‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 350 sur 551 · JULIEN · texte numérisé non relu

JULIEN

SKCTIOY FAEMlfeftE.

O* rend quelquefois justice bien tard. Deux ou trois auteurs ou mercenaires, ou fenatiques, parlent

du barbare et de 1 efféminé Constantin comme d'us dieu , el traitent de s ce le rat le juste, le sage, le grand Julien. Tous les aute-ars, copistes des premiers, répètent Ja flatterie et la calomnie, biles deviennent presqu'ua article de foi. Enfin la temps de la saine antique arrive; et au bout de quatorze cent» ans des Itomiuce éclaire» revoient le procès que 1 ignorance avait jugé. On voit dans Constantin «n heureux ambitieux qui se moque de Dieu1 et des hommes. Il ■ l'insolence du feindre que Dre* loi a envoyé dans les airs une enseigne qui lai assure la victoire. Il se baigne dans le sans; de tous ses pareils, et il s'endort dans la mollcsso; mais il était chrétien; on le

Jubcti est sobre, chaste, désintéressé, valeureux, élément, mais il n'était pas chrétien, on i'a rcganle long temps connue m monstre.

Aujourd'hui, après avoir comparé les &hs, les mnnumone, les écrits de Julien, ceux de ses m ne* mis, on est lircé de reconnaître que, s'il n'aimait pas le chifstiauÎMne, il fut excusable de haïr une secte souillée du sang de toute sa famille; qu'ayant clé persécuté, emprisonné, exilé,, menace de mort

Galilcens sous le régne du barbare (jonsiance,

les persécuta jamais; dix soldat» chrétiens qui ài

iar les il ne

sa

vie. On lit ses lettres, et on admire. « Les Galilérns, duVil,ent souffert soosmen prédécesseur l'exil er tes prisons ; O* a massacré réctproqiHîraent ceux qui sfappeJlcut tour à tour Uérétiques, j'ai rappelé leurs •aile», élargi leurs prisonniers; j'ai rendu leurs biens aux proscsiBs, je les ai forcés de vivre en paix. Mais telle est la fureur inquiète des Galiléens, qu'ils se plaignent de ne pouvou plus se dévorer les uns les autres. » Quelle lettre ! quelle sentence portée par la philosophie coati* le fanatisme persécuteur ! Dix chrétiens conspirent co.ttre sa vie; ou les découvre, il leur pardonne. Quel l'omine ! mais quels lâches fanatiques, <fue ceux qui oat voulu déshonorer sa mé-

Enfin , eu discutant les faits avec impartialité, on a eié obligé de convenir que Julien avait tontes les qualités de Tenta», hors le goût si longtemps pardonné au* Grecs et aux Ko mains; toutes les vertus de Catos, mais uon pas sou opiniâtreté et sa mauvaise humeur; tout ce qu'où admira dana Jules César, et aucun de ses vices ; il cul la < Enfin il fui en tous égal à 1 des homaies.

aiateur Théodoret, qui! immola une femme dans le temple de Carres pour se rendre les dieux propices. On ne redit plus qu'en mourant il jeta de sa main

Jésus-Christ : « Tu as vaincu, GalaVeu, » comme s'il eut combattu centre Jésus en lésant la guerre aux si ce philosophe, qui mourut avec t résignation , avait revonnu Jésus ; cxTtasne cvt eut cru que Jésus était en l'air et que l'air était le ciel! Ces ineplics de gens qu'où appelle pères de l'église,

On est en lin réduit a lui donner des ridicules-, comme fesaient les citoyens frivoles d'Aatioehe. Ou loi reproebe sa barbe mal peignée, et la manière dont il marchait. Mais, M. l'abbé de U Bletterie, vous ne l'avez pas vu marcher, et vous avez lu ses lettres et ses lois , monumens de ses vertus. Qu'importe qu'il || eut la barbe sale el la démarche précipitée, pourvu que son cœur fût magnanime, et q>« tous se* pas tendissent a la vertu !

