est bien évident par le texte que Paul n'était point pharisien, puisqu'il était chrétien, et qu'il n'avait point du tout été question dans cette affaire ni de résurrection, ni d'espérance, ni d'ange, ni d'esprit
Le texte fait voir que saint Paul ne parlait ainsi que pour compromettre ensemble les pharisiens et les saducéens. C'était parler par économie, par prudence; «•'était un artifice pieux, qui n'eut pas été peut-être permis à tout autre qu'à un apôtre -
Ccst ainsi que presque tous les pères de l'église ont pari é par économie. Sîint Jérôme développe admirablement cette méthode dans sa lettre cinquantequatrième à Pammaque. Pesez ves paroles.
Après avoir dit qu'il est des occasions oh il faut présenter un pain et jeter une pierre, voici comme il
m Lisez, je vous prie, Démosthènes, lisez Cicéron; et si les rhétoriciens vous déplaisent parce que leur art est de dire le vraisemblable plutôt que le vrai , lisez Platon , Théophrasîc, Xcnophon, Aristote et tous ceux qui, ayant puisé daus la fontaine de Socrate, en ont tiré divers ruisseaux. Y a-t-il chez eux quelque candeur, quelque simplicité? quels termes chez eux n'ont pas deux sens? et quels sens ne présentent-ils pas pour remporter la victoire ! Origine , Métho Jius , Eusèbe , Apollinaire ont écrit des milliers de versets contre Cclse et Porphyre. Considérez avec quel artifice, avec quelle subtilité problématique, ils combattent lesprit du diable; ils disent non ce qu'ils pensent, mais ce qui est nécessaire. Non quod senliunt , sed quod necesse est liicunt.
«Je ne parle point des auteurs latins Tcrtullicn, <;yprien, Minutius, Viclorin , Lac tance, Hilaire; je ne veux point les citer ici ; je ne veux que me défendre; je me contenterai de vous rapporter l'exemple de l'apôtre saint Paul , etc. »
Saint Augustin écrit souvent par économie. Il se proportionne tellement aux temps et aux lieux que, dans une de ses opilrcs , il avoue qn'il n'a expliqué ta trinilé que parce qu'il fallait bien dire quelque ■ ho$e..
Ce n'est pas assurément qu'il doutât de la sainte •rinilé ; mais il sentait combien ce mystère est ineffable, et il avait vou'u contenter la curiosité du peuple.
Celte méthode fut toujours reçue en théologie. On emploie contre les eucratii|iic« un argument qui donnerait gain de cause aux carpocratiens: et, quand on
(•) Pouiceangnac . «rte 1". se uc G.
(/•) AA.cbip. XMII.t. G et M.iv.
dispute etuaûte contre les carpocratiens, on change ses armes.
Tantôt on dit que Jésus n'est mort que pour plusieurs , quand on étale le grand nombre des réprouvés ; tantôt on affirme qu'il est mort pour tous quand on veut manifester sa bonté universelle. Là vous prenot le sens propre pour le sens figuré; ici vous prenez le sens figuré pour le sens propre , selon que la prudence l'exige.
Un tel usage n'est pas admis en justice. On punirait un témoin qui dirait le pour et le coutre dans une affaire capitale : mais il y a une différence infinie entre les vils intérêts humains qui exigent la plus grande clarté, et les intérêts divins qui sont cachés daus un abîme impénétrable. Les mêmes juges qui veulent à l'audience des preuves indubitables approchantes de la démonstration, se contenterout au sermon de preuves morales , et même de déclamations sans preuves.
Saint Augustin parle par économie quand il dit . m Je crois parce que cela est absurde ; je crois parce que cela est impossible. » Ces paroles, qui seraient extravagantes dans toute affaire mondaine, sont trèsrespectables en théologie. Elles signifient : Ce qui est absurde et impossible aux yeux mortels, ne l'est point anx yeux de Dieu : or Dieu m'a révélé ces prétendues absurdités, ces impossibilités apparentes; donc je dois les croire.
Un avocat ne serait pas reçu à parler ainsi aa barreau. On enfermerait à l'hôpital des fous des témoins qui diraient : Nous affirmons qu'un accusé, étant ait
berceau à la Martinique, a tué un homme à P-iris; et nous sommes d autant plus certaiusde cet homicide, qu'il est absurde et impossible. Mais la révélation , les miracles, la foi fondée sur des motifs de cicdibihlé, •ont un ordre de choses tout diUércnl.
