‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 469 sur 551 · ROME. (COUR DE ROME · texte numérisé non relu

ROME. (COUR DE ROME

VtvtqvB de Rome, avant Constantin, n'était aux yeux des magistrats romains, ignoraos de notre sainte religion, que le chef d'une faction secrète, souvent toléré par le gouvernement, et quelquefois putti du dernier supplice. Les noms des premiers disciples

nés juifs, et dé leurs successeurs, qui gouvernèrent

le petit Uroupeau t ache duos la grande ville de Route,

lins. Ou -sait assez que tout changea, et comment tout changea mhm Constantin.

L'évêqucde Rome, protégé et enrtclii , fut toujours

tinoplc, de Mieomédie, ut tous les autres évéquer., sans prétendre à la moindre ombre d'autorité «ostve<raine. La fatalité, qui dirige toutes les affaires de v» monde, établit eatiu la psrissance de la tour ecclésiastique romaine, par les mains de détruisirent l'empire.

L'ancienne religion , sous laquelle les if avaient été victorieux pendant tant de siècles, subsistait encore dams les cours malgré la peiWcutmu , quand Alaric vint assiéger Rome l'an 4»8 de notre ère vulgaire; et le pape Innocent I u'ciapécha pas qu'on ne sacrifiât aux dieux dans le Cap-lolc et dans les autres temples , pour obtenir contre Isa Gotha le secours du ciel. Mais ce pape luiieccnt fut du nombre des députés vers Alaric, si on en croit Zoeime et Orose. Cela prouve que le pape usait déjà am personnage considérable.

Lorsqu'Atula vint ravager l itaiw en par )« même droit que lesRomaïus avaient exercé sur tant de peuples, par le droit de dovta, et desGoths, et des Vandales, et des Hcrulns, Pempureur envoya m pape Léou I, assisté de deux personnages consulaires, pour négocier avec Attila. Je ne doute pas que saint Léon ne fût accompagné d'un ange armé d'une épéc flamboyante qui fit trembler le roi des Huns, quoiqu'il ne crût pas aux anges, et qu'une épûe UG lui fit pas peur. Ce miracle «st tres-hieu peint dans la Vatican; et vous sentez bien qu'on xmi l'eût jamais peint s'il n'avait été vrai. Tout ce qui me fâche, efest que cet ange laissa prendre et saccager Aquilée «* toute l'illyric, et qu'il n'empêcha pas ensuite Gensortc de piller Rome peudaut quatorze joins : ce U^tait pas apparemment l ange cxtermLiaUmr.

Sous les exarques, le crédit des papes augmenta ; mais ils u 'eurent encore nulle ombre de puissance civile. L'évéçue romain élu par le peuple damandait, selon le protocole du DUtrium. romaumu t la protection de l éacque de Ravcnnc auprcj de l'exarque., qui, accordait ou refusait la confirmation n 1 élu.

L'exarchat ayant été détruit par les Lombards» lu* rois lombards voulurent se rendre maîtres aussi du 4a ville de Rome ; ricu n'est plus naturel.

Pépin, l'usurpateur de la France, ne sonflrit pas que les Lombards usurpusscut cette capitale et Tuassent trop puissans; rien n'est plus naturel encore.

. On prétend que Pepiu ci son fils ChaxJUuua^nc donnèrent aux «réques romains plusieurs terres de, I exarchat, que l'on nomma les juttictsfc saint Piercc. Telle est la première origine de leur puissance temporelle. Il parait que, dès ce temps-là, cesévêque» songeaient à se procurer quelque chose de plus cou-, sidérahle que ces justices.

Nous avons une lettre du pape Adrien Ira Char»lemagne, dans laquelle il dit : « La libéralité pieuse de Constantin le Grand, empereur de sainte œé-

DICTION N AIR h

moire , éleva et exalta , du temps d'à btonbeurcnt pontife romain Silvestre, la sainte église romaine, et lui couféra sa puissance dans cette partie de l'Italie. * On Toit que dès lors on commençait à vouloir faire croire la donation de Constantin, qui fut depuis regardée pendant cinq cents ans, non pas absolument comme nn article de foi, mais comme une vérité incontestable. Ce fut à la fois un crime de lèse-majesté et uu péché mortel, de former des doutes sur cette

ùs la mort de Charlemagnc, l'cvrque augmenta son autorité dans Rome de jour en jour, mais H s'écoula des siècles avant qu'il y fut regarde comme souverain. Rome eut très- long-temps un gouvernement patricien municipal.

Ce Jean Xil que l'empereur allemand Othon I fit déposer dans une espèce de concile, en 963, c omme simoniaqiic, incestueux, sodomitc, athée, et ayant fait pacte avec le diable; ce Jean XII, dis-jc, était le premier homme de l'Italie en qualité de patrice et de consul, avant d'être évoque de Rome; et malgré tous ces titres, malgré le en-dit de la fameuse Marosie sa mère, il n'y avait qu'une autorité très-contestéc.

