FRAGMENT
L* dogme de ïiraraorUlilé de l'Ame est l'idée la plus consolante, et en même temps la plus réprimame q„e 1 esprit humain ait pu recevoir. Cette Lelle philosophie était chez les Egyptiens aussi ancienne que leurs pyramides : elle était avant eux connue chez les Perses. J'ai déjà rapporté ailleurs cette allégorie du premier Zoroasîrc, citée daus le Sadder, dans laquelle Dieu fit voir à Zoroastvc un lieu de châtiment., te] que le Dardarot ou le Kéron des Egyptiens, l'IIadès et le Tartare des Grecs, quo nous n'avons traduit qu'imparfaitement dans nos langues modernes par le mot enfer, souterrain. Dieu montre à Zoroaslre, dans co lieu de châtiment, tons les mauvais rois. Il y en avait un auquel il manquait un pied : Zoroastre en demanda la raison ; Dieu lui répondit
qoe ce roi n'avait fait qu'une bonne action en' sa vie,
en approchant d'un coup de pied une auge qui n'était
pas assez près d'un pauvre âne mourant de faim.
Dieu avait mis le pied de ce méchant homme dans le
ciel ; le reste du corps était en enfer.
Cette fable, qu'on ne peut trop répéter , fart voir
de quelle antiquité était l'opinion d'une autre vie.
Les Indiens en étaient persuadés , leur métempsycose en est la preuve. Les Chinois révéraient les âmes de leurs ancêtres. Tous ces peuples avaient fondé de puissans empires long-temps avant les Egyptiens. C'est une vérité très-importante, que je crois avoir déjà prouvée par la nature même du sol de l'Egypte. Les terrains les pins favorables ont dû être cultivés les premiers; le terrain d'Egypte était le moius praticable de tons, puisqu'il est submergé quatre mois de l'année : ce ne fut qu'après des travaux immenses, et par conséquent après un espace de temps prodigieux, qu'on vint à bout d'élever des villes que le Nil ne put monder.
G* empire ancien l'était donc bien moins que les empires de l'Asie; et dans les uns et dans les autres on croyait que l'âme subsistait après la mort. U est vrai que tous ces peuples, sans exception, regardaient l ame comme une forme ethérée, légère, une image du corps; le mot grec qui signifie souffle, ne fut long temps après inventé que par les Grecs. Mais enfin on ne peut douter qu'une partie de nous-mêmes ne fût regardée comme immortelle. Les cbâtimens et les récompenses dans une autre vie étaient le grand fondement de l'ancienne théologie.
Pliéricidc fut le premier chez les Grecs qui ernt que les Ames existaient de toute éternité , et non le premier comme on l'a ern, qui ait dit que les Ames survivaient aux corps. Ulysse, long- temps avant Phéricide, avait vu les âmes des héros dans les enfers; mais que les âmes fussent aussi anciennes que le monde, c'était un système né dans l'Orient, apporté dans l'Occident par Phéricide. Je ne crois pas que nous ayons parmi nous un seul système qu'on ne retrouve chez les anciens; ce n'est qu'avec les décomde l'antiquité que nous avons élevé tons nos
SECTION XI
Ce serait une belle chose de voir son «me. Cm* nais-toi toi-même est un excellent précepte, mais ir n'appartient qu'A Dieu de le mettre en pratique : quel autre que lui peut connaître son essence?
Nous appelons Ame ce qui anime. Nous n'en savons guère davantage , grâce aux bornes de notre intelligence. Les trois quarts dit genre humain ne vont pas plus loin , et ne s'embarrassent pas de l'être pensant, l'autre quart cherche; personne n'a trouvé ni ne trouvera.
Pauvre pédant , tu vois une plante qui végète, et tu dis végétation , ou même urne végétative. Tu remarques que les corps ont et donnent du mouvement , et tu dis farce; tu vois ton chien de chasse apprendre sous toi son métier, et tu cries instinct, dme <ensitwe ; tu as des idées combinées , et tu dis esprit.
