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thon, qui, eu combinant Tannée de la lune avec celle du soleil , composa son cycle de di\-ncuf années , au bout desquelles le soleil et la lune revenaient au même point à une heure et demie prés. Ce cycle fut gravé en or dans la place publique d'Athènes ; et c'est ce fameux nombre d'or dont on se sert encore aujourd'hui avec les corrections nécessaires.
On sait assez quelle coufusion ridicule les prêtres romains avaient introduite dans le rouipul de l'année.
Leurs bévues avaient été ïi grandes, que leurs fêles de Télé arrivaient en hiver. César, l'ur.ivcr.-el César, fut obligé de fiire venir d'Alc\an'iic le philosophe Sosigènc pour réparer l'S é:iu. :n:-s fautes des pontifes.
Lorsqu'il fut encore nécessaire de réformer le calendrier de Jules - César , sous le pontificat de Grégoire XIII, à qui s'adressa-t-ot) ? fut-ce à quelque inquisiteur? Ce fut à un philosophe, à un nud-cin uoiiimé I ilio.
Que l'on donne le livre de la Connaissance des temps à faire au professeur Cogé, recteur de l'université , il ne saura pas seulement de quoi il est question. Il faudra bien en revenir à M. de Lalandc d ■ l'académie des sciences, chargé de ce très pénible travail trop mal récompensé.
Le rhéteur Cogé a donc fait une é; range bévue quand il a proposé pour les prix de l'université ce sujet si singulièrement énoncé :
Non marjit Deo i\uàtn regibut inftnta rit itUi qiue vocatur hodii philorophia, — Celle, qu'on nomme aujourd'hui philosophie, n'ett /nu plu» ennemie it Dieu <jtw de* rot».
Il voulait dire moin* ennemie. Il a pris magii pour minus. Et le pauvre homme devait savoir que no$ académies ne sont ennemies du roi ni de Dieu (*).
SECTIOK III.
Si la philosophie a fait tant d'honneur à la France dans l'Encyclopédie, il faut avouer aussi que l'ignorance et l'envie, qui ont osé condamner cet ouvrage, auraient couvert la France d'opprobre , si douze ou quinze convulsionnaires, qui formèrent une cabale, pouvaient être regardés comme les organes de la France, eux qui n'étaient en cifet que le.» ministres du fanatisme et de la sédition, eux qui ont forcé le roi à casser le corps qu'ils avaient séduit. Leurs manoeuvres ne furent pas si violentes que du temps de la frondo, mais ne furent pas moins ridicules. Leur fanatique crédulité pour les convulsions et pour les misérables prestiges de saint Médard était si forte, qu'ils obligèrent un magistrat, d'ailleurs sage et respcdaHc , de dire eu plein parlement, mixiefr . <L- 1\ ' jlisc
C(tttr>!i(jtu: ubù taient toujours. On ne peu! entendre par ces miracles que ceux des convulsions. Assurément il ne s'en fait pas d'autres, a moins qu'on ne croie aux petits enfuis ressuscites par saint Ovide. Le temps des miracles est passé; l'église triomphante n'en a plus besoin. Pc bonne foi, y avait-il un seul des persécuteurs de l'Encyclopédie qui entendît un mot des articles d'astronomie , de dynamique , de
(•) Voyes le i!i*cours àn M. i'.v. <nvu Bellcguicr «ir ce sujet, U «tt «m euri us, i. I de U Philosophie.
géométrie, de métaphysique, dé botautque, de médecine , d'anatomie , dont ce livre , devenu si nécessaire, est chargé à chaque tome ( ) Quelle foule d'impulations absurdes et de calomnies grossières n'accumnla-t-on pas contre ce trésor de toutes les sciences ! il suffirait de les réimprimer à la suite fie l'Encyclopédie pour éterniser leur honte. Voilà ce que c'est que d'avoir voulu juger un ouvrage qu'on n'était pas même eu état d'étudier. Les lâches! ils< crié que la philosophie ruinait la catholicité, donc, sur 'ingt millions d hommes s'en est-il trouvé un seul qui ait vexé le moindre habitué de paroisse ? un seul a-t-il jamais manqué de respect dans le* églises? un seul a-t-il proféré publiquement contre nos cérémonies une seule parole qui approchât de la virulence avec laque le on s'exprimait alors contre l'auiorité royale.
