‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 263 sur 551 · FINESSE · texte numérisé non relu

FINESSE

Des différentes significations de ce mot.

Finesse ne signifie, ni au propre, ni au figure, mince, ht/ci , Ailic, d'une contextiire rare, f.riiiï ■ , tenue; ce terme exprime ijiiclquc chose de dcl.c. .. l de fini.

Uu drap léger, une toile lâche, une dentelle f.i l ie, un galon mince, ne sont pas toujours fuis.

Ce mot a du rapport avec ^lii : de h viennent le.; finesses de l'art ; ainsi ou dit la fmo <• du pinceau de Vanderwerf, de Mieris : ou dit uu - ./.rail )/ 1. de |\ . fin. un dituutnt fin. Le cheval fin et opposé au cheval grossier: le diamant fin au faux ; l'or fin ou affiné à l'or mêle il alliage.

La finesse se dit communément des choses déliées et de la légèreté de la main-d'œuvre. Quoiqu'on dise

vn cheval fin, on ne «Ht »mre la finesse d'un ch«?raL On «lit la finesse «les cheveux, «l'une dentelle, d'une Hotte. (Jiiand on vent, par ce mot, exprimer le défaut ou le mauvais emploi «le quelque chose , on ajoute l'adverbe fr«y . Ce fil s'est ca«é , il était trop (fin; celte étoffe est tro;> fine pour la saison.

La finesse, dans le sens figure, s'applique à la conduite, aux discours, aux ouvrages d esprit. Dans la conduite, finesse exprime toujours, romme dans les arts, quelque chose de délié; elle p«ul quelquefois subsister sans habileté : il est rare qu'elle ne soit pas raclée d'un peu de fourberie; la politique l'admet, et la société la réprouve.

Le proverbe des (hit ne: cou ucuir filUnnc, prouve que ce mot, au scus figuré, vient du sens propre de couture fine, A'èt«'t(e /inc.

La finesse n'est pas tout-à-fnit la subtilité. Ontcnd un piège avec finesse, on en échappe avec subtilité; on a une couduitc fine, on joue un tour subtil. On inspire la défiance, en employant toujours la finesse; on se trompe presque toujours sn entendant finesse atout.

La finesse dans les ouvrages d'esprit, coramedans la conversation, cousiste dans l'art de ne pas exprimer directement sa pensée, mais de lu laisser aisément apercevoir; c'est une énigme dont les geus d'esprit devinent tout d uu coup le mot.

Un chancelier aillant un jour sa protection an parlement, le premier près dent se tourna ni vers sa compagnie : Me w <ur> , dit-il, irnn-ii-L>n< M. le Chancelier , il «rut donne /•/«• que nous ne lui denv.mdons: c'est là une réponse très-fine.

la finesse dans la coim rsntion, dans les écrits, diffère de la délicatesse; lu première sVlend égnlcmeut aux choses pi(|iiantes et agréables, au bl.ime et à la louange même, aux cuoses même indécentes, couvertes d un voile, a travers lequel on les voit sans rougir.

Un dit des choses hardies avec lines?e.

La délicatesse exprime 'les senti mens doux et agréables, des lout-nges fines; ainsi la finesse convient plus a l'cpigrainine, 'a délicatesse an madrigal. Il eut e «!e la délicatesse dausles jalousies des amans; il n'y entre point de finesse.

Les louanges que donnait llespn'aux a Louis XIV ne si>nt pas toujours «gaiement délicate;.; ses satires ne .-.ont pus toujours assez fines.

Quand Iphigénic, dans Kaéine, a re;u l'ordre de son perc de ne plus revoir Achrile, «II» .-.écrie:

Dieux plu» di.ux. vous n'avez d»m»n I - 'pic nia vie!

( j'rlr \ , M ène I. )

l e véritable caractère de ce vrsest plutôt îa délicatesse que la fi ues se.

KLAÏTEME.

Je ne vois pas un monument de flatterie dans la haute antiquité; nulle (laiterie «Luis Hésiode ni dans Homère. l.eur$ cliititi ne sont point adresses à un Grec élevé en q:i"l<jne dignité, «ni n madame sa femme, comme eb;t<|ne chant des Saisons de Tbom- «oii est dédié a quelque riche, et comme tant d'epitre»

en Ter» oubliées, sont dédiées en Angleterre i de» hommes ou à des dames de considération, avec nn petit éloge et les armoiries du patron ou dclapatroOe à la téte de l'ouvrage.

