‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 394 sur 551 · LA RATURE · texte numérisé non relu

LA RATURE

Oui, sans doute. Ne sais-tu pas am'il y a un art infini dans ces mers, dans ces momagses que tu trouves si brutes? ne sais-tu pas que toutes ces eaux gravitent vers le centre de la terre , et ne s'élèvent que par des lois immuables; que ces montagnes qui couronnent la terre sont les immenses réservoirs des neiges éternelles (|ui produisent sans cesse ces fontaines, ces lacs, ces fleuves, sans lesquels mon genre animal et mon genre végétal périraient? Et, quant a ce qu'on appelle mes règnes animal, végétal, minéral, tu n'en vois ici que trois, apprends que j'en ai des millions. Mais, si tu considères seulement la formation d'un insecte , d'un épi de blé , do l'or «H d« cuivre, tout te paraîtra merveilles de l'art.

LE PHILOSOPHE

Il est vrai. Plus j'y songe, plus je vois que tu n'es que l'art de je ne sais quel grand être bien puissant et bien industrieux , qui se cache et qui te fait paraître. Tous les raisonneurs depuis Thalès , et probablement long temps avant lui , ont joué à colin-maillard avec toi ; ils ont dit : Je te tiens, et ils ne teuaient rien . Nou s ressemblons tous à Ixion; il croyait embrasser Junoa , et il ne jouissait que d'une nuée.

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