‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 454 sur 551 · QUAKERS · texte numérisé non relu

QUAKERS

SECTION PREIMfctk.

De la religion des quakers (*).

J'ai cru que la doctrine et l'histoire d'un peuple aussi extraordinaire que les quakers . méritaient In curiosité d'un homme raisonnable. Pour m'en instruire, j'allai trouver un des plus célèbres quakers d'Angleterre, qui , après avoir été trente ans dans le commerce , avait su mettre des bornes à sa fortune et à ses désirs, et s'était retiré dans une campagne aupresde Londres. J'allai le chercher dans sa retraite; c'était une maison petite, mais bien bâtie, cl ornée de sa seule propreté. Le quaker (a) était un vieillard frais, qui n'avait jamais eu de maladie, parce qu'il n'avait jamais connu les passions ni l'intempérance. Je n'ai point vu en ma vie d'air plus noble ni plus engageant que le sien. Il était vêtu comme tous ceux de sa religion , d'un habit sans plis dans les côtés et sans boutons sur les poches ni sur les manches, et portait un grand chapeau à bords rabattus comme nos ecclésiastiques. Il me reçut avec son chapeau sur la téte, et s'avança vers moi sans faire la moindre inclination de corps; mais il y avait plus de politesse dans l'air ouvert et humain de son visage, qu'il n'y en a dans l'usage de tirer une jambe derrière l'autre, et de porter à la main ce qui est fait pour couvrir la téte. Ami, me dit- il, je vois que tu es étranger; si je puis t'être de quelque utilité, tu n'as qu'à parler. Monsieur,

(•) Voy« l'artirle Bpacmaxe».

(♦) Ce» article cl la plupart d • crus (|ui traitent de la plufc» lopkie ou de la littérature ..nslaiic , pmrent ver» l'année 17»?. lorsque l'auteur revint d'Angleterre. On Mil combien ce» ouvrage, fixent alor. de bruit tous le tiiw de Lelfre* pfci'lo»opA«?ue..

(n) It .'appelait André" Pitt, et tout cela est exactement vrai, a qndque» circonstance! prè». André Pitt écrivit depui» à 1 auteur pour se plaindre de ce qu'on avait ajouté un peu à la vente, et I assura que Dieu «Suit offensé de ce qu'on avait plaiaaotë Ue quArs.

PHILOSOPHIQUE. 821 lui dis- je en me courbant le corps, et eu glissant un pied vers lui selon notre coutume , je me flatte que ma juste curiosité ne vous déplaira pas, et que vous voudrez bien mo faire l'honneur de m'instruirc de votre religion. Les gens de ton pays, me répondit-il, font trop de complimens et de révérences ; mais jo n'en ai encore vu aucun qui ait eu la même curiosité que toi. Entre, et dînons d'abord ensemble. Je fis eucorc quelques mauvais complimens, parce qu'on ne se défait pas de ses habitudes tout d'un coup; et après un repas sain et frugal, qui commença et qui finit par une prière à Dieu, je me mis à interroger mon homme.

Je débutai par la question que de bons catholiques ont faite plus d'une fois aux huguenots. Mon cher monsieur, dis-je, étes-vous baptisé ? Nou, me répondit le quaker; et mes confrères ne le sont point.

Comment morbleu, repris-je, vous n'êtes donc pas chrétiens ? Mon ami, repartit-il d'un ton doux, ne jure point : nous sommes chrétiens; mais nous ne pensons pas que le christianisme consiste à jeter de r«au sur la tête d un enfant avec un peu de sel. Hé bon Dieu ! repris - je , outré de cette impiété , vous avez donc oublié que Jésus-Christ fut baptisé par Jean? Ami, point de juremens, encore un coup, dit le bénin quaker. Le Christ reçut le baptême de Jean, mais il ne baptisa jamais personne; nous ne sommes pas les disciples de Jean , mais du Christ. Ah ! comme vous seriez brûlé par la sainte inquisition, m'écriaijc. Au nom de Dieu, cher homme, que je vous baptise! S'il ne fallait que cela pour condescendre à ta faiblesse, nous le ferions volontiers, repartit -il gravement : nous uc condamnons personne pour user de la cérémonie du baptême; mais nous croyons que ceux qui professent une religion toute sainte et toute spirituelle, doivent s'abstenir, autant qu'ils le peuvent, des cérémonies judaïques.

