‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 208 sur 551 · EGLOGUE · texte numérisé non relu

EGLOGUE

Il semble qu'on ne doive rien ajouter à eo que M. le chevalier de Jaucour et M. Marmontel ont dit de l'égloguc dans le Dictionnaire encyclopédique; il foui, après les avoir lus, lire Tliéocritc et Virgile, et ne point faire d'églogues. Elles n'ont été jusqu'à présent parmi nous que des madrigaux amoureux , qui auraient beaucoup mieux convenu aux filles d honneur de la reine-mère qu'a des bergers.

L'ingénieux ronlcucllc, aussi galant que philosophe, qui n'aimait pas bs anciens, donne le plus de ridicule qu'il peut au tendre Théocrtte, le maitre de Virgile; il lui reproche une églogue qui est entièrement dans le goût rustique ; mais il ne tenait qu'à lui de donner de justes éloges à d'autres églogues qui respirent la passiou la plus naive, exprimée avec toute l'élégance et la molle douceur convenable aux sujets.

Il y en a de comparables a la belle ode de Sapho traduite dans toutes les langues. Que ne 1100$ donnait-il une idée de la Pharuiaci-otrcc imitée par Virgile, et non é.aléc peut-être? on ne pourrait pas en juger par ce morceau que je vais rapporter; mais c'est une esquisse qui fera connaître i« beauté du tableau à ceux dont le goût démêle la force lie l'original dans la faiblesse même de la copie.

R' inr des nniu. dis quel fat mon smomr; Cornue en mon »eia Irt <ri» m» et I» flamme ie «icrrdni-'iil, me perdaient «nu- j lour; Quels «loin transports égarèrent tooii Sine; Comment me* yrui clierdmtenl ni vnin le jour : llnuiiit j'aimais , rl sans snn;er a plaire, Je ne pouvais ni parler ni n e taire.... Hiiue dn> uuils. dis quel fut mon amour.

Mon amant vint. O momens ilélcrf ailles ! Il prit n es mai lis, lu le siis, lu te vis, Tn fus té» oiit île sr» » rm 1* ronpaliles, De 11 baivTS. de cens que ie reuJi» , t'es voliiptJ» dont je fus e. hrit.

Muiimhii riinm.aiis , passex-vons sans retour ? I>ii|il nis Irub I la fui qu'il m'a jutrô.

Ce n'est là qu'un l'tbuntil.on de ce Thi'ocrite dont Fonlcnelle lésait si peu de cas. Les Anglais qui nous ont donné des traductions en vers de tous les poète» aucie.is, en ont aussi une de Ihéocrilc; elle est de

CoMOumi-K>ui, Henund, l'astre de la nature Va Je not aquilon* tempérer la froidure; Le téplrrr à m champ* promet q.ielquet beaux

flou* n'egaleron* point lu Grèce et l'Autonie; flou* tomate* *an* prio tempe, *ana fleur» et aan* gtfnie ; tio* voix n'ont jamai* eu en son* aannonieux Qu'aux pasteur» de Sicile ont accordé- le* dieux.

Ke pouvons-nou» jamais, en lâtant leur* ou Surmonter l'ipreté dr no» climat* Huvar/i,

Ver» om coteaux du Rhin que no* »oin* «ùdoi Oui fa rot» à «'orner de» tnaor» de Bacchut?

Forçons le Dien de» ver», exile de la Urtee, A venir de nos chant» adoucir la rudesse, ffous connaissons l'amour, nous connaîtrons le» Ter* OrpVn'e éuùt de Tlirace ; il brava le* hiver* ;

11 polie son pavt ; il enl un roux empire Si» de» centra étonné» de céder a te* loi*.

HEXNASn.

On dit qu'il amollit le* «i^re» de *r» boit. Rumanii«roni-nott» le* loup* qui nom dcrhirrnl

Depuis qu'aux étrangers les devins nous toumirrnl , Df puis <jue l'etclava^e aflàitta nos e*prits, No* chants fiurnt eliajgr-* en Je lugubres cri*. D'un con mi* odieux l'intolenee uffàmée Vient ravir la mouton que nota» a» on* vmoe, Vteni décimer nue fruit» noire liil, no* troupeaux , C'cat pour lui que ma main couK iina ce» coteaux De» pampres coniol m» de l'»ir <nt J 'Ariane.

Si nous ntoiit non» p| indre, unir it»nt non* rondamoi Bous craiçnnn* de Rémir, son d -voron» no* pleure. Ah ! daiia la pauvreté, dan» lexc*» de* douleur* , Le snoven d'imiter Tl énerile • t VirgiV ! Il faut pour un camr tendre un c»prit pin* uanquiue. Le rotsiqnol tremJ.I nt den» »nn ol icur i rTéV ve point »a voit «on» le bec dn Fuyons, . mon rlvr Pernin. ce* malheur nue* rive» Poitixis no* r iilumeant et no» lir * plaintive» Aux bords de l'Adi ,o, loin des jeux de* lyran*.

El le reste.

Page 1