Ce Grégoire VII qui, de moine étant devenu pape, voulut déposer les rois et donner les empires, loin d'être le maître à Rome , mourut le protégé ou plutôt le prisonnier de ces princes normands eonquérana des deux Sicilcs, dont il se croyait le seigneur su-

Dans le grand schisme d'occident, les papes qui se disputèrent l'empire du moude vécurent souvent d'aumônes.

Un fait assez extraordinaire, c'est que les papes ne furent riches que depuis le temps oh ils n'osèrent se montrer à Rome.

Bertrand de Goth, Clément V le Bordelais, qui passa sa vie en France, vendait publiquement les bénéfices, et laissa des trésors immenses, selon Villant.

Jean XXtT, son successeur, fut élu à Lyon. On prétend qu'il était le fils d'un savetier de Cahors. Il inventa plus de manières d'extorquer l'argent de l'église, que jamais les traitans n'ont inventé d'impôts.

Le même Villani assure qu'il laissa a sa nuort vingtcinq millions de florins d'or. Le patrimoine de saint Pierre ne lui aurait pas assurément fourni cette somme. En uu mot, jusqu'à Innocent VIII qui se rendit du château Saint-Ange, les papes ne jouirent lis dans Rome d'une souveraineté véritable. Leur autorité spirituelle fut sans doute le fondement de la temporelle : mais s'ils s'étaient bornés 4 imiter la conduite de saint Pierre , dont on se persuada qu'ils remplissaient la place , ils n'auraient jamais acquis que le royaume des cicux. Ils surent toujours empêcher les empereurs de s'établir à Rome , malgré ce beau nom de roi rft*< Ronutim. La faction guelfe l'emporta toujours en Italie sur la faction gibeline. On aimait mieux obéir à un prêtre italien qu'à un roi allemand.

Dans les guerres civiles que lu querelle de l'empire et du sacerdoce suscita pendant plus de cinq

f) Voy«l«kWDo«TiOT.

cents années, plusieurs seigneurs obtinrent des souverainetés tantôt en qualité de vicaires de l'empire, tantôt comme vicaires du saint-siége. Tels furent le* priuecs d£st a ferra rc, les Bcntivoglio à Bologne, les Malatcsta à Kimini, les Manfredi à Faenza, les Bagliouc à Pérouse , les Ursius ria.is Anguillara et dans Scrvcti , les Colonnes dans Ostic , les Riario * r'orli, les MontefelU-o dans Urbiu, les Varano dans Camcruto, les Gravina dans Sinigaglia.

Tous ces seigneurs avaient autant de droits aux terres qu'ils possédaient, que les papes en avaient au patrimoine de saint Pierre. Les uns et les autres étaient fondés sur des donations.

On sait comme le pape Alexandre VI se servit de son bâtard , César de Borgia , pour envahir toutes ces principautés.

Le roi l.ouis XII obtint de ce pape la cassation de son mariage, après dix-huit années de jouissance, à condition qu'il aiderait l'usurpateur.

Les assassinais commis par Clovis pour s'emparer des états des petits rois ses voisins, n'approchent pas des horreurs exécutées par Alexandre M et par son (ils.

L'histoire de Néron est bien moins abominable. Le prétexte de la religion n'augmentait pas l'atrocité de ses crimes. Observez que dan* le même temps les rois d'Espagne et de Portugal demandaient à ce pape, f nn l'Amérique et l'antre l'Asie , et que co monstre les donna au nom du Dieu qu'il représentait. Observez que cent mille pèlerins couraient à son jubilé , et adoraicut sa personne.

Jules II acheva ce qu'Alexandre VI avait commencée. Louis XII , né pour être la dupe de tous ses voisins, aida Jules a prendre Bologne et Pérouse. Ce malheureux roi . pour prix de ses services, fut chassé d'Italie et excommunié par ce même pape que l'arehevêque d'Aucb, son ambassadeur à Rome, appelait votrr mrchnnrrtr . au Itou de votre sainteté.

Pour comble de mortification, Anne de Bretagne,

i dévote qu'impérieuse, lui disait qu'il serait damné pour avoir fait la guerre au pape.

Si Léon X et Clément VII perdirent tant d'états qui se détachèrent de la communion papale , ils ne restèrent pas moins absolus sur les provinces fidèles a la fui catholique.

La cour romaine excommunia Henri III , et déclara Henri IV indigne de régner.

Elle tire encore beaucoup d'argent de tous 1rs états catholiques d'Allemagne, de la Hongrie, de la Pologne , de l'Espagne et de la France. Ses ambassadeurs ont la préséance sur tous les antres; elle n'est plus assez puissante pour faire la guerre ; et sa faiblesse fait son bonbeur. L'état ecclésiastique est le seul qui ait toujours joui des douceurs de la paix depuis le saccagement de Rome par les troupes de Charles-Quint. 1J paraît que les papes avaient été souvent traités comme ces dieux des Japonais, à qui tantôt on présente des oflrandcs d'or, et que tantôt on jette dans la rivière.

RUSSIE, foyez PIERRE LE GRAND.

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