Il reste aujourd'hui ira fait important à examiner On reproche à Julien d'avoir voulu faire «ternir la prophétie de .)< sus-Christ eu- rebâtissant le temple de Jérusalem. On dit qu'il sortit -de terre 4os fout qu.

et que ce miracle ne convertit ni Jaticw, ni Alypius, intendant de cette entreprise) ni personne de sa cour : et là-dessus Pabbé de La filetterie «>« prime ainsi : « Lni et les philosophes de sa cour mirent san« doute OU 0MVYO ce qu'ils savaient de- plivsiqu<; pour dérober a la Divinité an prodige si éclatant. La nature fut toujours In ressource de* m crédules, mais elle sert U religion si à propos , qu'ils devraient au moins b soupçonner -de cd fusion, m

Premièrement, il n'est pas vrai qa»l soit dit dans l'Evangile que jamais 1« temple juif -ne sérail rebâti. L'évangile de Matthieu , éorit visiblement après la ruine de Jérusalem par Titus, prophétise, U esta

qu'il ne referait pas piccrc «ur pierce de c« temple 4e l'iduo^écu Uéaode ; mais aucun évaugélistc ne dit qu'il ne sera jamaU rebâti. Jl est très-frux qu'il n'es resta pas pierre «or pierre quand Titus le Et abattre. Il conserva tous les fondes» tu, une s>u«ajlla tout entière , et la tour Autonia.

Secondante*, qu'importe à la Divinité qu'il y ait uP temple juif, ou nu magasin, ou uhq mosquée au mfima endroit où les Juifs tuaient des bouifo etdça vaches.

Troisièmement, on ne sait pas si c\**l de fcuçuinle des murs de la ville, ou de l'enceinte du temple que partiront ces prétendus feux qui, selon quolquey-uus, brûlaient les, ouvriort. Mats on ne. «oit pas pourquoi Jésus aurait brûle- le* ouvriers de l'empereur Julien, et qu'il ne brûla point ceux du calife Omar, qui Jougtemps après bâtit une mosquée sur les ruines du eux du grand Saladip qui rétablit cette icc. Jésus avait-il uni de prédilection pour les tuosquées des musulman*,?

Quatrièmenwnl,Jésus>ayaot prédit qu'il ne resterait pas pierre sur pierre dans Jérusalem, s'avait pas empêché" de la rebitir.

Cinquièmement, Jésus a prédit plusieurs choses dout Dieu n!a pas permis l'accomplissement. Il a prédit la fin du moude et son avènement dans les osées avec une grande puissance et. une grande majesté à la 6a de la génération qui vivait alors, Cependant le monde dure encore , et durera vraisemblablement assci long-temps (*).

Sixièmement, si Julien avait écrit ce miracle, je dirais qu'on l'a trompe par un faux rapport ridicalc;

ro" "s iac le * aaj^t' xi * V to t

eu œuvre pour s'opposer à .son entreprise , qu'ils

tuèrent le* ouvriers , «t firent accroire que ces ouvriers étaient mort» par miracle. Mais Julien S'en dit mot. La guerre contre les Perses l'occupait alors. Il différa pour un autre temps 1 édification du temple, •t il mourut ave ut de pouvoir cemmaucer l'édifice.

mien Marcel lin, qui était païen. 11 estftrès-pos&iM» que ce soit use interpolation des chr tiens; on leur an a reproché tant d'autres qui mm» été avérées !

Nam il s'est pas moins vraisemblable que, dans no temps où on ne parlait que de prodiges et de contes de sorciers» Ammien Marccllin ait rapporté nette unie sur la foi de quoique esprit crédule. Depais Tite-Live jusqu'à De ThOu inclusivement , toutes l«s histoires sont infectée» de prodiges.

Huitièmement, les auteurs contemporains rapportent que dans le même temps il y eut en Syrie un grand tremblement de terre, qu'elle s'enflamma en plu«ieurs,cndraits^ct engloutit plusieurs villes. Alors plus de miracle.

