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rîennes, égyptiennes, romaines, était la même qu'entre la vérité et le mensonge. Jésus-Christ était le grand prêtre de la nouvelle loi.
Dès le second siècle on commença à baptiser des enfans; il était naturel que les chrétiens désirassent que leurs enfans, qui auraient été damnés sans ce sacrement , en fussent pourvus. On conclut enfin qu'il fallait le leur administrer au bout de huit jours ; parce que, chez les Juifs, c'était à cet âge qu'ils étaient circoncis. L'église grecque est encore dans cet usage.
Ceux qui mouraient dans la première semaine étaient damnés, selon les pères de l'église les plus rigoureux. Mais Pierre Chrysologue, au cinquième siècle, imagina les limbes, espèce d'enfer mitigé, et proprement bord d'enfer y faubourg d'enfer, où vont les petits enfans morts sans baptême , et où les patriarches restaient avant la descente de Jésus-Christ aux enfers. De sorte que l'opinion que Jésus -Christ était descendu aux limbes, et non aux enfers, a prévalu depuis.
Il a été agité si un chrétien dans les déserts d'Arabie pouvait être baptisé avec du sable; on a répondu que non : si on pouvait baptiser avec de Peaurose; et on a décidé qu'il fallait de l'eau pure; que cependant on pouvait se servir d'eau bourbeuse. On voit aisément que toute cette discipline a dépendu de la prudence des premiers pasteurs qui l'ont établie.
Les anabaptistes , et quelques autres communions qui sont hors du giron , ont cru qu'il ne fallait baptiser, initier personne qu'en connaissance de cause. Vous faites promettre : disent-ils, qu'on sera de la sq-
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cïété chrétienne; mais un enfant ne peut s'engager à rien. Vous lui donnez un répondant , un parrain ; mais c'est un abus d'un ancien usage. Cette précaution était très -convenable dans le premier établissement. Quand des inconnus, hommes faits, femmes et filles adultes, venaient se présenter aux premiers disciples pour être reçus dans la société ? pour avoir part aux aumônes, ils avaient besoin d'une caution qui répondît de leur fidélité ; il fallait s'assurer d'eux; ils juraient d'être à vous : mais un enfant est dans uir cas diamétralement opposé. Il est arrivé souvent qu'un enfant baptisé par des Grecs à Constantinople, a été ensuite circoncis par des Turcs; chrétien à huit jours, musulman à treize ans, il a trahi les sermons de son parrain. C'est une des raisons que les anabaptistes peuvent alléguer; mais cette raison, qui serait bonne en Turquie , n'a jamais été admise dans des pays chrétiens, où le baptême assure l'état d'un citoyen. Il faut se conformer aux lois et aux rites de sa patrie.
Les Grecs rebaptisent les Latins qui passent d'une de nos communions latines à la communion grecque; l'usage était dans le siècle passé que ces catéchumènes prononçassent ces paroles : ce Je crache sur mon père et ma mère qui m'ont fait mal baptiser. » Peut-être cette coutume dure encore et durera longtemps dans les provinces.
Idées des unitaires rigides sur le baptême.
« Il est évident, pour quiconque veut raisonner tans préjugé, que le baptême n'est ni une marque de
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grâce conférée , ni un sceau d'alliance , mais une simple marque de profession -,
a Que le baptême n'est nécessaire , ni de nécessité de précepte, ni de nécessité de moyen ;
« Qu'il n'a point été institué par Jésus-Christ , et que le chrétien, peut s'en passer, sans qu'il puisse en résulter pour lui aucun inconvénient;
« Qu'on ne doit pas baptiser les enfans, ni les adultes y ni en général aucun homme ;
« Que le baptême pouvait être d'usage dans la naissance du christianisme à ceux qui sortaient du paganisme, pour rendre publique leur profession de foi, et en être la marque authentique ; mais qu'à présent il çst absolument inutile et tout-à-fait indifférent..)) (Tiré du Dictionnaire encyclopédique, à l'article des Un itaires.)
Le baptême, l'immersion dans l'eau, l'aspersion 5 la purification par l'eau , est de la plus haute antiquité. Être propre, c'était être pur devant les dieux. Nul prêtre n'osa jamais approcher des autels avec une souillure sur son corps. La pente naturelle à transporter à l'àme ce qui appartient au corps fît croire aisément que les lustrations , les ablutions , étaient les taches de l'âme comme elles ôtent celles des vêtemens : et en lavant son corps on crut laver son âme. De là cette ancienne coutume de se baigner dans le Gange, dont on crut les eaux sacrées : de là les lustrations si fréquentes chez tous les peuples. Les nations orientales qui habitent des pays chauds furent Ijes plus religieusement attachées à ces coutumes.
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On était obligé de se baigner chez les Juifs après une pollution, qtiand on avait touché un animal impur , quand on avait touché un mort, et dans beaucoup d'autres occasions.
