‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 473 sur 551 · SCANDALE · texte numérisé non relu

SCANDALE

Saks rechercher si le scandale*** < une pierre qui pouvait farre tomber les gens, eu une querelle, ou une séduction, «enons- nous -en à la signifient ion d'aujourd'hui. Un scandale est une grave indécence. On l'applique principalement aux gens d'église. Les Contes de 4a Fontaine sont libertins, plusieurs endroits de Sancbez, 4c Tambourin, de Molina, sont scandaleux.

On est scandaleux par ses écrits ou par sa conduite. Le siège que somirtreirt les augustins contre tes archers du guet, au temps de la (ronde, fut

La banqueroute dn frère jesaite La Valette fut pins que scandaleuse. Le procès des révérends pères capucins de Paris en 1764» *"* un scandale tréavt. il finit en dire ici «t pet* mot pour l"éd> 1 du lecteur.

reprends pète* cjtpucùoa étaient baXUudaau []

le couvent; les uns avaient caché leur argent , tes antres T'avaient pris. Jusque-là ce riYtaft qu'un scan- ' dale particulier, une pierre qui ne pouvait faire ' tomber que les capuchts; mais, quand raflnîre fut ' portée an parlement, le scandale devint public.

Il est dit («1) au procès quH faut douze cents livres de pain par semaine au couvent de Saint-Hoiioré, de la viande, du bois à proportion, et qu'il y a quatre quêteurs en titre d'office chargés de lever ces contributions dans la -ville. Quel scandale épouvantable ! douze cents livres de viande et de pain par semaine pour quelques capucins , tandis que tant d'artistes accablés de vieillesse , et tant d 'honnêtes venves sont exposées tous les jours à périr de misère !

(b) Que le révérend père Dorothée se soit fait trois mille livres de rente aux dépens du couvent, et par conséquent aux dépens du public . voilà pou - seulement nn scandale énorme, mais un vol manifeste -, et un vol fiiît à la classe la plus indigente des citoyens de Paris; car ce sont les pauvres qui paient la taxe imposée par les moines mendians. L'ignorance et la faiblesse du peuple lui persuadent qu'il ne peut gagner le ciel qu'en donnant son nécessaire dont ces composent leur superflu.

11 a donc falhi que de ce seul chef frère 1 ait extorqué vingt mille éens au moins au de Paris, pour se faire mille écus de rente.

Songez bien , mon cher lecteur , que de telles aventures ne sont pas rares dans ce div-buitterac siècle de notre ère vulgaire , qui a produit tant de bons livres. Je vous l'ai déjà dit, le peuple ne lit point. Un capucin , un récollct , nn carme, nn piepus, qui confesse et qui prêche, est capable de faire lui seul plus de mal qnc les meillenrs livres ne fiiîre de bien.

J'oserais proposer aux ) dans une capitale un certain nombre danti- capucins, d'anti-récoflets, qni iraient de maison en maison recommander aux pores et mères d'être bien vertueux et de garder leur argent pour l'entretien de leut famille, et le soutien de leur vioiRcssc ; d'aimer Dieu de toutleur coeur, et de ne jamais rien donner aux moines. Mats revenons a la vraie signification dunvot scandale.

(1 ) Dans ce procès dW capucins, on accuse frène Grégoire d'avoir fait un enfant à mademoiselle Brnsde-Fer, et de l'avoir ensuite mariée à Moutard le cordonnier. On ne dit point si frère Grégoire adonne lui - même la bénédiction nuptiale à sa martressc et » ce pauvre Moutard avec dispense. S'il l'a fait,voi};» le scandale le plus complet qu'on puisse donner ; il renferme fornication, vol, fforresco referais.

Je dis d'abord fornication forniqua avec Magdelénc alors que quinze ans.

(a) Page 3~ du M 'moire contre ftix i

, — \h) ftfe 3 , Aid.

{£) P»ge 43 àa Mémoire u*iur« frire

Je dis vol ; puisqu'il donna des tabliers et des rubans à Magdclène, et qu'il est évident qu'il vola le couvent pour les acheter, pour payer les soupers, et les frais des couches, et les mois de nourriture.

Je dis adultère ; puisque ce mâchant homme continua à coucher avec madame Moutard.

Je dis sacrilège; puisqu'il confessait Magdelène. Et, s'il maria lui-même sa maîtresse, figurez-vous quel homme c'était que frère Grégoire.

Un de nos collaborateurs et «opérateurs à ce petit ouvrage des Questions philosophiques et encyclopédiques , travaille à faire un livre de morale sur les scandales , contre l'opinion de frère Patouillet. Nous espérons que le public en jouira inecs-

5CHISME.

On a inséré dans le grand Dictionnaire encyclopédique tout ce que nous avions dit du grand schisme des Grecs et des Latins, dans l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations. Nous ne voulons pas nous répéter.

Mais en songeant que schisme signifie déchirure, et que la Pologne est déchirée , nous ne pouvons que renouveler nos plaintes sur celte fatale maladie particulière aux chrétiens. Cette maladie, que nous n'avons pas assez décrite , est une espèce de rage qui se porte d'abord aux yeux et à la bouche : on regarde avec un œil enflamme celui qui ne pense pas comme nous; on lui dit les injures les plus atroces. La rage passe ensuite aux mains; on écrit des choses qui manifestent le transport au cerveau. On tombe dans des convulsions de démoniaque, on lire l'épée, on se bat avec acharnement jusqu'à la mort. La médecine u'a pu jusqu'à présent trouver de remède à celte maladie, la plus cruelle de toutes. Il n'y a que la philosophie et le temps qui puissent la guérir.

