‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 348 sur 551 · M DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

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dieu, son ctille et ses prophètes, elles se firent une guerre cruelle.

Tandis qu'elles se fesaient cette guerre , les rois d'Assyrie, qui conquéraient la plus grande partie de l'Asie, tombèrent sur les Juifs comme un aigle enlève deux léiards qui se battent. Les neuf tribus et demie de Samarie et de Sichcm furent enlevées et dispersées sans retour, et sans que jamais ou ait su précisément en quels lieux elles furent menées en esclavage.

Il n'y a que vingt lieues de la ville de Samarie à Jérusalem, et leurs territoires se touchaient; ainsi, quand l'une de ces deux villes était écrasée par de puissans couquérans, l'autre ne devait pas tenir longtemps. Aussi Jérusalem fut plusieurs fois saccagée ; elle fut tributaire des rois Hazaêl et Raxin, esclave sousTcglat-phacl-asscr, trois fois prise par Nabuebodonosorou Ncbucodon-asser, et enfin détruite. Sédécias , qui avait été établi roi ou gouverneur par ce conquérant , fut emmené lui et tout son peuple en captivité dans la Babylonie ; de sorte qu'il ne restait de Juifs dans la Palestine que quelques familles de paysans esclaves, pour ensemencer les terres.

A l'égard de la petite coutréc de Samarie et de Sichem , plus fertile que celle de Jérusalem , elle fut repeuplée par des colonies étrangères , que les rois assyriens y envoyèrent , et qui prirent le nom de nutritains.

Les deux tribus et demie , esclaves dans Bahylone, et dans les villes voisines , pendant soixante et dix ans, curent le temps d'y prendre les usages de leurs maîtres; elles enrichirent leur langue du mélange d«î la langue chaldécnne. Les Juifs dès-lors ne connurent plus que l'alphabet et les caractères des Chaldéens; ils oublièrent même le dialecte hébraïque pour la langue chaldécnne : cela est incontestable. L'historien Josèphc dit qu'il a d'abord écrit en chaldéen, qui est la langue de sou pays, n paraît cjuc les Juifs apprirent peu de choses de la science des mages : ils s'adonnèrent au métier de courtiers , de changeurs et de fripiers; par là ils se rendirent nécessaires fcommc ils le sont encore, et ilf s'enrichirent.

Leurs gains les mirent en é'at d'obtenir sous Cyrus la liberté de rebâtir Jérusalem ; mais, quand il fallut retourner dans leur patrie , ceux qui s'étaient enrichis à liabylone ne voulurent point quitter un si beau pays pour les montagnes de la G'ié- Syrie, ni les bords fertiles de l'Euphralc et du Tygrc pour le torrent de fïdron. Il u'y eut que la pins vile partw de la natiou qui revint arec Zorobabel. I.cs Juif? de Bahylone contribuèrent seulement de leurs aumônes pour rcb.itir la ville et le temple ; encore la collecte fut-elle médiocre; ctEsdras rapporte qu'on ne put ramasser que soixante et dix mille écus pour relever ce temple qui devait être le temple de l'univers.

Les Juifs restèrent toujours sujets des Perses; ils le furent de même d'Alexandre : et, lorsque ce grand homme, le plus excusable des conquérans, eut commeucé dans les premières années de ses victoires à élever Alexandrie, et à la rendre le centre du commerce du monde, les Juifs y allèrent en foule exercer leur métier de courtiers ; et leurs rabbéns y apprirent enfin quelque chose des sciences des Grecs. La langue

grecque devint absolument nécessaire à tous les Juils commerçans. •-

Après la mort d'Alexandre , ce peuple demeura soumis aux rois de Syrie dans Jérusalem , et aux rois d'f^jyptc dans Alexandrie; et, lorsque ces rois se fesaient la guerre, ce peuple subissait toujours le sort des sujets, et appartenait aux vainqueurs.

Depuis leur captivité a Babylonc , Jérusalem n'eut plus de gouverneurs particuliers qui prissent le nom de roi- . Lespontifes eurent l'administration intérieure, et ces «intifes étaient nommés par leurs maîtres : ils achetaient quelquefois très-cher cette dignité, comme le patriarche grec de Conjtan.inoplc achète la sienne.