Le même saint Augustin ait dans sa Lettre cent cinquante- troisième : « Il est écrit (7) que le monde entier appartieut aux fidèles; et L»s infidèles n'ont pas une obole qu'ils possèdent légitiucincnl. u
Si, sur ce principe, deux dépositaires viennent m assurer qu'iU sont fidèles, et si en cette qualité ila me (ont banqueroute à moi misérable mondain , il est certain qu'ils scrout condamnés par le chàtclct et par le parlement, malgré toute l'économie avec laquelle saiut Augustin a parlé.
Saint Irénéc piélcnd ('/) qu i! ne but condamner ni 1 inceste des deux filles de Lo'.h arec leur père, ui celui de Thainar avec son bca:i-pt c , par la raison que la sain'c l criiurc ne dît pas cxprcssémint que celte action soit criminelle. Cette économie u'cinpOcitera pas qui' l'inceste parmi vous ne soit puni par les lois. Il est vrai jno, *t Lieu o/dciniait expressément à des filles tl'en^ciidrcr des cnf.ins avec leur père, non-seulement elles scrm'it inno< ci'tcs, mais elles deviendraient trcs-coup.iM -s < 11 n'obéissant pas.
{3) Cela wt <ciil cl^ns ;<s IVombei. elup. \VU; m»» ce net* que dan» U Induction (!.-» *r: .nlf . à I » lit toole l'égH»» t'en tenait alors.
(h) U*. IV, Chip. XXV.
Cost la où est l'économie d'Irirèe ; «on but très.
louabli est de faire respecter tout ce qui estdacaiej ■tinletécrilure* hébraïques : mais, comme Oku qui tes a dictées n'a donné nui éloge nus. filles de Lotit et « la bru de Juda, il est permis «c les condamner.
Te us los premiers chrétiens, sans etccpliot. , pensaient sur la guerre comme les essèmenset le* therapcuies , comme pensent et agissent aujourd'hui les primitifs appelas quakers, et les autres priwitits appuies Annkars, comme oui toujours pensé ot agi les bracmatics. Tcrtullicii est celui qui s'explique le plus fortement sur ces homicides légaux que notie abominabla nature a rendus nécessaires (/) : c II n'y a point de règle, poiut d'usage «|ui puissent rcodre légitime cet acte criminel. »
Cependant , après a>oir assuré qu'il n'est aucun chrétien qui puisse porter les armes, il dit par économie dans le même livre, pour intimider li'uip'- c romain ( ) : « Nous sommes J'bicr, et nous remplissons vos villes et vos armées. »
Cela n'était pas vrai, et ne fut vrai qun sous Constance-Chlore; mais l'économie exigeait que Tcrlullien exagérât, dans la vue de rendre ton parti redoutable.
C'est dans le même esprit qu'il dii(') que Pihte était chrétien dam le coeur. Tout ion Apologétique est plein de pareilles assertions qui redoublaient le scie des néophytes.
Terminons tous ces exemples du style économique, qui sont innombrables, par ce passage de saint Jérôme danf sa dispute contre Jovimen sur ks secondes noces ( //). « Si les organes de I? génération dans les hommes, l'ouverture de la femme, le fond de sa vulve, cl la différence des deux sexes toits l'un pour l'autre, montrent évidemment qu'ils sent destinés pour former des enfans, voici ce que je réponds : U s'ensuivrait une nous ne devons jamais cesser de faire l'amour, de peur de porter en vain des membres des iwés pour lui. Pourquoi un nrari s'abs tiendrait il de sa frsnme? pourtjnoi une veuve persévérerait-elle dans le veuvage, fi neirs sommes nés pour cette action comme les «i»trc* animrtix ?en quoi me nuira un hoaime q.ii «Touchera avec r-n femme? Certainement si \-sdeiits sont f.»ites pour r.ungcr, et potn faire passer dans l'-tfomac ceqt. elles o.it broyé ; s'il n'y a nul mal iju'nn homme donne du pain à manger a ma femme, il n'y en a pas davantage si, étant plus vigourenx que moi , il r kuise sa faim d'une auti manière, et qu'il me soulage de mes fatigues, puisque les génitoires sont faits pour jouir toujours de iour destinée. »
Ouoi:i«m ipu oraina et qtniialimm funumnut ditutt o, tlitet) liirulo iuW, ai lUtciftnAos i oa- Untloi firtu* e nJito. texut i fftrtnïtam jreetlicatit , fcoc brtviler rerp«ndeba. Suiujuim O'ijo ctstcnuu i Ub'diut, Pt fraHrà hu-
poriemut. Cur ?Aui
(i> l:« VAï.tne, rliap. XIX.- (roj lA.t.- i.