Mais de grâce, qu'entends-tu par cas mots : Cette fleur végète? mais j a-t il un être recl qui s'appelle tfégàation? Ce corps en pousse uu autre; nuis posaède-t-il en soi uu être distinct qui s'appelle ftrec ' Ce chien te rapporte une perdrix; mais y a-t -il uu être qui s'appelle instinct? Ne rirais -tu pas d'un raisonneur (eût-il été précepteur d'Alexandre) qui te dirait : Tous les animaux vivent, donc il y a en eux un être, une forme substantielle qui est la vie.
Si une tulipe pouvait parler, et qu'elle te dît : Ma végétation et moi nous sommes deux Êtres joints évidemment ensemble ; ne te moquerais-tu pas de la tulipe ?
Voyons d'abord ce que tu sais, et de quoi tu es certain : que tu marches avec tes pieds ; que tu digères par ton estomac ; que tu sens par tout tou corps , et que tu penses par ta tète. Voyons si ta seule raison a pu te donner assez de lumières pour conclure sans un secours surnaturel que tu as une Ame.
Les premiers philosophes, soit chaldécus, soit égyptiens, dirent : 11 dut qu'il y ait eu nous quelque chose qui produise nos pense es; ce quelque chose doit ûtre tris-subtil, c'est un souille, c'est du feu, de l'élher, c'est une quintessence, c'est un simulacre léger, c'est une entéléchic, c'est uu nombre, c'est une harmonie. Enlin, selon le divin Platon, c'est un compose! du même cl de l'autre. Ce sont des atomesqui pensent en nous, a dit Êpicurc après Dcmocritc. Mais, non ami , comment un atome pcnse-l-il ? avoue que tu n'en sais rien.
L'opiuion à laquelle on doit s'attacher sans doute, c'est que l'âme est un être immatériel; mais certainement vous ne concevez pas ce que c'est que cet être immatériel? Non, répondent les savaus; mais noui savons que sa nature est de penser. Et d'où le savezvous ? Nous le savons, parce qu'il pense. O savansî j'ai bien peur que vous ne soyez aussi ignora us qu Epicurc; la nature d'une pierre est de tomber, parce qu'elle tombe; mais je vous demande qui la fait tomber ?
Nous savons, poursuivent ils, qu'une pierre u'a point d'Ame. D'accord , je le crois comme vous. Nous savons qu'une négation et une affirma lion ne sont point divisibles, ne son/ point des parties de la matière. Je suis de votre avis. Mais la matière, à nous d'ailleurs inconnue, possède des qualités qui ne sont pas matérielles, qui ne sont pas divisibles; clic a la gravitation vers un centre que Dieu lui a dounéc. Or cette gravitation n'a point de parties, n'est point divisible. La force motrice des corps n'est pas un *trc composé de parties. I-a végétation des corps organisés, leur vie, leur instinct, ne sont pas non plus des êtres à part, des êtres divisibles; vous ne pouvez pas plus couper en deux la végétation d'une rose, la vie d'un cheval, l'instinct d'uu chien, que vous ne pourrez couper en deux une sensatiou, une négation, une affirmation. Votre bel argument, tire de l'indivisibilité de la peusée, ne prouve donc rien du tout.
Qu'appelez-vous donc votre âme ? quelle idée en avez- vous ? Vous ne pouvez par vous même , sans révélation , admettre autre chose en vous qu'un pouvoir • vous inconnu de sentir , de penser.
A présent , dites-moi de bonne foi , ce pouvoir de aontsr et de penser est- il le même que celui qui vous (ait digérer «t marcher; vous m'avouez que aoa , car il votre entendement aurait beau dire ■ votre estomac : digère, il n'en fera rien s il est malade ; en vain votre
ils resteront Là s'ils ont la goutte.
Les Grec» eut bien wnii que La pensée n'avait souvent rien à faire avec le jeu «Ve nos organes ; ils ont admis pour ces organes. une imc a uuuale , et pour Les pensées nue âme plus une , plus subtile , un naàvs.
