FRANC OU FRANQ ; FRANCE, FRANÇOIS, FRANÇAIS
L'Itaue a toujours conservé son nom, malgré le prétendu établissement d'Lnée qui aurait dû y laisser quelques traces de la langue , des caractères et des usages de Phrygic, s'il était jamais venu avec Acatbc, Cloautc et tant d'autres , dans le canton de Rome alors presque désert. Les Gotbs, les Lombards, les Fraucs, les Allemands ou Germains, qui envahirent l'Italie tour-à-tour, lui laissèrent au moins son nom.
LesTyricns, les Africains, les Romains, les Vandales, les Yisigoths, les Sarrasins, ont été les maîtres de l'Espagne les uns après les autres; le uom d'i'.«- [khjiu est demeuré. La Germanie a toujours conservé le sien; clic a joint seulement celui d'Allemagne, qu'elle n'a reçu d'aucun vainqueur
Les Gaulois sont presque les seuls peuples d'occident qui aient perdu leur nom. Ce nom était celui de M'ait k ou Wutlch ; les Romains substituaient toujours un G au W qui est barbare; de Welchc ils firent G«//i, G<i//i7< . On distingua la Gaule celtique, la bclgique, l'aquitanique, qui parlaient chacune un langage différent (*).
Qui étaient et d'où venaient ces Franqs, lesquels, en très-petit nombre et en très-peu de temps, s'emparèrent de toutes les Gaules, que César n'avait pu entièrement soumettre qu'en dix années? Je viens de lire uu auteur qui commence par ces mots : /« Tranta dont nous rftwr» fon*. Hé, mon ami , qui vous
(•) Veyr. ïwtiet* Ijwgvm.
a dit que vous descendez tn droite ligne d'un Franc? Hildvic ou Clcdvic , que nous nommons ( lot i > , n'avait probabiement pas plus de vingt mille hommes mal vêtus et mal armés, quand il subjugua environ huit ou dix millions de Welches ou Gaulois , tenus en servitude par trois ou quatre logions romaines. Nous n'avons pas une seule mai on ti. France qui puisse fournir, je ne dis pas la moindre preuve, mais la moindre vraisemblance qu'elle ait nu Franc pour son origine.
Quand des pirates des bords de la mer Baltiqmvinrent, au nombre de sept ou huit mihc tout au plus, se faire donner la Normaudie en fief, et la Bretagne en arrière- fief , laissèrent-ils des archives par lequel les on puisse faire voir qu'ils sont les pères de tous les Normands d'aujourd'hui?
Il y a bien long-temps que l'on a eu que les Franqs venaient des Troyens. \ntniinti Marcellin ; qui vivait au quatrième siècle, dit ( ■) : « Selon plusieurs anciens écrivains, des trou nés des Troyens fugitifs s'établirent sur les bords du Rbin alors désert. « Passe encore pour Euéc, il pouvait aisément chercher uu asile au bout de la Méditerranée; mais Francus, fils d'Hector, avait trop de chemin à faire pour aller vers Dusseldorp, Woruis, Uilz, Aldvcd, Solra, Errciibrcistein, etc.
FréJcgairc ne doute pas que les Franqs ne se fussent d'abord retirés en Macédoine , et qu'ils u aient porté les armes sous Alexandre , après avoir combattu sous Priam. Le moine Olfrid en fait ou compliment à l'empereur Louis le Germanique.
Le géographe de lia, enne, moins fabuleux, assigne la première habi ation de la horde des Franqs parmi les CimLrcs, au delà de l'Elbe, vers la mer Baltique. Les Franqs pourraient bien être quelques restes de ces barbares Cimbrcs défaits par M anus; et le savant Leilmitz est de celte opinion.
Ce qui est bien certain, c'est que du temps de Constantin il y avait au delà du Rbiu des hordes de Franqs ou Sicambrcs qui exerçaient le brigandage. Ils se rassemblaient sous des capitauie de bandits, sous des chefs que des historiens ont eu le ridicule d'appeler mt» : Constantin les poursuivit lui-même dans leurs repaires, en fit pendra plusieurs, en livra d'autres aux bêles dans l amphiihéàtrcdcTrévespour son divertissement: deux de leurs prétendusrois nommés Ascaric et Ragaise périrent par ce supplice ; c'est sur quoi les panégyristes de Constantin f otasient, el sur quoi il n'y avait pas tant à se récrier.