IV pétons que jamais la philosophie n'a fait de mal à l'état, et (pie le fanatisme, joint à l'esprit de corps, lai en a f.iit beaucoup dans tous les temps.
SECTION IV
Précis de la philosophie ancienne.
J'ai consumé environ quarante années de mou pèlerinage dans deux ou trois coins de ce monde, à chercher cette pierre philosophale qu'on nomme la vailc. J'ai consulté tous les adeptes de l'antiquité, Êpicurc et Augustin , Platon et Malebranche , et je suis demeuré dans ma pauvreté. Peut-être dans tous ces creusets des philosophes y a-t-il une ou deux onces d'or; mais tout le reste est téte-morte , fange insipide dont rien ne peut naître.
Il me semble que les Grecs nos maires écrivaient bien plus pour montrer leur esprit qu'ils ne se servaient de leur esprit pour s'instruire. Je ne voi". tas nn seul auteur de l'antiquité qui ait un système suivi, méthodique, clair, marchant de conséquence eu conséquence.
Quand j'ai voulu rapprocher et combiner let systèmes de Platou , du précepteur d'Alexandre , de Pythagore et des orientaux, voici à peu près ce que j'en ai pu tirer.
Le hasard est un mot vide de sens, rien ne peut exister sans cause. Le monde est arrangé suivant des lois mathématiques, donc il est arrangé par une intelligence.
Ce n'est pas un être intelligent tel que je le suis, qui a présidé à la formation de ce monde, car je ne puis former un ciron ; donc ce monde est l'ouvrage d'une intelligence prodigieusement supérieure.
Cet être qui possède l'intelligence et la puissance
(u) On sait bien (\ne tout nV^t ]a* rçal dn)'< tri t uvr»RC in>menv, rl qu il n'(*l pus J«i>s hle <yu- luul It' soif. I < » n lidr» des Cuhiisac cl d'autres sen UlaMc» iulrn» ne ] luwnl •■R»!** ceux <le» Diderot, de* d'Alemhrrt , Hl» J»u«wl. 4 s Boncherd'Argii. des Vend, des d« JJarwia, « «fe t ut d'eues mis pliilotopbct : waia, à tout prendre . l'ouvrage o»l ud icrvioc étemel rendu au génie humain ; la- preuve, eu est qu 'on le rcun* prime partout. On ue fait pu» le mime honneur a ses dânetcuis. Ont-iU existe? on n» «ait que pat' la ineulioo que ooau , d'eux. .
dans un si haut degré, cxiste-t-il nécessairement ? Il te faut bien : car il faut ou qu'il aT reçu l'être par un autre, ou qu'il soit par sa propre nature. S'il a reçu l'être par un autre, ce qui est tris- difficile i\ concevoir, il faut donc que je recoure .i cet autre, et cet i le premier moteur. De quelque côté que je s, il faut donc que j'admette uu premier moteur puissant et intelligent, qui est tel nécessairement par sa propre nature.
Ce premier moteur a-t-il produit les choses de rien? cela ne se conçoit pas; cré^-r de rien, c'est changer le néant en quelque chose, .le ne dois point admettre une telle production, à moins que je ne trouve des raisons invincibles qui *ne forcent d admettre ce que mon esprit ne peut jimais comprendre.
Tout ce qui existe parait exister nécessairement, puisqu'il existe. Car, s'il y a aujourd'hui une raison do l'existence des choses, il y en a eu une hier, il y en a en une dans tous les temps; et cette cause doit toujours avoir eu son effet, sans quoi elle aurait été pendant l'éternité une cause inutile.
Mais comment les choses auront - elles toujours existé , étant visiblement sous la main du premier moteur ? 11 faut donc que cette puissance ait toujours agi ; de même, à peu près, qu'il n'y a point de soleil •ans lumière, de même qu'il n'y a point de mouvement sans un être qui passe d'un point de l'espace dans un autre point.
11 y a donc un être puissant et intelligent qui a toujours agi ; et , si cet être n'avait point agi , i quoi lui aurait servi son existence ?
Toutes les choses sont doue des émanations éternelle., de ce pu-mier moteur.