Mais voilà cette Ame «le la peauëe, qui en mille occnsKuu a 1 intendance »nr l'âme animale. L'Ame peusante oonamandc à sus mains de prendre , ot elle s prennent. Elk> ne dit point à son cœur de battre, a son sang de couler, A son chyle de se former; tout cela se lait sans elle : voila dcua Ames bien emhai rassics et bien peu maîtresses à la maison.
Or cette première Ame animale n'existe certainement point, elle n'est antre chose que le mouvement !j de vos organes. Prends garde, o homme! que tu n'as plus de preuve par ta faible rnison q«c l'autre Ame existe. Tu ne peux le savoir que par la foi. Tu es né , tu agis , tu penses , tu veille* , m dors , sans savoir comment. Dieu t'a donné la faculté de penser, comme il l'a donne tout le reste ; et , s'il n'était pas veau Rapprendre dans les temps marqués par sa providence que tu as une Ame knmaiérwdle et immortelle , tu aven aurais aucune preuve.
Voyons les oeaux systèmes que ta philosophie a fabriqués sur ces âmes.
Lun dit que l'âme de l'homme est partie de la substance de Dieu même; l'autre, qu'elle est partie du grand tout ; un troisième , ««'cite est créée de tome éternité; un quatrième, qu'elle osl foileet non créée ; d'autres assurent que Dieu lus larme a ntesure qu'on en a besoin, et qu'elles arrivent à I instant de la copulation; elles au logent dans les animalcules séminaux , crie celui-ci ; non , dit celui-là , elles voot habiter dans les trompe.»* de Eallopc. Vous avez tous tort , dit un survenant ; l'âme attend six semaines que le foetus soit formé, et alors elle prend possession de la glande pinéale : mais si elle trouve uu faux germe , elle s'en retourne, en attendant une meilleure occasion. La dernière opinion est que sa demeure est dans le corps calleux , c'est le poste que lui assigue La Peyronnic; il fallait être premier chirurgien du. roi de France pour disposer ainsi du logement de i'àme. Cependant son corps calleux n'a pas f.iit la même fortune que ce chirurgien avait faite.
Saint 1 bornas, dans sa question -> et suivantes, dit que l'âme est une forme subsistant'; j>cr se. qu'elle j est toute en tout, que son essence diffère de sa puissance, qui! y a trois <mcs végétatives, savoir : la nutritive, Yaagmentative , la géw-rativv; que la lut'moirc des choses spirituelles est spirituelle, et la mémoire des corporelles est corporelle ; que l'âme raisonnable est «ne forme immatérielle quant aur opérations , et matérielle quant a Vitre. Saint Thomas a écrit deux mille pages de cette force et de cette clarté ; au<si est-il l'ange de l'école.
(Mon pas mit niotsu de systèmes sur la manière
(SA UICIT
oont cette âme sentira quand elle aura quitté son corps avec lequel elle sentait ; comment clic entendra sans oreilles , flairera sans nez , et touchera sans mains ; quel corps ensuite elle reprendra , si c'est celui qu'elle avait à deux ans ou à quatre-vingts ; comment le moi, l'identité de la même personne subsistera ; comment l'âme d'un homme devenu imbécile à l'âge de quinze ans, et mort imbécile à l'âge de soixante et dix , reprendra le fil des idées qu'elle avait dans son âge de puberté ; par quel tour d'adresse une «me , dont la jambe aura clé coupée en Europe , et qui aura perdu un bras en Amérique , retrouvera cette jambe et ce bras, lesquels, ayant été transformas en légumes, auront passé dans le sang de quelque autre animal. On ne finirait point si on voulait rendre compte de toutes les extravagances que cette pauvre âme humaine a imaginées sur ellemême.
Ce qui est très-singulier , c'est que dans les lois du peuple de Dieu il n'est pas dit un mot de la spiritualité et de l'immortalité de lime, rien dans le Vècaloguc, rien dans le LéviOque, ni dans le Dcutcronome.
11 est très-certain , il est indubitable que Moïse en aucun endroit ne propose aux Juifs des récompenses et des peines dans une autre vie , qu'il ne leur parle jamais de l'immortalité de leurs «mes, qu'il ne leur fait point espérer le ciel , qu'il ne les menace point des enfer»; tout est temporel.