En voici bien d'une autre, m'écriai -je; des cérémonies judaiques ! Oui , mon ami , continua -t- il, et si judaïques que plusieurs Juifs encore aujourd hui usent quelquefois du baptême de Jean. Cousultc l'antiquité , elle t'apprendra que Jeau ne fit que renouveler cette pratique, laquelle était en usacc longtemps avant lui parmi les Hébreux , comme le pèlerinage de la Mecque l'était parmi les Ismaélites. Jésus voulut bien recevoir le baptême de Jean, de même qu'il était soumis à la circoncision; mais, et la circoncision et le lavement d'eau doivent être tous deux abolis par le baptême du Christ , ce baptême de l'esprit, cette ablution de l'Âme qui sauve les hommes. Aussi le précurseur Jean disait : Je vous baptise à la vérité avec de l'eau; mais un autre viendra après moi, plus puissant que moi , et dont je ne suis pas digne de porter les sandales; celui-là vous baptisera avec le feu et le Saint-Esprit. Aussi le grand apôtre dc> gentils, Paul, écrit aux Corinthiens : Le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais pour prêcher l'évangile. Aussi ce même Paul ne baptisa jamais avec de l'eau que deux personnes, encore fut-ce malgré lui. Il circoncit son disciple Timotltée : les autres apôtres circoncisaient aussi tous ceux qui voulaient l'être. Es -lu circoncis ? ajouta -l- il. Je lui répondis que j»

I X TlOWWAJRE

n'avais pas cet honneur. Wé bien , dit-il , ami , ta es ebrétien sans êlrc circoncis, et moi, sans être baptisé.

Voilà comme mon saint homme abusait assea spécieusement de trois ou quatre passages de la sainte Ecriture, qui semblaient favoriser sa secte; il oubliait, de la meilleure foi du monde , une centaine de passages qui l'écrasaient. Je me gardai bien de lui rien contester; il n'y a riea à gagner avec un enthousiaste. Il ne faut pas s'iviscr de dire ë on homme les défauts de sa maîtresse, ni à un plaideur le faible de sa cause, ni des raisons à un illuminé. Ainsi je passai à d autres questions.

A l'égard de la communion, lui dis -je, comment en usci-vous ? Nous n'en u.ons point, dit-il. Quoi ! point de communion? Non, point d'autre que celle des coeurs. Alors il me cita oucorc les écritures; il me fit un fort beau sermon contre la communion, et me parla d'un ton d'inspiré, pour me prouver que les sacrcmotis étaient tous d'invention humaine, et que le moi de sacrement ne se trouvait pas une seule fois dans l'évangile. Pardonne, dit -il, à mon ignorance; je ne l ai pas apporté la centième partie des preuves de ma religion; mais tu peux les voir dans l'exposition de notre foi par Robert Barclay. Cest uu des meilleurs livres qui soit jamais sorti de la main des hommes ; nos ennemis conviennent qu'il est très - dangereux ; oela prouve combien il est raisonnable. Je lui promis de lire ce livre , et mon quaker me crut déjà converti.

Ensuite il me rendit raison, on peu de mots, de quelques singularités qui exposent celte secte au mépris des autres. Avoue , dit-il , que tu as bien eu de la peine à l'empêcher de rire, quand j'ai répondu a toutes tes civilités avec mon chapeau sur la téte, et en te tutoyant. Cependant tu me parais trop instruit pour ignorer que du temps de Christ aucune nation ne tombait dans le ridicule de substituer le pluriel au singulier : on disait A César Auguste : Je t'aime, j« te prie, je le remercie; il ne souffrait pas même qu'on l'appelât monsieur, domi;iu«. Ce ne fut que longtemps après lui que les hommes s'avisèrent de se faire appeler vmts au lieu de tu, comme s ils étaient doubles, et d'usurper les titres imperti tiens du grandeur, d'émrnencc, de sainteté, de divinité même, que des vers de terre donnent à d'autres vers de terre, en les assurant qu'ils sont a^cc un profond respect, et avec une fausseté înfAma, leurs très - humbles et tres-obéissans serviteurs. Cest pour être plus dur nos gardes contre cet indigne commerce de mensonges et de flatteries, que nous tutoyons également les roi* et les charbonniers, que nous ne saluons personne, n'ayant pour les hommes que de la charité, et de respect que pour les lois.

>ous portons aussi un habit un peu différent des autres hommes, afin que ce soit pour nous un avertissement continuel de ne leur pas ressembler. Les autres portent les marques de lenrs dignités, et nous celles de l'humilité chrétienne. Nous fuyons les assemblées de plaisirs, les spectacles, le jeu ; car i serions bien a plaindre de remplir de ces i dos cœurs en qui Dieu doit habiter. Nous ne feson* jamais de serin en s, p« mèmt en justice « notts f*n-

