‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 315 sur 551 · HONNEUR · texte numérisé non relu

HONNEUR

L'actsu» des synonymes de la langue française dit, qu'îi est d'usage dans le dhcoun de irettre la <j!oire en antithèse a\>;c l'intérî:, et le qoùl art* l'honneur.

Mais on croit que cette définition ne se trouve que dans les dernières éditions, lorsqu'il eut gâté son livre.

On lit ces vers-ci dans \z satiro de Boileau sur l'honneur :

r.tiirn«ioïi » cis'ounr sur \t% i fjC forçat abhorré même de «et eonfrvrr» ; 11 l'ijmt, par un arrêt injoumnrnt donne. L'honneur en sa personne a ruiner contUnind.

( Satire XI T ». 5 et suiv. )

Nous ignorons s'il y a beaucoup de galériens qui se plaignent du peu d'égards qu'où a eus pour leur honneur.

Ce terme nous a paru susceptible de plusieurs

acceptions différentes; ainsi que tous les mots qui expriment des idées métaphysiques et morales.

Mail je un ce qu'on doit de bonté» et d'Iiormrur A son sexe, à son Age,.

signifie U, égard, attention.

plaUir, t'iionceur est ut» devoir.

(Le Cid, acte III, scène VI.)

signifie dans cet endroit, c'est un devoir de venger son pire.

Il a été reçu avec beaucoup d'honneur, cela veut dire avec des marques de respect.

Soutenir l'honneur du corps , c'est soutenir les prééminences, les privilèges de son corps, de sa compagnie, et quelquefois ses chimères.

Se conduire eu homme d'honneur, c'est agir avee justice , franchise et générosité.

Avoir des honnews. être comblé d'honneurs, c'est avoir des distinctions, des marques de supériorité.

i Vfconm-nr en effet -,.. .1 but que l'on i Quel «l-il, ValtDcour, pourras tu me le dire ? L'ambition le met souvent à tout brûler.... Va ml fourbe i jamais ne gvdcr sa parole.

C Satire XI, r 4î>-54.)

Comment Boileau a-t-ii pu dire qu'un fourbe bit consister l'honneur à tromper? il nous semble qu'il met son intérêt à manquer de foi, et son honneur à

L'auteur de l'Esprit des lois a fondé son système sur cette idée, que la vertu est le principe du gouvernement républicain, et l'honneur le principe des gouvernemens monarchiques. V a-t-il donc de la vertu sans honneur? et commen; une république estclle établie sur la vertu ?

Mettons sous les yeux du lecteur ce qui a été dit sur ce sujet dans un petit livre. Les brochures se perdent en peu de temps. La vérité ne doit point se perdre, il but la consigner dans les ouvrages de louguc haleine.

m On n'a jamais assurément forme des républiques par vertu. L'intérêt public s'étant opposé à la domination d'un seul, l'esprit de propriété, l'ambition de chaque particulier, ont été un frein à l'ambition cl à l'esprit de rapine. L'orgueil de chaque citoyen a veillé sur l'orgueil de «on \oisiu. l'crsounc n'a voulu être l'esclave de h f.iiilaisie d'un autre. Voilà ce qui établit une république, et ce qui la conserve. Il est ridicule d'imagi:i!r qu'il faille plus de vertu à un Grisou qu'A un Espagne'.

« Que l'honneur soit le principe des seules monarchies, ce n'est pas une idée moins chimérique; cl il le bit bien voir lui-même sans y penser. I ,i nature de l'honneur , dit-il au chap. Ml du liv. III, est de deviriulrr Wcs pn-fermee* , de\ distinctions. Il est donc p,ir lu r /.«•••<■ i-Irc<: dan-, le <i»inrrnemcnt monarchique.

« Certainement par la chose même on demandait dans la république romaine la préturc, le consulat, l'ovation, le triomphe : ce sont là des préférences, des distinctions qui valent bien les titres qu'on achète souvent dans les monarchies, et dont le tarif est fivé. »

Cette remarque prouve à notre avis que le livre de

l'Esprit des lois, quoique étineclant d'esprit , quoique recommandante par l'amour des lois, par la haine de la superstition et de la rapine, porte entièrement à faux (•).

Ajoutons que c'est précisément dans les cours qu'il y a toujours le moins d'honneur.

L'intjannr.re, il mentir, la /rode, il furto, K lu ravina ii pietà r«<lt(o , Crtictr toi damr.o t pretifhio «ftrui, E fart a « de Valu ui biatmo onore, Son \t virtù di queJki (fente infida.

( Itator ûdo, auo V, seeua prise*. )

Ceux qui n'entendent pas l'italien peuvent jeter le', yeux sur ces quatre vers français, qui sont ut* précis de tous les lieux communs qu'on a débits sur les cours depuis deux ou trois mille ans.

Ramper avec basas»*? en affectant IWUce ,

S'eaTraister de rapine en attestant le* lois. Etouffer en secret ton ami qu'on embrasée , Voilà 1 honneur qui règne a lu suite des roi».

C'est en effet dans les cours que des ! honneur parviennent souvent aux plus hautes dignités; et c'est dans les républiques qu'un citoyen dés* honoré n'est jamais nommé par le peuple au* charges publiques.

Le mot célèbre du duc d'Orléans, régent, suffit ponr détruire le fondement de l'Esprit des lois. « C'est on parfait courtisan , il n'a ni humeur, ni honneur, n

fli>r. >r/iblr, knvu'u-tr, hnnnrtc, sienifient souvent la même chose qu'honneur : Lue compup\ie honorable, des gens d'honneur. On lui fit bemu oup d'honnêtetés , on lui dit des chose* h-mictes. : c'est-à-dire , on le traita de bçon à le faire penser honorableraont do lui-même.

D'honneur on a bit honoraire. Pour hooorer une profession au-dessus des arts mécaniques, on donne à un homme de cette profession un honoraire au lieu de salaire et de gages qui offenseraient son amourpropre. Ainsi honneur, (aire honneur, honorer , signifient faire accroire à un homme qu'il est quoique chose , qu'on le distingue.

1 1 me vola , pour prix de i

Dit

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