FROID
Ve ce qu'on entend par ce terme dans les belle»' lettres et dans les beaux-arts.
DlCTIOfîHAIRE
Os dit qu'un morceau Je poésie , d'éloquence, 04 musique, an Ublcau même , est (raid quand on attend daus ces ouvrages une expre^iua animée qu'on n'y trouve pas. Les autres arts ue sa»: pas si susceptibles de ce défaut. Ainsi l'architecture, la géométrie, la logique, la métaphysique, «oui ce qui a pour unique mérite la justesse , ne peut Être ni t ecauffe , ni refroidi. Le Ublcau de la famille de Darius , pcial par Mignard, est très- froid en comparaison du tt- Licau de Le Brun, parce qu'on ne trouve point danr les perso ii nages de Mignard, celle mSœo affliction que Le Brun a si vivement exprimée sur le visage et dans les attitudesdes priucesscs persanes. Une statue m4ne peut être froide. On doit voir la crainte et l'horreur daus les traits d'une Andromède , l'effort de tous les muscles, et une colère mêlée d'audace dans l'a et sur le front d'un Hercule qui soulève Antc'c.
Dans la poésie, dans l'éloquence, les grands vcmens des passions deviennent froids quand ils v>n» exprimés en termes trop communs et dénués d'imagination. C'est ce qui fait que l'amour, qui est si vif dans Racine , est languissaut dans Campirtroo soi imitateur.
Les sentimens qui échappent à une âme qui veut les cacher, demandeut au contraire les expressions les plus simplos. Rien n'est si vif, si animé que ces vers du Cid : «Va , je ne te bais point ... tu le dois. . . je ne puis. » Ce sentiment deviendrait froid, s'il était relevé rar des termes étudiés.
Cesl par cette raison que rien n'est si froid que 1« style ampoulé. Un héros daas uitc tragédie dit qu'il • essuyé une tempête, qu'il a vu périr sou ami dana cet orage. Il touche, il intéresse, s'il parle avec douleur de sa perte, s'il est pins occupe Ot son ami une de tout le reste. Il no touche pom;,il devicul froid, s'il tait une description de la tempête, s'il parle de source de jeu bouillonnant sur les eaux , et de la (oudre «ni gronle et qui frappe à silton\ rediublês la terre et Vott.lc, Ainsi le style froid vient ♦an»ôt de U stérilité, tantôt de I intempérance des idées, souvent d'uno diction trop commune, quelquefois d'une diction trop recherchée.
L auteur, qui n'est froid que parc* qu'il est vif à coo're-leiups, peut corriger ce défaut d'une imagination trop abondante: mais celui qui est froid « parce <ju il inauque d'iuic, n'a pas de quoi se cerriger. Ou peut modérer son feu, on no camsit cr acquérir.