sons que le nom du Trèa-Jlaut ne doit pas Ion

prostitué dans les débats misérables de* boni m*,. Lorsqu'il faut que nous comparaissions devant les magistrats pour les affaires des autres, ( car nous n'avons jamais de procès ), nous affirmons la vérité par un -m ou par un *<>/», et les juges nous en croient sur notre simple parole, taudis que tant d'autres chrétiens se parjurent sur l'évangile. Nous n'allons jamais a la guerre : ce n'est pas que nons la mort, au contraire, nous bénissons le i nous unît à l'être des fixes; mais c'est que nous ne sommes ni loups, ni tigres, ni dogues, mais hommej, mais chrétiens. Notre Dieu, qui uous a ordonné d'aimer nos ennemis, et de souffrir sans murmure, ne veut pas, sans doute, que nous passions la pour aller égorger nos frères , parce que des triers vêtus de rouge, coiffés d'un bonnet haut de deux pieds, enrôlent des citoyens en fess»"t dn brait avec deux petits bâtons sur une peau d'Ane bien tendue. Et Iorsqn'aprés des bata-'Ilcs gagnées tout Londres brille d'illuminations, que le ciel est enflammé de fusées, que l'air retentit du bruit des actions de grâces, des cloches, des orgues, des canons, nous gémissons en silence sur ces meurtres qui causent la publique allégresse.

Telle fut à peu près la conversation que j'eus avec cet homme singulier; mais je fus bien surpris quand le dimanche suivant il me mcua à l'église des quakers. Us ont plusieurs chapelles à Londres; celle où j'allai est près de cr fameux pilier que l'on appelle le monument. On était déjA »«u>mblé. lorsque j'entrai avec Mon conducteur. Il y avait environ quatre cents hommes dans l'église, et trois cents femmes. Les femmes se cachaient le visage, les hommes étaient couverts de leurs larges chapeaux; tous étaient assis, tous dans un profond silence. Je passai au milieu d'eui sans qu'un seul levât les yeux sur moi. Ce silence dura un quart d'heure; enfin un d'eux se leva, dis son chapeau, et après quelques soupirs, débita moitié avec la bouche , moitié avec le nci , un galimatias tiré, à ce qu'il croyait, de l'évangile, où ni lui ni personne n'entendait rien. Quand ce frscur de contor sions eut fini sou beau monologue, et que l'assemblée se fut séparée toute édifiée et toute stupide, je demandai à mon homme pourquoi les plus sages d'entre eux souffraient de pareilles sottises? Nous sommes obligés de les tolérer, me dit -i , parce que nous ne pouvons pas savoir si un homme qui se lève pour parler sera iuspiré par l'esprit on par la folie. Dans le doute, nous écoutons tout patiemment, nous permettons même aux femmes de parler; deux ou troi» de nos dévotes se trouvent souvent inspirées à la fois, et c'est alors qu'il se fait un beau brut dans la maison du Seigneur. Vous n'avez donc point de prêtres ? kni dis je. Nou, mon ami, dit le quaker; et nous nous en trouvons bien. Alors, ouvrant un livre de sa secte, il lut avec emphase ces paroles : A Dieu ne plaise qu* nons osions ordonner à quelqu'un de recevoir se Saint-Esprit le dimanche, à l'exclusion de tous le» autres fidèles î GrAcc au ciel , nous sommes les «cals sur la terre qui n'ayons point de prêtres. Voudrai»-»» nous ôter une distinction si heureuse? Poonro^sw

-noms noire ©a font a des

mercenaires, quand nous avens du lait a lai donner? Ces mercenaires domineraient bientôt dans la maison,

et opprimeraient la mère et l'enfant. Dieu a dit : Vous avez, reçu gratis, donnez gratis. Irons-nous après •cette parole marchander l'évangile, vendre l'Esprit- Saint, et faire d'une assemblée de chrétiens nne boutique de marchands? Noos ne donnons point d'argent «des hommes vêtus de noir pour assister nos pauvres, pour enterrer nos morts, pour prêcher les fidèles; ces saints emplois nous sont trop ebers pour nous on décharger sur d'autres. Mais comment pouvez-vous discerner, insistai-)e, si c'est l'esprit de Dieu qui vous anime dans vos discours ! Quiconque , dit - il , pri ora Dieu de l'éclairer, et annoncera des vérités évatigéiiques qu'il sentira, que celui-là soit sûr que Dieu J'inspire. Alors il m'accabla de citations de l'Ecriture, qui démontraient , selon lui , qu'il n'y a point de christianisme sans une révélation immédiate; et il ajouta ces paroles remarquables : Quand tu dis mouvoir un de tes membres, est-ce ta propre force qui le remue ? non sans doute; car ce membre a soovent| des mouvcnicns involontaires : c'est donc celui qui a créé ton corps qui meut ce corps de terre. Et les idées que reçoit ton Ame, est-ce toi qui les forme ? encore moisis, car elles viennent malgré toi : c'est donc le créateur de ton âme qui te donue tes idées; omis, cérame il a laissé à ton cœur la liberté, il donne à ton esprit les idées que ton cœur mérite; lu vis dans Dieu, tu agis, tu penses dans Dieu. Tu n'as donc qu'à ouvrir les yeux a cette lumière qui éclaire tous les hommes, alors tu verras la vérité , et la feras voir. Hé I vwlà le père Malebranche tout pur, m'écriai-je. Je connais ton Malebranche, dit-il; il était un peu quaker , mais il ne l'était pas assez.