Sous Axtiocbus Epiphiuc ils se révoltèrent ; la ville fut encore une fois pillée, et les murs démolis.

Après une suite de pareils désc jtres , ils obtiennent enfin pour la première fois, environ cent cinquante ans avant l'ère vulgaire, la permission de battre monnaie; c'est d'Antiochus Sidètes qu'ils tiurent ce privi lége. Us curent alors des chefs qui prirent le nom de cl qui même portèrent un diadème. Antigoue fut

'. , qui devint peu

décoré le premier de cet honorable sans la puissance.

Les Romains dans ce temps -là commençaient à devenir redoutables aux rois de Syrie , maitres des Juifs; ceux-ci gagnèrent le sénat de Home par de» soumissions et des présens. Les guerres des Romains dans l'Asie Mineure semblaient devoir laisser respirer ce malheureux peuple; mais à peine Jérusalem jouitelle de quelque ombre de liberté , qu'elle fut déchirée par des guerres civiles, qui la rendirent sous ses fantômes de rois beaucoup plus à plaindre qu'elle ne l'avait jamais été dans uuc si longue suite de dififérens esclavages.

Dans leurs troubles intestins, ils prirent les Romains pour juges. Déjà la plupart des royaumes de l'Asie Mineure , de l'Afrique septentrionale , et des trois quarts de l'Europe, reconnaissaient les Romains pour arbitres et pour maîtres.

Pompée vint en Syrie juger les nations et déposer plusieurs petits tyrans. Trompé par Aristobulc, qui disputait la royauté de Jérusalem , il se vengea sur lui et sur son parti. Il prit la ville, fit mettre en croix' quelques séditieux, soit prêtres, soit pbarisieus, et condamna long-temps après le roi des Juifs Aristo bulc au dernier supplice.

Les Juif», toujours malheureux, toujours esclaves. i"l toujours révoltés, attirent eucore sur eux les armes romaines. Crassus et Cassius les punissent , et Mclelius Scipion fait crucifier un fils du roi Aristobulc nommé Alexandre, auteur de tous les troubles.

Sous le grand César il* furent entièrement soumis et paisibles. Hérodc , fameux parmi eux et parmi nous, long-temps simple tétrarque , obtint d'Antoine la couronne de Judée , qu'il paya chèrement : mai» Jérusalem ne voulut pas reconnaître ce nouveau roi . parce qu'il était descendu d'Êsau, et non pas de Jacob, et qu'il nYtail qu'ldumécn : c'était précisément sa qualité d'étranger qui l'avait fait choisir par les Romains pour tenir mieux ce peuple en bride. Les Romains protégèrent le roi de leur nomination

avec une triait. Jérusalem fut encore prise d'assaut, saccagée et pillée.

Hérode, protégé depuis par Auguste, devint un des plus puissans princes parmi les petits rois de l'Arabie. Il répara Jérusalem ; il rebâtit la forteresse qui entourait ce temple si cher aux Juifs , qu'il construisit aussi de nouveau , mais qu'il ne put achever : l'argent et les ouvriers lui manquèrent. C'est une preuve qu'après tout Hérode n'était pas riche, et qup les Juifs, qui aimaient leur temple, aimaient encore

Le nom de roi n'était qu'une faveur que fesaient les Romains : cette grâce n'était pas un titre de succession. Bientôt après la mort d'Hcrodc, L Judée fut gouvernée en province romaine sub-Ulcroe par la proconsul de Syrie ; quoique de temps en temps on accordât le titre de roi tantôt à un Juif, tanlôt à un autre, moyennant beaucoup d'argent, ainsi qu'on l'accorda au Juif Agrippa sous l'empereur Claude.

Une 611c d'Agrippa fut cette Bérénice célèbre pour avoir été aimée d un des meilleurs empereurs dont Rome se vante. Ce fut elle qui , par les injustices qu'elle essuya de ses compatriotes, attira les vengeances des Romains sur Jérusalem. Elle demanda justice. Les factions de la ville la lui refusèrent. L'esprit séditieux de ce peuple- se porta à de nouveaux excès ; son caractère en tout temps était d'être cruel , et son sort d'être puni.