La prétendue loi salique, écrite, dit-on, par ces barbares, est une des plus absurdes chimères dont on nous aie jamais bercés. 11 serait bien étrange que les Francs eussent écrit dans leurs marais un code considérable, et que les Français n'eussent eu aucune coutume écrite qu'à la fin du règne de Charles VU. Il vaudrait autant dire que les Algonquius et les Chicach ts avaient une loi par écrit. Les hommes ne sont jamais gouvernés par des loisauthentiques consignées dans les monumens publics, que quand ils ont été
(«}Lhn*Xll
rassemblés dans des villes, qu'ils ont eu une police réglée, des archives, et tout ce qui caractérise une nation civilisée. Dés que vous trouves un code daus une nation qui était barbare du temps de ce code, qui ue vivait que de rapine et de brigandage, qui n'avait pas une ville fermée, soyez très-surs que ce code est suppose, et qu'il a été (kit dans des temps très-postérieurs. Tous les sophismes , toutes les suppositions n'ébranleront jamais cette vérité dans l'esprit des sages.
Ce qu'il y a de plus ridicule, c'est qu'on nous cette loi salique en latin, comme si des sauins au delà du Rhin avaient appris la langu < latine. On la suppose d'abord rédigée par Clovis, et ou le fait parler ainsi :
Lorsque la natUn illustre des Francs était encore répuUc barbare, les premiers de cette nation dictirent la loi salique. On choisit parmi eux quatre des principaux, Fi-ogast, Bodoga-st, Sologasl, et Findogast}etc.
Il est bon d'observer que c'est ici la fable de L : Fontaine :
Kotre magot prit pow ce coup
Lt nom d'an pon pour un nom d'borom».
(Livre IV, fable Vn.)
Ces noms sont ceux de quelques cantons francs dans le pays de Worms. Quelle que soit l'époque où les coutumes nommées loi salique aicut été rédigées sur une ancienne tradition, il est bien certain que les Francs n'étaient pas de grauds législateurs.
Que voulait dire originairement le mot Fraaq ? Une preuve qu'on n'en sait rien du tout, c'est que cent auteurs ont voulu le deviner. Que voulait dire Hun, Alain, Goth, Welche, Picard? Et qu'importe .'
Les armées de Clovis étaient-elles toutes composées de Francs? Il n'y a pas d'apparence. Cbîldéric le Franq avait fait des courses jusqu'à Tournai. On dit Clovis fils de Childéric et de la reine Batine sa femme. Or Bazin et Bazinc ne sont pas assurément des noms allemands, et an n'a jamais vu la moindre preuveque Clovis fui leur fils. Tous Icscaiiionsgcriraius élisaient leurs chefs; et le canton des I ranqs avait sans doute élu Clovic ou Clovis, quel q-ic fut sou père. 11 lit son expédition dans les Gaules, comme tous les autres barbares avaient entrepris les leurs daus l'empire romain.
Croira-i-on de bonne foi que l'Hérulc Odo , sur- Acct par les Romains, cl connu parmi nous i le uora d'Odoacre. n'ait eu que des Hérulcs à sa suite , et que Gcnséric n'ait conduit en Afrique que des Vandales? Tous les misérables sans profession et sans talent , qui n'ont rien à perdre et qui espèrent gagner beaucoup , ne se joignent-ils pas toujours au premier capila ne de voleurs qui lève l'étendard de la destruction?
Dès que Clovis eut le moindre succès, ses troupes furent grossies sans doute de tous les Belges qui voulurent avoir part au butin; et cette armée ne s'en appela pas moins Wumce des Francs. L'expédition était Irès-aiséc. Déjà les Visigoths avaient envahi un tiers des Gaules, et les Burgundicns un autre tiers. Le reste ne tint pas devant Clovis. Les Francs
»iit. mit.
gèrent les terres des vaincus, et les Welches les la-
Alors le mot Franq signifia possesseur libre, tandis que les autres étaieut esclaves. De là vinrent les mots de franchise et d'affranchir: Je vous fais franq, je vous rends homme libre. De là francalenus , tenant librement; fiunq alett, franq dad . franq chamen , et tant d'autres termes moitié latius, moitié barbares qui composèrent si long-temps le malheureux patois dout on se servit en France.