Ce sont là les choses les pins importantes que j'ai apprises touchant la doctrine des quakers. Dans le chapitre suivant vous aurez leur histoire que vous trouverez encore plus singulière que leur doctrine.

Vous

3SCTI03 II.

Histoire des quakers.

déjà vu que les quakers datent depuis

Jésus-Christ qui, selon eux, est le premier quaker. La religion, diseut-iis, fut com»mpuc presque après sa mort, et resta dans cette corruption environ seize cents années; mais il y avait toujours quelques quakers cachés dans le monde , qui prenaient soin de conserver le feu sacré éteint partout ailleurs , jusqu'à ce qu'enfin cette lumière s'étendit en Angleterre en l'an 1642.

Ce fut dans le temps que trois ou quatre sectes déchiraient la Grande-Bretagne par des guerres civiles entreprises au nom de Dieu, qu'un nommé George Fox, du comté de Leiccstcr , fils d'un ouvrier en soie, s'avisa de prêcher eu vrai apôtre, à ce qu'il prétendait, c'est-à-dire, sans savoir ni lire ni écrire. C'était un jeune homme de vingt-cinq ans, de mœurs irréprochables, et saintement fou. Il était vêtu de cuir depuis les pieds jusqu'à la tête; il allait de village en village,

i le clergé. S'il n'avait U n'avait rien*

à craindre , mats U attaquait les gens d'église ; il lut bientôt mis en prison : on le mena à Darby devant la juge de paix. Fox se présenta au juge avec son bonnet de enir sur la tête. Un sergent lui donna un grand sou lllet, en lui disant : Gueux, ne sais-tu pas qu'il faut paraître tête nue devant monsieur le juge. Fox tendit l'autre joue , et pria le sergent de vouloir bien lui donner un autre soufflet pour l'amour de Dieu. Le juge de Darby voulut lui faire prêter serment avant de l'interroger : Mon ami, sache, dit-il au juge , que je ne prends jamais la nom de Dieu et? vain. Le juge en colère d'être tutoyé, et voulant qu'on jurât, l'envoya aux petites- maisons de Darby pour y être fouetté. Fox alla eu louant D«eu à l'hôpital des fous, où l'on ne manqua pas d'exécuter la sentenee à la rigueur. Ceux qui lui infligèrent la pénitence du fouet furent bien surpris quand il les pria de lui appliquer encore quelques coups de verges pour le bien du son «me. Ces messieurs ne se firent pas prier : Fox eut sa double dose, dont il les remercia très-cordialement ; puis il se mit à les prêcher. D'abord on rit , ensuite on IVcouta; et, comme l'enthousiasme est une maladie qui se gagne, plusieurs furent persuadas, et ceux qui l'avaient fouetté devinrent ses premier» disciples. Délivré de la prison, il courut les champs avec une douzaine de prosélytes, prêchant toujours contre le clergé, et fouetté de temps eu temps. Un jour étant mis au pilori, il harangua tout le peuple avec tant de force, qu'il convertit une cinquantaine d'auditeurs, c: mit le reste tellement dans sesîutérfts, qu'on le tira en tumulte du trou où il était; on alla chercher le curé anglican dont le crédit avait fait condamner Fox à ce supplice, et on le piloria à sa place.

Il osa bien convertir quelques soldats de Cromwell , qui renoncèrent au mé-ier de tuer, et refusèrent de prêter le serment. Cromwell uc voulait pas d'une secte où Ton nu se battait point , de même que Sixte-Quint augurait mal d'une secte, duvc non si cUùmwu : il so servit de son pouvoir pour persécuter ces nouveaux venus. On en remplissait les prisons; mats les persécutions ne servent presque jamais qu'à faire des pre~sélites. Ils sortaient de leurs prisons affermis dans leur créance, et saivis de leurs geôliers qu'ils avaient convertis. Mais voici ce qui contribua le plus à étendre la secte. Fox se croyait inspiré ; il crut par conséquent devoir parler d'une manuTcdirïïrcntcdes autres hommes. Il se mit à trembler, à foire des contorsions et des grimaces, à retenir son baleine, à la pousser avec violence; la prêtresse de Delphes n'eût pas mieux f.iit. En peu de temps ii acquit une grande habitude d'inspiration , et bientôt après il ne fut guère en son pouvoir de parler autrement. Ce fut le premier don qu'il communiqua à ses disciples. Ils firent de bonne foi toutes les grimaces de leur maître; ils tremblaient de toutes leurs forces au moment de l'inspiration. De là ils eurent le nom de quakers , qui signifie tremblcurs. Le petit peuple s'amusait à les contrefaire; on tremblait, on parlait du nez, on avait des convulsions, et on croyait avoir le Saint-Esprit. H leur fallait quelques miracles, ils en firent.

