SCOLIASTE
Fax exemple, Dacier et son illustre épouse étaient, quoi qu'on dise, des traducteurs et des scoliastct très-utiles. Cétait encore une des singularités du grand siècle, qu'un savant et sa femme uous fissent connaître Homère et Horace, en nous apprenant les mœurs et les usages des Grecs et des Romains, dans le même temps où Boilcau donnait son Art poétique; Racine , Ipbigénic et Athalic ; Quinault , Atys et Armide; où Fénélon écrivait son Télémaque, où Dos suc t déclamait ses Oraisons funèbres, où Le Brun peignait, où Girardon sculptait, où Ducange fouillait les ruines des siècles barbares pour en tirer des trésors, etc. , etc. : remercions les Daciers, mari et femme. J'ai plusieurs questions à leur proposer.
Questions sur Horace, à 3f. Dacier.
Youdricz-vous, monsieur, avoir la bonté de me dire pourquoi dans la vie d'Horace imputée à Suétone , vous traduisez le mot d'Auguste pnrissimum penem, par petit débauché? Il me semble que les Latins , dans le discours familier , parut pénis, ce par buan coglione, (aceto coglionc, phrase que nous traduisions à la lettre au seizième siècle, quand notre langue était un composé de velcbe et d'italien. Purt'ssirnus pénis ne signifierait-il pas un convive agréable, an bon compagnon ? le purissimus exclut le débauché. Ce n'est pas que je veuille insinuer par-là qu'Horace ne fût très-débauché; à Dieu ne plaise!
Je ne sais pourquoi vous dites (<i) qu'une espèce de guitare grecque, le barbilon, avait anciennement des cordes de soie. Ces cordes n'auraient poiut rendu de son , et les premiers Grecs ne connaissaient point la soie.
U fout que je vous dise un mot sur la quatrième ode (6), dans laquelle «i le beau Printemps revient avec le Zéphyrc ; Vénus ramène les amours , les Grâces , les nymphes ; elles dansent d'un pas léger et mesuré aux doux rayons de Diane qui les regarde, tandis que Vulcain embrase les forges des laborieux Cyclones. »
Vous traduisez : « Vénus recommence à danser au elair de la lune avec les Grâces et les Nymphes, pendant que Vulcain est empressé à foire travailler ses Cyclopes. »
Vous dites dans vos remarques que Ton n'a jamais vu de cour plus jolie que celle de Vénus, et qu'Horace fait ici une allégorie fort galante; car par Vénus il entend les femmes; par les nymphes il entend les filles ; et par Vulcain il entend les sots qui se tuent du soin de leurs affaires, tandis que leurs femmes se divertissent. Mais étes-vous bien sûr qu'Horace ait entendu tout cela ?
Dans l'ode sixième, Horace dit :
Not convivia, not prwli'a virginum Steiit in juvenet ungmibut acrium Cantamiu vacui, tive quid urimw Non 1
[m\ R«»*r<rue mu l'odt V du liv; L — [b) Ode IV.
« Pour moi, soit que je sois libre, soit que j'aime . suivant ma légèreté ordinaire, je chante nos festins et les combats de nos jeunes filles qui menacent leurs amans de leurs ongles qui ne peuvent les blesser. »
Vous traduisez : a En quelque état que je sois , libre ou amoureux, et toujours prêt à changer, je ne m'amuse qu'à chanter les combats des jeunes fille» qui se font les ongles pour mieux égratigner leurs amaus. »
Mais j'oserais vous dire , monsieur , qu'Horace ne parle point d'égratiguer , et que mieux on coupe ses ongles, moins 011 égratigue.
Voici un trait plus curieux que celui des filles qui égratignent. Il s'agit de Mercure dans l'ode dixième, vous dites qu'il est très-vraisemblable qu'où n'a donné à Mercure la qualité de dieu des larrons (c) « que par rapport à Moisc , qui commanda à ses Hébreux de prendre tout ce qu'ils pourraient aux Egyptiens, comme le remarque le savant Huet, évoque d'Avranches, dans sa Démonstration évangélique. »
Ainsi , selon vous et cet évoque , Moisc et Mercure sont les patrons des voleurs. Mais vous savez combien on se moqua du savant évôquc qui fit de Moïse un Mercure, un Bacchus, un Priapc, un Adonis, etc. Assurément Horace ne se doutait pas que Mercure serait un jour comparé à Moise dans les Gaules.