Vcspasicu et Titus firent ce siège mémorable , qui finit par la destruction de la ville. Josèphe l'cxagérateur prétend que dans celle courte gwrre if y eut plus d'un million de Juifs massacrés. Il ne faut pas s'étonner qu'un auteur qui met quinze mille hommes dans chaque village tue tin milliou d bommes. Ce qui resta fut exposé dans les marchés publics, et chaque Juif fut vendu à peu près au même prix que Tammal immonde dont ils n'osent manger.

Dans celte dernière dispersion ils espérèrent encore un libérateur; et sous Adrien, qu'ils maudissent dans leurs prières, il s'éleva un Barcochébas, qui se dit un nouveau Moisc, un Shilo, un Christ. Ayant rassemblé beaucoup de ces malheureux sous ses étendards, qu'ils crurent sacrés, il périt avec tous ses suivans : ce fut le dernier coup pour cette nation , qui en demeura accablée. Son opinion constante que la stérilité est un opprobre l'a conservée. Les Juifs ont regardé comme leurs deux grands devoirs, des enfans et de l'argent.

Il résulte de ce tableau raccourci que les Hébreux ont presque toujours été ou errans, ou brigands, ou esclaves , ou séditieux : ils sont encore vagabonds aujourd'hui sur la terre, et en horreur aux hommes, assuraut que le ciel et la terre , et tous les hommes ont été créés pour eux seuls.

On voit évidemment , par la situation de la Judée, et par le génie de ce peuple, qu'il devait être toujours subjugué. Il était environné de nations puissantes et belliqueuses qu'il avait en aversion. Ainsi il ne pouvait ni s'allier avec elles, ni être protégé par elles. Il lui fut impossible de se soutenir par la marine , puisqu'il perdit bientôt le port qu'il avait du temps j de Salomon sur la mer Rouge, et que Salomon même

se servit toujours des Tyriens pour bâtir et pour conduire ses vaisseaux , ainsi que pour élever le palais et le temple. H est donc manifeste que les Hébreux s'avaient aucune industrie , et qu'ils ne pouvaient composer un peuple florissant. Ils n'eurent jamais de corps d'armée continuellement sous le drapeau , comme les Assyriens, les Mèdes, les Perses, les Syriens et les Romains. Les artisans et les cultivateurs prenaient les armes dans les occasions , et ne pouvaient par conséquent former des troupes aguerries. Leurs montagnes, ou plutôt leurs rochers ne sont ni d'une assez grande hauteur, ni assez contigus pour avoir pu défendre l'entrée de leurs pays. La plus nombreuse partie de la nation , transportée à Babylonc , dans la Perse et dans llnde , ou établie dans Alexandrie, était trop occupée de son commerce et de son courtage pour songer à la guerre. Leur gouvernement civil , tanlôt républicain , tantôt pontifical, tantôt monarchique, et très-souvent réduit a l'anarchie, ne paraît pas meilleur que leur discipline militaire.

Vous demandez quelle était la philosophie des Hébreux ? l'article sera bien court : ils n'en avaient aucune. Leur législateur même ne parle expressément en aucun endroit de l'immortalité de l'âme, ni des récompenses d'une autre vie. Josèphe et Philon croient les âmes matérielles ; leurs docteurs admettaient des anges corporels; et dans leur séjour à Babylone ils donnèrent à ces anges les noms que leur donnaient les Chaldécns; Michel , Gabriel , Raphaël , Uricl. Le nom de Satan est babylonien , et c'est en quelque manière l'Arimanc de Zoroastre. Le uom d'Asmodée est aussi cbaldéen; et Tobic, qui demeurait à Ninive, est le premier qui l'ait employé. Le dogme de l'immortalité de l'âme ne se développa que dans la suite des temps chez les pharisiens. Les saducéens nièrent toujours cette spiritualité , cette immortalité , et l'existence des anges. Cependant les saducéens communiquèrent sans interruption avec les pharisicus; ils curent même des souverains pontifes de leur secte. Cette prodigieuse différence entre les sentiinens de ces deux grands corps uc causa aucun trouble. Les Juifs n'étaient attachés scrupuleusement, dans les derniers temps de leur séjour à Jérusalem , qu'à leurs cérémonies légales. Celui qui aurait mangé du boudin et du lapin aurait été lapidé; et celui qui niait l'immortalité de l'âme pouvait être grand-prétic.