Le patriarche Fox dit publiuucmcnt à un juge de

pait , on présence d'une graude assemblée : Ami, prends gardo à toi, Dieu te punira bientôt de persécuter les saints. Ce juge était un ivrogne qui s'enivrait tous les jours de mauvaise bière et d'eau-dc-vie ; il mourut d'apoplexie deux jours après, précisément comme il venait de signer un ordre pour envoyer quelques quakers en prison. Cette mort soudaine ne tut point attribuée à l'intempérance du juge ; tout le monde la regarda comme un effet des prédictions du .saint homme. Cette mort fit plus de quakers que mille sermons et autant de convulsions n'en auraient pu faire. Cromwcll, voyant que leur nombre augmentait tous les jours, voulut les attirer à son parti ; il leur Ht offrir de l'argent, mais ils furent incorruptibles ; et il dit un jour que celte religion était la seule contre latquellc il n'avait pu prévaloir avec des guinées.

Us furent quelquefois persécutés sous Charles II , son pour leur religion, mais pour ne vouloir pas payer les dîmes au clergé , pour tutoyer les magistrats, et refuser de prêter les sermens prescrits par la loi. Enfin Robert Barclay, Ecossais, présenta au rot , en i G; 5, son apologie des quakers, ouvrage aussi bon qu'il pouvait l'être. L'épître dédicatoire à Charles II conticul non de basses flatteries, mais des vérités hardies et des conseils justes. Tu as goûté, dit-il à Charles a la fin de cette épitre, de la douceur et de l'amertume, de la prospérité et des plus grands malheurs : tu as été chassé des pays où tu régnes; tu as .senti le poids de l'oppression; et tu dois savoir combien l'oppresseur est détestable devant Dieu et devant les hommes. Que, si après tant d'épreuves et de bénédictions ton cœur s'endurcissait et oubliait le Dieu qui s'est souvenu de toi dans tes disgrâces, ton crime en serait plus grand , et ta condamnation plus terrible : au lieu donc d'écouter les flatteurs de ta cour, écoute la voix de ta conscicucc qui ne te flattera jamais.

Je suis ton fidèle ami et sujet ,

Ce qui est plus étonnant, e'est que cette iettie écrite à uti roi , par un particulier obscur , eut son effet, et que la persécution cessa.

Environ ce temps parut l'illustre Guillaume Pcn, qui établit la puissance des quakers m Amérique, et qui les aurait rendus respectables en Europe, si Ici hommes pouvaient respecter la vertu sous des apparences ridicules. Il était fils unique du chevalier Pen , vice-amiral d'Angleterre, et favori du duc dTorck depuis Jacques II.

Guillaume Pcn, à l'âge de quinze ans, rencontra un quaker à Oxford où il fesait ses études : ce quaket le persuada; et le jeune homme, qui était vif, naturellement éloquent, et qui avait de l'ascendant dans M physionomie et dans ses manières, gagua bientôt quelques-uns de ses camarades : il établit insensiblement une société de jeunes quakers , qui s'assemblaient chez lui; de sorte qu'il se trouva chef de la secte à l'âge de seize ans. De retour chez le vice -amiral son père, au sortir du collège, au lieu de se mettre a genoux devant lui , et de lui demander sa bénédiction, selon l'usage des Anglais, il l'aborda le chapeau sur la téle, et lui dit : Je suis fort aise, l'ami, de te voii

en bonne santé. Le vice-amiral crut que son fils était devenu fou ; il aperçut bientôt qu'il était quaker. Il mit en usage touslcs moyens que la prudence humaiue peut employer pour l'engager à vivre comme on autre; le jeune homme ne répondit à son père qu'où l'exhortant à se faire quaker lui - même. Enfin le père se relâcha à ne lui demander autre chose, sinon qu'il allitt voir le roi et le duc d'Yorck le chapeau sous le bras , et qu'il ne les tutoyât point. Guillaume répondit que sa conscience ne le lui pcnnoUait pas, et qu'il valait mieux obéir a Dieu qu'aux hommes. Le père indigné et au désespoir le chassa de sa maison. Le jeune Pcn remercia Dieu de ce qu'il souffrait déjà pour sa cause ; il alla prêcher dans la cité, il y fit beaucoup de prosélytes. Les prêches des ministres s'éclaircissaient tous les jours; et, comme il était jeune, beau et bien fait, les femmes de la cour et de la ville accouraient dévotement pour l'entendre. Le patriarche George Fox vint du fond de l'Angleterre le voir à Londres , sur sa réputation ; tous deux résolurent de faire des missions dans les pays étrangers : ils s'embarquèrent pour la Hollande, après avoir laissé des ouvriers en assez bon nombre pour avoir soin de h vigne de Londres.