Quant à cette ode à Mercure, vous croyez que c'est une hymne dans laquelle Horace l'adore ; et moi je soupçonne qu'il s'en moque.
Vous croyez qu'on donna l'épitbètc de Liber à Bacchus (<<), parce que les rois s'appelaient Liber i. Je ne vois dans l'antiquité aucun roi qui ait pris ce titre. Ne se pourrait-il pas que la liberté avec laquelle les buveurs parlent à table, eût valu cette épithète au dieu des buveurs?
pukhrdftUtpulchrior (c),
« Belle Tcndaris , qui pouvez seule remporter le prix de la beauté sur votre charmante mère. » Horace dit seulement : « Votre mens est belle et vous êtes plus belle encore. » Cela me parait plus court et mieux ; mais je puis me tromper.
, dans cette ode, dit que Promélhéc ayant
(*)OdmX. — (0 Sol» sur Vode XIL — W Od« XVI.
uigi
pétri l'homme de limon , fut oblige" d'y ajouter lei qualités des autres animaux , et qu'il mrt dam ton «but la.
Vous prétendez que cela est imité de Si numide qui assure que Dieu, ayant fiut Hiomme , et n'ayant
tout ce qui lui convenait, donna ans unes les qualités du pourceau, ans antres celles du renard, à celles-ci les talens du «inge, à ces autres ceux de l'Une. AssunVtait pas galant, ni Ducier
In me Iota ruent Venui (f) Cyprum détruit
Vous traduisez : « Vénus a quitté entièrement Chypre pour venir loger dans mon cœur. » .\ 'aimez-vous pas mieua coi vers de Racine?
Ce n'ert plue une Col Vénus tout entière s
Dmlct riéamUm Lt
« J'aimerai Lalagé qui parla et rit avec tant de
grâce. »
l>u Sapho
Oue l'on roh qurlijucfois doucement lui sourira, <,)uc 1 on Toit quelquefois tendrement lui parler.
Qui] iesiderio sil pudor eut moim [h) Tarn cari capitii?
Vous traduisez : a Quelle honte peut-il y avoir à pleurer un homme qui nou. était si cher? etc. »
Le mot de l.amc ne rend pas ici celui de pwfcr ; que i>cut-il y avoir , n'est pas le style d'Horace. J'aurais peut -être rais a la place : « Peut-on rougir de regretter une tétc si chère , peut-on sécher ses larmes. »
Natit in umm lotit» tcyphi* Puanare Thracum ert.
(Lir.I.odeXXTTii
Vous traduisez : « Cest aux Tbraces dt se Lattre avec les verres qui ont été faits pour la joie. a.
On ne buvait potut dans des verres alrrs, et les Tli races encore moins que tes ftomaina.
des Thraces d'en ieio?»
Nune
sanglanter des repas destinés » la
ptie FûWro (i)
Vous traduisez : « Cest maintenant , mes chers amis, qu'il faut boire, et que sana rien craindre il faut danser de toute sa force. »
1 "rapper la terre d'un pas libre en cadence , ce n'est pas danser de toute sa force. Cette expression aime n'est ni agréable , tri noMc , ni d'Horace.
Te saute par dessus cent questions grammaticales que Je voudrais tous faire , pour tous demander
(f) Oim XIX. — (j) Ode XXII. — û>) Ode XXV.
compte du vin superbe lument qu'Horace ait dit :
Tmoef pavinmtum tuptrbe ffcj
Poiùfc*
vin qui fixera sur ces richus qui aurait dé être tifos. »
Horace ne dit ftm»4 vous que -do via dont on fait une petite libation le triclieifuu , dans la salle à manger, inonde chambres ? pourquoi prétendoz-vous que oc vin dot fttre réservé pour les pontifes ? J'ai d^exeeUont vin de Malaga etdeCanaric; nais je vous réponds que je*» Penvemii pa« a mon évéque.
Horace parle d'uu superbe parquet , fique mosaïque; et vous m 'allez parler d'un vin perbe, d'un vin magnifique! On lit dans toutes les éditions d'Horace , rtn^et pwimemum superbum , et
Vous dites que c'est un ) dans Horace, de ne -vouloir réserver ce bon vin que pour les prêtres. Je crois, comme vous, qu'Horace était Irvs-rcligicux, témoin tous ses vers pour les bambins; mais je pense qu'il aurait encore aimé' boire ce bon vin d* Cécubc, que de le pour les prêtres de Rome.