Il leur dit avant de mourir , dans son Deuléronome : « Si, après avoir eu des enfans et des petitscnfitns, vous prévariqiicz, vous serez exterminés du pays, et réduits à un petit nombre dans les nations.
« Je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères jusqu'à la troisième et quatrième génération.
« Honorez père et mère afin que vous viviez longtemps.
« Vous aurez de quoi manger s?.ns en manquer jamais.
« Si vous suivez des dieux étrangers, vous serez détruits
« Si vous obéissez, vous aurez de la pluie au printemps ; et en automne, du froment, de l'huile, du vin , du foin pour vos bêtes, afin que vous mangiez et que vous soyez soûls.
« Mettez ces paroles dans vos cœurs , dans vos mains, entre vos yeux; écrivez-les sur vos portes, afin que vos jours se multiplient.
« Faites ce que je vous ordonne sans y rien ajouter ni retrancher.
:« S'il s'élève un prophète qui prédise des choses prodigieuses, si sa prédiction est véritable, et si ce qu'il a dit arrive, et s'il vous dit : Allons, suivons des
dieux étrangers tuez-le aussitôt, et que tout le
peuple frappe après vous.
« Lorsque le Seigneur vous aura livré les nations , égorge* tout sans épargner un seul homme , et n'ayez aucune pitié de personne.
« Ne mangez point des oiseaux impurs, comme l'aigle, le griffon, l'ixion, etc.
# Ne mangez point des animaux qui ruminent et
dont l'ongle n'est point fendu , comme chameau , Uèvrc, porc-épic, etc.
a En observant toutes les ordonnances, vous serez béois dans la ville et dans les champs ; les fruits de votre ventre , de votre terre , de vos bestiaux , seront bénis
« Si vous ne gardez pas toutes les ordonnances et toutes les cérémonies, vous serez maudits dans la ville et dans les champs vous éprouverc? la famine , la pauvreté ; vOus mourrez de misère , de froid . de pauvreté, de fièvre ; vous aurez la rogne , la gale ,
la fistule vous aurez des ulcères dans les genoux
et dans les gras des jambes.
» L'étranger vous prêtera à usure, et vous ne lui
prêterez point à usure parce que vous n'aurez
pas servi le Seigneur.
« Et vous mangerez le fruit de votre ventre, et la chair de vos fils et de vos filles, etc. »
Il est évident que dans toutes ces promesses et dans toutes ces menaces il n'y a rien que de temporel, et qu'on ne trouve pas un mot sur l'immortalité de lame et sur la vie future.
Plusieurs commentateurs illustres ont cru que Moïse était parfaitement instruit de ces deux grands dogmes, et ils le prouvent par les paroles de Jacob qui, croyant que son fils avait été dévoré par les bètes, disait dans sa douleur : Je descendrai m ec mon (ils dan* la (ossc, in infernum (Genèse, chap. XXXVII, v. 35), dans l'enfer, c'est-à-dire , je mourrai , puisque mon fils est mort.
Ils le prouvent encore par des passages d'Isaïe et d'Ezéchicl; mais les Hébreux auxquels parlait Moïse ne pouvaient avoir lu ni Ezéchiel ni Isaie , qui ne vinrent que plusieurs siècles après.
Il est très-inutile de disputer sur les sentimens secrets de Moisc. Le fait est que dans les lois publiques il n'a jamais parlé d'une vie à venir, qu'il borne tous les chUimens et toutes les récompenses au temps présent. S'il connaissait la vie future, pourquoi n'a-t-il pas expressément étalé ce dogme? et, s'il ne l'a pas connue, quel était l'objet et l'étendue de sa mission? C'est une question que font plusieurs grands personnages ; ils répondent que le maître de Moïse et de tous les hommes se réservait le droit d'expliquer dans son temps aux Juifs une doctrine qu'ils n'étaient pas en état d'entendre lorsqu'ils étaient dans le désert.