Neuvièmement, ai Jésus. lésait des miracles, serait-ce pour emaaohar qu'on ne rebâtît un temple où sacrifia, et où il fut circoncis? ne forait-il .pour rondos chrétiens tant de nations qui se moquent du. christianisme y ou plutôt, pour rendra plus doua, et plus humains ses chrétiens^ qui ,

<;(1)lna,çh«p.auy,v.»aei?3.

aux CjvaljfiT des Çévçfl^cSj ojflt VjCTSé des tonrens de sang, et se stmt conduits en Cannibales ?

De là je conclus que la nature n'est point en collusion avec le christianisme, comme le dit La Bletterie^ mais que La Blelicrie est en collusion avec des contes de vieilles, comme dit Julien, quibus çum stolidis aveulis negotium erat.

La Blctteric , après avoir rendu justice à quelques vertus de Julien , finit pourtant l'histoire de ce grand homme eu disant que sa mort lut un effet je lu vengeance divine. Si cela est, tous les héros morts jeunes depuis Alexandre jusqu'à Gustave Adolphe, qnt donc été punis de Dieu. Julien mourut de la plus belle des morts en poursuivant ses ennemis après plusieurs victoires. Jovien, qui lui succéda, régna bien moins long-temps que lui , et régna avec honte. Je ne vois point la yengeanec divine, et je ne vois plus dans La Clcltoric qu'un déclamateur de mauvaise foi. Mais ou sont les hommes qui osent dire la vénté ?

Le stoicien Libanius fut un de ces hommes rares; il célébra le brave et clément Julien devant Théodose , le meurtrier des Thcssaloniciens ; mais Le Beau et La Blctteric tremblent de le louer devant des habitués de paroisse.

sacTioif ii.

Qu'oa, suppose un moment que Julien a quitté les faux dieux pour la religion chrétienne ; qu'alors on examine en lui l'homme, le philosophe et l'empereur, et qu'on cherche le prince qu'on osera lui préférer. S'il eût vécu seulement dix ans de plus, il y a grande apparence qu'il eût donné une tout autre forme a l'Europe que celle qu'elle a aujourd'hui.

La religion chrétienne a dépendu de sa vie : les eflbrts qu'il fil pour la détruire ont rendu son nom exécrable aux peuples qui l'ont embrassée. Les prêtres chrétiens ses contemporains l'accusèrent dp presque tous les crimes, parce qu'il avait commis \e plus grand de tous à leurs yeux, celui de les abaisser. II n'y a pas encore long -temps qu'on ne citait son nom qu'avec i'épithète d'apostat; et c'est peut-être Jp plus grand effort de la raison qu'on ait enfin cessé de le d< signer de ce surnom ,inj uricux . Les bonnes études ont amené l'esprit de tolérance chez les savaus. Qui croirait que , dans un Mercure de Paris de l'année i ;4t , l'auteur reprend vivement un écrivain d'avpjr manqué aux bienséances les plus, communes, eu ap<pejant cet empereur Julien iapvstal / IJ y a cent ans que quiconque ne l'eût pas trait* d'apostat eût ete traité d'alliée.

Ce qui est très-singulier et très-vrai, c'est que si vous faites abstraction des disputes entre les paient et les chrétiens dans lesquelles il prit parti j si vous ne suives cet empereur pi dans les églises chrétiennes, ni aux temples idolâtres; si vous le suive* dans sa maison, dans les camps, dans les batail'cs^ dans ses mœurs, dans sa conduite, dans ses écrits , vous le prouverez par-tout égal à Marc-Aurèlc. Ainsi cet homme, qu'on a peint abominable, est peut-être le , premier des hommes, ou du moins le second. Toujours sobre, toujours tempérant, n'ayant jamais SU do maJirnsses, couchant sur, une peau d'ours f et.;

donnant , à regret encore , peu d'heures au sommeil , partageant son temps entre l'élude et les affaires, généreux, capable d'amitié, ennemi du faste, on l'eût admire sll n'eût été que particulier.

