‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 385 sur 551 · MISSIONS · texte numérisé non relu

MISSIONS

Cr. n'est pas du zèle de nos missionnaires, et de la vérité de notre religion qu'il s'agit; on les connaît assez dans noire Europe chrétienne, et on les respecte assez.

Je ne veux parler que des lettres curieuses et édifiantes des révérends pères jésuites qui ne sont pas aussi respectables. A peine sont - ils arrivés dans l'Inde, qu'ils y pWchent, qu'ils y convertissent des milliers d'Indiens, et qu'ils font des milliers de miracles. Dieu me préserve de les contredire : on sait combien il est facile à un Biscaycn, à un Bcrgaroasque , à un Normand , d'apprendre la langue indienne en peu de jours , et de prêcher en indien.

A l'égard d?s miracles, rien n'est plus aisû que d'en faire à six nillc lieues de nous, puisqu'on on a tant fait à Paris dans la paroisse Saitit-Médard. La grâce suffisante des mulinistes a pu sans doute opérer sur les Lords du Gange, aussi-bien que ia grâce efficace des jansénistes au bord de la rivière des Gobclins. .Mais nous avons déjà tant parlé des miracles que nous n'en dirons plus rien.

L'n révérend père jésuite arriva l'an passé à Déli , à la cour du grand-mogol ; ce n'était pas un jésuite mathématicien <t homme d'esprit, venu pour corriger le calendrier et pour faire fortune; c'était uu de ces pauvres jésuites de bonne foi, un de ces soldats que leur générai envoie . et qui obéissent satl raisonner.

M. Audrais, mon commissionnaire, lui demanda ce qu'il venait faire à Déli; il répondit qu'il avait ordre du révérend pire Kicci de délivrer le grandmogol des griîi'ca du diable, et de convertir toute sa Cour. J'ai déjà, dit-il, baptisé plus de vingt eufans dans la rue, sans qu ils en sussent rien , en leur jetant quelques gouttes d'eau sur la tête. Ce sont autant d'anges, pourvu qu'ils aient le bonheur de mourir incessa aiment. J'ai guéri une pauvre vieille femme de la migraine en iï-aut îe signe de la croix derrière

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elle. J'espère en peu de temps convertir I tans de la cour et les gentous du peuple. Vous ' dans Déli , dans Agra et dans Bénares, autant de bons catholiques adorateurs de la vierge Marie, que d'ido- Utres adorateurs du démon.

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