GÉOGRAPHIE
La géographie est une de ces sciences qu'il faudra toujours perfectionner. Quelque peine qu'on ait prise, il n'a pas été possible jusqu'à présent d'avoir une description exacte de la terre. Il faudrait que tous les
souverains s'entendissent et se prêtassent des secours mutuels pour ce grand ouvrage. Mais ils se sont njgaque toujours plus appliqués à ravager le monde qu'à le mesurer.
Personne n'a encore pu faire une carte exacte de la haute Egypte, ni des régions baignées par la mer Rouge, ni de la vaste Arabie.
Nous ne connaissons de l'Afrique que ses côteit tout l'intérieur est aussi ignoré qu'il l'était du tempe d'Atlas et d'Hercule. Pas une seule carte bien détaillée de tout ce que le Turc possède en Asie. Tout y est placé au hasard, excepté ouelqucs grhi.dcs villes dont les masures subsistent encore. Dans les états du grand-mogol , la position relative d'Agra et de Delhi est nn peu connne; mais de là jusqu'au royaume de Golconde tout est placé à l'aventure.
On sait * peu près que le Japon s'étend en latitude septentrionale , depuis environ le trentième degré jusqu'au quarantième; et si l'on se trompe, ce n'est que de deux degrés, qui font environ cinquante lieues : de sorte que, sur la foi de nos meilleures cartes , un pilote risquerait de s'égarer ou de périr.
A l'égard de la longitude , les premières cartes des jésuites la déterminèrent entre le cent cinquante septième degré , et le cent soixante et quinze ; et aujourd'hui on 1a détermine entre le cent quarante- sic et le cent soixante.
La Chine est le seul pays de l'Asie dont on ait une mesure géographique, parce que l'empereur Cam-bi employa des jésuites astronomes pour dresser des cartes exactes; et c'est ce que les jésuites ont fait de mieux. S'ils s'étaient bornés i mesurer la terre, ils ne seraient pas proscrits sur la terre.
Dans notre occident, l'Italie, la France, la Russie, l'Angleterre , et les principales villes des autres états, ont été mesurées par la même méthode qu'on a employée à la Chine; mais ce n'est que depuis très-peu d'années qu'on a formé en France l'entreprise d'une topographie entière. Une compagnie tirée de l'académie des sciences a envoyé des ingénieurs et des arpenteurs dans toute 1 étendue du royaume, pour mettre le moindre hameau, le plus petit ruisseau, les collines, les buissons à leur véritable place. Avaut ce temps la topographie était si confuse, que la vciiie de la bataille de Fontenoi on examina toutes lea cartes du pays, et ou u'en trouva pas une seule qui ne fut entièrement fautive.
Si on avait donné de Versailles un ordre positif à un général peu expérimenté de livrer la bataille , et de se poster en conséquence des cartes géographiques, comme cela est arrivé quelquefois du temps du ministre Chamillart , la bataille eût été infailliblement perdue.
Un général qui ferait la guerre dans le pays des Uscoqucs, des Morlaques, des Monténégrins , et qui n'aurait pour toute connaissance des lieux que les cartes, serait aussi embarrassé que s'il se trouvait au milieu de l'Afrique. ,
Heureusement on rccliBc sur les lieux ce que les géographes ont souvent tracé de fantaisie da cabinet.
Il est bien dificile, en géographie comi
DICTION N Affl E
Taie , de Connaître le monde sans 'sortir de chez -soi.
Le litre de géographie le pins comtotm en Europe Vît cclni dHobncr.'On le met entre les rotins de tous les enfans depuis Moscou jusqu'à la source du Rhin; fes jeunes gens ne se forment dam toute l'Allemagne rça* par la lecture dFHubucr.
Vous trouvez d'abord dans ce litre que Jupiter devint amoureux d'Europe traite cents années juste avant Jésus-Christ.
lui, il n'y a en Europe ni chaleur trop arc, ni froidure excessi.e. Cependant on a vn dans quelques étés les hommes mourir de l'excès de ehaud ) et se froid est souvent si terrible dans le nord de la Suède et de la Russie , que le thermomètoe y est descendu jusqu'à trente-quatre degrée au dessous de la glace.
Uunncr compte 00 Europe environ tix^ntc millions d'habitaos; c'est se tromper de plus de soixante et dix millions.
11 dit que l'Europe a trois meres-langucs , comme •'il y avait des mères-langues, et comme si chaque peuple n'avait pas toujours emprunté mille ; de ses voisins.
quou ne peut
en Europe une
lieue de terrain qui ne soit habitée; mais dans la Russie, il est encore des déserts de trente à quarante lieues. Le désert des landes de Bordeaux n'est que trop grand. J'ai devant mas yeux quarante Uenw de montagnes couvertes de neige éternelle, sur lesquelles il n'a jamais passé ni nn homme, ni même
Il y a encore dans la Pologne des marais de cinquante lieues d'étendue, au milieu desquels sont de misérables îles presque inhabitées.
Il dk que le Portugal a du levant au couchant eeut lieues de France ; cependant on ne trouve qu'environ cinquante de uos lieues de trois mille pas géo-
i en croyez Hutaer, le roi de France a too*jeurs quarante miHo Suisses à sa sohle; mais le fait est qu'il n'en a jamais eu qu'environ onze mille.
