UNIVERSITÉ
Du Boulai, dans son Histoire de l'université de Paris, adopte les vieilles traditions incertaines, pour ne pas dire fabuleuses, qui en fout remonter l'origine jusqu'au temps de Cbarlcmagnc. Il est vrai que telle est l'opinion de Gaguin et de Gilles de Bcauvais; mais, outre que les auteurs contemporains, comme Eginhard, Almon, Reginon, et Sigcbcrt, ne font aucune mention de cet établissement, Pasquicr et du Tillet assurent expressément qu'il commença dans le douzième siècle, sous les règnes de Louis le Jeune et de Philippe-Auguste.
D'ailleurs les premiers stolutt de l'université ne furent dressés par Robert de Corcéon, légat du saintsiège, qu« l'an iai5j et ce qui prouve qu'elle eu*
d'abord la même forme qnaujourd hni , c'est qu'une bulle de Grégoire IX, da lan tadi, tait mentionnes maîtres en théologie, des maîtres en droit, des physiciens (au appelait alors ainsi les médecins ) , et enfin des- artistes* Laaotn d'université vient ds:lsv*up position q*e ce* quatre corps, que l'on i Pesaient l'umvstnité des études, naient toutes celles que l'on peut faire.
Les papes, au moyen de ces établissemans dont ils jugeaient les décisions, devinrent les maîtres de l'instruction des peuples; et le: même esprit qui fesait regarder comme une faveur la permission accordée i ux membres du, parlement «le Paris de se faire ctv t arrer eu habit de cordelier, comme nom l'avosw vu à l'article (Jn*tc , dicta les arrêts donnés par cesse cour souveraine contre ceux qui osèrent s'élever contre une scolastiqoe inintelligible, laquelle, de l'aveu de l'abbé Tritéme, n'était qu'une fausse science qui avait gâté la religion. En effet, ce que Constantin n'avait lait qu'insinuer touchaut la ttbylle de Cumes, a été dU expressément d'Aristote. Le cardinal Pas. iavicini relève la maxime de je ne sais quel moine Paul, qui disait plaisamment que, sans Aristote, PeV glise aurait manqué de quelques-uus de ses articles
de foi.
Aussi le célèbre Ramus, ayant publié deux ouvrages da us lesquels il combattait la doctrine d Aristote enseignée par l'université, aurait été immolé à bj fureur de ses ignorans rivaux, si le roi François I«» n'oùi évoqué a soi io procès qui pendait au parlement de Paris entre Ramus et Antoine Govea. L'on des pr.ncipaux grieis contre Kamus était la manière dont il fesait pronoucer la lettre Q à ses disciples.
Ramus ne fut pas seul persécuté pour ces graves billevesées. L'an iGa4, le parlement de Paris bannit de sou ressort trois hommes qui avaient voulu soutenir publiquement des thèses contre la doctrine d'Aristote; défendit à toute personne de publier, vendre et débiter les propositions contenues dans ces thèses, à peiuc de punitiou corporelle, et d'enseignes aucunes maximes contre les aucitns auteurs et approuvés, à peine de la vie.
Les remontrances de la Sorûonne sur lesquelles le même parlement donna un arrêt contre les chimistes, l'an i6u<>, portaient qu'où ne pouvait choquer les principes de la philosophie d'Aristote, sans choques ceux de la théologie scolastique reçue dans l'é^ua. Cependant la faculté ayant fait, eu i5C;i, un décret pour défendre l'usage de l'antimoine, et le parlement ayant confirmé ce décret, Panmier de Caen, grand chimiste et célèbre médecin de Paris, pour ne s'être pas conformé as» décret de la faculté et à l'arrêt du parlement, fut seulement dégradé l'an 1609. Enfin, l'antimoine ayant été inséré depuis dans le livre des médicamens composés par ordre de la (acuité, Pan 1637, la faculté en permit l'usage l'an 166&, an siècle après l'avoir défendu; et le parlement autorisa de même ce nouveau décret. Ainsi l'université a suivi l'exemple de l'église qui fit proscrire, sous peine de mort, la doctrine d'Anus, et qui approuva le mot cou ,ub>l*htiel qu'elle avait auparavant condamne, i Pavons vu à l'article Concile
Ce que nous venons de dire, touchant l'université de Paris, peut nous donner uue idée des autres universités dont elle est regardée comme le modèle. En effet, quatre-vingts universités, à son imitation, ont fait un décret que la Sorbonnc fit dès le quatorzième siècle : c'est que, quand on donne le bonnet a un docteur, on lui fait jurer qu'il soutiendra l'immaculé» conception de la Vierge. Elle ne la regarde Répondant point comme un article de foi, mais comme une opinion pieuse et catholique.