FANATISME
section ratuttXL.
C'est l'effet d'une fausse conscience, qui asservit la religion aux caprices de l'imagination et aux dérèglemens des passions.
Lu général , il vient de ce que nos législateurs ont eu des vues trop étroites, ou de ce qu'on a passé les bornes qu'ils se prescrivaient. Leurs lois n'étaient faites que pour une société choisie. Etendues parle tèlt à tout un peuple, et transportées par l'ambition d'un climat a l'autre, elles devaient changer et s'accommoder aux circonstances .les lieux et des personnes. Mais qu est-il arrivé? c'est que certains e*prils d'un caractère plus proportionne a celui du petit troupeau pour lequel elles avaient été faites , les ont reçues avec la même chaleur , en sont devenus les apôtres et même les martyrs, plutôt que de démordre d'un seul i> t •. Les autres, au coutrairc, moins ardens,ou plus attachés à leurs préjugesd éducation, ont lutté contre le nouveau ]oug, et n'ont consenti à l'embrasser qu'avec des adoucissemens; el de là le schisme entre les rigoristes et les mitigés, qui les rend tous furieux, les uns pour la servitude et les autres pour la liberté.
Imaginons une immense rotonde , un panthéon a mille autels, et placés au milieu du dôme; figuronsnous un dévot de chaque secte, éteinte ou subsistante, aux pieds de la Divinité qu'il honore à sa façon, sous toutes les formes bizarres que l'imagination a pu créer. A droite, c'est un contemplatif étendu snr une natte, qui attend, le nombril en l'air, que la lumièrccélestc vienne investir son âme. A gauche, c'est un énergumène prosterué qui frappe du front contre la terre pour eu faire sortir l'abouaancc. Là , c'est un saltimbanque qui danse sur la tombe de celui qu'il invoque. Ici, c'est un pénitent in- mobile et muet comme la statue devant laquelle il s'humilie. L'un étale ce que la pudeur cache, parce que Dieu ne rougit pas de sa ressemblance; l'autre '.'oile jusqu'à son visage , comme si l'ouvrier avait horreur de son ouvrage. Un autre tourne le dos au midi , parce que c'est là le vent du démon; un autre tend les bras vers l'orient , où Dieu montre sa face rayonnante. Des jeunes filles en pleurs meurtrissent leur chair encore innocente pour apaiser le démon de la concupiscence par des moyens capables de l'irriter; d'autres, dans une posture tout opposée, sollicitent les approches de la Divinité. Un jeune homme, pdur amortir ( instrument de la virilité, y attache des anneaux de fer d'un poids proportionne à ses forces; un tfufre arrête la tentation des sa source par une amputation toul-à-f.iit inhumaine, et suspend à l'autel les dépouilles de son sacrifice.
Voyons-les tous sortir dn temple, et pleins du Dieu qui les agile, répandre la frayeur «t l'Illusion sur la face de la terre. Ils se partagent le monde, et bientôt le feu s'allume aux quatre extrémités ; res peuples écoutent, et les rois tremblent. Cet empire que l'enthousiasme u'un seul exerce sur la multitude qui le voit ou l'entend , la chaleur que les esprits rassemblés so communiquent, tous ces mouvemens tumultueux, augmentés par te trouble de* chaque pari»-