FAUSSETÉ
Faosseté est le contraire de la vérité. Ce n'est pas proprement le mensonge dans lequel il entre toujours du dessein.
On dit qu'il y a eu ccut mille hommes écrasés dans le tremblement de terre de Lisbonne; ce n'est pas un mensonge, c'est une fausseté.
La fausseté est presque toujours encore plus qu'erreur. La fausseté tombe plus sur les faits, l'erreur sur les opinions.
Ccst une erreur de croire que le soleil tourne autour de la terre ; c'est une fausseté d'avancer que Louis XIV dicta le testament de Charles II.
La fausseté d'un acte est un crime plus grand que le simple mensonge; elle désigne une imposture juridique, un larcin dit avec la plume.
Un homme a de la fausseté dans l'esprit, quand il prend presque *ouj')urs à gauche ; quand, ne consisidérant pas l'objet •:ntî'?r , il attribue à un coté de l'objet ce qui apparent à l'autre, et «ne le vice de jugement est tourné chez I ï en babi*ndc.
Il y a de la fausseté dons le cœur, quand on s'est accoutumé a llatter et a se pare- -'es scntiiuens qu'on
Ûtit. Mut*
n'a pas; cette fausseté est pire que la dissimulation, et c'est ce que les Latins appelaient imulatio.
Il y a beaucoup de fa-issctés dans les historiens, des erreurs chez les philosophes, des dans presque ton; les écrits polémiques, et plus dans les sitt>*:ques.
Les esprits fiux sont insupportables, et les cœurs faux sont en horreur.
Fausseté des vertus humaines.
Quand le duc de La Rochefoucauld eut écrit ses pensées sur l'amour-proprc, et qu'il eut mis à découvert ce ressort de I homme, un monsieur h^prit, de l'oratoire, écrivit uu livre captieux, intitulé : Ve la fausseté des vertu* humaine*. Cet Esprit dit qu U n'y a point de vertu ; mais par gr;ice il termine chaque chapitre en renvoyant a la charité chrétienne. Aussi , selon le sieur Espiit, ni Ca'on, ni Aris:ide, ni Marc- Aurélc, ni Êpjcièt • , n'étaient des gens de bien : mais ou n'en peut trouver que chez les chrétiens. Parmi les chrétiens il ny a de vertu que chez les catholiques; parmi les catholiques il fallait encore en excepter les jésuites, ennemis des oratoriens; partant la vertu ne se trouvait guère chez les ennemis des jésuites.
Ce M. Esprit commence par dire que la prudence n'est pas une vertu ; et sa raison est qu'elle est souvent trompée. Ccst cornu. e si ou disait que César n'était pas uu grand capiuice , parce qu il fut battu à Dyrrachium.
Si M. Esprit avait été philosophe, il n'aurait pas examiné la prudence comme une vertu , mais comme uu talent . comme une qualité mile, heureuse; car un scélérat pci'l être très-prudent, et j'en ai connu de cette espèce. O la rage de prétendre que Nul o'iuri de vtrtui qu* nous « dm amis.
Qu'est ce que la vcrt'J , mon ami ? c'est de faire du bien : fais-uous en, et cela suffit. Alors nous le ferons gr.icc du motif. Quoi ! selon toi , il n'y aura nulle différence entre le président de Thou cl Ravaillac ? entre Cicéron et ce Popilius auquel il avait sauvé la vie, et qui lui coupa la tflte pour de l'argent? et lu déclareras Epictète et Porphyre des coquins pour n'avoir pas suivi nos dogmes? Une telle insolence révolte. Je n'en dirai pas davantage , car je roc mettrais es» colère.