‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 414 sur 551 · LE TRÉSORIER · texte numérisé non relu

LE TRÉSORIER

Soit : mes petits-enfins en feront autant do moi, ce ne sera qu'un rendu ; il en arrivera autant aux papistes. Ce n'est pas une raison pour qu'on vous chasse des états de monseigneur, ce n'est pas une raisou non plus pour qu'il en chasse 'es unitaires. Ressuscitez comme vous pourrez; il m'importe fort peu que les unitaires ressuscitent ou non , pourvu qu'ils nous t utiles pendaut leur vie.

LE PAPISTE

Et que direz- vous, monsieur, du péché originel qu'ils nient effrontément? N êtes- vous pas tout scandalisé quand ils assurent que le Peutateuque n'en dit pas un mot; que l'évèque d'Hippouc, saint Augustin,

(•) Epfc*. a i Ram. , ehap. V, v. i a - 1 5 , « j«qu'i la fiu. p «»ifc.

est le premier qui ait enseigné positivement ce dogme, quoiqu'il soit évidemment indiqué par saint Paul ! LE TRESORIER.

Ma foi , si le Peutateuque n'en a point parlé , ce n'est pas ma faute; pourquoi n'ajouliez-vous pas un petit mot du péché originel dans l'ancien Testament, comme vous y avez, dit -on, ajouté tant d'autres choses? Je n'entends rien à ces subtilités. Mon métier est de vous payer règulii reaienl vos gages quand j'ai Je l'argent....

PtRADIS.

Paiasis : il n'y a guère de mot dont la signification v: soit plus écartée de sou éiymologic. Ou sait assez ju originairement il signiliait uu lieu planté d'arbres ii uitiers ; ensuite on doma ce nom à des jardins plantes d'arbres d'ombrage. Tels furent dans lanliquitc le:, jardins de Saana vers Edcn dans l'Arabie Heureuse connus si long-temps ivant que les hordes des. Hébreux cusscut envahi une partie de la Palestine.

Ce mot paradis n'est célèbre « liez IcsJuifsquc dans la Genèse. Quelques autours juifs canoniques parlent de jardins ; mais aucun n'a jamais dit un moldu jardin nommé parwlis terrestre. Comment s'est-il pu faire qu'aucun écrivain juif, aucun prophète juif, aucun cantique juif n'ait cité ce paradis terrestre dont nou» parlons tous les jours? cela est presque incompréhensible. C'est ce qui a fait croire à plusieurs savant audacieux que la Genèse n'avait été écrite que trèstard.

, Jamais les Juifs ne prirent ce verger, cette plan-, talion d'arbres , ce jardin , soit d herbe , soit de fleurs, pour le ciel.

Saint Luc est le premier qui tasse enleudrc le cici par ce mot païadii, quand Jésus -Christ dit au ho»' larron («) : « Tu seras aujourd'hui avec moi dans 1. paradis, m

Les anciens donnèrent le nom de ciel aux nuées ce nom n'était pas convenable , attendu que les uué<louchent à la terre par les vapeurs dont elles son formées, et que le ciel est un mot vague qui signifi l'espace immense dans lequel sont Uni de soleils, u planètes et de comètes ; ce qui ne ressemble nulle ment à un verger.

Saint Thomas dit qu'il y a trois paradis : le lei rostre, le céleste et le spirituel. Je n oulcuds pas tro la différence qu'il met eutre le spirituel et le célesi Le verger spirituel est, scloii lui , la vision béatifiqu Mais c'est précisément ce qui constitue le parao céleste, c'est la jouissance de Dieu même (<«). J'1 • prends pas la liberté de disputer contre l'auge • l'école. Je dis seulement : Heureux qui peut toujw. être dans un de ces trois paradis!

Quelques savans curieux ont cru que le parad< des Hespéridcs , gardé par un dragon, était une im tation du jardin d'Edcn gardé par un boeuf ailé, t par nn chérubin. D'autres savans plus téméraires o osé dire que le bœuf était une mauvaise copie dragon , et que les Juifs n'ont jamais été que de gro

(a) Lac.diap. XXÏU. *. 43.

i») l" p«t., «tertio» OU.

MCTtOHNAIRE

siers plagiaires : mais c'est blasphémer, et cette idée n'est pas soutenable.

Pourquoi a-t-on donné le nom de paradis à des cours carrées au-devant d'une église ?

Pourquoi x-l-on appelé1 pttrniis le rang- des troisième* loges à la comédie et a fopéra ? Est-ce parce cfwc, ces places étant moins encres que les antres, on aï cru qu'elles étaient faites pour les pauvres; et qu'on prétend que dans l'autre paradis il y a beaucoup plus de pauvres que de riches ? Est-ce parce que , ces loges étant fort hautes , on leur a donné uu nom qui signifie le ciel ? Il y a pourtant un peu de di.ïércnce t monter au ciel et monter aux troisièmes loges. Que penserait un étranger arrivant i Parir, à qui un Parisien dirait : Voolet-vous que nous allions voir Pourceaugnac au paradis.

Que d'incongruités , que d'équivoqne* dans toutes Ici langues! Que tout annonce la faiblesse humaine!

Voyez l'article l'arndi* dans le grand Dictionnaire encyclopédique ; il est assurément meilleur que ce-

l'abbé de

Paradis aur bicnfctaiti, Saint-Pierre.

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