Leurs travaux curent un heureux succès à Amsterdam : mais ce qui leur fit le plus d'honneur, et ce qui mit le plus leur humilité eu danger, fut la réception que leur fit la princesse palatine Elisabeth, Unie de George I, roi d'Angleterre, femme illustre par son esprit et par son savoir, et à qui Dcscarlcs avait dédié son roman de philosophie. Elle était alors retirécàLa Haye , où elle vit les amis ; car c'est ainsi qu'on appelait alors les quakers en Hollande. Elle eut plusieurs conférences avec eux ; ils prêchèrent souvent chez elle; et, s'ils ne firent pas d'elle une parfaite quakeresse, ils avouèrent au moi us qu'elle n'était pas loin du royaume des cieux. Les amis semèrcul aussi en Allemagne ; mais ils y recueillirent peu ; on ne goûta pas la mode de tutoyer dans un pays où il faut prouoncer toujours les termes d'ttllcs c et Arrrel tenir. Peu repassa bientôt en Angleterre, sur la nouvelle de la maladie de son père; il vint recueillir ses derniers soupirs. Le vice-amiral se réconcilia avec lui, et l'embrassa avec tendresse, quoiqu'il fût d'une différente religion : mais Guillaume l'exhorta en vain à ne point rerevoir le sacrement et à mourir quaker ; et le vieux bon -homme rveommandu inutilement a Guillaume d'avoir des boutons sur ses manches et des ganses » son chapeau.

Guillaume hérita de grands biens, parmi lesquels il se trouvait des dettes de la couronne pour des avances faites par le vice-amiral dans des expéditions maritimes. Rien n'était moins assuré alors que l'argent dil par le roi. Peu fut obligé d'aller tutoyer Charles H et ses ministres, plus d'une fois, pour son payement. Le gouvernement luidonna en 1680, au licud'argent, la propriété et la souveraineté d'une province d Anu'-rique au sud de Marylaud. Voilà un quaker devenu souverain. Il partit pour ses nouveaux étals avec deux vaisseaux chargés de quakers qui le suivirent. On appela dès lors le pays Pcnsilvanic dunomdcPen; il y fonda la ville de Philadelphie, q«i est aujourd'hui

irt'à-florissa«te. il commença par foire une ligue avec les Américains ses roisins. C'est le seul traité entre ce> peuples et les chrétiens qui n'ait point été juré et n'ait point été rompu. Le nouveau souverain fut aussi K' législateur de la Pensilvanic : il donna des lois très- iages, dont aucune n'a été changée depuis lui. La prcmiî.e est de ne maltraifer personne au suje* de la religion, et de regarder comme frères tous ceux qui croient en Dieu. A peine eut -il établi son gouvernement, que plusieurs marchands de l'Amérique vinrent peupler cette colonie. Les naturels du pays, au lieu de fuir dans les forces, s'accoutumèrent insensiblement avec les pacifiques quakers. Autant qu'ils dételaient les autres chrétiens conquérons et destructeurs de l'Amérique, au'.ant ils aimaient ces nouveaux venus. En peu de temps ces prétendus sauvages, charmes de leurs nou' eaur voisins, vinrent en foule demander A Guillaume Pce de les recevoir au nombre de ses vassaux. (Tétait un spectacle bien nouveau qu'un souverain que tout le monde tutoyait, et A qui on parlait le chapenii sur la tete; un gouvernement sans prêtres, un peuple sans armes, de* citoyens tous égaux à la magistrature près , et des voisins sans jalousie. Guillaume Pen pouvait se vanter d'avoir apporté sur la terre Tige d'or, dont on parle laut, cl qui n'a vraisemblablement existé qu'en Pensilvanic.

Il revint en Angleterre pour les affaires de son nouveau pays , après la mort de Charles II. Le roi Jacques, qui avait aimé son père, mit la même affection pour c dis, et ne le considi ra plus comme un sectaire obscur, mais comme un très-grand homme. La politique du roi s'accordait en eela avec son goût. Il avait envie de flatter les quakers en abolissant les lois contre les non -conformistes, afin de pouvoir introduire la religion catholique à la faveur de cette liberté. Toutes les sectes d'Angleterre virent le piège, et ne s'y laissèrent pas prendre; elles sont toujours réunies contre le catholicisme, leur ennemi commun. •Mais Pen ne crut pas devoir rcuoncer à ses principe», pour f.iïoriscr des protestausqui le haïssaient, contre un roi qui l'aimait. Il avait établi ia liberté de conscience en Amérique, il n'avait pas envie de vouloir paraître la détruire en Europe ; il demeura donc fidèle a Jacques II, au point qu'il fut généralement aecuw: d'être jésuite. Celte calomnie l'affligea sensiblement : il fut obligé de s'en justifier par des écrits publics. Cependant le malheureux Jacques II qui , comme presque tous les Stuarts, était un composé de grandeur et de faiblesse, et qui , comme eux, en fit trop et trop peu, perdit son royaume sans qu'il y eût une épéc de tirée , et sans qu'on prit dire comment la chose arriva. Toutes les sectes anglaises reçurent de Guillaume III et de sou parlement, cette même liberté qu'elles n'avaient pas voulu tenir des mains do Jacques. Ce fut alors que les quakers commencèrent a jouir par la force des lois de tous les privilèges dont ils sont en possession aujourd'hui. Peu, après avoir vu enfin sa secte éublic sans contradiction dans le paya de sa naissance, retourna en Pcnsilvuuie. Les siens et les Américains le reçurent avec des larmes de II joie, comme un père qui revenait voir ses enfrus. 11

