‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 98 sur 551 · AVARICE · texte numérisé non relu

AVARICE

4*trU>cs, tiwor Mbauli, désir d'avoir, avidité, convoitise.

A proprement parler, IWnrfoe <ect le désir d'accu* mular soit eu grains, so't en mcublos, on en fond*, on en curiosités. 11 y ai inventé la monnaie.

Nous n'appelons point ware uni quatre chevaux de carrosse, et qui n'en, prêtera pas deux à son ami ; ou bien qui* ayant deux saille bonteilles de vin do Bourgogne desti -.Abs pour sa table, ne vous en enverra pas une duint-dewaeine quand H saura que vous en manquez. S'il vous montre pour cent mille ccua de diamens , rousinv vous avisez, pas d/eaisjer qu'il veea en présente un de enrouante byuia; vous le regardez comme un bo raine fore magnifique, et point du tout comme, un avaro.

Celui qui, dans les finances, dans les fournitures des atours, daee les grandes entreprises, «9cvc deux millions chaque anne'c, et qui, se trouvant enGe riche de uuuranlc-trois millions, sans compter ses maisons de Paris et son raobiher, dépens» pour sa table cinquante mille éoua par année, et prêta q>»p*«p»efois à des seigneurs de l'argent 4 estiq pour coot, ne' passa point daus l'esprit du peuple pour ue avare. 11 avait cependant brûlé toute »ar vie de la soif d'avoir; le démon de la convoitise' l'avait peqictucileraeot tonr» mculé; il accumula jusqu'au dernier jour de sa vie; CeUc passion toujours satisfaite ne s appelle jamais ufnrtce. Il ne dépensait pas )o dixième partie de son revenu, et il avait 1» réputation d'un homme généreux qui avait trop de faste.

DsCTIOUMAIRE

dépense trois fois plus a proportion. Mais voici U raison qui établit entre leurs réputations unes! grande différence.

Les hommes ne haïssent celui qu'ils appellent amrc, que parce qu'il n'y a rien a gagner avec lui. Le médecin, l'apothicaire, le marchand de via, le sellier, et quelques demoiselles , gagnent beaucoup avec notre Crésus, qui est le véritable avare. Il c'y a rien à foira avee notre bourgeois, écc nome et serré; Us l'accablent de malédictions.

Les avares qui se privent du nécessaire sont abandonnés à Plautc et à Molière.

Un gros avare mon voisin disait il n'y a pas longtemps : On en veut toujours à nous autres pauvres riches. A Molière, à Molière.

AVIG-KON.

reniée, n'en deponsera.queciaq<oe six, et qui accumulera ses épargnes pour établie «es enfans, est réputé par ses voisine «variciciuf, finet-mailie, ladre verti, vilain* (aso*matikim., gaifmc-demier > grifP6" saut, cancre; on lui donne tous les noms injurie us dont on peut s'aviser.,

le Crésus doit je viens de parier; ii

Avignon et son comtat sont des monumens de ce que peuvent à la fois l'abus de la religion, l'ambition, la fourberie et le fanatisme. Ce petit pays , après mille vicissitudes, avait passé au douzième siècle dans la maison des comtes de Toulouse , descendant de Charlcmagnc par les femmes.

Raimond VI, comte de Toulouse, dont les aïeux avaient été les principaux héros des croisades, fut dépouillé de ses états par une croisade que les papes suscitèrent contre lui. La cause de la croisade était l'envie d'avoir ses dépouilles,: le prétexte était que, daus plusieurs de ses villes, les citoyens pensaient à peu près comme on pense depuis plus deux coûts ans, eu Angleterre, en Suède, en Dancniarck; dans les trois quarts de la Suisse, en Hollande et dans la moitié de l'Allemagne.

Ce n'était pas une raison pour donner, an nom de Dieu , les états du comte de Toulouse au. premier occupant, et pour aller égorger ot brûler ses sujets un cruciûx à la main, et une croix blanche sur l'épaule. Tout ce qu'on nous raconte des pouples les plus sauvages n'approche pas des barbaries commises daos celte guerre, appelée sainte. L'atrocité ridicule do quelques cérémonies religieuses accompagna toujours les excès de ces horreurs. On sait que Raimond VI fui traîné à une église de Saint-Ciliés devant un légat nouaté Milon, uu jusqu'à, lai ceinture , sau s bas et sans saudales, ayant une corde m cou, laquelle était tirée pur «n diacre-, tandis qu'un second' diacre le fouettait, qu'un troisième diacre chanta» un miserere avec des moines, cl que le légat était à dîner.

Telle est la première origine du droit des papes sur Avignon.

Le comte Rairaond , qui s'était soumis à être fouetté pour couserver ses états, subit cette ignorai aie en pure perle. U lui fallut défendre par les armes ce qu'il avait cru conserver par une poiguée do vergés : il vit ses villes en cendro , et mourut en 121 3 dans les vicissitudes de la plus sanglante guerre.

Son. fils Rairaond VII n'était point soupçonné d'hérésie comme lo père} nuis, étant fils d'un. hérélique, il deveit être dépouillé de tous ses biens en vertu des Décrétalcs; c 'était la loi. La croisade snb-

sista donc contre lui. On Pexcommuniait dans les églises, les dimanches et les jours de fêtes, au sou des cloches et à cierges éteinte.

Un légat qui était en rraocc dans la minorité de saint louis, y levait des déciiiics pour soutenir cette guerre en Languedoc et en Provence. Riimond se défendait avec courage, nuis le» têtes de Pbydrc du fanatisme renaissaient à tout Oi&n.ent pour le dévorer.

ïnfin le pape fit 1j paix, pirec qo* tout son argent se dépensait à la guerre.