(kj Gliap. XXII
ukJ alms eotcahutrU? Qaomeià enim mnmltre, el in alvum ta duc mnl mania trarumitlet , Cl i habex tj une ri t <j/n i cni'ugi nue panent de dent- ùati mmttil i«n hoc tft officiant ut semptr fruantur natwâ §u4, mtam lauitudtncni atreriui vire t tuptrmt ; et tucarié , «t ita durrri.n , ardentinimam auiam (uriiula hhiéo raUnyuMt.
Après un tel passage, il est inutile d'en citer d'autres. Remarquons seulement que ce style économique, qui tient de si près an polémique , doft >Hre manié avec la plus grande circonspection , et qu'il n'appartient point aux profanes d'imiter dans leurs disputes ce que les saints ont hasardé , soit dans la chaleur de leur zèle, soit dans la naïveté de leur style.
ECROUELLES.
Ec&oitkuxs , scrofules, appelées humtirs froide*, quoiqu'elles soient très -caustiques; 1 me de ces maladies presque incurables nui défigurent le nature humaine, cl qui mènent à une mort prématurée par
les douleurs et par I injection.
On prétend que celte maladie fut traitée de divine, parue qu d n'était pas au pouvoir huiaaîu de la guérir.
l'eut-élrc quelques moines imaginèrent que de-, rois, eu qualité d'images de la divinité, pouvaient avoir le droit d'opérer la cure des scrofuleux , en les louchant de leurs mains qui avaient été ointes. Mais pourquoi ne pas attribuer a plus forte raison ce privilège aux empereurs qui avaient une dignité si supérieure a colle des rois? pourquoi ne le pas donner aux papes, qui se disaient les ma 1ms des ciupcr. -un, et qui étaient bien autre rbose que de simplet ioMges de Dieu , puisqu'ils en étaient les vicaires. 11 y a quelque apparence que quclqec senge-creux da Normandie, pour rendre l'usurpation de Guillaumcle-Dilard plus ix*spcclal)le, lui concéda de b part de Dieu la (acuité de guérir les ccroucUcs avec le bout du doigt.
C'est quelque temps après Guillaume qu'on trouve cet usage tout établi. On ua pouvait gratifier les rois d'Angleterre de ce don t>ir.icul<rux et le refuser aux rois de France leurs sumain*. Ceilt été blesser le respect cl il aux lois féodales. Enfui, on fit remonter ce droit à saint Edouard en Angleterre, el à Qovis eu France.
Le seul témoignage on pou croyable que nou* ayons de l'antiquité de cet usage ( ) , se trouve dan les écrits en faveur de la mai- on de Laucaslrc, corn posés par le chevilicr Je-"» Fortescur, sous le roi Heurt V I, recouitu roi de Fiance a Paris dans son berceau, et ensuite roi d \uelcl''irc, etqu' perdit ses deux royaume . Jean I oru-.seue , grand - chancelier d Angleterre , dit que, de temps imméinorial , les rois d'Angletcrro étaient eu possession de loucher le* gens du peuple malades des éci oublies. Ou ne voit pourtant pas que cette prérogative rendit leurs personnes plus sacrées daus las guerres de la Rose rouge et de la Rose blanche.
Les reines qui n'.'tiient q-jc femmes de rois ne guérissaient pas les ccrouelles, parce qu elles n'étaient pas oiules aux maius comme les rois ; mais
(«JAppeodis.i* VI.
Iftsabetb , retne de MB chef, et ointe, tes guérissait sans difficulté.
II arriva une chose assez r. iste à MortorîITo le Calabrais, qne nous nommons saint François de Paulc. Le rot Louis XI le fit venir au PIcssis-lcs-Tours pour te guérir des suites de son apoplexie : le saint arriva
Iptt fiit détendu jnm inftalwâ qu*M in parie înfer'ori qtn-* ttur litrlnr cîrcm guUur putùbutur. Cliirurgt décriant
Le saint ne guérit point le roi , et le roi ne guérit point le saint.
Quand le roi d'Angleterre .Taeq<i<»s II fut reconduit de Rochestcr à Wbitchall, on proposa de lui laisser faire quelque acte de royauté, comme de toucher les écrouclles; if ne se présenta personuc. 11 alla exercer sa prérogative en France, à Saint - Germai u, où il toucha quelques Irlandaises. Sa fille Marie, le roi Guillaume, la reine Anne, les rois de la maison de Brunswick ne guérirent personne. Celte mode sacrée passa, quand le raisonnement arriva.