‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 209 sur 551 · ÉLÉGANCE · texte numérisé non relu

ÉLÉGANCE

Ce mot, scion quelques-uns, vient il 'rlcrh'S. choisi. On ne voit pas qu aucun nuire mol latin puisse cire son étymologic : en effet , il y a cl ta choix dans tout ce qui est clivant. Lïiégancc est un résultat de la justesse et de I agrément.

On emploie ce mut dans la sculpture et dans la peinture. Ou oppo>:ut - , ; ,u .1 à itjnttm riqens ; une figure proportion m'e, dont les contours ar-

PHILOSOPHIQL'E.

If. Kawkes : toute* les grâces de l'origiual s'y retron* . II ne faut pas omettre qu'elle est en vers rimes, que les traduction* anglaises de Virgile et d'Homère. Les ver* blancs , dans tout ce qui n'est pas iratgedie, ne sont, comme disait Pope, que le partage de ceu* qui ne peuvent pas rimer.

Je ne sais si, après avoir parlé des églogues qui enchantèrent la Grèce et Rome, il sera bien convenable de citer une églogue allemande , et surtout une égloguc dont l'amour n'est pas le principal sujet ; elle lut écrite dans une ville qui venait de passer sous une domination étrangère.

Êglogue allemande.

HERN AND, DERNIN.

rendis étaient exprimés avec mollesse , à une ligure trop raide et mal terminée.

' La sévérité des anciens Romains donna à ce mot, elegantùtj un sens odieux. Ils regardaient I élégance en tout genre comme une affetciii , comme une politesse recherchée, indigne de la gravité des premiers temps : Pitii. non taudis fui> , dit Aulu-Gclle. Us appelaient un homme élégant à peu près ce que nous appelons aujourd'hui un petit- maître, h<lht hommuin, et ce que les Anglais appellent un bniu ; mais vers le temps de Cicéron , quand les mœurs curent re<;u le dernier degré de politesse, ctrg.ur était toujours une louange. Cicéron se sert en cent endroits de ce mot pour exprimer un homme, un discours poli; on disait même alors un repas élcaanl : ce qui ne se dirait guère parmi nous.

Ce terme est consacré en français, comme cbeti les anciens Romains, a la sculpture, à la peinture, à l'éloquence, et principalement à la poésie. U ne signifie pas, en peinture et en sculpture, précisément la même chose que grutx.

Ce terme gruce se dit particulièrement du visage , et on ne dit pas an visage ctégunt, comme i/r< coni-uri élégant ; la raison en est que la grâce a toujours quelque chose d'animé, et c'est dans le visage que parait l'Ame ; ainsi on ne dit pas une dénuirche ikgante, parce que la démarche est animée.

L'élégance d'un discours n'est pas l'éloquence , c'en est une partie ; ce n'est pas la seule harmonie , le seul nombre, c'est la clarté, le nombre et le choix des paroles.

U y a des langues en Europe dans lesquelles rien n'est si rare qu'un discours élé ant : des terminaisons rudes, des consounes fréquentes, des verbes auxiliaires nécessairement redoublés dans une même phrase, offi nsc.il l'oreille luCinedcs naturels du pays.

Un discours peut être élégant sans être un bon discours , l'élégance n'étant en effet que le mérite des paroles ; mais un discours ne peut être absolument bon sans être élégant.

L'élégance est encore plus nécessaire à la poésie que l'éloquence, parce qu cl!c est une partie de celte, harmonie si nécessaire tu* vent.

Un orateur peut convaincre, émouvoir même sans élégance, sans pureté, sans nombre. Un poème ne peut faire d effet, s il u'-rit 'légaut : c'est un des principaux mérites de Virgile. Hor*>ce est bien moins élagan' dans ses sa lires, dans ses ipîîrcs; aussi csl-il moins poète, erm«ui pr»\ànr.

Le grand point , dans la poésie et dans l'art oratoire, c'est que lïlégaucc ne fasse jamais tort à la force; et le poète, en cela comme dans tout le reste, a de plus grandes difficultés a surmonter que l'orateur; car I harmonie étant la hase île son art, il ne doit pas se permettre nu concours de syllabes rudes, il faut même quelquefois sacrifier un peu de la pensée a I élégance de I e\ pression : c'est une gêne que l'orateur n'éprouve jamais.

est » remarquer que, si l'élégance a toujours l'air f.icile, tout rc qui est facile et iKilniel n'est cependant pis élégant. Il n'y a rien de si facile, de si naturel que,

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Pourquoi cee worcoao« truquent;- ii s dVJégance ? C'est que cotte naïveté est t «t d'harmonie.

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Que ce soit aui rive» ptudj.iiuu»

: autres traits ont, a»oc d'autres mérites, celui de I élégant*.

On dit rarement d'une comédie, qaTadie est écrite éb'-gamiut-ni. La naïveté et *i rtpidùéd'*» dialogue familier excluent ce mérite, propre à toute antre poésie.

L'élégance semblerait l'air* tort au comique : on nr rit point d'une chose élégamment dite; cependant la plupart des vers de l' Amphytrion rfij Molière, excepte ceux de pure plaisanterie, sont oItroim. Le mélange des dieux et des hommes dans cette pièce antique en •on genre, et les vers irrégulicrsqui forment an grand nom lire de madrigaux , en sont peut-être la cause

Un madrigal doit bien plutôt être élégant qu'une èpigramine, parce que le madrigal r ient quoi que c boa r des atauces , et que lépigratnwc lient du comique ; l'un est fait pour exprimer un sentiment Hélical , et .■«être un ridicule.

Dans le sublime, il ne faut pas que l élégance se remarque ; «lie 1 affaiblirait. Si ou avait loué l'élégance du Jupiter-Olympien de l'hid as, c'eiH été eu •aire une satire. L'élégance de la Yéuusde Praxitèle pouvait être remarquée.

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