‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 455 sur 551 · QUÊTE · texte numérisé non relu

QUÊTE

< L'on compte quatre-vingt-dix-huit ordres mon* tiques dans l'église; soixante-quatre qui «ont renié», et trente -quatre qui vivent de quête, u saus aucune obligation, diseal-ils, de travailler, ni corporelle

(1) ioncaïc l'uspératrice-rrioe «cniand* tu» cet ohjet l'»*i* de» jurisconsultes les plus nclaires de tes état» , Celui qui pr>»- U l»>w u'abulir U UKlure crut devoir aouleair que te wul « II pour lequel elle put Hte conservée, liait le crime de lèse nw- II j«*U«. L'imper striée lui w>u livre et abolit la lecture «ans aura»? f rémmvr. Une aouverame a <*c fave plu qu'un W*** || veuosedù*.

ment ni spirituellement, pour gagner leur vie; mais seulement pour éviter l'oisiveté : et comme seigneur* directs de tout le monde, et participais à la souveraineté de Dieu en l'empire de l'univers, ils ont droit do vivre au* dépens do publie, sans fiiire <|tie ce qu il leur plaira. »

Ces propres paroles se lisent dans un Kvte trèscurieux intitulé ; Les heureux succès de la piété; et les raHoni qu'en allègue l'auteur ne sont pas moins convaincantes. « Depuis, dit -il, nue le cénobite a consacré à Jésus-Christ le droit de se servir des biens temporels, le monde ne possède plus rien qu'à son refus; et il voit les royaumes et les seigneuries comme des usages que sa libéralité a laissés en fief. Ccst ce qui le rend seigneur du monde, possédant tout par un domaine direct, parce que s étant rendu une possession de Jésus-Christ par le vœu, en le possédant, il prend aucunement (en quelque manière) part a sa souveraineté. Le religieux a même cet avantage sur le prince, qu'il ne lut faut point d'armes pour lever ce que le peuple doit à son cxerriec til possède les affections devant que de Tecevoir le» libéralités, et sou empire s'étcud plus suf les cœurs q ne sur les biens. »

Ce fut François d'Assise qui , l'an 1 203 , imagina cette nouvelle manière de vivre de quête; mais voici ce que porte sa règle (a) : Les frères à qui Dieu en a donné le talent travailleront fidèlement, en sorte qu'ils évitent loisivoté sans éteindre l'esprit d'oraison ; et pour récompense de leur travail ila recevront leurs besoins corporels pour eux et pour leurs frères, suivant ('humilité et la pauvreté; mais ils m recevront point d'argent. Les frères u'aurew» rien en propre, ni maison, ni lieu, ni autre chose; omis, se regardant comme étrangers en ce monde, ils iront avec confiance demander l'aumône.

remarquons, avec le judicieux Klcory, que, si les inventeurs des nouveau* ordres mendiant- n'étaient pn» canonisés pour la plupart, on pourrait les soupçonner de s'être laissé séduire à l'amour-propre , et d'avoir voulu se distinguer par leur raffinement au dessus des autres. Mais saaa préjudice de leur sainteté, on peut librement attaquer leurs lensuères ; et le pape Innocent III avait raison de faire difficulté d'approuver le nouvel institut de saint François; et plus encore le concile de Latran, tenu en 1 ai 5, de défendre de nouvelles religions, c est-axlire, do nouveaux ordres ou congrégations.

Cependant, comme a» treitiéme siècle l'on était touché des désordres que l'on avait devant les yeux , de favuriee du c'ergé, de sue* ieac* de sa vie molle et voluptueuse qui avait gagné les monastères rentes, Ton Ait si frappé de ce renoncement! à lu possession des biens temporels en particulier et en commun , ifu'au chapitre g-'n^ral que saint François tint près d'Assise en 1 a i<), 06. il se trouva plus- uV cinq mille frères mineurs q« campèrent en rase campagne, Us ne manquèrent de rien par ta charité d«s villes voisines. Ou voyait accourir de tous les pays les ccclé-aiasttqucs, les laïques, la noblesse, le pebt peuple,

et non-seuleme/nt leur fournir les choses' nécessaires, mais s'empresser a les servir de leurs propres maint avec une sainte émulation d'humilité et de charité.

Saint François, par sou testament, avait fait une défense expresse à .tes disciples de demander au pape aucun privilège, et de donner aucune explication à sa règle ; mais quatre ans après sa mort , dam un chapitre assemblé l'an t3.3o, ils obtinrent du pape Grégoire IX une bulle qui déclare qu'ils ne sont point obligés à l'observation de son testament , et qui explique la règle en plusieurs articles. Ainsi le travail des mains, si recommandé dans l'Ecriture, et si bien pratiqué par les premiers moines, est devenu odieux; et la mendicité, odi.use auparavant, est devenue honorable

Aussi trente ans après lu mort de saint François , on remarquait déjà un relâchement extrême dans le* ordres de sa fondation. Nous n'en citerons pour' preuve que le témoignage de saint Bonaventnrc qui tic peut être suspect. C'est dan» la lettre qu'il écrivit en n5j , étant général de l'ordre, à «ous les provinciaux et les gardiens. Cette lettre est dans ses opuscules, tome II , page 35a. Il se plaint de la multitude des affaires pour lesquelles ils requéraient de l'argent, de l'oisiveté des divers frères, de leur vie vagabonde, de leurs importunités à demander, des grands' bàliincns qu'ils élevaient, enfin de leur avidité des sépnltorcs et des testamens. Saint Boiraveirture n'est pas le seul qui se soit élevé contre c -s abus, puisque M. Camus, évéqnc de Bclray , observe que le seul ordre des minoritaiiis a souffert plus de vingt-cinq réformes eu quatre cents ans. Disons un mot sur chacun de ces griefs «que tant de réformes n'ont pu déraciner encore.

Les frères mendians, sons prétexte de charité, se mêlaient de toutes sortes d'affaires publiques et particulières. Its entraient dans le secret des familles, et se chargeaient de l'exécution des testamens; ils prenaient des députati.tns pour négocier la paix entre les villes et les princes. Les papes surtout leur don naîcnt volontiers des commissions, comme à de* gens sans conséquence, qui voyageaient à peu de frais, et qui leur étaient entièrement dévooés ; ils lt«« employaient quelquefois à des levées de deniers.

Mais une chose plus singulière encore, c'est te tri-' | bunal de l'inquisition dont ils se chargèrent. On sait que dans ce tribunal odieux il y a capture de crimii nels, prison , torture, condamnations, confiscations, peines infamantes et fort souvent corporelles pat le bras séculier. Il est sans doute bien étrange de voir des religieux, frsant profession de l'humilité la plus profonde et de la pauvreté la pins exacte, transfor més tout d'un coup en juges criminels, ayant des ap paritcurs et des familiers armés , e'cst-À-dfre , de* gardes et des trésors à leur disposition , se rendant ainsi terribles a toute la terre".

Nous glissons sur le mépris dû travail des tmrins , qui attire l'oisiveté cher. les mendians comme cher les autres religieux. De là cette vie vagabonde qw saint Boiiavcnturc reproche à ses frères, lesqrtcl? , dit-il , soni j charge à leurs brites et scandalisent aulieu d «lifter. Leur importunhé à demander firiterai»-'

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