Motut dpftrt tjaudtl ioaicat
Vatara virjo tt fingitw artuîm*, etc.
iLiv. IH,o<k VLJ
Vos» traduise» : m Le pltts grand plaisir de no» filles à marier est d'apprendre les danses lascives des Ioniens. A cet usage elles n'ont point de honte de se rendre les membres souptes, et de les former è de* postures désbonnétes. *»
Oue de pbrases pour deux petits vers ! ah , mon sieur, despostanesdéidionnétes ! S'il y a dans Je latin fiiujitur -u rubu* . et non pas ftrti'&wt. cela ne signinVt-il pas : n Nos jeunes filles apprennent les danses e-i les mouvements voluptueux dos Ioniennes ?» et rien de pins.
Je tombe sur cette ode (/), aarrèin tftnpcttas. Vous dites qoe le viewx commentateur se trompe
i oœJum i
le ciel; et, de i
préceptenr d'Achille, annonçant à son élève pe»» l'encourager .qu'il ne reviendra pas de Troie :
Vndi tibi reditum certo .uatnuM Para* Rvpert-
Vous traduisez : « Le* Parques «ni coupé le 61 «V
Mets ce fil n'est pas coupé, il le Achille n'est pus encore tué. Horace ne parle point
(lt) Lie. D, ode XIV.
fï)tie. V,«
de fil ; Parae est là pour fato. Cela veut dire mot i mot : u Les destina s'opposent i votre retoux. »
Vous dites que u Chirou savait cela par liiwmême, car il était grand astrologue, m
Vous ne voulez pas que dulcibus attoquiis signifie de doux entretiens. Que voulez-vous donc qu'il signi* Se ? Vous assurez positivement que a rien n'est plus ridicule , et qu'Achille ne partait jamais à personne, u Mais il parlait à Patrocie, a Phœcix, à Aulomédon , aux capitaines tbessalicns. Ensuite vous vous imaginez que le root alloqui signifie consoler. Ces contradictions peuvent égarer itudiosom juventuicm .
Dans vos remarques sur la troisième satire du second livre, vous nous apprenez que les sirènes s'appelaient de ce nom «ton les Grecs, parce que sir sigui fiait cantique chez les Hébreux. Est-ce Bochart qui vous l'a dit? Croyez- vous qu'Homère eût beaucoup de liaisons avec les Juifs ? Non , vous n'êtes pas du nombre de ces fous qui veulent faire accroire aux sots que tout nous vient de cette misérable nation juive, qui habitait un si petit pays, et qui fut si longtemps inconnue à l'Europe entière.
Je pourrais faire des questions sur chaque ode et sur chaque épîlre, mais ce serait un gros livre. Si jamais j'ai le temps, je vous proposerai mes doutes, oou - seulement sur ces odes, mais encore sur les «ta tires, les épîtres et l'Art poétique. Mais à présent U faut que je parle à madame votre femme.
À madame Dacierf sur Homère.
Madame» sans vouloir troubler la paix de votre ménage , je vous dirai que je vous estime et vous respecte encore plus que votre mari; car il n'est pas le seul traducteur et commentateur, et vous êtes la seule traductrice et commentatrice. U est si beau à une Française d'avoir fait connaître le plus ancien des poètes , que nous vous devons d'éternels remercîmens.
Je commence par remarquer la prodigieuse différence du grec à notre velchc, devenu latin et ensuite français.
Voici votre élégante traduction du commencement de l'Iliade:
«Déesse, chantez la colère d'Achille, fils de Pélée ; cette colère pernicieuse qui causa tant de malheurs aux Grecs, et qui précipita dans le sombre royaume de Pluton les Ames généreuses de Un: de héros, et livra leurs corps en proie aux chiens et aux vautours, depuis le jour fatal qu'une querelle d'éclat eut divisé le fils d'Atrée et le divin Achille ; ainsi les décrets de Jupiter s'accomplissaient. Quel dieu les jeta dans ces dissensions ? Le fils de Jupiter et de Latone , irrité contre le roi qui avait déshonoré Cbrysès, son sacrificateur, envoya sur l'armée une affreuse maladio qui emportait les peuples; car Cbrysès, étant allé aux vaisseaux des Grecs chargés de présens pour la rançon de sa fille , et tenant daus ses mains les bandelettes sacrées d'Apollon avec le sceptre d'or, pria humblement les Grecs, et surtout lesdeux fils d'Atrée, leurs généraux, h Fils d'Atrée, leur dit-il, et vous, généreux Grecs, que les dieux qui habitent l'Olympe vous fassent la grâce de détruire la superbe ville de
Pria», et de voua voir heureusement de retour dans votre patrie; mais rendez-moi ma fille en recevant ces présens, et respectez en mot le fils du grand Jupiter» Apollon, dont les traits sont inévitables. »» Tous les Giecs firent connaître par un murmure favorable, qu'il fallait respecter le ministre de dieu et recevoir ses riche* présens. Mais cette demande déplut à Agamemaoa , aveuglé par sa colère. »
Voici la traduction mot à mot, et vers par ligne.
