‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 472 sur 551 · SAMSON · texte numérisé non relu

SAMSON

i par alphabet,

de ressasseurs d'anecdotes, d'éplucheurs do minuties, de ebiHoimiers qui ramassent des guenilles au coin des rues, nous nous glorifu-rous avec toute la fierté attachée à nos fublimes sciences d'avoir découvert qu'on joua le fort .xunson, tragédie, sur la fin du srrzièrac siècle en la ville de Kouen, et qu elle lut imprimée chez Abraham Couturier, Jean ou John Mrltoo,. long-temps maître d'écolo à Londres, puis secrétaire pour le latin du pari emeof nommé le ciou- «'««,- Milton, auteur du Paradis perdu et du paradi* retrouvé, fit la tragédie de Samson agouiste; et il est bien cruel de ne pouvoir dire eu quelle année.

Mais nous savons qu'on l'imprima avec uuc préface, dans laquelle on vautc beaucoup un de nos confrères les commentateurs, nommé Parueus, lequel s'aperçut le premier, par la force de son génie, que PApocalypse est une tragédie. En vertu de cette découverte, il partagea PApocalypse po cinq actes, et y inséra des choeurs dignes de Pélégancc et du beau nature? de la pièce. L'autour de cette même préface nous parle des belles tragédies de saint Grégoire de Nazianze. H assure qu'use tragédie sa doit jamais •voir plus de cinq actes; et, pour le prouver, il nous

donne le Samson agoniste de Mihon , qui n'en a qu'un. Ceux qui aiment les longues déclat&îi Lions

Une comédie de Samson fut jouée le Italie. On en donna une traduction à Paris en i Jiy , par un nommé Homagncsi ; on la représente sur le

anciennement le palais dos dues de Bourgogne. Elle fut imprimée et dédiée su duc d'Orléans régent de

son, se battait contre un coq d'tnde, tandis que son maître emportait les portes de la ville de Gaza sur ses

En i 733 on voulut représenter » J nne tragédie de Samson mise en musique par le célèbre Rameau; mais on ne le permit pas. 11 s'y avait •i arlequin, ni coq d'Inde, la chose parut trop sérieuse : on était bien aise d'ailleurs de mortifier Rameau, qui avait de grands telens. Cependant on jona dans ce temps-1* l'opéra de Jephté, tiré de 1 antirée dn nouveau.

Il y a une vieille édition du Samson agoniste de Milton , précédée d un abrégé de Phistoire de ce héros; voici la traduction de cet abrégé :

Les Juifs, à qui Dieu avait promis par sermeut tant le pays qui est entre le ruisseau d'Egypte et l liuphratc, et qui pour leurs péchés n'eurent jamais ce pays, étaient au contraire réduits en servitude, et cet esclavage dura quarante ans. Or il y avait un Juif de la tribu de Dan, nommé Mannué ou Mannoa, et la femme de ce Manuué était stérile; et un ange apparat i cette femme, et lui dît : Vous aurez un fils, à coédition qu'il ne boira jamais de vin, qu'il ne mangera jamais de lièvre, et qu'on ne lui fera jamais les che-

L'ange apparut ensuite au mari et à la femme, on lui donna un chevreau à manger, il n'en voulut point, et disparut au milieu de la fumée; et la femme dît : Certainement nous mourrons, car uous avons vu un Dieu. Mais ils n'en moururent pas.

L'esclave Samson naquit, fut consacré nazaréen; et , dés qu'il fut grand, la première chose qu'il fît fut d'aller dans la ville phénicienne ou phihstine de Tamnala courtiser une fille d'un de ses maîtres, qu'A épousa.

En allant chez sa maîtresse, il rencontra un lioo, le déchira en pièces de sa main nue comme il eût fait uu chevreau. Quelques jours après il trouva un essaim d'abeilles dans la gueule de ce lion mort, avec un rayon de miel , quoique les abeilles ne se reposent jamais sur des charognes.

Alors il proposa cette énigme à ses camarades : La nourriture est sortie du mangeur, et le doux est sorti du dur. Si vous devinez, je vous donner: tuniques et trente robes, sinon vous me doc trente robes et trente tuniques. Ses camarades , se pouvant deviner le fait en quoi consistait Hé mot de l'énigme, gagnèrent la jeune femme de Samson; elle tira le secret de son mari, et il fut obligé de leur donner trente tuniques et trente robes; As! lourdivil, si

TJF,

vous u'avt< / pas ) net pas deviné.

«sri -à m fUk-

Sanvsou, on colère d'avoir perdu sa forante, alla prendre sur-le-champ trou cents renards, les attacha

lûmes, et ils ; Philistin».

Les Juifs esclaves, ne voulant point être punk par leurs maîtres pour les exploits de Sa» son , Tinrent le surprendre dans la cavorue où il 'demeurait, le lièrent avec de grosses cordes, et le livrèrent aisz Philistins. Dés qu'il «si au miiseti doux, il rompt ses cordes; at, trouvant uue mâchoire d'ànc., il tue en un tour de

main mille Philistins avec cette mâchoire. Un tel effort l ay.nt mi» tout en len , il se moun.il de soif. Aussitôt Dieu ât jaillir une fontaine d une dent de la mâchoire d'Âne. Samson, ayant bu, stn alla dans Gaza, ville philistiac; il y devint sur-te-ebacnp amoureux d'une fi lie de joie. Comme il dormait avec elle, les Philistins fermèrent les portes de la ville, -et environnèrent la maison ; il se leva, prit les portes cl les emporta. Les Phil^tins, au désespoir de ne pouvoir venir à bout de ce héros, s adressèrent à une autre fille de joie nommée Dalila,avcc laquelle il couchait pour lors. Celle-ci lui arracha enfiu le secret en quoi consistait ea force. Il ne fallait que le tondre pour le rendre «'gai aux antres hommes; on le tondit, il devint faible , on Ini «rêva les yeux , on tari fit tourner la meule cl jouer du violon. Un jour qu'il jouait du violon dans un temple philistin, entre deux colonnes du temple, il fut indigné' que les Philistins eussent des temples à colonnade, tandis que les Juifs n'avaient qu'où tabernacle porté sur quatre bâtons. H sentit que ses cheveux commençaient à revenir. Transporté d'un saint xèfe , il jeta à terre les deux colonnes ; le temple fut renverse' ; les PrrVb stras furent écrasés et lui aussi.

Telle est mot à mot cette préface.

Ost cette histoire qui est le sujet de la pièce de Miluvn et de Romaçraési : elle était fiole pour II farce

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