Les Polonais sont aujourd'hui les seuls chez qui la contagion dont nous parlons fasse des ravages. Il est à croire que cette maladie horrible est née chez eux avec la pli ta. Ce sont deux maladies de la tête qui sont bien funestes. La propreté peut guérir la plika; la seule sagesse peut extirper le schisme.

Ou dit que ces deux maux étaient inconnus chez les Sarmatcs quand ils éuient paiens. La plika n'attaque aujourd'hui que la populace; maïs tous les maux nés du schisme dévorent aujourd'hui les plus grands de la république.

L'origine de ce mal est dans la fertilité de leurs terres qui produisent beaucoup de blé. Il est bien triste que la bénédiction du ciel les ait rendus si malheureux. Quelques provinces ont prétendu qu'il fallait absolument mettre du levain dans leur pain; mais la plus grande partie du royaume s'est obstinée à croire qu'il y a de certains jours de l'année ou la pâte fermentée était mortelle (a).

Voilà une des premières origines du schisme ou de la déchirure de la Pologne; la dispute a aigri le sang. D'autres causes s'y sont jointes.

M) Attestons la querelle pour le p;nu ■ >r. t ■ n-.iu e. »\tx b^rr!

Les ans se sont imaginé, dans tes convulsions de cette maladie, que le Saint-Esprit procédait dn père et du fils , et les autres ont crié qu'il ne procédait que du père. Les deux partis, dont l'un s'appelle le parti romain et l'autre le dissident, se sont regardés mutuellement comme des pestiférés ; mais, par un syrap-

voulu toujours s'approcher des catholiques , et les catholiques n'ont jamais voulu s'approcher d'eux.

Il n'y a point de maladie qui ne varie beaucoup. La diète, qu'on croit si salutaire, a été si pernicieuse à cette nation , qu'au sortir d'une diète au mois dr juin 176S, les villes de Uman, de Zablotin, deTetiou , de Zilianka , de Zafran , ont été détruites et inondées de sang ; et que plus de deux cent mille malades ont p«!ri misérablement.

D'un côté l'empire de Russie , et de l'autre l'empire de Turquie ont envoyé cent mille chirurgiens pourvus de lancettes , de bistouris et de tous les instrument propres à couper les membres gangrenés; la maladie o'en a été que plus violente. Le transport au cerveau a été si furieux (ft) , qu'une quarantaine de malades se sont assemblés pour disséquer le roi qui n'était nullement attaqué du mal, et dont la cervelle et toutes les parties nobles étaient très -saines, ainsi que nous l'avons observé à l'article Superstition. On croit que, si on s eu rapportait à lui , il pourrait guérir la nation ; mais un des caractères de ceUc maladie ai cruelle est de craindre la guéri son comme les enrages craignent l'eau.

Nous avons des savans qui prétendent que ce mal vient anciennement de la Palestine, et que les habitans de Jérusalem et dcSamariccu furent long temps attaqués. D'autres croient que le premier siège de celle peste fut l'Egypte, et que les chiens et les chats qui étaicut en grande considération, étant devenus euragés, communiquèrent la rage du schisme à la plupart des Egyptiens qui avaient la tête faible.

On remarque surtout que les Grecs qui voyagèrent en Egypte, comme Timée de Locres et Platon, eurent le cerveau uu peu blessé. Mais ce n'était ni la rage , ni la peste proprement dite; c'était une espèce de délire dont on ne s'apercevait même que difficilement, et qui était souvent caché sous je ne sais quelle apparence de raison. Mais les Grecs ayant avec le temps porté leur mal chez les nations de l'occident et du septentriou, la mauvaise disposition des cerveaux de nos malheureux pays, fit que la petite fièvre de Timée de Locres et de Platon devint chez nous une contagion effroyable, que les médecins appelèrent tantôt intolérance, tantôt persécution, tantôt guerre de religion, tantôt rage, tantôt peste;

Nous avons vu quels ravages ce fléau épouvantable a faits sur la terre. Plusieurs médecins se sont présentés de nos jours pour extirper ce mal horrible jusque dans sa racine. Mais qui le croirait? il se trouve des facultés entières de médecine, à Salaraanque, à Coimbre, en Italie, à Paris même, qui

», la déchirure, ee»

PHlLÔSÔPHÏQttË.

«ire à l'homme; que le» mauvaises humeurs s'évacuent par les blessures qu'elle fait; que l'enthousiasme, qui est un des premiers symptômes du mal , exalte l'âme, et produit de très -bonnes choses; que la tolérance est sujette à mille inconvéniens ; Que, si tout le moude était tolérant, les grands génies manqueraient de ce ressort qui a produit tant de beaux ouvrages tbcologiquos ; que la paix est un grand malheur pour un état, parce que la paix amène les plaisirs, et que les plaisirs, à la longue, pourraient adoucir la noble férocité qui forme les héros; que, si les Grecs avaient fait un traité de commerce avec les Troyens au lieu de leur faire la guerre, il n'y aurait eu ni d'Achille, ni d'Hector, ni d Homère, et que le genre humain aurait croupi dans l'ignorance.

Ces raisons sont fortes, je Favone; je demande du temps pour y répondre.

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