U«4aw«hwtM,cUca»e»d«Piliiié> AeUie, Funestes <|tii «fais «u» Akaïens maux apporta, Et plusieurs forte* Ame* a l'eufcr envoya De héros; et à I "égard d'eux, proie \n lit aus chien* Et i tow te* oiseaux. G «ccompliss-iit lu volonté de dieu. Depuis que d'abord différèreDt dkpalaw Agnmoinuon , chef de* hommes, et le divin Achille. Qui de* dieux par dispute les commit k combattra ? De I» toue et de dieu le fils; car, contre le roi étant irrite', [ pies. Il suscita dan* l'armée u oc maladie mauvaise et mouraient 1rs peu-
II n'y a pas moyen d'aller plus loin. Cet échantillon suffit pour montrer le différent génie des langues, et pour faire voir combien les traductions littérales sont ridicules.
Je pourrais vous demander pourquoi vous avez parlé du sombre royaume de Plutcn, et des vautours dont Homère ne dit rien?
Pourquoi vous dites qu'Agamemuon avait déshonoré le prêtre d'Apollon ? Déshonorer signifie dter l'honneur. Agamemuon n'avait ôté à ce prêtre que sa fille. Il me semble que le verbe atimao ne signifie pas en cet endroit déshonorer, mais mépriser, maltraiter?
Pourquoi vous faites dire à ce prêtre, que les dieux vous fassent la grâce de détruire, etc.? Ces terme» vous fassent la grâce semblent pris de notre catéchisme. Homère dit, que les dieux habitans de l'Olympe vous donnent de détruire la ville de Troie.
Doisn tlympia iomata echontet
Pourquoi vous dites que tous les Grecs firent connaître par un murmure favorable, qu'il fallait respecter le ministre des Jieux ? 11 n'est point question dans Homère d'un murmure favorable. Il y a expressément, tous dirent punies '.piphemisan.
Vous avez partout ou retranché , ou ajouté , ou changé ; et ce n'est paa à moi de décider si vous avez bien ou mal fait.
Il n'y a qu'une chose dont je sois sûr, et dont vous n'êtes pas convenue; c'est que, si on fesait aujourd'hui un poème tel que celui d'Homère, on serait, ja ne dis pas seulement sifflé d'un bout de l'Europe à l'autre, mais je dis entièrement ignoré; et cependant l'Iliade était un poème ex celle ut pour les Grecs. Nous avons vu combien les langues différent. Us mœurs, les usages, les sentimens, les idées diffèrent bien davantage.
Si je l'osais, je comparerais l'Iliade au livre de Job; tous deux sont orientaux, fort anciens, également pleins de fictions, d'images et d'hyporbolcs. H y a dans l'un et dans l'autre des morceaux qu'on cita souvent. Les héros de ces deux romans se piquent de parler beaucoup et de se répéter : les amis s'y disent des injures. Voilà bien des ressemblances.
(Jnc quelqu'un s'avise aujourd'hui de taire un poème dans le goût de Job, tous verrez comme il sera reçu.
Vous dites , dans votre préface , qu'il est impossible de mettre Homère en vers français; dites que cela vous est impossible , parce que vous ne vous êtes pas adonnée à notre poésie. Les Géorgiques de Virgile sont bien plus difficiles à traduire; cependant on y est parvenu.
Je suis persuadé que nous avons deux ou trois poètes en France qui traduiraient bien Homère ; mais en même temps je suis très-convaincu qu'on ne les lira pas s'ils ne chaugent, s'ils n'élaguent presque tout. La raison en est , madame , qu'il faut écrire pour son temps , et non pour les temps passés. 11 est vrai que notre froid La Motte a tout adouci , tout élagué; qu'on ne l'eu a pas lu davantage. Mais c'est qu'il a tout énervé.
