‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 269 sur 551 · FORCE · texte numérisé non relu

FORCE

Ce mot a été transporté du simple au figuré. Force ae dit de Coûtes les parties du corps qui sont en mouvement, en action; la force du cœur, que quelquesuns out faite de quatre cents livres, et d'autres de trois onces; la force des viscères, des poumons, dj> la voix ; a force de bras.

Un dil par analogie faire force de voile, de rames,

rassembler ses forces ; connaître , mesurer ses forces; aller, entreprendre au-delà de ses forces; Je travail do l'Encyclopédie est au-dessus des forces de ceux qui •e sont déchaînés contre ce livre. On a Ion-; temps appelé (r>r<r de grands ciseaux; et c'est pourquoi dans les étals de la ligue on fit .inc estampe do l'ambassadeur d Espagne , cherchant avtt ses Itiiieltcs ses ciseaux qui étaient à terre, avec ce jeu de mot pour inscription : l ni yenln me force*.

Le stylo familier admet encore, fi/ce gens, force gibier, force fripons, force mauvais t.ïli>|uoi. On dit, à force de travailler, il s'est épuisé; le fti s'affaiblit à force de le polir.

La métaphore qui a transporté ce met dans la morale, en a fait une vertu cardinale. La force, en ce sens , est le courage de soutenir l'adversité c'. d'entreprendre des choses vertueuses et difficiles, animt (ortitiuto.

La force de l'esprit est la pénétration et la profondeur, iii'i' iiîi ri-. La nature la donne comme celle du corps : le travail modéré les augmente, et le travail outré les diminue.

La force d'un raisonnement consiste dan- une exposition claire des preuves mises dans tout leur ,our, et une conclusion juste; elle n'a point lien dans les théorèmes mathématiques, parce qu'une démonstration ne peut recevoir plus ou moins d'évidence, plus ou moins de force ; elle peut seulement procéder par un chemin plus long ou plus court, plus simple ou plus compliqué. La force du raisonnement a suitoul lieu dans les questions problématiques. La force de l'éloquence n'est pas seulement une suite de rai. «moemens justes et vigoureux , qui subsisteraient .tvec la sécheresse ; cette force demande de l'embonpoint , des images frappantes, des termes énergiques. Aiusi on a dit que les sermons de Uourdalouc avaient plus de force, ceux de Massillon plus de gréce. Des vers peuvent avoir de la force, et manquer de toutes les autres beautés. La force d'un ver» dans notre langue vient principalement de dire quelque dans chaque hémistiche :

Et monté sur It fiîte, il aspire a devin Jre

rCnna, acte II, «cène I.}

L'Éternel est son nom ; le monde e*t «oa ouvrage.

(Estiier.actem.teéM IV.)

Ces deux vers pleins de force et d'élégance sout I* meilleur modèle de la poésie.

La force dans la peinture est l'expression des muscles, que des touches ressenlie.» font rx>'a:"trc en action sous la chair qui les couvre. Il y a tiop de force quand ces muscles sout trop prononcés. Les attitudes des conibattans ont beaucoup de force dans les batailles de Constantin dcs*m*'«s par Raphaël et par Jules Romain, et dans celles d Alr-xandic peintes par Le Rruu. Lu force outrée est dure dsnî la peinture, ampoulée dans la poésie.

Des philosophes eut prétendu que la force est une qualité inhérente à la matière; que chaque particule invisible, ou plutôt monade , est douée d une .force active : mais il est aussi dillicile de demouirer cette assertion, qu'il e serait de prouver que la blancheur

est une qi-aliti' inlit-iviUc a la matière; comme le dit le Dictionnaire Je Trévoux à l'artielc Inhérent.

La force de tout animal a reçu son plus haut degré qu nul l'animal a pris toute sa croissance. Elle décroit quand les muscles ne reçoivent plus une nourriture égale ; et ccîîc nourriture cesse d'être égale quand les esprits animaux n'impriment plus à ces muscles le mouvement accoutume. 11 est si probable que ces esprits auimaux sont du feu, que le» vieillards manquent de mouvement , de force, mesure qu'ils manquent de chaleur.

FORNIC \TION.

Le Dictionnaire de Trévoux ilit que c*cst un terme de th'ologie. Il vient du mot latin /orni'r, petites chambres vou.écs dans lesquelles se tenaient les femmes publiques à Home. On a employé ce terme pour signifier le commerce les pei^onnn libres. Il n'est point d'usage dans la conversation, et n'est guère reçu aujourd'hui que dans le style marotique. La décence Ta banni de la chaire. Les casuisles eu fesaient un grand usage, et le dis iuguaient en plusieurs espèces. On a 'raditk p^r le mot de fornication les infidélités du peuple juif pour des dieux étrangers, parce que chez, tes prophètes ces infidélités sont appelées intimide > . >vui,'lurc*. Ccst par la même extension qu'on a dit que es Juifs avaient rendu aux faus dieux un hommage attultcrc,

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