On dit communément que l'horreur des Juifs pour les autres nations venait de leur horreur pour lidoUtrie; mais il est bien plus vraisemblable que la manière dont ils exterminèrent d'abord quelques peuplades du Canaan , cl la haine que les nations voisines conçurent pour eux , furent la cause de cette aversion invincible qu'ils curent pour elles. Comme ils ne connaissaient de peuples que leurs voisins, ils crurent en les abhorrant détester toute la terre , et s'accoutumèrent ainsi à être les ennemis de tous lee hommes.

Une preuve que l'idolâtrie des nations n'était point la cause de cette haine, c'est que par l'histoire des Juifs on voit qu'ils ont été très-souvent idolâtres. Salomon lui-même sacrifiait à des dieux étrangers.

4M6 OîCT]

Depuis loi on ne voit presque aucun rai dam la petite province de Juda qui ne permette le culte de ces dieux, et qni ne leur offre de l'oucens. La province d'Israël conserva ses deux veaux et ses bois sacres , ou adora d'autres divinités.

Cette idoMtrie qu'on reproche à tant de nntions est encore une chose bien peu éolaircic. Il ne serait peut-être pas difficile de laver de ce reproche la théologie des anciens. Toutes les nations policées eurent la connaissance d'un Dieu suprême, maître des dieux subalternes et des hommes. Les Egyptiens reconnaissaient eux - mêmes un premier principe qu'ils appelaient A'nrf, à qni tout le reste était subordonné. Les anciens Perses ac'enient le bon principe, nommé Oroma^e, et ils étaient très-éloignés de sacrifier au mauvais principe Arimane , qu'ils regardaient à peu près comme nous regardons le diable. Les Guèbres encore aujourd'hui ont conserve le dogme sacré de l'unité de Dieu. Les anciens bracmaues reconnaissaient un seul Être suppute : les Chinois n'as' socièrent aucun être subalterne à la Divinité, et n'eurent aucune idole jusqu'aux temps où le culte de Fo ot les superstitions des bonzes ont séduit la populace. Les Grecs et les Romains, malgré la foule de leurs dieux , reconnaissaient dans Jupiter le souverain ah- «olu du ciel et delà terre. Homère même, dans les plus absurdes fictions delà poésie, p» s'est jamais écarté de cette vérité. H représente toujours Jupiter comme le seul tout-puissant, qui envoie le bien et le mal sur la terre, et qni , d'un mouvement de ses sourcils, fait trembler les dieux et les homme.». Ou dressait des autels; on fesait des sacrifices à des dieux 'subalternes, et dépendans du Dieu suprême. Il n'y a pas un seul monument de l'antiquité où le nom de tottvertiiii du ciel soit donné à un dieu secondaire, à Mercure, à Apollon, à Mars. La foudre a toujours été l'attribut du maître.

L'idée d'un être souverain, de sa providence, de tes décrets étemels, se trouve chez tous les philosophes, et cher, tous les poètes. Enfin, il est peut-être aussi injuste de penser que les anciens égalassent les héros, les génies, les dieux inférieurs a celui qu'ils appellent le père et le maître dc< dieur, qu'il serait ridicule de penser que nous associons à Dieu les bienheureux et les anges.