Si on regarde en lui le héros, on le voit toujours à la tête des troupes , rétablissant la discipline militaire tans rigueur, aimé des soldats, et les coutenant; conduisant presque toujours à pied ses armées, et leur donnant l'exemple de toutes les fatigues ; toujours victorieux dans toutes ses expéditions jusqu'au dernier moment de sa vie, et mourant enfin en fesant fuir les Perses. Sa mort fut d'un héros, et sesdernières paroles d'un philosophe : c Je me soumets, dit-il, avec joie aux décrets éternels du ciel, convaincu que celui qui est épris de la vie quand il faut mourir est plus lâche que celui qui voudrait mourir quand il but vivre, w II s'entretient à sa dernière heure de l'immortalité de l'Ame; nuls regrets, nulle faiblesse; il ne parle que de sa soumission à la Providence. Qu'on songe que c'est uu empereur de trente-deux aus qui meurt ainsi, et qu'où voie s'il est permis d'inaultcr sa mémoire.

Si on le considère comme empereur, on le voit refuser le titre de dominus qu'affectait Constantin, soulager les peuples, diminuer les impôts, encourager les arts, nduire à soixante et dix onces ces presens de couronnes d'or de trois à quatre cents marcs, uuc ses prédécesseurs exigeaient de toutes le» villes, faire observer les lois, contenir ses officiers et ses ministres, et prévenir toute corruption.

Dix soldats chrétiens complotent de l'assassiner; ils sont découverts, et Julien leur pardonne. Le peuple d'Antioche, qui joignait l'insolence à la volupté, l'insulte; il ne s'en venge qu'en homme d'esprit, et, pouvant lui faire sentir la puissance impériale, il ne fait sentir A ce peuple que la supériorité de son génie. Comparez à cette conduite les supplices que Théodose (dont on a presque fait un saint) étale dans Antiocbe, tous les citoyens de Thessalonique «gorgés pour un sujet à peu prés semblable; et jugez entre ces deux hommes.

Des écrivains qu'on nomme pères de l'église, Grégoire de Nazianzc et Théodorct, ont cm qu'il fallait le calomuier, parce qu'il avait quitté la religion chrétienne. Us n'ont pas songe que le triomphe de cette religion était de remporter sur un grand homme , et même sur un sage , après avoir résisté aux tyrans. L'un dit qu'il remplit Antiocbe de sang par une vengeance barbare. Comment nn fait si public eût-il échappé à tous les autres historiens? on sait qu'»l ne versa dans Antiocbe que le sang des victimes. Un antre ose assurer qu'avant d'expirer il jeta son sang contre le ciel , et s'écria : T u as vaincu, Calitéen. Comment un coûte aussi insipide a-t-il pu être accrédité ? était ce contre des chrétiens qu'il combattait ? et une telle action, et de tels mots étaient- ils dans son caractère?

Des esprits plus sensés que les détracteurs de Julien demanderont comment il se peut faire qu'un homme d'état tel que loi, un homme de tant d'esprit, un vrai philosophe, pût quitter le christianisme danslequel U avait été élevé, pour le paganisme dont il devait seit-

DîtÎTtoiSNAÎfvï

tir l'insIfhMlé et le ridicule. Il semble* qW, si Ju Ire ri écouta trop sa raison contre les mystères de la religion chrétienne, il devait écouter bien davantage cette même raison plus éclairée contre les fables des paient .