De là un franq eu argent du en or, pour exprimer la monnaie du rot des Franas, oc qui n'arriva que long-temps après, mais qui .ippclai; l'origine de la monarchie. Nous disons c.icore t><n^t francs , vingt /(. jc , et cela ne signifie rien par soi-rj.éme; cela ne donne aucune idée ni du poids ni du titre de l'argent; ce n'est qu'une expression vague par laquelle les peuples ignorans ont presque toujours été trompés, uc sachant en effet combien ilsrccevaicni, ni combien ils payaient réellement.
Charlcmagnc ne se regardait pas comme un Franq ; il était né en Austrasic,ct parlait la largue allemande. Son origine venait d'Arnould , crique de Metz, précepteur de Dagobert. Or, 'in homme choisi pour précepteur n'était pas probà'oîement un Franq. Ils faisaient tous gloire de la plus profonde ignorance, et ne connaissaient que le métier des armes. Mais ce qui donne le plus de poids à l'opinion que Charlemagno regardait les Franqs nomme étrangers à lut, c'est l'article IV d'un de ses Capitulaircs sur ses métairies: « Si les Franqs, dit-il, commettent quelques délits dans nos possessions, qu'ils soient jugés suivaul leurs lois. »
La race carlovingicnne passa toujours pour allemande; le pape Adrien IV, dans sa lettre aux archevêques de Maicncc, Je Cologne et de Trêves, s'exprime en ces termes remarquables : « L'empire fut transléré des Grecs aux Allemands. Le roi m. fut empereur qu'après avoir été couronné par le pape.... Tout ce que l'empereur possède, il le tient de nous. El, comme Zacharic donna l'empire grec aux Allemands, nous pouvons donner celui des Allemands aux Grecs. »
Cependant la France ayant é».é partagée en orientale et en occidentale, et l'orientale étant l'Austrasie, ce nom de France prévaU't au point que, même du temps des empereurs s ix.cn s, la cour de Conslanlinople les appelait toujours prétendu* empereurs franq* , comme il se voit dans les lettres de l'évéquc Liiitpraud, envoyé de Home à Conslantiuoptc
lh la nathn {raiir,ù.c.
LonsQi'c les Francs s'établirent dans le pays des premiers Welches, que les Romains appelaient G il lia , la nation se trouva composée des anciens Celtes ou Gaulois subjugues par César, des familles romaines qui s'y étaient établies, des Germains qui y avaient déjà fait des émigrations, et enfin des Francs qui se rendirent maîtres du pays sous leur chef Clovis. Tant que la monarchie qui réunit la Gaule et la Germanie subsista , tous les peuples, depuis la source du Véser jusqu'aux mers des Gaules, portèren: le nom d*
franc*. Mais lorsqu'en 843 > au congrus tic Verdun, sous Charles le Chauve , la Germanie « la Gaule furent séparées, le nom de Franc resta aux peuples de la France occidentale, qui retint seule le nom de
France
On ne connut guère le nom de Framni que vers le dixièmo siècle. Le fond de la nation est de familles gauloises, et les traces du caractère des anciens Gaulois ont toujours subsisté.
En effet , chaque peuple a son caractère comme chaque homme; et ce caractère général est formé de toutes les ressemblances que la nature et 1 habitude Ont mises entre les babitans d*un n.cmc pays, au milieu des variétés qui les distinguent. Ainsi It caractère, le g' nie, l'esprit français, militent de ce que les dilnreircs provinces de ce royaume ont entr* elles de semblable. Les peuples 4c la Gi;<cnnc et ceux de la Normandie dîfi'érent beaucoup; cependant or reconnaît en eux le génie français, qui forme une nation de ces différentes provinces, et j.ù les distingue des Italiens et des Allemands. Le climat et lî soi impriment évidemment aux hommes, comme aux animaux et aux plantes , des marques qui ne changent point. Celles qui dépendent du gouvernement, de la religion, de 1 éducation , s'altèrent. C'est I. ic nœud qui explique comment !;;s peuples ont perdu une part iode leur ancien caractère et conservé l'autre. Un peuple qui a conquis autrefois la moitié de la terre n'est plus reconnaissablc aujourd hui sous un gouvernement sacerdotal : mais I* fond de sou ancienne grandeur d'âme subsiste encore, quoique cache sous la faiblesse.