Raimond VII vint signer le traité devant le portail de la cathédrale de Paris. Il fut forcé de payer dix mille marcs d'argent au légal, deux mille a l'ahbare de Cîtcaux, cinq cents a l'aViayn d'* Clcrvaux, mille à celle de Graud-Sclvc, trois cents à celle de Bolleperche, le tout pour le salut de son «me, comme îl est spécifié dans le traité. Côlait ains: que réglisc négociait toujours.

11 est très-reroarquabic que, dans l'instrument de cette paix, le comte de Toulouse met toujours le légat devant le roi. « Je jure et promets au légat et au rûi d'observer de bonne Toi toutes ces rboscs, et de les faire observer par mes vassaux et sujets, etc. »

Ce n était pas tout ; il céda au pape Grégoire TX le comtat Venaissin au delà du Rhône, et la suzeraineté de soixante cl treize châteaux en deçà. Le pape s'adjugea cette amende par un acte particulier, ne voulant pas que, dans un instrument public, l'aveu d'avoir exterminé tant de chrétiens, pour ravir le bien d'autrui, parut avec trop d'éclat. Il exigeait d'ailleurs ce que Raimond ne pouvait lui donner sans le consentement de rcmpercur'FrédéricîI. Les terres du comte, à la gauche du Rhône, étalent un fief impérial. Frédéric II ne ratifia jamais cette extorsion.

Alfonsc , frère de saiut Louis, ayant épousé la fille de ce malheureux prince, et n'en ayant point eu d'enfans, tous les états de Raimond VII en Languedoc furent réunis à la couronne de franc c , ainsi qu'il avait été stipulé par le contret de meriage.

Le comtat Venaissin, uni est dars la Provence, avait été rend a avec magnanimité par l'empereur Frédéric II au comte de Toulouse. Sr fille Jeanne, avai.t de mourir, en avait disposé Tir son testament en faveur de Charles d'Anjou , cora'c dt Provence et roi de Naples.

Philippc-Ie-Rardi, fils de saint LouUt, pressé par le pape Grégoire 7C , donna ta Venaissin à l'église romaine en ia^4- H fi>ul avouer que Philippc-ie- Hardi donnait ce qui ne lui appartenait point du tout; que cette cession était absolument nulle, et que jamais acte ne fut plus contre toutes le* lois.

Il en est de même de la ville d'Avignon. Jeanne de Franco, reine de Naples, descendante du frère de saint Louis , accusée , avec trop de vraisemblance , d'avoir fait étrangler son mari, voulut avoir la protection du pape Clément VI , qui siégeait alors dans la ville d'Avignon, domaine de Jeanne. Elle était comtesse de Provence. Les Provençaux lui firent jurer en 1 347 , suc les Evangiles , qu'elle ne vendrait aucune de ses souverainetés. A psinc eut-elle fait son qu'elle alla vendre Avignon au pape. L'acte

«urtrenliqtte ur An signé qne le i 4 juin i348; on y si fp al a , pour prix dé'ln <vetite , la -somme de quatre- •Vingt mille florins^'or.lLe pope ladrVIara vnnooeme du meurtre de son mari , mais if -ne la paya porm.<V» n'a jamais produit la quittance de Jeanne. EIIctv-

WIlkrMti MiiatM l'-ï i . tint.liiniiiinAnl . . t u~ .

uiainu qiitfirc mis juriuitjuiTiijçni trnnrr CrTlC venir

illusoire.

Ainsi donc, Avignon et le comtat ne furent jamais réputés démembré» delà Provence que par une rapine d'autant ptut mantieate qu'on avait voulu la couvrir du ■voile de la religion.

Lorsque Louis Xi acquit 'In Prevenre , il ravqpit arec tons «es droits, et vootnl 1rs f-itr valoir en 1464, comme on le voit U*r une lettre de Jeun do Foi* i ce monannre. Mais 'les intrigues de la cnur de Rome eureia toujours tant de pewvotr , -qne les rois -de France «!ondèscendrrent a m laisser jom'r de cette petite province. Ils ne voe©nni»rcni jirtuois dams h*s papes uiw possession légitime , mais une simple

Dans le traité de Pise,fi»ll par Loris XTV en 1664 , avec Alexandre \H , »l est dit : «r qu'on lèvera ton* les Obstacles, afin qne le pape patate joini-d' Avignon comme auparavant. » Le p*]x> n'eut donc edtte province qec comme dis cardinaux ont des pensions du roi , et ces pensions sont amovibles.

Avignon et le comtat furent toujours en ceaberra* pour le gouvernement de Hrance. Ce petit pays était te refuge de tous les iMnquerouiicrs et de tous les contrebandiers. Par là il causait de grandes pertes; et le pape n'en profitait fctière.

Louis XTV entra do*is fois dans ses droits , mais pour ehfttier le pape pins que pour rénnir Avignon et le comtat à sa couronne.

Enfin Louis XV a fcit justice à sa dignité -et à ses sujets. La conduite indécente et grossière du pape Rczzenico , Clément XIH , Ih forcé de 'faire revivre les droits de «a «oaronne en t j3è. Go pape avait agi comme s'il avait été du quatorzième •siècle. On lot a prouvé qu'on était au dix-htmietne, avec l'applaudis»

Lorsque l'officier général , chargé des ordres du roi, entra dans Avignon, 41 alla droit * l'appartement du légat sans ac fiiire annonce, et lui dit : a Wonsieur, le roi prend possessioude nn ville. »

Il y « tout de la à un eomtr de Toulouse fonutté par un diacre pendant le dîner d'un régat. Lc.«ebo*v<, comme on voit, changent avec loteraps.(t).

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