ARTS, BEAUX-ARTS
(Article dédié au roi de Prusse, )
Sire, la petite société d'amateurs dont une partie travaille à ces rapsodies au Mont-Crapak, ne parlera point à votre majesté de l'art de la guerre. C'est un art héroïque, ou si l'on veut, abominable. S'il avait de la beauté, nous vous dirions sans ctre contredits, que vous êtes le plus bel homme de l'Europe.
Nous entendons par beaux-arts l'éloquence dans
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laquelle vous vous êtes signalé en étant l'historien de votre patrie , et le seul historien brandebourgeois qu'on ait jamais lu; la poésie , qui a fait vos amusemens et votre gloire quand vous avez bien voulu composer des vers français ; la musique , où vous avez réussi au point que nous doutons fort que Ptolomée Auletès eût jamais osé jouer de la flûte après vous , ni Achille de la lyre.
Ensuite viennent les arts où l'esprit et la main sont presque également nécessaires, comme la sculpture , la peinture, tous les ouvrages dépendans du dessin , et surtout l'horlogerie , que nous regardons comme un bel art depuis que nous en avons établi des manufactures au Mont-Crapak.
Vous connaissez, sire , les quatre siècles des arts ; presque tout naquit en France, et se perfectionna sous Louis XIV; ensuite plusieurs de ces mêmes arts exilés de France allèrent embellir et enrichir le reste de l'Europe au temps fatal de la destruction du célèbre édit de Henri IV, énoncé irrévocable , et si facilement révoqué. Ainsi le plus grand mal que LouisXIV put se faire à lui-même, fit le bien des autres princes contre soft intention ; et ce que vous en avez dit dans votre histoire du Brandebourg en est une preuve.
Si ce monarque n'avait été connu que par le bannissement de six à sept cent mille citoyens utiles, par son irruption dans la Hollande dont il fut bientôt obligé de sorlir , yar sa grandeur qui V attachait au rivage (a) , tandis que ses troupes passaient le Rhin à
(a) Boileau, Passage du Rhin. (Epîlrc IV, v. nf\)