Vous demandez ensuite si les anciens philosophes et les législateurs ont puisé chez les Juifs, ou si les Juifs ont pris chez eux. il faut s'en rapporter à Phi- Ion : il avoue qu'avant la traduction des Septante , les étrangers n'avaient aucune connaissance des livres de sa nation. I.es grands peuples ne peuvent tirer leurs lois et leurs connaissances d'un petit peuple obscur et esclave. Les Juifs n'usaient pas même de livres du temps d Osias. On trouva par hasard sous •on règne le seul exemplaire de la loi qui existai. Ce peuple , depuis qu'il fut captif o Babylone, ne connut d'autre alphabet que le chaldéen : il ne fut renommé pour aucun art, pour aucune manufacture de quelque espèce qu'elle pût être; et, dans le Temps même de Salomon , ils étaient obligés de payer chèrement des ouvriers étraugers. Dire que les Egyptien», les Perses, tes Grecs furent instruits p ar-ms Juifs, c^est <d(nrqoc

les Romains apprirent les arts des Ras -Bretons. Les

Juifs ne furent jamais ul pLysiciens, ni géomètres, ni astronomes. Loin d'avoir àt s écoles publiques pour l'instruction de la jeunesse , leur langue manquait m Ame de terme pour exprimer cette institution. Le» peuples du Pérou et dn MexiqusTégktient bien mieux qu'eux leur année. Leur séjour dams Babylone et dans Alexandrie , pendant lequel des particuliers purent s'instruire , ne forma le peuple que dans l'art de l'usure. Ils ne surent jamais frapper des espèces ; et , quand Antiochus Sidères leur nermlt d'avoir de la monnaie à leur coin , à peine purent-ils profiler de cette permission pendant quatre ou cinq ans; encore on prétend que ces espèces furent frappées dans Samaric. De la vient que les médailles juives sont si rares, et presque toutes fausses. Enfin vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorait», e; barbare, qui joint depuis long-temps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition, et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les torèrent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant ,hm les irûler.

SECTION II

Sur la loi des Juifs.

Lsm loi doit paraître à tout peuple policé aussi bizarre que leur conduite; si elle n'était pas divine, elle paraîtrait une loi de sauvages qui commcuccot n s'assembler en corpsde peuple; et, étautdivinc, on ne •aurait comprendre comment clic n'a pas tonjours subsisté, et pour eux et pour tous les hommes (*).

Ce qui est le plus étrange, c'est que l'immortalité de l'âme n'est pas seulement insinuée dans cette loi intitulée paiera et Addebarim , LvUitjuc et Venir roHomc.

11 y est défendu de manger de l'anguille , parce qu'elle n'a point d'écaillés ; ni de lièvre parce que , dit le Vaîcra , le lièvre rumine et n'a point le pied fendu. Cependant il est vrai que le lièvre a le pied fendu et ne rumine point; appareinmeut que les Juifs avaieut d'autres lièvres que les noires. Le griffon est immonde, les oiseaux à quatre pieds sont immondes, ce sont des animaux un peu rares. Quiconque louche une souris ou une taupe est impur. On y défend aux femmes de coucher avec «les chevaux et des ânes. 11 faut que les femmes juives fussent sujettes a ces galanteries. On y défend aix hommes d'offrir de leur semence à Moloc, et la semence n'est pas la un term métaphorique, qui signifie des enfaiis; il y est répète que c'est do la propre semence du malc dont il s'agit. Le texte même appelle cetlc offrande j-niuation. C'est en quoi ce livre du Vaîcra est très-curieux. Il parait que c'était une coutume daus les déserts de l'Arabie d'offrir ce singulier présent aux dieux . comme il est d'usage, dit-on, à Cochin et dans quelques autres pays des Indes, que les filles donnent leur pucelage à un Priapc de fer dans uu temple. Ces deux cérémonies prouvent que le genre humain est capable de tout. Les Cafres, qui se coupeui un testi culc, sontencore un bien plus ridicule exemple des. excès de la superstition.

Une loi non moins étrange chez les Juif» 1:1

Vcym l'arùtoMoisa.

preuve «La l'adultère. Un» fèeuM accusée par son mari doit être présentée aux prêtres; on lui do Mae * boire de l'eau de jalousie, mêlée d'absinthe et do poussière. Si clic est innocente , cotte eau la rend plus belle et plus fécond*; si elle est coupable, les jeux lui sortent de la tête, son ventre es Oc, et elle (rare devant le Seigneur.