Peut-être en suivant le cours de sa vie, et en observant son caractère, on verra ce qui fut inspira tant d'aversion contre le christianisme. L'empereur (Constantin, son grand-oncle, qui avait mis la nouvelle religion sur le trône, s'était souille du meurtre de s» femme, de son fils, de son beau-frère, de son neveu cl de son beau-père. Les trois enfuis de Constantin rom* mencèrent leur funeste règne par égorger leur oncie et leurs cousins. Ou uc vit ensuite que des guerres ci viles et des meurtres. Le père, le frère aîné de Julien tous ses parens, et lui-même encore enfant, furent condamnés à périr par Constance son oncle. Il échappa à ce massacre général. Ses premières année se passèrent dans l'exil ; et «î-fin il ne dut la conservation de sa vie, s.i fortune 3* le titre de césar qu'à l'impératrice Eusébic, femme de son oncle Constant- 1 . qui , après avoir eu la cruau'é de proscrire son enfance , eut l'imprudence de .'c fa're cenr, et ensnite l'imprudence plus grande de le persécuter.

Il fut témoin d'abord de l'insolence avec laquelle un évéque traita Eusébie, sa bienfaitrice. C'était un nommé Léontius, évéque de Tripoli. Il fit dire à l'impératrice, « qu'il n'irait point la voir, à moins qu'elle ne le reçût d'une nian ère conforme à son caractère épiscopal , quelle vint au-devant de lui jusqu'à la porte, qu'elle reçût sa bénédiction en se courbant, et qu'elle se tint debout jusqu'à ce qu'il lui permit de •'asseoir. » Les pontifes paiens n'en usaient point ainsi avec les impératrices. Une vanité si brutale dut faire des impressions profondos dans l'esprit d'un jeune homme, amoureux déjà de la philosophie et de la simplicité.

S'il se voyait dans une fatdillc chrétienne, c'était dans une famille fameuse par des parricides; sll voyait des évéques de coin , c'étaient des audacieux et des intrigans, qui tons s'anachématisaient les uns les autres; les partis d'Arius et d Aînanasc remplissaient l'empire de confusion et de carnage. Les paiens au contraire n'avaient jamais eu de querelle de religion. U est donc naturel que Julien, élevé d'ailleurs par des philosophes paieos, fortifiât dans son coeur, par leurs discours, l'aversion qu'il devait avoir pointa religion chrétienne. Il n'est pas plus étrange de voir Julien quitter le christianisme pour les fans dieux , que de voir Constantin quitter les faux dieux pour le christianisme. U est fort vraisemblable que tous les deux changèrent par intérêt d'état , et que cet intérêt se mêla dans l'esprit de Julien » la fierté indocile d'une Ame stoique.

I.es prêtres païens n'avaient point de dogmes; ils ne forçaient point les hommes A croire l'incroyable; ils ne demandaient que des sacrifices, et ce» sacrifices n'étaient point commandés sous des peines rigoureuses ; ils ne se disaient point le premier ordre de l'état , ne formaient point nn état dans l'état , et dp se mêlaient point au gouvernement. Voilà bte» des motifs pour engager un homme du caractère dt Julie» à se déclarer pour eu. IJ avait besoin d'un

parti ; et, s'il ne ce lui piqué que d'élre stoïcien , il aurait eu contre lui lei prêtres des deux religions , et tous les fanatiques de l'une et de l'autre. Le peuple n'aurait pn alors supporter qu'un prince se contentât de l'adoration pure d'un être pur, et de l'observation de la justice. Il fallut opter entre deux partis qui se combattaient. Il est donc à croire que Julien se soumil au» cérémonies païennes , comme la plupart des princes et des grands vont dans les temples : ils y sont menés par le peuple même , et sont forcis de paraître souvent ce qu'ils ne sont pas ; d'être en public les premiers esclaves de la crédulité. Le sullau des Turcs doit bénir Omar ; le sophi de Perse doit bénir Ali : Marc-Auréle lui-même s'était fait initier aux. mystères d'Eleusis.

11 ne faut donc pas être surpris que Julicu ait avili jusqu'à descendre à des pratiques supermais on ne peut concevoir que de l'indignation contre Théodore! , qui seul de tous les historieus rapporte qu'il sacrifia une femme dans le temple de la Lune à Carrés. Ce conte inf/.mc doit être mis avec ce conte absurde d'Ammien, que lu génie de l'empire apparut à Julien avant sa mort; et avec cet autre conte non moins ridicule, quo, quand Julien voulut faire rebâtir le temple de Jérusalem, il sortit de terre des globes de feu qui consumèrent tous lea ouvrages et les ouvriers.