Il n'y a point de fk.«crie dans Démosthènes. Cette façon de demander harmonieusement l'aumône commence, si je ne me trompe, à Pindare. On ne peut tendre la main plus empli atiqncmcnt.

Ches les Romains, il nie semble que la grande (laiterie date depuis Auguste. Ju'es-César eut a peine le temps d'être flatté. 11 33 nous reste aucune épîlrc dédicatorroà Sylla, à Mariuj, à Carbon, ni à leurs femmes, ni à leurs maîtrcsrcs. Je crois bien que l'on présenta de mauvais vers à Lucullus et a Pompée; mais, Dieu merci, nous n« 'es avons pas.

C'est un grand spectacle de voir Cicéron, l'égal de César en dignité, parler devant lui en avocat pour un roi de la Bithynie et de la petite Arménie, nommé Déjotar, accusé de lai avoir dressé des embûches, et d'avoir voulu l'assassiner. Cicéron commence par avouer qu'il est interdit en sa présence. Il l'appelle le vainqueur du monde, victorem orbii 'rrrarum. H le flatte; mais cette adulation ne va pas erecre jusqu'à la bassesse; il lui reste quelque pudenr.

C'est avec Auguste qu'il n'y a plus de mesure. Le sénat lui décerne l'apothéose de son vivaut. Cette flatterie devient le tribut ordinaire payé aux emperenrs suivans; ce n'est plus qu'un style. Personne ne peut plus étro flatté, quand ce que l'adulation a de plus outré est devenu ce qu'il y a de plus commun.

Nous n'avons pas eu en Europe de grands monumens de flatterie jusqu'à Louis XIV"; son père Louis XIII fut très-peu fêté; il u'est quesliou de lui que dans une ou deux odes de Malherbe. N l'appelle à la véri'é selon la cou'ume, »<« V /■ t.- ifoin.-l de» r»r , comme les poètes espagnols le disent au roi d'Espagne, et les poètes angl- is lauréats au roi d'Angle erre; mais la meUcure part des louanges est toujours pour le cardinal de l'.ii heiieu ,

De | an e lotite -undr r»l iinr ..me liatdie, <»>"i pratique si I ir i IVl do nous frrouiir.

pciiitu i|n'il «Ht iru. 110 1» n'avon* maladie Qu'il t» .cl.e goàfr f,).

Pour Lottis XIV, ce fut un déiigr- de ratteries. 11 ne ressemblait pus a celui qn on prétend avoir été étou(T': sous les feuilles Je «oses qn o1i lui if ait. Il ne s'en porta que mieux.

La flaferic, qu.iud elle a quelques prétextes nfntis:bles, peut n ê:rc pas aussi pernicieuse i;u'on le dit. Elle entourage quelquefois aux "rnudes rlio c*; mats l'excès est vicieux coiji.kc celui dp ht <:i'i; e.

La i ontaine a dit, et pré; end avoir dit a;<resEsop»:

I n n? |ienl lui. '1 u t «lui^ -oii«^ de 1 i-fso iiiea,

I en jeu . *n tu 11 nw rl «mi mi.

È»«|ie le dit il; j'y <on->->i« ipii >i .1 moi :

«*• mi, il in^iùiitt.-» lou o-n» n-<:>ura.

(Li»re I, fcihleMV.)

Esope n'a 1 i -n di de cc!;i , et on ne \ oit point qu'il ait é.alté aucun toi , ni .oiciiue t o c nli • • ,1 ne faut

(u) «rfte de ''a lieibe ' Il roi. • Il ur cl lier lu -elvlliou itt flueMni'.). M..ïs (».UM|'i»i hk: rlir.i ne gu< r^ail-il pas SUl- LeiiiC de la malad e tut Une .le» vers u pl«i«?

pas croire que les rois soient bien flattes de toutes les flatteries dont on les accable. La plupart ne vieoneut pas jusqu'à eux.

Une sottise fort ordinaire est celle des orateurs qui je fatiguent à louer un prince qui n'en saura jamais rien. Le romble de l'opprobre est qu'Ovide ait loué Auguste en datant de Ponto.

Le comble du ridicule pourrait bien se trouver dans les complimeus que les prédicateurs adressent aux rois quand ils ont le bonheur de jouer devant leur majesté. Au rcvuer.d , uïîrcitd perc GaiUm ,! , pruli- Mltur du roi: Ah! révérend père, ne prtchcs-lu que pour le roi ? es-tu comme le singe de la foire qui ne sautait que pour lui ?

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