Lorsque les Juifs recevaient parmi eux un étranger converti à leur religion , ils le baptisaient après lavoir circoncis ; et si c'était une femme , elle était simplement baptisée, c'est-à-dire, plongée dans l'eau en présence de trois témoins. Cette immersion était réputée donner à la personne baptisée une «nouvelle naissance, une nouvelle vie : elle devenait à la fois Juive et pure; ses enfans nés^avant ce baptême n'avaient point de portion dans l'héritage de leurs frères qui naissaient après eux d'un père et d'une mère ainsi régénérés : de sorte que chez les Juifs, être baptisé et renaître étaient la même chose, et cette idée est demeurée attachée au baptême jusqu'à nos jours f ainsi, lorsque Jean le précurseur se mit à baptiser dans le Jourdain , il ne fit que suivre un usage immémorial. Les prêtres de la loi ne lui demandèrent pas compte de ce baptême comme d'une nouveauté ; mais ils l'accusèrent de s'arroger un droit qui n'appartenait qu'à eux; comme les prêtres catholiques romains seraient en droit de se plaindre qu'un laïque s'ingérât de dire la messe. Jean fesait une chose légale , mais il ne la fesait pas légalement.
Jean voulut avoir des disciples, et il en eut. Il fut chef de secte dans le bas peuple, et c'est ce qui lui coûta la vie. Il paraît même que Jésus fut d'abord à\X rang dé ses disciples , puisqu'il fut baptisé par lui
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dans le Jourdain , et que Jean lui envoya des gens de son parti quelque temps avant sa mort.
L'historien Josephe parle de Jean, et ne parle pas de Jésus ; c'est une preuve incontestable que Jean- Baptiste avait de son temps beaucoup plus de réputation que celui qu'il baptisa. Une grande multitude le suivait , dit ce célèbre historien, et les Juifs paraissaient disposées à entreprendre tout ce qu'il leur eût commandé. Il paraît par ce passage que Jean était non-seulement un chef de secte , mais un chef de parti. Josèphe ajoute qu'llérodc en conçut de l'inquiétude. En effet, il se rendit redoutable à Hérode, qui le fit enfin mourir; mais Jésus n'eut à faire qu'aux pharisiens : voilà pourquoi Josèphe fait mention de Jean comme d'un homme qui avait excité les Juifs contre le roi Hérode , comme un homme qui s'était rendu par son zèle criminel d'état, au lieu que Jésus, n'ayant pas approché de la cour, fut ignoré de l'historien Josèphe.
La secte de Jean-Baptiste subsista très-différente de la discipline de Jésus. On voit dans les Actes des apôtres que, vingt an^ après le supplice de Jésus, Apollo d'Alexandrie , quoique devenu chrétien , ne connaissait que le baptême de Jean , et n'avait aucune notion du Saint-Esprit. Plusieurs voyageurs, et entre autres Chardin , le plus accrédité de tous , disent qu'il y a encore en Perse des disciples de Jean, qu'on appelle Subis, qui se baptisent en son nom , et qui reconnaissent à la vérité Jésus pour un prophète, mais non pas pour un Dieu.
A l'égard de Jésus, il reçut le baptême, mais ne
le conféra à personne : ses apôtres baptisaient les catéchumènes ou les circoncisaient, selon l'occasion; c'est ce qui est évident par l'opération de la circoncision que Paul fit à Timothée , son disciple.
Il paraît encore que, quand les apôtres baptisèrent, ce fut toujours au seul nom de Jésus-Christ. Jamais les Actes des apôtres ne font mention d'aucune personne baptisée au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit : c'est ce qui peut faire croire que l'auteur des Actes des apôtres ne connaissait pas l'Évangile de Matthieu, dans lequel il est dit : « Allez enseigner toutes les nations, et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » La religion chrétienne n'avait pas encore reçu sa forme : le Symbole même qu'on appelle le Sijmbole des apôtres , ne fut fait qu'après eux , et c'est de quoi personne ne doute. On voit , par PÉpître de Paul aux Corinthiens , une coutume fort singulière qui s'introduisit alors, c'est qu'on baptisait les morts ; mais bientôt l'église naissante réserva le baptême pour les seuls vivans : on ne baptisa d'abord que les adultes; souvent même on attendait jusqu'à cinquante ans, et jusqu'à sa der* nière maladie , afin de porter dans l'autre monde la vertu tout entière d'un baptême encore récent.
Aujourd'hui on baptise tous les enfans ; il n'y a que les anabaptistes qui réservent cette cérémonie pour l'âge où l'on est adulte ; ils se plongent tout le corps dans l'eau. Pour les quakers , qui composent une société fort nombreuse en Angleterre et en Amérique, ils ne font point usage du baptême : ils se fondent sur ce que Jésus-Christ ne baptisa aucun de
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ses disciples, et ils se piquent de n'être chrétiens que comme on l'était du temps de Jésus-Christ ; ce qui met entre eux et les autres communions une prodigieuse différence.