Iliaeot infra muro* pttcalmr rt *xtri.

(Hoaact.Kv. 1,4p. II, *. t6\)

Les chrétiens et les paiens débitaient également des fables »ur Julien; mais les Cibles des chrétiens, ses ennemis, étaient toutes calomuieuses. Qui pourra jamais se persuader qu'uu philosophe ait immolé une femme à la Lune, et déchiré de ses mains ses entrailles? une telle horreur est-elle dans le caractère d'un stoicien rigide 7

Il no fit jamais mourir aucun chrétien : il ne leur accordait point de faveurs, mais il ne les persécutait pas. Il les laissait jouir de leurs biens comme empereur juste, et cciivi.it contre eux comme philosophe. Il leur défendait d'enseigner dans les écoles les auteurs profanes, qu'eux-mêmes voulaient décrier : ce n'était pas être persécuteur. Il leur permettait l'exercice de leur rcligiou, et 'es empêchait de se déchirer par leurs querelles singlantes : c'était les protéger. Ils ne devaient donc lui faire d'autre reproche que de les avoir quittés et de n être pas de leur avis; cependant ils trouvèrent le moyen de rendre exécrable à la postérité un prince dont \t nom aurait été cher à l'univers sans son changement de religion.

section ur.

Quoique nous ayons déjà parlé de Julien à l'article Apostat; quoique nous ayons, à l'exemple de' tous les sages, déploré le malheur horrible qu'il eut de n'être pas chrétien, et que d'ailleurs nous ayons rendu justice à toutes ses vertus, cependant nous sommes forcés d'en dire encore lin mot.

Cest à l'occasion d'une imposture aussi absurde qu'atroce que nous avons lue par hasard dans un de fea petits dictionnaires dont la France ejt inondée

aujourd'hui, et qu'il est malheureusement trop aisé de faire. Ce dictionnaire tbéologique est d'un exjésuite nommé Paulian ; il répète ceUe fable si décréditée que l'empereur Julien , blessé à mort en combattant coutre les Perses, jeta son sang contre le ciel, en s'écrient : a Tu as vaincu , Galiléen; h fable qui se détruit d'cllo-même, puisque Julieu fut vainqueur dans le combat, et que certainement Jésus-Christ n était pas le dieu des Perses.

Cependant Paulian ose affirmer que le fait est incontestable. Et sur quoi l'affirme -t- il ? sur ce quo Théodore!, l'auteur de tant d'insignes mensonges, le rapporte; encore ne le rapporte-t-il que comme un bruit vague : il se sert du mot on dit («). Ce conte est digne des calomniateurs qui écrivirent que Julien avait sacrifié une femme à la Lune, et qu'on trouva après sa mort un grand coffre rempli du létes parmi ses meubles.

Ce n'est pas le seul mensonge et la seule calomuie dont cet ex-jésuite Paulian se soit rendu coupable. Si ces malheureux savaient quel tort ils l'ont à notre sainte religion, en cherchant a l'appuyer par l'imposture et par les injures grossières qu'ils vomissent contre les hommes les plus respectables, ils seraient moins audacieux et moins emportés : mais ce n'est pas la religion qu'ils veulent soutenir, ils veulent gaguer de l'argent par leurs libelles; et, désespérant d'être lus des gens du monde , il» compilent , compilent, compilent du fatras thrologique, dans l'espérance que leurs opuscules feront fortune dans les séminaires (*).

On demande très-sincèrement pardon aux lecteurs sensés d'avoir parlé d'un ex-jésuite uommé Paulian, et d'un ex-jésuite nommé Nonotte, et d'un ex-jésuite nommé Patouillet ; mais , après avoir écrasé des serpens, n'est - il pas permis aussi d'écraser des puces (t) ?

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