‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 252 sur 551 · FAVEUR · texte numérisé non relu

FAVEUR

De ce qu'on entend par ce mot.

Favel'k , du mot latin /niw, suppose plutôt as» bienfait qu'une récompense.

On brigue sourdement la faveur; on mérite et OO demande hautement des récompenses.

Le dieu Fai tur. chez les m\ thologistes romains, était (ils de la Beauté et de la Fortune.

Toute faveur porte l'idée de quelque chose de gratuit; il m'a fait la laveur de n. 'introduire, do me présenter, de recommander moi. ami, de corriger mon ouvrage.

La faveur des princes est l'eflit de leur gout itile Is complaisance assidue; la faveur du peuple suppose quelquefois du méiite, cl ph's souveut uu hasard heureux.

Faveur diffère beaucoup de grâce. Cet homme est en faveur auprès du roi , et rependant il n'en a point «ncore obtenu de grâces.

On dit, il a<ètéreru en grâce; on ne dit point il a •été reçu en jnveur, quoiqu'on dise être en faveur : c'est que la faveur suppose un goût habituel; et que faire yruce, reeevnir en grâce, c'est pardonner, c'est moins que donner sa faveur.

Obtenir grâce est l'effet àVun moment; obtenir la faveur est l'effet du temps. Cependant on dit également, fnite^moilu grâce, faites-moi la faveur dereeo ni mander mon ami.

Des lettres de recommandation s'appelaient autrefois dt< lettre* de ftveur. Sévère dit dans ht tragédie idePolveucte,(act. H, se. I.)

Car Je voudrai* mourir plutôt que d'alraser Dra lettre* de faveur que j'ai ponr l'épouser.

On a la faveur, la bienveillance, non la grâce du prince cl du public. On oblient la faveur de son auditoire par la modestie : mais il ne vous (kit pas grâce, si vous êtes tiop long.

Les mois des gradue*, errii cl octobre, dans lesquels un collateur peut donner un bénéfice simple ai: gradué le moins ancien, sont des mois de faveur et de grâce.

Cette expression faveur, signifiant une bienveillance gratuite qu'on cherche à obtenir du prince ou du public, la galanterie l'a étendue k la complaisance des femmes; et quoiqu'on v. dise point, il a eu des laveurs du roi , on dit , il a eu les faveurs d'une dame.

L'équivalent de celte expression n'est point connu en Asie, où les femme» sont moins reines.

On appelait autrefois faveur.*, des rubans, des gants, des boucles, des nœuds d'épée, donnés par une dame.

Le comte d'Esses portait à son chspcau un gant de la reine Elisabeth, qu'il appelait faveur de la reine.

En On l'ironie so servit de ce mol ponr signifier les miles fâcheuses d'un commerce hasardé : faveurs de Vénus, faveurs cuisante*.

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