On n'entre point ici dans les détails de tous ces i ne sont lie; mais il est très i une autre sorte de sacrifice trop commune dans ces temps barbares. H est expressément ordonné, dans le XXVU< chapitre du Lévitiqce , d'immoler les hommes qu'on aura voués en anatbéme au Seigneur. « Point de rançon , dit le texte, il faut que la victime promise expire. » Voilà la source de 1 histoire de Jcpbté, soit que sa fille ait été réellement immolée, soit que cette histoire soit une copie de celle d'ipbigénie : voilà la source du mu de Saul qui allait im-

lui, n'eut sauvé la vie à ce jeune homme innocent.

Il n'est donc que trop vrai que les Juifs, suivant leur loi , sacrifiaient des victimes humaines. Cet acte de religion s'accorde avec leurs morora; leurs propres livres les représentent égorgeant sans miséricorde tout ce qu'ils rencontrent, et réservant seulement les filles pour leur usage.

Il est Irës-ditficilc, et il devrait être peu important de savoir en quel temps ces lois furent rédigées telles que nous les avons. Il suffit qu'elles soient d'une trèshaute antiquité pour connaître combien les mœurs de cette antiquité étaient grossières et farouches.

SECTION ut.

De la dispersion dis Juifs.

Oit a prétendu que la dispersion de ce peuple avait été prédite, comme une pénitence d» ce qu'il refuserait de reconnaître Jésus-Christ pour le Messie, et l'on affectait d'oublier qu'il était déjà dispersé par toute la terre connue loug-lemps avant Jésus-Christ. Les livres qui nous restent de cette nation singulière, ne font aucune mention du retour des dix tribus transportées an delà de PEuphratc par Téglatphalasar et par Salmanasar, son successeur; et même environ six siècles après Cyrus, qui fit revenir à Jérusalem les tribus de Juda et de Benjamin que Nabuchodonosor avait emmenées dans les provinces de son empire; les Actes des apôtres font foi que, cinquantetrois jours après la mort de Jésus-Christ, il y avait des Juifs de toutes les nations qui sont sous le ciel assemblés dans Jérusalem pour la fêle de la pentecôte. Saint Jacques écrit aux douze tribus dispersées, cl Joséphc ainsi que Pbilon mettent des Juifs en grand uombre dans tout l'orient.

Il est vrai que, quand on pense au carnage qui s'en fit sous quelques empereurs romains, et à ceux qui ont été répétés tant de fois dans tous les états chrétiens, on est étonné que non- seulement ce peuple subsiste encore, mais qu'il ne soit pas moins nombreux aujourd'hui qu'il le fut autrefois. Leur nombre doit être attribué a leur exemption de porter les

arme», à leur ardeur pour le mariage , à leur tume de le contracter de bonne heure dan milles, à leur loi de divorce, à leur genre de vie sobre et réglé , à leurs abstinences , à leur travail et à leur exercice.

moins remarquable , surtout si l'on considère leurs fréquentes apostasies lorsqu'ils vivaient sous le gouvernement de leurs rois, de leurs juges, et à l'aspect de leur temple. Le judaïsme est maintenant de toutes les religions du monde celle qui est le plus rarement abjurée ; et c'est en partie le fruit des persécutions qu'elle a souffertes. Ses sectateurs , martyrs perpétuels do leur croyance, se sont regardas de plus eu plus comme la source de toute sainteté, et ne nous out envisagés que comme des Juifs rebelles qui ont changé la loi de Dieu, en suppliciant ceux qui la tenaient do sa propre main.

En effet si , pendant que Jérusalem subsistait aveo sou temple, les Juifs ont été quelquefois chassés de leur patrie par les vicissitudes des empires, ils l'ont encore été plus souvent par un zèle aveugle dans tous les pays où ils se sont habitués depuis les progrès du christianisme et du mahométisme. Aussi comparentils leur religion à une mère que ses deux filles, la chrétienne et la mahométanc , ont accablée de mille plaies. Mais, quelques mauvais traitemens qu'elle em ait reçus, elle ne laisse pas de se glorifier de leur avoir donné la naissance. Elle se sert du l'une et de l'autre pour embrasser l'univers, tandis que sa vieillesse vénérable embrasse tous les temps.

