‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 99 sur 551 · AVOCATS · texte numérisé non relu

AVOCATS

On suit que Cicéren ue fut consul , c'est-à-dire le premier homme de 1 univers connu , que pour avoir été avocat. César fut avocat. 11 n'en «est pas ainsi de maitre Le Data, avocat en pariemout à Parti, -maigre

XIII ttant mort , son «ucemeur Uanganclli rcproniit de détruire »n jérottes, «t on lui rend*

(')< p«r« ses t

Aviron.

De' profond* politique* croient rjii il t!A fcondc tainer Avignen au pape, pour ie conserver uo moyeu de le punir s'il •base dr ta* clefc : bmm qu'on laine le peuple » VcUirer, et l'on n'»wt pltu besoin d'Avignon ni pour faire entendre taUonan lucccetetir de saint Pierre, ni potrr n'en avoir rirn i mSndrav

qui avait défendu les comédiens , par le secours d'âne littérature agréable et intéressante. César plaida des causes à Rome dans un autre goût que maître Le Dain, ATaat qu'il daignât venir nous subjuguer, et taire peu-

drC ArlOVlSlC»

Comme nous valons infiniment mieux que les anciens Romains, ainsi qu'on l'a démontré dans un beau livre intitulé : Parallèle des anciens Romains et des Français , il a fallu que dans la partie des Gaules que nous habitons, noas partageassions en plusieurs petites portions les Mens que les Romains unissaient. Le même homme était chez eux avocat, augure, sénateur et guerrier. Chez nous un sénateur est un jeune bourgeois qui achète i la taxe un office de conseiller, soit aux enquêtas , coi: en cour des aides , soit au grenier à sel, selon «es faculils; le voilà placé pour le reste de sa vie , as carrant dans son cercle dont il ne sort jamais, et croyant jouer un grand rôle sur le globe.

Un avocat est un homme qui, n'ayant pas assez de fortune pour acheter un de ces brillans ofiiecs sur lesquels l'univers a les jeux , étudie pendant trois ans les lois de Théodose et de Justinicn pour connaître la coutume de Paris , et qui enfin , étant immatriculé , a le droit de plaider pour de l'argent, s'il a la voix forte.

Sous notre grand Henri TV, un avocat ayant demandé quinze cents écus pour avoir plaidé une cause, la somme fut trouvée trop forte pour le temps, pour 1 avocat, et pour la cause; tous les avocats alors allèrent déposer leur bonnet a» greffe, du côté duquel maître Le Dain a si bien parlé depuis; et cette aventure causa une consternation générale dans tous les plaideurs de Paris.

Il faut avouer qu'alors l'honneur, la dignité du patronage, la grandeur attachée à défendre l'opprimé, n'étaient pas plus connus que l'éloquence. Presque tous les Français étaient Welches, excepté un de Thou , un Sulli , un Malherbe , et ces braves capitaines qui secondèrent le grand Henri , et qui ne purent le garantir de la main d'un Wclcbe endiablé du fanatisme des Welches.

Mais lorsqu'avec le temps la raison a repris ses droits, l'honneur a repris les siens; plusieurs avocats français sont devenus dignes d'être des sénateurs romains. Pourquoi sont -Us devenus désintéressés et patriotes en devenant éloquens? c'est qu'en effet le» beaux -arts élèvent l'âme ; la culture de l'esprit en tout genre ennoblit le cœur.

L'aventure à jamais mémorable des Calas en est un grand exemple. Quatorze avocats de Paris s'assemblent plusieurs jours , sans aucun intérêt , pour examiner si un homme roué à deux cents lieues de là est mort innocent ou coupable. Deux d'entre eux , au nom de tous , protègent la mémoire du mort et les larmes de la famille. L'un des deux consume deux années entières à combattre pour elle, à la secourir, à la faire triompher.

Généreux Beaumontl les siècles i venir sauront que le fanatisme en robe ayant assassiné juridiquement un père de famille, la philosophie et l'éloquence ont vengé et honoré sa mémoire.

Page 1