Un jeune homme vint ces jours passés me montrer une traduction d'un morceau du vingt-quatrième livre de l'Iliade. Je le mets ici sous vos yeux , quoique vous : guère en vers français (*).
I)icfïoNNAIRE
L'horizon se courrait des ombres de la nuit ; //infortune Priam , qu'un dieu mime a conduit , Entre, et parait soudain dan» la tente d'Achille. I.e meurtrier d'IIertor en ce moment tranquille , Par un léger repaa suspendait ses douleurs. H se détourne; il voit ce front baigne* de pleurs, Ce roi jadis heureux, ce vieillard vénérable 9*0 le fardeau des ans, que la douleur accabtt- , Exhalant à ses pieds se* sanglot* et ses cris , Et lui baisant la main qui fit périr son 61*. Il n'osait sur Achille en cor jeter la rue. Il voulait lui parler, et sa voix s'eU perdue. EnCu il le regarde, et parmi ses sanglots,
Songes, seigneur, songes que vous ares un pire. ■ ■ . »l ne put achever. — héro* sanpiinarrr Sentit que la pi'ié pénétrait dans son coeur. Priam lui prend les mains. -A h ! prince, «Il ! mon vain jneur, J'étais p«Vre d'Hector ! .... et je* généreux Irerr» Flattaient mes derniers jours et 1rs rendaient proipere»... Ils ne août plus.... Hector est tombé sous vos coup».... Puisse l'heureux Pelée entre Tbetis et vous Prolonger de ses ans l'éclatante carrière ! Le seul nom de son fil i remplit la terre entière ; Ce nom (kit son bonheur ainsi qnc son appui. Vos honneurs sont les siens, vos lauriers sont à lui. Hé!» ! tout mon bonheur et lo»tr mon attente KM de voir de mon fils la dépouille sanglante ; De racheter de vous ces restes mutilés. Traînes devant mes yeux mus dos murs < .Voilà le seul espoir, le seul bien qui me reste.
Le héros qu'attendrit ce discours dooJourcut , ' Aux larmes de Priam répondit par des larroca
Tous nos jour* *oat tissus de regrets et d'alarmes . Lui dit-il ; par mes maint le* dieux vous ont frapp-', Dan* le malheur commun moi-même enveloppé, Mour^iut avant le temp-s loin de» yrox de mon per», Je teindrai de mon utng ortie terre étrangère. J'ai vu tomber Patrocle, Hector me l'a ravi i t Voua perdes volie fil», et je perd* un ami. Tel est doue des humains le destin déplorable, il».
Ce* vm sont de M. de Volt-ire. ( Note de W nçnier* . ) j
La coupe de* douleurs et de* c«*ra:lé* ; Il y mêle un moment de faible* volupté*,
Me conseiller- vous de continuer , me dit le jeune bomme? Comment! lui répondis-je, vous vous m(\cz aussi de peindre ! il aie semble que je vois ce vieillard qui veut parler, et qui dans sa douleur ne peut d'abord que prononcer quelques mot* étouffes par ses soupirs. Cela n'est pas dans Homère, mais je vous le pardonne. Je vous sais même lion gré d'avoir esquivé les deux tonneaux qui feraient un effet dans notre langue , ti surtout d'avoir Oui , oui, continuez. La nation ne vous donnera pas quinze mille livres sterling , comme les Anglais les ont données à Pope ; mais peu d'Auglsis ont eu le courage de lire toute son Iliade.
Croyez-vous de bonne foi que, depuis Versailles jusqu'à Perpignan, et jusqu'à Saint-Malo, vous trouviez beaucoup de Grecs qui s intéressent à Eurithion, tué autrefois par Nestor; à Ekopolious, fils de Thalesious, tué par Antilokous; à Simoisious, ftlsd'AUtemiou,tué par Télamon; et à l'irous, fils d'Embrasous, blessé à la cheville du pied droit ? Nos vers français , cent fois plus difficiles à faire que des vers grecs, n'aiment point ces détails. J'ose vous répoudre qu'aucune de nos dames ne vous lira; et que deviendrexvous sans elles; si elles étaient toutes des Dacier, •Iles vous liraient encore moins. N'est -il pas vrai , madame? on ne réussira jamais si on ne connaît bien le goût de son siècle et le génie de sa langue.