Le gouvernement barbare des Turcs a énervé de même les Egyptiens et les Grecs, sans avoir pu détruire le fond du caractère ot la trempe de l'esprit de Ces peuples.
Le fond du Français est tel aujourd'hui que César a peint le Gaulois, prompt a ;e résoudre, ardent à combattre , impétueux dans l'attaque , se rebutant aisément. César, Agalhias et d'autres disent que de tous les Barbares le Gaulois était le plus poli. Il est encore, dans le temps le plus civilisé, le modèle de la politesse de ses voisins, quoiqu'il montre de temps eu temps des restes de sa légèreté , de sa pétulance ot de sa barbarie.
Les habilans des cotes de la France forent toujours propres à la marine : les peuples de le Cuienne composèrent toujours la meilleure inf»n»e-ie : ceux qui habî:eut les campagnes de Rlois et de Tours ne sont pas, dit le Tasse,
. . . Gtntt n husta , o fal:eotn , Sebhtn tnlt<r di /, tro elle rihtet.
l a tma n otU, 1 I cta, e ttileltou Simili a te gli a'nlulur preduct.
(Ucra*, Uh. C I, M Ga.)
Mais comment concilier le caractère des Parisiens de nos jours avec celui que l'empereur Julien, le premier des princes et des hommes après Marc-Aurèlc, donne aux Hai t iens de son temps ? « J'aimo ce peuple, dit-il dans son Misnpogon, parce qu'il est sérieux et sévere comme moi. » Ce sérieux qui sem-
mcnoNNAii"
Ne banni aujourd'hui d'une ville immense, devenue le centre des phiisirs , devait régner dans une ville alors pe'ite, dénuée d amusement : l'esprit des Parisiens a changé en cela , malgré le climat.
ailiuenco «lu peuple, I opulence, l'oisiveté, qui ne peut s'occuper que des plaisirs ot des arts, et non du gouvernement , ont donné un nouveau tour d'esprit a un peuple entier.
Comment expliquer encore par quels degrés oe peuple a pass des fureurs qui le caractérisèrent du temps du roi Jean . du Charles V I , d* Charles IX , de Henri Ul , de Henri IV même, a colle douce facilité de uuuu:s que I imrope chérit en lui ? Cesl que les Orages <iu ^ouvcniemeiit et « eux de la religion poussèrent la vivacité des esprits aux oniportcniens de h) faction et du fanatisme, et que ',etle même vivacité , qui subsistera toujours , n'a aujourd'hui pour objet que les agn mens de la société. Le Parisien est impétueux dans ses plaisirs comme il le fut autrefois dans ses fureurs. las fond du juractere qu'il tient du climat , est toujours le m.'-mc. S'il cultive aujourd hui ton» les arts dont il fu; privé si long-temps, ce n'est pas qu'il ait un autre esprit, m-iqu'il n'a point d'autres Organes ; mais c'est qu'il a -vt plus de secours ; et ces secours, il ne se les est pas donués lui-même, comme les Grecs et les Florent ns, chez qui les arts sont nés comme dos fruits naturels de hnir terroir : le Français les a reçus d'ailleurs; mais •< a cultivé heureusement ces plantes étrangères ; et , ayant tout adopté chez lui , il a presque tout perfectionné.
Le gouvernement des Français fut d'nhord eelui de tous les peuples du nord : tout se réglait dans las assemblées générales de la nation ; les rois étaient les chofj de cos assemblées ; et ce fui presque la seule administration des Frauçais daus les deux premières races, jusqu'à Charles le Simple.