Ce qu'il y a de singulier , c'est que les chrétiens ont prétendu accomplir les prophéties en tyrannisant les Juifs qui les leur avaient transmises. Nous avons déjà vu comment l'inquisition fit bannir les Juifs d'Espagne. Réduits à courir de terres en terres, de mers en mers pour gagner leur vie; partout déclarés incapables de posséder aucuns biens-fonds, ot d'avoir aucun emploi, ils se sont vus obligés de se disperser de lieux eu lieux, et de ne pouvoir s'établir fixement dans aucune contrée, faute d'appui, de puissance pour s'y maintenir, et de lumière;, dans l'art militaire. Le commerce, profession longtemps méprisée p;ir la plupart des peuples de l'Euiopc, fut leur unique ressource dans cos siècles barbares; et, comme ils s'y enrichirent nécessairement, on les traita d'infaines usuriers. Les rois , ne pouvant fouiller dans la bourse de leurs sujets , mirent à la torture les Juifs , qu'ils ue regardaient pas comme des citoyens.

Ce qui se passa en Angleterre à leur égard peut douncr une idée des vexations qu'ils essuj èrent dans les autres pays. Le roi Jean , ay-uit besoin d'argent , fit emprisonner les riches Juifs de son royaume. Un d'eux , à qui l'on arracha s';pt dents l'une après l'autre pour avoir son bien, donna mille marcs d'argent à la huitième. Henri 111 tira d'Aaron, Juif d'Yorck, quatorze mille marcs d'argent , et dix mille pour la reine. Il vendit les autres Juifs de son pay.« a son frère Richard pour le terme d'une année, afin que ce comte év?ntrat ceux que ic roi avait déjà écorches, comme dit Mathieu Pàris.

Ln France, on les mettait en prison, on les pillait,

olf les vendait, on les accusait de magie, de sa cri lier des enfans, d'empoisonner les fontaines; on les chassait du royaume, on les 7 laissait rentrer pour de forgent ; et dans le temps même qu'on tes tolérait, on les distinguait des autres habitans par des marques infamantes. Enfin par nne bizarrerie inconcevable , tandis qu'on les brûlait ailleurs pour leur faire embrasser le christianisme, on confisquait en France le bien des Juifs qui se fesaient chrétiens. Charles VI, par un édit donné à Basville le 4 avril 1 393 , abrogea cette coutume tyrannique, laquelle, suivant le bénédictin Mabillon , s'était introduite pour deux raisons.

Premièrement , pour- éprouver la foi de ces nouveaux convertis, n'étant que trop ordinaire à ceux de cette nation de feindre de se soumettre à l'évangile pour quelque intérêt temporel , sans changer cependant intérieurement de croyance.

Secondement, parce que comme leurs hier s venaient pour la plupart de l'usure, la pnrelé de la morale chrétienne semblait exiger qu'il:, en fissent une restitution générale , et c'est ce qui s'exécutait par la confiscation.

Mais la véritable raison de cet usage, que l'auteur de l'Esprit des lois a si bien développée, était une espèce de droit d'amortissement pour le prince ou pour les seigneurs, desiaxes qu'ils levaient sur les Juifs comme serfs mainmortables, auxquels ils succédaient. Or ils étaient prives de ce bénéfice lorsque ceux-ci venaient à se convertir à la foi chrétienne.

Enfin , proscrits sans cesse de chaque pays , ils trouvèrent ingénieusement le moyen de sauver leurs fortunes, et de reudre pour jamais leurs retraites assurées. Chassés de France sous Philippe le Long , en i3 18, ils se réfugièrent en Lombard ie, y donnèrent aux négocians des lettres sur ceux à qui ils avaient confié leurs effets en partant , et ces lettres furent acquittées. L'invention admirable des lettres de change sortit du sein du désespoir, et pour lors seulement le commerce put éluder la violence et se maintenir par tout le monde.

SECTION IV

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