Le ohiteau de Noire-Dame de la Garde, près de Marseille, lui parait une forteresse importante et presque imprenable. 11 n'avait pat wri cette belle <pp*
Ge
A qui luffit pour tottie gardt Un évitât avec h balloba-de Paint (ur la porto du chat< m.
( Vorage de Bachaumou et de Chapelle.)
Il donne libéralement à la ville de Rouen trois ; fontaines publiques. Rome n'en avait que : cinq du temps d'Auguste.
On est bien étonné quand on voit dans Hubner que la rivière de l'Oise reçoit les eaux de la Serre, de la Somme, do l'Authie et de la Cancho. L'Oise coule à quelques lieues de Paris ; la Sarre est en Lorraine, près de la Basse- Alsace , et se jette dans la Moselle, au-dessus de Trêves. La Somme prend sa sourco près de Saint-Quentin , et se jette dans la mer au-dessous d'Abbcvillc. L'Autbie et la Cancbe sont des ruisseaux qui n ont pas plus de
avec l'Oise quenVn ont la Somme et ta Sarre. Il fxrnt
qu'il y ait la quelque faute Je l'éditeur,, car M n*e»t
11 donne la petite principauté de Fois: a i de Bouillon qni ne la possède pas.
L'autour admet la fable<deJa royauté o'VvetOL-il
vrages de géographie, nomme «m les copie tous le» jours à Paris., ut c'est ainsi qu'on nous redonne tous les joursd aiicieaneserreuMavecuus uWnouveausw Il ne manque pas de dire que l'on conserve à fthe>des un soulier de la sainte Vierge , comme on conserve dans la ville du Pasy en Vélaj le incarnée dtr son Gis.
Vous ne trouverez pas .moins de contes sur les Turcs que sur le* chrétiens. U dit que les Tunes
les possédaient toutes.
Qu'Amurat II, à la bataille de Varna, tira de son. sein l'hostie consacrée qu'on lui avait donnée a» gages, et quHl demanda vengeance i cette hostie d* la perfidie des chrétiens. Un Turc, et un Turc dévot comme Amurat II , faire sa prière i une bestial il tir* le traité de son sein, il demanda vengeauce à Die»* et l'obtint de son sabre,
U assure que le czax Pierre I sa fit patriarche. Il abolit Je patriarcat, et fit bien) mais se mire prêtre* qucJJcidicl
Il dit que la principale erreur de l'église grecque est de croire que le Saint-Esprit ne procède que 4» père. Mais d*ou sait-il que c'est une erreur î l'cglise Usine ne croit Je procession du Saint-Esprit par le père et le fils que depuis le neuvième siècle ; la grec» que, mère de 1» latine, date de seize cent* ans. Qui Içs jugera?
Il affirme qne l'église grecque russe reconnaît pour médiateur, non pas Jé«ufcCbris«, mais saint Antoine. Encore s'il avait attribué la chose a saint Nicolas, on aurait pu autrefois excuser cette méprise du petit peuple.
Cependant, malgré tant d'absurdités , la géographie se perfectionne sensiblement dans notre siècle.
Il n'en est pas de cette connaissance comme de l'art des vers, de la musique, de la peinture. Les derniers ouvrages en ces genres sont souvent les plu» mauvais. Mais dans les sciences qui demandent de l'exactitude plutôt que du génie , les derniers sont toujours les meilleurs, pourvu qu'ils soient faits avecquelque soin.
Un des plus grands avantages de la géographie est, à mon gré, celui-ci. Votre sotte voisine et votre voisin encore plus sot , vous reprochent sans cesse de ne pas penser comme on pense dans la rue Saint- Jacques. Voyez, vous disent -ils, quelle foule de grands hommes a été de notre avis depuis Pierre Lombard jusqu'à l'abbé Petit-Pied. Tout l'univers a reçu nos vérités , elles règneut dans le faubourg Saint- Honoré , à Chaillot et à Etompes , à Rome et chez les Uscoqucs. Prenez alors une mappemonde, montrez-leur l'Afrique entière, les empires du Japon,
de la Chine , des Indes , de la Tu
truuie , t
de la Perse ,
celui de la Russie, plus vaste que ne fut l'empire ro-
faites-leur parcourir du boni du doigt toute la Scandinavie , tout le nord de l'Allemagne , le* troig royaumes de la Grande-Bretagne , la meilleure partie de» Pays-Bas, la meilleure de l'Helvétie ; enfin voua leur ferez remarquer dans les quatre parties du globe •l dans la cinquième, qui «st encore aussi inconnu* qu immense , ce prodigieux nombre de génération» qui u entendirent jamais parler de ces opinion» ou qui les ont combattue» , ou qai le» ont en horreur j von» opposerez l'uni vers à la rue Saint- Jacques.
Vous ky*r direz que Jijes-Gisar qui étendit sou pouvoir bien loin au-delà de celle rue, ne sut pas un mot de ce qu'ils croient si universel ; que leur» ancêtres, à qui Jules-César donna les étrivières, n'eu surent pas davantage.
Peut-être alors auront -ils quelque bonté d'avoir cru que les orgues de la paroisse Saint-Scvurin dont le ton au reste du i