Mais comment imaginer que de lu pierre et de la fange soient des émanations de l'Etre étemel, intelligent et puissant ?
Il f iuI de deui choses l'uaa , ou que la matière de celte pierro et cette fange existent nécessairement par eMes-niéuics, ou quelles existent nécessairement par ce premier moteur; il n'y a pas ds milieu.
Ainsi donc, il n'y a que Jeu* partis à prendre ou d'admettre la matière éternelle par elle-même, ou la matière sortant éternellement de l'Etre puissant, intelligent, éternel.
Mais, ou subsistante par sa propre nature, ou émanée de l'être producteur, elle existe de tout.» éternité, puisqu'elle existe, et qu >'l n'y a aucune raison pour laquelle elle n'aurait pas existé aupai ivant.
Si la matière est éternellement nécessaire, il c*t donc impossble, il est donc contradictoire quelle ne soit pas; mais quel homme peut assurer qu'il est impossible, qti il est contradictoire que ce caillou et cette mouche n'aient pas l'existence 7 On est pourtant forcé de dévorer cette difficulté qui étonne plus l'imagination qu'elle ne contredit les principes du raisonnement.
Kn effet, des que vous avez conçu que tout est émane de l'Etre suprême et intelligent, que rien n'en est émané sans raison , que cet être existant toujours, a dû toujours agir, que par conséquent toutes les choses ont dû éternellement sortir du sein de son
existence, vous ne devez pas être plus rebuté de eroire la matière dont sont formés ce caillou et cette mouche, une production < (cruelle, que vous n'êtes rebuté de concevoir la lumière comme uuc émanation éternelle de I Etre tout puissant.
Puisque je suis un être étendu et pensant , mon étendue et ma pensée sont donc des productions nécessaires de cet être. Il m'est évident que je ne puis me donner ni l'étendue, ni la pensée. J'ai doue reçu l'un et l'autre de cet Etre nécessaire.
Peut-il m'a voir donné ce qu'il u'a pas? J'ai l'intelligence et je suis dans l'espace ; dune il est intelligent, et U est dans l'espace.
Dire que cet Être éternel, ce Dieu tout-puissant , a do tout temps rempli uéci-ssairement l'univers de se* productions, ce n'est pas lui ûter sa liberté ; au contraire, car la liberté n'est que le pouvoir d'agir. Dieu a toujours pleinement agi, donc Dieu a toujours uf< de la plénitude de sa liberté.
La liberté qu'on nomme d'iuiliffci rnce est un mot sans idée, une absurdité ; car ce serait se déterminer sans raison; ce serait un effet sans cause. Doue, Dieu ne peut avoir cette liberté prétendue qui est une contradiction dans les termes. U a donc toujours agi par cette même nécessité qui fait son existence.
Il est donc impossible que le monde soit san: Dieu, il est impossible que Dieu soit sans le monde.
Ce monde est rempli d'êtres qui se succèdent , doue Dieu a toujours produit des êtres qui se sont succédés.
Ces assertions préliminaires sont la base de I an • cienne philosophie oricutalc et de celle des Grecs. H faut excepter Démocritc et Ëpicurc, dout la philo sophio corpusculaire a combattu ces dogmes. Mais remarquons que les épicuriens se fbudaieut sur une physique entièrement erronée , et que le système métaphysique de tous les autres phi'osophcs subsiste avec tous les systèmes physiques. Toute la nature . excepté le vide, contredit Epicure; et aucun phénomène ne contredit la philosophie que je viens d expliquer. Or une philosophie qui est d'accord avec tout ce qui se passe dans la nature, et qui contente les esprits les plus attentifs, n'est clic pas supérieure à tout autre sysu me nou révélé ?
Après les assertions des plus anciens philosophes que j'ai rapprochées autant qu'il m'a < té possible . que nous reste-t-il? un chaos de doutes et de chimères. Jo ne crois pas qu'il y ail jamais eu un philosophe a système qui liait avoué à la lin de sa vie qu'il avai; perdu son temps. U fout avouer que les invculcur^ des arts mécaniques ont été bien plus utiles nui bornâtes que les inventeurs des syllogismes : celui qui imagina la navette remporte furieusement sur celui qui imagina les idée» innées.