Lorsque la monarchie fut démembrée, dans la décadence de la race cariovingicune ; lorsque le royaume d'Arles s'éleva, et que les provinces furent occupées par des vassaux p^u dépendant de la couronna, le nom do Français fut plu» restreint ; sous Hugues Capot, Robert, Henri et Philippe, on n'appela Français quo les peuples eu deçà de la Loire. On vit alors une grande diversité dans les mœurs , comme dans les lois des provinces demeurées à la couronne de France. Les scigmiirs particuliers qui s'étaient rendus les maîtres de ses provinces, introduisirent de nouvelles coutumes dpus U-urs nouveaux éta s. Un Bietou, un Flamand , >nt aujourd'hui quelque conformité, malgré la diffère ne; i'c leur caractère, qu'ils tiennent du sol et du "lima', mais alors
ils n'avaient entre eux presque rien de semblable.
Ce n'est guère que depuis François I que l'on vit quelque uniformité dans les mœurs ctdaiiï les usages. La cour ne commença que dans ce temps a servir de module aux provinces réunies; mais en général, l'impétuosité dans la guerre, et le peu de discipline, furent toujours le caractère domiinttt de '<i nation.
La galanterie et la politesse commencèrent .i distinguer les Français sous Frauçois I. l es mœurs devinrent atroces depuis la mort de François 11. Cependant, au milieu de ces horreurs , il y avait ioujwu» à
riUIjOSnPHiQUE.
la cour une politesse que les Allemands et les Anglais s'efforçaient d'imiter. On était déjà jaloux des Français dans le reste de I Europe , on cherchant a leur ressembler. Un personnage d une comédie de Shakespeare dit qu'.f ItlUtC /<)<•< cfl jll(t etic poli snm
avoir été à la o ur de l'i.nu r.
Quoique la nation ait été taxée de légèreté par César et tous les peuples voisins , cependant ce royaume, si loug temps démembré ci si souvent près de succomber, s'est réuni et soutenu principalement par la sagesse des négociations , l'adroite et la patience, mais surtout par la division cîe l'Allemagne et de l'Angleterre. La Bretagne n'a été réunie au royaume que par un mariage ; la Wourgogne par droit de mouvance et par l'habileté de !-OuisXî; le Dauphiné , par une donation <|ui fut le fruit de la politique ; le comté de Toulouse, par un accord soutenu d'une armée; la Provence, par /le l'argent. Un traité de paix a dontié l'Alsace ; un autre traité a donné la Lorraine. Les Anglais oui été chassés de Frauce autrefois, malgré les v'etoires les plus signalées, parce que les rois Je France ont su temporiser cl profiler de tontes les occasions favorables. Tout cela prouve que, si la jeu -esse ''. tnçaisc est légère, les hommes d un iîge mûr uni la gouvernent ont toujours été très-sages. Encorï oijourd'liui la magistrature , en général , a des mœurs sévères , comme du temps de I empereur Julien. Si les premiers succès en Italie , du temps de Charles VIII , furent dus à l'impétuosité guerrière de la nation, les disgrâces qui les suivirent vinrent de l'aveuglement d'une cour qu: D'élu it composée que de jouîtes gens. Frauçois 1 ne fut malheureux que dans sa jeunesse , lorsque tout était gouverné par des favoris de son à^e ; et il rendit ton royaume florissant dans un âge plus avanoé.
Les Français se servirent toujours des mêmes armes que leurs voisins, et eurent a peu près la même discipline dans k guerre, liront été les premiers qui ont quitte* l'usage de la lance et des piques. La bataille d'Ivry commença a décrier l'usage des lances, qui fut bientôt aboli; et sous Louis XIV les piques ont été oubliées. Ils portereut des tuniques et des rai us jusqu'au seizième siècle. Ils quittèrent sous Louis le Jeuuc l'usage de laisser croître la bm be et le reprirent sous François 1 ; et ou ne commença à se raser entièrement que sous Louis XI V. Les habillcmens changèrent toujours; et les Français, au bout de chaque siècle, pouvaieul prendre les portraits de leurs aïeux pour des portraits d'él rangers.