MEDECINS
Il est vrai que régime vaut mieux que médecine. Il est vrai que très-long-temps sur cep* médecins il y a eu quatre-vingt-dix-huit charlatans. Il est vrai que Molière a eu raison de se moquer d'eux. Il est vrai que rien n'est plus ridicule que de voir ce nombre in- Uni de femmelettes, et d'hommes non moins femmes qu'elles, quand ils out trop mangé, trop bu, trop joui, trop veillé, appeler auprès d'eux pour un mal de tète un médecin, l'invoquer comme un dieu, lui demander le miracle de faire subsister ensemble l'intempérance et la santé , et douner uu écu à ce dieu qui rit de leur faiblesse.
11 n'est pas moins vrai qu'un bon médecin nous peut sauver la vie (<i) en ccut occasions, et nous rendre
(u) Ce n'est pus 411c dm jours ne «oitnl compte». Il e»t bien •ur qoe tout arrive par «ne i»éee»»it* iim'ncibW) , mm q«oi t ^ qni est abturde. Wol I de^cLereux.uik.
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l'usage de nos membres. Un homme tombe en apoplexie; ce ac sera ni un capitaine d infanterie, ni un conseiller de la cour des aides qui lo guérira. Dca cataractes se forment dans mes yeux , ma voisine ne me les lèvera pas. Je ne distiuguo point ici le médecin du chirurgien; ces deux professions ont été longtemps inséparables.
Des hommes qui s'occuperaient de rendre la santé à dautres hommes par les seul» principes d'humanité et de bieufesauce, seraient fort au-dessus de tous les grands de la terre; ils tiendraient de la Divinité. Conserver et réparer est presque aussi beau que faire.
Le peuple romain se passa plus de cinq cents ans de médecins. Ce peuple alors n'était occupé qu'à tuer, et ne fesait nul cas de l'art de conserver la vie. Comment donc en usait-on à Home quand on avait la fièvre putride, une fistule à l'anus, un bubonocèle , une fluxion de poitrine? On mourait.
Ce petit uombre de médecius grecs qui sïutrodui- »it à Home n'était composé que d'esclaves. Un médecin devint enfin chez les grands seigneurs romains un objet de luxe comme un cuisinier. Tout homme riche eut chez lui des parfumeurs , des baigneurs , des giton* et des médecin*. Le célèbre Musa, médecin d'Auguste, était esclave ; il fut affranchi et dit chevalier romain ; et Alors les médecin* devinrent des personnages considérables.
Quand le christianisme fut si bien établi, et que nous fumes assez heureux pour avoir des moines, il leur fut expressément défeudu par plusieurs conciles d'exercer la médecine. Cétail précisément le contraire qu'il eût ikllu faire, si ou avait voulu être utile au genre humain.
Quel bien pour les hommes d'obliger ces moines d'étudier la médecine , et de guérir nos maux pour l'amour de Dieu ! n'ayant rien à gag»er que le ciel, ils n'eussent jamais «'lé charlatans. Ils se seraient éclairés mutuellement sur nos maladies et sur les remèdes. C "était la plus belle des vocations, et ce fut la seule qu'on n'eut point. On objectera qu'ils eussent pu empoisonner les impies; mais cela mAnie eût été avantageux à l'église. Luther n'eût peut-être ja.nais enlevé la moitié de l'turopc catholique à uotre saint père le pape; car, à la première fièvre continue qu'aurait eue î'augustiu Luther, un dominicain aurait pu lui donner des pilules. Vous me direz qu'il ne les aurait pas prises; mais enfin avec un peu d'adresse on aurait pu les lui faire prendre. Continuons.
Il se trouva enfin, vers l'an i3i;, un citoyen, nommé Jean, animé d'un zèle charitable; ce n'est pas Jean Calvin que je veux dire , c'est Jean surnommé de Dieu, qui institua les frères de la Charité. Ce sont avec les religieux de la rédemption des captifs les seuls moines utiles. Aussi ils ne sont pas
, ni un anSe ne peuvent ajouter une minute aoxmiïor.lre éternel de» cW> nou» «tartine WTéTOCablet : mai* relui qui eu dexine à être frappe dani no certain temps d'ane apoplexie, eat «tartiné «nui k trouver un nédecio , •âge qui le saigne, qui le purge et qui le la.t vivre jusqu'au TDO- .
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comptés parmi les ordres. Les dominicains , francis cains, bernardins, prémontrés, bénédictins , ne reconnaissent pas les frères do la Charité. Ou ne parle pas seulement d'eux dans la continuation de I Histoire ecclésiastique de Fleuri. Pourquoi? c'est qu'ils ont fait des cures, et qu'ils n'ont point tait de miracles. Ils ont servi, et ils n'ont point cabalé. Us ont guéri de pauvres femmes , et ils ne les out ni dirigées , ni séduites. Enfin, leur institut étant la charité, il était juste qu'ils fussent méprisés par ieî antres moines.
La médecine ayant donc élé une profession mercenaire dans le monde, comme Test en quelques endroits celle de rendre justice, elle a été sujette ;» d'étranges abus. Mais est-il rien de plus estimable au monde qu'un médecin qui, ayant dans sa jeunesse éludié la nature, connu les ressorts du corps humain, les maux qui le tourmentent , Isa remèdes qui peuvent le soulager, exerce son art en s'en défiant, soigne également les pauvres et les riches, ne reçoit d'honoraires qu'à regret, et emploie cos honoraires à secourir l'indigent? Un tel homme n cst-il pas un peu supérieur au général des capucins, quelque respectable que soit ce général (*) ?