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noachides, et à ne sacrifier à aucun dieu des étrangers. Les prosélytes de justice étaient circoncis et baptisés ; on baptisait aussi les femmes prosélytes , toutes nues, en présence de trois hommes.
Les Juifs les plus dévots venaient recevoir le baptême de la main des prophètes les plus vénérés par le peuple. C'est pourquoi on courut à saint Jean qui baptisait dans le Jourdain.
Jésus-Christ même , qui ne baptisa jamais personne ? daigna recevoir le baptême de Jean. Cet usage ayant été long-temps un accessoire de la religion judaïque, reçut une nouvelle dignité, un nouveau pri* de notre sauveur même ; il devint le principal rite et le sceau du christianisme. Cependant les quinze premiers évêques de Jérusalem furent tous Juifs. Les chrétiens de la Palestine conservèrent très -longtemps la circoncision. Les chrétiens de saint Jean ne reçurent jamais le baptême du Christ.
Plusieurs autres sociétés chrétiennes appliquèrent un cautère au baptisé avec un fer rouge, déterminées à cette étonnante opération par ces paroles de saint Jean-Baptiste , rapportées par saint Luc : « Je baptise par l'eau , mais celui qui vient après moi baptisera par le feu.
Les séleuciens, les herminiens et quelques autres en usaient ainsi. Ces paroles il baptisera par le feu, n'ont jamais été expliquées. Il y a plusieurs opinions sur le baptême de feu dont saint Luc et saint Matthieu parlent. La plus vraisemblable, peut-être, est que c'était une allusion à l'ancienne coutume des dévots à la déesse de Syrie, qui, après s'être plongé*
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dans Teau, s'imprimaient sur le corps des caractères avec un fer brûlant. Tout était superstition chez les misérables hommes; et Jésus substitua une cérémonie sacrée , un symbole efficace et divin à ces superstitions ridicules (a).
Dans les premiers siècles du christianisme , rien n'était plus commun que d'attendre l'agonie pour recevoir le baptême. L'exemple de l'empereur Constantin en est une assez forte preuve. Saint Arnbroise n'était pas encore baptisé quand on le fit évêque-de
(a) On s'imprimait ces stigmates principalement au cou et au poignet, afin de mieux faire savoir, par ces marques apparentes, qu'on était initié et qu'on appartenait à la déesse. Voyezle chapitre de la déesse de Syrie, écrit par un initié et inséré dans Lucien. PJutarque, dans son Traité de la superstition, dit que cette déesse donnait des ulcères au gras des jambes de ceux qui mangeaient des viandes défendues. Cela peut avoir quelque rapport fevec le Deutéconome , qui , après avoir défendu de manger de l'ixion, du griffon, du chameau, de l'anguille, etc., dit (*) : « Si vous n'observez pas ces commandemens vous serez maudit, etc. Le Seigneur vous donnera des ulcères ma ins dans les genoux et idans le gras des jambes. » C'est ainsi que le mensonge était en. Syrie l'ombre de la vérité hébraïque, qui a fait place eile-même à une vérité plus lumineuse.
Le baptême par le feu , c'est-à-dire , ces stigmates , étaient presque partout en usage. Vous lisez dans Ezéchiel(**): «Tuez tout, vieillards, enfans, fdles, excepté ceux qui seront marqués du thau.» Voyez dans l'Apocalypse (***) : « Ne frappez point la terre , la mer et les arbres , jusqu'à ce que nous ayons marque' les serviteurs de Dieu sur le front. Et le nombre des marqués était de cent quarante-quatre mille. »
O Ghap. XXVIII, v. 35. — (**} Chap. IX, v. 6, r**)Chap.VII,v. 3 et 4.
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Milan. La coutume s'abolit bientôt d'attendre la mort pour se mettre dans le bien sacré.
Du baptême des morts.
On baptisa aussi les morts. Ce baptême est constaté par ce passage de saint Paul dans sa Lettre aux Corinthiens : « Si on ne ressuscite point , que feront ceux qui reçoivent le baptême pour les morts?» C'est ici un point de fait. Ou Ton baptisait les morts mêmes, ou l'on recevait le baptême en leur nom, comme on a reçu depuis les indulgences pour délivrer du purgatoire les âmes de ses amis et de ses parens.
Saint Épiphane et saint Chrisostôme nous apprennent que dans quelques sociétés chrétiennes, et principalement chez les marcionîtes, on mettait un vivant sous le lit d'un mort ; on lui demandait s'il voulait être baptisé; le vivant répondait oui; alors on prenait le mort, et on le plongeait dans une cuve. Cette coutume fut bientôt condamnée : saint Paul en fait mention, mais il ne la condamne pas*, au contraire, il s'en sert comme d'un argument invincible qui prouve la résurrection.
Vu baptême d'aspersion.
Les Grecs conservèrent toujours le baptême par immersion. Les Latins , vers la fin du huitième siècle, ayant étendu leur religion dans les Gaules et la Germanie, et voyant que l'immersion pouvait faire périr les enfansdans les pays froids, substituèrent la simple aspersion ; ce qui les fit souvent anathématiser par l'église grecque.
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Onvdemanda à saint Cyprien , évêque de Carthage, ^si ceux-là étaient réellement baptisés , qui s'étaient fait seulement arroser tout le corps? Il répond dans sa soixante et seizième Lettre , «que plusieurs églises ne croyaient pas que ces arrosés fussent chrétiens; que pour lui il pense qu'ils sont chrétiens , mais qu'ils ont une grâce infiniment moindre que ceux qui ont été plongés trois fois selon l'usage. »
On était initié chez les chrétiens dès qu'on avait été plongé ; avant ce temps on n'était que catéchumène. Il fallait pour être initié avoir des répondans, des cautions , qu'on appelait d'un nom qui répond à parrains, afin que l'Église s'assurât de la fidélité des nouveaux chrétiens, et que les mystères ne fussent point divulgués. Cest pourquoi , dans les premiers siècles, les gentils furent généralement aussi mal in?* struits des mystères des chrétiens que ceux-ci Tétaient des mystères d'Isis et de Cérès Éleusine.
Cyrille d'Alexandrie, dans son écrit contre l'empereur Julien , s'exprime ainsi : m Je parlerais du baptême, si je ne craignais que mon discours ne parvint à ceux qui ne sont pas initiés. » Il n'y avait alors aucun culte qui n'eût ses mystères, ses associations, ses catéchumènes , ses initiés , ses profès. Chaque secte exigeait de nouvelles vertus, et recommandait à ses pénitens une nouvelle vie. lnitium. noçœ vitee, et de là le mot d° initiation. L'initiation des chrétiens et des chrétiennes était d'être plongés tout nus dans une cuve d'eau froide ; la rémission de tous les péchés était attachée à ce signe. Mais la différence entre le baptême chrétien et les cérémonies grecques ,, sy-