‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 449 sur 551 · PROVIDENCE · texte numérisé non relu

PROVIDENCE

J'étais à la grille lorsque saur Fessuc disait i sœur Confite : La Providence prend un soin visible de moi , vous savez comme j'aime mon moineau ; il était mort si je n'avais pas dit neuf Ave Maria pour obtenir sa guérison. Dieu a rendu mon moineau à la vie; remercions la sainte Vierge.

Un métaphysicien lui dit : Ma soeur, il n'y a rien de si bon que des A\ e Maria, surtout quand une fille les récite en latin dans an faubourg de Paris ; mais je ne crois pas que Dieu s'oeci.pe beaucoup de votre moineau, tout joli qu'il est; songez, je vous prie, qu'il a d'autres affaires. Il faut qu'il dirige continuellement le cours de seize plai.ètes et de l'anneau de Saturne, au contre desquels il a placé le soleil qui est aussi gros qu'un million do nos terres. Il a des milliards de milliards d'autres soleils, de planètes et do comètes à gouverner. Ses lois immuables et son concours éternel font mouvoir la nature entière : toot est lié à son trôno par une chaîne infinie dont aucun anneau ne peut jamais être hors de sa place. Si des Ave Maria avaient fait vivre le moineau do sœur Fessuc un instant do plus qu'il ne devait vivre, ces Ave Maria auraient violé toutes les lois posées de toute éternité par le grand Être ; vous auriez dérange l'univers, il vous aurait fallu un nouveau monde, un nouveau Dieu, un nouvel ordre de choses.

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