d.ct.-»«uu

Toutes ses lois avaient été religieusement observées pendant son absence ; ce qui n'était arrivé à aucun législateur avant lui. Il resta quelques années à l'hila* delphie. Il en parfit enfin malgré lui , pour aller solliciter à Londres de nouveaux avantages eu faveur du commerce des Pensilvains; il ue les revit plus, il mourut à Londres en 1718.

Ce fut sous le règne de Charles II qu'ils obtinrent le noble privilège de ne jamais jurer, et d'être crus en justice sur leur parole. Le chancelier , homme d'esprit, leur parla ainsi . « ?îes ami», Jupiter ordonna un jour que toutes les bêtes de somme vinssent se frire ferrer. Les Unes représentèrent que leur loi ne le permettait pas. Hé bien, dit Jupiter, on ne vous ferrera point; mais, au premier faux pas que vous ferez , vous aurez cent coups dMtriviéres. »

Je ne puis deviner quel sera le sort de la religion des quakers en Amérique ; mais je toîs qu'elle dépérit tous les jours à Londres. Par tout pays la religion dominante, quand elle ne persécute point, engloutit à la longue toutes les antres. Les quakers ne peuvent être membres du parlement, ni posséder aucun office, parce qu'il faudrait prêter serment et qu'ils ne veulent point jurer; ils sont réduits A la nécessité de gagner de l'argent par le commerce. Leurs en fans, euriebis par l'industrie de leurs pères, veulent jouir, avoir des honneurs, des boutons ut des manchettes; ils sont honteux d'être appelés quakers, et se font proiestan; pour être à la mode.

SECTION tir.

Quaker oh Qoîutcre , ou primitif, ou membre de la primitive Eglise chrétienne , ou PensilvamVn, ou Philadclphien.

De tous ces titres, celui que j'aime le mieux est celui de Philadclphicn, ami des frères. Il y a bien des sortes de vanités; mais la plus belle est celle qui, ne s'arrogeant aucun titre, rend presque tous les autres ridicules.

Je m'accoutume bientôt à voir un bon Philadclphicn me traiter d'ami et de frère ; ces mots raniment dans mou cœur la charité, qui se refroidit trop aisémont. Mais que deux moines s'appellent, s'écrivent votre resircnit; qu'ils su fassent baiser la main en Italie et en Espague; c'est le dernier degré d'un orgueil en démence ; c'est le dernier degré de sottise dans ceux qui la baisent; c'est le dernier degré de la surprise et du rire dans ceux qui sont témoins de ces inepties. La simplicité du Philadclphicn est la satire continuel. e des évèques qui se monseigneuriseiit.

N'avcK-voiu point de honte, disait un laïque au fils d'un manœuvre, devenu éveque, de vous iutitulcr, inwsr/'unrwr et prince / est-ce ainsi qu'en usaient Barnabe , Philippe et Judo ? Va , va , dit le prélat , si Barnabe , Philippe et Jude l'avaient pu , ils l'auraient fait; et la preuve en est, que leurs successeurs l'ont fait dès qu'ils l'ont pu.

Un autre, qui axait un jour a sa table plusieurs Gascons, disait : '1 faut bien qne je sois monseigneur

puisque tous ces messieurs soûl marqnis. Vanilas

eau Htiium.

J'ai déjà parlé des quakers 4 l'article Egliie primilit-c , cl c'est pour cela que jeu veux, parler encore. Je vous prie, non cher lecteur, de ne point dire que je me rop< 'te; car, s'il y a deux ou Uois pages répétées duv.s ce Dictionnaire, ce n'est pas un faute, c'est celle des éditeurs. Je suis malade an mont Krapac, je ne puis pas avoir l'œil à tout. J'ai des associés qui travaillent ca nine moi à la vigne du Seigneur, qui cherchent à inspirer la paix et la tolérance, l'horreur pour le fanatisme, la persécution, la calomnie, la dureté île mœurs, et l'ignorance insolente.