Si Moisc avait annoncé le dogme de l'immortalité de l'âme, une grande école des Juifs ne l'aurait pas toujours combattue. Cette grande école des saducéens n'aurait pas été autorisée dans l'état; les *aducéens n'auraient pas occupé les premières charges; on n'aurait pas tiré de grands pontifes de leur corps.
Il parait que ce ne fut qu'après la fondation d'A • lexandric que les Juifs se partagèrent en trois scetca: les pharisiens , les saducéens cl les esséniens. L'historien Josèpbc , qui était pharisien , nous apprend au livre treize (chap. IX) de ses antiquités, que les pharisiens croyaient la métempsycose : les saducéens croyaient que l'âme périssait avec le corps : les esséniens, dit encore Josèphe, tenaient les âmes immortelles; les âmes, selon eux, descendaient en forme aérienne dans les corps , de la plus haute région de
fair; elles y sont reportées par un attrait violent; et, après la mort, celles qui ont appartenu à des gens de bien demeurent au-delà de l'Océan, dans un paya où il n'y a ni chaud, ni froid, ni vent, ni pluie. Les ■mes des mechans vont dans nn climat tout contraire. Jelle était la théologie des Juif».
Celui qui seul devait instruire tons les hommes vint condamner ces trois sectes; mais sans lui nous n'aurions jamais pu rien connaître de notre âme, puisque les philosophes n'en ont jamais eu aucuuc idée déterminéo, et que Moise, seul vrai législateur du monde avant le nôtre , Moïse qui parlait à Dieu face à face, a laissé les hommes dans une ignorance profonde sur ce grand article. Ce n'est dor e que depuis dix -sept cents ans qu'on est certain de l'existence de l'âme et de son immortalité.
Cicéron n'avait que des doutes; son petit-ills et sa petite -fille purent apprendre la vérité des premiers Galilécns qui vinrent à Rome.
Mais avant ce temps -là, et dopuis dans tout le reste de la terre où les apôtres ne pénétrèrent pas , chacun devait dire à sou âme : Qui es-tu ? d'où vienstu ? que fais-tu ? où vas-tu ? Tu es je ne sais quoi , pensant et sentant; et, quand tu sentirais et penserais cent raille millions d'années, tn n'en sauras jamais davantage par tes propres lumières , sans le secours d'un Dieu. «
O homme! ce Dieu t'a donné l'entendement pour te bien conduire , et non pour pénétrer dans l'essence des choses qu'il a créées.
Cest ainsi qu'a pensé Locke, et avant Locke , Gassendi, et avant Gassendi, une foule de sages : mais nous avons des bacheliers qui savent tout co que ces grands hommes ignoraient.
De cruels ennemis de la raison ont osé s'élever contre ces vérités reconnues par tous les sages. Ils ont porté la mauvaise foi et l'impudence jusqu'à imputer aux auteurs de cet ouvrage d'avoir assuré que l'âme est matière. Vous savez bien , persécuteurs de l'innocence, que nous avons dit tout le contraire. Vous avez dû lire ces propres mots contre Epicure, Dcmocrite et Lucrèce : Mon ami, comment un atome pense-t-il ? avoue eue tu n'en »a« rien. Vous êtes donc évidemment des calomniateurs.
Personne ne sait ce que c'est que l'être appelé esprit . auquel même vons donnes ce nom matériel d'esprit qui signifie vent. Tous les premiers pères de l'église ont cru IMroc eprporelle. Il est impossible à nous autres rtresbornésde savoir si notre intelligence est substance ou faculté : nons ne pouvons connaître à fond ni l'être étendu , ni l'être peusant , ou le mécanisme do la pensée.
Ou vous crie , avec les respectables Gassendi et Locke, que nous ne savons rnn par nous-mêmes des secret» du Créateur. Êtes -vous donc des dieux qu; savez tout ? On vous répète que nous no pouvons connaître la nature et la destination de l'âme que parla révélation. Quoi! cette révélation ne vous suffit-elle pas ? Il faut bien que vous soyez ennemis de cette révélation que nous réclamons, puisque vous persécutez ceux qui attendent tout d'elle, et qui ne croient qu'en elle.