‹ Dictionnaire philosophique (volume 5)Chapitre 50 sur 90 · BACON (FRANÇOIS). 2QI · texte numérisé non relu

BACON (FRANÇOIS). 2QI

point. Étrange idée, qui devient absurde ici; car il ne s'agit pas dans le cas présent d'une matière qui ne pèse pas, mais d'une matière qui ne résiste pas. Toute matière résiste par sa force d'inertie. Donc si le récipient était plein, la matière quelconque qui le remplirait résisterait infiniment ; cela paraît démontré en ligueur.

« Ce pouvoir ne résiste point dans la prétendue matière subtile. Cette matière serait un fluide ; tout fluide agit sur les solides en raison de leurs superficies; ainsi le vaisseau, présentant moins de surface par sa proue, fend la mer qui résisterait à ses flancs. Or, si la superficie d'un corps est comme le carré de son diamètre , la solidité de ce corps est comme le cube de ce même diamètre ; le même pouvoir ne'peut agir à la fois en raison du cube et du carré ; donc la pesanteur, la gravitation, n7est point l'effet de ce fluide. De plus, il est impossible que cette prétendue matière subtile ait d'un côté assez de force pour précipiter un corps de cinquante-quatre mille pieds de haut en une minute (car telle est la chute des corps) ; et que de l'autre elle soit assez impuissante pour ne pouvoir empêcher le pendule du bois le plus léger de remonter de vibration en vibration dans la machine pneumatique , dont cette matière imaginaire est supposée remplir exactement tout l'espace. Je ne craindrai donc point d'affirmer que, si l'on découvrait jamais une impulsion qui fût la cause de la pesanteur des corps vers un centre, en un mot, la cause de la gravitation, de l'attraction universelle, cette impul-

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