Je vous dirai, «ans me répéter, que j aime, les quakers. Oui, si la mer ue me fesail pas un mal insupportante, ce serait dans ton sein, ô IVnsilvanic ! quej irais Unir le reste do ma carrière , s'il y a du reste, ïu es située au quarantième degré, dans le climat le plus doux et le plus favorable; tes campagnes sont fertile»; les maisous commodément bâties ; tes habitans industrieux ; tes raauulàctures en houueui . Une paix étemelle n gne parmi tes citoyens; les crimes y sont presque inconnus; et il u'y a qu'un seul exemple d'un homme banni du pays. Il le méritait bien ; c'était un p '. Ire angi eau qui, «étant fait quaker, fut indigne de l'être, (kr malheureux fut sans dou e possédé, du diabie; car il osa prêcher l'intolérance : il s'appelait George Kciib : ou le chassa; je ne sais pas uù il es: •lié ; mais puissent tous les intoléraus aller avec lui !

Aussi de trois cent mille habitans qui vivent heureux < be/ lo!, il y a deux cent mille étrangers. On peut, pour douze guinées, acquérir cent arpens il» très-bonne terre ; et dan» ces cent arpens on est véritablement roi , car on est libre , on est citoyen ; vous nu pouvez faire de mal a personne, et personne ne peut vous en faire; vous penser ce qu'il vous plai , et vous le dites sans que personne vous persécute; vous w connaissez point le fardeau des impôts continuellement redoublé; vous n'avez point de cour a faire; vous ne redoutez point i'insolenco d'un subalterne important. H est vrai qu'au mont Krapac nous vivons à peu près comme vous ; mais nous ne devons la tranquillité dont nous jouiasous qu'aux montagnes couvertes dc-nciges. éternelles , et aux précipices affreux qukenlonrenl notre paradis terrestre. Eueore le diable quelquefois franchit-il, comme dans Millau, eus précipices et ces monts épouvantables, pour venir infecter de sou baleine empoisonnée les fleura de notre paradis. Satan « était déguisé eu crapaud po:u venir tromper deux créatures qui animaient. 11 est venu une fois chez nous dans sa propre ligure pour »p porter l'intolérance. Notre innocence a triomphé le toute la tireur du diable.

QUESTION, TOKTUKK.

J Ai uw jours présumé que la question, la torture avait été inventée par dos voleurs, q»>> ttant entrés cher, un avare , ni ne trouvant poiat son trésor, lui firent soulli-ir mille tourmens jusqu'à «o qu'il le d.(- «ouvri».

On a dit. souvent que la question était un (moyen de sauver un coupable robuste, et de perdre un in-

nocent trop faible; que chez les Athéniens on ne don* nait la question que dans les crimes d'état; que Jes Romains n'appliquèrent jamais à la torture un çitoycu romain pour savoir son secret.

Que le tribunal abominable de l'inquisition renouvela ce supplice, et que par conséquent U doit éjrc eu horreur à toute U terre.

Qu'il est aussi absurde d'infliger la torture pour parvenir à la connaissance d'un crime , qu il était absurde d'ordouncr autrefois le duel poui juger un

I coupable; car souvent le coupable éiaiî vainqueur, et souvent Je coupable vigoureux et opiniâtre résiste à la question, tandis que l'innocent débile y succombe.

Que cependant le duel était appelé le jugement de Dieu, et qu'il ne manque plus que d'appeler la torture le jiujcmcnt de Dieu.

Que la torture est un supplice plus long et plus douloureux que la mor; ; qu'ainsi on punit l'accuse avant d'être certain de sou crime, et qu'on 'c punit plus cruellement qu'eu le fesant mourir.

Que mille exemples funestes ont dû désabuser les législateurs de cet usage affreux.

Que cet usage est aboli dans plusieurs pays de l'Europe , et qu'où voit moins de grands crimes daus ces pays que dans le nôtre où la torture est pratiquée.

Ou demande après cela pourquoi la torture est toujours admise chez les Français qui passent pour un peuple doux et agréable ?

On répond que cet affreux usage subsiste encore parqe qu"d est établi; on avoue qu'il y a beaucoup de personnes douces et agréables en ï'raucc , mais oq nie que le peuple soit humain.

Si on donne la question à des Jacques Clément, * des Jean Cbâtei, à des Ravaillac, à des Damicns. personne ne murmurera; il s'agit de la vie d'un roi et du salut de tout l'état ( t ). Mais que des juges d'Ahbeville condamnent à la torture un jeune officier pour savoir quels sont les enfans qui ont chaïué avec lui une vieille chanson, qui ont passé devar.1 une pro cession de capucins sans ôter leur cbapwi ; j'ose presque dire que cette horreur perpétrée daus un temps de lumières et de paix , est pire que les massacres de la Saintrliartbélemi commis dans les ténèbres du fanatisme.

Nous l'avons déjà iptiuué, et noua voudrions 1<?

I graver bien profondément dans tous les cervoaux et

II daus tous les cœurs.

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