‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 214 sur 551 · ENCHANTEMENT · texte numérisé non relu

ENCHANTEMENT

Magie, location, tortïïége, etc.

Il n'est guère vraisemblable que toutes res abominables absurdilés viennent, comme ledit Pioche, des feuillages dont on couronna autrefois les téles d'isis et d'Osiris. Quels rapports ces feuillages peuvent-ils avoir avec l'art d enchanter des serpens, avec celui de ressusciter un mort, ou de tuer des hommes avec des paroles, ou d'inspirer de l'amour, ou de ineUmorphoser des bommns »n bfites.

Enchantcmeuî, inat*Uiti> , vient, dit-on, d'un mot chaldéen que les GrcM avaient traduit par cpôdi g •uonia , tlmiiMin prnbictricr. êncaulatio vient de Chaldée ! allons, les Bocbard, vous êtes de grand» voyageurs; vous allcid'ilalic en Mésopotamie en un clin d'tctl; vous courez chez, le grand et savant peuple hébreu; vous en rapporte* tous les livres et tous les usages; vous n'êtes point des charlatans.

Uuc grande partie des superstitions ahsurdcs ne doit-elie pas son origine à des choses naturelles? U n'y a guère d'anitt.anx ■in'oit n'accoutume a venir an son d'une musette ou d un simple. cornet pour recevoir sa nourriture. Orphée, ou quelqu'un de ses prédécesseurs, joua de la musette mieux que les autre* bergers; ou bien il se servit du chant. Tous les animaux domestiques accouraient a sa voix. Ou supposa bien vite que les ours .1 les tigres étaient de la parlie : ce premier pas ai.v meut fait, on n'eut pas de peine à croire que les Oi j.liécs fesaieut danser ie» pierres et les arbres.

Si on fait danser un b ilbt à des rochers et à de* sipius , il en conte peu de bâtir des villes eu cadence, le; pienes de lailL? vienne '"arranger d'elles* mêmes lorsque Amphfnu chant: il ne faul qu'un violon pour construire une ville -.-t un cornet a bouquin pour la détruire.

L'encli internent des serpens doit avoir une cause encore plus spécieuse, l e serpent n'est point un animal voracc et porté à unir •. To'if reptile est timide. Li première chose que fait un sei pcni (du moins en Europe) dès qu il voit un homme, c'est de se cacher dans un trou comme un lapin et un lé7ar.l. l 'instinct de l'homiiie est de cou ri ;iprès "ont ce ijui r enfuit et de fuir lui-même devant tout ce qui co^rl après lui, excepté quand il est armé, qu'il sent sa force et surtout qu'on le regarde.

Loin que le serpent soit avide de sang et de chair, il ne se nourrit que d herbe et passe un temps trèscon.sidérablc sans manger : s il avale quelques insectes , comme font les lézards , les caméléons , en cela il nous rcud service.

Tous les voyageurs disent qu'il y en a de trét»

Page 1