DICTION N AIR H
posés sans travail : Pimagf nation alors conçoit et enfante aisément. 11 n'en est pas ainsi dans les ouvrages didactiques; c'est là qu'on a besoiu d art pour paraître facile. Il y a, par exempte, beaucoup moins de facilité' que de profondeur dan* l'admirable Essai su: l'homme de Pope.
On peut faire facilement de très-mauvais ouvrages qui u'auront rien de gêné, qui paraîtront faciles, et c'est le partage de ceux qui ont, sans génie, la malheureuse habitude de composer. Ccst en ce sens qu'un personnage de l'ancienne comédie , qu'on ne italienne, dit à un autre :
Le terme de facile est une injure pour une femme, et est quelquefois daus la société" une louaugc pour uu homme-, c'est souvent un défaut dans un homme d'état.
Les moeurs d'Atticus étaient faciles; c'était le plus Aimable des Romains. La facile Cléopatre se donna à Antoine aussi aisément qu'à César. Le facito Claude se laissait gouverner par Agrippinc. Facile n'est là par rapport à Claude qu'un adoucissement; le mot propre est fiuhlr.
Un homme facile est en général un esprit qui se rend aisément à la raison , aux remontrances , un cœur qui se laisse tléchir aux prières : et faible est celui qui laisse prendre car lui trop d'autorité.
FACTIOH.
De ce qu'on entend par ce mot.
Le mot jirftîon venant du lalin factre, on l'emploie pour signifier Tétat d'un soldat à son poste, en faction ; les quadrilles ou les troupes des combattans dans le cirque ; les factions vertes, bleues, rouges et blanches.
La principale acception de ce ternie signifie un parti séditieux dans un état. Le terme de parti par lui-même n'a rion d'odieux, celui do {action l'est toujours.
Un grand homme et on médiocre peuvent avoir aisément un parti à la cour, dans l'armée, à la ville, dans la littérature.
On peut avoir un parti par son mérite, par la
et le
être chef de
part).
Le maréchal de Cattnat, peu considéré à la cour, s'était fait un grand parti dans l'armée saus y prétendre.
Lu chef de parti est toujours un chef de faction : tels Ont été le cardinal de Retz, Henri duc de Guise, et tant d'autres.
l'n parti séditieux, quand il est encore faible, quand il ne partage pas tout l'état, n'est qu'une faction.
La faction de César devint bientôt un parti dominant qui engloutit la république.
Quand l'empereur Charles VI disputait l'Espagno à Philippe V, il avait un parti dans ce rojaume, et enfin il n'y eut plus qu'une factien. Cependant on peu dire loujour» le parti de Charte* V\.
il n'en est]
eut long-temps un parti en France; on n qu'il eut une faction.
(Test ainsi qu'il y a des mots synonymes en plusieurs cas, qui cessent de l'être daus d'antres.